Entretien avec Floria, évangélisatrice zélée au service de Dieu

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Entretien avec Floria, évangélisatrice zélée au service de Dieu

« Affirmons notre foi, parlons-en avec joie et ne craignons pas d’expliquer au monde que l’Evangile est notre joie, que Notre Seigneur Jésus-Christ est le chemin, la Vérité, la Vie »

Floria, vous êtes pèlerine de Chartres, chef de chapitre, comment avez-vous rejoint le pèlerinage ?

    J’ai découvert le pèlerinage de Chartres en 2024 alors que je n’étais que catéchumène. Celui qui allait devenir mon parrain de baptême m’a raconté ses expériences et je vous avoue que je n’ai pas réfléchi, j’ai accepté de le suivre dans son chapitre à la Pentecôte 2024 dont le thème « Je veux voir Dieu » s’adressait particulièrement à moi qui étais en cheminement vers Lui ! Issue d’une famille mixte avec un papa musulman et une maman de culture protestante non pratiquante, j’ai demandé le baptême en décembre 2023, grâce à la médiatrice de toutes les grâces, la Très Sainte Vierge Marie, qui a toujours été là, en réalité, depuis l’enfance.

    Sur tout mon parcours, j’ai beaucoup appris et cheminé par moi-même au travers de lectures, de documentations, et lorsque j’ai vu à travers les réseaux ce qu’était ce pèlerinage, j’ai tout de suite accepté de m’y rendre. L’expérience fut au-delà de mes espérances car oui, à la Pentecôte 2024, j’ai VU Dieu. Je l’ai vu lors de cette messe de Pentecôte à genoux sur l’herbe, au milieu du chapitre le plus accueillant du monde (BETHANIE-NORMANDIE).

    J’ai vu Dieu à chacune des messes en rite extraordinaire, rite que j’ai découvert et dont je suis tombée amoureuse. Le rite ancien a été une seconde conversion pour moi. J’ai enfin compris avec cette messe, par ses temps de silence, son offertoire riche, son sens du beau et du sacré, que je revivais le sacrifice de la Croix

    Je suis revenue profondément transformée et avec une grande hâte de pouvoir moi aussi prendre part à ce sacrifice en
communiant enfin et surtout, moi aussi je le désirais, ce feu de l’Esprit Saint !

    Vigile Pascale 2025, je reçois les 3 sacrements, je rencontre mon futur mari quelques semaines plus tard, (un peu grâce au pèlerinage de Chartres puisqu’il a été notre premier point commun). Pentecôte 2025, je décide de vivre ce pèlerinage dans ma région, puisque je suis alsacienne d’origine, avec ND de Strasbourg, ma paroisse alsacienne, et les Missionnaires de la Miséricorde divine qui m’ont aussi beaucoup apporté par leur charisme en matière d’évangélisation. C’est par eux que j’ai compris l’importance de l’adoration eucharistique.

    Et cette année j’ai la joie de remplacer l’ancien chef de chapitre ST WENDELIN, toujours en région Alsace. Un beau chapitre, des pèlerins de tous les âges et tous les horizons, même des curieux et d’une autre confession ! Cette année il est temps que je mette en pratique mon sacrement de confirmation et qu’à l’image des apôtres, moi aussi je puisse témoigner de la joie de l’Evangile en tant que chef de chapitre, et d’être une bonne missionnaire, pour la plus grande gloire du bon Dieu. Je me suis promise de rendre un peu de tout ce que j’ai reçu.

Comment êtes-vous tout particulièrement engagée dans la Mission ?

    Dès mon entrée en catéchuménat, j’ai décidé de servir dans ma paroisse. J’ai rejoint l’Association MAGDALENA, une œuvre formidable créée par le Père Jean Philippe, qui nous conduit plusieurs fois dans le bois dans le Bois de Boulogne à la rencontre des prostituées, à qui nous offrons écoute, café chaud et prières pour celles qui le souhaitent, mais aussi les dîners du cœur du mercredi soir et les maraudes du jeudi pour les personnes précaires et à la rue. 

Quels sont les messages clefs que vous utilisez pour parler du Bon Dieu ?

    Venant de culture musulmane du côté de papa, je rappelle d’abord que le bon Dieu c’est d’abord un amour inconditionnel et une charité sans faille. Il est notre Père du Ciel, celui qui nous a créés par pur amour et qui, par pur amour, nous a donné son fils. Ce qui est merveilleux quand on est catholique c’est que nous avons une relation vraie avec le bon Dieu, qui n’est pas juste une entité lointaine que nous devons craindre, avec des « cases à cocher ». 

UBI CARITAS DEUS IBI EST, pour moi c’est une phrase bouleversante de sens et qui m’a profondément transformée dans ma relation à Dieu

Il y a tant de profils de nouveaux convertis aujourd’hui, à votre avis quel est le point commun dont tous ces nouveaux catéchumènes ont besoin ?

