Appel de Chartres

samedi 09 décembre 2017

Appel de Chartres n°215


cardinal-robert-sarah.jpg

Le cardinal Sarah sera à Chartres en 2018 !


Comme je l’ai annoncé lors de l’Assemblée Générale de notre association (le 17 novembre) et à l’Université d’Automne (le 18 novembre), Notre Dame de Chrétienté aura le grand honneur d’accueillir le cardinal Sarah lors de la Messe de clôture de notre prochain pèlerinage à Chartres, le 21 mai 2018.
Nous remercions infiniment le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, d’avoir accepté de venir pèleriner avec nous. Nous nous faisons une joie de préparer cet événement qui sera une date importante pour l’histoire de notre pèlerinage.


*
* *


Nous revenons juste de notre retraite annuelle à l’abbaye de Fontgombault où nous étions une cinquantaine de pèlerins, amis de Notre Dame de Chrétienté. La chaleur de l’accueil des moines nous a fait oublier la fraîcheur du microclimat bien connu des bords de Creuse ! Nous avons prié pour nos défunts, malades, familles et pour vous tous.
« Écoute, ô mon fils, les préceptes du Maître, et prête l’oreille de ton cœur » sont les premiers mots de la Règle de Saint Benoît. Nous avons écouté le silence rempli de Dieu de l’abbaye et « frappé sans fatigue à la porte du Dieu silencieux » (Benoît XVI). Le Père Abbé, Dom Pateau, nous a instruits sur la « lectio divina », et l’Abbé Garnier sur Saint Jean-Baptiste, « premier martyr du mariage et de la famille » (Cardinal Burke).
Cette retraite, année après année, se remplit de plus en plus vite. Nous allons la maintenir en remerciant encore l’Abbaye de Fontgombault et son Père Abbé. Cette retraite nous permet de donner à Dieu ce temps qui est la prière, peut-être en suppléance de celui que nous ne donnons pas suffisamment dans la vie de tous les jours.

*
* *


Joyeux temps de l’Avent !


En ce début de temps de l’Avent, je vous propose de lire un petit texte devant le tableau de La Nativité peint en 1622 par Gerrit van Honthorst. (1)

Honthorst.jpg

C’est un extrait d’un texte bien connu pour son auteur, Jean-Paul Sartre, écrit dans un camp de prisonniers français en 1940. Au second plan du tableau, dans l’ombre et la discrétion, vous découvrirez Saint Joseph père attentif et serviteur de Notre Seigneur à qui notre prochain pèlerinage sera dédié. Mais lisons le texte « … Joseph ? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu est venu dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté, et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer. »

Je vous souhaite, ainsi qu’à toutes vos familles, un saint temps de l’Avent et un joyeux Noël. Prions pour les défunts amis de Notre Dame de Chrétienté : Charles Houdet, Arnaud de Lassus, Gérard de Rosny, Jehan de Saint Chamas. Que la Sainte Vierge protège également nos amis malades, je pense tout spécialement à Alain Huser et Pierre Vouters.

Saint Joseph, priez pour nous.

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président

(1) En remerciant le site PRIXM, découvert au retour d’un récent pèlerinage en Terre Sainte, de nous avoir donné « involontairement » l’idée de cet Appel de Chartres.

Dimanche 12 novembre 2017

Appel de Chartres n°214


Vive la différence !


xavier-hennequart.jpgNotre époque tend à vouloir imposer un égalitarisme de plus en plus prégnant.
La non-reconnaissance de l’altérité entre un homme et une femme, la théorie du gender, le politiquement correct imposant un prêt à penser, la non-discrimination sont autant d’illustrations de ce refus de la différence.

Et pourtant, il suffit d’observer la réalité autour de nous pour constater que nous sommes tous habillés différemment, pratiquons des occupations différentes, avons des goûts divers pour ne prendre que quelques exemples.
Ne serait-ce pas la preuve que nous sommes tous différents?

Revenons au récit des origines.

Une égalité, une différence voulues par Dieu

Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu (1)

L’homme tient une place unique dans la création, il est « à l’image de Dieu » :
. Chacun de nous possède une infime partie des attributs divins. Il existe donc bien une part aimable chez chacun d’entre nous, comme chez la pire des crapules ou chez nos ennemis.
. Notre diversité dans les dons reçus, révèle la richesse infinie des dons de Dieu.

Il les créa ; homme et femme, Il les créa. (2)

Créés et voulus par Dieu dans une parfaite égalité et une même dignité « à l’image de Dieu » (3), le Créateur nous a volontairement créés différents à commencer par l’homme et la femme mais aussi dans les dons prodigués à chacun.
Chacun d’entre nous est un être unique et a sa place dans le plan de Dieu. Dieu nous a donné le pouvoir d’être cause du bien qu’il veut réaliser (4).

Pourquoi Dieu nous a-t-il créés différents ?

La réponse nous est donnée par Dieu le Père à sainte Catherine de Sienne :

« Mes dons sont temporels ou spirituels. J’appelle temporels toutes les choses nécessaires à la vie de l’homme, et ces choses je les dispense avec une grande inégalité. Je ne les donne pas toutes à un seul, afin que des besoins réciproques deviennent une occasion de vertu et un moyen d’exercer la charité. II m’était très facile de donner à chacun ce qui est utile à son corps et à son âme ; mais j’ai voulu que tous les hommes eussent besoin les uns des autres pour devenir ainsi les ministres et les dispensateurs des dons qu’ils ont reçus de moi. Que l’homme le veuille ou non, il est forcé d’exercer la charité envers son prochain : seulement, si cette charité ne s’exerce pas par amour pour moi, elle ne sert de rien dans l’ordre de la grâce. »

« … C’est pour organiser la charité que j’ai rendu les hommes mes ministres, et que je les ai placés dans des états et des rapports si différents. (5) »

La réponse est claire, personne ne possède ni toutes les qualités ni tous les dons divins. Les échanges avec Dieu, source de tout bien, et autrui bénéficiaire d’une partie de ses dons, constituent une vraie source d’enrichissement.

