Pèlerinage de Pentecôte
de Paris à Chartres

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vendredi 22 mars 2019

Appel de Chartres n°229: Contre la dictature du bruit

Mon Dieu, que de bruit !

Chaque jour nous apporte sa dose d’informations, à une vitesse de plus en plus vertigineuse, sur les sujets les plus variés. Près d’un Terrien sur deux (3,4 milliards de personnes) utilise un réseau social chaque jour. Nous disposons aussi de chaînes de télévision en continu, lesquelles doivent, hélas, remplir des heures et des heures d’antenne. Et, pour ce faire, elles sont prêtes à tout raconter, tout montrer, tout commenter. Sans laisser à quiconque le temps de réfléchir, puisque chaque info nouvelle chasse l’info précédente.

Tout ce bruit, est-ce vraiment de l’information ? Ne faut-il pas plutôt parler d’approximation, d’exagération, de désinformation, de manipulation, etc. Nous voilà dans le monde des « fake news »,  du complotisme et de l’anti-complotisme. Le gouvernement français veut même légiférer contre ces fake news. Chose assez cocasse quand on sait d’où vient le plus de surenchère dans les ‘coups de com’.

Qui ose encore parler de vérité ou même, tout bonnement, de faits. Charles Péguy nous a prévenus : « Il faut toujours dire ce que l'on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l'on voit » (Notre jeunesse, 1910).

Ne pas voir ce qu’ils voient, c’est le mal des politiques, des journalistes, des célébrités, de tous ces bavards. Parce que les faits, qu’ils voient pourtant, ne collent pas avec leur « politiquement correct ». Alors, ils préfèrent ignorer les faits, les tronquer ou les truquer. Le refus de regarder en face l’islamisme, un exemple parmi tant d’autres, en est une illustration flagrante. Et ils osent dénoncer les fake news…

Plus grave, ce déluge de news plus ou moins trafiquées remplit le vide existentiel de nombre de nos contemporains. L’homme ne contemple plus Dieu, alors il se réfugie dans le bruit.

Écoutons les mots forts du cardinal Sarah :  « L’homme post-moderne ne comprend plus l’éternité divine et mystérieuse (.. .). Il s’est accoutumé à un bruit de fond constant qui l’étourdit et lui apporte un réconfort » (La Force du Silence, contre la dictature du bruit). En réalité, le réconfort est de courte durée, car l’information continue est anxiogène. L’homme n’a plus le temps de digérer tout ce qu’il entend : c’est trop rapide, trop confus, trop compliqué.

En ce temps de Carême, nous Catholiques avons une immense chance : retrouver le silence, la force du silence, pouvoir contempler, méditer, prier. Et nous abstraire de ce bruit, de tout ce déluge. Un bruit pas si innocent, disons-le clairement : chaque fois que possible, c’est criant en ce moment, il s’agit de tenter de salir l’Église catholique. Bonne nouvelle : si on nous attaque, c’est que nous sommes porteurs de Vérité.

Stat Crux, dum volvitur orbis est la devise des Chartreux, qui savent mieux que quiconque la force du silence : la Croix demeure tandis que le monde tourne. Il tourne de plus en plus vite, de plus en plus fou, il donne le tournis : la Croix, elle, demeurera toujours.

Hervé Rolland
Délégué Général NDC

jeudi 21 mars 2019

La charité : un effort de Carême

 « Eux aussi ont droit de recevoir la Bonne Nouvelle, pour en vivre, et savoir vivre loin de la fange de la ville, loin de la facilité des petits ou gros trafics … Mais plus près de Dieu, au cœur de Sa Création. La première œuvre du Missionnaire est là ; remettre le Bon Dieu sur son trône et les hommes à leur place.

Nous connaissons les conséquences de la privation de Dieu. Le relativisme, le matérialisme et l’individualisme sont les fruits empoisonnés de notre brousse gabonaise, beaucoup d’indifférence au Dieu d’Amour, beaucoup d’attention à̀ tous les démiurges d’un paganisme encore très présent dans les mentalités, la culture et la coutume. L’explication est simple : le Bon Dieu ne fait peur à̀ personne … Les autres entités font peur. Ce sont donc elles qui guident nos enfants depuis trop longtemps !

De belles âmes, de belles manifestations de générosité, de belles évolutions chez ces fidèles en attente de Dieu, autant de signes d’Espérance sur lesquels appuyer la création d’oasis, ilots de chrétienté, autant de rochers sur lesquels le Seigneur pourra reposer sa tête. Processionner, c’est christianiser.

L’adoration du Saint-Sacrement sera instituée dès que j’aurai la possibilité de conserver la présence réelle. Tel l’antique serpent d’airain, Il sera source de Salut pour tous ceux qui se tourneront vers Lui »

Chanoine Marc Téqui

Ils ont besoin de vous pour réparer leur église dont le clocher menace de tomber, développer les plantations nécessaires à la capacité de donner du travail à chacun et donc le goût de l’effort, réaliser un atelier de mécanique pour réparer les moyens de locomotion indispensables dans la région ainsi qu’un atelier de menuiserie pour le chantier des bâtiments de la mission. Ils vivent avec très peu et ont de grands projets, aidez-les !

Pour soutenir la mission Meteck-Mavi de l’Institut du Christ Roi au Gabon,  il suffit de cliquer ici www.don.jma.icrsp.org

mardi 19 mars 2019

Bonne fête de la Saint Joseph !

Dans l’Eglise latine, saint Joseph est mentionné dans les plus anciens martyrologues au IVième et Vième siècles. Mais c’est Saint Bernard, au XIIième siècle qui parle de Saint Joseph et développe la théologie mariale selon laquelle nul après la Vierge n’a plus approché le Christ, source de la grâce, que Joseph, donc que nul n’a plus participé que Joseph à la grâce du Christ. On en déduit que saint Joseph est un saint incomparable.

Parti de l’université de Paris, le mouvement en faveur du culte de Saint Joseph ne va plus se ralentir. Saint Albert le Grand, les Franciscains, les Dominicains le répandent par leur prédication en tous lieux et tous pays.  Le Bienheureux Jean Dun Scot, à propos du mariage de la Sainte Vierge et de Saint Joseph montre très justement que tout ce qui concerne le chaste époux de la Vierge Marie dans le décret de prédestination (il s’agit de la théologie de l’Immaculée Conception) a été fait en vue de Marie.  Saint Bonaventure et saint Bernardin de Sienne reviennent souvent sur le sujet de Saint Joseph. Le sermon de Bernardin de Sienne marque une étape dans la maturité de la dévotion à saint Joseph. 
Chancelier de l’Université de Paris, Gerson (1363-1429) deviendra le promoteur des fêtes de Saint Joseph. Il écrivit le 17 Aout 1413 une lettre à toutes les églises pour proposer les fêtes de Saint Joseph, une exposition en trois leçons sur l’Evangile " exurgens autem Joseph" et une messe propre dont il composa lui-même les morceaux liturgiques ; il obtient progressivement l’établissement en France de fêtes de Saint Joseph.

