Une note rédigée par le Conseil "Famille et société" de la Conférence des évêques de France (publiée sur son site) invite les catholiques à « poursuivre le dialogue » sur le « mariage pour tous » en des termes particulièrement inquiétants : « L’exercice de la démocratie suppose d’admettre dès le départ que les divergences d’opinion sont légitimes. » Comme si notre opposition à la rupture anthropologique que le pouvoir socialiste nous impose aujourd’hui était simplement une opinion parmi d’autres ! Quid des principes non négociables ?
« C’est une preuve de maturité démocratique que d’accepter sans violence que son propre point de vue ne soit pas retenu », ajoute le document épiscopal, parmi d’autres citations de même nature conciliante, nous enjoignant à « vivre l’exigence démocratique ». Vivre l’exigence démocratique de Créon plutôt que l’exigence métaphysique d’Antigone ! Dans le compromis moral et politique. Subordonner la loi divine à la loi du nombre : « Le débat doit normalement permettre d’améliorer un projet de façon à recueillir l’adhésion du plus grand nombre. » Contribuer ainsi à la métaphysique et au dogme du pluralisme, c’est-à-dire au culte de l’homme : « La laïcité accueille dans l’espace public les opinions et contributions à la recherche de l’intérêt général, exprimées au nom d’une conviction religieuse ou spirituelle, car elle reconnaît la richesse du pluralisme. L’Eglise, comme toute association, peut faire entendre ses arguments. » Sacrifier à ce dogme maçonnique en se faisant association humaine parmi les autres, soumise à ce Contrat social des associations analogue au funeste Contrat de Rousseau ! Se croire suffisamment intelligent pour instruire cette démocratie religieuse, comme Eve s’est cru assez maligne pour discuter avec le père du mensonge dans sa première « movida » (manœuvre) !
On opposera justement, à ce jus pieux démocratique des évêques de France, la parole du futur pape François dans son livre "Amour, service et humilité" (Magnificat) : « On ne peut pas dialoguer avec l’ennemi de notre “Salut” : il faut lui faire face, en le combattant jusque dans ses intentions. »
REMI FONTAINE
dans "Présent", n° 7869 du 8 juin 2013
Car c’est ici (à Notre-Dame de Paris) que le dominicain Lacordaire en 1841 prononça son discours sur la vocation divine de la France. « Nous appartenons tous à deux cités – disait-il – nous avons tous deux patries... la cité spirituelle et la cité temporelle, la patrie de la foi et la patrie du sang... Et quoique distinctes, ces deux patries ne sont pas ennemies l’une de l’autre... bien loin de là : elles sont unies comme l’âme et le corps sont unis. Et de même que l’âme aime le corps, bien que le corps se révolte souvent contre elle, de même la patrie de l’éternité aime la patrie du temps et prend soin de sa conservation, bien que celle-ci ne réponde pas constamment à son amour ». Mes frères, à cette justesse de vue ajoutons simplement que c’est l’âme qui apporte la vie et qui la donne au corps, et non l’inverse. Entre la patrie céleste et la patrie terrestre il y a donc un ordre de priorité pour ce qui est de donner la vie.
Les deux patries ne sont pas à égalité lors même qu’elles fraternisent. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus le dit suffisamment au Christ : « Ta face est ma seule patrie ». Or pourtant, nous le savons, sainte Thérèse s’est identifiée mystiquement à sainte Jeanne d’Arc dans un même amour immense pour la France. Cela, parce que, pour paraphraser Lacordaire, il peut arriver qu’entre la patrie céleste et la patrie terrestre il se forme un dévouement réciproque, et que de la fraternité des deux naisse une sorte de patriotisme surnaturel. David et tous les prophètes, et saint Paul avec eux, ont été remplis d’élan patriotique pour Israël. Et notre Seigneur lui-même a pleuré amèrement sur Jérusalem à la pensée qu’un jour elle serait déportée. Jeanne d’Arc et Thérèse ont nourri les mêmes sentiments pour la France. Et ici à Notre-Dame de Paris, Dieu entretient en nous ce même amour.
Dans cet amour nous comprenons que ce n’est pas la patrie terrestre qui doit naturaliser la foi et peu à peu réduire Dieu à un phénomène psychologique et culturel parmi d’autres, mais que c’est la foi qui doit surnaturaliser le service de la patrie pour que cette patrie apprenne à respecter les droits de Dieu dans tous ses enfants, sous peine de s’égarer peu à peu loin de la justice et de la vérité.
Il n’appartient pas à la patrie terrestre de définir et de décider par elle-même, par voix légale, au besoin parlementaire, qui a le droit de vivre et qui ne l’a pas, qui a le droit de connaître ses origines et qui ne l’a pas. A travers la légalisation de l’avortement, et aujourd’hui la légalisation du mariage homosexuel conduisant logiquement tôt ou tard à la procréation artificielle des enfants, le législateur français construit la patrie terrestre sur le meurtre et la blessure des plus petits des siens. Mais ici, à Notre-Dame, les veillées de prière pour la vie rassemblent des fidèles de toute l’île de France, pour demander à Dieu la grâce de mener le combat pour la vie dans la persévérance, l’énergie et la dignité. C’est ici qu’on prend conscience – en ces jours où nous sommes - que l’amour surnaturel pour la France, pour ses grandeurs et pour sa liberté, veut dire très concrètement le même amour égal pour tous ses enfants, y compris les plus faibles dans leur droit à la vie et à leurs origines.
Beau combat où il faut écouter, argumenter, réfuter, promouvoir. Beau combat où il faut montrer la vraie vie conjugale et familiale, fondée sur la nature des corps, face à ses contrefaçons fondées sur les besoins de l’ego.
Lors de l’inauguration des célébrations du jubilé, le 8 décembre dernier, le cardinal archevêque de Paris rappelait que le péché originel a défiguré la relation entre Adam et Eve. Disons qu’aujourd’hui c’est bien le péché, mensonger dès l’origine, qui voudrait au nom de la loi dénaturer cette relation entre l’homme et la femme, et sa fécondité. Mais la France résiste, plus que d’autres pays. Et elle résistera encore, dans la durée, avec autant de force que d’intelligence, jusqu’au jour où les lames de fond qu’on veut faire passer pour des feux de paille la remettront debout, grandie par ses épreuves.
