Pèlerinage de Pentecôte
de Paris à Chartres

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Dimanche 15 septembre 2019

Rendre la pensée de St Thomas d’Aquin accessible à tous, gratuitement et dans le monde entier

Je te loue, je te glorifie, je te bénis, mon Dieu, pour les immenses bienfaits que tu m’as accordés, à moi indigne.

Je loue ta clémence si patiente à m’attendre, ta douceur qui ne fait que simuler la vengeance, ta tendresse qui m’appelle, ta bénignité qui me reçoit, ta miséricorde qui pardonne mes fautes, ta bonté qui me comble au-delà de mes mérites, ta patience qui ne se souvient pas de l’injure, ta condescendance qui me console, ta longanimité qui me protège, ton éternité qui me conserve, ta vérité qui me récompense.

Que dirai-je, mon Dieu, de ta libéralité ineffable ? Fugitif, tu me rappelles ; à mon retour, tu me reçois ; chancelant, tu me secours ; désespérant, tu me consoles ; négligent, tu m’excites ; combattant, tu me donnes des armes ; triomphant, tu me couronnes ; pécheur, tu ne me méprises pas après ma pénitence, tu oublies mon injure. Tu me délivres d’une foule de maux ; tu touches mon cœur pour qu’il se repente ; tu m’effraies des supplices, tu m’attires par des promesses, tu me corriges par tes châtiments ; tu me gardes par le ministère des anges ; tu me procures les biens temporels et me réserves les éternels ; tu m’exhortes par le prix de ma création, tu m’invites par la clémence de ma rédemption, tu me promets les biens de la rémunération.

Pour tout cela, je ne suffis pas à te louer. A ta Majesté je rends grâces pour les largesses de ton immense bonté, afin que toujours tu augmentes en moi ta grâce et, augmentée, que tu la conserves, et, conservée, que tu la récompenses. Amen.

Aquinas - Prière attribuée à St Thomas d'Aquin

Pour soutenir Aquinas : https://iaquinas.com/dons/

Saint Thomas d’Aquin est une autorité parmi les théologiens de l’Église catholique. Lancé en 2016, l’objectif du projet Aquinas est de rendre la pensée de saint Thomas d’Aquin accessible à tous, gratuitement et dans le monde entier.

Le projet est né d’un constat : une demande croissante d’initiation à saint Thomas émane d’un public toujours plus varié et dispersé dans le monde entier. La formation en ligne est l’outil idéal pour répondre à cette demande. Elle est adaptée à des profils d’élèves très variés par leur état de vie, leur langue, leur âge, leur disponibilité et leur niveau de connaissances. C’est ce que nous avons fait en créant le site internet iAquinas.com.

Notre site internet a pour ambition d’être une plateforme internationale de référence pour l’étude de la pensée de saint Thomas d’Aquin. Il rassemble et ordonne le contenu que nous produisons (vidéos, visuels, audios, textes) et du contenu externe que nous référençons.

Le projet Aquinas s’appuie juridiquement sur une association française : l’association « Aquinas ». Il a été soutenu dès le début par plusieurs collaborateurs bénévoles de nationalités différentes, experts ou amis, laïcs ou religieux dominicains, tous amateurs de saint Thomas

samedi 14 septembre 2019

14 septembre : fête de l'Exaltation de la Sainte Croix

Après le meurtre de son petit-fils Crispus, victime de complots dans la Rome impériale, Hélène partit en Terre Sainte. Jérusalem avait été vidé par l’empereur Adrien de tout souvenir judeo-chrétien, mais Hélène apprit, par révélation, que la croix avait été enfouie dans un des caveaux  du sépulcre de Notre Seigneur. A ce propos nous dira Saint Ambroise : « Elle commença par visiter les Lieux saints ; l’Esprit lui souffla de chercher le bois de la croix. Elle s’approcha du Golgotha et dit  "Voici le lieu du combat ; où est la victoire ? Je cherche l’étendard du salut et ne le vois pas." Elle creuse donc le sol, en rejette au loin les décombres. Voici qu’elle trouve pêle-mêle trois gibets sur lesquels la ruine s’était abattue et que l’ennemi avait cachés. Mais le triomphe du Christ peut-il rester dans l’oubli ? ». Sainte Hélène remercia Dieu d'une grande ferveur et fit bâtir au même lieu une église magnifique dans laquelle elle laissa une bonne partie de la Croix qu'elle fit richement orner ; une autre partie fut donnée à Constantinople ; enfin le reste fut envoyé à Rome, pour l'église que Constantin et sa mère avaient fondée près du Latran qui a toujours depuis le nom de Sainte-Croix-de-Jérusalem. 

Au lendemain de la dédicace de cette basilique construite par Constantin et Sainte Helene, aujourd’hui appelée, « basilique de la Résurrection », le dimanche 14 septembre 335, l'évêque de Jérusalem montre pour la première fois à la foule le bois sacré de la Croix, devenant ce jour-là, la fête de célébration annuelle de la dédicace et de l'exaltation.  Cette fête devint très vite extrêmement populaire en Orient, et passa à l’occident dès le Ve siècle. 

« Nous célébrons la fête de la Croix, de cette Croix qui a chassé les ténèbres et ramené la lumière. Nous célébrons la fête de la Croix et, avec le Crucifié, nous sommes portés vers les hauteurs, nous laissons sous nos pieds la terre et le péché pour obtenir les biens du ciel. Quelle grande chose que de posséder la Croix : celui qui la possède, possède un trésor. Je viens d'employer le mot de trésor pour désigner ce qu'on appelle et qui est réellement le meilleur et le plus magnifique de tous les biens; car c'est en lui, par lui et pour lui que tout l'essentiel de notre Salut consiste et a été restauré pour nous. En effet, s'il n'y avait pas eu la Croix, le Christ n'aurait pas été crucifié, la vie n'aurait pas été clouée au gibet et les sources de l'immortalité, le sang et l'eau qui purifient le monde, n'auraient pas jailli de son côté, le document reconnaissant le péché n'aurait pas été déchiré, nous n'aurions pas reçu la liberté, nous n'aurions pas profité de l'arbre de vie, le Paradis ne se serait pas ouvert ! S'il n’y avait pas eu la Croix, la mort n'aurait pas été terrassée, l'Enfer n'aurait pas été dépouillé de ses armes. La Croix est donc une chose grande et précieuse. Grande, parce qu'elle a produit de nombreux biens, et d'autant plus nombreux que les miracles et les souffrances du Christ ont triomphé davantage. C'est une chose précieuse, parce que la Croix est à la fois la souffrance et le trophée de Dieu. Elle est sa souffrance, parce que c'est sur elle qu’il est mort volontairement; elle est son trophée, parce le diable y a été blessé et vaincu, et que la mort y a été vaincue avec lui ; les verrous de l'Enfer y ont été brisés, et la Croix est devenue le Salut du monde entier. La Croix est appelée la gloire du Christ, et Son Exaltation. On voit en elle la coupe désirée, la récapitulation de tous les supplices que le Christ a endurés pour nous ». Saint André de Crète (660-740)

vendredi 13 septembre 2019

De la PMA au transhumanisme : l'urgence de comprendre

Sur l’échelle des progrès que la technoscience offre au monde moderne, la PMA occupe une place de choix que personne ne s’avise ni de remettre en cause ni même de discuter. Et pourtant …

D’un point de vue historique, la PMA s’inscrit dans le droit fil de la légalisation de l’avortement, comme un revers positif de la médaille. En effet, sans la possibilité de mettre la main sur l’être humain aux premiers instants de sa vie, ce qu’a permis l’avortement, impossible d’autoriser la PMA, grande consommatrice d’embryons, puisqu’on ne réimplante que les plus aptes après les avoir triés. Contrairement à l’avortement qui était « faire l’amour sans faire l’enfant », la PMA c’est « faire l’enfant sans faire l’amour ». Il ne s’agit plus d’enlever du ventre des femmes des enfants indésirables mais d’y introduire des enfants désirés. Au pouvoir de défaire l’embryon s’ajoute celui de le faire, de le refaire, voire de le parfaire.