C’est surtout au Concile de Constance qu’il supplia avec succès les pères d’établir et de diffuser un culte public de Saint Joseph. En 1481, le pape Sixte IV étendit le culte de saint Joseph de France à l’Eglise Universelle.

Par la suite, les guerres de religion freinent cette expansion et il faudra attendre le XVIIième siècle, grand siècle de saint Joseph en France pour que s’établissent les fêtes et le culte de Saint Joseph tel que nous le connaissons. Le cardinal de Bérulle, Monsieur Ollier, saint Jean-Eudes consacrent à saint Joseph de très belles pages. De nombreuses fondations et institutions, congrégations et confréries se placent sous sa protection.

Chez les carmélites, madame Acarie rend plus populaire encore le culte de saint Joseph que leur fondatrice, Thérèse d’Avila, avait inculqué à ses filles. De son côté, Saint François de Sales compose ses "entretiens sur saint Joseph" et parle de lui aux filles de la Visitation. Le 19 Mars 1657, en présence du cardinal Barberini et de vingt-deux évêques, réunis à l’occasion de l’Assemblée du Clergé de France, Bossuet célèbre les gloires de Saint Joseph. Le sermon marquera tant qu’il fut répété deux ans plus tard à la cour. Et le 7 juin 1660, Saint Joseph apparaît à Cotignac, apparition reconnue par les autorités religieuses. 

Très suivi par les artisans (il était charpentier) puis par les ouvriers - Saint Joseph voit son culte prendre de l’ampleur dès le XVIième siècle : en 1621, le pape Grégoire XV éleva la fête du de Saint Joseph le 19 mars au rang de fête d’obligation ;  en 1642 le pape Urbain VIII confirma à son tour le rang de cette fête ; en 1661, après l’apparition et le miracle de la source de Cotignac, Mgr Joseph Ondedei, évêque de Fréjus, reconnaît officiellement les apparitions de saint Joseph et en approuve le culte ; cette même année 1661 le roi Louis XIV consacre la France à saint Joseph, chef de la Sainte Famille à la suite des apparitions de Cotignac.  

Le 8 décembre 1870 le pape Pie IX déclara officiellement Saint Joseph Patron de l’Eglise universelle, et fit du 19 mars une fête solennelle ; en 1889, le pape Léon XIII démontra comment Saint Joseph est le modèle des pères de famille et des travailleurs, et lui décerna officiellement le titre de « saint patron des pères de famille et des travailleurs », titre que la piété populaire lui avait déjà décerné depuis des siècles ; en 1955 le pape Pie XII reprit bien volontiers le principe de la fête du travail en instituant la solennité de Saint Joseph artisan et en la fixant au 1er mai de chaque année ; Saint Joseph est ainsi l’un des saints que l’on fête deux fois dans l’année (19 mars et 1er mai) ;  le pape Jean XXIII a ajouté son nom au canon de la Messe.

CITATIONS 

Saint Bernard de Clairvaux, au XIIème siècle, découvrait avec justesse la grandeur de saint Joseph : « Celui que de nombreux rois et prophètes ont désiré voir et n’ont pas vu, qu’ils ont désiré écouter et qu’ils n’ont pas entendu, il fut donné à Joseph, non seulement de le voir et de l’entendre, mais encore de le porter, de guider ses pas, de le prendre dans ses bras, de le couvrir de baisers, de lui donner à manger et de veiller sur lui ». 

Sainte Thérèse d’Avila, au XVIème siècle, avait choisi saint Joseph pour patron de son ordre : « Je choisis le glorieux saint Joseph pour mon patron et me recommande à lui en toutes choses. Je ne me souviens pas d’avoir jamais rien demandé à Dieu par son intercession que je ne l’aie obtenu. Jamais je n’ai connu personne qui l’ait invoqué sans faire des progrès notables dans la vertu. Son crédit auprès de Dieu est d’une merveilleuse efficacité pour tous ceux qui s’adressent à lui avec confiance ». 

Le Pape Jean Paul II écrit en conclusion de son Exhortation Apostolique Redemptoris Custos : « Je souhaite vivement que la présente évocation de la figure de Joseph renouvelle en nous aussi les accents de la prière que mon prédécesseur, il y a un siècle, le Pape Léon XIII recommanda d’élever vers lui. II est certain en effet, que cette prière et la figure même de Joseph ont acquis un renouveau d’actualité pour l’Eglise de notre temps, en rapport avec le nouveau millénaire chrétien ». 


 

 

Lundi 18 mars 2019

Que se passe-t-il dans les coulisses du pélé de Chartres ?

Beaucoup de pèlerins se demandent souvent comment s'organise un le pèlerinage de Chartres : une telle organisation ad hoc comment est-ce possible ? Combien de tentes ? de bouteilles d'eau ? d'hommes ? de cars et de trains ? Mais comment font-ils ???

Plus gros rassemblement mobile national, notre pélé ne serait en effet pas possible sans le dévouement et la générosité de centaines de bénévoles dont les effectifs se renforcent de manière cruciale sur les 3 jours évidemment. Pour vous donner quelques chiffres d'une des facettes de l'organisation, nous avons interviewé la Direction des Soutiens, qui assure la coordination de toute la logistique. Notre Dame de Chrétienté est riche de la fidélité de ses bénévoles, mais le nombre de pèlerins connaissant une croissance à deux chiffres chaque année, l'appel aux bonnes volontés est LE gros challenge du 1er trimestre : à bon entendeur... 

Que recouvrent les équipes mobiles de la logistique du pèlerinage de Chartres ? 

Eau: Distribution d'environ 75 000L d'eau en bouteilles de 1.5l

Propreté: Préparation des haltes et ramassage de 15 tonnes de déchets.

WC: Nous passons cette année de 105 à 150 cabines de WC (50 sont fixes sur les bivouacs, et 100 sont embarqués pour servir sur les haltes et pauses déjeuner), les cabines seront vidangées 2 fois et nettoyées régulièrement par les bénévoles du service.

Quelle est la journée type d'un bénévole logistique ? 

La logistique mobile accompagne la colonne. Nous arrivons avant les pèlerins sur les haltes. Notre aumônier nous apporte des enseignements. Nous écoutons aussi les méditations sous forme audio lors de nos déplacements. Nous prions avec la colonne lors de son passage et nous prions pour les pèlerins lorsque nous ramassons les déchets derrières eux...!!!! Les équipes sont conviviales et accueillantes. Pour preuve, lorsqu'on a fait une fois le pèlerinage dans nos équipes, on demande à recommencer. Certains sont au service de la colonne depuis plus de 20ans !

