Pèlerinage de Pentecôte
de Paris à Chartres

Actualité

mercredi 01 juillet 2020

In memoriam Michele Madiran - Jeanne Smits

Michèle Arfel Madiran a été rappelée à Dieu au matin du 30 juin, sept ans après le décès de son époux, Jean Madiran, qui lui manquait tant. Elle est partie sans bruit au terme d’une longue maladie et de plusieurs semaines d’hospitalisation, vécues dans une grande discrétion : dans cette pudeur qui la caractérisait. Une pudeur de grande dame.

Très entourée pendant les derniers mois et semaines de sa vie, Michèle Madiran a pu recevoir les derniers sacrements. Puis la visite de dom Louis-Marie, le Très Révérend Père Abbé du Barroux, lui a permis de communier dans la maison Jeanne-Garnier à Paris où elle fut accueillie une semaine avant son entrée dans l’au-delà, devenue inéluctable. La médecine se contentait de soulager, s’effaçait devant la maladie victorieuse ; le moine bénédictin apportait des secours de valeur infinie, pour la vie éternelle qu’elle espérait.

Où elle espérait retrouver Jean Madiran…

Elle avait une belle admiration pour Jean Madiran, elle était son soutien et cela se voyait ; que de jolie complicité entre eux deux !

En regardant nos photos d’elle et lui – nous en avons quelques-unes – j’étais saisie par ce regard amoureux, presque un regard de jeune fille, que Michèle Madiran portait sur son écrivain de mari : auteur de combat, catholique des tranchées antimodernistes, homme debout pour défendre Dieu et la France, la plume à la main, jusqu’aux derniers jours de sa longue vie enracinée dans la vérité et l’amour de la patrie.

Il fallait bien un tel homme à Michèle, née en Algérie française, pied-noire passionnée, marquée à jamais par la blessure des terres perdues… Il lui fallait cet homme de foi grave, mais espiègle, aux yeux bleus pétillants, aimant le vin, la chanson, le rire et l’amitié parce que c’est aussi tout cela qui fait l’amour de la France.

Elle était la fille du Dr Legendre, pédiatre : un de ces « colons » aujourd’hui médiatiquement maudits qui vécurent là-bas au service de la population, apportant un bout de Métropole à travers l’éducation, la santé, les routes, les infrastructures, mais aussi la langue française qui lui fut léguée en héritage.

Les Legendre, c’était une lignée d’hommes et de femmes soignants. Michèle avait quatre frères et sœurs : un frère médecin ; elle-même était infirmière-chef spécialisée en neurologie. Derrière la froideur des mots, une femme pleine d’empathie et de ce que j’aurais envie de qualifier de douceur énergique. Toujours là. Toujours prête à aider.

Michèle fut très proche de sa famille par le sang. Mais aussi de sa famille d’adoption, amie de longue date de Jean Madiran : la grande famille de Jean-Claude et Dominique Absil. Les mots que me dit l’une de leurs filles en ces jours tristes de la séparation sont parlants : « C’était une deuxième maman pour nous tous. » « Elle était là quand j’étais malade ; elle était là quand j’accouchais. Nous pouvions toujours compter sur elle. » « Elle faisait partie de nous. »

Elle avait pris sous son aile un petit-fils des Absil, gravement handicapé, parce qu’il était handicapé. Jusqu’à aller, quand les circonstances devenaient trop difficiles, passer des jours et des nuits auprès de lui à l’hôpital. Charité discrète, active, enveloppante, sans l’ombre d’une contrainte.

De Michèle, je garde le souvenir lumineux d'une femme chaleureuse, amicale, droite. Je me souviens de sa voix posée, grave et rassurante. De son accueil si amical, de son humour pince-sans-rire. Du soutien, aussi, qu’elle nous apporta lorsque les choses prirent pour nous un tour difficile à “Présent”, quelques mois après le décès de Jean Madiran…

Beaucoup de prières l’ont accompagnée lors de son grand départ dans l'autre monde, le vrai. Que Dieu daigne l'accueillir et la réunir au plus vite avec ceux qu'elle a tant aimés et qui l’ont précédée là-haut, et qu’Il console ceux, si nombreux, à qui elle manque aujourd’hui.

Jeanne Smits

Semer un grain, mais pour quelle récolte ?

Dans un texte en forme de lettre en réponse au président de la République, intitulé Le matin, sème ton grain (Bayard/Mame/Le Cerf), le président de la Conférence des évêques de France (CEF) aborde quatre axes de réflexion consacrés à nos modes de vie, sans jamais remettre en question le cadre mental de la laïcité qui a réduit l’Église à une simple organisation parmi d’autres.

Les analyses affluent sur la crise sanitaire que le monde vient de traverser et sur les leçons à en tirer pour réformer nos sociétés. Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr de MoulinsBeaufort, a voulu participer à cette entreprise en publiant un court texte, en réponse à la demande de contributions adressée aux responsables des cultes par le président de la République. C’est d’emblée dire que ce texte s’inscrit dans le cadre que nos institutions républicaines laïques laissent aux phénomènes religieux : ceux-ci sont limités à la sphère de la société civile et l’État, quant à lui, prétend transcender cette dernière. À aucun moment le successeur de la longue lignée des évêques de Reims, qui ont sacré les rois de France, ne remet en cause un tel cadre mental. Il ne s’agit pas de lui jeter la pierre car tel n’était pas le propos mais il peut être intéressant de voir si, prenant la parole à partir de la place qu’on lui laisse, il en profite pour un tant soit peu faire bouger les lignes.

Le constat d’un malaise

L’auteur part d’un constat, partagé par nombre de nos contemporains : « Quelque chose ne va pas dans notre mode de vie, dans nos façons de produire et de consommer. Comment changer ? » et il ajoute : « Autre chose est possible, avec la grâce de Dieu. » Il décline ainsi réflexions et propositions selon quatre axes : mémoire, corps, liberté et hospitalité. « Je les présente, dit-il, en espérant servir ainsi à une unité nationale plus forte. »

Le premier point consiste à faire mémoire de ce que nous avons vécu lors de cette crise, notamment de la manière dont notre rapport au temps a été modifié pendant le confinement. En contraste avec l’accélération du temps dans nos modes de vie, certains ont pu goûter la richesse de l’instant présent, « vivre l’intensité du temps au lieu de se laisser happer par le rythme frénétique de la consommation et de la production ». Le président de la CEF souhaite orienter le « mémorial » de cette expérience dans deux directions. Que chacun puisse avoir un logement digne (ce qui inclut aussi l’environnement naturel) et que le repos dominical puisse être davantage honoré. D’où la proposition concrète « qu’une fois par mois un dimanche soit “confiné” partout dans notre pays : un dimanche sans voiture ou sans dépasser un certain périmètre, sans commerces, sans travail productif, où tous soient appelés à chercher des activités accessibles à pied ou à bicyclette ou en transports en commun. » Ce qui est présenté comme une « suggestion », dans « un rêve éveillé », peut être lu comme appel à une vie plus contemplative où l’on goûte davantage le fait de demeurer. Comment sortir de cette vie liquide qui nous emporte dans des flux d’images, de soucis, d’informations souvent superficielles ? Comment sortir de cette perpétuelle captation de notre attention qui nous empêche de revenir à l’essentiel et d’être disponible à la Parole de Dieu ?

Rappel de ce qu’est le bien commun

Le deuxième axe est le corps, individuel et social. Pour sauver le premier, le second a été mis à mal par le confinement de toute la population. Comment articuler ces deux dimensions du corps ? Cela permet à Mgr de Moulins Beaufort de rappeler que le bien commun n’est pas la somme des biens individuels. Il n’est pas non plus «  la somme des biens communs (système scolaire, système hospitalier, système routier, distribution de l’eau ou de l’électricité, etc.), mais le bien dans lequel tous peuvent être en communion ». Et il ajoute : « Le corps social n’a pas à satisfaire les désirs de chacun, mais il devrait aider chacun à croire en son rôle propre, malgré ses manques et ses douleurs. ». La nécessaire participation de tous à la vie commune est requise mais on doit ajouter que celle-là, pour ne pas être formelle, doit être assumée par la pratique des vertus, au premier rang desquelles se trouve la justice. L’évêque de Reims s’insurge ensuite contre la manière dont de nombreux malades et mourants ont été ostracisés, en raison de règles ne prenant pas en compte l’intégralité des dimensions de la personne. Comment accepter que les aumôniers et visiteurs aient pu parfois être considérés comme « personnel non indispensable » ? Il rappelle alors à quel point la mort est partie prenante de la vie, et en quoi notre société cherche trop souvent à l’occulter en ne la considérant que comme un échec. La tentation de l’euthanasie s’inscrit dans cet oubli du sens profond de la mort qui est un passage que tous devront un jour vivre.

Un culte parmi d’autres…

Le troisième axe concerne la liberté et là, sans surprise, Mgr de Moulins-Beaufort s’inscrit docilement dans le droit commun : « Nous n’avons jamais réclamé un privilège ou une exemption des règles communes. Nous avons simplement demandé que les règles communes à toute la société s’appliquent à tous les cultes. » Si l’on considère que le vrai culte rendu à Dieu n’est pas une activité comme une autre, pourquoi alors ne pas contester ce principe laïciste ? On voit là que le nouveau président de la CEF assume l’héritage des équipes précédentes et ne semble pas prêt à faire bouger les lignes. L’intériorisation du régime mental qu’est la laïcité semble ici très profonde. À n’en pas douter, la manière dont « l’Église de France » se présente elle-même comme un « culte », et présente le culte comme une activité qui devrait être aussi permise que le commerce ou la réunion familiale, est signifiante de la conception (libérale) qu’elle se fait de la liberté. Certes, Mgr de Moulins-Beaufort critique la manière dont l’État a utilisé son autorité mais il n’interroge pas les présupposés profonds de celle-ci. En appeler à la responsabilité des citoyens est nécessaire mais cela ne suffit pas. La liberté de l’Église a une dimension institutionnelle car elle est responsable de ses choix devant Dieu et non devant l’État. L’Église est bien antérieure à l’État et elle a trop tendance à l’oublier.

Enfin, le dernier axe porte sur l’hospitalité. Et nous avons alors droit, parmi quelques belles remarques sur le lien humain, au couplet épiscopal habituel sur les migrations, en l’occurrence à un appel à faire preuve d’hospitalité envers les immigrés sans papiers travaillant au noir ! La captation de l’hospitalité biblique pour penser le phénomène complexe des migrations est révélatrice de la confusion mentale d’une grosse partie de nos dirigeants nationaux, légitimée par les évêques. Ce n’est pas nouveau mais on aurait pu espérer que la crise de la mondialisation, dont la pandémie est un symptôme supplémentaire, puisse être l’occasion d’une prise de conscience. Il faudra attendre d’autres signes.

Thibaud Collin - Homme Nouveau n°1714 du 20 juin 2020

vendredi 26 juin 2020

Exclusif : une réflexion approfondie de Mgr Athanasius Schneider sur le concile Vatican II et la crise actuelle de l'Eglise

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Mgr Athanasius Schneider publie ce jour un texte intitulé « Quelques réflexions sur le concile Vatican II et la crise actuelle de l'Eglise », afin de clarifier sa position sur le Concile. Il y insiste respectueusement sur le fait qu’il n’est pas favorable au rejet radical de Vatican II, une position récemment exprimée ouvertement par certains membres du clergé. Les présentes réflexions de Mgr Schneider, tirées pour partie du chapitre correspondant de son livre d’entretiens avec Diane Montagna, Christus Vincit, Christ’s Triumph Over the Darkness of the Age, développent certains points de sa discussion à propos de Vatican II, à la lumière des débats récents.

D’abord publié en anglais par Angelico Press en octobre 2019, Christus Vincit doit paraître cette semaine en allemand et en portugais. La version française, Christus vincit, Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps paraîtra à la rentrée et sera disponible via ce blog.

[Pour recevoir l’annonce de la parution de ce livre qui propose une vaste réflexion sur la situation présente de l’Eglise et ses rapports avec le monde, mais aussi des propos plus personnels de Mgr Schneider sur son enfance, sa vocation, l’islam, la perte du sens du surnatural, Fatima, les anges et bien d’autres sujets, je vous invite à m’envoyer une courriel à jeanne.smits.blog@gmail.com et je vous avertirai le moment venu.]

Son Excellence Mgr Schneider a donné le texte officiel de ces réflexions en exclusivité à The Remnant pour l’anglais, à Corrispondenza Romana pour l’italien et l’espagnol, et au Blog de Jeanne Smits pour le français. Tous droits réservés, reproduction interdite par égard pour l'éditeur français de Christus vincit, lien partageable : https://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2020/06/exclusif-une-reflexion-approfondie-de.html. – J.S.
 

Quelques réflexions sur le Concile Vatican II et la crise actuelle de l'Église

par Mgr Athanasius Schneider

 

Au cours des dernières décennies, ce ne sont pas seulement les modernistes déclarés, mais aussi les théologiens et les fidèles qui aiment l’Église, qui ont fait preuve d'une attitude qui ressemble à une sorte de défense aveugle de tout ce qui a été dit par le Concile Vatican II. Une telle attitude semblait parfois exiger des acrobaties mentales, voire une « quadrature du cercle ». Même maintenant, la mentalité générale des bons et fidèles catholiques correspond, à mon avis, à une infaillibilisation totale de facto de tout ce que le concile Vatican II a affirmé, ou de ce que le pontife actuel dit et fait. Ce genre d’ultramontanisme extrême, de centrisme papal malsain, était déjà présent depuis plusieurs générations chez les catholiques, depuis deux siècles. Mais la critique a toujours été présente et permise dans la grande tradition de l’Église, puisque c’est la vérité et la fidélité à la révélation divine et à la tradition constante que nous devons rechercher, ce qui implique par soi-même le recours à la raison et à la rationalité, et suppose d’éviter les acrobaties mentales erronées. Certaines explications de certaines expressions manifestement ambiguës et trompeuses que contiennent les textes du Concile semblent artificielles et peu convaincantes, surtout lorsque l’on y réfléchit d’une manière intellectuellement plus honnête, à la lumière de la doctrine ininterrompue et constante de l’Eglise.

Instinctivement, tout argument raisonnable qui aurait pu même de la façon la plus minime remettre en cause n’importe quelle parole ou expression des textes du Concile a été réprimé . Mais une telle attitude n’est pas saine et elle contredit la grande tradition de l’Église, comme nous le constatons chez les Pères, les Docteurs et les grands théologiens de l’Église au long de ses deux mille ans d’histoire.