A « un enfant si je veux » succède « un enfant comme je veux ». Les deux propositions revêtent le même degré d’impériosité, la magie de la deuxième venant compenser la tragédie de la première. Sur le plan philosophique, la PMA introduit une nouvelle définition de l’enfant qui n’avait encore jamais été osée : l’enfant reste « projet parental » tant qu’il n’est pas conforme aux canons de la société. L’enfant est devenu interchangeable, monnayable et négociable s’il ne correspond pas au projet parental. Ce qui compte ce n’est plus la réalité de tel enfant mais l’idée d’enfant, l’enfant virtuel plus que l’enfant réel, l’enfant générique plus que l’enfant génétique. La technique le permet, le marché y trouve son intérêt et la loi légitime tout progrès plus qu’elle ne recherche la justice. En dissociant la procréation de la sexualité, la PMA a rendu l’embryon « disponible », en contradiction avec le principe d’indisponibilité du corps humain. En effet, l’embryon issu d’une PMA peut être fabriqué, trié, congelé, décongelé, transféré, donné à un autre couple, cédé à la recherche, disséqué sur une paillasse de laboratoire, détruit à date de péremption.

Il paraît dès lors inévitable que nos sociétés acceptent la PMA pour toutes les femmes ainsi que l’enfant de substitution procuré par une GPA « éthique ». Le matérialisme, l’argent et le droit se conjuguent pour faire de la PMA la première marche du transhumanisme. Après la déconstruction de l’homme par l’avortement, la PMA a ouvert la reconstruction de l’homme sur des critères qui échappent dorénavant à l’éthique, à la médecine hippocratique et au politique : la reconstruction de l’homme sans l’homme. Il est urgent de le comprendre et de le faire comprendre.

Jean-Marie Le Méné, Président de la fondation Jérôme Lejeune

jeudi 12 septembre 2019

« Le 6 octobre, tous dans la rue » : entretien avec Ludovine de la Rochère ( La Nef)

Ludovine de La Rochère est présidente de La Manif pour Tous (LMPT) qui appelle à une grande manifestation le 6 octobre pour contester le projet de loi bioéthique qui inclut notamment la légalisation de la « PMA pour toutes ». Elle nous en explique les raisons. Entretien.

La Nef – Que pensez-vous du projet de loi bioéthique, qu’est-ce qui vous semble le plus critiquable ?
Ludovine de La Rochère
 – Ce projet de loi serait le franchissement d’un abîme anthropologique, éthique et civilisationnel.
Dans sa partie « procréation », il prévoit que la PMA ne serait plus réservée aux couples souffrant d’infertilité. Les couples de femmes et les femmes seules pourraient donc avoir un enfant en l’absence de père : elles n’auraient besoin d’hommes que pour leur fournir des gamètes. Quant aux couples homme-homme féconds, pourquoi leur ouvrir la PMA, si ce n’est pour les faire profiter d’un diagnostic prénatal. Joint à l’élargissement, prévu dans ce projet, du diagnostic prénatal, cela implique une orientation eugénique.
Le texte prévoit aussi la possibilité, sans condition médicale, de faire prélever et conserver ses gamètes. Sous prétexte de libérer la femme de son « horloge biologique » – une illusion complète – on va mettre la femme enceinte à un âge habituel en position d’avoir à se justifier de ne pas avoir reporté sa grossesse à plus tard…
Quant à la partie qui concerne la recherche, elle veut créer une différence entre l’embryon humain et les cellules embryonnaires. Or ces dernières proviennent évidemment de l’embryon lui-même, et la question en jeu est bien le statut de l’embryon dans tous les cas. Le projet vise aussi à faciliter encore davantage l’utilisation de l’embryon. Les chercheurs n’auraient plus qu’à « déclarer » leurs projets scientifiques : il n’y aurait même plus d’autorisation à demander. L’embryon humain ne serait plus qu’un matériau de recherche comme un autre !
Le projet prévoit en outre d’autoriser la fabrication d’embryons transgéniques. Le transfert in utero ne serait pas autorisé mais, évidemment, si ces recherches sont conduites, c’est bien pour autoriser un jour la naissance d’enfants dont on dira qu’on a « traité » tel ou tel gène pour éviter une maladie. Enfin, le projet veut « encadrer » les travaux qui cherchent à faire des cellules germinales à partir de cellules iPS : en clair, il s’agit d’essayer de produire des spermatozoïdes et des ovocytes à partir de cellules de peau, par exemple. Cela rejoint la partie « procréation » du projet de loi, lequel nous emmène vers une procréation asexuée.

Pourquoi la PMA est-elle pour vous une mauvaise chose ?
La PMA pour les femmes seules et les couples de femmes consistera, d’abord, à faire volontairement des orphelins de père, ce qui va à l’opposé de la finalité du droit, qui est la protection du plus faible.
Cela implique, en outre, une révolution de la filiation : celle-ci ne serait plus fondée sur la réalité humaine – charnelle et psychique – mais sur la volonté de l’adulte. L’enfant devient dès lors otage de l’adulte.
J’ajoute que le fait d’ouvrir la PMA à des personnes fécondes serait un détournement de la médecine. Alors que celle-ci est faite pour soigner les maladies et les prévenir, le législateur pourrait en faire une prestation de service destinée à réaliser nos désirs individuels. Or les désirs humains sont illimités. La PMA sans père entraînera dès lors la PMA post-mortem (réalisée avec les gamètes congelés du père décédé), la gestation pour autrui (GPA), etc.
À cela s’ajoutera d’ailleurs le détournement de l’Assurance maladie puisque le projet prévoit le remboursement de la PMA sans motif médical et ce, dans un contexte où notre système de santé est confronté à de grandes difficultés budgétaires.
Un autre problème majeur est l’insuffisance de gamètes : à ce jour, 3,9 % des couples ayant recours à la PMA ont besoin d’un don de sperme. Si on étend la PMA aux femmes seules et couples de femmes, 100 % d’entre elles auront besoin d’apports de sperme. C’est pourquoi l’extension de la PMA entraînera la France dans le commerce des gamètes. Et dès lors qu’on achète, on choisit… ce qui nous ramène aux implications eugéniques de ce projet de loi.

À quoi ont servi, selon vous, les états généraux de la bioéthique ?
Ils ne sont clairement pas pris en compte en ce qui concerne la PMA, puisqu’il était ressorti des états généraux une opposition très importante à cette pratique.
En revanche, la GPA n’est pas abordée dans le texte, contrairement à ce qui était envisagé. On peut penser que les 90 % d’opposition des participants a eu une certaine portée.

La « PMA pour toutes » est une étape supplémentaire dans la suppression du père : comment analysez-vous la situation actuelle, passons-nous d’une société patriarcale à une société matriarcale ?
Oui, la PMA sans père est une manière de mettre les pères de côté, et donc les hommes. Si ce n’est pour avoir leur sperme (en attendant qu’on puisse en fabriquer à partir de cellules de peau), la société n’aurait pas besoin d’eux. Laurence Rossignol, l’ancienne ministre « des familles », expliquait ainsi, sur le plateau de la chaîne LCI en juin, que la PMA « ne regarde que les femmes, leur ventre, leur grossesse », que « les hommes n’ont rien à dire ». En réalité, les femmes ne font pas les enfants toutes seules, même avec la PMA !
Un autre aspect sous-jacent se déploiera encore davantage je pense : c’est l’indifférenciation sexuelle. La PMA sans père, en effet, consiste à dire qu’un homme et une femme, ou deux femmes, cela revient au même. L’idée, fondamentalement, est qu’un père et une mère ne diffèrent pas… parce qu’un homme et une femme ne diffèrent pas : certes, ils ne sont pas pareils physiquement, mais cela n’aurait pas d’importance. Quant à la différence dans la manière d’être, féminin ou masculin, elle serait due à la culture : la société construirait cette différence pour assurer la domination de l’homme. Comme vous l’avez compris, la PMA sans père est fondée sur l’idéologie du genre.

Le « mariage pour tous » appelait la PMA, qui appelle aussi la GPA au nom de l’égalité et de la lutte contre les discriminations, sésame face auquel personne n’ose vraiment s’opposer : comment communiquer sur ces questions, un débat honnête et non faussé est-il possible ?
Les militants de la PMA et de la GPA utilisent en effet toujours les mêmes arguments. Et pourtant, comme le Conseil d’État l’a exposé, l’encadrement actuel de la PMA n’est pas inégalitaire ni discriminatoire. Mais le fait est que nos opposants n’ont pas d’autres arguments… et que la victimisation fonctionne.
Cependant, il semble que les Français voient très bien la manipulation. Lorsque nous participons à des débats médiatiques, par exemple, nous voyons bien que beaucoup d’internautes, sur les réseaux sociaux, sont d’accord avec nous.
D’ailleurs, 83 % des Français pensent que « l’enfant né par PMA a le droit d’avoir un père et une mère » (sondage IFOP de juin 2019). Nous sommes une immense majorité !