Quel type de profils recrutez-vous ?

Pour les WC; nous recherchons en priorité des titulaires du permis CE ou BE pour tracter des remorques freinées de 2t (portant les WC).

Quelles sont les qualités requises ?  Esprit de service

N'est-ce pas frustrant de vivre le pélé en décalé ? 

Ce n'est pas frustrant dans les équipes mobiles car nous accompagnons la colonne. Nous sommes présent sur les haltes, lieux de messe et les bivouacs. 

Et pour les pères/mères de famille, il y a-t-il un mode de garde des enfants ? 

L'idéal pour les parents est d'inscrire leurs enfants dans les chapitres enfants, pastoureaux ou adulte pour les plus grands.

Combien de personnes attendez-vous ? 

Pour les équipes propreté: 35 volontaires

Pour le Service d'eau 20 volontaires (l'equipe est déjà quasi totalement constituée)

Pour les WC, 22 bénévoles dont au mois 10 avec permis CE ou BE.

Quand et comment peut-on candidater ?  

En s'inscrivant sur notre plateforme Volunteo  soutiens NDC2019 - Devenir bénévole - Volunteo - Gestion des bénévoles

Dimanche 17 mars 2019

La paresse ( Les péchés capitaux - saison 5)

Continuons notre série sur les 7 péchés capitaux : Gourmandise, Avarice, Luxure, Orgueil, Paresse, Envie, Colère. Ils sont faciles à retenir grâce aux initiales ; GALOPEC.

Avec la lumière du Saint Esprit, les avis, les conseils ou remarques de notre prochain (celui qui nous connait... bien), nous pourrons sans doute trouver celui qui « nous concerne le plus »; notre défaut dominant. Et du coup, nous trouverons en même temps la vertu contraire à exercer.

La paresse est une résistance de l’âme à la pratique du bien. Elle a 2 versants ; TRISTESSE du bien divin, et DÉGOUT de l’action. Est mauvaise en elle-même la tristesse qui provient d'un mal apparent et d'un bien véritable : le bien spirituel est un vrai bien, donc la tristesse qui provient d'un bien spirituel est mauvaise en elle-même.

«Je suis heureux... de vous avoir attristés ! » dit Saint Paul... « Non pas heureux de vous savoir tristes, mais parce que votre tristesse conduit à la pénitence, elle affermit le salut de l'âme... elle est de Dieu. Ce n'est pas une tristesse selon le monde, qui conduit à la mort » (II Corinthiens VII, 9-10).

La tristesse selon Dieu conduit à la conversion à Dieu. Donc elle est bonne ! La tristesse selon le monde est mauvaise, car elle conduit à l’aversion de Dieu. Cette paresse-là est encore un refus de l’action. Dégoût d’agir en vue du ciel, surnaturellement. Ne confondons pas avec la dépression, mal subi, maladie. Car alors on est dégouté d’agir et effectivement incapable. Je parle ici d’un mal responsable, moral, un vice. On est dégoûté d’agir mais capable. Cette paresse est celle des apôtres dans l’Evangile ; Jésus veille, ils dorment : « Simon, tu dors ? Ainsi, vous n’avez même pas pu veiller une heure avec moi ? ».

Comment reconnaitre la paresse ? La paresse spirituelle a 2 visages.

L’inerte… c'est le mexicain de Lucky Luke. Il ne bouge pas. « Caricatural » ! Et L’agité … Il fait bien des choses, sauf ce qu’il devrait, comme et quand il faut. Beaucoup plus subtil. Ce cher petit a tondu tout le jardin en rentrant de l’école,... plutôt que de faire son devoir de maths pour le lendemain. Autre précision ; c'est une activité purement naturelle, horizontale, appuyée sur ses seules forces – sans enracinement dans la prière, la grâce des sacrements. On n’a « pas le temps » pour le Bon Dieu. Dans l’éternité, « on verra, peut-être ».

Quels sont les signes extérieurs du paresseux ? Le paresseux a son vocabulaire: « Demain … Oui, oui» veut dire : jamais. Il conjugue au « futur incertain », au « conditionnel improbable ». Il revendique la foi du charbonnier... pour s’épargner un effort de catéchisme ; les restes de l’enfance suffiront,... s’il y en a. Il compense. Pourquoi ? Parce qu’il est fatigué ; de lui, des autres, de Dieu, de tout. Il faut bien tuer le temps, entre la table et l’écran. Il relate en long, en large, en travers les derniers « buzz ».

Il veut être séduit, pas convaincu. Lectures sérieuses et utiles ? La couverture seulement, le titre, le résumé au dos. Il ne prend aucune responsabilité. Il retient du sermon les formules chics-chocs et la durée. Jusque là, le christianisme le chatouille et l'amuse sans trop le déranger. Il a peur de rentrer en soi-même, de fermer la porte, d’aller au secret de son cœur. Peur du silence intérieur, de sa pauvreté. Il zappe ; changer, pour tromper l’ennui et le dégout! Changer de confesseur, de paroisse, de communauté. De « la brebis du Seigneur » à la « chèvre de Monsieur Seguin »... Il veut tout, tout de suite, sans peine, y compris dans la vie spirituelle. Et bien sûr, il se justifie. Dieu prend du temps. Il faut être raisonnable, pas le temps pour Dieu. Mais demain, peut-être. L’acédique ment, il se ment à lui-même.

Est-ce grave ? Oui. A mesure que c’est consenti. Cette paresse est un curare spirituel. Et demain, si le paresseux ne réagit pas, arrivera… La rancœur, l’amertume ; je devais, je pouvais, je n’ai pas fait le possible pour me sanctifier. Ainsi, le serviteur pusillanime déterre le talent reçu et enterré à l’heure des comptes, et se justifie devant son maître. L’inconstance et l’instabilité. Le manque de fermeté.

L’indifférence aux choses de la foi. A quoi bon le salut, la sainteté, l’imitation du Christ ? Ces biens difficiles mais possibles lui semblent impossibles. Il méprisera ou détestera ce qu’il n’a pas su aimer.

Les remèdes : Prenez la paresse de face. « Résiste, prouve que tu existes », chantait un air à la mode... affronter, ne pas fuir. Dites maintenant... Aujourd’hui... et faites; « J'ai dit, maintenant je commence, le secours me viendra de la droite du Très Haut ! » ; « Plutôt maintenant que plus tard, plutôt aujourd'hui que demain, plutôt demain qu'après » ; « Supprimons par nos progrès dans le bien les fautes dont nous nous sommes rendus coupables par ignorance, de crainte que surpris soudainement le jour de la mort, nous ne cherchions le temps de faire pénitence et ne puissions le trouver ».