Une opinion différente de celle enseignée par le concile de Florence sur la question du sacrement de l'ordre, c'est-à-dire la traditio instrumentorum, a été admise dans les siècles qui ont suivi ce concile, et a conduit le pape Pie XII à se prononcer dans la Constitution apostolique Sacramentum Ordinis de 1947, par laquelle il a corrigé l'enseignement non infaillible du Concile de Florence, en déclarant que la seule matière strictement nécessaire à la validité du sacrement de l'Ordre est l'imposition des mains par l'évêque. Par cet acte, Pie XII n'a pas mis en œuvre une herméneutique de continuité, mais bien une correction, car la doctrine du concile de Florence en la matière ne reflétait pas la doctrine et la pratique liturgiques constantes de l'Église universelle. Déjà en 1914, le cardinal W.M. van Rossum écrivait à propos de l'affirmation du concile de Florence sur la question du sacrement de l'Ordre, que cette doctrine du concile était réformable et devait même être abandonnée (cf. De essentia sacramenti ordinis, Freiburg 1914, p. 186). Il n'y avait donc pas de place pour une herméneutique de continuité dans ce cas concret.

Lorsque le magistère pontifical ou un concile œcuménique a corrigé des doctrines non infaillibles de conciles œcuméniques antérieurs (cela ne s'est produit que rarement), on n'a pas sapé les fondements de la foi catholique par un tel acte, ni opposé le magistère de demain à celui d'aujourd'hui, comme l'histoire l'a prouvé. Par une Bulle de 1425, Martin V a approuvé les décrets du concile de Constance et même le décret « Frequens » - de la 39e session du concile (en 1417). Ce décret affirmait l'erreur du conciliarisme, c'est-à-dire l'erreur selon laquelle un concile est supérieur à un Pape. Cependant, en 1446, son successeur, le pape Eugène IV, a déclaré qu'il acceptait les décrets du concile œcuménique de Constance, à l'exception de ceux (des sessions 3 - 5 et 39) qui « portent atteinte aux droits et à la primauté du Siège Apostolique » (absque tamen praeiudicio iuris, dignitatis et praeeminentiae Sedis Apostolicae). Le dogme de Vatican I sur la primauté du pape a ensuite rejeté définitivement l'erreur conciliaire du concile œcuménique de Constance. Comme mentionné plus haut, le pape Pie XII a corrigé l'erreur du Concile œcuménique de Florence concernant la question du sacrement de l'Ordre. Les fondements de la foi n'ont pas été sapés par ces rares actes de correction des affirmations antérieures du magistère non infaillible, précisément parce que ces affirmations concrètes (par exemple des conciles de Constance et de Florence) n'étaient pas infaillibles.

Plusieurs expressions des textes du Concile Vatican II ne sont pas aussi facilement conciliables avec la tradition doctrinale constante de l'Église. Citons par exemple certaines expressions du Concile sur le thème de la liberté religieuse (comprise comme un droit naturel, et donc positivement voulue par Dieu, de pratiquer et de répandre une fausse religion, qui peut aussi inclure l'idolâtrie ou pire encore) ; sa distinction entre l'Église du Christ et l'Église catholique (le problème du « subsistit in » donne l'impression qu'il existe deux réalités : d'un côté, l'Église du Christ, et de l'autre, l'Église catholique) ; et sa position à l'égard des religions non chrétiennes et du monde contemporain. Bien que la Congrégation pour la Doctrine de la foi, dans ses réponses à certaines questions concernant certains aspects de la doctrine sur l'Église (29 juin 2007), ait proposé une explication de l'expression « subsistit in », elle a malheureusement évité de dire clairement que l'Église du Christ est véritablement l'Église catholique. C'est-à-dire qu'elle a évité de déclarer explicitement l'identité entre l'Église du Christ et l'Église catholique. En effet, il reste un élément de flou.

Il existe aussi une attitude qui rejette a priori toutes les objections possibles visant les déclarations douteuses susmentionnées dans les textes du concile. Au lieu de cela, la seule solution présentée est la méthode dite d'« herméneutique de la continuité ». Malheureusement, les doutes relatifs aux problèmes théologiques inhérents à ces déclarations du Concile ne sont pas pris au sérieux. Nous devons toujours garder à l’esprit le fait que la fin principale du Concile était de nature pastorale, et que le Concile n’avait pas l’intention de proposer ses propres enseignements définitifs.

Les déclarations des papes d’avant le Concile, même celles des XIXe et XXe siècles, reflètent fidèlement celles de leurs prédécesseurs et la tradition constante de l’Église d’une manière ininterrompue. Les papes des XIXe et XXe siècles, c’est-à-dire après la Révolution française, ne représentent pas une période « exotique » en comparaison avec la tradition bi-millénaire de l’Eglise. On ne saurait prétendre qu’il existe une quelconque rupture dans les enseignements de ces papes (Grégoire XVI, etc.) par rapport au Magistère antérieur. Par exemple, concernant le thème de la royauté sociale du Christ et du caractère objectivement faux des religions non chrétiennes, on ne peut pas trouver de rupture perceptible entre l’enseignement des papes Grégoire XVI à Pie XII d’une part, et celui du pape Grégoire le Grand (VIe siècle) et de ses prédécesseurs et successeurs d’autre part. On peut vraiment voir une ligne continue sans aucune rupture depuis l’époque des Pères de l’Eglise jusqu’à Pie XII, en particulier sur des sujets tels la royauté sociale du Christ, la liberté religieuse et l’œcuménisme au sens où il existe un droit naturel, positivement voulu par Dieu, de pratiquer la seule vraie religion qui est la foi catholique.

Avant le Concile Vatican II, il n'était pas nécessaire de faire un effort colossal pour présenter des études volumineuses montrant la parfaite continuité de la doctrine entre un Concile et un autre, entre un pape et ses prédécesseurs, car la continuité était évidente. Par exemple, le fait même qu'une « nota explicativa previa » au document Lumen Gentium ait été nécessaire montre que le texte de Lumen Gentium, au n. 22, est ambigu en ce qui concerne le sujet des relations entre la primauté du pape et la collégialité épiscopale. Les documents clarifiant le magistère à l'époque post-conciliaire, tels les encycliques Mysterium FideiHumanae Vitae, et le Credo du Peuple de Dieu du Pape Paul VI, ont été d'une grande valeur et d'une grande aide, mais ils n'ont pas clarifié les déclarations ambiguës du  concile Vatican II mentionnées ci-dessus.

Peut-être la crise actuelle – avec Amoris Laetitia et le Document d’Abou Dhabi – nous oblige-t-elle à approfondir cette considération quant à la nécessité de clarifier ou de corriger certaines déclarations du Concile évoquées ci-dessus. Dans la Summa Theologiae, saint Thomas d’Aquin a toujours présenté des objections (« videtur quod ») et des contre-arguments (« sed contra »). Saint Thomas était intellectuellement très honnête ; il faut en effet savoir accepter les objections et les prendre au sérieux. Nous devrions utiliser sa méthode sur certains des points controversés des textes du Concile qui sont en discussion depuis près de soixante ans. La plupart des textes du Concile présentent une continuité organique par rapport au magistère antérieur. Mais en dernière analyse, le magistère papal doit clarifier de manière convaincante les éléments controversés de certaines expressions des textes du Concile. A ce jour, cela n’a pas toujours été fait d’une manière honnête et intellectuellement convaincante. Si cela s’avérait nécessaire, un pape ou un futur Concile œcuménique devrait alors ajouter des explications (comme des « notae explicativae posteriores »), voire des amendements et des corrections de ces expressions controversées, puisqu’elles n’ont pas été présentées par le Concile comme un enseignement infaillible et définitif. Ainsi que Paul VI l’a déclaré, le Concile a « évité de donner des définitions dogmatiques solennelles, engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique » (Audience générale, 12 janvier 1966).

L’histoire nous le dira, avec le recul. Nous ne sommes qu’à cinquante ans du Concile. Peut-être y verrons-nous plus clair quand cinquante nouvelles années se seront écoulées. Cependant, du point de vue des faits, de ce que l’on a pu constater, d’un point de vue global, Vatican II n’a pas apporté la floraison d’un réel progrès spirituel dans la vie de l’Église. Et même s'il y avait déjà des problèmes au sein du clergé avant le Concile, au nom de l'honnêteté et de la justice, nous devons reconnaître que les problèmes moraux, spirituels et doctrinaux du clergé avant le Concile n'étaient pas aussi répandus, d'une aussi grande ampleur et d'une aussi grande intensité, qu'ils l'ont été à l'époque post-conciliaire et jusqu'à aujourd'hui. Compte tenu du fait qu'il y avait déjà des problèmes avant le Concile, le premier objectif du Concile Vatican II aurait dû être précisément d'émettre des normes et des doctrines les plus claires possibles, voire exigeantes, et exemptes de toute ambiguïté, comme l'ont fait tous les Conciles de Réforme par le passé. L’objectif et les intentions du Concile étaient avant tout pastoraux, et pourtant, malgré cet objectif pastoral, il s’en est suivi des conséquences désastreuses que nous voyons encore aujourd’hui. Bien sûr, le Concile comprend beaucoup de beaux textes, précieux même. Mais les conséquences négatives et les abus commis au nom du Concile ont été si importants qu’ils ont éclipsé les éléments positifs qui s’y trouvent.

Il y avait des éléments positifs dans Vatican II : c’est la première fois qu’un Concile œcuménique a lancé un appel solennel aux laïcs, afin qu’ils prennent au sérieux les vœux de leur baptême pour tendre à la sainteté. Le chapitre de Lumen Gentium sur les laïcs est beau et profond. Les fidèles y sont appelés à vivre leur baptême et leur confirmation en tant que témoins courageux de la foi au milieu d’une société sécularisée. Cet appel était prophétique. Cependant, depuis le Concile, cet appel aux laïcs a été détourné par l’establishment progressiste de l’Église, et aussi par de nombreux fonctionnaires et bureaucrates qui travaillaient dans les bureaux et les chancelleries de l’Église. Souvent, les nouveaux bureaucrates laïcs (dans certains pays européens) n’étaient pas eux-mêmes des témoins ; ils ont au contraire contribué à la destruction de la foi dans les conseils paroissiaux et diocésains et dans d’autres comités officiels. Hélas, ces bureaucrates laïcs ont souventes fois été induits en erreur par le clergé, les évêques et les pasteurs.

La période qui a suivi le Concile a laissé l’impression que l’un des principaux fruits du Concile était la bureaucratisation. Cette bureaucratisation mondaine, au cours des décennies qui ont suivi le Concile, a paralysé dans une large mesure la ferveur spirituelle et surnaturelle. Au lieu du printemps annoncé, est survenu un temps de stérilité spirituelle généralisée, un hiver spirituel. Ces mots par lesquels Paul VI a fait un diagnostic honnête de l’état de santé spirituelle de l’Eglise sont toujours bien connus, et même inoubliables : « On croyait qu’après le Concile viendrait une journée de soleil pour l’histoire de l’Église. C’est au contraire une journée de nuages, de tempête, d’obscurité, de recherche, d’incertitude. Nous prêchons l’œcuménisme et nous nous distançons de plus en plus des autres. Nous cherchons à creuses des abîmes au lieu de les combler » (Sermon du 29 juin 1972).

Dans ce contexte, c’est surtout Mgr Lefebvre (bien qu’il ne soit pas le seul à l’avoir fait) qui a commencé, à plus grande échelle et avec une franchise semblable à celle de certains des grands Pères de l’Église, à protester contre la destruction de la foi catholique et de la sainte messe qui se produisait dans l’Église et qui était soutenue, ou du moins tolérée, jusque par de hautes autorités du Saint-Siège. Dans une lettre adressée au pape Jean-Paul II au début de son pontificat, Mgr Lefebvre a décrit avec réalisme et justesse, dans un bref synopsis, la véritable ampleur de la crise de l’Église. Je reste toujours impressionné par la clairvoyance et le caractère prophétique des affirmations suivantes : « Le flot des nouveautés dans l’Eglise accepté et encouragé par l’épiscopat, flot ravageant tout sur son passage : la foi, la morale, les institutions de l’Eglise, ne pouvait pas admettre la présence d’un obstacle, d’une résistance. Nous avions donc le choix ou de nous laisser emporter par le courant dévastateur et d’accroître le désastre, ou de résister contre vents et marées pour sauvegarder notre foi catholique et le sacerdoce catholique. Nous ne pouvions pas hésiter. (…) Les ruines de l’Eglise s’accumulent : l’athéisme, l’immoralité, l’abandon des églises, la disparition des vocations religieuses et sacerdotales sont tels que les Evêques commencent à s’émouvoir. »  Nous assistons aujourd’hui à l’apogée du désastre spirituel au sein de la vie de l’Église, que Mgr Lefebvre a souligné avec tant de vigueur il y a quarante ans déjà.

En abordant les questions relatives au Concile Vatican II et à ses documents, il faut éviter les interprétations forcées ou la méthode de la « quadrature du cercle », tout en conservant l’attitude respectueuse qui s’impose et le sens de l’Eglise (sentire cum ecclesia). L’application du principe de « l’herméneutique de la continuité » ne saurait être utilisée aveuglément en vue d’éliminer sans poser de questions des problèmes qui existent bel et bien, ou pour créer une image d’harmonie, alors que demeurent des ombres d’imprécision dans l’herméneutique de la continuité. En effet, une telle approche transmettrait artificiellement et de manière peu convaincante le message selon lequel chaque mot du concile Vatican II est inspiré par Dieu, infaillible et en parfaite continuité doctrinale avec le magistère antérieur. Une telle méthode violerait la raison, les données du réel et l’honnêteté, et ne ferait pas honneur à l’Église, car tôt ou tard (même s’il y faut un siècle) la vérité sera énoncée telle qu’elle est réellement. Il existe des livres dont les sources sont documentées et reproductibles, qui donnent un aperçu historiquement plus réaliste et plus vrai des faits et des conséquences relatifs à l’événement du concile Vatican II lui-même, mais aussi de la manière dont ses documents ont été édités, et du processus d’interprétation et d’application de ses réformes au cours des cinq dernières décennies. Je recommande, par exemple, les livres suivants qui peuvent être lus avec profit : Romano Amerio, Iota Unum, Etude des variations de l’Église catholique au XXe siècle (1996) ; Roberto de Mattei, Vatican II : Une histoire à écrire (2012) ; Alfonso Gálvez, El Invierno eclesial (2011).

Ces éléments – l’appel universel à la sainteté, le rôle des laïcs dans la défense et le témoignage de la foi, la famille en tant qu’église domestique, et l’enseignement sur Notre Dame  – sont ceux que je considère comme les contributions vraiment positives et durables du concile Vatican II.

Le magistère a été à ce point surchargé au cours des cent cinquante dernières années d’une papolâtrie malsaine, qu’il en a résulté une atmosphère où un rôle central est attribué aux hommes de l’Eglise au lieu de l’être au Christ et à son corps mystique, qui est à son tour un anthropocentrisme caché. Selon la vision des Pères de l’Eglise, l’Eglise est seulement la lune (mysterium lunae), et le Christ est le soleil. Le Concile, a malheureusement été une démonstration d’un très rare « magistériocentrisme », puisque par le simple fait du volume de ses documents interminables il a dépassé, et de loin, tous les autres conciles. Il a pourtant lui-même fourni une belle description de ce qu’est le magistère, qui n’avait jamais été donnée auparavant dans l’histoire de l’Église. On le trouve dans Dei Verbum, au n° 10, où il est écrit : « Ce Magistère n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais il est à son service. »

Par « magistériocentrisme », j’entends que les éléments humains et administratifs – spécialement la production excessive et continue de documents et de forums de discussion (sous le slogan de la « synodalité ») – ont été placés au centre de la vie de l’Église. Même si les Pasteurs de l’Eglise doivent toujours exercer avec zèle l’exercice du munus docendi, l’inflation des documents, et souvent de documents interminables, s’est révélée asphyxiante. Des documents moins nombreux, plus courts et plus concis produiraient un meilleur effet.