Dans son récent discours à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, le cardinal archevêque de Lyon relève que les autorités romaines ont été impressionnées par l’attitude des catholiques de France face aux réformes du mariage et de la filiation. Et ces autorités romaines ont remercié les évêques en visite ad limina pour leur appel à la prière, au jeûne et à la réflexion menée avec des juristes, des éducateurs, des philosophes, des psychologues et des représentants des autres religions. Et le cardinal de Lyon de voir que dans cette attitude exemplaire il y a peut-être cette France « éducatrice des peuples », comme l’a nommée le pape Jean-Paul II en 1980.
C’est que cette France est aussi la « fille aînée de l’Eglise » - même si ce titre est tardif et sans doute imputable à Lacordaire ici à Notre-Dame en 1841 seulement - « fille aînée de l’Eglise » parce qu’elle a soutenu régulièrement le Saint-Siège du XIIIe au XIXe siècle, et surtout parce qu’elle a soutenu et soutient encore l’Eglise dans le monde entier par son dynamisme missionnaire, spirituel et intellectuel. Toutes les œuvres pontificales et missionnaires sont parties de France. Et qu’a-t-il fallu d’Esprit-Saint pour qu’un jeune Théophane Vénard s’écrie à neuf ans : « Moi aussi je veux aller au Tonkin. Moi aussi je veux être martyr » ! Voilà cette France fervente et missionnaire. Mais France indissociablement priante et pensante. Dès le XIIIe siècle, elle était appelée « le four où cuit le pain intellectuel du monde entier », cette nation dont le pape Paul VI aimait à redire que « le Français exerce la magistrature de l’universel. » Si souvent, mes frères, le regard que nous portons sur notre pays et sur notre église gagne à être élargi par le regard que les autres portent sur la France. Que jamais nous ne perdions cet élan et cet appel qui nous ouvrent à l’Eglise universelle et à la vraie vie. C’est là notre vocation de français.
Nous serons fidèles à cette vocation aussi longtemps qu’aux pieds de Notre-Dame, en ce lieu le plus visité du monde, nous serons les enfants de l’épouse du Christ qui récapitule en lui tout ce qui est humain et tout ce qui est divin, tout ce qui est sur terre et tout ce qui est au ciel. Nous serons fidèles à notre vocation de français, insufflant à leurs compatriotes l’amour de la vérité, aussi longtemps que nous serons les enfants de celle qui a la Vierge Marie pour mère, l’Ecclesia Catholica. Voilà notre assurance et voilà notre avenir. Que Dieu les bénisse et qu’il fasse de nous ses témoins.
Cité du Vatican, 28 mai 2013 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse, Mgr.Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, accompagné de Mgr.José Octavio Ruiz Arenas, Secrétaire, et de Mgr.Graham Bell, Sous Secrétaire, a présenté deux nouvelles initiatives de l'Année de la foi :
Une adoration eucharistique solennelle sera célébrée en la Basilique vaticane samedi 2 juin de 17 à 18 h ("Un seul Seigneur, une seule foi"), en coordination avec toutes les cathédrales du monde. Ainsi, a précisé Mgr.Fisichella, cette heure d'adoration permettra pour la première fois une synchronisation de cette prière avec le Pape. L'adhésion a été massive par le biais des conférences épiscopales, des paroisses, des congrégations religieuses, des monastères et des associations. Des Iles Cook à Reykiavik, du Chili au Burkina Faso, de Taïwan à l'Irak, du Bangladesh aux Etats-Unis, l'adoration eucharistique des diocèses permettra de prier aux intentions du Pape. La première: "Pour l'Eglise répandue de par le monde et unie aujourd'hui dans l'adoration eucharistique. "Que le Seigneur la rende toujours plus obéissante à sa parole, afin qu'elle se montre au monde plus belle, sans tache ni ride, sainte et immaculée. Que par le biais d'une annonce fidèle, la Parole puisse résonner comme présage de miséricorde, et provoquer un renouveau d'amour qui donne du sens à la souffrance, rende joie et sérénité". La seconde: "Pour tous ceux qui souffrent de part le monde, victimes de nouveaux esclavages, de la guerre, de la traite, du narcotrafic. Pour les enfants et les femmes victimes de violences, afin que leur cri silencieux soit entendu par l'Eglise et qu'ils demeurent confiants dans le Crucifié, que l'on oublie pas nos frères et soeurs soumis à la violence. Pour tous ceux qui sont en état de précariété matérielle, les chômeurs, les personnes âgées et les émigrés, les sans abri et les détenus, tous les marginaux. Que la prière et la solidarité de l'Eglise les soutiennent dans l'espérance, leur donne la force de défendre leur dignité".
La seconde initiative, intitulée "En croyant qu'ils aient la vie", qui se déroulera les 15 et 16 juin, sera une Journée Evangelium Vitae pour traiter de l'engagement de l'Eglise pour la défense de la vie et de sa dignité. Le Pape présidera une messe le dimanche à 10 h 30' pour "le peuple de la vie", et délivrera tout particulièrement un message aux malades. La veille après-midi, à l'occasion d'un pèlerinage sur le tombeau de saint Pierre, il sera possible de se confesser et de participer à l'adoration eucharistique. Parallèlement, dans plusieurs églises de Rome, une catéchèse sera donnée en différentes langues, suivie à 20 h 30' par une procession aux flambeaux Via della Conciliazione qui s'achèvera Place St.Pierre par des témoignages sur la valeur absolue de la vie. Ont d'ores et déjà annoncé leur présence des groupes provenant d'Allemagne,des Etats-Unis, du Japon, de Hongrie, de Roumanie, d'Espagne, de France, du Canada, de Nouvelle Zélande, d'Argentine, de Grande Bretagne, de Belgique, de Slovaquie, Du Casta Rica, du Portugal et d'Australie. On comptera des familles regroupées par diocèses et paroisses, des prêtres et des séminaristes, des groupes de religieux et d'organisations humanitaires comme l'Ordre de Malte, des membres de d'associations comme l'Unitalsi ou la Croix Rouge, de mouvements Pro Life engagés dans la défense de la vie sans référence confessionnelle obligatoire.