Pourquoi ne pas faire jouer les complémentarités entre les personnes et mettre en pratique la communication mutuelle des biens (6) ?

C’est par cette complémentarité nécessaire des dons de chacun que nous œuvrons ensemble pour accomplir le bien.

Plusieurs exemples l’attestent :
- l’entraide dans une famille entre les enfants disposant de qualités ou de tempéraments différents.
- Le scoutisme développe le sens des autres. D'ailleurs, le salut scout ne matérialise-t-il pas la protection du faible par le fort? - Les mondes de l’entreprise ou associatif sont des communautés de personnes et sont aussi des lieux privilégiés d’exercice de la charité.

Œuvrer pour restaurer la chrétienté

Chrétien, disciple de Jésus-Christ, mettons en pratique la devise du grand pape Saint Pie X : « omnia intaurare in Christo » « tout restaurer dans le Christ (7) »

C’est notre mission ! Nous n’avons pas reçu la foi pour garder notre lampe sous le boisseau mais pour faire connaître la Vérité de Jésus-Christ : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

A la question posée sur le premier des commandements, Jésus-Christ répond :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force ! Voici le second : "tu aimeras ton prochain comme toi même". Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (8)

Etre missionnaire c’est parler de Jésus-Christ.

Pour bien en parler il faut le connaître. C’est pour cela que Notre Dame de Chrétienté met à votre disposition un ensemble de ressources dans la rubrique formation de son site www.nd-chretiente.com, profitez-en!

En ce mois de novembre, pensons à nos défunts et prions aussi à l’intention des âmes du purgatoire, la charité c’est aussi cela.

Rappelons nous les paroles de la Sainte Vierge en cette année du centenaire des apparitions de Fatima :

« Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer, parce qu'il n'y a personne qui se sacrifie et prie pour elles. (9) »

Quoi qu’il en soit de la vocation de chacun, la parole de saint Jean de la Croix nous concerne tous :

« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'Amour »

Xavier Hennequart
Responsable de la formation


(1) Genèse 1,27 La Bible – Chanoine Emile Osty
(2) Genèse 1,28 La Bible – Chanoine Emile Osty
(3) Catéchisme de l’Eglise Catholique n°369
(4) St Thomas d’Aquin - Somme théologique Ia, q103, a.6
(5) « Le dialogue » - Don de la discrétion Chp VI - Sainte Catherine de Sienne – Editions Tequi
(6) Exercices spirituels de Saint Ignace n°231 : « L’amour consiste dans la communication mutuelle des biens. »
(7) Devise de Saint Pie X - verset de Saint Paul, Ephésiens 1, 10, "Instaurare omnia in Christo"
(8) Mc 12, 29-31
(9) Apparition de Notre Dame aux 3 pastoureaux de Fatima le 19 août 1917

mercredi 18 octobre 2017

Appel de Chartres n°213

On a tous droit à un portable !



abbe-garnier2017.jpgBien chers amis pèlerins,
Anciens et nouveaux,
Chers confrères prêtres et religieuses,
Chères sœurs,

J'appelai un jour un paroissien, qui décrocha et me dit qu'il récitait son chapelet avec ses proches. J'ai proposé de le rappeler, malgré son obligeance et sa disponibilité... Au fond, il était déjà « en ligne « !

Le rosaire, (ou le chapelet qui en est une partie), c'est... notre indispensable !
La culture pub, la science de la consommation a réinventé et multiplié les « indispensables » : besoins, dépendances consenties ou non, et avec la peur de perdre, de ne pas avoir, de manquer...
Voici un exemple; la « nomophobie »... Ce mot valise, curieux mélange d'anglais et de grec, désigne la peur panique de perdre son portable... et la sensation d'être coupé du monde, privé de communication lorsque cela arrive... « coupé du réel » !!
Je vous propose une autre dépendance connue, acceptée, entretenue ; la « noprayphobie »... ni peur, ni scrupule, mais plutôt crainte aimante de perdre la prière quotidienne... et d'être coupé de Dieu, privé de communication, d'échange, de conversation avec Lui.