Qu’avez-vous prévu face à ce projet de loi ? Envisagez-vous de revenir à de grandes manifestations et pensez-vous possible de rééditer des rassemblements comparables à ceux de 2013 sur ces questions de bioéthique ?
Le 24 juillet, le projet de loi a été présenté au Conseil des Ministres. Le jour même, avec 18 autres associations, nous avons lancé l’appel à la mobilisation nationale, à Paris, le 6 octobre. Face à l’absence de dialogue et de raison, c’est la meilleure solution.
Je pense que la mobilisation peut être immense, oui, parce que ce projet concerne les enfants et parce que nos concitoyens ne veulent pas du « meilleur des mondes » qui se profile.

Malgré le succès en nombre des manifestations de 2013, la loi pour le « mariage pour tous » est quand même passée : quelle leçon en tirez-vous, était-ce la bonne méthode ?
Il est vrai que la loi Taubira a été votée malgré tout. Mais n’oublions pas nos grandes victoires, des premières dans l’histoire sociétale : reculs successifs de François Hollande sur la PMA ; retrait du projet de loi « Familles » le 3 février 2014, au lendemain de l’une de nos manifestations ; retrait du projet d’ouverture de l’adoption aux couples pacsés et concubins ; volte-face de Manuel Valls sur la GPA… La France a aussi entraîné de nombreux pays à résister : Croatie, Italie, Finlande, Slovaquie, Roumanie, Mexique, Chili, Taïwan…
Le 6 octobre, soyons tous dans la rue !

Propos recueillis par Christophe Geffroy

Tout renseignement pour la manifestation du 6 octobre sur le site de LMPT : http://www.lamanifpourtous.fr/

mercredi 11 septembre 2019

Rentrée littéraire : et si l'on remettait les choses à l'endroit ?

Les croisades étaient-elles une entreprise impérialiste à l’encontre de l’Orient musulman ? L’Inquisition a-t-elle brûlé des milliers d’hérétiques ? La chrétienté médiévale était-elle antisémite ? L’Église s’est-elle vraiment interrogée pour savoir si les femmes avaient une âme ? Les papes de la Renaissance ressemblaient-ils tous aux Borgia ? Pendant les guerres de Religion, les catholiques ont-ils fait preuve d’intolérance alors que les protestants incarnaient la liberté d’esprit ? Galilée a-t-il été condamné parce que les papes s’opposaient aux découvertes scientifiques ? L’Église du XIXe siècle étaitelle par principe hostile à la modernité ? Dans les années 1930, le Vatican s’est-il aveuglé par anticommunisme sur les dangers du fascisme et du nazisme ?

Autant de questions explosives en forme de réquisitoire dans un procès couramment fait à l’Église catholique. Les réponses données ici par quinze historiens visent d’abord à remettre en contexte chaque question dans son époque, avec le souci d’éviter tout anachronisme.

Sans jamais remplacer la légende noire par une légende dorée, cette fresque alerte et passionnante redonne sa place à une investigation historique sans préjugés et sans œillères.

Des signatures: Jean-Christian Petitfils, Sylvain Gouguenheim, Olivier Chaline, Bernard Lecomte, Olivier Hanne, Martin Aurell, Grégory Woimbée, Jean-Louis Benoit, Éric et Émeline Picard, Christophe Dickès, François Huguenin, Yves Chiron, Frédéric Le Moal, Jean Sévillia.

Jean Sévillia est le chroniqueur histoire du Figaro Magazine. Il est aussi membre du comité scientifique du Figaro Histoire. Il a notamment publié Historiquement correct (2003) et Historiquement incorrect (2011), ainsi que, plus récemment, Les Vérités cachées de la guerre d’Algérie (2018).

mardi 10 septembre 2019

Amis pèlerins bretons, nous vous attendons au Feiz e Breizh les 28 et 29 septembre !

Comme nous vous l’annoncions avant l’été, les samedi 28 et dimanche 29 septembre 2019, pour la deuxième année consécutive, se déroulera le pèlerinage « Feiz e Breizh » vers Sainte-Anne-d’Auray.

Lors de la première édition en 2018, le pèlerinage a rassemblé plus de 200 pèlerins marcheurs. Enfants, adolescents et adultes s’étaient groupés derrière les oriflammes de Vannes, Lorient, Quimper, Brest, Saint-Brieuc, Rennes, Nantes… et de la Bretagne extérieure. Plus de 600 personnes assistèrent à la messe de clôture, célébrée dans la Basilique de Sainte-Anne-d’Auray, selon la forme extraordinaire du rit romain.

Le but de ce pèlerinage est de raviver la foi en terre de Bretagne et dans le cœur des bretons qui y participent ou qui le croisent.

Le pèlerinage s’appuie sur trois piliers :

  • Mission : Feiz e Breizh veut toucher spirituellement les familles, en terre de Bretagne, et se faire missionnaire auprès de la jeunesse bretonne.

La foi est une grâce que l’on prie d’obtenir ou pour y être fidèle : nous marchons pour glorifier Dieu, sanctifier les âmes et enraciner notre foi.

  • Tradition : La liturgie romaine, dans sa forme extraordinaire, est une invitation à découvrir le sens du sacré et du beau.

En s’appuyant sur la tradition et le magistère de l’Église, Feiz e Breizh s’inscrit au cœur de la piété bretonne et de ses croyances séculaires.

  • Patrimoine : À l’exemple des saints bretons, nous souhaitons favoriser l’attachement et la connaissance du patrimoine culturel et religieux de Bretagne.

Le pèlerinage Feiz e Breizh convie à la méditation de la vie des saints locaux et à la diffusion des cantiques de langue bretonne.

Le pèlerinage est accessible à tous, la marche se fait en chapitre, unissant ceux qui chantent, méditent et prient ensemble. Plusieurs prêtres diocésains, de la Fraternité Saint-Pierre et de l’Institut du Christ-Roi accompagnent ce « pèlerinage pour la Bretagne ».

Les pèlerins se mettront en marche vers le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray, mère de la Sainte Vierge Marie et grand-mère du Christ. C’est ici que saint Anne est apparue en 1623. C’est donc ici que la patronne de la Bretagne et des Bretons est spécialement honorée depuis les premiers pèlerinages du XVIIe siècle.

Amis, ne restez pas immobiles, ne soyez pas reclus : venez marcher, prier, chanter et vous fortifier avec nous !

 

Au programme :

  • Thème du pèlerinage : « Prier avec nos saints »
  • Saints patrons des deux jours : « Saint Iltud, à l’origine de la chrétienté bretonne » et « Sainte Anne, patronne des familles ».
  • Samedi 28 septembre au matin, les pélerins ont rendez-vous à Guénin (Baud). La Messe sera célébrée vers midi à la La Chapelle Neuve et le bivouac dressé à Bieuzy-Lanvaux (Notre-Dame de Fatima), avec feu de veillée et adoration nocturne au Saint-Sacrement. La distance parcourue sera de 28 kilomètres.
  • Dimanche 29 septembre, la colonne des pélerins franchira encore 20 kilomètres pour atteindre Sainte-Anne-d’Auray. À 16h15, Son Excellence Monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes, présidera la Messe Pontificale pour la clôture de l’édition 2019 du Pèlerinage « Feiz e Breizh ».
  • Pour s’inscrire et pour tout renseignement : www.feiz.bzh

    Contact Presse : Bertrand de Tinténiac – Mobile : +33 6 58 04 06 84 – Courriel : contact@feiz.bzh

Lundi 09 septembre 2019

Notre Dame de Chrétienté fait sa rentrée !

Amis pèlerins, 

Après deux bons mois de vacances, nous sommes heureux de vous retrouver pour cette nouvelle montée vers notre pèlerinage annuel de la Pentecôte qui aura lieu du 30 mai au 1er Juin 2020. Notre dernier pèlerinage a été source de nombreuses grâces, nous ne résistons pas à vous le faire revivre en quelques minutes à l'occasion de cette rentrée ! 