Dans L’Homme nouveau de samedi, l’abbé Claude Barthe met fortement en lumière ce que nous appelons l’impréparation intellectuelle des catholiques face à une République qui radicalise les conséquences logiques d’un État « ne s’estimant lié à aucune obligation envers la loi de Dieu ». Alors, écrit-il, « les devoirs d’action et d’abstention, selon les cas, qui découlent pour les chrétiens de cette situation violente n’ont été, jusqu’à présent, qu’ébauchés (dans les enseignements épiscopaux). C’est un immense chantier pastoral.»
Le test décisif de cette impréparation intellectuelle apparaît lorsque le cardinal Vingt-Trois ouvre la Conférence des évêques de France par l’énoncé d’une incroyable « conception de la dignité humaine », que j’ai déjà eu l’occasion de citer mais sans en préciser l’auteur, ce qui en diminuait trop la portée. Le cardinal Vingt-Trois disait donc : « La conception de la dignité humaine qui découle en même temps de la sagesse grecque, de la révélation judéo-chrétienne et de la philosophie des Lumières n’est plus reconnue chez nous… » (16 avril 2013). Cette « conception » de la dignité humaine n’existe pas : la « philosophie des Lumières » n’est ni la suite ni le complément de la « révélation judéo-chrétienne », elle en est le contraire. Ne pas le voir est le signe majeur d’une impréparation générale.
La « philosophie des Lumières » est, dans le monde occidental, la tendance presque toujours dominante de la vie culturelle, politique et religieuse depuis le XVIIIe siècle. N’allons pas nous perdre dans les nuances, divergences, contradictions des fondateurs, Voltaire, Rousseau, Diderot, D’Alembert, l’Encyclopédie (etc.) et bien sûr Emmanuel Kant.
Leur œuvre commune est la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 (résumée par la devise : « Liberté-Égalité-Fraternité »). Elle est l’âme et la seule loi fixe de la démocratie moderne. Elle demeure la référence constitutionnelle de notre Ve République. Référence indirecte mais fondamentale : par le préambule de notre Constitution déclarant se fonder sur le préambule de la IVe, lequel la mentionne expressément comme la loi suprême. En somme, à la place du Décalogue.
La Déclaration de 1789 énumère quantité de « droits » plus ou moins réels, mais dépourvus de toute valeur certaine par l’énoncé fulgurant et dévastateur des articles 3 et 6 : ceux-ci délégitiment et suppriment toute autorité n’émanant pas expressément de la volonté populaire et proclament que « la loi est l’expression de la volonté générale ». La supposée volonté générale, c’est-à-dire l’État républicain, peut donc décréter n’importe quoi, n’importe quel caprice du moment, n’importe quelle injustice, et imposer une légitimité, une morale, une religion à lui, inventées par lui. La liberté est un beau mot, quand il veut signifier le contraire de l’esclavage. Mais, dans l’esprit de la Déclaration des Droits de l’Homme, il signifie être libéré de toute autorité et de toute loi supérieures à la conscience individuelle ou (supposée) collective. L’égalité est un beau mot, quand il signifie l’égale nature humaine de chacun devant la justice (et la miséricorde) du Seigneur Dieu. Ou même l’égalité devant la loi. Dans l’esprit de la Déclaration, il s’agit de détruire toute hiérarchie. Or toutes les formes de vie en société sont forcément hiérarchiques et non pas égalitaires : la famille est hiérarchique, le métier est hiérarchique, l’État est hiérarchique, l’Église est hiérarchique. L’égalité républicaine, la démocratie moderne, c’est la culture de mort, c’est la mort. La fraternité est un beau mot quand elle se fonde sur une commune paternité. Selon l’esprit de la Déclaration, la fraternité républicaine c’est la fraternité maçonnique, invoquée désormais sous le nom mystérieux de « pacte républicain ».
L’erreur a été de vouloir s’approprier ce langage, christianiser ces concepts, imaginer une origine évangélique aux droits de l’homme, inventer une démocratie chrétienne, – au lieu de s’affirmer dans son langage et selon ses propres concepts. La démocratie (moderne), les droits de l’homme, le pacte républicain appartiennent à ceux qui les ont inventés et gardent toujours leur tendance inévitablement subversive, qui est l’insurrection collective contre Dieu et sa loi. Les élites officielles du catholicisme sont aujourd’hui intellectuellement mal préparées à comprendre que la Révolution française, sa Déclaration des Droits et sa devise ne sont pas principalement une fondation politique mais une permanente agression religieuse.
On pouvait pourtant le comprendre dès le début : avant même d’appliquer les Droits de l’Homme par une Constitution politique (ce ne fut qu’en 1791 et elle était encore royale), l’esprit des Lumières et sa Révolution commencèrent prioritairement par imposer dès 1790 une Constitution civile du clergé, qui soumettait à la loi politique l’Église de Jésus-Christ. C’est à quoi, aujourd’hui plus que jamais, nous avons à faire face.
Annuntio vobis gaudium magnum : habemus Papam !
Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum, Dominum Georgium Marium
Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Bergoglio
qui sibi nomen imposuit Franciscum.
Jean Madiran présente pour les lecteurs de "Présent" le livre d'entretiens "La Révolution chrétienne" dans lequel le Père Michel Viot répond aux questions de l'abbé de Tanoüarn
Le premier des deux ouvrages que j’ai recommandés pour ce mois de réflexion est donc celui où le P. Michel Viot répond aux questions de l’abbé Guillaume de Tanoüarn : La révolution chrétienne.
