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Notre-Dame de Chrétienté - pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres

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lundi 23 décembre 2013

Un besoin vital de racines et d'identité





Rapport sur l'intégration - l'analyse d'Alexis Brezet





vendredi 13 décembre 2013

Philippe de Villiers présente "Le roman de Saint Louis"





lundi 04 novembre 2013

Un nouveau CD du Choeur Montjoie Saint-Denis : Chants scouts

CHANTS-SCOUTS-recto-150x150.jpg"Je formule le voeu que les chants de ce disque, interprétés par le Choeur Montjoie Saint Denis, fassent partie de notre répertoire, nous qui sommes veilleurs, résistants devant la culture de mort, de mensonge et de haine qui fait mine de nous submerger. Oui, chers amis, par le chant nous sommes déjà victorieux car nous allumons la lumière de l’Espérance."

Mgr. Marc Aillet Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron


Le site du Choeur Montjoie Saint-Denis

  • Saint Georges
  • Le salut aux couleur
  • La joie scoute
  • ô ma troupe
  • L’appel de la route
  • Souvenirs qui passent
  • Amitié, liberté
  • En avant, nous allons
  • Les objections du V.p.
  • Les trois devises
  • Les excuses de l’aspirant
  • Le vieux Jo • L’espérance
  • ô croix des scouts
  • Prière scoute
  • La marche des scouts
  • Chant de la promesse
  • Prière des routiers
  • Coeur de Jésus
  • Prière pour la paix
  • Vierge des chemins de France (canon)
  • Prière des scouts à Notre Dame
  • Le cantique des patrouilles
  • Notre Dame des éclaireurs
  • Avant d’aller dormir sous les étoiles



lundi 14 octobre 2013

L'Espérance, vertu théologale

Ne pas confondre espérance et optimisme .... Georges Bernanos :

2013.10.23_Bernanos.jpg"L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches et des imbéciles."
"La seule différence entre un optimiste et un pessimiste, c'est que le premier est un imbécile heureux et que le second est un imbécile triste."

L'Espérance est une vertu ...

Compendium du Catéchisme - §387. Qu’est-ce que l’espérance?
L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons et attendons de Dieu la vie éternelle comme notre bonheur, mettant notre confiance dans les promesses du Christ et comptant sur l’appui de la grâce du Saint-Esprit pour mériter la vie éternelle et pour persévérer jusqu’à la fin de notre vie sur la terre. (voir aussi CEC 1817-1821, 1843)

Charles Péguy – "Le Porche du mystère de la deuxième vertu"

2013.10.23_Peguy.jpgMais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne (…)
Et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce (…)
L'espérance, elle voit ce qui sera.
L'espérance voit ce qui sera dans le temps et l'éternité.

Le témoignage de l'écriture sainte ...

"Je suis la mère du pur amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance." (Ecclésiastique 24, 18)

Et de la liturgie :

2013.10.23_Marie_Lagrasse_b.JPG(Collecte de la Messe) Accordez, Dieu tout-puissant, à vos fidèles, qui mettent leur joie dans la très puissante protection de la très Sainte Vierge Marie, Mère de la Sainte Espérance, d’être, par sa maternelle intercession, délivrés de tout mal sur la terre et conduits aux joies éternelles dans le Ciel. Par notre Seigneur Jésus-Christ.

Saint François de Sales

SFDS_2.PNG"Pour vivre content au pèlerinage de cette vie il faut tenir présente à nos yeux l’espérance de l’arrivée en notre patrie où éternellement nous nous arrêterons. Ne prévenez point les accidents de cette vie par l’appréhension, mais prévenez-les par une parfaite espérance qu’au fur et à mesure qu’ils arriveront Dieu vous en délivrera."

Les papes et l'Espérance ...
Benoît XVI – "Spe salvi" (2007)

Toute l'encyclique de Benoît XVI est à lire et à méditer. Retenons deux paragraphes :
§1. La rédemption nous est offerte en ce sens que nous a été donnée l'espérance, une espérance fiable, en vertu de laquelle nous pouvons affronter notre présent: le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s'il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu'il peut justifier les efforts du chemin.
§35. Tout agir sérieux et droit de l'homme est espérance en acte.

Et très récemment le Pape François

"L'espérance est une vertu considérée habituellement de second ordre. Nous ne croyons pas beaucoup à l'espérance: nous parlons de la foi et de la charité, mais l'espérance est un peu, comme le disait un écrivain français, la vertu humble, la servante des vertus; et nous ne la comprenons pas bien. L'optimisme est une attitude humaine qui dépend de beaucoup de choses: mais l'espérance est autre chose: c'est un don, c'est un cadeau de l'Esprit Saint et pour cela Paul dira qu'elle ne déçoit jamais. Et elle a également un nom. Et ce nom est Jésus : on ne peut pas dire que l'on a une espérance dans la vie si l'on ne place pas son espérance en Jésus."
Le Pape a indiqué une confirmation de ce concept dans le passage de l'Évangile de Luc (6, 6-11), en référence au thème de la liberté. "La liberté et l'espérance vont de pair: là où il n'y a pas d'espérance, il ne peut y avoir de liberté".
(9 septembre 2013)




lundi 09 septembre 2013

Cathédrale de Chartres : la Vierge du Pilier

Une vidéo de l'Echo Républicain sur les travaux de restauration de la Vierge du Pilier




dimanche 01 septembre 2013

Les martyrs de la Révolution Française

2010.08.29_Noel_Pinot_b.JPGLe 18 août dernier, l'Eglise fêtait les 64 prêtres et religieux martyrs à l'Ile-Madame, béatifiés en 1995 (parmi les plus de 600 prêtres morts à l'Ile-Madame et à Rochefort). Le 2 septembre, nous fêterons les 191 martyrs, victimes des massacres de Paris, béatifiés en 1926 (parmi plus de 3000 victimes des massacres de septembre).