Vous êtes toujours plus nombreux à nous rejoindre sur les routes de Chartres et nous nous en réjouissons : que cette année fortifie nos chapitres anges gardiens et nos pèlerins étrangers pour que leur communion de prière rayonne sur le monde entier et qu'elle nous donne la joie d'accueillir toujours plus de bénévoles dont l'enthousiasme et l'engagement font la force d'une croissance aussi belle qu'exigeante. 

De nombreux rendez-vous vous attendent dont le premier sera celui de notre Journée d'Amitié Chrétienne le 16 novembre en la paroisse Sainte Odile ( Paris 17) pour laquelle nous comptons sur votre présence ! 

In Christo per Mariam, 

Notre-Dame de Chrétienté

mercredi 14 août 2019

A Dieu, Pierre Vouters

Pierre Vouters nous a quittés vendredi 9 aout à l’âge de 62 ans.

Père de 12 enfants, très attaché au pèlerinage de Chartres, il était engagé depuis des années à Notre Dame de Chrétienté, spécialement au service des chapitres enfants dont il a couvert avec fidélité et disponibilité tous les besoins en sonorisation jusqu’au pèlerinage de 2016, juste après lequel il est tombé malade. Il était aussi chargé d’assurer la sonorisation pour la diffusion des méditations aux Pèlerins fatigués.

Tous ceux qui ont côtoyé le Chapitre enfants garderont toujours le souvenir de Pierre sur les bivouacs enfants, affairé aux réglages de son matériel impressionnant, dormant la nuit dans sa camionnette.

Diplômé de Sciences Po, il était un homme de profonde conviction, militant depuis son plus jeune âge pour la défense de la Vie dès sa conception, participant à toutes les manifestations contre l’avortement et pour la Vie. Il a été pendant des années Délégué général de Laissez Les Vivre - SOS Futures Mères dont son épouse Béatrice est la présidente.

Nous conserverons de lui le souvenir d’un homme dévoué, doux, discret et cultivé.

Nous présentons à son épouse Béatrice et à tous ses enfants nos très sincères condoléances et les assurons de nos prières pour lui.

A Dieu, Cher Pierre.

L'association Notre-Dame de Chrétienté

vendredi 12 juillet 2019

Le loup et l'agneau

« La raison du plus fort est toujours la meilleure », dit le fabuliste. Si La Fontaine revenait aujourd'hui, il constaterait sans doute que la déraison du plus violent l'emporte parfois, au moins à l'échelle de la terre.

Pourquoi ce préambule litteraire ?

 

Une pétition circule en ce moment sur Internet, plaidant la cause du loup. En l'occurence, un loup en liberté en Meurthe et Moselle, qui cause des ravages parmi les troupeaux de la région. Le pétitionnaire écrit, textuellement ; « Qui sommes-nous pour nous arroger le droit de vie et de mort sur un animal ? »

 

Il ne m'appartient pas de donner un avis sur ledit animal. Je suis frappé néanmoins de la coincidence avec la mort de Vincent Lambert, ce matin. Ou devrais-je dire, la mise à mort orchestrée du plus haut de l'échelle des décideurs de notre pays.

 

Un loup est protégé au nom de la biodiversité, un être humain est éliminé au nom du confort de vie et de la dignité humaine.

« Force reste à la loi ? »... Ou bien « Violence persiste et signe entre les mains de l'arbitraire ? »

 

Mourir de faim et de soif...

Pour illustrer cela à nos yeux, un lecteur racontait à un journal sa propre situation au tunnel de Dora sous l'Allemagne nazie. Il avait été contraint de travailler plusieurs jours, privé volontairement d'eau et de nourriture, dans quelles souffrances ! Cette souffrance silencieusement endurée par Vincent est l'écho d'une sentence du dernier jour que nous connaissons bien ; « j'avais faim et vous ne m'avez pas donné à manger,  j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire» (Matth 25, 31-46). Nous savons quelle signature porte ce qui commence dans le mensonge et finit dans la mort de l'innocent.

 

Le degré de civilisation d'un pays se mesure, entre autre, à sa capacité à protéger les plus faibles, les plus vulnerables de ses membres. Vincent Lambert en est devenu, bien malgré lui, le porte drapeau. S'adressant à lui une dernière fois à distance, depuis le parvis de Saint Sulpice, son courageux défenseur, Maître Jérôme Triomphe déclarait “Tu n’es qu’un symbole pour faire avancer le débat sur l’euthanasie”, donc “tu dois mourir au nom de la loi, maintenant c’est fini”. Et Maître Jean Paillot, autre courageux défenseur, constatait « une régression dramatique des droits » ; « C'est une cathédrale d'humanité qui brûle sous nos yeux » !

 

Combien de Vincent Lambert ?

Combien peuvent aujourd'hui craindre pour leur premier droit humain fondamental, celui de vivre ? Et conjointement, celui de recevoir nourriture et hydratation, même lorsque leur état de santé est dégradé mais stable ?

Combien de personnes handicapées ou diminuées mais conscientes vont assister à leur propre exécution si, comme on peut le prévoir, le « cas » de Vincent fait jurisprudence ?

Où sont les apôtres zélés des droits de la personne, les défenseurs de l'humanité, les pourfendeurs de crime contre l'humanité ?

 

Ces questions se posent sérieusement.

 

Mais ce temps est d'abord celui de la prière, du recueillement. Comme l'a souligné Maître Triomphe, il y a quelquechose de christique dans la mise à mort de Vincent Lambert, victime muette de l'arbitraire. « Comme une brebis menée à l'abattoir, comme un agneau devant celui qui le tond, il se tait, il n'ouvre pas la bouche » (Isaïe, 53, 7).

 

Alors nous nous associons de tout cœur à la demande de plusieurs évêques, que des messes soient célébrées pour le repos de l'âme de Vincent Lambert.

Si nous dénonçons l'injustice de la violence, nous reconnaissons aussi la fécondité de la souffrance d'un innocent. Surtout lorsque celle-ci est déposée sur la patène, à côté de l'hostie immaculée, le Christ mort et ressuscité.

 

Stabat Mater...

Et parce qu'au pied de la croix se tenait Marie, debout dans les larmes, majestueuse de foi et d'esperance jusque dans sa peine, nous lui confions aussi les proches de Vincent. Eux aussi sont au pied de la Croix, en ces heures. Que Notre Dame les prenne sous son voile de tendresse, de miséricorde et de pitié !

 

Une messe sera célébrée au nom de Notre Dame de Chrétienté, à cette intention, le samedi 13 juillet, à 11 heures.

 

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre-Dame de Chrétienté

Jean de Tauriers, Président de Notre-Dame de Chrétienté

jeudi 04 juillet 2019

3 jours de formation essentiels auxquels vous pouvez encore vous inscrire

Chers amis

Dans la continuité de notre beau pèlerinage de Pentecôte et du sermon de combat de Mgr Léonard nous vous invitons à participer à l'Université d'été organisée, aux environs de Nevers, du 11 au 14 juillet sur le thème: Révoltes. Révolutions. Contre-révolutions par nos amis de Renaissance catholique.


Les conférenciers rassemblés (Philippe de Villiers, Hilaire de Crémiers, Joël Hautebert, etc.) fourniront l'indispensable complément intellectuel à notre démarche spirituelle pour que France continue et chrétienté ressuscite.

Cette session est ouverte à tous et propose un tarif préférentiel pour les étudiants.

Informations et inscriptions en ligne : www.renaissancecatholique.org

Contacts : renaissancecatholique@wanadoo.fr Tél. 01 47 36 17 36 

 

 

vendredi 28 juin 2019

Notre-Dame de Chrétienté vous souhaite de bonnes vacances !

Alors que certains s'apprêtent à rejoindre d'autres horizons ce week-end pendant que d'autres tremblent pour le brevet différé de leur progéniture et ne programment leur carillon que pour la fin du mois , Notre-Dame de Chrétienté souhaite de bonnes vacances à tous ses vaillants pèlerins ! 

