« AMI PELERIN, LA GRACE QUE JE TE SOUHAITE PENDANT CE PELERINAGE, C’EST CELLE-CI : QUE TON CŒUR SOIT ETREINT DE L’IMMENSE PITIE DU CHRIST DE VOIR TANT D’AMES PASSER A COTE DU VRAI BONHEUR ; QUE TON CŒUR S’ENFLAMME POUR LE SALUT DES AMES »
Amis pèlerins !
Chartres sonne d’une manière particulière cette année, plus exigeante, plus urgente aussi, car Chartres sonne pour nous appeler à la grande œuvre de Dieu, à la mission, au salut des âmes : et nul chrétien authentique ne peut se dire : « je ne suis pas concerné. »
Dimanche, sur la grande plaine des Courlis, la liturgie nous fera revivre la scène décisive de la Pentecôte qui a donné naissance à l’Église : le souffle, les langues de feu, et ces apôtres craintifs et cachés qui d’un coup se lèvent et osent parler du Christ ; et nous demanderons, pour les 20.000 pèlerins, la même grâce et le même feu, la même audace missionnaire ; car il est temps, ami pèlerin, il est plus que temps de sortir de nos cénacles intérieurs, et d’annoncer courageusement le Christ aux hommes.
Le pape Benoît XVI disait : « Nous, chrétiens, devons être un message vivant ; dans de nombreux cas, nous sommes même l’unique évangile que les hommes d’aujourd’hui lisent encore. » Nos contemporains n’ont pas accès, bien souvent, au Christ ; mais ils ont accès à nous. Dès ce matin, ils vont voir passer la fière colonne de pèlerins témoignant publiquement de leur foi. Alors demande-toi, ami pèlerin : est-ce qu’on peut lire l’évangile en moi ? Suis-je un témoin du Christ, par mon comportement, mes paroles, mes actions ? La mission commence dès ce matin dans les rues de Paris, et se poursuit pendant ces trois jours. Ami pèlerin, tu n’es pas venu passer un week-end sympathique entre amis, mais tu es venu faire un pèlerinage ; alors entre, dès maintenant, dans l’esprit du pèlerinage, ne résiste pas à l’œuvre de conversion que l’Esprit-Saint veut faire en toi pour te transformer en témoin. Rivalise de charité, notamment avec ceux que tu ne connais pas, ou qui ne sont pas comme toi, car l’amour des autres est le moteur de la mission. Fuis la mondanité, aie en horreur la vulgarité, dans ta parole, dans ta tenue, car le missionnaire doit briller d’une autre lumière que celle du monde : il doit briller de la lumière de Dieu. Forme ton intelligence, par l’écoute attentive des méditations, car le missionnaire doit connaître ce qu’il doit ensuite annoncer ; sois fidèle à la prière du chapitre, au rosaire quotidien, car c’est l’âme de tout apostolat. Approche-toi au plus vite du sacrement de confession, dès ce matin, n’attends pas : le missionnaire est efficace s’il est pure transparence de la clarté de Dieu, et le péché fait obstacle à cette clarté. Enfin, ne fuis pas la souffrance, les tracas du temps, du soleil, de la pluie, de la douleur physique, offre cela pour toutes les intentions que tu portes : l’épreuve te connecte aux martyrs, les témoins par excellence qui par leur sang versé, ont converti le monde.
Ami pèlerin, la grâce que je te souhaite pendant ce pèlerinage, c’est celle-ci : que ton cœur soit étreint de l’immense pitié du Christ de voir tant d’âmes passer à côté du vrai bonheur ; que ton cœur s’enflamme pour le salut des âmes : car « il n’y a rien de plus froid qu’un chrétien qui ne sauve pas les autres », disait St Jean Chrysostome ; alors en route, ami pèlerin, en route pour devenir ces missionnaires dont l’Église, et les âmes, ont tant besoin. Bon et saint pèlerinage !