La proximité de ces deux dates nous donne l'occasion de revenir sur la longue liste de ces chrétiens qui furent tués, en haine de la foi, par la Révolution Française. En rappelant tous ceux que l'Eglise, après examen minutieux, a inscrit à son martyrologe :

  • les seize carmélites de Compiègne guillotinées le 17 juillet 1794 (béatifiées en 1906)
  • les quinze religieuses de Valenciennes (dont 3 filles de la Charité et 11 ursulines), guillotinées le 26 juin 1794 (béatifiées en 1920)
  • les trente-deux religieuses de Bollène, guillotinées du 6 au 26 juillet 1794 à Orange (béatifiées en 1925)
  • Noël Pinot, prêtre angevin, guillotiné le 21 février 1794 (béatifié en 1926)
  • les 191 martyrs de septembre, exécutés à la prison des Carmes le 2 septembre 1792 (béatifiés en 1926)
  • Pierre-René Rogue, prêtre de la Mission, guillotiné à Vannes le 3 mars 1796 (béatifié en 1934)
  • les 19 martyrs de Laval, guillotinés le 21 janvier 1794 (béatifiés en 1955)
  • les 99 martyrs d'Angers (12 prêtres, 3 religieuses et 84 laïcs) exécutés à angers et à Avrillé, entre le mois d'octobre 1793 et le mois d'octobre 1794
  • les 64 martyrs de l'Ile-Madame (béatifiés en 1995)


Plusieurs autres causes sont en cours d'examen et conduiront certainement à allonger cette liste des béatifiés. Citons simplement ici celle des 110 enfants de moins de sept ans massacrés aux Lucs-sur-Boulogne en Vendée par les soldats lde la colonne infernale du général Cordellier.
Ces bienheureux martyrs font partie de la cohorte héroïque de ces centaines de milliers de catholiques qui ont livré leur vie pour ne pas renier Jésus-Christ et son Eglise, victimes de la Révolution Française, et dont l'histoire tragique restera dans bien des cas ignorée des hommes, trouvant sa vraie récompense au Ciel. L'étude de cette période permet de dégager le caractère essentiellement anti-chrétien de la Révolution, et de trouver des leçons extraordinaires pour alimenter notre Foi et notre Espérance.

On ne peut lire sans beaucoup d'émotion les comptes-rendus d'interrogatoires, de ces hommes et des ces femmes du peuple, qui savaient que leurs réponses les conduisaient à la mort certaine. Ainsi, parmi les martyrs d'Avrillé, l'interrogatoire de Marie Cassin : "Avez-vous assisté à la Messe des prêtres réfractaires ?" - "Oui". Cela suffit. Le juge écrit en marge "F", à fusiller. Tout aussi émouvants sont les comptes-rendus de leurs morts, dans la prière et le pardon. (Jean de Viguerie, "Christianisme et Révolution", page 248)

Ouvrages de référence :

  • Jean de Viguerie - "Christianisme et Révolution - Nouvelles Editions Latines (1986, 264 pages)
  • Yves Daoudal - "Guillaume Repin et ses quatre-vingt-dix-huit compagnons" - DMM (1984, 124 pages)
  • Yvan Gobry - "Dictionnaire des martyrs de la Révolution" - Dualpha (2002)
  • et bien entendu les ouvrages de Reynald Secher.

2010.08.29_Lucs_a.jpg




vendredi 23 août 2013

La "droite" ferait mieux de se livrer au devoir d’inventer

D'Yves de Kerdrel dans Valeurs Actuelles :


Mark Twain a écrit cette phrase très juste : « La gauche invente des idées nouvelles que la droite adopte sitôt qu’elles sont usées. » C’est ce qui vaut sans doute à notre cher et vieux pays d’avoir « la droite la plus bête du monde », pour reprendre la célèbre formule de Guy Mollet. La gauche a inventé ce crime contre la croissance qui s’appelle l’ISF. La droite chiraquienne l’a repris à son compte et l’a même durci. La gauche a inventé les 35 heures. La droite, en raison des mesures alors prises par François Fillon, les a légitimées et en a fait un acquis social. La gauche a inventé l’écologie politique. La droite l’a reprise à son compte pour en faire l’insupportable principe de précaution. (...)

Pour éviter toute illusion sur les capacités de la "Droite" il faut revenir à la description qu'en a donnée Jean Madiran ("La droite et la gauche", 1977) :

"La distinction entre une gauche et une droite est toujours une initiative de la gauche, faite par la gauche au profit de la gauche. Il y a une droite dans la mesure où une gauche se forme, la désigne, s’oppose à elle : l’inverse n’est jamais vrai. Ceux qui instaurent ou relancent le jeu droite-gauche se situent eux-mêmes à gauche, ils délimitent une droite pour la combattre et pour l’exclure. Dans un second moment, la droite ainsi désignée et prise à partie se serre les coudes, ordinairement ni assez vite ni assez fort, s’organise, se défend, contre-attaque, quelquefois victorieusement : ce n’est jamais que défense et contre-attaque, voire représailles.
Par suite, est “de droite” celui que la gauche désigne ou dénonce comme tel : et l’inverse n’est pas vrai. Cet arbitraire va de soi, puisque le jeu gauche-droite, qui est plus exactement le jeu gauche contre droite, est inventé, mené et arbitré toujours par la gauche, jamais par la droite.
La droite sait ou sent qu’elle subit le jeu sans pouvoir en fixer ou en modifier les règles. (...) Elle n’en a ni le droit ni la possibilité, ce n’est pas elle qui place les étiquettes sur les flacons. La gauche au contraire, maîtresse et arbitre de ce jeu qui est le sien, rejette à droite qui elle veut, comme elle veut, selon l’occasion et l’intérêt tactique."




mercredi 21 août 2013

islam : Le livre de l'abbé Guy Pagès

2013.08.21_abbe_Pages.jpgDans l'exhortation apostolique "Ecclesia in Europa", Jean-Paul II écrivait en 2003 : "il est nécessaire de préparer convenablement les chrétiens qui vivent au contact quotidien des musulmans à connaître l'islam de manière objective et à savoir s'y confronter". (n°57)

C'est ce qu'a voulu faire l'abbé Guy Pagès, qui fut missionnaire à Djibouti, dans un ouvrage intitulé "Interroger l'islam - Eléments pour le dialogue islamo-chrétien".

Dans la préface, Mgr Bernardini, archevêque émérite de Smyrne écrit : "Préparer les chrétiens européens vivant en contact avec les musulmans à affronter objectivement le problème de cette différence implique, et cela est l'intention fondamentale de l'abbé Guy Pagès, un dialogue qui ne repose pas sur des bases théologiques ou religieuses, mais d'abord sur l'amitié et les vertus humaines".