Un exemple frappant de « magistériocentrisme », où les représentants du magistère se comportent non comme les serviteurs, mais comme les maîtres de la tradition, est la réforme liturgique de Paul VI. D’une certaine manière, Paul VI s’est placé au-dessus de la Tradition – non pas la Tradition dogmatique (lex credendi), mais la grande Tradition liturgique (lex orandi). Paul VI a osé entamer une véritable révolution de la lex orandi. Et dans une certaine mesure, il a agi en contradiction avec l’affirmation du concile Vatican II dans Dei Verbum (n° 10) qui affirme que le magistère est seulement au service de la Tradition. Nous devons mettre le Christ au centre. Il est le soleil : le surnaturel, la constance de la doctrine et de la liturgie, et toutes les vérités de l’Évangile que le Christ nous a enseignées.

Par le concile Vatican II, et déjà avec Jean XXIII, l’Église a commencé à se présenter au monde, à flirter avec le monde et à manifester un complexe d’infériorité envers le monde. Mais les clercs, en particulier les évêques et le Saint-Siège, ont pour mission de montrer le Christ au monde – et non pas eux-mêmes. Vatican II a donné l’impression que l’Église catholique commençait à mendier la sympathie du monde. Cela s’est poursuivi lors des pontificats postconciliaires. L’Église mendie la sympathie et la reconnaissance du monde ; cela est indigne d’elle, et ne lui gagnera pas le respect de ceux qui cherchent vraiment Dieu. Nous devons mendier la sympathie du Christ, de Dieu et du ciel.

Certains critiques du Concile affirment que, malgré ses bons aspects, il est un peu comme un gâteau dans lequel il y a un peu de poison, et qu’il faut donc le jeter tout entier. Je ne pense pas que nous puissions suivre cette méthode, ni celle qui consiste à « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Par rapport à un concile œcuménique légitime, même s’il y avait des points négatifs, il nous faut maintenir une attitude de respect. Nous devons évaluer et avoir de l’estime pour tout ce qui est réellement et vraiment bon dans les textes du Concile, sans fermer irrationnellement et malhonnêtement les yeux de la raison sur ce qui est objectivement et manifestement ambigu, voire erroné dans certains textes. Il faut toujours se rappeler que les textes du concile Vatican II ne sont pas la Parole inspirée de Dieu, ni des jugements dogmatiques définitifs ou des déclarations infaillibles du magistère, car le Concile lui-même n’avait pas cette intention.

Un autre exemple est celui d’Amoris Laetitia. Ce texte contient certes de nombreux points qu’il nous faut critiquer objectivement et doctrinalement. Mais certains de ses chapitres sont très utiles, vraiment bons pour la vie de famille, par exemple les parties sur les personnes âgées dans la famille : en soi, ils sont très bons. On ne doit pas rejeter l’ensemble du document, mais en recevoir ce qui est bon. Il en va de même pour les textes du Concile.

Même si avant le Concile, ils ont tous dû prêter le serment antimoderniste de saint Pie X, certains théologiens, prêtres, évêques et même des cardinaux l’ont fait avec des réserves mentales, comme les faits historiques ultérieurs l’ont démontré.

Avec le pontificat de Benoît XV a commencé une lente et prudente infiltration d’ecclésiastiques à l’esprit mondain et quelque peu moderniste dans les hautes sphères de l’Église. Cette infiltration s’est surtout développée parmi les théologiens, de sorte que le pape Pie XII a dû intervenir plus tard en condamnant des théologiens très connus de la soi-disant « nouvelle théologie » (Chenu, Congar, De Lubac, etc.) et en publiant l’encyclique Humani Generis en 1950. Néanmoins, à partir du pontificat de Benoît XV, le mouvement moderniste était latent et en constante progression. Ainsi, à la veille du concile Vatican II, une part considérable de l’épiscopat et des professeurs des facultés de théologie et des séminaires étaient imprégnés d’une mentalité moderniste, qui se définit essentiellement par le relativisme doctrinal et moral, et la mondanité, l’amour du monde. À la veille du Concile, ces cardinaux, évêques et théologiens aimaient la « forme » – les schémas de pensée – du monde (cf. Rm XII, 2) et ils voulaient plaire au monde (cf. Ga I, 10). Ils faisaient preuve d’un complexe d’infériorité évident vis-à-vis du monde.

Le pape Jean XXIII a lui aussi fait preuve d’une sorte de complexe d’infériorité à l’égard du monde. Il n’était pas un moderniste dans son esprit, mais il avait une façon politique de voir le monde et il a étrangement mendié au monde de lui témoigner sa sympathie. Il avait sûrement de bonnes intentions. Il a convoqué le concile Vatican II, qui a ensuite ouvert la porte au mouvement moderniste, protestant et mondain au sein de l’Église. Elle est très significative, cette observation aiguë de Charles de Gaulle, président de la République française de 1959 à 1969, à propos de Jean XXIII et du processus de réformes entamé avec le concile Vatican II : « Jean XXIII a ouvert toutes grandes les vannes et n’a pas pu les refermer. C’était comme si un barrage s’était effondré. Jean XXIII a été dépassé par ce qu’il avait déclenché » (voir Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Paris 1997, 2, 19).

Le discours sur l’« ouverture des fenêtres » avant et pendant le Concile était une illusion trompeuse et une cause de confusion. Ces paroles ont donné l’impression que l’esprit d’un monde incrédule et matérialiste – tel qu’on pouvait clairement le voir à cette époque – pouvait transmettre certaines valeurs positives pour la vie chrétienne. Les autorités de l’Église de cette époque auraient mieux fait d’affirmer expressément le sens véritable des mots « ouverture des fenêtres » : il consiste à ouvrir la vie de l’Église à la fraîcheur de la beauté de la vérité divine, aux trésors de la sainteté éternellement jeune, aux lumières surnaturelles du Saint-Esprit et des saints, à une liturgie célébrée et vécue ans un sens toujours plus surnaturel, sacré et révérent. Au fil du temps, pendant la période postconciliaire, la porte partiellement ouverte a fait place à un déluge désastreux qui a provoqué d’énormes dégâts dans la doctrine, la morale et la liturgie. Aujourd’hui, les eaux du déluge qui ont pénétré dans l’Eglise atteignent des niveaux dangereux. Nous vivons actuellement le pic de la catastrophe de l’inondation.

Aujourd’hui, le voile a été levé et le modernisme a révélé son vrai visage, qui consiste à trahir le Christ et à devenir ami du monde en adoptant sa manière de penser. Une fois la crise de l’Église passée, le magistère de l’Eglise aura la tâche de rejeter tous les phénomènes négatifs qui ont été présents dans la vie de l’Église au cours des récentes décennies. Et l’Église le fera, parce qu’elle est divine. Elle ne peut pas ne pas le faire. Elle le fera avec précision et elle corrigera toutes les erreurs qui se sont accumulées, à commencer par plusieurs expressions ambiguës dans les textes du Concile.

Le modernisme est comme un virus caché, partiellement blotti dans plusieurs affirmations du Concile, mais qui s’est aujourd’hui manifesté. Après la crise, après la grave infection virale spirituelle, la clarté et la précision de la doctrine, le caractère sacré de la liturgie et la sainteté de la vie sacerdotale brilleront davantage.

L’Église le fera sans ambiguïté, comme elle l’a fait en temps de graves crises doctrinales et morales au cours des deux derniers millénaires. Enseigner clairement les vérités du dépôt divin de la foi, défendre les fidèles contre le poison de l’erreur et les conduire sûrement à la vie éternelle appartient à l’essence même de la tâche divinement assignée au pape et aux évêques.

La Constitution du concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, nous rappelle la vraie nature de la véritable Eglise, qui est « de telle sorte qu’en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à l’invisible ; ce qui relève de l’action à la contemplation ; et ce qui est présent à la cité future que nous recherchons » (n° 2).

Le 24 juin, 2020-06-24
Fête liturgique de saint Jean-Baptiste.

mercredi 24 juin 2020

Rendez-vous les 3 et 4 octobre !

 

Amis pèlerins, rejoignez notre

retraite Notre-Dame-de Chrétienté à Fontgombault sur

LA SAINTETÉ

les 3 et 4 octobre 2020

 « Vous serez saints, parce que moi, votre Dieu, je suis Saint » (Lévitique XX, 26).

« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu, V, 48).

 

 

 

Pour qui ? Retraite ouverte à tous (hommes et femmes), à partir de 18 ans.

Où ? Abbaye bénédictine Notre Dame de Fontgombault - 36220 FONTGOMBAULT

Pour se rendre à l’abbaye : la gare la plus proche est la gare de Blanc. Un covoiturage pour rejoindre l’abbaye vous est proposé le vendredi soir à 20h, 21h et 22h et le samedi matin à 9h. Prévenir de votre heure d’arrivée par mail : jpisa.griffon@gmail.com

Hébergement : les hommes sont accueillis à l’hôtellerie et les femmes au village d’hôtes. Pour les personnes mariées, possibilité de chambre commune au village d’hôtes.  Toutes les inscriptions se font auprès de Notre-Dame de Chrétienté

Quand ? 

  • Les samedi 3 et dimanche 4 octobre 2020.
  • Possibilité d'arriver dès la veille, le vendredi 2 au soir (ne pas dépasser 22 heures pour l'arrivée à l'abbaye)
  • Fin de la retraite à 13h30 après le déjeuner du dimanche.

Comment ? 

Inscriptions.

  • toutes les inscriptions à cette retraite se font en ligne en utilisant ce lien. Pour plus d'information, contactez le secrétariat de Notre Dame de Chrétienté : information@nd-chretiente.com – Tél: 01.39.07.27.00.
  • Clôture des inscriptions le 20 septembre. Ne tardez pas à vous inscrire afin de faciliter la bonne préparation et le bon accueil de chaque retraitant (nombre de places limité).
  • Une participation aux frais de 40 euros (hôtellerie et repas) sera demandée (offrande pour l'abbaye et frais de nourriture); inscription et règlement en ligne.

En cas de besoin, coordonnées de l'Abbaye.

Tel. : 02.54.37.12.03 ou Fax. : 02.54.37.12.56

Père Hôtelier: retraites-fgt@orange.fr – 02 54 37 30 98

Thème de la retraite

Elle sera prêchée par l'abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté, sur le thème de la sainteté : celle du Christ, de l'Eglise, du chrétien. Contemplation, applications pratiques.

Horaires de la retraite.

Samedi 3 octobre 2020

  • 10h ; messe conventuelle (église abbatiale).
  • 11h00 : Accueil, installation.
  • 1ère instruction.
  • Office de Sexte.
  • Déjeuner. (réfectoire des retraitants – pour les messieurs qui en font la demande, réfectoire des moines).
  • Pause, temps libre (repos – promenade – prière à l'abbatiale - parloir, entretien et confession pour ceux qui veulent).
  • 2° instruction.
  • Pause. Temps libre.
  • 18h : Vepres.
  • Dîner.
  • Complies et repos.

Dimanche 4 octobre 2020

  • Messes basses (sur volontariat) ; il est possible d'assister (ou de servir) aux messes basses qui ont lieu à l'église principale (abbatiale). Se présenter devant le portail latéral (à gauche), à 6h45.
  • Petit déjeuner pour tous (réfectoire des hôtes et réfectoire des retraitants).
  • 3ème instruction.
  • Tierce et Messe dominicale.
  • Photo de groupe - Temps libre (possibilité de parloir, entretien et confession pour ceux qui veulent).
  • Sexte et déjeuner.
  • Café, cloture de retraite, rangement (les bonnes volontés sont les bienvenues!).

Silence.

La retraite se fera en silence, sauf le moment des repas au réfectoire des retraitants (lecture en 1° partie, puis Tu autem...).

Autres informations pratiques :

  • Eglise abbatiale ouverte de 7h à 13h, et de 14h à 19h.
  • Parloir avec un moine (entretien spirituel ou de connaissance). S'adresser à la porterie ou en faire la demande auparavant directement auprès du père hôtelier.
  • La retraite inclue l'assistance à l'office de Tierce et à la messe conventuelle, ainsi qu'aux Vêpres du samedi.
  • Porterie (devant l'abbatiale à droite); icônes, chapelets, médaillons, livres, reproductions de tableaux ou de photos, cassettes et CD de chants religieux...
  • Magasin de poterie (ouvert tous les jours de 9H à 12H45 et de 14H à 19H sauf le dimanche de 10H à 12H). Grès, icônes et émaux réalisés par les moines.
  • Magasin de produits monastiques (ouvert de 11H à 12h30 et de 15H à 17H30 sauf  dimanches et fêtes) ; produits de l'artisanat provenant de divers monastères - fromage,  oeufs, fruits et légumes, vins, liqueurs, miel, confitures, pâtisseries, confiseries, produits de beauté et produits diététiques.

Dans l'attente de vous retrouver pour ce temps de grâce, nous vous redisons notre dévouement le meilleur in Christo !

Association Notre Dame de Chrétienté.

Lundi 22 juin 2020

Terres de Mission n°172 - Confinement : un évêque témoigne

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Mgr Ginoux, évêque de Montauban, a adressé le 11 mai dernier à ses diocésains une lettre d'une tonalité originale. Il revient, avec nous, sur les restrictions imposées par l'autorité publique à la liberté d'exercice du culte, dénonçant une immixtion de l'Etat dans un domaine qui n'est pas le sien, au mépris de la laïcité affichée. Comme évêque, il tire les enseignements de cette épreuve. 

Appel à une communion de prière pour Thomas Lambert

Chers amis pèlerins,

Nous vous appelons à vous unir à la communion de prière pour demander l’intercession miraculeuse de Bernard Lehner pour Thomas Lambert, fondateur avec sa femme de l'école et du collège de Blanche de Castille au Mans, diagnostiqué soudainement d'un très grave maladie.  

Pourquoi par cette intercession ? Parce que le bienheureux Bernhard Lehner a besoin d'un miracle pour que sa cause de canonisation soit entendue, et que Monsieur Lambert a besoin de cette intervention divine.

Nous vous proposons donc cette prière pour notre ami et pour sa famille.

Samedi la messe sera célébrée par l’Abbé Leclair à 11h à saint Benoît pour cette intention, messe suivie d'un temps d'adoration avec l'exposition du Saint Sacrement.