Ne prétextez pas l’imperfection des êtres et des choses. Faites le point avec votre directeur spirituel. Exigeant? C’est bon signe, c'est l'autre nom d'une charité vraie... Patient ? Oui, mais n'en prenez pas prétexte pour renvoyer aux calendes grecques la grande affaire de … votre âme.

Ne changez pas de cap dans la difficulté : tout changement extérieur ne produit pas un changement intérieur. « Ne rien faire à moitié », indique sagement la loi scoute... « Au temps de la désolation, dans son état de vie, dans ses résolutions, il ne faut rien changer de ce qu’on a fixé au temps de la consolation » (St Ignace).

Soyez vous aussi exigeant et patient au prochain paresseux. Ce paresseux corrigé et repenti sera peut-être zélé pour la gloire divine et le salut des âmes.

Enfin regardez bien le Christ, regardez cette longue agonie où il endure le dégout et l’angoisse, et où il persévère dans la prière ; prolixius orabat.

Unissez vos « Gethsémani » au sien, je ne sais pas de meilleur antidote à la paresse !

Abbé Garnier – 17 Mars 2019

samedi 16 mars 2019

Le chœur de Notre-Dame de Chrétienté recrute dans tous les pupitres!

Si vous aimez chanter et que vous avez une bonne pratique du chant choral; encore mieux, si vous prenez des cours de chant; et, le plus important, si vous souhaitez apporter votre contribution à la beauté de la liturgie, n’hésitez pas à nous rejoindre, nous n'attendons que vous ! 

Les répétitions (toutes à Paris) se concentreront cette année sur trois weekends, les: 23-24 mars ; 13-14 avril; 1er-2 juin. A ces répétitions s'ajouteront des répétitions les jeudis soirs. Les weekends de répétition sont absolument obligatoires. Ils peuvent suffire, seuls, pour des chanteurs aguerris (technique vocale, solidité solfégique, indépendance dans l'apprentissage). Pour les personnes ayant besoin de plus de temps, les jeudis sont nécessaires. Ce format a pour but de permettre à des chanteurs provinciaux de très bon niveau de nous rejoindre. Une audition sera de toute façon organisée avec le chef de choeur. Pour connaître le programme et passer l'audition, merci d'utiliser ce formulaire de contact

Marie-Elisabeth Sallé,
chef du choeur polyphonique

 

Monteverdi - Beatus vir (Chartres 2018)
 

  

 

Le combat entre le Christ et l'Antéchrist n'est pas terminé...

Le spectacle que nous offre le monde, sa détresse et sa misère, et l'abîme de la méchanceté humaine sont propres à constamment tempérer l'allégresse que la victoire de la lumière fait naître en nous. L'humanité continue à se débattre dans un bourbier, et ce n'est encore qu'une petite troupe qui, en gravissant les plus hautes cimes, s'en est dégagée. Le combat entre le Christ et l'Antéchrist n'est pas terminé.

Dans ce combat, ceux qui suivent le Christ ont un rôle à tenir. Leur arme principale est la Croix. Comment faut-il l'entendre ? Le poids de la croix dont le Christ s'est chargé n'est rien d'autre que la déchéance de la nature humaine, avec le cortège des péchés et des souffrances dont est frappée l'humanité. Le sens du chemin de croix est de libérer le monde de ce fardeau. Le retour en Dieu de l'humanité délivrée, et son adoption, sont un pur don de la grâce, de l'Amour miséricordieux. Mais ce retour ne saurait se faire aux dépens de la sainteté et de la justice divine. La somme totale des fautes humaines, du péché originel au Jugement dernier, doit être compensée par une mesure correspondante d'actes expiatoires. Le chemin de croix est cette expiation. L'écroulement, par trois fois, sous le poids de la croix correspond à la triple chute de l'humanité : la chute originelle, le rejet du Rédempteur par son peuple d'élection, l'apostasie de ceux qui portent le nom de chrétien. Sur le chemin de la Croix, le Sauveur n'est pas seul, et II n'est pas entouré que d'ennemis qui le harcèlent.

Il y a aussi la présence des êtres qui le soutiennent : la Mère de Dieu, modèle de ceux qui, en tout temps, suivent l'exemple de la Croix ; Simon de Cyrène, figure de ceux qui acceptent une souffrance imposée et qui, dans cette acceptation, sont bénis ; et Véronique, image de ceux que l'amour porte à servir le Seigneur. Chaque homme qui, dans la suite des temps, a porté un lourd destin en se souvenant de la souffrance du Sauveur, ou qui a librement fait œuvre de pénitence, a racheté un peu de l'énorme dette de l'humanité et a aidé le Seigneur à porter son fardeau. Bien plus, c'est le Christ, Tête du Corps mystique, qui accomplit son œuvre d'expiation dans les membres qui se prêtent de tout leur être, corps et âme, à son œuvre de rédemption.

Edith Stein

vendredi 15 mars 2019

Recherche un acheteur pour renforcer son équipe Achats

Notre Dame de Chrétienté recherche un acheteur pour renforcer son équipe Achats, composée actuellement de deux personnes.

La mission : 

1/ Contacter les entreprises

 2/ Transmettre les cahiers des charges

 3/ Solliciter les offres, les comparer, négocier

Les produits : eau, denrées, divers matériels, location de véhicules et de matériel

Tout profil est accepté ! Ni séniorité ni maitrise de l'anglais exigés -;)

Merci de déposer votre candidature à responsable.rh@nd-chretiente.com

La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit

« Il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient : la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à là porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie.

En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en pratique seulement un ou deux, celui-là n’a rien. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu’il écoute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie.

Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l’homme qui a faim, s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde ; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer ; celui qui veut qu’on lui donne doit donner. C’est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu’on refuse à autrui.

Sois la norme de la miséricorde à ton égard : si tu veux qu’on te fasse miséricorde de telle façon, selon telle mesure, avec telle promptitude, fais toi-même miséricorde aux autres, avec la même promptitude, la même mesure, la même façon.

Donc la prière, la miséricorde, le jeûne doivent former un patronage pour nous recommander à Dieu, doivent former un seul plaidoyer en notre faveur, une seule prière en notre faveur sous cette triple forme. ~

Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne, parce qu’il n’est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le Prophète lorsqu’il dit : Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; le cœur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas.

Offre à Dieu ta vie, offre l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n’aura pas d’excuse, parce qu’on a toujours soi-même à offrir.

Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne se dessèche par la sécheresse de la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l’est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son cœur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s’il n’y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.

Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi, s’il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, donne à toi-même ; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne l’auras pas. »

Saint Pierre Chrysologue (Evêque de Ravenne, 380-451)

jeudi 14 mars 2019

"Ne crains pas, je suis ton Dieu"

C'est un lieu commun de dire que notre époque est tourmentée. Mais, à la vérité, est-ce si nouveau ? A-t-il jamais existé une époque de l'histoire où l'homme n'ait eu la sensation de vivre une tourmente et la fin d'un monde ? Et comment s'étonner, du reste, qu'il n'en ait toujours été ainsi, puisque, depuis les origines, le péché ne cesse de déployer ses conséquences dans le coeur de l'homme et dans l'histoire collective de l'humanité ?

Ce qui est nouveau, par contre, c'est cet homme, cet Homme-Dieu qui marche sur la mer déchaînée, qui monte dans la barque et qui déclare : " Confiance, c'est Moi, n'ayez pas peur !". C'est vrai que, parfois, Il a l'air de dormir et que nous aurions envie de Lui dire : "Au secours, Seigneur, nous périssons !". Reprenons notre calme, pourtant ; laissons-Le faire "un grand calme" en nous et autour de nous. Si forte que soit la tempête, nous avons Jésus dans notre barque ; nous pouvons compter sur Lui, espérer en Lui : Il est solide !

"En Dieu seul repose-toi, mon âme.

De lui vient mon espoir ;

Lui seul mon Rocher, mon Salut,

Ma Citadelle, je ne bronche pas" (Ps 62, 6-8).

"Venez, crions de joie pour le Seigneur,

Acclamons le Rocher de notre salut !" (Ps 95, 1).

Par la vertu d'Espérance, nous prenons appui sur Dieu, notre Rocher. La vertu de Foi nous met en relation avec Dieu-Vérité ; la vertu de Charité en relation avec Dieu-Amour ; le propre de la vertu d'Espérance, c'est de nous mettre en relation avec Dieu Tout-Puissant, Dieu en tant que suprême Solidité. La vertu d'Espérance est par excellence une vertu d'appui.

 Vertu théologale, parce qu'elle fait escompter d'atteindre Dieu Lui-même, notre Souverain Bien et notre Béatitude éternelle, et que, pour l'obtention de ce Bien éternel et infini, elle nous porte à nous appuyer encore sur Dieu Lui-même, Dieu qui, seul, peut nous conduire à ce Bien qui est Lui-même. "L'Espérance atteint Dieu en s'appuyant sur son secours pour parvenir au bien espéré" (Saint Thomas d’Aquin - Somme Théologique, Ilallae, qu. 17, art. 2).

"L'Espérance fait que l'homme adhère à Dieu, principe de notre bien parfait ; par l'Espérance, en effet, nous nous appuyons au secours divin pour obtenir la béatitude éternelle" (ibid., art. 6).

Dans la tourmente actuelle, comme à d'autres périodes tourmentées de l'histoire, comme aux premiers siècles chrétiens, le terme de notre Espérance est toujours le même, d'ordre essentiellement surnaturel : Dieu, Béatitude éternelle promise non seulement à chacun de nous, mais à tous les hommes. Les raisons d'espérer, elles aussi, sont toujours les mêmes ; une seule raison : la toute-puissance, la toute-solidité de Dieu. Avec cela, nous savons où nous allons : à Dieu, et forts de Dieu.

A ce qui paraît bien être la fin d'une civilisation comme à la fin de la civilisation antique, le chrétien est toujours le même ; il est toujours l'homme de l'Espérance. Saint Cyprien de Carthage écrivait à un païen inquiet et désabusé sur son siècle en décadence : "Chez nous les chrétiens, on trouve la vigueur de l'espérance et la fermeté de la foi ; jusque parmi les ruines d'un siècle délabré, notre esprit reste debout, notre vertu immobile, et notre patience ne manque jamais de joie ; notre âme est toujours sûre de son Dieu (...) Le chrétien nie qu'un homme de Dieu, qu'un homme qui voue un culte à Dieu, appuyé qu'il est sur la certitude de l'espérance, établi qu'il est sur le fondement stable de la foi, puisse être ébranlé par les assauts furieux du monde et de son temps" (Lettre à Demetrianus, 20).

En tout état de cause, le chrétien connaît le fin mot de l'Histoire : il sait que, quoi que puissent faire les hommes, le Seigneur aura le dernier mot. "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point" (Lc 21, 33). Il ne se nourrit pas, dès lors, d'apocalypses au rabais et il ne court pas après ceux qui annoncent à plaisir que la fin du monde est pour demain. Mais, docile au Magistère de l'Eglise et fort de la grâce reçue au Baptême, il apprend à discerner les signes des temps car le Seigneur Lui-même donne des signes.

Et de quoi s'agit-il ? De certaines réalités -choses, hommes, institutions- dans lesquelles se manifeste déjà cette Toute-Puissance de Dieu sur laquelle nous comptons et qui sont déjà porteuses du Royaume. Il s'agit essentiellement de l'Eglise, définie par le dernier Concile comme "signe et moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain" (Constitution dogmatique Lumen Gentium, chap. I, n. 1). L'Eglise, c'est-à-dire les "choses saintes", les sancta, les sacrements dans lesquels nous tenons déjà, quoique d'une façon obscure, l'objet de notre espérance, et parmi eux surtout l'Eucharistie à travers laquelle le Christ, notre Espérance, se donne à nous tout entier.

L'Eglise, c'est-à-dire aussi les Saints, les Sancti que Dieu suscite en notre temps comme à toutes les époques de l'histoire de l'Eglise et qui constituent pour nous un puissant motif d'espérance surnaturelle, non seulement parce qu'en eux resplendit déjà la création nouvelle, mais parce qu'intimement unis au Christ, ils sont pour nous des intercesseurs puissants.

Le Seigneur nous donne des signes d'espérance, non pas pour que nous "attendions tout le jour sans rien faire" (cf. Mt 20, 6), mais pour que nous nous mettions à la tâche, pour que nous nous fassions, avec sa Grâce, les fourriers d'une Oeuvre qui nous dépasse et dont nous ne devons pas revendiquer d'en voir ici-bas l'achèvement. "Travaillez jusqu'à ce que Je vienne !" (Lc 19,13).

Parmi tous les signes d'espérance et les secours efficaces que le Seigneur nous propose au milieu de notre vie -à tant d'égards militante-, une place éminente revient évidemment plus que jamais peut-être à la Vierge Marie, en laquelle la "petite fille Espérance", dont parle Péguy, a pris en quelque sorte un visage humain ; Celle que, dans les Litanies, nous appelons Auxilium Christianorum, "Secours des Chrétiens", et qu'au terme de nos pèlerinages terrestres, soulevés d'une force et d'une joie qui viennent d'en-haut, nous saluons ainsi : Vita, Dulcedo, et SPES NOSTRA, salve !

Abbaye Notre Dame de Randol

mercredi 13 mars 2019

Inauguration du Caté Calé le 19 Mars pour les étudiants parisiens !