A partir du texte du Coran, l'auteur montre les incroyables contradictions de cette religion, qui ne s'avère être finalement que le curieux mélange de pratiques issues de différentes sectes pré et post-chrétiennes. L'auteur cite notamment la Somme contre les Gentils de Saint Thomas d'Aquin : "Mahomet (...) a séduit les peuples par des promesses de voluptés charnelles au désir desquelles pousse la concupiscence de la chair. Lâchant la bride à la volupté, il a donné des commandements conformes à ses promesses, auxquels les hommes charnels peuvent obéir facilement. En fait de vérités, il n'en a avancé que de faciles à saisir par n'importe quel esprit médiocrement ouvert. Par contre, il a entremêlé les vérités de son enseignement de beaucoup de fables et de doctrines des plus fausses. Il n'a pas apporté de preuves surnaturelles, les seules à témoigner comme il convient en faveur de l'inspiration divine, quand une oeuvre visible qui ne peut être que l'oeuvre de Dieu prouve que le docteur de vérité est invisiblement inspiré. Il a prétendu au contraire qu'il était envoyé dans la puissance des armes, preuves qui ne font point défaut aux brigands et aux tyrans. D'ailleurs, ceux qui dès le début crurent en lui ne furent point des sages instruits des sciences divines et humaines, mais des hommes sauvages, habitants des déserts, complètement ignorants de toute science de Dieu, dont le grand nombre l'aida, par la violence des armes, à imposer sa loi à d'autres peuples. Aucune prophétie divine ne témoigne en sa faveur; bien au contraire il déforme les enseignements de l'Ancien et du Nouveau Testament par des récits légendaires, comme c'est évident pour qui étudie sa loi. Aussi bien, par une mesure pleine d'astuces, il interdit à ses disciples de lire les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament qui pourraient le convaincre de fausseté. C'est donc chose évidente que ceux qui ajoutent foi à sa parole, croient à la légère."


Table des matières

Préface
Avant-Propos
I. Au sujet de Dieu

  • Avons-nous le même Dieu ?
  • L'islam est-il le seul et vrai monothéisme ?
  • Les chrétiens sont-ils des "associationnistes" ?
  • Allah est-il "le meilleur des créateurs" ?
  • Est-ce que Dieu crée aussi la vie que la mort, le bien que le mal ?
  • Dieu est-il Père ?
  • Jésus n'est-il pas Dieu ?
  • Y a-t-il un mystère, "qui explique tout" ?

II. Au sujet de la révélation

  • L'islam supplante-t-il le christianisme, comme celui l'a fait du judaïsme ?
  • La Bible a-t-elle été falsifiée ?
  • La venue de Mahomet a-t-elle été annoncée par Jésus ?
  • Le Coran est-il la Parole de Dieu ?
  • Si le Coran suffit, pourquoi les hadiths ?
  • Jésus n'est-Il qu'un prophète venu confirmer la Torah ?
  • Jésus n'est-Il pas mort et ressuscité ?
  • Qui est Mahomet ?
  • Saint Paul a-t-il fondé l'Eglise ?

III. Au sujet de l'homme

  • Les musulmans sont-ils supérieurs aux autres hommes ?
  • Les hommes sont-ils supérieurs aux femmes ?
  • L'islam est-il une religion pacifique ?
  • Quel est le devoir de l'homme ?
  • L'Oumma est-elle "la meilleure communauté" ?
  • Les chrétiens adorent-ils des statues et sont-ils des idolâtres ?
  • Quelle est l'Eglise fondée par Jésus-Christ ?
  • Vous avez dit "histoire" ?

Conclusion




vendredi 02 août 2013

Jacques Trémolet : La mondialisation de l’indifférence

Comme nous sommes devenus frileux, inquiets, peureux devant les exigences radicales de la Révélation ! Je lis de toutes parts des explications embrouillées sur le sens des paroles du Pape à Lampedusa. Un peu comme les prédicateurs qui nous expliquent qu’en réalité il faut comprendre que Jésus n’a pas dit ce qu’il a dit dans le passage d’Evangile que nous venons d’entendre, mais qu’il a dit ce que le prédicateur lui fait dire, qui est beaucoup plus convenable et beaucoup moins bouleversant.

Qu’a dit le Pape à Lampedusa ? « La culture du bien-être, qui nous amène à penser à nous-même, nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon, qui sont belles, mais ne sont rien ; elles sont l’illusion du futile, du provisoire, illusion qui porte à l’indifférence envers les autres, et même à la mondialisation de l’indifférence. Dans ce monde de la mondialisation, nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence. »

Dans mon village de la montagne corse, qui ne vaut pas plus cher qu’un autre village, qui n’est pas plus chrétien que les autres et que la recherche de l’argent occupe autant qu’elle occupe, depuis toujours, des îles pauvres de la Méditerranée, personne ne pourrait être dit indifférent aux cris de son voisin. Les morts, les maladies, plus nombreuses que les naissances et les mariages, n’ont pas épuisé la faculté de sentir, à condition que la douleur soit proche, visible par les yeux et non par un phénomène de télé-vision. La souffrance vue à la télé n’est pas la souffrance. Plus on en voit et moins on ressent. La banalité, l’habitude l’emportent sur le choc… et d’ailleurs… ce n’est pas du vrai. La seule vraie souffrance est celle qu’on voit, qu’on sent, qu’on touche. Frédéric Ozanam, quand il voulut que les étudiants de Quartier Latin sachent ce qu’était la misère humaine, ne s’est pas contenté de leur parler.

Il les a emmenés de l’autre coté de la Montage Sainte-Geneviève, dans le Quartier des Gobelins et de la rue Mouffetard, où les familles s’entassaient à huit ou dix dans une pièce, sans eau et sans chauffage. Il a voulu qu’ils respirent, de leurs narines, l’odeur des pauvres qui souffrent de la saleté, de la faim et de la misère. Il ne leur a pas demandé de jeter leurs habits de jeunes bourgeois, ni de brûler les hôtels particuliers où ils vivaient, Faubourg Saint-Germain, mais simplement de venir, de voir, de toucher, et de secourir. Ainsi fit avant lui saint Vincent de Paul, qui donna son nom à ses « conférences » et qui conduisait les dames de la Cour et les jeunes filles de la noblesse aux pieds de « Nos seigneurs, les pauvres ».

L’indifférence va avec la mondialisation et si nous voulons briser le cri de l’indifférence, il faut rompre avec l’illusion de la mondialisation, illusion qui a tué ce qui est le cœur même du message évangélique : le prochain. Le sens du prochain, qui déjà avait déserté le cœur du prêtre et celui du lévite, mais était demeuré vif dans le cœur du samaritain, est à l’opposé absolu de la mondialisation.

Il y a, entre les deux, incompatibilité totale. L’amour du village, de la petite ville, du quartier, de la province, du canton, de la patrie est le vrai chemin vers le prochain et le lieu privilégié en même temps que naturel, de l’exercice de la charité.

Alors « la culture du bien être » qui n’est que l’individualisme mis en pratique s’évanouit parce qu’elle est tout simplement impossible. Son caractère illusoire la fait crever comme la bulle de savon.