Prière pour la béatification du Serviteur de Dieu Bernhard Lehner

Très Sainte Trinité, Vous qui êtes la couronne de toute sainteté ! Vous  qui suscitez toujours dans votre église de nouveaux saints ! Nous vous en prions, permettez que votre serviteur Bernhard Lehner, qui pour l'amour de Vous et de son prochain a accompli consciencieusement tous ses devoirs, soit élevé bientôt à la gloire des autels. A cette fin nous vous confions cette intention pressante : la guérison de Thomas Lambert, afin que tous les fidèles, et en particulier les enfants et les jeunes, trouvent en lui un modèle de vie chrétienne et que par son intercession et avec votre grâce, Dieu tout-puissant, vous soyez toujours exalté, vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.

mardi 09 juin 2020

Rejoignez le pèlerinage de Sainte Clotilde le 21 juin !


Le prochain pèlerinage à Ste Clotilde est fixé au dimanche 21 juin 2020.

Depuis 1947, a lieu chaque année en juin un pèlerinage national en l'honneur de sainte Clotilde. Il est venu s’ajouter à la fête locale de sainte Clotilde (3 juin), célébrée depuis des siècles dans la paroisse de Vivières. Le pèlerinage national de Vivières (dans l'Aisne) est organisé et animé spirituellement par la confrérie sainte Clotilde.

La France et la Chrétienté ont besoin de nos prières et de l’intercession de sainte Clotilde. Soyons donc nombreux à nous rendre dimanche 21 juin 2020 à Vivières, derrière les bannières de la Confrérie sainte Clotilde et celles du Centre Charlier, soutien fidèle et apprécié du pèlerinage depuis plus de 25 ans.

Départ possible depuis Paris, en autocar, qui peut transporter 30 passagers avec toutes les garanties sanitaires en vigueur : toutes les règles sanitaires en vigueur seront respectées et chaque passager doit venir avec un masque. *

Sur le site internet, vous trouverez toutes les informations nécessaires. 

11 h : Messe grégorienne célébrée par Monsieur l'abbé Maxime Quinquis, prêtre de l'Institut du Bon Pasteur.
Repas tiré du sac en forêt.
15 h : Vêpres chantées. Procession dans la vallée jusqu'à l'oratoire Sainte-Clotilde (près de la source)
Salut du Saint-Sacrement.

 

*Le car disposera : 

- D’une solution hydroalcoolique 

- d’un thermomètre avec lequel les personnes seront testées à l’entrée du car

- d’un appareil à Ozone pour la désinfection 

- de Savon de Marseille dans les toilettes 

 

INSCRIPTION :

Monsieur Pierre Maire

06 80 72 72 77  -  01 60 77 19 51

maire.pierre@numericable.com

mairep@gmx.fr

samedi 06 juin 2020

Qu'est-ce que la France ? Des auteurs et chercheurs de renom répondent

NDC- Vous venez de publier les Actes de la XIX éme Université d’été de Renaissance catholique sous le titre : L’Identité nationale. De quoi s’agit-il ?

RC- Tous les observateurs ont noté que, lors de ses interventions télévisées à l’occasion de la pandémie du covid 19, le Président de la République a renoué avec des mots qui avaient disparu du langage politique dominant : nation, patriotisme, souveraineté économique, souveraineté nationale, etc. Après l’échec de la « mondialisation heureuse » semble venue l’heure du réveil des nations. C’est à la découverte de ce qui constitue l’identité de la France que nous convions nos lecteurs. Une identité issue d’une histoire, profondément marquée par l’empreinte de l’Eglise catholique, qui s’incarne dans un héritage bien particulier. 

NDC- Pourquoi avoir traité ce sujet ?

 L’immigration de peuplement à laquelle est confronté notre pays est en train de changer d’une manière qui sera bientôt irrémédiable le visage de la France. Conscient des difficultés que créait cet état de fait Nicolas Sarkozy avait créé en 2007 un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement, confié à un transfuge du PS : Eric Besson. Cela a donné lieu à de nombreux débats que nous avons analysés et enrichis. Ce sujet reste d’une brûlante actualité.

 NDC- De quoi avez-vous traité ?

 Selon notre démarche habituelle nous avons d’abord fait de l’histoire nous attachant à présenter tous les éléments qui, au fil du temps, ont constitué la France. Ensuite, nous avons analysé la rupture que constitue la Révolution française avant d’examiner les défis auxquels est aujourd’hui confronté notre pays dans la préservation de son identité.  

NDC- Qu’apporte cet ouvrage collectif ?

 Dans son livre « La compagnie des ombres » Michel De Jaeghere note : « Nous sommes chez nous ! » scandent parfois des Français désespérés, dépossédés de leurs quartiers, de leur sécurité de leurs coutumes. Mais pour être « chez nous » et prétendre en demeurer maîtres, encore faudrait-il être « nous ». Former plus qu’un syndicat de locataires. Être liés par une communauté de foi, d’espérance ou de culture ».  Cet ouvrage collectif est la découverte de cet héritage mais aussi des dangers qui le menacent.  Il est une défense et illustration du bel idéal de chrétienté incarné dans la terre de France.  

 

L’Identité Nationale - Éditions CONTRETEMPS - 360 pages - 27 € frais de port compris 

Auteurs : Anne Bernet, Arnaud Jayr, Hilaire de Crémiers, Claude Rousseau, Maxence Hecquard, Henry de Lesquen, Christophe Dickès, Philippe Conrad, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Gollnisch, Jean Vallier, Jean-Pierre Maugendre

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jeudi 04 juin 2020

Appel de Chartres n° 240 : Rendez-vous à Sainte Odile le 11 juin 19h30 pour la messe d’action de grâce !

Chers amis pèlerins,

Nous venons de clore la trente-huitième édition de ce pèlerinage exceptionnel. Entre le coronavirus, l’interdiction des messes publiques, les changements de dernière minute, ... rien n’aura été épargné à l’organisation de Notre-Dame de chrétienté qui aura dû s’adapter jusque dans les derniers jours. Je remercie tous nos amis cadres de Notre-Dame de chrétienté, leur dévouement, leur efficacité auront été fantastiques.

Le pèlerinage a bien eu lieu avec des centaines d’initiatives locales, une ferveur intacte et un entêtement courageux à pèleriner. Comme chaque année, nous vous donnerons les chiffres (les vrais cela va de soi !) après la messe d’action de grâce à Sainte Odile le 11 juin (toutes les informations dans www.nd-chretiente.com).

En voyant tous ces petits groupes marcher dans Paris samedi, en regardant toutes ces photos de France et d’ailleurs, j’étais admiratif et plein de confiance pour notre avenir. NDC (le « pèlerinage de Chartres » pour faire simple) a près de 40 années. Nos fondateurs voulaient recréer une chrétienté, au moins une réaction chrétienne en France, à l’appel de Jean-Paul II dans une Eglise et une civilisation en crise. Ils voyaient les effets de la déchristianisation et voulaient susciter un élan au sein de la jeunesse. Quand j’observe nos pèlerins, en majorité jeunes, je constate que cette relève a bien lieu, elle est porteuse d’espoir pour demain.

Il est inouï que le culte public ait été interdit en France à l’occasion de cette pandémie. Il faudra réfléchir et tirer toutes les leçons de ce qui s’est passé, du stupéfiant affaiblissement de l’Eglise en France. Nous n’oublions pas les propos courageux de certains évêques que nous remercions une nouvelle fois. En s’associant à une requête en référé-liberté déposée devant le Conseil d’Etat, NDC a voulu apporter son soutien aux communautés qui marchent régulièrement sur les routes de Chartres. Notre démarche a été à la fois respectueuse de la hiérarchie en place et déterminée car il s’agissait de l’honneur de Dieu.

Toute cette histoire me fait penser à la fable de Jean de La Fontaine « Le lion amoureux ». Lue par Fabrice Luchini, c’est exceptionnel. Le pauvre lion amoureux est un peu comme l’Eglise qui a voulu, lors d’un fameux et récent Concile, abandonner tous ses privilèges : plus de constitution chrétienne, plus d’avantages, … Elle ne demandait qu’à être « une église libre dans un état libre » avec la grande efficacité que nous observons. Le sort de l’Eglise catholique ressemble à celui du pauvre lion amoureux qui accepte pour séduire sa belle de faire rogner ses dents et limer ses griffes :

Le lion consent à cela,
Tant son âme était aveuglée !
Sans dents ni griffes le voilà,
Comme place démantelée.
On lâcha sur lui quelques chiens :
Il fit fort peu de résistance.


Des questions demeurent : Pourquoi étions-nous si peu nombreux ? Pourquoi les associations diocésaines ou d’autres communautés en dehors de la sphère traditionnelle n’ont-elles pas entamé la même démarche ? Défendre la liberté du culte publique est un objectif partagé par tous les catholiques, me semble-t-il ?

Je ne crois pas du tout que, comme a écrit Jean-Pierre Denis dans la Vie, nous (les traditionalistes) soyons « non représentatifs » de l’Eglise. Cette expression est assez méchante mais l’histoire nous a appris à avoir l’estomac solide. Plus que méchante, c’est surtout très faux car nous sommes de plus en plus représentatifs.

Les « catholiques observants » (comprendre les derniers catholiques pratiquants) au sens de Yann Raison du Cleuziou dans son livre « Aux origines de la Manif pour tous », doivent apprendre à agir ensemble sur certains sujets, celui de la liberté du culte en était un. Les catholiques forment désormais une minorité en France et, ce qui est plus douloureux, une ancienne majorité. Apprenons pour demain à travailler réunis, « représentatifs et non représentatifs » !

Je tiens à remercier chaleureusement les célébrants et autorités qui nous ont soutenus en 2020 :

Le chanoine Fournier, aumônier militaire, à Saint Sulpice en remerciant le Père Lacroix pour son accueil ainsi que Monseigneur Aupetit.

Monseigneur Rougé qui a accueilli la « toute petite colonne » de pèlerins à l’entrée de son diocèse le samedi matin.

Le Très Révérend Père Louis-Marie de Blignières, supérieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, qui a célébré la Messe de Chémeré-le-roi le dimanche de Pentecôte.

L’abbé Barrero, supérieur de l’Institut du Bon Pasteur, pour le Salut du Saint Sacrement du séminaire de Courtalain le dimanche soir.

Monseigneur Descourtieux (Congrégation pour la doctrine de la Foi) qui a célébré de la chapelle Sainte Pétronille dans la basilique Saint Pierre à Rome la messe du lundi de Pentecôte.

Le recteur de la cathédrale de Chartres, le Père Blondeau, pour son accueil toujours aussi généreux et amical ainsi que Monseigneur Christory.

Vous imaginez bien que toutes ces retransmissions ont nécessité des trésors d’ingéniosité et beaucoup de travail. Une immense merci à tous ceux qui ont œuvré dans la discrétion avec bien évidemment, et je termine ainsi, un grand mot de gratitude pour l’abbé Garnier, notre aumônier général.

Nos Saints Anges, protégez-nous dans les combats

Sainte Jeanne d’Arc, protégez la France

Sainte Geneviève, protégez la France

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous ! 

Jean de Tauriers

 

Nous vous attendons nombreux avec vos bannières
le jeudi 11 Juin 2020 à 19h30

Pour une messe d’action de grâce à l’occasion de la fête du Très saint Sacrement

Paroisse Ste Odile – 2 av Stéphane Mallarmé – 75 017 PARIS

Suivie d’un cocktail dinatoire

Pour vous inscrire, c'est ici

 

Lundi 01 juin 2020

Mot d'envoi de l'abbé Garnier depuis la cathédrale de Chartres

Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit, ainsi soit-il

Amis pèlerins,

Tout d'abord, je voudrais adresser mes remerciements, … et, au vu des circonstances, mes encouragements.

Merci d'abord aux célébrants et prédicateurs des messes de pèlerinage de ces 3 jours ;

  • le chanoine Fournier, aumônier militaire, en l'église St Sulpice de Paris, samedi
  • le Révérend Père de Blignières, Religieux prêtre, prieur de la Fraternité Dominicaine St Vincent Ferrier, en l'église conventuelle Notre Dame du Rosaire de Chéméré le Roi, dimanche
  • Monseigneur Patrick Decourtieux, responsable de la 4° section de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en la basilique Saint Pierre de Rome, au Vatican, ce lundi.

Merci à Monseigneur Philippe Christory, évêque de Chartres, qui a permis que nous puissions venir en petite délégation pour clore ce pèlerinage au nom de tous les pèlerins, en union avec eux, en France et dans le monde.
Merci au Chanoine Blondeau, Recteur de la Cathédrale Notre Dame de Chartres, pour son accueil toujours bienveillant, même en cette période difficile.

Merci à tous les intervenants chefs de région, de chapitre, pèlerins, qui ont organisé en local des marches, retrouvailles, messes, adorations, prières communes, … Et merci à tous ceux qui les ont accueilli dans des églises ou terrains privés.

Merci aux bénévoles et cadres des équipes de la Direction des pèlerins et des soutiens, qui ont assuré le bon suivi et le déroulement, tant du pèlerinage relais que des initiatives locales. Je pense particulièrement et de tout cœur aux soutiens qui ont tout fait pour rendre possible la grande colonne et les grands bivouacs, les grand'messes, le rassemblement que nous aimons... Avant d'accepter une décision douloureuse et difficile, mais inévitable.

Merci à Notre Dame de Chartres. Elle a couvert de son voile, de sa protection les petits pèlerinages, répliques aimables du grand pélé en différents lieux. Avec l'antique prière, nous lui redisons ; « Sub tuum praesidium... Sainte Mère de Dieu, nous accourons sous votre protection. Ne méprisez pas nos prières dans les épreuves, mais de tout péril délivrez-nous, Vierge glorieuse et bénie ! »

Ami pèlerin, et maintenant?
    En cette extrémité de temps pascal, je souhaite que tu aies pu mettre à profit ce pèlerinage pour une bonne confession, une bonne communion eucharistique.
    Je souhaite que tu aies profité au mieux, en 2 ou 3 dimensions, à domicile ou dans quelque lieu saint, sur quelques chemin ou quelque terrain offert aimablement, des enseignements profonds et riches, qui acheminent jusqu'à toi les verités qui sauvent et sanctifient.
    Je souhaite que tu aies pu redécouvrir le monde des anges, invisibles et purs esprits. 
Tires-en de l'affection et de la confiance envers tes alliés les bons anges, en particulier Saint Michel, lié à notre pays par tant de rencontres, depuis celle du Mont Tombe, jusqu'à celle d'Anne d'Autriche en passant par la petite Jehanne ! Mais aussi Saint Raphaël, l'ange protecteur du mariage et de la famille, et Saint Gabriel, le patron et modèle des messagers divins, apôtre de l'évangélisation et de la mission !
Tires-en aussi de la vigilance, car le diable et ses alliés rôdent, comme des lions rugissant cherchant qui dévorer. Vigilance de la foi et de la prière, ardeur renouvelé pour le combat spirituel, recours aux sacrements et sacramentaux, humilité et confiance.
En définitive, ceux qui combattent avec toi sont meilleurs et plus nombreux que ceux qui sont contre toi. N'oublie pas cette verité pérenne un jour dite aux hommes par le prophète Elisée.
Si tu as pu faire cela, alors tu n'as pas perdu ta Pentecôte et le pélerinage autrement de 2020 n'est pas une fake news pour ce qui te concerne.