Et maintenant, je vous présente ce portable, cet indispensable d'un nouveau genre.
Existe en plusieurs modèles; 10 touches – 50 – 150 ! Peut-être ne les utiliserez-vous pas toutes en un seul jour...
Il capte partout, en très haut débit... En l'utilisant on est connecté au plus grand réseau social qui soit; la communion des saints.
Pas besoin de cable et de batterie. Il ne se décharge jamais! Au contraire, il gagne en efficacité à mesure qu'on l'utilise !
Les forfaits possibles:150 SMS + 15 MMS + 15 Tweets – mais il y a aussi le forfait 50, et 10.
Le volume? On peut l'utiliser sur différents modes – haut parleur ou silencieux... On passe d'ailleurs ordinairement et progressivement de l'un à l'autre.
Les applis? Il donne accès à la 3C; CONNAISSANCE de foi plus intime du Seigneur et de la Sainte Vierge – CHARITÉ plus ardente – CONFORMITÉ plus grande.
Les mises à jour? Pas besoin... La Sainte Vierge, les souverains pontifes, les saints s'en sont occupés.
En cas de perte ? Il se remplace aisément, et peu importe le modèle, les fonctionnalités sont toujours les mêmes. Pas besoin de le faire sonner pour le retrouver.
Les précautions d'emploi ;
Il s'utilise en voiture (et sans perdre des points) – en marchant - en repassant – ou mieux, en ne faisant rien d'autre. Il y a un kit mains libres, en comptant seulement sur le bout des doigts.
Il tient dans le sac à main,... et si les enfants l'utilisent en cachette, surtout, laissez les faire ! Mieux encore, montrez-leur comment ça marche !
Il se glisse facilement dans les poches ; s'il passe au lavage, ce n'est pas bien grave ; il marche encore !
Sur la table de nuit ; en cas d'insomnie, c'est un excellent passe temps.
Au réveil, où se soulèvent (durement parfois) l'âme et le corps... c'est un « pense bête à prière ».
Dans le sac de vacances, de camp, de WE scout ou louveteau... Il complète avantageusement la panoplie de Carrick et Decathlon.
Conseils d'utilisation...
Si vous trouvez que « cela fait beaucoup », même en partie, que c'est du « déjà vu »... Economisez du temps sur les autres portables (écran ou téléphone), pour pianoter sur celui-ci. Comparez seulement le nombre de tweets, mails et sms envoyés (bien légitimement, parfois) – avec le nombre de Pater et d'Ave consentis chaque jour...

Oui, merveilleux portable – authentique indispensable
Vous y trouverez non seulement le son, mais encore l'image !
Car on y apprend, non plus seulement à voir, mais à regarder le Seigneur
non plus à l'entendre, mais à l'écouter
non plus à le sentir, mais à le gouter.
Pédagogie spirituelle ordinaire, mais féconde.
« Voilà ce que j'aime dans le chapelet, c'est qu'il est simple, dit Dieu (1)».

O rosaire, (ou chapelet, ou dizainier), douce chaine qui nous relie à Dieu,
nous ne te lâcherons plus!
Et tu seras sans doute le secret de bien d'autres fidélités
choisies, tenues ou reprises dans l'Eglise, dans la cité, dans nos âmes.

Abbé Alexis Garnier,
Aumônier Général de Notre-Dame de Chrétienté.

(1) Charles PEGUY.

mercredi 27 septembre 2017

Appel de Chartres n°212


En marche... vers Notre Dame de Chartres !

ndc2017_0365.jpg
NDC a fait sa rentrée le 8 septembre et nous avons préparé les grands projets de l’année qui arrive dans notre QG favori.

D’abord, et je vous en avais parlé le dimanche de Pentecôte, nous devons adapter le pèlerinage au nombre grandissant de pèlerins. Nous avons, cette année, dû fermer les inscriptions des chapitres Familles, Enfants, Pastoureaux plusieurs semaines avant le pèlerinage. Comment améliorer cela et tenter de concilier notre vocation missionnaire avec les exigences de sécurité ?
Le renouvellement de postes importants sera également une de nos préoccupations. Certains postes sont très exigeants (toute l’année !) et il est bien légitime de faire tourner les responsables qui donnent beaucoup de leur temps. N’hésitez pas à proposer vos services à NDC. Parlez-en à votre Chef de Région, au cadre de la Direction Soutiens que vous connaissez. Ecrivez-nous, au secrétariat

ou à mon attention. Nous avons besoin de vous, quel que soit votre âge ou votre lieu d’habitation.


La formation reste une des priorités de NDC. Les vidéo-formations vont continuer mais il nous faut faire encore davantage car les besoins actuels des pèlerins sont immenses.
J’aimerais que, cette année (en 2018), les chefs de chapitres et leurs adjoints, sans oublier la direction des Soutiens, participent largement aux récollections que nous organiserons au premier trimestre de l’année prochaine. Je sais combien il est difficile de s’engager aussi tôt dans l’année mais cet effort est nécessaire pour préparer ces 3 journées qui peuvent changer une vie !

Nous avons noté les imperfections de notre organisation. Nous avons écouté vos remarques, lu vos courriers. Des décisions, selon nos moyens, seront prises pour améliorer matériellement le pèlerinage. Les équipes Soutiens font un travail magnifique, difficile par sa technicité. Ces équipes sont la vitrine du pèlerinage et nous comptons encore et toujours sur elles.

Parmi les rendez-vous de rentrée, merci de noter sur vos agendas l’Université d’Automne le 18 novembre et la retraite à Fontgombault les 2 et 3 décembre 2017 prêchée par l’abbé Garnier et les moines de l’Abbaye. Ces événements sont ouverts à tous, il suffit de vous inscrire. Regardez sur notre site le programme de l’Université d’Automne. Venez nombreux, c’est une belle occasion de nous rencontrer.

Je termine ce premier éditorial de l’année avec quelques mots sur le Congrès Summorum Pontificum dans le cadre prestigieux de l’Angelicum à Rome (université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin) où j’ai assisté le 14 septembre au cycle de conférences de la journée. Ce Congrès fêtait les 10 années du Motu Proprio signé par Benoît XVI, le 7 juillet 2007. Avec l’abbé Garnier nous avons pu rencontrer les cardinaux Burke, Sarah, Müller, Monseigneur Pozzo entre autres, leur parler de notre dernier pèlerinage, de notre histoire et de nos projets. De nombreux supérieurs de communautés amies étaient présents ainsi que beaucoup de pèlerins. Il est toujours émouvant de réaliser combien notre pèlerinage est connu et son rayonnement considérable.