Personne ne trompe longtemps personne dans un village et tous sont contraints – noblement contraints – de se supporter, et, globalement, il faut que l’amitié l’emporte sur la haine, pour que la vie demeure possible. Lampedusa est un signe de la folie de notre temps qui a oublié ces réalités premières. Lampedusa est le signe irrécusable de l’échec immense et monstrueux de la politique moderne qu’il faut plutôt appeler une absence de politique. La mondialisation elle-même est la conséquence de la disparition, à l’échelle du monde, de l’art politique, qui est la marque même de l’homme « animal social et politique ». Animal qui sait construire des cités et des Etats et non loup errant en hordes, sans feu ni lieu.

Comprendrons-nous enfin ce cri du Vicaire du Christ : « Père, nous te demandons pardon pour ceux qui, par leurs décisions au niveau mondial, ont créé des situations qui conduisaient à ces drames ! »

La mondialisation ne date pas d’aujourd’hui. Au temps de Notre-Seigneur, l’Empire romain était le monde connu. Rome avait fait la mondialisation. Mais avec toutes les tares du monde païen, au moins le génie romain avait-il compris qu’il fallait que les hommes demeurent dans leurs villes et leurs états, dans leurs provinces et leurs campagnes. L’assistance aux plus pauvres y était considérablement développée, mais elle était municipale, chose de la commune, honneur de la cité, qui ne voulait pas qu’on puisse dire d’elle qu’elle abandonnait ses enfants…

Sans connaître encore l’Evangile, celui que saint-Augustin appelait « l’auguste empire romain », avait su respecter les conditions d’un ordre naturel.

L’abandon de cet art politique qui, chez nous, fut l’art capétien, celui qui sait créer des « espaces de paix et de sociabilité » comme disait le professeur Chaunu, est le crime majeur de nos dirigeants. Aveugles qui conduisent d’autres aveugles ! Ne réduisons pas ce cri tragique du Pape François à une sorte d’évangélisme désincarné ! Il a mis le doigt sur la plaie du monde moderne, qui est le déracinement. Déjà Simone Weil, il y a soixante-dix ans, disait que « le besoin d’enracinement est le besoin le plus puissant et le plus méconnu de l’âme humaine ». Mais comment le satisfaire ce besoin, si la politique, qui est l’art du gouvernement de la cité, n’existe plus ? Si, seul commande le jeu des intérêts et des pouvoirs, pour qui les masses humaines sont, comme disait Marx, « des forces ». Non pas des hommes, et donc des pauvres et des malheureux, comme tous les hommes, mais des forces à mettre en mouvement, au service d’une idée, d’un rêve, d’un pouvoir, d’un prétendu bien être, d’une volonté de puissance…

« Rendre service ! », telle était la devise des premiers capétiens Ce pape François porte bien son nom qui nous fait mesurer, par contraste, la sagesse humaine de ce royaume de la terre que nous avons, dans notre folie d’enfants trop gâtés, méprisé et que nous ne parvenons pas à reconstruire. Et, nous voici,

Privés de paix et d’espérance :
Car digne n’est de posséder vertus,
Qui mal voudroit au royaume de France !

ainsi chantait un autre François, il y a plus de cinq siècles, mauvais garçon mais vrai chrétien parce que vivant de tout son être, dans son Paris, dans ses prisons, dans ses écoles, et dans ses cabarets, dans ses églises et dans ses « bourdeaux », chez le Prince Charles d’Orléans, ou chez la Grosse Margot, dans de vrais lieux d’amour et de misère, et pas dans « les bulles de savon » du culte du bien-être, encore moins dans l’indifférence de la mondialisation.

Merci, Très Saint-Père !

JACQUES TREMOLET DE VILLERS

"Présent" - n°7901 du 24 juillet 2013




lundi 08 juillet 2013

Mgr. Dominique Rey : la résistance à une loi injuste est une obligation

Message de Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, aux catholiques du Var :


"L’ampleur de la mobilisation et des manifestations pour défendre la vérité de la filiation et du mariage est particulièrement significative. Le mouvement de contestation ne faiblit pas, bien au contraire : il se décline désormais en de nombreuses initiatives pacifiques. Le contraste est saisissant entre leur caractère non violent (à l’exception de quelques groupes extrémistes très minoritaires) et les formes de répressions qu’elles rencontrent, qu’elles soient verbales, médiatiques ou policières, (interpellations abusives, gardes à vue injustifiées…).

Une police de la pensée se met progressivement en place. Elle consiste à disqualifier toute opinion qui remettrait en cause le mariage homosexuel, comme si celle-ci constituait en soi un délit. Le mariage et la famille en tant que tels sont des réalités politiques qui préexistent à l’Etat et que celui-ci doit non seulement reconnaître, mais protéger. « Le mariage précède l’État, il est le socle de la famille, la cellule de la société, antérieure à toute loi et même à l’Église. Par conséquent, l’adoption de la loi est un grave recul anthropologique. Le mariage (formé d’un homme et d’une femme) n’est pas la même chose que l’union de deux personnes de même sexe. », affirmait récemment le cardinal Bergoglio avant son élection au siège de Pierre.

La Loi Taubira fait partie de ces lois moralement injustes, auxquelles la conscience chrétienne ne peut souscrire. Il est des circonstances où la résistance morale devient une obligation, et notre discours serait illusoire si nous délaissions ce témoignage rendu à la vérité. Il ne s’agit pas de faire obstacle aux « mariages homosexuels » qui vont être célébrés ou de troubler leur bon déroulement, par contre il devient urgent de garantir aux personnes qui seront concernées par son application un droit à l’objection de conscience. Je pense bien sûr aux maires ou officiers d’état civil qui devront les célébrer, mais également aux personnes qui seront chargées de délivrer les agréments pour les adoptions ou encore aux professeurs qui devront enseigner que le mariage homosexuel est une alternative équivalente au mariage entre personnes de sexe différent.