Les abbés de Labarre et de Massia ont eu la bonne idée de répondre à la forte demande de formation pour les étudiants parisiens : le Caté Calé, messe-topo-échanges, aura lieu toutes les 3 semaines dans un pub ami. La première a lieu le jour de la Saint Joseph ! Soyez nombreux, faites circuler autour de vous : que nos jeunes étudiants disposent de toute la matière pour grandir dans la foi et ainsi mieux oeuvrer au retour de la chrétienté. 

*** "Et toi, pourquoi es-tu chrétien ?" ***
Réflexion sur les fondements de la religion


Pour sa première sortie parisienne, La Caté-Calé vous propose de revenir aux fondements même de notre Foi. Autrefois, la religion était inscrite dans les lois des pays, et dans le cœur des hommes : tous avaient une religion, comme tous avaient une patrie. Aujourd'hui, moins de 5 % des français vont à la messe le dimanche. Que s'est-il passé ? Nous allons essayer de réaffirmer l'importance cruciale de la religion pour l'homme. Pourquoi ai-je une religion, alors que la majorité des français n'en ont pas ? Pourquoi ai-je cette religion ? Comment puis-je présenter ma religion, le christianisme, en quelques mots ? Et surtout : comment vivre mieux, concrètement, ma religion chrétienne ?

 

Rendez-vous donc au Pub St Michel, le 19 mars, à 20h30, pour cette première et tant attendue édition du Caté-Calé parisien !

La seule règle : une conso minimum... mais pas de souci, c’est l’happy hour ! Et surtout, le 19 mars est le jour de la Saint Joseph, fête de première classe, il est donc permis de boire !

Pour ceux qui le veulent, le topo est précédé d’une messe à Saint Germain l’Auxerrois à 18h30.

Venez nombreux !

 

Nous aurons à vivre une guerre continuelle

« Dieu veut notre salut ; mais pour notre plus grand bien, il veut nous voir sauvés en vainqueurs. Durant notre existence terrestre, nous aurons à vivre une guerre continuelle. Pour nous sauver, il nous faudra combattre et vaincre. Sans la victoire, nul ne pourra ceindre la couronne dit saint Jean Chrysostome. Nous sommes faibles ; nombreux et puissants sont nos ennemis ; comment leur tenir tête et les terrasser ? Prenons courage ; comme l’Apôtre, chacun doit se dire : Je puis tout en Celui qui me fortifie (Ph 4,13). Tout est possible avec la prière ; par elle, le Seigneur nous donnera cette force qui nous fait défaut. La prière est toute puissante; à elle seule, elle peut tout obtenir. Et saint Bonaventure dit : Par la prière, on s’assure l’acquisition de tout bien et la préservation de tout mal. D’après saint Laurent Justinien par l’emploi de la prière nous nous bâtissons une tour très solide où nous trouverons défense et sécurité contre toutes les embûches et violences de nos ennemis.
Les puissances de l’enfer sont redoutables, mais la prière, dit saint Bernard, est plus forte que les démons. Oui, parce que, par la prière, l’âme acquiert le secours divin qui surpasse toute puissance créée. David, dans ses craintes, ranimait ainsi son courage : J’appellerai le Seigneur à mon aide et je serai délivré de tous mes ennemis (Ps 18,14).
En somme, dit saint Jean Chrysostome, forte armure, la prière est une défense, un port et un trésor. La prière est une arme capable de briser tout assaut du démon ; une défense qui nous préserve de tout danger; un port qui nous abrite contre toute tempête; en même temps, un trésor qui nous pourvoit de tous les biens. »

Saint Alphonse de Liguori, Le grand pouvoir de la prière

Lundi 11 mars 2019

Pourquoi je suis chrétien

Pourquoi je suis chrétien : parce que j'ai soif d'un Dieu qui ne soit ni ténèbre pure ni moi-même – d’un être qui, tout en me ressemblant jusqu’au centre, soit aussi tout ce qui me manque.

Parce qu’en ce monde je veux tout bénir et ne rien diviniser.

Parce que je veux garder simultanément le regard clair et le coeur brûlant.

 Parce que je sens que l'aventure humaine débouche sur autre chose qu'un creux désespoir, une creuse interrogation ou une creuse insouciance.

Pour concilier mon immense amour et mon immense dégoût de l'homme.

Parce que j’ai besoin de lumière dans le mystère et de mystère dans la lumière.

Parce que je veux avoir la grande force de bâtir et de vivre, et celle plus grand encore, d’espérer dans l’éboulement et dans la mort.

Parce que je suis, à la fois et indissolublement, réaliste et excessif.

Parce que je veux m’abreuver d’excès sans renier l’ordre et retrouver l’ordre dans l’excès.

Parce que le christianisme nous ouvre seul une région supérieure où tout ce qui, sur la terre, est considéré à juste titre comme scandaleux, insensé et destructeur (l’espérance aveugle, l’amour sans frein, la confiance dans la fécondité du mal unie au refus absolu du mal…) devient sagesse et vérité ; parce qu’il verse en nous un sang nouveau et si pur que sa température peut monter indéfiniment sans qu’il ait de fièvre.  

L’échelle de Jacob. Gustave Thibon

La gourmandise (Les péchés capitaux - saison 4)

Inévitablement, voici venir le tentateur. Du premier homme, jusqu'à nous. Dans la vie de l'Eglise elle-même. Que faire? Et bien, regarder plutôt et d'abord le Christ. Souvent – longuement - bien. C'est admirable de voir Dieu fait homme entrer lui aussi en lice avec le démon. C'est source de paix dans le combat spirituel.

Poursuivant la suite sur les péchés capitaux, nous en venons à la gourmandise, péché pas si mignon. Au désert, le démon pousse Jésus à utiliser un pouvoir, une action, un moyen extraordinaire pour pourvoir à sa faim, là où un moyen ordinaire suffirait. Ce n'est donc pas un cas de gourmandise.

Prenons un exemple de ce péché capital. C'est au désert, à Qibrot A Taavah, après la délivrance d'Egypte. Dieu donne l'eau du rocher à En Avdat, la manne au long du trajet. Il attend la réponse, la fidélité de son peuple. La réponse vient... décevante; le peuple cède... à la gourmandise. Conséquences ; pleurs et réclamations - plus grave ; mauvaise humeur, mauvais esprit, insubordination et révolte contre Moïse - plus grave, murmure contre Dieu, défi et mise à l'épreuve; « Nous avons faim et soif... nous regrettons les menus égyptiens ; c'était si bon... tandis que cette manne, cette nourriture … non merci. Faites quelque chose, si vous êtes le Seigneur».