Le cardinal Sarah nous a rappelé que l’« on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » (Matthieu 5,15). Il pensait aux fruits du Motu Proprio Summorum Ponticum et il compte sur nous, pèlerins de Chartres, pour participer à l’effort missionnaire dont la France a tant besoin.

Nos politiques de tous bords ont voulu effacer la religion dans notre pays. Nous voyons les fruits de cette société sans Dieu. Au risque de répéter ce que je vous disais en introduction de la dernière Université d’Automne 2016, la Vème République héritière de la IIIème République refuse la dimension religieuse de l’homme, l’histoire chrétienne de la France, la culture catholique. Pourquoi cette hystérie ? Pourquoi cette haine envers Dieu ? Il faut remonter à la Révolution française pour le comprendre. Contre ces mensonges et ces outrances Notre Dame de Chrétienté appelle à la Chrétienté, vocation de notre pays. Nos longues marches, nos prières, nos chants, notre histoire crient justice contre cette société sans Dieu.
Commençons notre année avec Dom Pateau, en espérant que vous lirez sa conférence (texte à lire ici) donnée à l’Angelicum, rappelant Benoît XVI dans son discours du 9 septembre 2007 à l’Abbaye de Heiligenkreuz : « Célébrez la sainte liturgie en ayant le regard tourné vers Dieu dans la communion des Saints, de l’Église vivante de tous les lieux et de tous les temps afin qu’elle devienne l’expression de la beauté et de la sublimité de ce Dieu ami des hommes ! »

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président de Notre Dame de Chrétienté

samedi 10 juin 2017

Appel de Chartres n°211


adc211.jpgAmis pèlerins, bonjour !

Après un pèlerinage, nous recevons des centaines de mots, des remerciements très touchants pour la plupart. Je ne vous réponds pas toujours, pardonnez-moi, mais je peux vous assurer que tous les messages sont lus. Ils nous encouragent grandement dans la tâche, chaque année plus lourde, de la préparation du pèlerinage. Nous avons même fait cette année une petite brochure « Fioretti de chrétienté - 3 jours pour Dieu sur la route de Chartres » (1) avec textes et photos qui raconte le pèlerinage à ceux qui ne le connaissent pas et hésitent encore à partir un week-end de Pentecôte pour marcher 100 kilomètres.

Il y a quelques jours, juste après le pèlerinage, le mot d’une pèlerine m’a beaucoup faire rire : « Après deux jours passés hors des colonnes du pèlerinage, je me suis rendu compte à quel point la voix du speaker m'aidait à me lever de bon matin. Aussi, serait-il possible d'en avoir un enregistrement audio afin que je puisse l’utiliser comme sonnerie de réveil? Mon employeur vous en serait très reconnaissant. » Nous allons certainement utiliser, chère pèlerine, cette bonne idée sur notre nouveau site internet qui devrait être prêt pour notre prochaine Université d’automne (18 novembre).

Vous l’avez constaté samedi matin, au départ de la colonne à Notre Dame de Paris, après le magnifique mot d’envoi du RP Louis-Marie de Blignières, la messe célébrée par le Chanoine Guelfucci et le sermon de Monseigneur Chauvet, nous étions cette année vraiment très nombreux. Ne soyez pas impatients, je ne vous donnerai pas les chiffres définitifs, je les réserve à ceux qui viendront à la messe d’action de grâces à Saint Odile, jeudi prochain 15 juin à 19h30.
Deo gratias ! Nous avons eu un très beau pèlerinage, difficile à organiser dans le contexte actuel mais les équipes de la Direction Soutiens ont fait un travail magnifique pour accueillir le chiffre record de 230 chapitres rassemblés par la Direction des Pèlerins ! Nous avons été efficacement protégés par nos deux paratonnerres, les chapitres Enfants et les Anges gardiens, les pèlerins non marcheurs qui du monde entier prient avec nous pendant les 3 jours. Ils étaient cette année en très grand nombre. J’ai une pensée toute particulière pour ce groupe Anges gardiens des Antilles et son aumônier qui nous a promis des photos que nous mettrons sur le site.

Je garderai en mémoire la messe des Courlis célébrée par Monseigneur Schmitz, l’arrivée des enfants à Gas, accueillis par le cardinal Burke, sa visite des chapitres Familles et Adultes. J’ai pu constater combien il était compliqué de canaliser une colonne de pèlerins descendant un chemin pentu pour s’agenouiller devant un cardinal !

Le dimanche soir, nous avions organisé une petite fête autour d’Hubert de Gestas avec sa famille et quelques amis. Nous voulions le remercier de ses 35 années de service, des premiers jours à aujourd’hui, à tous les postes dont celui de président pendant 7 années. Le cardinal Burke lui a remis un cadeau qui lui rappellera nos marches de Pentecôte.
Le Salut du Saint Sacrement, la Consécration au Cœur Immaculée de Marie en cette année du centenaire de Fatima auront réuni de nombreux pèlerins fervents jusqu’au petit matin.
Enfin, le lundi de Pentecôte après-midi, le cardinal Burke et Monseigneur Pansard ont accueilli les pèlerins entrant dans la cathédrale (trop peu malheureusement!). Nous avions la joie d’avoir au premier rang le tout nouveau chapitre Saint Gilles pour les personnes handicapées mentales dont le chef de chapitre (Enguerrand Savy) est un ancien du chapitre Enfants Saint Michel qui m’est cher. Le pèlerinage est une chaîne qui réunit les générations et entremêle les souvenirs.
L’ostension du Voile de la Sainte Vierge en l’honneur de Notre Dame de Fatima avant l’arrivée des bannières, la procession et la Sainte Messe célébrée par le cardinal Burke ont enfin terminé notre trente-cinquième pèlerinage.
En votre nom à tous, pèlerins marcheurs et Anges Gardiens, j’ai remercié le cardinal Burke d’avoir honoré Notre Dame de Chrétienté de sa présence, en l’assurant de nos prières et de notre reconnaissance.