Après le temps des manifestations s’ouvre une période nouvelle, où d’autres manières de s’engager et d’agir prennent le relais. Les nombreuses initiatives qui ont surgit s’organisent en réseaux et donnent à penser que l’élan de ce printemps des consciences n’est pas prêt de s’essouffler. En l’an 2000, le bienheureux Jean-Paul II, aux JMJ de l’An 2000, invitait les jeunes à devenir des « sentinelles du matin ». J’appelle les catholiques du Var à s’inscrire, avec audace, détermination et inventivité, dans cet engagement politique, au sens noble du terme. Dans la recherche du bien commun, selon les paroles mêmes du Pape François, cet engagement est« l’une des formes les plus élevées de la charité »"




dimanche 30 juin 2013

Retour sur les propos du Pape François : Abroger les lois mauvaises

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Un article de Rémi Fontaine



S’adressant à une petite cinquantaine de parlementaires français en visite samedi au Saint-Siège, le pape François les a invités notamment à «l’abrogation» des mauvaises lois (samedi 15 juin 2013). Ce seul mot contraste singulièrement avec le texte du Conseil "Famille et Société" de la Conférence des évêques de France, dont nous parlions dans "Présent" du 8 juin.

Dans un défaitisme politique sidérant, ce document épiscopal (1) invite simplement, en effet, à «poursuivre le dialogue» à propos du «mariage pour tous» au nom de l’exercice, de la maturité et de l’exigence démocratiques (sic) qui impliquent d’« accepter » comme « légitimes » les «divergences d’opinion» et que « son propre point de vue ne soit pas accepté » ! A cet affligeant relativisme démocratique qui considère le point de vue divin comme une opinion, répond le chant d’offertoire de ce 4e dimanche après la Pentecôte : « Donne à mes yeux la lumière, pour que je ne m’endorme pas dans la mort. Que mon ennemi n’aille jamais dire : “J’ai eu sur lui le dernier mot.” »
Le précepte évangélique d’aimer ses ennemis ne signifie pas le renoncement à les combattre et à haïr les erreurs qu’ils colportent. Ne pas confondre le pécheur et son péché public n’empêche pas de se défier aussi bien du péché que du pécheur. Dans "Pour qu’Il règne", Jean Ousset avait des mots pertinents à ce sujet : « Ce que la Révolution a de plus essentiel est de dissoudre tout ce qui peut être substance de vérité, d’ordre objectif. Elle ne garde, et ne veut retenir que l’aspect évolutif, l’aspect perpétuellement changeant des êtres et des choses… Nous avons en face de nous l’erreur et ceux qui la colportent. II est impossible de séparer les deux. Les erreurs sont semblables aux flèches qui ne feraient aucun mal à personne si quelqu’un ne les lançait pas avec un arc ou un fusil. Prétendre guerroyer seulement contre les idées et les systèmes pervers, sans tenir compte de ceux qui les colportent, diffusent, appliquent systématiquement serait folie, sinon complicité manifeste avec l’ennemi. »
Aimer ses ennemis ne signifie pas qu’on ne les reconnaît plus en tant qu’ennemis, capables de nuire tragiquement. Ne tombons pas dans l’angélisme ou le pacifisme béat ! Ce n’est pas parce des loups se prétendent herbivores qu’il ne faut pas s’en méfier comme de méchants carnivores décimant les brebis et les désigner comme tels. On doit aimer son ennemi – c’est-à-dire celui qui cherche à vous détruire – ainsi que son prochain, comme personne singulière dont l’âme est à sauver, mais on peut et on doit détester en lui le représentant d’une action ou d’une erreur malfaisantes. Et le combattre à ce titre. En raison du bien commun et donc aussi pour le bien de ceux qu’on combat.
Ainsi, en remplissant telle mission, tire-t-on à la guerre sur un ennemi portant tel uniforme, non parce qu’on lui en veut personnellement, mais à cause de la mauvaise fonction qu’il remplit. C’est ce qui légitime l’engagement militaire du soldat qui accomplit un devoir de charité politique (2). Se battre sans haine mais avec discernement, sans imprudence mais avec réflexion : charité en toutes choses ! Semper idem dans le combat intellectuel et politique. L’erreur de la plupart de nos évêques est, au nom du mythe démocratique et de son système de pensée (anti)métaphysique, de rejeter éthiquement certaines flèches empoisonnées sans combattre politiquement ceux qui les projettent ! D’autre part, leur erreur est de croire que, au sein de cette cité démocratique-là, ils pourront bien agir et combattre moralement en catholiques. L’un des sujets du bac de philo leur semblait particulièrement destiné ce lundi : «Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique ?» Si, selon l’Écriture, celui qui prétend aimer Dieu sans aimer son prochain est menteur, celui qui prétend aimer son prochain en négligeant autant ce qui fait la bonne politique nous trompe.
Car, selon l’inoubliable leçon politique de Pie XII : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes, c’est-à-dire le fait que les hommes, appelés tous à être vivifiés par la grâce du Christ, respirent, dans les contingences terrestres du cours de la vie, l’air sain et vivifiant de la vérité et des vertus morales ou, au contraire, le microbe morbide et souvent mortel de l’erreur et de la dépravation. »
Une cité déficiente en sa forme, en sa structure de péché (refusant toute transcendance par une sournoise dictature du relativisme), quelle que soit la vertu morale de certains de ses membres, voire même de ses élus les mieux placés, risquera toujours de manquer son but «tout comme une mauvaise arme, même maniée par un homme adroit et bien intentionné, ne vaudra jamais une arme perfectionnée », selon l’image de Louis Jugnet qui rejoint celle de Jean Ousset. Non seulement il faut savoir viser nos ennemis contre leurs flèches mortelles, mais avec de bonnes armes qui ne soient pas viciées ou piégées !
En raison de ce théorème de bon sens politique, l’indigent dialogue épiscopal sur le «mariage» dit «pour tous» n’aboutira pas plus qu’il n’a abouti pour les États généraux de la bioéthique ou dans les soi-disant Comités d’éthique, ni même avec l’Enseignement dit catholique mais non-confessionnel ! A cause de structures déficientes, capitulardes, frappées d’anorexie spirituelle parce qu’elles font comme si Dieu n’existait pas par allégeance laïciste ou démocratique.
Le mot qui convient aujourd’hui dans ce combat crucial, aussi bien anthropologique que politique et métaphysique (donc eschatologique), n’est pas dialogue mais abrogation et donc retrait, dissidence, désobéissance civile… Les paroles qui conviennent sont celles du Maréchal Foch à Doullens le 25 mars 1918 : « Tenir, tenir, je vous le dis, il n’y a qu’à tenir… C’est là où il est qu’on doit arrêter l’ennemi. On n’a qu’à dire : on ne recule pas ! Et les trois quarts sont déjà faits quand on ne recule pas. La France est la France ! Elle ne meurt pas la France ! » On ne lâche rien ! C’est de circonstance : — Que mon ennemi n’aille jamais dire : « J’ai eu sur lui le dernier mot. »