Une mention particulière est dédiée aux 1 000 bénévoles qui ont encore donné de leur temps avec générosité et enthousiasme pour ce 37ième pèlerinage. "Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même" : que cet amour nous guide vers la Paix du Christ par le Règne du Christ ! 

Notre profonde gratitude serait incomplète si nous n’y associons pas nos deux partenaires privilégiés : Rejoyce à Versailles et Tribouillet à Chartres.

Grâce à Tribouillet, ce sont pas moins de 75 tonnes d'eau en bouteille cette année qui ont été mises à disposition des pèlerins pour leur donner la force d’aller toujours plus loin !

Rejoyce orchestre depuis de nombreuses années toute la sonorisation et l'image de notre pèlerinage : mise en place des deux écrans géants pour permettre de suivre les Messes où que l'on soit, prise de vue et diffusion de la Messe de Chartres sur internet (22 000 connexions), sonorisation des sites et des bivouacs dont le doux réveil musical que vous chérissez tant, "amis pèlerins, bonjour" ...

A tous, un immense merci !

Nous serons heureux de vous retrouver dès le mois de septembre pour préparer notre journée d’Amitié Chrétienne qui se tiendra le 16 novembre à Paris : à vos agendas !

Récit d'un chapitre d'anges gardiens dans le massif du Pilat

Notre marche nous a conduits sur les crêts du Pilat, depuis le refuge de la Jasserie, auberge née d’un ermitage des Chartreux de Sainte Croix-en-Jarez, jusqu’à la Chapelle Saint Sabin, édifiée à la fin du XVIIe siècle à l’emplacement d’une forteresse gauloise et devenue depuis un lieu de pèlerinage traditionnel le lundi de Pentecôte.

 

Le Veni Creator chanté ou balbutié au pied du clocher de la Jasserie, nous partons en milieu de matinée, quasi vingt, sous une pluie qui s’installe et gagne en épaisseur à l’orée du bois de hêtres où nous entrons. Les feuilles de chants et de méditations boivent l’eau allègrement mais Louis et Zélie Martin, dont l’hagiographie se mêle aux mystères lumineux, résistent sur le papier comme dans les coeurs. Nos godillots prennent l’eau mais la joie des petits qui sautent de flaques en flaques, et l’Esprit Saint qui souffle discrètement sur les braises intérieures, ravivent notre ardeur. Nos Ave Maria traversent les chirats, les bois de charmilles, les landes de genêts, et ajoutent leur part d’éternité à la fragile poésie des sommets.

 

Le pique nique de midi n’offre pas davantage de répit. La pluie battante nous force à trouver refuge sous les sapins : grelottant sous les ponchos, nous échangeons, avec l’âme virile des derniers résistants d’une Chrétienté toujours à renouveler, chips, sandwichs, fraises tagadas, frênette…Une famille nous rejoint sous l’abri de fortune. Des mamans vaillantes donnent la becquée, avec une étonnante dextérité, aux nourrissons blottis contre elles.

 

Nous entamons la descente sur le versant rhodanien. La croix passe de main et de main et notre jeu d’équilibriste s’affine pour s’assurer des rochers glissants de l’ancienne voie romaine. Nos prières sont entendues, la pluie s’arrête. Comme chaque année désormais, la fontaine Chaumienne nous fournit le prétexte d’une halte prolongée. Adossés au hameau,  cernés de lupins qui pointent leur hampe colorée vers le ciel, nous nous chauffons la gorge et le coeur de chants des quatre coins du monde, à Henri IV et d’Amérique, cosaques et alsaciens. Deux nouvelles familles viennent élargir le groupe et la marche reprend au rythme vigoureux de « Chartres sonne ».

 

15h : l’heure de la miséricorde ouvre l’ultime étape de notre pèlerinage. Depuis le col du Gratteau, nous nous laissons glisser paisiblement à travers les sapins, dressés comme une armée ou abattus par les dernières coupes claires, dans l’écharpe de brume qui s’accroche à la dernière pente.

 

Nous franchissons enfin le tertre gaulois au sommet duquel est installée la chapelle Saint Sabin, modeste édifice dont les crépis successifs dissimulent l’ancienneté. Rejoints par d’autres paroissiens et quelques badauds, nous sommes désormais près de quarante à suivre la messe qui commence. La séquence du Veni Sancte Spiritus lance une mystérieuse et touchante passerelle entre le ciel et la terre comme entre les époques. Le Ciel ne dédaigne pas de venir habiter notre théâtre bien sonore dont le plancher résonne sous les trépidations des plus jeunes comme sous les aboiements du chien venu nous rejoindre à toute force. Et l’on se prend à penser aux paysans de 1683, fourbus et non moins vivants, venus réclamer au « Consolateur souverain…les sept dons qui font les saints ».

 

La Sainte Vierge veille sur chacun de nous pendant les vacances

Ce que beaucoup ignorent encore du pèlerinage de Chrétienté, c’est la puissance de sa communion de prière qui va bien au-delà de sa colonne de plus de 14 000 pèlerins pour se répandre sur toute la France et Outre-Mer mais aussi au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Suisse, en Espagne, en Belgique, en  Italie, en Espagne, en Allemagne, en Slovaquie, au Togo, en Afrique du Sud, en Tunisie, au Mali, au Etats-Unis, en Argentine, au Canada, en Syrie…

Une communion de prières qui ne se ferait pas sans la présence de ceux que l’on appelle à juste titre, nos anges gardiens. Inscrits dans une parfaite démarche de réciprocité spirituelle, ces 3 500 laïcs et communautés religieuses dépassent leurs contraintes (éloignement, expatriation, âge, santé, vie en communauté…)  pour vivre pleinement les grâces de l’effort, de la prière, de la méditation, de la confession et de la messe, mais à distance. Ils se retrouvent d’ailleurs parfois en groupe, le temps d’une marche « locale «, d’un office ou du rosaire.

Ils prient pour les pèlerins marcheurs et les pèlerins marcheurs portent leurs intentions écrites de prières qui sont déposées au pied de Notre-Dame du Pilier dans la cathédrale de Chartres lors de la messe de clôture du pèlerinage. Des demandes de guérison, de conversion, de résolution de problèmes familiaux ou conjugaux, d’emploi, de soutien financier, de sérénité, de discernement, du salut de l’âme d’un proche, de l’accompagnement à la mort, de fécondité…tout ce qui fait la vie de chacun. Cette communion pleine et entière d'enfants de Dieu venus de toutes parts et de toutes conditions pour se  placer humblement sous le regard aimant de Notre Seigneur manifeste toute l'espérance d'un retour à la chrétienté. 

« Un membre souffre-t-il ? Tous les membres souffrent avec lui.

Un membre est-il à l’honneur ? Tous les membres prennent part à sa joie.

Or vous êtes le Corps du Christ, et membre chacun pour sa part » (1 Co 12, 26-27)

« Nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même » (Rm, 14, 7)

 

jeudi 27 juin 2019

Appel de Chartres n°232 : 14 000 pèlerins à Chartres !

Chers amis pèlerins,

Nous avons assisté jeudi 20 juin à la messe d’action de grâce à St Odile. L’église était remplie pour remercier la Sainte Vierge d’avoir protégé le pèlerinage de chrétienté, son pèlerinage, cette année encore. Lors de cette soirée Notre-Dame de Chrétienté a l’habitude de communiquer les chiffres définitifs du dernier pèlerinage. Nous étions plus de 14 000 à Chartres cette année, une nouvelle progression très forte ! La croissance moyenne annuelle depuis 5 années atteint près de 10% ce qui est considérable. Les Anges Gardiens (pèlerins non marcheurs) étaient près de 3 000, un chiffre difficile à évaluer tant les initiatives de groupes de prière sont multiples dans différents pays. Enfin, près de 22 000 personnes ont suivi la Sainte Messe du lundi de Pentecôte sur notre site (www.nd-chretiente.com), en direct ou en replay pendant la semaine, ce chiffre est lui aussi en forte progression.