Comme je vous l’ai dit pendant le pèlerinage, nous allons devoir adapter notre organisation pour mieux accueillir les toujours plus nombreux pèlerins de demain. De fidèles amis vont laisser leurs postes, ce qui est tout à fait normal, même si nous les regrettons déjà ; de nouveaux cadres vont prendre leurs fonctions au service de la Sainte Vierge. Toutes les bonnes volontés seront nécessaires.

A bientôt à Saint Odile pour la messe d’action de grâces (jeudi 15 juin prochain à 19h30).

Notre-Dame de Fatima, gardez-nous fidèles ; Saint Joseph, aidez-nous à servir ; Saint Michel, dans le combat défendez-nous.

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président

(1) Brochure en vente à Notre Dame de Chrétienté

mardi 16 mai 2017

Appel de Chartres n°210


Non confundar!


abbe-garnier.jpgChers amis pèlerins,

Lorsque la France tremblait devant l'invasion prussienne, et que s'effondrait le régime de Napoléon III, des âmes inquiètes venaient interroger la petite Bernadette, cherchant auprès de la «saintoune» une lumière au milieu de l'obscurité. Elle leur répondait paisiblement ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes».

Notre temps est celui des espoirs déçus. Et donc celui de l'Espérance relevée.
Paradoxe ? Jolie formule ? Non. C'est le prolongement dans la vie de l'Eglise et de nos âmes du Mystère de Jésus. Mais cette profondeur du mystère de bonté et d'iniquité nous étonne, nous déconcerte, nous effraie.
Au bout des attentes messianiques, des enthousiasmes, des tentatives de couronnement terrestre, il y eut le retournement des foules, la couronne d'épines et la condamnation à mort.
Au bout des enthousiasmes, des protestations de fidélité, il y eut les lâchetés et les abandons.
Au bout des rayons de transfiguration, il y eut l'heure de la Puissance des ténèbres, l'obscurité dans l'âme de Jésus et dans les cieux à la sixième heure. Après le Thabor, il y eut Gethsemani et le Golgotha.
« Ce que nous prenons pour la fin n'est que le commencement (1) ». Etait-ce la fin ? Non.
Et l'âme de Jésus en croix, plongée en déréliction, chantait déjà en sa partie haute le salut accompli, l'Esperance affermie. Le prélude de la résurrection.

Quelle est donc la vraie hauteur de l'Espérance ?
L'espérance porte sur un bien, et sur le secours qui permet de l'obtenir. Le principal de l’espérance est la béatitude, Bien ultime, et la toute-puissance divine, la miséricorde divine secourable. L'Espérance est permise, ensuite, du côté des homme ou des créatures, des événements, des œuvres, des institutions. Parce que tout cela nous aide à rechercher les biens ordonnés à la béatitude (2).
Donc la hauteur définitive de l’espérance est celle de Dieu. « In Te Domine speravi ».

Amis pèlerins, à quelle hauteur d'espérance vivons-nous ?
C'est la question de Jésus aux Apôtres abattus, aux lendemains de résurrection. C'est la question que nous posent les douloureux événements qui secouent la vie de l'Eglise, de nos pays, de nos familles, de nos communautés. Est-ce que notre espérance n'est pas à ce point tournée vers des biens temporels, des succès terrestres, que nous la voyons ensuite affaissée, effondrée avec l'échec ou la déconvenue à vue humaine ? Alors « l'espoir vaincu pleure (3) »... Et peut-être méritons-nous le sage conseil de la petite bigourdane ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes ».

Avec Notre Dame, à bonne hauteur d'espérance.
L'Espérance plantée en nos âmes et relevée...
C'est la grâce de Notre Dame !
C'est celle du pèlerinage !
C'est celle du temps pascal !
Etre affermis dans cette Espérance qui ne déçoit pas. « Spes non confundit (4) »

« In te Domine, speravi, non confundar in aeternum (5) »
L'Esperance est une toute petite fille, souriante et paisible, qui nous attend.
Elle nous attend !
… Au bout de nos attentes et de nos espoirs humains
… au bout de nos déceptions et de nos abattements d'âme.
Alors, chers amis pèlerins, soyez plus que jamais des porteurs, des éveilleurs de cette Espérance qui ne déçoit pas. Et pour cela, venez prier, marcher (pour ceux qui le peuvent), servir, offrir, aimer durant ces 3 jours de Pentecôte prochaine. Venez tremper vos âmes dans ce flot d'espérance vraie qui coule du Coeur ouvert du Seigneur, passant par les mains et le Coeur immaculé de Marie. Et vous serez plus forts pour les défis et les luttes de ce temps... Plus fort pour vous engager au service de l'Eglise, du pays, de la famille, de l'école, du scoutisme, … et de tant d'autres œuvres de résistance.

Dans cette attente, je vous assure de ma prière à toutes vos intentions.
« In Te Domine... En Vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance, je ne serai pas déçu pour l'éternité » !

Abbé Alexis Garnier,
Aumônier Général de Notre-Dame de Chrétienté.