RÉMI FONTAINE
"Présent" n°7876 – Mercredi 19 juin 2013

(1) Document consultable sur le site de la C.E.F. http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/poursuivons-le-dialogue--16606.html (2) Charité politique dont Pie XI disait que son domaine, le plus vaste après celui de la religion, nécessite un devoir impérieux.




dimanche 23 juin 2013

Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale : "Il faut inventer une religion républicaine"

De la bouche même de Vincent Peillon, aujourd'hui ministre : "On ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique. Comme on ne peut pas non plus acclimater le protestantisme en France comme on l'a fait dans d'autres démocraties, il faut inventer une religion républicaine. Cette religion républicaine, qui doit accompagner la révolution matérielle, mais qui est la révolution spirituelle, c'est la laïcité. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'au début du XXe siècle, on a pu parler de foi laïque, de religion laïque, et que la laïcité voulait être la création d'un esprit public, d'une morale laïque, et donc l'adhésion à un certain nombre de valeurs".
Vincent Peillon n'était pas ministre lorsque cette vidéo fut réalisée. Mais c'est en connaissance de cause qu'il a été choisi pour tenir un rôle et une fonction précise dans ce gouvernement.




jeudi 13 juin 2013

Etrange conception du dialogue et de la démocratie à la C.E.F.

Vous avez dit « dialogue » ?


Une note rédigée par le Conseil "Famille et société" de la Conférence des évêques de France (publiée sur son site) invite les catholiques à « poursuivre le dialogue » sur le « mariage pour tous » en des termes particulièrement inquiétants : « L’exercice de la démocratie suppose d’admettre dès le départ que les divergences d’opinion sont légitimes. » Comme si notre opposition à la rupture anthropologique que le pouvoir socialiste nous impose aujourd’hui était simplement une opinion parmi d’autres ! Quid des principes non négociables ?

« C’est une preuve de maturité démocratique que d’accepter sans violence que son propre point de vue ne soit pas retenu », ajoute le document épiscopal, parmi d’autres citations de même nature conciliante, nous enjoignant à « vivre l’exigence démocratique ». Vivre l’exigence démocratique de Créon plutôt que l’exigence métaphysique d’Antigone ! Dans le compromis moral et politique. Subordonner la loi divine à la loi du nombre : « Le débat doit normalement permettre d’améliorer un projet de façon à recueillir l’adhésion du plus grand nombre. » Contribuer ainsi à la métaphysique et au dogme du pluralisme, c’est-à-dire au culte de l’homme : « La laïcité accueille dans l’espace public les opinions et contributions à la recherche de l’intérêt général, exprimées au nom d’une conviction religieuse ou spirituelle, car elle reconnaît la richesse du pluralisme. L’Eglise, comme toute association, peut faire entendre ses arguments. » Sacrifier à ce dogme maçonnique en se faisant association humaine parmi les autres, soumise à ce Contrat social des associations analogue au funeste Contrat de Rousseau ! Se croire suffisamment intelligent pour instruire cette démocratie religieuse, comme Eve s’est cru assez maligne pour discuter avec le père du mensonge dans sa première « movida » (manœuvre) !

On opposera justement, à ce jus pieux démocratique des évêques de France, la parole du futur pape François dans son livre "Amour, service et humilité" (Magnificat) : « On ne peut pas dialoguer avec l’ennemi de notre “Salut” : il faut lui faire face, en le combattant jusque dans ses intentions. »

REMI FONTAINE
dans "Présent", n° 7869 du 8 juin 2013

Action : non, les principes non-négociables ne sont pas une opinion parmi d'autres.
Relire le court texte les résumant.




jeudi 30 mai 2013

Sermon de l'abbé Patrick Faure mercredi 29 mai 3013

(extraits)

Car c’est ici (à Notre-Dame de Paris) que le dominicain Lacordaire en 1841 prononça son discours sur la vocation divine de la France. « Nous appartenons tous à deux cités – disait-il – nous avons tous deux patries... la cité spirituelle et la cité temporelle, la patrie de la foi et la patrie du sang... Et quoique distinctes, ces deux patries ne sont pas ennemies l’une de l’autre... bien loin de là : elles sont unies comme l’âme et le corps sont unis. Et de même que l’âme aime le corps, bien que le corps se révolte souvent contre elle, de même la patrie de l’éternité aime la patrie du temps et prend soin de sa conservation, bien que celle-ci ne réponde pas constamment à son amour ». Mes frères, à cette justesse de vue ajoutons simplement que c’est l’âme qui apporte la vie et qui la donne au corps, et non l’inverse. Entre la patrie céleste et la patrie terrestre il y a donc un ordre de priorité pour ce qui est de donner la vie.

Les deux patries ne sont pas à égalité lors même qu’elles fraternisent. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus le dit suffisamment au Christ : « Ta face est ma seule patrie ». Or pourtant, nous le savons, sainte Thérèse s’est identifiée mystiquement à sainte Jeanne d’Arc dans un même amour immense pour la France. Cela, parce que, pour paraphraser Lacordaire, il peut arriver qu’entre la patrie céleste et la patrie terrestre il se forme un dévouement réciproque, et que de la fraternité des deux naisse une sorte de patriotisme surnaturel. David et tous les prophètes, et saint Paul avec eux, ont été remplis d’élan patriotique pour Israël. Et notre Seigneur lui-même a pleuré amèrement sur Jérusalem à la pensée qu’un jour elle serait déportée. Jeanne d’Arc et Thérèse ont nourri les mêmes sentiments pour la France. Et ici à Notre-Dame de Paris, Dieu entretient en nous ce même amour.

Dans cet amour nous comprenons que ce n’est pas la patrie terrestre qui doit naturaliser la foi et peu à peu réduire Dieu à un phénomène psychologique et culturel parmi d’autres, mais que c’est la foi qui doit surnaturaliser le service de la patrie pour que cette patrie apprenne à respecter les droits de Dieu dans tous ses enfants, sous peine de s’égarer peu à peu loin de la justice et de la vérité.

Il n’appartient pas à la patrie terrestre de définir et de décider par elle-même, par voix légale, au besoin parlementaire, qui a le droit de vivre et qui ne l’a pas, qui a le droit de connaître ses origines et qui ne l’a pas. A travers la légalisation de l’avortement, et aujourd’hui la légalisation du mariage homosexuel conduisant logiquement tôt ou tard à la procréation artificielle des enfants, le législateur français construit la patrie terrestre sur le meurtre et la blessure des plus petits des siens. Mais ici, à Notre-Dame, les veillées de prière pour la vie rassemblent des fidèles de toute l’île de France, pour demander à Dieu la grâce de mener le combat pour la vie dans la persévérance, l’énergie et la dignité. C’est ici qu’on prend conscience – en ces jours où nous sommes - que l’amour surnaturel pour la France, pour ses grandeurs et pour sa liberté, veut dire très concrètement le même amour égal pour tous ses enfants, y compris les plus faibles dans leur droit à la vie et à leurs origines.