Je tiens à remercier le Père Julian Large, Prévôt de l’Oratoire de Londres, d’avoir célébré la Sainte Messe à Saint Sulpice le samedi. L’accueil du Père Jean-Loup Lacroix dans son église après le drame de Notre-Dame a été particulièrement chaleureux et nous l’en remercions ainsi que Monseigneur Leproux pour ses mots « sois fort et garde courage ! » qui ont accompagné nos pèlerins pendant les 3 jours. La messe d’Igny pour les chapitres Familles, Pastoureaux et Enfants a été célébrée par l’abbé Guilhem de Labarre, aumônier du Service d’Ordre. Nous avions également la très grande joie d’avoir comme célébrant du dimanche de Pentecôte le Prieur du Monastère de La Garde, le Très Révérend Père Marc. Tous les amis de Notre-Dame de Chrétienté connaissent l’amitié bénédictine que nous entretenons depuis 37 ans. Le dimanche soir, le Salut du Saint Sacrement était célébré par l’abbé Jean-Raphaël Dubrule des Missionnaires de la Miséricorde Divine. Le Saint Sacrement exposé, la fatigue, la nuit, le sacrement de confession, la consécration à Notre Dame, les mots du célébrant élèvent nos âmes vers Dieu dans un moment particulier. Le lendemain, Monseigneur Léonard, primat émérite de Belgique et archevêque émérite de Malines-Bruxelles, a célébré la Sainte Messe du lundi de Pentecôte devant Monseigneur Christory qui avait tenu à marcher avec les pèlerins le dimanche après-midi. Je les remercie de tout cœur. Enfin, je n’oublie pas dans ces remerciements Monseigneur Rougé, évêque de Nanterre, qui a accueilli les pèlerins de passage sur son diocèse au parc Sellier du Plessis-Robinson.

Parmi les événements marquants du pèlerinage, l’abbé Garnier a béni une Croix (offerte par Notre-Dame de Chrétienté) installée sur les ruines de l’église de Gas en présence de Madame le Maire et une partie du Conseil municipal. Quel beau symbole que cette Croix bénie un lundi de Pentecôte sur les ruines d’une église ! De ce bourg de Beauce nous pensions à Notre-Dame de Paris en feu et bien sûr à la symbolique de notre société chrétienne à reconstruire.

Très souvent, je suis interrogé sur les raisons du développement numérique du pèlerinage de chrétienté. Pourquoi tant de monde ? Comment de jeunes pèlerins « de nos jours ! » acceptent-ils de donner 3 jours pour un pèlerinage ? « Et pourquoi acceptent-ils d’assister à une liturgie médiévale sans comprendre un mot de latin ? »

Ces questions me font penser à ce commentaire d’un évêque rapportant avec humour que de nos jours « les jeunes veulent assister à la messe tridentine, ce sont les plus de 60 ans qui préfèrent la messe des jeunes du samedi soir ».

A ces questions habituelles, j’aime bien d’abord répondre que le pèlerinage s’adresse à tout le monde. De nombreuses familles se rassemblent au cours du pèlerinage sur les bivouacs, les haltes et pendant la marche. Notre-Dame de Chrétienté réunit ainsi toutes les générations, même si tout le monde n’a pas la capacité physique de marcher 100 km en trois jours. J’essaie aussi de faire comprendre que la raison de notre grand nombre est aussi limpide que le célèbre mot de Saint Augustin « Vous nous avez fait pour Vous, ô mon Dieu, et notre cœur est inquiet tant qu'il ne repose pas en Vous ». Notre époque athée et matérialiste ne comble en rien le cœur de l’homme qui est, aujourd’hui comme hier, assoiffé de Dieu. Sur la route de Chartres, le pèlerin cherche Dieu, veut entendre parler de Lui, se réconcilier avec Lui. Parfois, le pèlerin vient pour une seule rencontre avec un prêtre. Parfois, une simple discussion avec son chef de chapitre sera providentielle. Les histoires du pèlerinage, comme nous le disons à Notre-Dame de Chrétienté, sont innombrables. Le cadre traditionnel (liturgie, doctrine, catéchisme, …) qui étonne tant nos zoïles n’est donc pas une barrière mais un écrin.

Cher ami lecteur, si tu ne me comprends pas, la seule solution est de t’inscrire comme pèlerin de Chartres en 2020 !       

Notre prochain grand rendez-vous sera la Journée d’Amitié Chrétienne qui vient remplacer l’habituelle Université d’Automne. Cette Journée se tiendra le 16 novembre 2019 à Sainte Odile (XVIIème arrondissement de Paris). Suivez bien les informations sur notre site car nous aurons cette année des invités exceptionnels. Cette journée sera l’occasion de nous rencontrer, de parler de l’avenir de Notre-Dame de Chrétienté mais aussi de préparer le quarantième anniversaire du pèlerinage de chrétienté qui approche rapidement, en 2022 si Dieu le veut.

Notre-Dame de Chrétienté vous souhaite un bel été, reposant pour ceux qui peuvent prendre des vacances. Restons unis par la prière.

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président

Interview d'Hervé Rolland pour Télé Lumière, télévision catholique au Moyen Orient

Première chaîne de télévision chrétienne au Liban et dans le monde arabe, Télé Lumière a été fondée en 1991. Depuis 2003, elle diffuse également une programmation par satellite dans le monde entier sous le nom de Noursat .
Notre-Dame de Chrétienté remercie particulièrement Dominic Chikhani de l'avoir sollicitée pour mieux faire connaître à l'ensemble des chrétiens d'Orient le pèlerinage de Chartres.
Certains de nos amis chrétiens d'Orient sont déjà en communion avec nous en marchant dans les montagnes de la vallée des chrétiens en Syrie et nous avaient, pour rappel, adressé ce message de communion de pèlerinage le 8 juin :

"A tous les pèlerins

de Notre-Dame de Chrétienté,

les chrétiens d'Orient

et les volontaires

sont en union de prières

et de souffrances avec vous.

Ne lâchez rien".

Le pèlerinage de Chartres offre un itinéraire traditionnel au Christ et à son église (National Catholic Register)

Le 37ème pèlerinage annuel de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres a rassemblé plus de 14 000 personnes de tous âges et de nombreux pays, dans le respect d'une tradition millénaire.

Le pèlerinage de Chartres reçoit souvent peu de gros titres dans la presse laïque, mais cet exercice populaire de dévotion catholique est devenu l'un des événements les plus fréquentés en France. Depuis 1983, chaque année, le pèlerinage, également connu sous le nom de pèlerinage de la chrétienté, rassemble des milliers de personnes à la solennité de la Pentecôte pour un périple de trois jours allant de la cathédrale Notre-Dame de Paris à la cathédrale Notre-Dame de Chartres. .

Cette année, à cause de l'incendie qui a ravagé Notre Dame à Paris le 15 avril, les pèlerins se sont retirés de l'église emblématique de Saint-Sulpice tôt le matin du samedi 8 juin, après avoir assisté à la messe d'ouverture. Plus de 14 000 pèlerins ont pris partie cette année - avec plus de 1 300 étrangers venant de plus de 20 pays différents. Les participants ont entrepris le voyage avec drapeaux et bannières et divisés en chapitres. Comme lors des pèlerinages antérieurs, l'événement de cette année a également rassemblé 3 500 pèlerins non appelés marcheurs, appelés «anges gardiens», unis aux promeneurs dans la prière.

Organisé par l'association de laïcs catholiques Notre-Dame de Chrétienté, le pèlerinage a été inspiré par l'écrivain catholique français Charles Péguy, qui a effectué un pèlerinage solitaire de Notre-Dame de Paris au sanctuaire marial de Chartres en 1912, parcourant plus de 86 kilomètres en quatre jours, du 14 au 17 juin, pour demander l’intercession de la Vierge Marie pour aider son fils malade. Un an plus tard, il entreprit le même pèlerinage, peu de temps avant de perdre la vie sur le champ de bataille au début de la Première Guerre mondiale en 1914.

Renouvelé à la fin du XXe siècle, le pèlerinage d'aujourd'hui suit les traces de Péguy mais s'inscrit également dans une tradition médiévale visant à illustrer la vision chrétienne du temps d'un homme sur la terre comme un pèlerinage vers l'éternité.

 Route de la tradition

«La force de ce pèlerinage réside dans la culture franco-catholique, le fait que nous participions à un pèlerinage qui avait débuté à l'époque médiévale et que nous voyions les monuments de l'histoire française, sachant que les saints se sont engagés dans les mêmes chemins. De la même manière », a déclaré le père Garrick Huang, directeur spirituel du chapitre américain appelé Notre-Dame du Très Saint Rosaire. Il a ajouté que la foi de la France, même si elle est devenue une minorité, est toujours pratiquée de manière très authentique.