La révolution chrétienne ? Nulle part dans le livre il n’est précisé en quoi une « révolution » chrétienne pourrait bien consister. Ce terme lui-même de révolution y est rarement employé, et seulement comme il se doit, dans un sens péjoratif, subversif et non pas chrétien. C’est que ce « titre-choc » a été imaginé quand le livre était terminé. Il était trop tard pour l’expliquer dans le livre lui-même. L’auteur du titre n’a pu le faire que dans L’Homme nouveau du 2 février :
« La révolution chrétienne, c’est la transformation historique que produit la venue du Christ sur la terre. » « La révolution chrétienne, qui est une transformation des cœurs, dure depuis deux mille ans et n’est pas encore achevée. Au contraire, elle avance. »
Il faut respectueusement, il faut amicalement regretter cet emploi incroyable du terme de révolution, il faut aussi le réprouver totalement. Il est créateur d’un embrouillamini majeur. Il n’y a pas de bonne révolution. Il n’y a pas de révolution chrétienne. La révolution c’est le mal, la révolution c’est la mort, la révolution c’est Satan. L’école contre-révolutionnaire de langue française le sait depuis Joseph de Maistre et l’a fréquemment approfondi. Et le monde entier ne peut plus l’ignorer après Soljenitsyne.
Or justement, et pour en terminer avec le négatif puisque c’est par lui que son titre fait commencer, ce livre si fortement contre-révolutionnaire se comporte comme s’il avait lui-même tout découvert ; comme si, dans l’école contre-révolutionnaire, il n’y avait rien eu entre Augustin Barruel (1741-1820) et Jean de Viguerie (né en 1935).
• Cet ouvrage mal nommé La révolution chrétienne est un livre puissant par son ton direct et sa vivante intelligence. S’il ne parle pas de « révolution chrétienne », il parle de nouvelle évangélisation pour en dire carrément qu’« elle n’est pas nouvelle dans la mesure où l’évangélisation a toujours eu lieu, car le grand évangélisateur est le Saint-Esprit ». Il y a un quiproquo : on parle de nouvelle évangélisation « comme s’il s’agissait d’une nouvelle annonce, bien qu’en réalité ce soit toujours la même ». Le P. Michel Viot ose dire la vérité parce que d’abord il ose voir la réalité : « Aujourd’hui nous sommes un christianisme châtré : tout le monde est beau, tout le monde est gentil, toutes les religions se valent. Il n’y a pas de péché ou le péché n’est pas grave. Comment peut-on se convertir avec de tels présupposés ? et même, pourquoi se convertir ? »
Il ose aussi lire les textes (officiels…) au lieu de feindre de n’avoir rien vu : « Dans le Missel dit de Paul VI, il y a une prière de conclusion de la Prière universelle qui dit : “Dieu qui sauve tous les hommes”… On est en plein dans la théologie de Polnareff. »
Et surtout, le P. Viot a un sens aigu et une connaissance historique précise des persécutions brutales ou sournoises, sanglantes ou sociologiques, infligées à l’Eglise catholique par nos cinq Républiques. Depuis 1789, montre-t-il, c’est là le vrai débat, le vrai combat. Principalement aux pages 50-67 et 143-147, mais au vrai un peu partout au fil de ses propos, il décrit comment un monde politique plus mauvais qu’on ne le dit a fait subir au catholicisme des ravages beaucoup plus profonds encore qu’on ne le croit.
Je relisais ce puissant Viot-Tanoüarn quand (et ce n’est pas sans rapport) Jeanne Smits m’a communiqué l’entretien avec les curés de Rome où Benoît XVI parle en souriant du jeune Ratzinger et de ses compagnons allant en 1962 au Concile avec la pensée que ce serait « vraiment une nouvelle Pentecôte ». Je ne sais si des historiens plus savants que moi me démentiront, mais ce fut la première fois, me semble-t-il, qu’on allait à un concile en imaginant qu’il serait vraiment une nouvelle Pentecôte. D’où la suite…
Jean Madiran publie dans "Présent" en date du 8 février 2013 un article qui revient sur un aspect essentiel de la crise de la transmission de la Foi
Le débat autour des conséquences directes ou indirectes de Vatican II semble continuer à ignorer le comment et le pourquoi de la longue disparition du catéchisme catholique. Ici comme ailleurs avait joué la rumeur, rapidement devenue opinion dominante, que ce qui était antérieur au Concile devait désormais être tenu pour périmé. Tous les catéchismes existants furent disqualifiés.
Pendant vingt-sept années, de 1965 à 1992, l’Eglise s’est trouvée sans catéchisme officiel. L’espace d’une génération, il y eut une vacatio catechismi. Et de 1965 à aujourd’hui, l’absence de petit catéchisme pour enfants baptisés est une vacatio de quarante-huit ans dont on n’aperçoit pas la fin.
Le plus grand nombre des catholiques le sont parce que leurs parents les ont fait baptiser à leur naissance et ont veillé sur leur éducation catholique romaine : « Une âme de petit enfant baptisé, écrivait Henri Charlier, a besoin d’un enseignement chrétien constant pour nourrir le germe que le baptême a déposé dans son âme. Sans quoi le germe s’étiole et meurt.
En France, la vacatio catechismi, où le germe s’étiole et meurt, a son histoire particulière. Le noyau dirigeant de l’épiscopat avait adopté dès les années 1945-1950 les idées du « catéchisme progressif » inventé par le chanoine sulpicien Joseph Colomb. Il fut bloqué par Pie XII en 1957. Mais les idées catéchétiques du chanoine Collomb sont restées totalement celles du noyau dirigeant au moins jusqu’en 1970, et encore très largement par la suite. Il a ainsi fabriqué une succession de documents impérieux, le « fonds obligatoire » en 1967-1968, initiateur d’une sorte de nouvelle religion, le « texte de référence » en 1980, « pierres vivantes » et « parcours » en 1982, toujours « nouveaux » par rapport aux précédents, toujours « mieux adaptés » à ses deux sources trompeuses : l’évolution du monde et les supposés progrès des pédagogies profanes. Cet intense foisonnement n’a nullement atténué la vacatio catechismi, car ce n’étaient pas des catéchismes : le cardinal Ratzinger, donnant en 1985 l’autorisation d’imprimer Pierres vivantes, tenait à préciser que ce n’était pas une « approbation canonique puisque ce n’est pas un catéchisme».
Pour l’instruction religieuse des enfants, les prêtres réfractaires à l’idéologie dominante utilisèrent surtout le Catéchisme à l’usage des diocèses de France (1947), très médiocre mais ayant l’avantage d’avoir été épiscopalement interdit après 1965 comme antérieur au Concile, cette interdiction lui donnant en quelque sorte une garantie d’authenticité.