___
(1) Victor HUGO, Les Contemplations - A Villequier.
(2) Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, qu 17, a 4.
(3) Charles BAUDELAIRE, Spleen, LXXVIII.
(4) Romains, V, 5.
(5) Psaume 70, 1 (Vulgate).

vendredi 14 avril 2017

Appel de Chartres n°209


Message privé aux pèlerins français…


herve-rolland2012.jpgChers pèlerins (et candidats-pèlerins) français, permettez-moi de vous adresser un message direct !

Comme nous sommes dans la joie de Pâques, dans l’immensité de la Résurrection de Notre Seigneur, il m’est facile de vous proposer un programme simple : prolonger cette joie, et l’accompagner de l’envie et de la fierté. Pourquoi ces trois priorités ? Parce que ce sont celles qui nous manquent le plus en ce moment.

La joie tout d’abord,
afin que nous, Français, puissions lutter contre notre penchant favori : râler… Les Français ne font presque plus que cela ! Bien entendu, les motifs pour se plaindre sont nombreux et ces derniers mois ont vu se multiplier les mauvaises nouvelles, jusqu’à l’horreur d’un prêtre assassiné à l’autel. On peut aussi évoquer les attaques continuelles contre la Vie, la Famille, l’école, l’autorité, dénoncer la paralysie de certains responsables politiques, détailler les difficultés économiques, bref, on peut multiplier les raisons d’être inquiet.

Pourquoi râle-t-on ? Parce qu’on a peur, tout simplement. Voilà pourquoi on trouve si facilement des ‘camarades de râlerie’, grande spécialité française. Avec eux, on partage ses frustrations et on essaie de vider sa peur. Râler nous met en sécurité, surtout râler à plusieurs. Arrêter de râler, c’est changer d’état d’esprit, c’est reprendre sa vie en main. Oui, le monde est anxiogène, mais a-t-il vraiment existé un âge d’or où ‘c’était mieux avant ?’. Nos frères chrétiens durement persécutés aujourd’hui dans tant de pays (on parle de 215 millions d’entre eux !) ne subissent-ils pas un sort bien plus grave que le nôtre ?

Cette attitude de peureux et de geignards ne convient à des chrétiens : Jean-Paul II a été clair. Lui qui affronta directement la tyrannie, en fit son premier message de Pape élu: ‘N’ayez pas peur’.

Retrouvons l’envie.
L’envie de dire au monde, à nos contemporains qu’il y a aussi une Bonne Nouvelle, que Dieu nous attend dans l’éternité, qui commence aujourd’hui. Que sa Mère, la Sainte Vierge, tant de fois apparue sur notre terre de France, nous regarde et parle pour nous à son Fils. Elle qui de son ‘Fiat’ librement donné, a changé l’histoire de l’humanité. C’est elle, la Mère de Dieu, que nous prierons sur les routes de Chartres en juin.
Si nous n’annonçons pas l’Evangile, avec joie, si nous n’en avons pas envie, qui le fera ?

Nous avons envie que les choses changent ? Alors, ayons envie de partager le bonheur d’être catholiques. Pour cela, mobilisons-nous, préparons notre pèlerinage, invitons-y nos amis, des camarades d’école, d’université, de travail. Dites-leur « Venez et voyez ».

Enfin, la fierté.
On nous observe, on nous regarde passer sur les routes. Lisez les témoignages de Français convertis à l’Islam : pour la plupart d’entre eux, c’est la fierté affichée par les Musulmans qui a été déterminante. Et nous, qui portons l’amour du Christ, Dieu fait homme, celui qui est la Voie, la Vérité, la Vie, montrons-nous une telle fierté ?

Français, notre patrie est ‘fille aînée de l’Eglise’, elle lui a donné tant de saints. Notre fierté, partageons-la ! A chaque Pentecôte, nous déployons nos étendards, nos croix, nos bannières, nous prions et nous chantons : parce que nous sommes heureux et fiers d’appartenir au Christ et à son Eglise, et de l’annoncer haut et fort. Et fiers d’être Français, le ‘pays que Dieu aime’.

Oui, ‘Vive le Christ qui aime les Francs’, proclame déjà la loi de Clovis.

Français, rendez-vous samedi 3 juin 6h30 à ND de Paris, avec tous ceux que vous aurez invités.

Ps : chers pèlerins étrangers qui lisez cette tribune, vous serez là aussi et nous nous réjouissons de vous retrouver !

Hervé Rolland
Délégué Général NDC

mardi 04 avril 2017

Appel de Chartres n°208


adc208-1.jpg

Le pèlerinage de Chartres, un rendez-vous incontournable !


adc208-2.jpgOn me demande pour quelle raison, chaque année, à la Pentecôte, je sors de mon placard mes chaussures de marche, mon gros sac, mon tapis de sol et mon duvet.
Pourquoi, alors que les beaux jours arrivent, je décide tous les ans de marcher de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres.
Comme de nombreux pèlerins et pèlerines, j’ai fait de ce pèlerinage un rendez-vous incontournable car j’aime retrouver cette ferveur que tous partagent, en particulier les enfants, malgré leur fatigue. J’aime faire une pause dans un quotidien qui va toujours trop vite. J’aime me dire que Jésus est heureux de nous voir marcher en chantant, assister à la Sainte Messe et qu’Il se réjouit de toutes ces âmes qui reviennent à Lui.
Mais, par-dessus tout, je marche parce que je crois qu’il n’y a pas de prière plus efficace qu’une souffrance offerte joyeusement pour l’amour du Bon Dieu. La vie nous donne des occasions de souffrir - personne n’est épargné - mais c’est si difficile d’offrir cette souffrance à Jésus. Dans le cadre d’un pèlerinage, la douleur des pieds et la fatigue sont toutes tournées vers le Bon Dieu.
Sainte Teresa de Calcutta nous a enseigné de très jolies choses sur la souffrance : « Je dis toujours aux gens qui souffrent que la souffrance est un baiser de Jésus, un signe qu'ils sont tout près de Lui sur la croix, tellement près, que là, Jésus peut les embrasser ».
Qui pourrait désirer autre chose que cela ?