«Cela nous donne de l'espoir et nous avons besoin de cet exemple», a déclaré le père Huang au registre. “Pour voir aussi la beauté de ce que la foi a donné à l'Europe, les belles architectures, les sculptures, les chants grégoriens que nous chantons. C'est notre héritage et nous pouvons encore profiter de cette beauté." C'est la même passion pour la tradition qui conduit l'avocat américain catholique Brad Smith sur la route de Chartres presque chaque année depuis 20 ans.

«La tradition ne consiste pas seulement à maintenir une certaine pratique, car cela a toujours été fait de cette façon», a déclaré Smith au registre. «Il s'agit de transmettre quelque chose que les générations précédentes ont défendu, pour lequel il s'est battu et pour lequel il a consenti de nombreux sacrifices, que ce soit les pauvres qui ont fait des dons pour construire leur cathédrale, leurs églises, ou les confessionnaux en chêne ou les peintures, les instruments sacrés: Tout cela constitue notre héritage".

Selon Smith, défendre la tradition en tant qu'héritage commun à tous les catholiques offre d'importants avantages spirituels et une occasion de conduire les autres à Christ. «Nous avons un patrimoine et un héritage communs, ce n'est pas à nous de gaspiller avec le mauvais art sacré moderne, par exemple», a-t-il déclaré. "Il s'agit de défendre ce qui sauve des âmes, qui s'est avéré être édifiant pendant des siècles et transmis à nos descendants."

Mais dans nos sociétés occidentales sécularisées, la défense de la tradition chrétienne peut souvent être synonyme d'isolement, en particulier pour les jeunes générations.

«Les jeunes en général peuvent avoir un peu peur de se déclarer ouvertement chrétiens aujourd'hui, car ils craignent le rejet et la dérision», a déclaré l'archevêque André-Joseph Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles. L'archevêque a été prédicateur de la messe de clôture du pèlerinage à la cathédrale de Chartres.

Force dans l'unité

Tout en déplorant la grande confusion qui a suivi la série de récents scandales qui ont assailli l'Église, l'archevêque Léonard a loué le pèlerinage comme un moyen d'aider les gens à devenir plus forts dans leur foi et leur espoir. En effet, les pèlerins comprennent que, même en tant que minorité dans la société, leur témoignage enthousiaste les place dans une minorité forte et très significative.

«Je veux dire quelque chose à ces pèlerins», a déclaré l'archevêque Léonard. «L’Eglise catholique, quelle que soit sa voix, reste la plus belle multinationale [institution] du monde. L’Église est une multinationale de foi, d’espoir et de charité», a-t-il déclaré, rappelant que l’Église, épouse du Christ, reste impeccable malgré la présence de pécheurs en elle. «L'Église est sainte à travers tout ce qu'elle reçoit du Seigneur: sa tête est le sein de Dieu; le Saint-Esprit est son âme; la Très Sainte Vierge Marie est son coeur. Pour illuminer son chemin, elle a la sainte tradition des apôtres et des Saintes Écritures, et au cœur de sa vie, il y a le très saint sacrement de l'Eucharistie. "

Le pouvoir unificateur du pèlerinage de Chartres est, selon l'archevêque Léonard, une invitation renouvelée à suivre ensemble le chemin des innombrables saints qui ont marqué l'histoire et à participer à la sainteté de l'Église, malgré nos troubles et nos faiblesses.

Pour aider à communiquer cette invitation aux participants, le thème du pèlerinage de cette année, «La paix du Christ à travers le règne du Christ», s'est concentré sur la doctrine sociale de l'Église en offrant des pistes opportunes pour des méditations le long du chemin de pèlerinage.

«Un tel thème nous amène à méditer sur le fait que notre foi catholique a une dimension sociale, qu'il ne s'agit pas simplement d'un engagement personnel avec Dieu, mais également d'un mouvement de société envers tous les autres», a déclaré le père Huang.

En tant que directeur spirituel du chapitre américain du pèlerinage, le père Huang a encouragé les pèlerins à "insister sur la nécessité de montrer que nous devons collaborer pour atteindre le ciel", ce qui implique que les catholiques "ne peuvent être excusés de la vie en société. , en particulier la société politique, et doivent manifester publiquement leur foi » pour faire de la place à Dieu.

Quand la foi n’est pas populaire, Mgr Léonard a déclaré: «Ceux qui ont un esprit missionnaire doivent sentir qu’ils ne sont pas seuls, qu’il ya toute une vague de missionnaires autour d’eux».

La ferveur missionnaire de tant de pèlerins et de prêtres laïcs, a-t-il ajouté, peut susciter de grandes vocations, car «nous ne pouvons être de vrais chrétiens qu'en étant des missionnaires».

Le pouvoir du témoignage

L’évangélisation, un autre objectif central du pèlerinage de Chartres, a été concrétisée cette année par la création d’un nouveau chapitre ad hoc intitulé «Les pèlerins d’Emmaüs». Ses 30 jeunes membres ont pour mission de s’adresser aux passants le long du chemin de pèlerinage. En effet, il arrive chaque année que des personnes très éloignées de la foi demandent à se joindre aux pèlerins le long du chemin.

«Il y a deux ans, une femme athée élevée par des parents communistes nous a vus et elle a été touchée par la vue des enfants qui marchaient», a déclaré Hervé Rolland, vice-président de Notre-Dame de Chrétienté. "Elle nous a suivis et a demandé à être baptisée six mois plus tard."

La décision de créer ce nouveau chapitre bien organisé, a déclaré Rolland au Registre, est un moyen d'encourager les conversions fréquentes et immédiates parmi les non-catholiques - en particulier les musulmans et les athées - profondément touchés par la ferveur des pèlerins.

Jean-Christophe Pérardel, l'actuel directeur financier du lycée catholique Saint-Jean de Passy à Paris, a fait l'expérience d'une telle conversion. Pérardel était un athée convaincu, bien qu'il ait reçu le baptême dans son enfance. En 1991, à l'âge de 24 ans, il a rejoint le pèlerinage de la chrétienté, mais seulement pour voir s'il avait l'endurance physique nécessaire pour parcourir l'itinéraire de trois jours. Cependant, sa vie était sur le point de changer pour toujours.

«Il existait entre nous une atmosphère mystérieuse d’amitié», a déclaré Pérardel au Registre. "Je pouvais sentir que quelque chose se passait ici." Le troisième jour, alors que la célèbre flèche de Chartres apparaissait à l'horizon, il se retrouva marchant à côté du confesseur de son chapitre, qui lui demanda spontanément s'il voulait se confesser. «J'ai dit oui, mais sans réelle conviction», a déclaré Pérardel. «Je lui ai dit que je ne savais pas comment procéder.» Le prêtre lui a dit de ne pas s’inquiéter et a commencé à lui poser des questions pour le guider. «Les réflexions que j'ai eues en cours de route commençaient à porter leurs fruits», a rappelé Pérardel. «J'étais très sincère avec lui et j'ai commencé à pleurer. En pensant à ma vie et à mon passé, j'étais plein de remords. "«Le prêtre tenait mon bras et me soutenait physiquement, a-t-il ajouté. Et lorsqu'il m'a donné l'absolution, mon cœur a changé et je n'ai plus jamais douté.»

À la fin de ce pèlerinage, il y a 28 ans, il a reçu la première communion à Chartres lors de la messe de clôture. Il est maintenant marié et père de quatre enfants, s'efforçant de transmettre la foi aux jeunes générations par le biais de son école. Il assiste au pèlerinage chaque année et a servi de caméraman pour la messe de clôture de cette année.

«De nos jours, beaucoup de catholiques ont le cœur faible et ce pèlerinage est précisément une arme contre le cœur maigre», a-t-il déclaré. «En tant que chrétiens, nous sommes appelés à avoir les pieds sur terre et la tête dans les airs», a déclaré Pérardel, «et il n'y a pas de meilleure opportunité pour nous de le faire».

Solène Tadié  correspondante pour l'Europe du registre basée à Rome.

mardi 25 juin 2019

Avec les anges gardiens, le pèlerinage des Chartres est aussi à la Martinique !

Voici quelques photos de notre pèlerinage en Martinique et de la messe, célébrée à ND du Grand Retour de Josseaud.

Ce chapitre existe depuis 3 ans maintenant et a reçu les encouragements et la bénédiction de Monseigneur Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France.

Monsieur l'abbé Challan Belval, prêtre du diocèse célébrant exclusivement dans la forme extraordinaire, en assure la direction spirituelle, succédant ainsi à l'aumônier militaire de retour en métropole cet été.

Nous étions environ 40 à marcher avant de retrouver plus de 120 à la messe, Antillais de toutes origines et tous heureux de redécouvrir parfois cette forme du rit et la joie du pèlerinage.

Merci infiniment à vous tous qui nous avez soutenus dans nos chapitres lointains et parfois exotiques, qui montrent bien la vivacité de la tradition qui parle au coeur de tous les hommes de par le monde.

Ici, aux Antilles, elle contribue au renouveau de la foi tant souhaitée par notre évêque.

Deo gratias !

En union de prière,

Cyrille Caron

Lundi 24 juin 2019

Le transhumanisme, aboutissement de la révolution anthropologique

Joël Hautebert a bien voulu donner une interview à Notre-Dame de Chrétienté à l’occasion de la sortie de son dernier livre, Le transhumanisme aboutissement de la révolution anthropologique.

Nous ne pouvons qu’engager les amis de Notre-Dame de Chrétienté à se procurer et lire ce livre passionnant, clair et précis sur un sujet fondamental de notre société. Nous devons faire l’effort intellectuel de comprendre les erreurs de la pensée post-moderne qui prennent leur source dans les philosophies des Lumières. Le transhumanisme est l’instrument du totalitarisme actuel visant à construire un homme nouveau, un homme parfait justifiant la suppression des plus faibles. Cet ouvrage permet ainsi de mieux comprendre les phases de la révolution anthropologique « en marche ».

Pourriez-vous nous dire un mot sur la genèse de ce livre ?

Ce livre est issu d’un travail collectif mené avec des étudiants de troisième année de l’Institut Albert le Grand, dans le cadre d’un séminaire de recherche en philosophie politique. Les principales idées directrices de cet ouvrage n’auraient pu être énoncées sans l’excellent travail des étudiants. Chaque année, les étudiants de fin de licence qui le souhaitent sont invités à réfléchir sur un thème précis dans le cadre de ce séminaire. Ces dernières années, d’autres sujets ont ainsi été explorés, comme la décadence, le consumérisme et cette année le populisme.

Quelle définition peut-on donner du Transhumanisme ?

Comme son nom l’indique, le transhumanisme suggère un dépassement de la nature humaine, jugée obsolète. Les limites qu’elle impose doivent être abolies, pour permettre enfin à l’être appelé « homme » de parvenir à la parfaite maîtrise de son destin. Le préfixe trans, plus souvent employé que post, indique quant à lui qu’il s’agit d’un mouvement, donc d’une étape dans un mouvement, sans aboutissement définitif précis. Les transhumanistes se présentent comme les héritiers du progressisme et de l’humanisme modernes. Cela peut paraître paradoxal, étant donné que l’homme disparaît. Mais à notre sens, la continuité est réelle dans la mesure où ils s’inscrivent dans la lignée intellectuelle de la prétention de l’homme de s’émanciper de tout ordre hétéronome, y compris aujourd’hui de sa nature biologique.

Quelle est l'origine du Transhumanisme ? 

Le terme a fait son apparition en 1957, sous la plume de l’eugéniste Julian Huxley, frère du célèbre écrivain auteur du Meilleur des mondes. La qualité de l’initiateur du néologisme nous dit beaucoup sur ses racines intellectuelles. Huxley y voyait un moyen de donner un nouveau souffle à l’eugénisme, camouflé sous le nom de transhumanisme. L’utopie de l’homme augmenté est le dernier rejeton de la volonté d’améliorer l’espèce, de créer un homme nouveau. Avec l’eugénisme, se profile tous les grands courants intellectuels qui ont dominé les siècles passés, comme l’évolutionnisme, dont le transhumanisme est aussi une réactualisation, et plus généralement le scientisme, dont la technologie prend le relai, sans oublier l’anthropologie matérialiste des Lumières qui en constitue le fondement.

 Pourquoi le Transhumanisme est-il autant d'actualité de nos jours? 

L’utopie d’un homme augmenté, c’est-à-dire d’un homme dépassant ses limites naturelles, artificiel et vainqueur de la mort, constitue la phase actuelle du projet émancipateur révolutionnaire. Il est d’actualité parce que les progrès techniques donnent le sentiment de rendre enfin possible le projet de maîtrise de la vie et de la nature. L’homme serait non seulement le maître de son environnement, mais surtout le maître de sa propre existence. Le rêve de l’homme-Dieu séduit toutes les composantes progressistes, puisqu’il donne un nouveau possible, une nouvelle espérance sécularisée, après les échecs des grandes idéologies antérieures (communisme…). L’hyper-individualisme contemporain et l’hédonisme constituent un terrain culturel de choix, facilitant l’acceptation de l’idée de dépassement de l’humanité. On ne peut isoler le transhumanisme d’un phénomène idéologique plus vaste. Il participe au processus de la révolution anthropologique et dans le même temps il le couronne en lui apportant une justification ultime.

Y a-t-il une prise de conscience chez les scientifiques, intellectuels, politiques des dangers du Transhumanisme ?

Dans les librairies, les ouvrages sur le transhumanisme sont souvent répartis entre les rayons philosophie et science, comme s’il existait différentes manières d’envisager la question. Or, s’il est exact que les approches scientifiques et techniques sont légitimes et même indispensables pour définir ce qui est réalisable ou non, la vraie question consiste à savoir s’il faut réaliser, ou chercher à réaliser, ce qui apparaît comme possible. Or, l’idée qu’il faut mettre en œuvre tout ce qui est faisable révèle déjà une option philosophique et éthique : le progrès, en l’occurrence technique, détermine la justification morale des actes, ce qui signifie qu’il n’existe aucune limite à la manipulation de l’homme. L’univers mental contemporain, sans repère anthropologique sérieux, facilite l’expansion de l’idéologie transhumaniste, sans que pour autant les agents en soient tous pleinement conscients. Il n’empêche que l’on observe un grand nombre de réactions méfiantes, voire franchement hostiles, mais les filiations intellectuelles et le caractère profondément idéologique sont rarement évoqués, ou alors insuffisamment compris et explicités. Ainsi, l’idée que le processus révolutionnaire est aujourd’hui avant tout anthropologique est encore mal perçue. Les liens étroits avec la théorie du genre, la technicisation de la procréation et bien d’autres grands sujets d’actualité sont également méconnus.

Le cas de Vincent Lambert présente-t-il des liens avec la question du Transhumanisme ?

L’affaire Vincent Lambert témoigne de l’importance des enjeux anthropologiques contemporains et possède de ce fait une relation évidente avec le transhumanisme. L’acharnement contre Vincent Lambert milite en faveur du caractère de plus en plus systémique d’une nouvelle politique de liquidation, idée défendue comme hypothèse très probable à la fin du livre. Comme l’indique le titre de l’ouvrage, le transhumanisme est l’aboutissement de la révolution anthropologique en cours. Comme toute révolution, cette dernière est meurtrière. L’utopie de l’homme augmenté va servir de justification à la liquidation, déjà entamée mais progressivement étendue, de tous les hommes jugés inaptes à vivre, parce que dépassés. La promotion d’un nouvel idéaltype de surhomme renvoie dans la catégorie des déchets jetables ceux qui ne pourront jamais être « augmentés ». La liste n’étant pas limitative, tout le monde pourra un jour y entrer au motif que le progrès l’exige. Toutes les digues juridiques sont en train de sauter. Et comme l’homme est considéré comme un simple amas de cellule, dénué de dimension spirituelle, la voie est ouverte pour une nouvelle forme de liquidation massive, au nom du progrès émancipateur, du « bonheur » et du plaisir d’un être qui ne se soucie que de lui-même et abdique son humanité. Le transhumanisme apporte la clef de voute nécessaire à la justification du système.

Pour aller plus loin :

Vous pouvez commander Le transhumanisme aboutissement de la révolution anthropologique, Joël Hautebert, L’Homme Nouveau, 2019, 19  sur le site de l'Homme Nouveau ou en librairie.