Beau combat où il faut écouter, argumenter, réfuter, promouvoir. Beau combat où il faut montrer la vraie vie conjugale et familiale, fondée sur la nature des corps, face à ses contrefaçons fondées sur les besoins de l’ego.

Lors de l’inauguration des célébrations du jubilé, le 8 décembre dernier, le cardinal archevêque de Paris rappelait que le péché originel a défiguré la relation entre Adam et Eve. Disons qu’aujourd’hui c’est bien le péché, mensonger dès l’origine, qui voudrait au nom de la loi dénaturer cette relation entre l’homme et la femme, et sa fécondité. Mais la France résiste, plus que d’autres pays. Et elle résistera encore, dans la durée, avec autant de force que d’intelligence, jusqu’au jour où les lames de fond qu’on veut faire passer pour des feux de paille la remettront debout, grandie par ses épreuves.

Dans son récent discours à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, le cardinal archevêque de Lyon relève que les autorités romaines ont été impressionnées par l’attitude des catholiques de France face aux réformes du mariage et de la filiation. Et ces autorités romaines ont remercié les évêques en visite ad limina pour leur appel à la prière, au jeûne et à la réflexion menée avec des juristes, des éducateurs, des philosophes, des psychologues et des représentants des autres religions. Et le cardinal de Lyon de voir que dans cette attitude exemplaire il y a peut-être cette France « éducatrice des peuples », comme l’a nommée le pape Jean-Paul II en 1980.

C’est que cette France est aussi la « fille aînée de l’Eglise » - même si ce titre est tardif et sans doute imputable à Lacordaire ici à Notre-Dame en 1841 seulement - « fille aînée de l’Eglise » parce qu’elle a soutenu régulièrement le Saint-Siège du XIIIe au XIXe siècle, et surtout parce qu’elle a soutenu et soutient encore l’Eglise dans le monde entier par son dynamisme missionnaire, spirituel et intellectuel. Toutes les œuvres pontificales et missionnaires sont parties de France. Et qu’a-t-il fallu d’Esprit-Saint pour qu’un jeune Théophane Vénard s’écrie à neuf ans : « Moi aussi je veux aller au Tonkin. Moi aussi je veux être martyr » ! Voilà cette France fervente et missionnaire. Mais France indissociablement priante et pensante. Dès le XIIIe siècle, elle était appelée « le four où cuit le pain intellectuel du monde entier », cette nation dont le pape Paul VI aimait à redire que « le Français exerce la magistrature de l’universel. » Si souvent, mes frères, le regard que nous portons sur notre pays et sur notre église gagne à être élargi par le regard que les autres portent sur la France. Que jamais nous ne perdions cet élan et cet appel qui nous ouvrent à l’Eglise universelle et à la vraie vie. C’est là notre vocation de français.

Nous serons fidèles à cette vocation aussi longtemps qu’aux pieds de Notre-Dame, en ce lieu le plus visité du monde, nous serons les enfants de l’épouse du Christ qui récapitule en lui tout ce qui est humain et tout ce qui est divin, tout ce qui est sur terre et tout ce qui est au ciel. Nous serons fidèles à notre vocation de français, insufflant à leurs compatriotes l’amour de la vérité, aussi longtemps que nous serons les enfants de celle qui a la Vierge Marie pour mère, l’Ecclesia Catholica. Voilà notre assurance et voilà notre avenir. Que Dieu les bénisse et qu’il fasse de nous ses témoins.

Abbé Patrick Faure, Curé de St Eugène Ste Cécile




mardi 28 mai 2013

Vatican - Initiatives de l'Année de la Foi

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Cité du Vatican, 28 mai 2013 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse, Mgr.Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, accompagné de Mgr.José Octavio Ruiz Arenas, Secrétaire, et de Mgr.Graham Bell, Sous Secrétaire, a présenté deux nouvelles initiatives de l'Année de la foi :

Une adoration eucharistique solennelle sera célébrée en la Basilique vaticane samedi 2 juin de 17 à 18 h ("Un seul Seigneur, une seule foi"), en coordination avec toutes les cathédrales du monde. Ainsi, a précisé Mgr.Fisichella, cette heure d'adoration permettra pour la première fois une synchronisation de cette prière avec le Pape. L'adhésion a été massive par le biais des conférences épiscopales, des paroisses, des congrégations religieuses, des monastères et des associations. Des Iles Cook à Reykiavik, du Chili au Burkina Faso, de Taïwan à l'Irak, du Bangladesh aux Etats-Unis, l'adoration eucharistique des diocèses permettra de prier aux intentions du Pape. La première: "Pour l'Eglise répandue de par le monde et unie aujourd'hui dans l'adoration eucharistique. "Que le Seigneur la rende toujours plus obéissante à sa parole, afin qu'elle se montre au monde plus belle, sans tache ni ride, sainte et immaculée. Que par le biais d'une annonce fidèle, la Parole puisse résonner comme présage de miséricorde, et provoquer un renouveau d'amour qui donne du sens à la souffrance, rende joie et sérénité". La seconde: "Pour tous ceux qui souffrent de part le monde, victimes de nouveaux esclavages, de la guerre, de la traite, du narcotrafic. Pour les enfants et les femmes victimes de violences, afin que leur cri silencieux soit entendu par l'Eglise et qu'ils demeurent confiants dans le Crucifié, que l'on oublie pas nos frères et soeurs soumis à la violence. Pour tous ceux qui sont en état de précariété matérielle, les chômeurs, les personnes âgées et les émigrés, les sans abri et les détenus, tous les marginaux. Que la prière et la solidarité de l'Eglise les soutiennent dans l'espérance, leur donne la force de défendre leur dignité".