adc208-3.jpgVenir marcher sur les routes de Chartres, c’est faire en sorte de se rapprocher du Cœur de Jésus, par l’intermédiaire de sa maman qui est chantée, louée et honorée pendant trois jours. Trois jours de rosaires, de méditations, d’invitation à une plus grande intimité avec son Créateur.
Votre cœur est chargé de peine ? Alors n’hésitez plus ! Prenez à votre tour vos chaussures de marche, votre gros sac, votre tapis de sol et votre duvet.
N’ayez pas peur de ne pas y arriver, le Christ marchera à nos côtés. « Apporte toutes tes souffrances à ses pieds », nous encourage mère Teresa. « Ouvre seulement ton cœur pour qu'Il t'aime tel que tu es ; Il fera le reste ».

Faisons-lui confiance et marchons joyeusement pour la plus grande gloire de Dieu à la suite de Charles Péguy dans les bras de la Vierge Marie. « Partir, marcher droit, arriver quelque part », écrivait-il. « Arriver ailleurs plutôt que de ne pas arriver. Arriver où on n’allait pas plutôt que de ne pas arriver. Avant tout arriver. Tout plutôt que de vaguer. »

Bon carême à tous !

Marine Rondot
Une pèlerine

Présentation de la Beauce à ND de Chartres


adc208-4.jpg
« … Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.
Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours,
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches.

Vous nous voyez marcher, nous sommes la piétaille.
Nous n’avançons jamais que d’un pas à la fois.
Mais vingt siècles de peuple et vingt siècles de rois.
Et toute leur séquelle et toute leur volaille



Nous arrivons vers vous du lointain Parisis.
Nous avons pour trois jours quitté notre boutique,
Et l’archéologie avec la sémantique,
Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits.

D’autres viendront vers vous du lointain Beauvaisis.
Nous avons pour trois jours laissé notre négoce,
Et la rumeur géante et la ville colosse,
D’autres viendront vers vous du lointain Cambrésis.

Nous arrivons vers vous de Paris capitale.
C’est là que nous avons notre gouvernement,
Et notre temps perdu dans le lanternement,
Et notre liberté décevante et totale.

Nous arrivons vers vous de l’autre Notre Dame,
De celle qui s’élève au cœur de la cité,
Dans sa royale robe et dans sa majesté,
Dans sa magnificence et sa justesse d’âme. »

Charles Péguy

jeudi 16 février 2017

Appel de Chartres n°207


D-Pinoteau-chartres.jpgChers amis,

En ce dimanche de la Septuagésime, nous entrons dans la préparation du Carême, qui nous mènera dans seulement 70 jours vers Pâques. Puis encore 50 jours et c’est la Pentecôte. Nous voici maintenant avec notre pèlerinage en ligne de mire, dans ce temps également de préparation active et laborieuse. Et déjà le temps court jusqu’à ce rendez-vous sur le parvis de Notre Dame de Paris. Déjà, Chartres sonne, Chartres nous appelle ! Comment allons-nous vivre ces quelques 120 jours qui nous séparent de l’envoi dans la cathédrale?

Chers amis pèlerins « des Soutiens »,
Voilà déjà 7 mois que certains d’entre nous travaillent à construire notre millésime 2017. Changements dans l’itinéraire, améliorations diverses, investissements… et maintenant des règles de sécurité toujours plus présentes à mettre en œuvre. La route est encore longue jusqu’à la Pentecôte. Et nous avons encore tant de soucis et de tracas à confier à Marie, Mère de Dieu, que notre thème de l’année nous propose justement de méditer. Nous devrons lutter et peiner pour arriver au bout, comme chaque année depuis 35 ans, et n’oublions pas de lui confier toutes nos difficultés. Demandons donc à Marie, qui comme mère de la sainte Famille devait bien organiser les choses, de nous aider à préparer nos missions, nos équipes. Vous êtes déjà plus d’une centaine à vous être fermement engagés pour être au rendez-vous, merci de votre dévouement. « Allez, vous aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste » nous dit le Christ ce dimanche de la Septuagésime (Matt, XX, 4). Allons encore chercher, si vous le voulez bien, de nouveaux ouvriers pour nous aider à la vigne et prendre la relève.

Chers amis pèlerins « marcheurs »,
Vous qui vous apprêtez, parfois depuis de nombreuses années, à venir vivre ces trois jours avec vos chapitres, micro-chrétientés fugaces, vous allez sans doute vous préparer en vous appropriant le thème de l’année, peut-être avec les excellentes vidéos- formations, par exemple. Alors, n’oubliez pas non plus de vous demander si vous pourriez rendre service à notre pélé, en vous engageant dans les Soutiens, un pélé sur trois, comme le conseillait notre aumônier général, l’abbé Garnier. « Mais je veux donner à ces derniers autant qu’à toi » (Matt, XX, 14), dit encore le Seigneur aux ouvriers de la première heure, dans l’évangile de ce jour. Soyez sûrs que vous serez récompensés si vous nous rejoignez cette année, autant que ceux qui soutiennent depuis des décennies. Alors n’hésitez pas !
Quant à vous, chers chefs de chapitre, que ces 120 jours vous permettent de préparer par la méditation le beau thème de l’année. Mais pendant les trois jours, vous aurez aussi des consignes d’organisation et de sécurité, beaucoup plus concrètes, à faire respecter. Si elles vous coûtent mais que vous les appliquez, alors elles ne vous apporteront que plus de mérites dans la Jérusalem céleste. Profitez-en et priez pour ceux qui doivent vous les imposer par devoir. C’est vous qui avez les mérites de l’obéissance.