De leur côté les laïcs réfractaires rééditaient en 1967, au titre d’« antidote », le Petit et le Grand catéchisme de saint Pie X, en 1969 le Catéchisme du concile de Trente, en 1977 le Catéchisme de la famille chrétienne du P. Emmanuel. Ces publications furent, à grands renforts de grimaces et d’insultes, dénoncées comme « intégristes ». Elles sont utilisées encore aujourd’hui, souvent discrètement, dans les paroisses…
En 1985, après vingt années de vacatio catechismi, Jean-Paul II convoqua un synode des évêques afin de conclure à la nécessité de rédiger « un catéchisme de toute la doctrine catholique » pour l’Eglise universelle. La réalisation en fut devancée en 1991 par le Catéchisme pour adultes de l’épiscopat français qui, depuis 1937 et 1947, tient à avoir « son » catéchisme. Et c’est seulement le 11 octobre 1992 que le Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC) fut promulgué par Jean-Paul II. Son « édition typique » en latin parut en 1997, et en 1998 sa traduction française. Suivirent en 2005 son résumé, le Compendium, et en 2011 le Youcat « pour les jeunes ».
Mais maintenant cela fait près d’un demi-siècle qu’officiellement, dans l’Eglise catholique, n’existe plus de petit catéchisme pour enfants baptisés.
JEAN MADIRAN
Article extrait du n° 7788 de "Présent"
du Vendredi 8 février 2013
ICHTUS vous propose une série de 5 exposés/débats animés par Annie Laurent, vice présidente de l'association "Clarifier", docteur d'Etat en sciences politiques, spécialiste du Proche-Orient et des relations entre le christianisme et l'islam.
30 janvier : le Dieu du Coran, les croyances, le culte, l'interprétation des écritures
20 février : L'Islam, anthropologie et société : le mariage et la famille, l'organisation de l'Etat, la personne humaine, les libertés et la vie sociale
6 mars : Le monde musulman aujourd'hui : Les révoltes arabes, l'islam et la modernité, les relations avec l'Europe
20 mars : L'islam en France : Actions dans les collectivités locales : Quelles actions dans les communes ? Témoignages et débat par Jacques Bompard, député-maire d'Orange (Vaucluse)
3avril : Action dans l'enseignement : Quelle action ? Témoignage et débat avec Jean-François Chemain, diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, agrégé d'histoire. Ancien consultant international, il enseigne dans un collège de Zone d'éducation prioritaire de la région lyonnaise.
Pour s'inscrire - Participation demandée : 50 € pour l'ensemble des 5 séances (40€ tarif réduit)
Jean de Tauriers, vous devenez président de Notre Dame de Chrétienté, et vous lancez une initiative nouvelle, ce « parcours de formation pour l’année de la Foi ». Pourquoi cette initiative ?
Pour répondre à l’appel de Benoît XVI. Le Saint Père vient d’ouvrir l’année de la Foi et nous invite à approfondir les vérités de foi enseignées par Notre Seigneur sans cesse rappelées par l’Eglise. Pour offrir un nouveau moyen de sanctification des âmes qui ne se limite pas à trois jours de pèlerinage à la Pentecôte.
Que proposez-vous ?
Le Pape indique, dans Porta Fidei, deux moyens pour grandir dans la foi : une étude plus approfondie du contenu de la foi et la grâce de Dieu qui permet de multiplier les actes de foi surnaturelle. « Redécouvrir les contenus de la foi professée, célébrée, vécue et priée, et réfléchir sur l’acte lui-même par lequel on croit, est un engagement que chaque croyant doit faire sien, surtout en cette Année » (n° 9).
Benoît XVI appelle à « la redécouverte et l’étude des contenus fondamentaux de la foi qui trouvent dans le Catéchisme de l’Eglise catholique leur synthèse systématique et organique » (n° 11). Aussi, Notre Dame de Chrétienté propose, pendant 52 semaines, l’envoi chaque semaine de l’année liturgique 2013, à partir du premier dimanche de l’Avent (2 décembre) jusqu’au 24 novembre 2013, d’une fiche de trois pages qui constitue un guide de lecture du Catéchisme de l’Eglise Catholique. Chaque fiche porte sur un thème en lien avec l’année liturgique.
Comment en bénéficier ?
C’est très simple : il suffit de s’inscrire sur le site www.nd-chretiente.com, ensuite chaque semaine Notre Dame de Chrétienté vous adressera un courrier électronique avec la fiche de formation hebdomadaire. Il est aussi possible de suivre et lire cette formation en allant consulter chaque semaine le site de Notre Dame de chrétienté régulièrement mis à jour, sachant que tous les documents sont conservés en ligne pour permettre à ceux qui rejoignent ce parcours en cours de route d’accéder aux fiches de formation précédentes.
Un dernier mot pour les lecteurs de Présent ?
Vous connaissez notre devise : « Tradition-Chrétienté-Mission ». C’est pourquoi nous sommes si motivés par l’appel missionnaire de Benoît XVI. Il faut revenir en permanence à nos racines, où nous puiserons la force de ne pas devenir « paresseux dans la foi » (Porta Fidei). Voilà l’objectif de ce parcours de formation pour nous aider durant ce pèlerinage que doit être toute notre vie.
Le Missel des dimanches que nous donne chaque année notre épiscopat vient de sortir pour l’année 2013
C’est tout le contraire d’un missel de « paix liturgique ». Il va jusqu’à polémiquer explicitement contre ce qu’il appelle « la messe médiévale, transmise par le concile de Trente, et que d’aucuns présentent comme la messe de toujours » (p. 560). L’abolition de cette messe traditionnelle avait provoqué une profonde blessure que Benoît XVI s’est efforcé de guérir. Elle est artificiellement maintenue ouverte en France.
C’est toujours ce que nous avons appelé l’« exemple du latin », avec tout ce qui « va avec ». Cet exemple met en lumière la volonté de rupture qui opère souvent de manière subtile ou cachée mais qui devient évidente dans tout ce qui touche au latin. Le Missel des dimanches ne nie pas que la Constitution conciliaire sur la liturgie ait ordonné de conserver le latin mais il accommode et dissout cette obligation par l’invention limitative que, selon le Concile, « le latin devait être conservé pour les célébrations exceptionnelles ou romaines » (p. 6). De cette manière, en dehors donc d’exceptions, c’est seulement « l’emploi d’une langue compréhensible par tous les fidèles » qui est présenté comme obligatoire (p. 560).