Ami pèlerin, et après ?
Rendez-vous en 2021! Nous avons tous hâte de retrouver les chemins de Paris à Chartres, et la grande colonne. Nous avons hâte de venir nous agenouiller au pied de l'autel pour la messe et la bénédiction, en chemin pour les confessions nombreuses, ces retournements d'âme. Et ensuite de nous lever pour marcher, pèleriner, progresser. D'ici là, soyons, une fois encore, lutteurs de Dieu, pour Dieu, avec Dieu. Pour la tradition, la chrétienté et la mission !

Dieu sait ce qu'Il fait, ce qu'Il veut, ce qu'Il permet.
Je terminerai par une image, une belle image. C'est un pèlerin qui a attiré là-dessus mon attention, et je lui en sais gré ; la trompette et la croix ! 
Sur les hauteurs de Notre Dame de Paris, cathédrale consumée, 
sur les hauteurs de Notre Dame de Chartres, cathédrale encore confinée, 
il y a un ange. 
Celui de Paris embouche une trompette. Il sonne le départ et le réveil spirituel du pèlerin, de l'Eglise, de la France chrétienne, il appelle au combat et signale les victoires du règne du Christ. 
Celui de Chartres présente au pèlerin arrivé une croix. Il rappelle qu'elle est l'arme suprême, que si rien n'est sacrifié, rien n'est obtenu, que c'est par la croix qu'on est vainqueur avec le Christ.

Le pèlerinage a été 
tantôt joyeux et glorieux comme un coup de trompette, 
tantôt douloureux comme une croix. 
C'était peut-être le cas particulièrement cette année! 

Mais le serviteur n'est pas plus grand que le Maître.
Jehanne d'Arc, la sainte de la Patrie, a connu à très peu de distance la trompette de la victoire et de la gloire, et la croix de la prison, du jugement et du bûcher.
Alors... faut-il s'étonner que notre œuvre suive le Christ, entre dans la logique de Dieu, puisqu'il est tout entier au service de Dieu et des âmes, au service du règne du Christ? 
Faut-il s'étonner d'avoir à passer par la Passion et la croix pour arriver à la Résurrection, puisque le Christ Lui-même a régné par le bois de la croix? 
On n'entre bien en cette demeure de Dieu qu'en pèlerin, après un temps d'effort et de purification, de conversion. 
On n'entre bien dans la gloire divine qu'en passant par la croix. 
C'est aussi une mission des anges de nous souffler, à l'oreille comme au cœur ; 


« Si tu as été éprouvé, 
c'est parce que tu étais agréable à Dieu, 
c'est pour que tu sois plus encore agréable à Dieu ». 

Ami pèlerin, de tout cœur, je te bénis et te confie à la protection des bons anges! Avec nous, chante maintenant la Reine des anges, par ta voix et ta vie, en attendant que nous le fassions, tous réunis, s'il plait à Dieu, à la Pentecôte prochaine.

O Notre Dame, ranimez notre foi,
dans les épreuves, gardez-nous l'esperance,
Vierge Marie, donnez-nous charité!

Homélie du lundi de Pentecôte par Mgr Descourtieux

Pèlerinage de chrétienté
Messe de clôture
Lundi de Pentecôte
1er juin 2020


Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Chers pèlerins,

    qui avez parcouru invisiblement non seulement les 100 kilomètres qui séparent Paris de Chartres, mais aussi les 1472 kilomètres qui séparent Chartres de Rome, si du moins j’en crois les indications données par les instruments de calcul contemporains, soyez les bienvenus dans cette Basilique construite sur les lieux mêmes où Pierre, le prince des Apôtres, a rendu le témoignage suprême, le témoignage du sang, au terme de son propre pèlerinage, qui l’avait conduit d’une humble bourgade de Galilée jusqu’en la capitale de l’Empire romain.

    Cette année, l’épreuve principale a consisté non pas dans la marche sous le soleil ou sur les aspérités de la route et des chemins, mais dans le sacrifice qu’il a fallu faire de trois journées exaltantes, au cours desquelles on voit se rapprocher progressivement les flèches de Notre-Dame de Chartres, cette cathédrale qui, selon la belle formule de Charles Péguy, est « maîtresse de sagesse et de silence et d’ombre » (Prière de report). On ne choisit pas ses épreuves. C’est le Seigneur qui nous les envoie, en les proportionnant toujours à ce que nous sommes capables de porter avec Lui. 

    Nous voici donc réunis, non pas sous les célèbres verrières de la cathédrale ou près de Notre-Dame de Sous-Terre, mais, grâce à la bienveillance de Son Éminence le Cardinal Angelo Comastri, Archiprêtre de Saint-Pierre, devant l’autel de Sainte Pétronille, qui, au milieu du VIIIe siècle,  fut donnée comme patronne à la France par le Pape Étienne II au cours de son échange avec le roi Pépin le Bref, père de l’empereur Charlemagne. C’est ici même qu’est venu, en 1889, le premier pèlerinage ouvrier de France, sous la conduite du Cardinal Langénieux, Archevêque de Bordeaux, et c’est ici aussi qu’est célébrée tous les ans une messe pour la France, à la demande de l’Ambassade de France près le Saint-Siège.

    Mais il y a bien plus que des souvenirs purement français à évoquer ici, puisque le pèlerinage de chrétienté rassemble des pèlerins venus des quatre coins de la terre. Vous aviez, chers pèlerins, un thème de réflexion qui invite à dilater son regard bien au-delà du monde visible, puisque vous avez invoqué nos saints Anges gardiens, des anges qui sont présents sur ce très beau tableau que vous apercevez et qui montre, dans un raccourci saisissant, la mise au tombeau de sainte Pétronille, en même temps que son entrée au ciel, où elle est reçue par le Christ ressuscité dans sa gloire, qui lui montre ses mains martyrisées sur la Croix et ouvertes avec la plus grande générosité que l’on puisse imaginer.

    Sur terre, dix personnages sont représentés. Au ciel, neuf seulement, mais parmi eux, on distingue parfaitement sept anges, qui entourent Jésus et Pétronille. Leurs attitudes sont éloquentes : aucun d’eux ne nous regarde, mais tous ils travaillent pour nous : l’un s’apprête à couronner Pétronille, quatre autres soutiennent le Christ en gloire, à qui ils offrent le soutien de leur louange et de leurs services, tandis que les deux plus grands regardent le ciel, où ils voient le Père et l’Esprit Saint, qui demeurent totalement invisibles à nos yeux. Ce faisant, ils nous invitent nous aussi à dépasser le stade du visible et à nous souvenir que notre véritable habitation est dans les cieux, comme le dit saint Paul (Ph 3, 20).

    Notre Saint-Père le Pape habite à quelques centaines de mètres d’ici. Il prie pour vous et il vous bénit tous. Très souvent, il célèbre la messe votive des saints anges et, tous les ans, le 2 octobre, en la fête des saints anges gardiens, il commente un texte tiré du livre de l’Exode qui parlera tout particulièrement aux pèlerins que vous êtes. Le Pape, en effet, cite ce texte - « je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé » (Ex 23, 20), puis il rappelle que l’Église célèbre nos « compagnons de route, les protecteurs de notre chemin, les anges qui sont précisément avec nous, sur le chemin », parce que, ajoute-t-il, « c’est vrai, la vie est un chemin sur lequel se trouvent des pièges et des périls. Nous avons besoin d’une boussole, mais d’une boussole à dimension humaine. (…) L’ange gardien n’est pas seulement avec nous, mais il voit aussi le Père. Il est en relation avec Lui. Il est un pont, chaque jour, depuis l’heure où nous nous levons jusqu’à celle où nous nous couchons » (homélies du 2 octobre 2014 et du 2 octobre 2018).

    Sur la route où nous avons marché, au moins en pensée, nous rencontrons des anges et des témoins, et, au terme, nous voici devant les textes que nous ont laissés les tout premiers disciples du Christ, saint Luc, dans les Actes, et saint Jean, dans son évangile. Ces joyaux sont à la fois au terme de votre pèlerinage et au point de départ de la suite. Saint Luc, dans les Actes, nous montre saint Pierre en train d’annoncer le Christ ressuscité à un groupe de Juifs qui le découvre. L’Esprit Saint intervient directement d’une manière extraordinaire, et tous demandent le baptême, qui les fait entrer définitivement dans l’Église. C’est effectivement un terme et un point de départ, exactement comme dans un pèlerinage : terme d’une vie dans l’ignorance du vrai sens de l’existence et dans l’obscurité de l’ignorance - ces païens menaient une vie sans but véritable -, mais c’est aussi un magnifique point de départ vers une vie d’union intense au Père, par Son Fils et dans l’Esprit. Ce qui s’est joué sur les bords de la Méditerranée, à Césarée, chez un centurion romain païen, de la cohorte Italique, nommé Corneille, c’est le passage de l’Évangile à tout ce monde païen qui n’était pas l’héritier des promesses d’Israël. Chacun d’entre nous est l’héritier de ce passage.

    Avec saint Jean, dont Mgr Léonard nous disait l’année dernière qu’il avait résumé tout son Évangile dans cette phrase « Dieu a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3, 16), tout est dit, effectivement : au départ, un amour infini, celui de Dieu le Père pour le monde. Saint Jean insiste, dans sa première lettre : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est Lui qui nous a aimés » (1 Jn 4, 10). Au terme, l’amour infini encore, puisque la vie éternelle, c’est la contemplation sans fin de l’amour de Dieu qui a agi en nous, partout dans l’espace et toujours dans le temps, grâce à l’Esprit qui a « rempli l’univers » ainsi que nous l’avons chanté hier (cf. Sg 1, 7). Entre le principe et la fin, entre le point de départ et le point d’arrivée, l’amour encore nous soutient, mais là, nous sommes profondément impliqués. Le Seigneur nous demandera au cours du Jugement Dernier : comment m’as-tu aimé, comment as-tu aimé ton prochain ?

      Aujourd’hui, chers frères et sœurs, en pensant à Notre-Dame de Chartres, en priant pour toutes nos familles, pour nos amis, mais aussi pour nos ennemis, décidons d’être, en compagnie de nos anges gardiens, des pèlerins de l’amour qui acceptent de recevoir leur vie comme un don à rendre au Père de toutes les miséricordes (cf. 2 Co 1, 3). Confions-nous à Notre-Dame de la Route, qui fait tout ce chemin avec nous et demandons-lui de nous inspirer de ne jamais abandonner notre vocation chrétienne. Laissons-nous saisir par le Christ pour être offerts par Lui au Père, dans le feu de l’Esprit saint.
 
     Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. 

Mgr Descourtieux
Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Homilía para el lunes de Pentecostés

Peregrinación de cristiandad
Misa de clausura
Lunes de Pentecostés
1 de junio de 2020


En el nombre del Padre, del Hijo y del Espíritu Santo. Amén.

Queridos peregrinos,

    que habéis recorrido invisiblemente no sólo los 100 kilómetros que separan París de Chartres, sino también los 1.472 kilómetros que separan a Chartres de Roma, al menos según las indicaciones de los instrumentos informáticos contemporáneos, sed bienvenidos a esta Basílica construida sobre el lugar mismo donde Pedro, el Príncipe de los Apóstoles, dio el testimonio supremo, el testimonio de la sangre, al final de su propia peregrinación, que lo había llevado de una humilde aldea de Galilea a la capital del Imperio Romano.

    Este año la prueba principal no ha consistido en la marcha bajo el sol o la aspereza de la ruta y los caminos, sino en el sacrificio que ha sido necesario hacer de la ausencia de tres días emocionantes, durante los cuales vemos gradualmente la aguja de Nuestra Señora de Chartres, esta catedral que, según la hermosa fórmula de Charles Péguy, es "maestra de sabiduría de silencio y de sombra". No elegimos nuestras pruebas. Es el Señor quien nos las envía, siempre de acuerdo con lo que somos capaces de soportar con Él. 

    Así que aquí estamos, juntos, no bajo las famosas vidrieras de la catedral o cerca de Nuestra Señora de Bajo-Tierra, sino, gracias a la benevolencia de Su Eminencia el Cardenal Angelo Comastri, Arcipreste de San Pedro, frente al altar de Santa Petronila, quien, a mediados del siglo VIII, fue dada como patrona a Francia por el Papa Esteban II durante su alianza con el rey Pipino el Breve, padre del emperador Carlomagno. Fue aquí donde llegó la primera peregrinación obrera de Francia en 1889, bajo la dirección del cardenal Langénieux, arzobispo de Burdeos, y es aquí también donde se celebra cada año una Misa por Francia, a petición de la Embajada de Francia para la Santa Sede.

    Pero hay más que simples recuerdos puramente franceses que evocar aquí, ya que la peregrinación de cristiandad reúne a peregrinos venidos de los cuatro rincones de la tierra. Habéis tenido, queridos peregrinos, un tema de reflexión que nos invita a ampliar la mirada mucho más allá del mundo visible, ya que habéis invocado a nuestros Santos Ángeles guardianes, ángeles que están presentes en este hermoso cuadro que veis y que muestra, en un escorzo sobrecogedor, el entierro de Santa Petronila, al mismo tiempo que su entrada al cielo, donde es recibida por Cristo resucitado en Su gloria, que le muestra Sus manos martirizadas en la Cruz y abiertas con la mayor generosidad que podamos imaginar.

    En la tierra, se representan diez personajes. En el cielo, sólo nueve, pero entre ellos, se distinguen perfectamente siete ángeles, que rodean a Jesús y Petronila. Sus actitudes hablan por sí solas: ninguna de ellas nos mira, pero todas ellas nos dicen algo: una está a punto de coronar a Petronila, otras cuatro sostienen a Cristo en gloria, a quien ofrecen el sostén de sus alabanzas y servicios, mientras que las dos más grandes miran al cielo, donde ven al Padre y al Espíritu Santo, que permanecen totalmente invisibles a nuestra vista. Al hacerlo, también nos invitan a ir más allá del estado de lo visible y a recordar que nuestra verdadera morada está en los cielos, como dice San Pablo (Filip. 3:20).

    Nuestro Santo Padre el Papa vive a unos cientos de metros de aquí. Reza por vosotros y os bendice a todos. Muy a menudo, celebra la misa votiva de los santos ángeles y, cada año, el 2 de octubre, en la fiesta de los santos ángeles guardianes, comenta un texto del libro del Éxodo que hablará especialmente a vosotros peregrinos. El Papa, de hecho, cita este texto - "He aquí que Yo envío un Ángel delante de ti, para guardarte en el camino, y para conducirte al lugar que te tengo dispuesto" (Ex 23, 20) y luego recuerda que la Iglesia celebra a nuestros "compañeros de viaje, los  protectores de nuestro viaje, los ángeles que están precisamente con nosotros en el camino", porque, añade, "es cierto, la vida es un camino en el que hay trampas y peligros. Necesitamos     una brújula, pero una brújula con una dimensión humana. (...) El ángel de la guarda no sólo está con nosotros, sino que también ve al Padre. Se relaciona con Él. Es un puente todos los días desde la hora en que nos levantamos hasta el momento en que nos acostamos" (homilías del 2 de octubre de 2014 y del 2 de octubre de 2018).  

