Bâtisseur de cathédrale et pèlerin de chrétienté !
Par Rémi Fontaine, membre fondateur du pèlerinage
Article complet à retrouver sur l’ADC n° 295 : https://www.nd-chretiente.com/appel-de-chartres-n295/
(…)
« Imagine un badaud sur le bord de la route, interrogeant trois pèlerins se dirigeant vers Chartres à la Pentecôte :
— Que faites-vous ?
— Je marche de Paris à Chartres, réplique le premier se contentant de sa performance sportive.
— Je prie avec mes pieds pour ma conversion personnelle, rétorque le second plus profondément.
— Je fais un pèlerinage de chrétienté pour établir le règne du Christ dans toute ma vie et dans le monde qui
m’entoure, répond en rayonnant le troisième qui est scout.
Dans cet exemple :
– Nos trois protagonistes accomplissent matériellement le même geste, la même démarche, le même fait,
– Mais ils lui attribuent formellement une signification différente. Chaque degré ou palier possède sa légitimité propre, y compris le premier (gagner sa vie, faire un effort physique),
– Mais seul le troisième donne à la même action toute sa plénitude et permet à son auteur de s’accomplir parfaitement, en acte, comme on dit en philosophie. (…)
Dans la communion des saints, la grandeur d’un pèlerinage est aussi de pouvoir réunir ses pèlerins en vue du Royaume et donc du salut des âmes des pauvres pécheurs que nous sommes tous, sur leur route et alentour, jusqu’aux confins de toutes les “périphéries” s’il le faut. (…)
Pour qui et pourquoi marche cet humble pèlerin de chrétienté dont personne ne peut voir, en son for interne, son combat intérieur et son cœur à Cœur avec son Sauveur ?
Pour l’amour de Dieu et de son prochain, chacun à son rang et dans son ordre attribue à son geste la valeur que Mère Teresa attribuait à chacune de ses bonnes actions : une simple “goutte d’eau” certes mais qui, sans elle, manquerait à la mer ! Et au journaliste qui lui demandait ce qu’il fallait d’abord changer dans l’Église et la cité, la sainte missionnaire répondait : — Vous, moi ! (…) On ne marche pas de la même façon vers le sanctuaire quand on a l’hôtel-Dieu, la cité de Dieu dans l’âme, notre sanctuaire intérieur ! Pour changer ? Commencer par soi : s’engager comme un scout sur son honneur et avec la grâce de Dieu ! (…)
Et l’on comprend alors que c’est la foi, l’espérance et la charité qui nous habitent et nous animent, qui permettent à chacun de bien marcher à l’étoile comme baroudeur du Christ. Et de soulever des cathédrales ou de relever des calvaires (1) comme on déplace les montagnes ! Même si c’est dans l’humilité d’une toute “petite voie” à l’instar de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Car « il est aussi beau de peler des pommes de terre pour l’amour du bon Dieu que de bâtir des cathédrales », nous enseigne aussi Guy de Larigaudie.! (…)
Quelles que soient nos actions, petites ou grandes, faisons donc en sorte de les élever, de les “surnaturaliser” en répondant toujours comme le troisième pèlerin. Que faites-vous ? Je bâtis ma cathédrale intérieure, ici et maintenant, dans une intimité avec Jésus, tourné vers le Père dans l’Esprit-Saint ! » (…)
(1) Cf. SOS Calvaires : https://hommenouveau.fr/sous-le-lierre-de-lindifference-esperance-france/