On peut quitter la juste mesure de 2 manières : trop (excès) ou trop peu (défaut). La gourmandise, c'est... trop. Le défaut inverse est plus rare. Soyons délicats cependant, pour voir la cause d'un trop peu ; ce peut être involontaire (une indisposition, une contre indication,...). Soyons délicats dans nos réactions (ce peut être un indice, un appel au secours).

4 « portraits robot » de gourmands:

  • Le renard = le goinfre. Trop sur la quantité, plus que de besoin. Il a « les yeux plus gros que le ventre ». Il ne finit pas son assiette, ou intercepte celle du voisin.
  • Le héron (Celui de la Fontaine) = le difficile. Trop sur la qualité ou le soin. « J'ouvrirai pour si peu le bec ? A Dieu ne plaise » - en français courant : « Je n’aime pas, je n’en veux pas, je n’en prends pas… »
  • Le hamster = le compulsif. Trop sur le temps, la fréquence. Le « hamster » ne peut rester plus de 2 heures sans manger, donc passe des heures à manger.
  • Le berger allemand= glouton. Trop sur la manière. Il se sert en premier, sans faire attention aux autres. Il choisit et engloutit la meilleure part avec bruit.

Comme pour les autres péchés capitaux, 2 niveaux possibles...

Une deuxième gourmandise concerne le plaisir exagéré, l'attachement désordonné qu’on met dans les choses spirituelles. « Goûter, oui, certes – mais avec mesure, avec sobriété ». Le gourmand spirituel cherche plus les consolations de Dieu que le Dieu des consolations. C'est comme un adolescent qui s’accroche au biberon, plutôt que de mastiquer du solide. Imaginez le spectacle et le résultat…

Capital. La gourmandise commande d’autres fautes :

  • Une domination des sens sur l’esprit, pesanteur spirituelle. «On est esclave de ce qui nous domine » avertit St Pierre. Une hébétude de la sensibilité.
  • Un manque de maitrise étendu à d'autres biens agréables, même non comestibles... nos écrans, portables, réseaux sociaux, blogs sont de possibles terrains de gourmandise, d'indigestion... et de jeûne aussi d'ailleurs.
  • Un affaiblissement... du sens des responsabilités – de la capacité à mériter confiance – de l’application, ce sens du travail bien fait (et fini) - de la parole donnée, souvent reprise - la stabilité des décisions, résolutions, la fermeté de volonté et de caractère.

Alors, voyons les remèdes à la gourmandise. D'abord c’est un péché léger en soi, du fait de circonstances atténuantes. Ensuite le Carême est une école de tempérance, et de faim spirituelle. L’appétit, la faim, la soif sont corporels mais pas seulement. Il y a en nous divers appétits, capacités de rechercher et recevoir un bien. Au-dessus des appétits physiques, sensibles, rationnels, il y a un désir surnaturel mis en l’âme par Dieu. Cette faim excède notre capacité. Son bien propre surpasse aussi notre capacité d’être comblé.

Pas d'angélisme. Un bon vieux prêtre me répétait souvent avec humour ; « Parfois on se croit vertueux, on n'est que maigre! ». Nous sommes des âmes incarnées, et des corps animés, et c'est bien, c'est aimable. Il ne s’agit pas d’éliminer tout autre appétit, tout autre désir inférieur. Voyons à maitriser et intégrer ces désirs, ces appétits chacun à leur place.

  • Le sens chrétien du nécessaire. Nourriture et boisson sont pour refaire les forces au service de Dieu – pratiquer convivialité et vertus sociales.
  • Les benedicite et grâces. « soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu ».
  • Le petit plus de Carême. Renoncer à un plaisir qui passe la raison, c’est tempérance. Renoncer à un plaisir légitime (bon ou indifférent en soi), c’est pénitence ; un peu plus de ce que vous n’aimez pas, un peu moins de ce que vous aimez…
  • Une conversation qui nourrit et refait les forces; paroles, attitude, service, écoute... évitez super ou beurk – passez, repassez souvent par s'il vous plait et merci.

Et... Ne pas rêver. Sans renoncement volontaire, pas de maitrise de soi. Avons-nous faim et soif ? Et de quoi ? Voulons-nous prendre part, un peu au moins, à cette faim et soif de Dieu? Si la gourmandise spirituelle est un défaut, en revanche gardez, cultivez le gout des choses divines, l'amour juste des biens spirituels; aimez prier, lire, méditer, assister à la Messe, adorer, communier, … C'est bon pour la sa(i)nt(et)é.

Regardez le Christ à table, mangeant, buvant, parlant, regardant, écoutant. Voyez sa faim au désert, sa soif au puit de Jacob. Ecoutez ; « ma nourriture est de faire la volonté de mon Père qui est dans les cieux » - « Oui, qui mange de ce pain possède la vie éternelle en lui, et moi je le ressusciterai au dernier jour ». Ecoutez Jésus crucifié dans le goût et le toucher, brûlé de la soif des hémorragiques ; « Sitio! » – et consumé dans la béatitude.

Bienheureuse l'âme qui partage ma faim et ma soif spirituelle,la faim et la soif de la justice, elle sera rassasiée!

samedi 09 mars 2019

Save the date ! Le Choeur Montjoie Saint Denis arrive à Dijon !

« Les peuples ne perdent la vie que lorsqu’ils perdent la mémoire » (Maréchal Foch)

Notre oriflamme, notre histoire.

Notre nom rappelle les origines chrétiennes de notre nation : Montmartre, et saint Denis premier évêque de Paris. Depuis 1979, il s’agit pour nous de promouvoir les valeurs qui firent la France et la Chrétienté. Près de 200 hommes se sont relayés dans ce clan libre, qui regroupe en moyenne une trentaine de chanteurs.

Montjoie ! Saint Denis !

Ce cri de guerre et de ralliement des Francs fut utilisé notamment en Espagne, lors des croisades de reconquêtes menées par Charlemagne. Il donna son nom à l’oriflamme offert à l’empereur par le pape Léon III, le 25 décembre 800. Jeanne d’Arc, lors de son procès, parla de l’oriflamme comme du vrai Cry (emblème) de la France. De 1124 à 1386, l’oriflamme fut cherchée 21 fois à Saint-Denis alors que la situation était désespérée.

Ce cri, accompagnant toutes les sorties de l’oriflamme, devint celui des chevaliers français. Disparue sous la révolution, elle fut reconstituée pour le 700e anniversaire de Bouvines, le 27 juillet 1914. Elle fut alors portée le 3 septembre sur le tombeau de sainte Geneviève, à Paris, pour demander la protection de la ville. Ce fut alors la victoire de la Marne. L’atelier de la Sainte Espérance a réalisé notre oriflamme, au Barroux. Le Révérend Père Argouarc’h l’a béni, au Sacré-Coeur de Montmartre, en décembre 1988, au départ du premier de nos neuf pèlerinages à Reims.