    En el camino por donde hemos caminado, al menos en el pensamiento, nos hemos encontramos con ángeles y testigos, y al final estamos aquí ante los textos que nos dejaron los primeros discípulos de Cristo, San Lucas, en los Hechos de los Apóstoles, y San Juan, en su Evangelio. Estas joyas son el término de vuestra peregrinación y el punto de partida de la continuación. San Lucas, en los Hechos de los Apóstoles, nos muestra a San Pedro anunciando a Cristo resucitado a un grupo de judíos que lo descubren. El Espíritu Santo interviene directamente de una manera extraordinaria, y todos piden el bautismo, que les hace entrar definitivamente en la Iglesia. Es, en efecto, un término y un punto de partida, como en una peregrinación: un término de una vida en el desconocimiento del verdadero significado de la existencia y en la oscuridad de la ignorancia -esos paganos llevaban una vida sin un verdadero propósito-, pero también es un magnífico punto de partida hacia una vida de intensa unión con el Padre, por Su Hijo y en el Espíritu. Lo que se jugó en las costas del Mediterráneo, en Cesarea, en casa de un centurión romano pagano, de la cohorte itálica, llamado Cornelio, es el paso del Evangelio a todo este mundo pagano que no era heredero de las promesas de Israel. Cada uno de nosotros es el heredero de este pasaje.

    Con San Juan, de quien Monseñor Leonard nos decía el año pasado que había resumido todo su Evangelio en esta frase "Porque así amó Dios al mundo: hasta dar su Hijo único, para que todo aquel que cree en Él no se pierda, sino que tenga vida eterna" (Jn 3, 16), todo está dicho, en efecto: en el principio, un amor infinito, el de Dios Padre hacia el mundo. San Juan insiste en su primera carta: «no en que nosotros hayamos amado a Dios, sino en que Él nos amó a nosotros» (1 Jn 4, 10). Al final, el amor infinito también, ya que la vida eterna es la contemplación sin fin del amor de Dios que ha actuado en nosotros, en todas partes en el espacio y continuamente en el tiempo, gracias al Espíritu que ha "llenado el universo" como cantamos ayer (cf. Sab 1, 7). Entre el principio y el fin, entre el punto de partida y el de llegada, el amor continúa sosteniéndonos, pero ahí estamos profundamente implicados. El Señor nos preguntará durante el Juicio Final: ¿cómo me amaste?, ¿cómo amaste a tu prójimo?  

    Hoy, queridos hermanos y hermanas, pensando en Nuestra Señora de Chartres, orando por todas nuestras familias, por nuestros amigos, pero también por nuestros enemigos, decidamos estar en compañía de nuestros ángeles guardianes, peregrinos del amor que aceptan recibir su vida como un don que ha ser entregado al Padre de todas las misericordias (cf. 2 Co 1, 3).  Confiémonos a Nuestra Señora del Buen Camino, que hace todo este viaje con nosotros, y pidámosle que nos inspire a nunca abandonar nuestra vocación cristiana. Dejémonos embargar por Cristo para ser ofrecidos por Él al Padre, en el fuego del Espíritu Santo.
 
    En el nombre del Padre, del Hijo y del Espíritu Santo. Amén.

Mgr Descourtieux
Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Omelia per lunedì di Pentecoste

Pellegrinaggio della Cristianità
Messa conclusiva
Lunedi di Pentecoste
1° giugno 2020


Nel nome del Padre, del Figlio e dello Spirito Santo. Amen.

Cari pellegrini,

    che avete percorso non solo i 100 chilometri che separano Parigi da Chartres, ma anche i 1472 chilometri che separano Chartres da Roma, secondo i moderni strumenti di calcolo, siate i benvenuti in questa Basilica costruita sul luogo stesso dove, Pietro, il principe degli Apostoli, ha reso la testimonianza suprema, la testimonianza del sangue, al termine del suo pellegrinaggio, che lo aveva condotto da un umile villaggio della Galilea fino alla capitale dell’Impero Romano.

    Quest’anno, la prova principale, non è consistita nella marcia sotto il sole o nell’affrontare le asperità del terreno e del cammino, ma nel sacrificio dovuto di tre giorni esaltanti, nel corso dei quali avremmo visto stagliarsi nel cielo sempre più vicine le guglie di Notre- Dame di Chartres, la cattedrale che, secondo la splendida formula di Charles Peguy, è « maestra di saggezza e di silenzio e d’ombra » (Prière de report). Non è possibile scegliere le proprie prove. È il Signore che ce le invia, sempre in proporzione a quello che siamo capaci di sostenere insieme a Lui. 

    Eccoci quindi riuniti, non sotto le celebri vetrate della cattedrale accanto a Notre-Dame de Sous-Terre, ma, grazie alla benevolenza di Sua Eminenza il Cardinale Angelo Comastri, Arciprete della Basilica di San Pietro, ai piedi dell’altare di Santa Petronilla, che a metà dell’ottavo secolo fu eletta come patrona della Francia da Papa Stefano II nel corso delle trattative con Pipino il Breve, padre dell’imperatore Carlo Magno. Qui, nel 1891, giunse il primo pellegrinaggio degli operai francesi, sotto la guida del Cardinale Langénieux, Arcivescovo di Bordeaux, ed è sempre qui che ogni anno viene celebrata una Santa Messa per la Francia, su richiesta dell’Ambasciata di Francia presso la Santa Sede.

    Ma qui c’è molto più che ricordi puramente francesi da evocare, perche il pellegrinaggio della cristianità riunisce pellegrini da quattro angoli della terra. Quest’anno, cari pellegrini, il tema su cui siete invitati a riflettere invita ad alzare o sguardo ben al di là del mondo visibile, perché avete invocato i santi Angeli custodi, angeli che sono qui rappresentati nel bel dipinto che vedete e che mostra, in uno scorcio sorprendente, allo stesso tempo la sepoltura di Santa Petronilla ed il suo ingresso in Cielo, dove è accolta da Cristo risorto nella sua gloria, e che le mostra le sue mani trafitte sulla Croce e distese con generosità infinita.

    Sulla terra sono rappresentati dieci personaggi. Nel cielo, solamente nove, ma tra questi sono perfettamente distinguibili sette angeli, che circondano Gesù e Petronilla. I loro atteggiamenti sono eloquenti : nessuno di loro ci rivolge lo sguardo, ma sono tutti all’opera per noi : uno si appresta ad incoronare Petronilla, altri quattro sostengono il Cristo nella gloria, al quale offrono il sostegno della loro lodo e del loro servizio, mentre i due più grandi guardano verso verso il cielo, dove vedono il Padre e lo Spirito Santo, che rimangono totalmente invisibili ai nostri occhi. Così facendo, ci invitano ad andare oltre a ciò che è visibile agli occhi, ricordandoci che la nostra vera patria è nei cieli, come dice san Paolo (Fil 3, 20).

    Il nostro Santo Padre il Papa abita a qualche centinaia di metri da qui. Prega per voi e vi benedici tutti. Molto spesso celebra la messa votiva dei santi angeli e, tutti gli anni, il 2 ottobre, nella festa degli angeli guardiani, commenta un passo del libro dell’Esodo che è si rivolge in modo particolare a voi pellegrini. Il Papa, infatti, cita il testo - « ecco, io mando un angelo davanti a te per custodirti sul cammino e per farti entrare nel luogo che ho preparato » (Ex 23, 20), poi ricorda che la Chiesa celebra i « nostri compagni di cammino, i nostri protettori nel cammino: gli angeli, che ci custodiscono e sono proprio con noi, nel cammino », perché, aggiunge, « è vero: la vita è un cammino, e dobbiamo essere aiutati a camminare bene, perché nel cammino ci sono insidie, ci sono pericoli. Abbiamo bisogno di una bussola: ma di una bussola umana, o una bussola che assomigli all’umano e che ci aiuti a guardare dove dobbiamo andare. (…) Il nostro angelo custode non solo è con noi, ma vede Dio Padre. È in rapporto con lui. È il ponte quotidiano, dall’ora che ci alziamo all’ora che andiamo a letto, che ci accompagna ed è in legame fra noi e Dio Padre » (omelie del 2 ottobre 2014 e del 2 ottobre 2018).

    Sul cammino che abbiamo percorso, almeno idealmente, abbiamo incontrato degli angeli e dei testimoni e, infine, ci troviamo di fronte ai testi che ci hanno lasciato i primi discepoli di Cristo, San Luca, negli Atti, e san Giovanni, nel suo vangelo. Questi gioielli sono sia alla fine del vostro pellegrinaggio, sia all’inizio del suo seguito. San Luca, negli Atti, ci mostra San Pietro che annuncia il Cristo risorto ad un gruppo di Giudei che lo scopre. Lo Spirito Santo interviene direttamente in una maniera straordinaria, e tutti domandano il battesimo, che li fa entrare definitivamente nella Chiesa. È davvero un termine e un punto di partenza, esattamente come in un pellegrinaggio : fine di una vita trascorsa nell’ignoranza del vero senso dell’esistenza - questi pagani conducevano una vita senza un vero obiettivo -, ma anche un magnifico punto di partenza verso una vita di unione piena con il Padre, per mezzo del Suo Figlio e nello Spirito Santo. Questo è ciò che è avvenuto sulle rive del Mediterraneo, a Cesarea, presso la casa di un centurione romano pagano, della coorte italica, chiamato Cornelio, è il passaggio del Vangelo a tutto il mondo pagano che non era l’erede delle promesse di Israele. Ciascuno di noi è l’erede di questo passaggio.

    Con San Giovanni, del quale Mgr Léonard ci ha detto l’anno passato che ha riassunto tutto il suo Vangelo in questa frase « Dio infatti ha tanto amato il mondo da dare il suo Figlio unigenito, perché chiunque crede in lui non muoia, ma abbia la vita eterna » (Gv 3, 16), tutto stato detto, effettivamente : all’inizio, un amore infinito, quello di Dio Padre per il mondo. San Giovanni insiste, nella sua prima lettera : « In questo sta l'amore: non siamo stati noi ad amare Dio, ma è lui che ha amato noi » (1 Gv 4, 10). Al termine, ancora l’amore infinito, poiché la vita eterna è la contemplazione senza fine dell’amore di Dio che ha operato in noi, ovunque nello spazio e sempre durante il tempo grazie allo Spirito che ha « riempito l’universo » come abbiamo cantato ieri (cf. Sap 1, 7). Tra il principio e la fine, tra il punto il partenza e il punto di arrivo, l’amore sempre ci sostiene, ma qui, siamo profondamente coinvolti. Il Signore ci domanderà nel Giudizio Universale : come mi hai amato, come hai amato il tuo prossimo ?

     Oggi, cari fratelli e sorelle, rivolti a Notre-Dame de Chartres, e pregando per tutte le nostre famiglie, per i nostri amici, ma anche per i nostri nemici, decidiamo di essere, in compagnia dei nostri angeli custodi, pellegrini della carità che accettano di ricevere la propria vita come un dono da rendere a Padre di tutte le misericordie (cf. 2 Co 1, 3). Affidiamoci alla Madonna della Strada, che ci accompagna lungo il cammino e domandiamole di ispirarci affinché mai abbiamo ad abbandonare la nostra vocazione cristiana. Lasciamoci afferrare dal Cristo per essere offerti per mezzo di Lui al Padre, nel fuoco dello Spirito Santo.
 
     Nel nome del Padre, del Figlio e dello Spirito Santo. Amen. 


Mgr Descourtieux
Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Homily for Pentecost Monday

Pilgrimage of Christianity
Final mass
Monday June 1st, 2020

In the name of the Father, and of the Son, and of the Holy Spirit. Amen. 

Dear pilgrims, 

who have invisibly travelled not only the 100 kilometres that separate Paris from Chartres, but also the 1,472 kilometres that separate Chartres from Rome, (according to my computer), welcome to this Basilica built on the very place where Peter, the prince of the Apostles, gave the supreme testimony, the testimony of the blood, at the end of his own pilgrimage, which had taken him from a humble village of Galilee to the capital of the Roman Empire. 

This year, the main test consisted not in walking under the sun or on the roughness of the road and paths, but in the sacrifice that had to be made of three exhilarating days, during which we see the spires of Notre-Dame de Chartres, getting gradually closer. Chartres: the cathedral which, according to Charles Péguy’s beautiful metphor, is "mistress of wisdom and of silence and shade" (Prayer of postponement). You don't choose your tests. It is the Lord who sends them to us, always proportioning them to what we are able to carry with Him. So here we are, not illuminated by the famous stained glass of the cathedral or near Notre-Dame de Sous-Terre, but, thanks to the benevolence of His Eminence Cardinal Angelo Comastri, Archpriest of Saint Peter’s, in front of the altar of Sainte Pétronille, who, in the middle of the 8th century, was given as patroness to France by Pope Stephen II during his exchange with King Pepin the Short, the father of the Emperor Charlemagne. It was here that the first workers' pilgrimage from France came in 1889, under the leadership of Cardinal Langénieux, Archbishop of Bordeaux, and it is here too that a Mass is celebrated every year for France, at the request of the French Embassy to the Holy See.

But there are many more than purely French memories to evoke here, since the pilgrimage of Christendom brings together pilgrims from all over the world. You had, dear pilgrims, a theme for reflection that invited you to expand your gaze far beyond the visible world, since you have invoked our holy Guardian Angels, angels who are present on this very beautiful table which you see and which shows, in a striking compression of time, the burial of Saint Petronilla, at the same time as her entry into heaven, where she is received by Christ risen in his glory, who shows her his hands martyred on the Cross and opened with the greatest generosity that you can imagine.

On earth, ten characters are represented. In heaven, only nine, but among them, there are perfectly distinguished seven angels, who surround Jesus and Petronilla. Their attitudes are eloquent: none of them looks at us, but all of them work for us: one is about to crown Petronilla, four others support Christ in glory, to whom they offer the support of their praise and their services, while the two older ones look at the sky, where they see the Father and the Holy Spirit, who remain totally invisible to our eyes. In doing so, they also invite us to go beyond the visible stage and to remember that our true home is in heaven, as Saint Paul says (Phil 3:20).