Page 17, un faux bien connu : il nous est affirmé que le Symbole de Nicée-Constantinople aurait déclaré Jésus « de même nature que le Père ». Ce faux a commencé sa carrière en 1966-1967, avant même qu’une messe nouvelle entièrement en langue française soit imposée en France par l’ordonnance épiscopale du 12 novembre 1969. Cette suppression du « consubstantiel » a été, dès 1967, dénoncée (entre autres) par Etienne Gilson aux pages 120 à 130 de son livre La société de masse et sa culture. Avec une obstination aveugle, l’épiscopat maintient religieusement ce faux et usage de faux depuis quarante-six ans.
Cependant, en tout petits caractères, à la suite de sa fautive version française, le Symbole de Nicée-Constantinople figure aussi en latin, avec bien sûr le consubstantialem. C’est un petit pas vers une pleine rectification. Les paris sont donc ouverts sur le nombre d’années que durera encore son perseverare diabolicum.
Il y aurait encore beaucoup à dire. Notamment sur la rubrique « Pour mémoire » (p. 8) qui annonce qu’on trouvera plusieurs fois dans ce missel la « mention d’une fête juive ou musulmane » et que cela s’inscrit « dans le cadre du dialogue interreligieux » : on ne voit pourtant aucun dialogue dans ces mentions sans réciprocité. On n’aperçoit en tout cas rien qui serait « dans le cadre du dialogue avec » la messe traditionnelle, ce n’est pas de ce côté que la messe française recherche l’« enrichissement réciproque » dont il avait été question…
Pour éviter toute incertitude, signalons que l’imprimatur a été donné à ce Missel des dimanches 2013 par Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque de Tours, en sa qualité officielle, mentionnée explicitement, de « président de la Commission épiscopale de liturgie et de pastorale sacramentelle ». C’est donc bien la responsabilité du collège épiscopal français qui est engagée.
JEAN MADIRAN
Article extrait du n° 7718 du quotidien "Présent", mardi 30 octobre 2012
Par webmaster NDC le samedi 27 octobre 2012, 11:42
Hervé Rolland, président de Notre Dame de Chrétienté, et l'abbé Coëffet, aumônier général de l'association étaient les invités de Daniel Hamiche sur Radio Courtoisie le 18 octobre 2012 pour parler de la messe pour la France célébrée par Mgr Aillet à l'occasion du 30e anniversaire du pèlerinage de Chartres le 11 novembre prochain à Saint François-Xavier (Paris 7e).
Emission à réécouter en utilisant le lecteur mp3 ci-dessous:
Le cardinal Peter Turkson, 64 ans, a fait sensation au synode des évêques en diffusant une vidéo choc sur l'expansion de l'islam en Europe. Le cardinal a expliqué son désir d'éveiller les consciences de l'Église catholique sur «la baisse de natalité» en Occident et sur «certaines politiques de planning familial». Le cardinal avait déjà projeté cette vidéo - sans aucune polémique - devant des milliers de personnes lors du rassemblement mondial des familles, à Milan en juin. Répondant alors au quotidien italien Il Sole 24 Ore, il avait lancé: «Pour pouvoir accueillir l'autre, nous devons d'abord nous affirmer nous-mêmes, sinon nous allons être avalés par les nouveaux arrivants.»
Un participant confirme le choix du cardinal : «La question de la pression de l'islam sur les chrétiens est sous-jacente depuis le début. Beaucoup d'évêques ou de prêtres venus du Moyen-Orient seplaignent des persécutions quotidiennes subies par les chrétiens.»
Romilda Ferrauto, porte-parole francophone, observe: «Beaucoup d'évêques originaires d'Afrique et du Moyen-Orient affirment que le dialogue avec l'islam n'est qu'un mot dont on abuse selon eux. Ils ajoutent même ne pas pouvoir prononcer le mot “évangélisation”. Beaucoup demandent à ce titre que des structures d'accueil soient réservées dans l'Église catholique pour des musulmans qui se convertissent au christianisme».
Le cardinal Peter Turkson est un proche de Benoît XVI, qui lui a demandé de quitter son archevêché de Cape Coast au Ghana pour le conseil pontifical Justice et Paix.
Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, a prononcé jeudi dernier une conférence intéressante (lisible sur zénit.org), intitulée « Laïcité de l’Etat, laïcité de la société ? », au Centre Saint-Louis de Rome. Extrait :
« Ce qui me frappe (...) c’est le glissement qui s’opère depuis une dizaine d’années, au moins dans certains secteurs de l’opinion, d’une laïcité de l’Etat à une laïcité de la société. Je dis tout de suite ma propre position et ce sera le contenu de mon intervention : ce glissement me paraît indu. C’est l’Etat qui est laïc, ce n’est pas la société. Celle-ci est plurielle. »
Il a évidemment raison. Mais il oublie un autre glissement conjoint dans ce phénomène de sécularisation qu’il décrit plutôt bien, avec une série de bonnes citations à l’appui. Ce qui nous frappe, nous, c’est le glissement qui s’est opéré, depuis plus longtemps encore, via notamment « l’esprit » du Concile et de sa liberté religieuse, de la légitime et saine laïcité de l’Etat (Pie XII) à une malsaine et illégitime laïcité de l’Eglise. Par une subtile inversion architectonique en forme de révolution copernicienne, le « Rendez à Dieu… » s’est vu peu à peu subordonné au « Rendez à César… ». Benoît XVI a lui-même parlé de la « sécularisation des prêtres » et de la « cléricalisation des laïcs », déplorant une « autosécularisation de nombreuses communautés de l’Eglise… au cours des décennies qui ont suivi le concile Vatican II ». Nous avons analysé ce déplacement topique et sémantique dans La laïcité dans tous ses débats (éditions de Paris, 2004).
« Nous voyons ce courant laïciste (transférant la laïcité de l’Etat à la société) s’exprimer dans un certain nombre de réactions (hostiles) vis-à-vis de prises de position publiques des responsables de l’Eglise, en particulier dans les domaines qui touchent la vie sociale et politique », poursuit le Cardinal en développant un plaidoyer insuffisant de la laïcité positive.