Notre Chœur s’efforce de marcher droitement et d’aider en chantant les hommes et les femmes de bonne volonté qui servent Dieu et la France. De concerts en veillées, en passant par des animations de messes ou de kermesses, nous voulons transmettre ce magnifique trésor du chant populaire français. De disques vinyls en CD digipack, nous avons ornementé ces mélodies de belles illustrations attractives. D’année en année, la collection de disques s’étoffe, la liste de nos amis aussi…

En 1998 se crée à Lyon le Chœur de La Joyeuse Garde, sur le même mode. Depuis 2002, une délégation du Chœur existe en Vendée. En 2008, nous créons la Société de Diffusion du Chœur Montjoie Saint-Denis (SDCMSD), afin de favoriser la diffusion du dépôt culturel reçu. Son unique actionnaire en est le Chœur Montjoie. Son gérant, bénévole comme tous les membres, est le chef du Chœur. Les produits de nos efforts sont destinés à accroître la diffusion et par là, l’espérance dans l’avenir de la France et la foi dans son destin. En 2008, nous avons l’honneur de recevoir le Prix Renaissance des Arts, récompensant ceux qui ont contribué à faire renaître ce patrimoine. Il vous est donc également destiné, à vous cher public, que nous affectionnons.

Montjoie ! Saint Denis !

Pour toute commande de CD : www.choeur-montjoie.com

jeudi 07 mars 2019

La prière pour lutter contre les démons

La vigilance dans la prière est un moyen indispensable pour lutter contre le démon. Sainte Thérèse dit qu’un motif pour lequel nous devons nous adonner à l’oraison, c’est que le démon n’a plus autant de prise pour nous tenter. Si les démons « remarquent que nous ne nous tenons plus sur nos gardes, ils peuvent nous porter un grave préjudice. Dès qu’ils voient qu’une âme est chancelante, et qu’elle n’est ni constante dans le bien ni fermement résolue d’y persévérer, ils ne lui laissent de repos ni jour ni nuit, lui suggèrent mille craintes, et lui représentent sans cesse de nouvelles difficultés. C’est ce que l’expérience m’a fort bien appris ; voilà pourquoi j’ai pu en parler. J’ajoute que personne ne sait combien l’avis que je viens de donner est sérieux » (Le chemin de la perfection, ch. 25). L’Eglise, pour marquer l’importance de la lutte contre les puissances infernales, a approuvé des prières spéciales : prières des grands exorcismes, exorcismes de Léon XIII, prière à saint Michel après les messes privées.
L’invocation de certains saints qui ont une puissance particulière sur les démons est spécialement recommandée. La prière à l’ange gardien est certainement efficace : il a reçu mission de nous protéger, et contre qui nous protégerait-il sinon contre les anges déchus qu’il peut affronter avec la puissance de sa nature angélique et les privilèges de l’ordre surnaturel.
Aux apôtres qui s’étonnaient de n’avoir pu chasser un démon Notre-Seigneur disait : « Ce genre de démons ne peut être chassé que par la prière et par le jeûne » (Mc 9, 28) indiquant ainsi l’efficacité spéciale du jeûne contre les puissances infernales.
L’hagiographie montre en effet que les saints qui eurent une action spéciale sur les démons furent tous de grands pénitents : saint Basile, saint Antoine, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse, le Curé d’Ars.
Il semble normal que la mortification du sens, sur lequel les démons agissent habituellement, libère d’abord de leur influence. En nous faisant dominer la nature elle nous rend semblables aux anges et nous confère ainsi une certaines puissance sur les anges déchus.

Père Marie Eugène de l’Enfant Jésus, Je veux voir Dieu 

mercredi 06 mars 2019

Le Carême, un pèlerinage intérieur

Le Carême est le temps privilégié du pèlerinage intérieur vers Celui qui est la source de la miséricorde. C’est un pèlerinage au cours duquel Lui-même nous accompagne à travers le désert de notre pauvreté, nous soutenant sur le chemin vers la joie profonde de Pâques. Même dans les «ravins de la mort» dont parle le Psalmiste (Ps 22 [23], 4), tandis que le tentateur nous pousse à désespérer ou à mettre une espérance illusoire dans l’œuvre de nos mains, Dieu nous garde et nous soutient. Oui, aujourd’hui encore le Seigneur écoute le cri des multitudes affamées de joie, de paix, d’amour. Comme à chaque époque, elles se sentent abandonnées. Cependant, même dans la désolation de la misère, de la solitude, de la violence et de la faim, qui frappent sans distinction personnes âgées, adultes et enfants, Dieu ne permet pas que l’obscurité de l’horreur l’emporte. Comme l’a en effet écrit mon bien-aimé Prédécesseur Jean-Paul II, il y a une «limite divine imposée au mal», c’est la miséricorde (Mémoire et identité, 4, Paris, 2005, pp. 35 ss.). (…)

Nous ne pouvons pas ignorer que des erreurs ont été commises au cours de l’histoire par nombre de ceux qui se disaient disciples de Jésus. Souvent, face aux graves problèmes qui se posaient, ils ont pensé qu’il valait mieux d’abord améliorer la terre et ensuite penser au ciel. La tentation a été de croire que devant les urgences pressantes on devait en premier lieu pourvoir au changement des structures extérieures. Cela eut comme conséquence pour certains la transformation du christianisme en un moralisme, la substitution du croire par le faire. C’est pourquoi, mon Prédécesseur de vénérée mémoire, Jean-Paul II, observait avec raison : «Aujourd’hui, la tentation existe de réduire le christianisme à une sagesse purement humaine, en quelque sorte une science pour bien vivre. En un monde fortement sécularisé, est apparue une ‘sécularisation progressive du salut’, ce pourquoi on se bat pour l’homme, certes, mais pour un homme mutilé, ramené à sa seule dimension horizontale. Nous savons au contraire que Jésus est venu apporter le salut intégral» (Encyclique Redemptoris missio, n. 11).

C’est justement à ce salut intégral que le Carême veut nous conduire en vue de la victoire du Christ sur tout mal qui opprime l’homme. En nous tournant vers le divin Maître, en nous convertissant à Lui, en faisant l’expérience de sa miséricorde grâce au sacrement de la Réconciliation, nous découvrirons un «regard» qui nous scrute dans les profondeurs et qui peut animer de nouveau les foules et chacun d’entre nous. Ce «regard» redonne confiance à ceux qui ne se renferment pas dans le scepticisme, en leur ouvrant la perspective de l’éternité bienheureuse. En fait, déjà dans l’histoire, même lorsque la haine semble dominer, le Seigneur ne manque jamais de manifester le témoignage lumineux de son amour. 

Benoît XVI (2006)