Our Holy Father the Pope lives a few hundred metres from here. He prays for you and he blesses you all. Very often he celebrates the votive mass of the holy angels and, every year, on October 2, on the feast of the holy guardian angels, he comments on a text taken from the book of Exodus which will speak particularly to you, as pilgrims. The Pope, in fact, quotes this text - "I will send an angel before you to keep you on the way and to send you to the place that I have prepared for you" (Ex 23:20), then he recalls that the Church celebrates our "fellow travelers, the protectors of our path, the angels who are precisely with us, on the path", because, he adds, "it's true, life is a path on which we find traps and perils for ourselves. We need a compass, but a human-sized compass. (…) Our guardian angel is not only with us, but he also sees the Father. He is related to Him. He is thus a bridge, every day, from the time we get up until the time we go to bed "(homilies of October 2, 2014 and October 2, 2018).

On the road we have walked, at least in thought, we have met angels and witnesses, and, at the end, we confront the texts that the very first disciples of Christ, Saint Luke, left us in Acts, and Saint John, in his Gospel. These jewels are both at the end of your pilgrimage and at the starting point of what follows. Saint Luke in the Acts shows us Saint Peter announcing the risen Christ to a group of Jews who learn to believe. The Holy Spirit intervenes directly in an extraordinary way, and all ask for baptism, which brings them definitively into the Church.

It is indeed both an end and a starting point, exactly as in a pilgrimage: the end of a life lived lacking the true meaning of existence and in the darkness of ignorance – those pagans led a life without true goal - but it is also a magnificent starting point towards a life of intense union with the Father, through His Son and in the Spirit. What happened on the shores of the Mediterranean, in Caesarea, with a pagan Roman centurion, of the Italian cohort, named Corneille, is the passing on of the Gospel to the whole of that pagan world that was not heir to the promises of Israel. Each of us is the heir to this gift. 

With Saint John, of whom Monsignor Leonard told us last year that he had summed up his whole Gospel in this sentence "God so loved the world that He gave him his only begotten Son, that whoever believes in him should not perish, but may he have eternal life ”(Jn 3:16), all is said, indeed: at the start, an infinite love, that of God the Father for the world. Saint John insists, in his first letter: "It was not we who loved God, it was He who loved us" (1 Jn 4:10). At the end, love still infinite, since eternal life is the endless contemplation of the love of God that worked in us, everywhere in space and always in time, thanks to the Spirit who "filled the universe" as we sang yesterday (cf. Sg 1, 7). Between the start and the end, between the point of departure and the point of arrival, love always sustains us, but here we are deeply involved. The Lord will ask us at the Last Judgment: how did you love me, how did you love your neighbour?

Today, dear brothers and sisters, thinking of Our Lady of Chartres, praying for all our families, for our friends, but also for our enemies, let us decide to be, in the company of our guardian angels, pilgrims of love who accept to receive their life as a gift to give to the Father of all mercies (cf. 2 Cor 1, 3). Let us entrust ourselves to Our Lady of the Road, who walks all the way with us and ask her to inspire us to never give up our Christian vocation. Let us be seized by Christ to be offered by Him to the Father, in the fire of the Holy Spirit.
 
 In the name of the Father, the Son and the Holy Spirit. Amen.
 

Mgr Descourtieux
Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Dimanche 31 mai 2020

Les anges et les béatitudes - Homélie du dimanche de Pentecôte

 

Chers amis,

Notre pèlerinage est cette année consacré aux saints anges. En ce dimanche de la Pentecôte, nous allons méditer comment les saints anges nous disposent à recevoir docilement la motion du Saint-Esprit qui nous fait vivre les béatitudes.

Selon une très ancienne tradition, qui remonte à Denys l’Aréopagite, interprétant la liste des chœurs angéliques donnée par saint Paul, les bons anges, ces purs esprits crées par Dieu avant le monde corporel, se répartissent en neuf chœurs. Ces chœurs sont groupés, trois par trois, en trois hiérarchies. À chacune des hiérarchies est assignée une fonction spécifique dans le gouvernement du monde et des hommes. La première hiérarchie purifie les hommes, la seconde les illumine, et la troisième les unit à Dieu.

On peut mettre en relation chacune de ces trois hiérarchies avec chacun des trois groupes de béatitudes. Les anges purificateurs de la première hiérarchie nous aident à vivre les trois premières béatitudes, celles de la fuite du péché : bienheureux les pauvres, les doux et les affligés. Les anges illuminateurs de la seconde hiérarchie nous guident dans la mise en œuvre des béatitudes de l’action : bienheureux les affamés de justice et les miséricordieux. Les anges de l’union à Dieu de la troisième hiérarchie nous soutiennent dans la pratique de la contemplation : bienheureux les cœurs purs et les pacifiques.

Les anges nous purifient en nous annonçant la joie de l’espri

La première expérience de l’homme par rapport au bonheur, c’est qu’il le désire et qu’il n’y parvient pas. Son cœur n’est jamais rassasié par les biens de ce monde. Le monde est trop petit pour nourrir sa soif de béatitude. L’âme humaine est une flamme fragile, vacillant entre deux abîmes infinis : le mystère de Dieu et l’énigme de son propre esprit. Dieu, « Celui qui est » (Ex 3, 14), habite, au sommet de la sainte montagne, le Buisson ardent qui brûle sans se consumer. L’homme scrute l’abîme profond de son âme unie au monde corporel, son âme navrée de désirs infinis… et il n’en trouve jamais le fond 

Les anges nous manifestent l’existence du monde spirituel à l’état pur. Ils nous rappellent que nous sommes des esprits comme eux, mais des esprits incarnés, que le péché a blessés et que le démon jalouse. Les bons anges, eux, sont des miroirs sans tâche de la Joie de Dieu. Leur lumière vient faire sur nos ténèbres une percée… vers le haut ! Ils nous purifient en nous détachant du royaume illusoire de notre Moi insatiable, et en nous annonçant la joie fondamentale : le Sauveur veut inscrire nos noms dans les Cieux, il veut écrire notre Nom d’éternité (cf. Ap 2, 17) dans le Foyer incandescent de Dieu !

Oui, les anges nous purifient, en effaçant de notre front les stigmates des péchés capitaux, comme l’a vu Dante dans les Chants du Purgatoire. À chaque palier de la montée purificatrice, un ange efface l’un des sept « P » que le poète porte sur son front et qui traduit les souillures de son âme, tout en chantant la béatitude opposée au vice qui est purifié ! (1)

La lumière angélique est celle d’esprits finis, elle filtre dans notre âme blessée. Elle nous intrigue, nous apprivoise au bien, et nous attire vers la Joie infinie de la Lumière éternelle. « Réjouissez-vous, vous pouvez quitter la mortelle et ennuyeuse trilogie de l’argent, de la violence et du sexe. Réjouissez-vous, les pauvres, les doux, les affligés ! Sous la conduite du Christ, vraie Lumière qui vient en ce monde (cf. Jn 1, 9), vous sortez du Royaume des ombres, vous avez déjà en vous le Royaume invisible, plus réel encore que la matière ».

Attention ! Les anges sont nos amis, nos aides, nos « diacres » (2). Mais ils le sont pour nous mener au Christ qui est leur Roi et notre unique Sauveur. C’est toujours autour du mystère du Christ que volent les anges purificateurs : à l’Annonciation faite à Marie et à celle faite à saint Joseph, aux bergers près de la Crèche de Bethléem, à l’annonce salvatrice de la fuite en Egypte.

 

Les anges illuminent les pas de notre marche vers cette joie

Non contents de nous aider à vivre les béatitudes de la fuite du péché, en nous révélant la joie pour laquelle nous sommes faits comme eux, les anges nous accompagnent dans notre marche vers cette joie, en nous aidant à pratiquer les béatitudes de l’action. Bienheureux les affamés de justice, bienheureux les miséricordieux ! Que font les anges ? Dans la Première Alliance, Jacob a vu en songe une mystérieuse échelle : « Voici, une échelle était posée sur la terre et son sommet touchait au ciel. Et […] sur elle des anges de Dieu montaient et descendaient, et en haut se tenait Yahweh » (Gn 28, 12). Jésus nous a révélé qu’il était lui-même cette échelle qui conduit à la béatitude du ciel : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu  montant et descendant sur le Fils de l’homme » (Jn 1, 51).

Où est-il pour nous, sur cette terre, ce Fils de l’Homme ? Jésus nous l’a enseigné : ce sont nos frères. « Tout ce que vous ferez à l’un de ces petits, c’est à moi que vous le ferez… » (Mt 25, 40. Quelle perspective prodigieuse : chaque fois que nous faisons à l’égard du prochain une œuvre bonne, spécialement par la justice et la miséricorde, c’est au Fils de l’homme notre Sauveur que nous la faisons ! Par le va et vient de la justice et de la miséricorde, nous sommes en pleine action surnaturelle dans la grâce, nous montons et descendons « sur le Fils de l’homme ».

Les anges illuminateurs de la deuxième hiérarchie nous font danser ce ballet de la vie chrétienne, à pas d’amour, avançant vers la Joie de Dieu, qui est appuyé au haut de l’échelle. Ils jettent sur notre prochain la lumière de la face du Christ, pour que nous le reconnaissions. Si nous « connaissons » les autres, si nous les voyons et si nous les servons comme des images du Christ, nous serons « connus » du Christ ! Pour nous aider à exercer la force de la justice, les anges nous servent comme ils ont servi Jésus après la tentation au désert. Pour nous aider à aller au bout de la miséricorde, ils nous consolent, comme ils ont consolé Jésus au jardin de l’agonie.

 

Les anges nous unissent à Dieu en nous faisant chanter cette joie.

Qu’est-ce que le Ciel ? C’est voir Dieu et être « un » avec lui dans le Christ qui a ouvert les portes de la louange. C’est être heureux que Dieu soit heureux et que nous nous tenions avec son Fils devant lui, chantant sa gloire et sa miséricorde. Dans l’adoration ici-bas, nous anticipons le Ciel. C’est en adorant que nous sommes au plus haut point, nous dit saint Thomas, à l’image lumineuse de Dieu (3).

Les anges de l’union à Dieu, ceux de la plus haute hiérarchie, nous le rappellent. Ils chantent pour nous les béatitudes de la contemplation : « Réjouissez-vous, les cœurs purs, et vous qui diffusez la paix… Non seulement vous verrez Dieu et vous serez appelés ses fils dans la gloire, mais déjà vous voyez Dieu et êtes vraiment ses fils dans la louange de la grâce ». Ce sont les anges qui nous invitent à chanter et nous répondons à leur invitation (cf. Ap 5, 11-13). « L’être de l’homme, transcendé par un ordre de nature plus élevé, celui des anges, ne s’éveille à sa propre louange qu’à travers la louange du monde des esprits ». (4)

Les anges nous associent au chant du Sanctus, ou Trisaghion : « Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant, qui était, qui est et qui vient ! » (Ap 4, 8) et ils nous enseignent à chanter devant le trône de Dieu le Cantique nouveau (cf. Ap 14, 3). C’est spécialement dans la liturgie de la Messe que nous sommes portés par le chant des anges. « Nous qui mystiquement représentons les Chérubins et qui, en l’honneur de la vivifiante Trinité, chantons l’hymne trois fois sainte, déposons toute sollicitude de ce monde afin de recevoir dignement le Roi de l’univers qui vient invisiblement escorté des armées angéliques »(5)

Le rôle des anges est important dans la contemplation du mystère trinitaire, dans la prière qui nous unit au Christ par le mystère rédempteur, et aussi dans l’attente et l’espérance consolante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle. Les anges étaient présents lors de la résurrection du Christ, ils l’entouraient lors de son Ascension, ils seront présents à la Parousie autour du Christ victorieux pour inaugurer le Royaume.

 

Conclusion

Dans un tableau fameux, Fra Angelico a représenté une gracieuse « ronde des élus ». Ce qui est frappant, c’est que les anges et les hommes y alternent fraternellement. La ronde se dirige vers une mystérieuse porte de lumière, qui symbolise le Paradis. Les esprits purs nous entraînent, nous les esprits unis au monde matériel. Certes, ils sont d’une nature supérieure à la nôtre, mais c’est dans notre nature que le Verbe s’est incarné.

Sous le regard de sa Mère, l’Immaculée, c’est pour lui que les anges nous purifient, c’est vers lui qu’ils nous guident, c’est à lui qu’ils nous unissent. Les Incorporels considèrent comme un honneur de nous servir comme les frères de leur Roi. Il y a de quoi être confondu de reconnaissance et d’amour pour ces êtres de lumière… et pour Dieu qui nous les a donnés comme ministres de notre salut.

 

Fr. Louis-Marie de Blignières

Prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier

 

(1) Cf. Dante Alighieri, La Divine Comédie, Le Purgatoire, chant 9, verset 112 ; chant 12, verset 121 ; chant 22, versets 1-3 ; chant 27, verset 8.

(2)  Dans l’art chrétien, on représente parfois les anges portant l’étole diaconale.

(3) Cf. Somme de théologie, I, q. 93, a. 8.

(4) Erik Peterson, Le livre des anges, Ad Solem, XXX.

(5) Procession des Offrandes de la Sainte et Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome.

Homilía del domingo de Pentecostés

Chemeré-le-Roi (grabado para la peregrinación virtual NDC)

Los ángeles y las Bienaventuranzas

    Queridos amigos,
    Nuestra peregrinación está este año dedicada a los Santos Ángeles. En este domingo de Pentecostés, meditaremos sobre cómo los santos ángeles nos disponen a recibir con docilidad el empuje del Espíritu Santo que nos hace vivir las bienaventuranzas.
Según una tradición muy antigua, que se remonta a Dionisio el Areopagita, interpretando la lista de coros angelicales dada por San Pablo, los ángeles buenos, esos espíritus puros creados por Dios antes del mundo corpóreo, se distribuyen en nueve coros. Estos coros se agrupan, de tres en tres, en tres jerarquías.  A cada una de las jerarquías se le asigna una función específica en el gobierno del mundo y de los hombres. La primera jerarquía purifica a los hombres, la segunda los ilumina y la tercera los une a Dios.
Cada una de estas tres jerarquías se puede vincular a cada uno de los tres grupos de bienaventuranzas. Los ángeles purificadores de la primera jerarquía nos ayudan a vivir las tres primeras bienaventuranzas, las de la huida del pecado: bienaventurados los pobres, los mansos y los afligidos. Los ángeles iluminadores de la segunda jerarquía nos guían en la puesta en práctica de las bienaventuranzas de acción: bienaventurados los hambrientos de justicia y los misericordiosos. Los ángeles de la unión con Dios de la tercera jerarquía nos sostienen en la práctica de la contemplación: bienaventurados los corazones puros y los pacíficos.