    Je pense qu’il y en a deux principaux :

  • Le COVID19 est passé par là, cette crise a joué un rôle pour beaucoup de personnes, moi compris. Cette période a bousculé nos repères et nous a amenés à réfléchir davantage à notre manière de vivre, dans une société très marquée par la surconsommation, l’entre-soi, la performance… les gens sont en quête de repères et surtout ils ont besoin de comprendre le but de leur vie sur terre. Il faut avouer que la société actuelle ne fait pas rêver, et à partir de ce constat, naît le besoin de comprendre le sens de notre vie. 
  • On vit aussi dans une société de plus en plus diverse sur le plan religieux et culturel. Cela peut amener chacun à se poser des questions sur sa propre identité, ses racines ou ses convictions.  Les musulmans n’ont aucun problème à parler de leur foi, pire parfois, cherchent à l’imposer dans certains contextes. Notre génération est la génération sacrifiée, déracinée, en manque de repères pour de multiples raisons sociales, culturelles, et surtout spirituelles. Le réveil de la nouvelle génération est heureux ! Mais pas encore suffisant à mon sens. 

Que dire à ceux qui craignent de parler de leur foi ?

    Je ne cesserai jamais de le répéter : les catholiques, on ne les entend pas ! Ou du moins pas assez. Le Christ a pourtant été clair : « ALLEZ PAR TOUTES LES NATIONS ! BAPTISEZ-LES AU NOM DU PERE… » Il nous parle à l’impératif ! Il ne nous dit pas de courber l’échine devant une société qui, depuis 1789, gangrénée par les idéaux francs-maçons ultra-libéraux, ne tend qu’à la déchristianisation de la France. Pourtant n’importe qui se penche sur l’histoire de ce pays devrait savoir qu’elle est viscéralement liée au catholicisme. N’en déplaise à certains, la république est peut-être laïque, mais la France est profondément catholique. 

    « N’ayez pas peur… » Cette expression est citée 365 fois dans la Bible. Alors un peu de courage aux plus timides d’entre nous. Affirmons notre foi, parlons-en avec joie et ne craignons pas d’expliquer au monde que l’Evangile est notre joie, que Notre Seigneur Jésus Christ est le chemin, la Vérité, la Vie. Ne craignons pas de demander à nos abbés de nous former sur le règne social de notre Seigneur, pour que nous soyons chacun des Saint Pierre et des Saint Thomas jusqu’aux extrémités de la Terre (de la France, c’est un bon début déjà) ! 

    C’est un cri de cette génération déracinée en quête de son histoire : « Nous voulons Dieu ! » Et pas dans une acception édulcorée, interprétée à la baisse, portée par une spiritualité minimaliste, mais Dieu dans Son entièreté de miséricorde et d’appel à la Sainteté. Je bouscule peut-être par mes mots, mais c’est ce que cette génération demande :  formez-nous, enseignez-nous la Vérité ! A titre d’exemple, le catéchisme dispensé en diocèse que j’ai pu vivre ne m’a parlé ni du règne social du Christ, ni des Fins dernières… Est-ce normal ? Et pourtant c’est la substantifique moelle de notre foi. 

    Je vous rappelle qu’à travers l’Histoire, des êtres comme vous et moi sont morts pour avoir eu ce discours…et que nos frères en Orient risquent leur vie chaque jour pour leur foi. Rien que par égard pour eux, soyons des témoins de la Bonne Nouvelle. 

Avez-vous une anecdote emblématique à nous raconter ?

    Lorsque j’étais en catéchuménat, je parlais parfois de mon parcours de foi à un collègue qui était athée comme la pierre. Et aujourd’hui cette petite graine qui a été semée a porté du fruit. Et je suis heureuse de vous dire qu’il sera baptisé en 2027. Cette année à Chartres je prie particulièrement pour lui et pour toutes les personnes en cheminement. 

Comment cet apostolat vous porte-t-il tout particulièrement dans votre foi ?

    Annoncer l’Evangile partout où je peux est une manière de garder la fougue que tout néophyte a au début, après son baptême. Au travers de mes activités paroissiales, notamment MAGDALENA, je peux vous garantir qu’à chaque personne à qui je sers un repas le mercredi soir ou que je rencontre en maraude, c’est Jésus qui est là. Quand je chante la gloire de Dieu c’est aussi une façon pour moi de lui exprimer que je l’aime (cela doit être mon petit côté « tradismatique »). J’espère qu’en tant que chef de chapitre cette année, j’allumerai un feu dans le cœur des quelques curieux de mon chapitre, et que ce feu se transformera en « incendie de l’amour » pour citer l’Abbé Matthieu RAFFRAY qui m’inspire beaucoup. Et quotidiennement, je prie pour que l’Esprit saint ne me laisse jamais sans une parole ou un geste témoignant de ma foi chaque jour que notre Père du Ciel fait.