Mais nous observons que si l’Eglise qui est en France intervient bien dans ces domaines, ce n’est pas toujours, d’une part, sous les huées de ce « courant laïciste » (1). D’autre part, même quand elle dépasse de simples considérations prudentielles (discutables) pour rappeler justement la loi (morale) naturelle, c’est le plus souvent en occultant le nom de Dieu et le mandat surnaturel ou le pouvoir spirituel qu’elle a reçu de son Fils Jésus-Christ. Tolérée et s’acceptant elle-même comme Eglise par omission, elle s’attribue ainsi dans la société actuelle – par un reliquat de cléricalisme en creux – un rôle séculier ou un pouvoir temporel qui devrait normalement revenir au laïcat chrétien s’il était organisé. Cela pourrait certes relever d’un certain principe de suppléance, comme l’histoire en a connu.
Mais il y a plus encore : c’est l’épiscopat lui-même qui, souvent aussi, s’est fait le complice et le héraut de cette laïcité de la société en déconfessionnalisant jusqu’à sa propre école et son propre scoutisme catholiques, devenus comme neutres, « incompétents » en matière religieuse ! Ce sont des évêques qui anathématisent encore les militants du temporel chrétien qui veulent réagir, en tant que chrétiens, contre cette aliénation relativiste et contre la culture de mort en général. Les exemples du cardinal Ricard pour étayer sa thèse en faveur de la laïcité de l’Etat et contre la laïcité de la société sont particulièrement mal venus, parce qu’ils sont révélateurs de cas où des évêques eux-mêmes sont intervenus en alliés objectifs de la sécularisation :
« Il en va de même des manifestations publiques organisées par des catholiques, en particulier des marches pour la défense de la vie. Si ces manifestations sont pacifiques et ne troublent pas l’ordre public, pourquoi certains groupes voudraient-ils les faire interdire ou les empêcher de se dérouler normalement ? L’expression dans l’espace public serait-elle sélective : pourquoi applaudir une Gay Pride et combattre un autre type de manifestation ? Le religieux ou l’ecclésial ne pourraient-ils plus avoir une expression publique ? Nous sommes là devant une conception indue de la laïcité. (...) Nous voyons aussi s’exprimer des propositions visant à modifier le calendrier des fêtes chômées. »
Nous avons connu en effet des évêques, non pas rares et non des moindres, dénoncer carrément des actions ou des marches catholiques et pacifiques pour la vie et la famille, là où ils encourageaient des marches pour les « sans-papiers », et y participaient ! Nous en avons vu d’autres proposer sinon comprendre et accepter laïcistement la mutilation du calendrier chrétien ! etc. (cf. Le Livre noir – et blanc – des évêques de France, chez Renaissance catholique).
Cela commence à changer ? Sans doute ! Mais il aurait été plus objectif de reconnaître cet autre glissement indéniable du clergé pour mieux s’en repentir et comprendre le mécanisme totalitaire de cette laïcisation progressive de la société, faute d’un pouvoir spirituel digne de ce nom et d’une juste laïcité de l’Etat (conforme à ce qu’enseignait Pie XII). Une certaine trahison des clercs a favorisé ce déplacement subversif de concepts, la laïcité de l’Etat s’arrogeant idéologiquement le pouvoir spirituel — « Rendez à César ce qui est à César et tout est à César » (Clemenceau) – au point de s’ingérer aujourd’hui jusque dans le sanctuaire familial. Avec la théorie du genre et son « mariage » homosexuel, c’est non seulement à l’école mais dans les familles elles-mêmes qu’on veut aller maintenant cultiver par la contrainte cette prétendue immunité de contrainte ou fausse liberté religieuse et morale, comme dans les pires pays totalitaires. Cette dictature du relativisme entend en effet imposer religieusement son laïcisme dans toutes les communautés et les sphères temporelles de la vie sociale, comme l’a bien compris (mais un peu tard !) Mgr Ricard contre Peillon et Cie…
(1) Ses déclarations sur l’immigration et les Roms par exemple ne connaissent pas la même opposition que celles sur le « mariage » homosexuel.
REMI FONTAINE
Article extrait du n° 7699 du quotidien "Présent" du mercredi 3 octobre 2012
Mgr Brincard, évêque du Puy-en-Velay, communique :
"Le projet de loi proposant d’ouvrir le mariage civil et la filiation aux personnes de même sexe soulève de graves enjeux dont tout citoyen doit prendre conscience. En effet, le mariage est une des sources du lien social en tant qu’il est l’articulation de la conjugalité et de la parenté. Cette articulation ne relève pas de la seule sphère privée mais intéresse la société toute entière et donc l’Etat qui est le garant de la paix civile. Or la paix véritable ne peut être fondée que sur la justice. La question principale a posé face à ce projet est ainsi la suivante : l’ouverture du mariage et de la filiation aux personnes de même sexe est-elle juste ?
Ce projet de loi fait sienne la revendication exprimée par une partie des personnes homosexuelles demandant une égalité de traitement. Les expressions « égalité de tous devant le mariage » ou « mariage pour tous » laissent entendre que selon le code civil en vigueur une catégorie de citoyens n’ayant pas le droit de se marier subit une discrimination injuste. Notons qu’à l’heure actuelle l’orientation sexuelle n’intervient en rien dans la constitution du mariage. Ce qui est pertinent au regard du mariage n’est pas l’orientation sexuelle des partenaires mais leur sexe, homme ou femme. En effet, le maire vérifie certaines conditions requises pour se marier : le consentement et le nombre des futurs époux, leur sexe ainsi que leur absence de lien de parenté. La différence des sexes est ainsi une condition au même titre que la monogamie et que la non-consanguinité. Pour quelle raison ces conditions sont-elles exigées pour avoir accès au mariage ? Parce que le mariage n’est pas la simple reconnaissance d’un sentiment amoureux mais le cadre juridique dans lequel la vie commune des époux est susceptible d’être source de nouveaux êtres humains. Ce qui se joue dans le mariage civil est donc la dimension sociale de la conjugalité en raison de la possibilité d’engendrer des enfants.
L’apparition de technologies médicales d’aide à la procréation a fait naître dans l’opinion publique la croyance que la sexualité des époux n’était plus la source de la filiation. De même, la pratique déjà très ancienne de l’adoption semble valider l’idée que la volonté est le fondement premier de la filiation. Dans la continuité de ces deux pratiques, techniques et juridique, certains réclament que désormais deux personnes de même sexe partageant un projet parental puissent devenir parents, c’est-à-dire soient reconnus par l’Etat comme dépositaires de la plénitude des droits et des devoirs liés à l’exercice de la filiation. Or à cette revendication, nous opposons le droit de l’enfant à être reçu et élevé par son père et sa mère. Se savoir issu du désir de son père pour sa mère et réciproquement est le roc sur lequel un enfant peut déployer ses capacités dans les meilleures conditions. Le fait qu’il existe de nombreuses situations dans lesquelles des enfants ne bénéficient pas de cette continuité et de cette unité ne peut en aucun cas légitimer la création d’une catégorie a priori d’enfants délibérément privés de ces biens et de ces droits essentiels. L’ouverture du mariage aux personnes de même sexe dénaturerait cette institution en supprimant les notions de mari et de femme, de père et de mère au bénéfice de mots neutres signifiant une indifférenciation des fonctions et des identités. Un enfant a besoin de ce jeu de différences complémentaires grâce auxquelles il peut progressivement développer son identité personnelle. Si le législateur décide que demain certains enfants auront deux pères mais pas de mère ou deux mères mais pas de père, il instaurerait un mensonge d’Etat.
Un Etat qui renie les droits les plus fondamentaux des êtres humains les plus vulnérables viole la conscience des citoyens. Seule la recherche de la justice peut assurer le bien commun et nourrir l’espérance d’un réel progrès humain."
Pour la troisème année consécutive, les cadres de Notre Dame de Chrétienté ont participé au pèlerinage de rentrée en vallée de Chevreuse ce samedi 29 septembre, en la fête de l'Archange Saint Michel protecteur de la France.
Ce pèlerinage est un moment privilégié pour ces cadres et leurs familles qui sont mobilisés toute l'année pour préparer le grand pèlerinage de la Pentecôte de Notre de Paris à Notre Dame de Chartres. L'abbé Denis Coiffet avait demandé à son confrère l'abbé Arnaud Renard d'assurer l'animation spirituelle.
Le programme comprenait trois temps :
marche de St Lambert des bois à Chevreuse avec un 1er chapelet médité sur les mystères douloureux. A l'église de Chevreuse : instruction de l'Abbé sur l'importance de développer ses talents dans la pratique des 3 vertus théologales : Foi, Espérance, Charité.
marche de Chevreuse à l'église de Milon la Chapelle avec un 2ème chapelet médité sur les mystères joyeux. A l'église de Milon la Chapelle : instruction sur l'importance de la transmission des fondamentaux de notre sainte religion et de l'éducation : anticipation du thème retenu pour le pèlerinage de la Pentecôte 2013.
marche de Milon la Chapelle à Saint-Lambert-des-Bois avec un 3ème chapelet médité sur les mystères glorieux. A l'Eglise de St Lambert des bois : célébration de la sainte Messe et homélie donnée en rapport avec l'Archange Saint Michel.
Les pèlerins ont ensuite terminé cette journée par un repas amical tiré du sac, avant de bientôt se retrouver à nouveau régulièrement pour s'investir dans l'organisation du prochain pèlerinage de Chrétienté 2013.
Notre Dame de la Sainte Espérance, Convertissez-nous!
Faire peur, humilier et détruire la société occidentale aux racines chrétiennes, affaiblie par son apostasie et son matérialisme, pour lui substituer l'Oumma (1), communauté musulmane, régie, hors de nos lois, par la charia, lois et règles issues du Coran et de la tradition mahométane. Voilà le "projet" du djihad, au service d'une idéologie qui mêle spirituel et temporel, religiosité et politique.
Pour mettre en œuvre cette stratégie, quatre tactiques complémentaires :
1. Le djihad terroriste
C'est celui des attentats, des tueries, des agressions armées, des mutilations.
Djihad le plus voyant, celui qui fait le plus peur… Il occulte les autres djihads ou les fait passer pour modérés.
2. Le djihad de déstabilisation et d'intimidation
Comportements illégaux, délinquance systématique, violences, agressions, insultes, intimidations, caillassages, provocations.
Guérilla contre ce qui représente l'ordre (police, pompiers, conducteurs de bus, ambulanciers… )
3. Le djihad d'implantation progressive de la charia
Immigration et démographie (plus de 50 millions de musulmans en Europe), permettant une danse du ventre électorale qui fait tourner la tête aux candidats et aux rééligibles.
Alimentation (nourriture hallal, refus de l'alcool et du porc dans les collectivités).
Habillements féminin (voile, burqa) et masculin
Finance et banques islamiques, tribunaux islamiques, boutiques musulmanes.
Multiplication des mosquées avec dômes, minarets. Cimetières islamiques.
Alignement sur le calendrier islamique (Ramadan, fêtes musulmanes). Prières dans les lieux publics, dans les entreprises.
Multiplications des établissements scolaires musulmans et des écoles coraniques.
Ségrégation par refus de la mixité (piscines - salles de sport - hôpitaux et maternités…).
Multiplication des quartiers et des cités à majorité musulmane, infiltration des structures d'influence (police, armée, services publics, postes d'élus, bienfaisance…).
4. Le djihad de victimisation
A la moindre critique contre l'Islam, le Coran ou le Prophète…
Dépôts de plaintes, tohu-bohu médiatique, manifestations de plus en plus coordonnées.
Amalgame avec le racisme et la soi-disant "extrême droite". Revendication d'un délit d'islamophobie.
Le djihad est une obligation dans l'Islam. Tout musulman se doit d'être un djihadiste, d'une façon ou d'une autre.
Sur ces quatre "fronts", c'est bien une guerre qui nous est menée. Il faut d'abord commencer par le reconnaître et ensuite y faire face, ce qui nécessite de sortir de notre confortable avachissement.