I.    Los ángeles nos purifican anunciándonos el gozo del espíritu
La primera experiencia del hombre con relación a la felicidad es que la desea, pero no la logra. Su corazón nunca está satisfecho con los bienes de este mundo. El mundo es demasiado pequeño para calmar su sed de bienaventuranza. El alma humana es una llama frágil, debatiéndose entre dos abismos infinitos: el misterio de Dios y el enigma de su propio espíritu. Dios, "El que es" (Ex 3,14), habita en la cima de la montaña santa, la Zarza que arde sin consumirse. El hombre escruta el profundo abismo de su alma unida al mundo corporal, su alma gimiente de deseos infinitos...… ¡y nunca encuentra el fondo!
Los ángeles nos manifiestan la existencia del mundo espiritual en su estado puro. Nos recuerdan que somos espíritus como ellos, pero espíritus encarnados, que el pecado ha herido y que el demonio envidia. Los ángeles buenos, por otro lado, son espejos sin mancha del Gozo de Dios. Su luz viene a perforar nuestra oscuridad… ¡hacia lo alto! Nos purifican y nos desapegan del reino ilusorio de nuestro Yo insaciable, y lo hacen anunciándonos el gozo fundamental: ¡El Salvador quiere inscribir nuestros nombres en el Cielo, quiere escribir nuestro Nombre de eternidad (cf. Ap. 2, 17) en el Hogar incandescente de Dios!
Sí, los ángeles nos purifican, borrando de nuestras frentes los estigmas de los pecados capitales, como Dante vio en los Cantos del Purgatorio. En cada grada del ascenso purificador, un ángel borra una de las siete "P" que el poeta lleva en su frente y que representan las manchas de su alma, ¡mientras canta la bienaventuranza opuesta al vicio purificado!  
La luz angelical es la de los espíritus finitos que se filtra en nuestra alma herida. Nos hace pensar, nos inclina al bien, y nos atrae al gozo infinito de la Luz eterna. "Regocijaos, podéis dejar la mortífera y fastidiosa trilogía de dinero, violencia y sexo. ¡Regocijaos, pobres, mansos y afligidos! Bajo la guía de Cristo, verdadera Luz que viene a este mundo (cf. Jn 1, 9) salís del Reino de las tinieblas, tenéis ya en vosotros el Reino Invisible, más real aún que la materia."  
¡Atención! Los ángeles son nuestros amigos, nuestros ayudantes, nuestros "diáconos" . Pero lo son para llevarnos a Cristo, que es su Rey y nuestro único Salvador. Los ángeles purificadores vuelan siempre en torno al misterio de Cristo: en la Anunciación hecha a María y en aquella que se hace a San José o a los pastores cerca del Pesebre de Belén y en el anuncio salvífico de la huida a Egipto.

II.    Los ángeles iluminan los pasos de nuestra marcha hacia este gozo
No contentos con ayudarnos a vivir las bienaventuranzas de la huida del pecado, al revelarnos el gozo por el que estamos hechos como ellos, los ángeles nos acompañan en nuestro camino hacia este gozo, ayudándonos a practicar las bienaventuranzas de acción. ¡Bienaventurados los hambrientos de justicia, bienaventurados los misericordiosos! ¿Qué hacen los ángeles?  En la Primera Alianza, Jacob vio en un sueño una misteriosa escalera: "he aquí una escalera que se
apoyaba en la tierra, y cuya cima tocaba en el cielo; los ángeles de
Dios subían y bajaban por ella. Y sobre ella estaba Yahvé" (Gn 28,12). Jesús nos reveló que era Él mismo la escalera que conduce a la dicha del cielo: "En
verdad, en verdad os digo: Veréis el cielo abierto y a los ángeles de
Dios que suben y descienden sobre el Hijo del hombre" (Jn 1, 51).
¿Dónde está este Hijo del Hombre para nosotros en esta tierra? Jesús nos lo ha enseñado: son nuestros hermanos. "en cuanto lo hicisteis a uno solo, el más pequeño de estos mis hermanos, a Mí lo hicisteis...…" (Mt 25, 40. ¡Qué perspectiva tan prodigiosa cada vez que hacemos una buena obra a nuestro prójimo, especialmente por justicia y misericordia, es al Hijo del Hombre, nuestro Salvador al que se lo hacemos!  Por el ir y venir de la justicia y la misericordia, estamos en medio de la acción sobrenatural de la gracia, subimos y bajamos "sobre el Hijo del hombre."

Los ángeles iluminadores de la segunda jerarquía nos hacen bailar este ballet de la vida cristiana, al paso del amor, avanzando hacia el Gozo de Dios, que se apoya en lo alto de la escalera. Arrojan sobre nuestro prójimo la luz del rostro de Cristo, para que le reconozcamos. Si "conocemos" a los otros, si les vemos y les servimos como imágenes de Cristo, ¡nosotros seremos "conocidos" por Cristo! Para ayudarnos a ejercer la fuerza de la justicia, los ángeles nos sirven como sirvieron a Jesús después de la tentación en el desierto. Para ayudarnos a llegar hasta el fin en la misericordia, nos consuelan, como consolaron a Jesús en el jardín de la agonía.

III.    Los ángeles nos unen con Dios haciéndonos cantar este gozo.
¿Qué es el Cielo? Es ver a Dios y ser "uno" con Él en Cristo que ha abierto las puertas de la alabanza. Es gozarse de que Dios sea feliz y de estar con Su Hijo delante de Él, cantando su gloria y misericordia. En la adoración aquí en la tierra, anticipamos el Cielo. Es al adorar cuando estamos en el punto más álgido, dice Santo Tomás, en la imagen luminosa de Dios  .
Los ángeles de la unión con Dios, los de la más alta jerarquía, nos lo recuerdan.  Cantan para nosotros la dicha de la contemplación: "Regocijaos, vosotros los corazones puros, y vosotros que extendéis la paz...… No sólo veréis a Dios y seréis llamados sus hijos en la gloria, sino que ya veis a Dios y sois verdaderamente sus hijos en la alabanza de la gracia." Son los ángeles los que nos invitan a cantar y respondemos a su invitación (cf. Ap 5, 11-13). "El ser del hombre, trascendido por un orden de naturaleza superior, el de los ángeles, despierta a su propia alabanza sólo a través de la alabanza del mundo de los espíritus."   .
Los ángeles se asocian con nosotros en el canto del Sanctus, o Trisagio: "Santo, santo, santo el Señor Dios, el Todopoderoso, el que era, y que es, y que viene " (Ap 4, 8) y nos enseñan a cantar ante el trono de Dios el Cántico Nuevo (cf. Ap 14, 3). Es especialmente en la liturgia de la Misa donde somos llevados por el canto de los ángeles. "Nosotros, que representamos místicamente a los querubínes y que, en honor a la Trinidad vivificante, cantamos el himno tres veces santo, dejamos toda solicitud de este mundo para recibir con dignidad al Rey del universo que viene invisiblemente escoltado por los ejércitos angélicos."   .
El papel de los ángeles es importante en la contemplación del misterio trinitario, en la oración que nos une a Cristo por el misterio redentor, y también en la espera y la esperanza consoladora de los cielos nuevos y la tierra nueva. Los ángeles estuvieron presentes en la resurrección de Cristo, lo rodearon durante su Ascensión, estarán presentes en la Parusía alrededor del Cristo victorioso para inaugurar el Reino.

Conclusión
En un famoso cuadro, Fra Angélico representó un elegante "corro de los elegidos". Lo que llama la atención es que los ángeles y los hombres alternen fraternamente. El corro se dirige hacia una misteriosa puerta de luz, que simboliza el Paraíso. Los espíritus puros nos guían, a nosotros los espíritus unidos al mundo material. Por supuesto, son de una naturaleza más alta que la nuestra, pero es en nuestra naturaleza en la que el Verbo se encarnó.
Bajo la mirada de su Madre, la Inmaculada, es para Él para quien los ángeles nos purifican, es a Él a quien nos guían, es a Él a quien nos unen. Los Incorpóreos consideran un honor servirnos como hermanos de su Rey. Es suficiente para llenarnos de gratitud y amor hacia estos seres de luz... y hacia Dios que nos los ha dado como ministros de nuestra salvación.

FRAY LOUIS-MARIE DE BLIGNIERES
PRIOR DE LA FRATERNIDAD DE SAN VICENTE FERRER

Pentecost Sunday homily

Angels and the Beatitudes 

Dear friends, 

Our pilgrimage is this year dedicated to the holy angels. On this Pentecost Sunday, we are going to meditate on how the holy angels prepare us to obediently receive the movement of the Holy Spirit who makes us live the beatitudes. According to a very ancient tradition, which goes back to Dionysius the Areopagite, interpreting the list of angelic choirs given by Saint Paul, the good angels, these pure spirits created by God before the corporeal world, are divided into nine choirs. These choirs are grouped, three by three, in three hierarchies. Each hierarchy is assigned a specific function in the government of the world and of men. 

The first hierarchy purifies men, the second enlightens them, and the third unites them to God. We can relate each of these three hierarchies to each of the three groups of beatitudes. The purifying angels of the first hierarchy help us to live the first three beatitudes, which concern the flight from sin: blessed are the poor, the meek and the afflicted. The illuminating angels of the second hierarchy guide us in the implementation of the beatitudes of action: blessed are those who are hungry for justice, and the merciful. The angels of union with God in the third hierarchy support us in the practice of contemplation: blessed are pure and peaceful hearts.

I. The angels purify us by announcing to us the joy of the spirit
Man’s first experience of happiness is that he wants it and he can’t achieve it. His heart is never satisfied with the goods of this world. The world is too small to feed its thirst for bliss. The human soul is a fragile flame, flickering between two infinite abysses: the mystery of God and the enigma of its own spirit. God, "He who is" (Ex 3:14), dwells, at the top of the holy mountain, the Burning Bush which burns without being consumed. Man scrutinizes the deep abyss of his soul united to the bodily world, his soul sorry for infinite desires ... and he never finds the bottom of it!

The angels show us the existence of the pure spiritual world. They remind us that we are spirits like them, but embodied spirits, whom sin has hurt ,and of whom the Devil is envious. The good angels, on the other hand, are spotless mirrors of the Joy of God. Their light comes to breakthrough our darkness… upwards! They purify us by detaching us from the illusory kingdom of our insatiable Self, and by announcing to us the fundamental joy: the Saviour wants to inscribe our names in Heaven, he wants to write our eternal name (cf. Rev 2:17) in the glowing hearth of God!

Yes, the angels purify us, by erasing from our forehead the stigma of deadly sins, as Dante saw in the Songs of Purgatory. At each step on the ladder of purification, an angel erases one of the seven "Ps" that the poet wears on his forehead and which signify the defilements of his soul, while singing the beatitude opposite to the vice which is purified!

The angelic light is that of finite spirits, it filters into our injured soul. It intrigues us, tames us to the good, and attracts us to the infinite Joy of eternal Light. "Rejoice, you can leave the deadly and boring trilogy of money, violence and sex. Rejoice, you poor, you meek, you who are afflicted! Under the guidance of Christ, the true Light who comes into this world (cf. Jn 1: 9), you come out of the Kingdom of shadows, you already have within you the invisible Kingdom, yet more real than matter ”.

But be careful! The angels are our friends, our helpers, our "deacons". But they are to lead us to Christ who is their King and our only Saviour. It is always around the mystery of Christ that the purifying angels fly: at the Annunciation made to Mary and that made to Saint Joseph, to the shepherds near the Nativity in Bethlehem, to the saving announcement of the flight to Egypt.

II. The angels light up the steps of our walk towards this joy
Not content with helping us to live the beatitudes of the flight from sin, by revealing to us the joy for which we are made like them, the angels accompany us in our walk towards this joy, by helping us to practice the beatitudes of action. Blessed are those who are hungry for justice, blessed are the merciful! What do angels do? In the Old Covenant, Jacob saw, in a dream, a mysterious ladder: "Behold, a ladder was placed on the earth and its top touched the sky. And […] upon it, angels of God went up and down, and above stood Yahweh ”(Gen 28:12). Jesus revealed to us that he himself is that ladder that leads to the bliss of heaven: "Truly, truly, I say to you, you will see the sky open, and the angels of God ascending and descending on the Son of man ”(Jn 1, 51).

Where is this Son of Man for us on this earth? Jesus taught us that He is in our brothers. "Whatever you do to one of these little ones, you will do it to me ..." (Mt 25, 40. What a wonderful perspective: each time we do a good work for someone else, especially a work of  justice or mercy, it is to the Son of man, our Saviour that we do it! In the comings and goings of justice and mercy, we are acting in grace, fully supernatural: we go up and descend "upon the Son of man".

The illuminating angels of the second hierarchy make us dance this ballet of Christian life, with steps of love, advancing towards the Joy of God, which is at the top of the ladder. They project the light of Christ's face on our neighbor, so that we may recognize him. If we "know" others, if we see them and if we serve them as images of Christ, we will be "known" to Christ! To help us to exercise the full strength of justice, the angels serve us as they served Jesus after the temptation in the desert. To help us to reach the end of mercy, they console us, as they comforted Jesus in the garden of agony.

III. Angels unite us to God by making us sing this joy.
What is Heaven? It is seeing God and being "one" with him in Christ who opened the doors of praise. It is to be happy that God is happy and that we stand with his Son before him, singing his glory and his mercy. In worship here, we anticipate Heaven. It is by worshiping that we are at the highest point, says Saint Thomas, in the bright image of God.

The angels of union with God, those of the highest hierarchy, remind us of this. They sing for us the beatitudes of contemplation: "Rejoice, pure hearts, and you who spread peace ... Not only will you see God and you will be called his sons in glory, but already you will see God and are truly his son in praise of grace.” It is the angels who invite us to sing and we respond to their invitation (cf. Rev 5: 11-13). "The being of man, transcended by a higher order of nature, that of the angels, awakens to his own praise only through the praise of the spirit world".

The angels associate us with the song of the Sanctus, or Trisagion: "Holy, holy, holy is the Lord, the Almighty God, who was, who is and who comes!" (Rev 4: 8) and they teach us to sing a New Song before the throne of God (cf. Rev 14: 3). It is especially in the liturgy of the Mass that we are carried by the song of the angels. "We who mystically represent the Cherubim and who, in honour of the invigorating Trinity, sing the three times holy hymn, deposit all the solicitude of this world in order to receive with dignity the King of the universe who comes invisibly escorted by the angelic armies."

The role of the angels is important in the contemplation of the Trinitarian mystery, in the prayer which unites us to Christ through the redemptive mystery, and also in the comforting hope and expectation of the new heaven and the new earth. The angels were present during the resurrection of Christ, they surrounded him during his Ascension, they will be present in the Parousia around the victorious Christ to inaugurate the Kingdom.

Conclusion
In a famous painting, Fra Angelico represented a graceful "round of the elect". What is striking is that the angels and the men alternate fraternally. The round goes towards a mysterious door of light, which symbolizes Paradise. Pure spirits lead us, we who are spirits united to the material world. Certainly, they are of a superior nature to ours, but it is in our nature that the Word was incarnated.

Under the gaze of his Mother, the Immaculate, it is for him that the angels purify us, it is to him that they guide us, it is to him that they unite us. These pure spirits consider it an honour to serve us as the brothers of their King. There is reason to be overcome with gratitude and love for these beings of light... and for God who gave them to us as ministers of our salvation.

FR. LOUIS-MARIE DE BLIGNIERES
PRIOR OF THE SAINT-VINCENT-FERRIER FRATERNITY

samedi 30 mai 2020

Revue de presse du 38e pèlerinage de Pentecôte: