Entretien avec Guillaume, artisan au service de Dieu

logo-ndc-bleu-512px

Entretien avec Guillaume, Artisan au service de Dieu

Vous êtes chef du chapitre saint Joseph artisan, pourquoi avoir précisé le métier du père nourricier de Jésus dans votre nom de chapitre ?

    Le chapitre Saint Joseph Artisan porte ce nom en référence directe au père nourricier du Christ, qui sanctifie le travail manuel. En effet, Saint Joseph n’est pas seulement un modèle de père, il est aussi un modèle d’homme et particulièrement d’artisan en tant que charpentier.
Préciser “artisan” dans notre nom, c’est affirmer que le travail de nos mains peut être un chemin de sainteté.
Chacun cherche sa vocation et porter ce nom pour notre chapitre d’artisan, c’est affirmer que la matière elle-même peut être ordonnée à Dieu. 

Pourquoi avoir choisi ce métier, devenu bien trop rare, de tailleur de pierres ?

    J’ai choisi le métier de tailleur de pierre par amour du patrimoine et de l’histoire, qui est lié intrinsèquement à ce matériau naturel. À une époque où tout devient rapide, jetable et dématérialisé, la pierre impose une autre temporalité : celle de la patience, du goût de l’effort et de l’enracinement dans le temps long. C’est un métier exigeant, mais qui offre la possibilité de s’inscrire dans une continuité millénaire et tout spécialement au service du patrimoine religieux. 

Pouvez-vous nous citer quelques chantiers sur lesquels vous avez travaillés, particulièrement tournés vers la gloire de Dieu ?

    J’ai eu la grâce de travailler sur plusieurs projets liés à la foi, notamment la réalisation d’autels ou de croix en pierre. Plusieurs croix seront d’ailleurs posées en juillet 2026, à l’abbaye de Fontgombault dans l’Indre, avec la participation de l’association SOS Calvaires. Je mets un point d’honneur à privilégier autant que possible, les œuvres tournées vers la gloire de Dieu. 

Tailler des pierres, pour contribuer au patrimoine religieux français, est-ce votre manière de prier ?

    Tailler la pierre peut devenir une forme de prière. Si je peux modestement contribuer au patrimoine religieux français, c’est un privilège. Cela au sens où par mon travail, je peux rendre à Dieu la place qui est la sienne et ainsi être parfaitement aligné avec ce que je crois être ma vocation. Autrement dit, lorsque je taille une pierre d’autel ou une croix, c’est clairement une manière pour moi, de prier et de rendre grâce à Dieu. 

Comment faites-vous de votre métier un engagement missionnaire ?

    Mon métier devient un engagement missionnaire dans la mesure où je rends visible, un savoir-faire oublié, qui a longtemps été destiné presque exclusivement, à dresser des monuments à la gloire de Dieu. À travers les réseaux sociaux, je cherche à transmettre ce savoir-faire et à témoigner de la noblesse du travail manuel. Il est important me semble-t-il de rappeler que notre civilisation s’est construite autour de ces pierres taillées pour Dieu. J’espère avoir la chance et l’opportunité de faire rayonner cela à l’étranger, en façonnant des croix pour le monde entier. A l’image de ces tailleurs de pierre qui ont porté leur savoir-faire en Orient, par exemple. 

Comment peut-on à votre exemple mettre ses mains au service de l’élan missionnaire ?

Chacun, à son échelle, peut mettre ses mains au service de l’élan missionnaire. Il ne s’agit pas nécessairement de tailler la pierre mais de redonner du sens à son travail, quel qu’il soit. Nous sommes tous appelés à une vocation. Chacun et chacune d’entre nous, devons rester attentifs aux messages de l’Esprit Saint. Particulièrement en refusant la médiocrité et en orientant ce que l’on fait, vers le bien, le beau et le vrai. Nous pouvons également nous engager localement dans des associations comme SOS Calvaires pour mettre nos mains au service du patrimoine chrétien de la France et de la gloire de Dieu.