La seconde initiative, intitulée "En croyant qu'ils aient la vie", qui se déroulera les 15 et 16 juin, sera une Journée Evangelium Vitae pour traiter de l'engagement de l'Eglise pour la défense de la vie et de sa dignité. Le Pape présidera une messe le dimanche à 10 h 30' pour "le peuple de la vie", et délivrera tout particulièrement un message aux malades. La veille après-midi, à l'occasion d'un pèlerinage sur le tombeau de saint Pierre, il sera possible de se confesser et de participer à l'adoration eucharistique. Parallèlement, dans plusieurs églises de Rome, une catéchèse sera donnée en différentes langues, suivie à 20 h 30' par une procession aux flambeaux Via della Conciliazione qui s'achèvera Place St.Pierre par des témoignages sur la valeur absolue de la vie. Ont d'ores et déjà annoncé leur présence des groupes provenant d'Allemagne,des Etats-Unis, du Japon, de Hongrie, de Roumanie, d'Espagne, de France, du Canada, de Nouvelle Zélande, d'Argentine, de Grande Bretagne, de Belgique, de Slovaquie, Du Casta Rica, du Portugal et d'Australie. On comptera des familles regroupées par diocèses et paroisses, des prêtres et des séminaristes, des groupes de religieux et d'organisations humanitaires comme l'Ordre de Malte, des membres de d'associations comme l'Unitalsi ou la Croix Rouge, de mouvements Pro Life engagés dans la défense de la vie sans référence confessionnelle obligatoire.




lundi 27 mai 2013

L'impréparation intellectuelle des catholiques

Réflexions de Jean Madiran version téléchargeable sous ce lien

2013.05.28_Droit-de-l-homme.jpg Dans L’Homme nouveau de samedi, l’abbé Claude Barthe met fortement en lumière ce que nous appelons l’impréparation intellectuelle des catholiques face à une République qui radicalise les conséquences logiques d’un État « ne s’estimant lié à aucune obligation envers la loi de Dieu ». Alors, écrit-il, « les devoirs d’action et d’abstention, selon les cas, qui découlent pour les chrétiens de cette situation violente n’ont été, jusqu’à présent, qu’ébauchés (dans les enseignements épiscopaux). C’est un immense chantier pastoral.»
Le test décisif de cette impréparation intellectuelle apparaît lorsque le cardinal Vingt-Trois ouvre la Conférence des évêques de France par l’énoncé d’une incroyable « conception de la dignité humaine », que j’ai déjà eu l’occasion de citer mais sans en préciser l’auteur, ce qui en diminuait trop la portée. Le cardinal Vingt-Trois disait donc : « La conception de la dignité humaine qui découle en même temps de la sagesse grecque, de la révélation judéo-chrétienne et de la philosophie des Lumières n’est plus reconnue chez nous… » (16 avril 2013).
Cette « conception » de la dignité humaine n’existe pas : la « philosophie des Lumières » n’est ni la suite ni le complément de la « révélation judéo-chrétienne », elle en est le contraire. Ne pas le voir est le signe majeur d’une impréparation générale. La « philosophie des Lumières » est, dans le monde occidental, la tendance presque toujours dominante de la vie culturelle, politique et religieuse depuis le XVIIIe siècle. N’allons pas nous perdre dans les nuances, divergences, contradictions des fondateurs, Voltaire, Rousseau, Diderot, D’Alembert, l’Encyclopédie (etc.) et bien sûr Emmanuel Kant.
Leur œuvre commune est la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 (résumée par la devise : « Liberté-Égalité-Fraternité »). Elle est l’âme et la seule loi fixe de la démocratie moderne. Elle demeure la référence constitutionnelle de notre Ve République. Référence indirecte mais fondamentale : par le préambule de notre Constitution déclarant se fonder sur le préambule de la IVe, lequel la mentionne expressément comme la loi suprême. En somme, à la place du Décalogue. La Déclaration de 1789 énumère quantité de « droits » plus ou moins réels, mais dépourvus de toute valeur certaine par l’énoncé fulgurant et dévastateur des articles 3 et 6 : ceux-ci délégitiment et suppriment toute autorité n’émanant pas expressément de la volonté populaire et proclament que « la loi est l’expression de la volonté générale ». La supposée volonté générale, c’est-à-dire l’État républicain, peut donc décréter n’importe quoi, n’importe quel caprice du moment, n’importe quelle injustice, et imposer une légitimité, une morale, une religion à lui, inventées par lui.
La liberté est un beau mot, quand il veut signifier le contraire de l’esclavage. Mais, dans l’esprit de la Déclaration des Droits de l’Homme, il signifie être libéré de toute autorité et de toute loi supérieures à la conscience individuelle ou (supposée) collective.
L’égalité est un beau mot, quand il signifie l’égale nature humaine de chacun devant la justice (et la miséricorde) du Seigneur Dieu. Ou même l’égalité devant la loi. Dans l’esprit de la Déclaration, il s’agit de détruire toute hiérarchie. Or toutes les formes de vie en société sont forcément hiérarchiques et non pas égalitaires : la famille est hiérarchique, le métier est hiérarchique, l’État est hiérarchique, l’Église est hiérarchique. L’égalité républicaine, la démocratie moderne, c’est la culture de mort, c’est la mort.
La fraternité est un beau mot quand elle se fonde sur une commune paternité. Selon l’esprit de la Déclaration, la fraternité républicaine c’est la fraternité maçonnique, invoquée désormais sous le nom mystérieux de « pacte républicain ».
L’erreur a été de vouloir s’approprier ce langage, christianiser ces concepts, imaginer une origine évangélique aux droits de l’homme, inventer une démocratie chrétienne, – au lieu de s’affirmer dans son langage et selon ses propres concepts. La démocratie (moderne), les droits de l’homme, le pacte républicain appartiennent à ceux qui les ont inventés et gardent toujours leur tendance inévitablement subversive, qui est l’insurrection collective contre Dieu et sa loi. Les élites officielles du catholicisme sont aujourd’hui intellectuellement mal préparées à comprendre que la Révolution française, sa Déclaration des Droits et sa devise ne sont pas principalement une fondation politique mais une permanente agression religieuse.
On pouvait pourtant le comprendre dès le début : avant même d’appliquer les Droits de l’Homme par une Constitution politique (ce ne fut qu’en 1791 et elle était encore royale), l’esprit des Lumières et sa Révolution commencèrent prioritairement par imposer dès 1790 une Constitution civile du clergé, qui soumettait à la loi politique l’Église de Jésus-Christ. C’est à quoi, aujourd’hui plus que jamais, nous avons à faire face.

JEAN MADIRAN

"Présent" n° 7851 – 14 mai 2013




samedi 25 mai 2013

Le plan du gouvernement sur l'école

Une religion laïque pour arracher les enfants à l'influence de leurs familles


Un article de Grégor Puppinck dans "France catholique"

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FRANCE-POLITICS-GOVERNMENT




jeudi 09 mai 2013

"Tantum ergo" sur la mélodie de "l'Espérance"





vendredi 12 avril 2013

On ne lâche rien ... une vidéo qui décape

C'est l'heure de l'action avec le Printemps français


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