« VOUS SEREZ MISSIONNAIRE, ENFIN, PAR VOTRE JOIE, CELLE QUE PROCURE L’ETAT DE GRACE ET LA SEREINE COMPAGNIE DE JESUS DANS VOS VIES. « QUE LES GENS QUI CROIENT SONT HEUREUX ! » SI CELA ETAIT VRAI DE CHACUN D’ENTRE NOUS, QUELS MISSIONNAIRES NOUS SERIONS ! »
Amis pèlerins,
Noël 1886 : un jeune homme non-croyant entre sur un coup de tête dans Notre-Dame de Paris. C’est l’heure des vêpres. Dans les voûtes sacrées, résonne le chant grégorien du magnificat. « C’est alors, écrit-il, que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion que, depuis, tous les hasards d’une vie agitée n’ont pu ébranler ma foi. Que les gens qui croient sont heureux ! » Ce jeune homme, c’est Paul Claudel.
15 août 2025. Une jeune femme, non-croyante, entre sur un coup de tête dans Notre-Dame de Chartres : ici même. Elle se pose des questions, depuis qu’un de ses collègues lui a avoué être catholique. La même scène, la voûte, le lieu sacré, une liturgie : un chant grégorien qui s’élève. « Ce jour-là, écrit-elle, j’ai trouvé la foi. Je me suis effondré en larmes, saisie par une paix, une évidence et une joie que je n’avais jamais connues. » Cette jeune femme, c’est Susie. Elle est baptisée à Pâques 2026. Elle est ici. Susie vient de faire son premier pèlerinage de Chartres, accompagnée par sa marraine, vers la cathédrale qui a été l’instrument de sa conversion.
Ce qu’il y a de bouleversant dans les récits de conversions, c’est de voir que Dieu, qui peut tout faire tout seul, se plaît à utiliser des médiations, des intermédiaires : ici, une chorale, la beauté d’une cathédrale, une liturgie sacrée ; là une rencontre, un témoignage courageux, l’exemple d’un ami, et voilà que soudain le cœur autrefois fermé s’ouvre, et que la grâce s’infiltre. Dieu, dans un extraordinaire respect pour les conditions du terrestre, a conféré aux chrétiens la noblesse d’être des causes secondes, des médiations de son salut. Et nous voilà, telle une cathédrale ou une liturgie, posé dans ce monde pour être des reflets visibles de la beauté de Dieu. Pour « rendre aux hommes une signification spirituelle ; faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien », disait Saint Exupéry : voilà ce qu’est un missionnaire. Amis pèlerins, après ces trois jours de grand soleil, soyez cette pluie de chant grégorien pour irriguer le monde !
Vous serez missionnaire par la parole courageuse : lorsque l’on respecte la Vérité, qu’on la dit intégralement, alors elle atteint le cœur de l’homme avec toute la puissance de conviction qui vient non pas de nous mais du Verbe de Dieu, toujours vrai, toujours actuel, jamais dépassé.
Vous serez missionnaire par la douceur de votre charité, si vous vous laissez émouvoir à la pensée de ces brebis qui errent dehors sans berger, exposées à tant de dangers pour leur salut éternel. « Vous voulez sauver une âme ? Commencez par la convaincre que vous l’aimez. »
Vous serez missionnaire, enfin, par votre joie, celle que procure l’état de grâce et la sereine compagnie de Jésus dans vos vies. « Que les gens qui croient sont heureux ! » Si cela était vrai de chacun d’entre nous, quels missionnaires nous serions !
A l’œuvre, donc, à la grande œuvre du salut des âmes ; soyez ingénieux ; soyez courageux : seul, ou en chapitre, agissez, lancez des choses, proposez des choses, rejoignez des œuvres : en termes de mission, une seule règle d’or : Il n’est permis à personne de rester sans rien faire.
Il me reste, Éminence, à vous remercier d’être venu jusqu’à nous, porter la voix, la bénédiction, et l’encouragement de l’Église catholique, et du Saint Père, sur ces pèlerins missionnaires ; merci, Mgr Christory, pour votre accueil bienveillant dans votre diocèse, et pour le temps précieux passé hier et aujourd’hui auprès des pèlerins de Chartres. Merci à vous, cher P. Blondeau, pour ces 10 années comme recteur et pour ces 10 pèlerinages accueillis et organisés ensemble, dans ce lieu : que Dieu vous garde pour votre nouvelle mission. Merci enfin à tous ceux qui ont rendu ce 44e pèlerinage possible, aux directions, aux bénévoles, aux chefs de chapitres, aux membres du clergé, au P. Antonius Maria Mamsery, venu de Tanzanie pour la messe de la Pentecôte. Je salue les pèlerins anges gardiens qui nous ont portés par leur prière pendant ces trois jours. A l’année prochaine, chers pèlerins, que Dieu vous garde dans la foi vive et le cœur ardent,
Notre Dame de Paris, priez pour vous, Notre Dame de Chartres, priez pour nous
Notre Dame de la sainte Espérance, convertissez-nous.