Chers amis pèlerins « Anges-gardiens »,
Nous avons besoin de vos prières dès aujourd’hui. Nous rentrons avec les équipes des Soutiens dans la phase d’organisation complexe. Nous ne sommes que les instruments de la volonté de Dieu et nos mérites ne sont que des dons de Dieu. Il ne faut pas grand-chose pour remettre en question notre pèlerinage, alors priez Sainte Marie, Mère de Dieu, que des solutions apparaissent quand nous sommes bloqués. « Dressez-vous Seigneur, ne laissez pas à l’homme le dernier mot » (Ps 9), pouvions-nous entendre dans le graduel de la Messe d’aujourd’hui. Que vos prières fassent que notre grand rendez-vous de Chrétienté, le plus grand pèlerinage d’Europe, qui gêne tant de monde dans cette France moderne et déchristianisée, puisse continuer demain par la volonté de Dieu. Et priez pour nos familles qui, par leur patience et leur compréhension, sont les co-organisatrices de ce pèlerinage.

Notre Dame de Paris, priez pour nous !
Notre Dame de Chartres, priez pour nous !
Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous !


Le 12 février 2017, dimanche de la Septuagésime.

Denis Pinoteau
Directeur des Soutiens

mercredi 18 janvier 2017

Appel de Chartres n°206


Que résonne dès aujourd’hui l’appel de Chartres !


Chers amis pèlerins,

Noël est déjà derrière nous, laissant le regret d’un temps très pur et si court.

Sans respiration, l’agenda pousse les jours. Sans répit, il nous précipite dans une nouvelle année chargée de bien des menaces mais riche aussi de bien des grâces.

La chrétienté de France va mal. Après une temporisation des attaques, des lois nouvelles - que n’arrêtent même pas les cris des foules rassemblées - se succèdent et rongent le socle de la Loi Naturelle sur laquelle elle est fondée.

La mémoire collective, chargée de culture chrétienne, s’efface doucement dans l’indifférence générale. Elle est remplacée par un consumérisme qui gomme les signes de toutes les traditions forgées à l’abri des paroisses et qui formaient l’armature invisible de la Fille ainée de l’Eglise. Le mot Tradition est sommé de rester au banc. Privée de forces vives, la chrétienté de France semble épuisée et condamnée à abandonner son rôle missionnaire qui tant de fois lui a permis de redresser des situations désespérées.

Au regard de tout cela, le pèlerinage de Chartres est un paradoxe qui traverse cette époque dénaturée comme la colonne traverse la Beauce. Il s’assemble un matin, dans les cantiques et les prières. Sans complexe, il traverse un Paris ahuri et sa joie réveille sa banlieue désespérée. Il avance par champs et bois, trois jours durant, qui laisseront plus de grâces dans les cœurs et le secret des âmes que de traces de pas sur les chemins.

Ce Pèlerinage est pour la terre de France un événements spirituels de masse qui porte signe visible d’Espérance. Il est le fruit des sacrifices de quelques-unes et quelques-uns qui, durant des mois, ne cessent de le préparer. Il doit aussi beaucoup à quelques centaines de chefs de Chapitres qui chaque année se chargent d’accueillir, d’entraîner, d’enseigner, de soutenir et de conduire leurs pèlerins, et à qui l’on doit mille mercis pour avoir pris ce service.

Ce pèlerinage est en lui-même une terre de mission, car il enseigne à des pèlerins, maintenant très jeunes et pour partie peu pratiquants, les fondements les plus solides d’une foi parfois bien mal transmise.

Ce pèlerinage porte pour la jeunesse de France l’oriflamme de La Tradition. Elle s’y rassemble autour de l’autel et de l’encens, pour une liturgie qu’elle aime, ou qu’elle découvre mais que jamais elle n’oubliera plus. Elle y rapprend la force des symboles temporels en regardant passer l’anneau de Jeanne d’Arc. Elle y prie, s’y sanctifie et s’y forge une identité chrétienne qu’elle découvre ou redécouvre encore. Les retours à la chrétienté quotidienne sont parfois difficiles.

Les communautés des chapitres se dissolvent bien souvent. Cette rupture empêche les grâces collectives d’amitiés de perdurer et l’effort missionnaire né du regroupement s’affaiblit. Chers chefs de chapitre, il vous revient de pérenniser ces liens tissés pendant le pèlerinage ; qu’ils se fortifient et croissent au profit de tous et de la Chrétienté. Les Chapitres qui se retrouvent pendant l’année ont des fruits d’amitiés et de conversions dont les effets enfantent d’autres beaux engagements.

Janvier est le temps des résolutions personnelles qu’il ne faut pas manquer de prendre, par crainte de perdre maintenant, par omission, des combats que nous laissons trop souvent aux autres le soin de livrer pour nous.

Le prochain pèlerinage se prépare dés hiver, dès maintenant pour tout dire. Les Chapitres seront d’autant plus soudés, joyeux et missionnaires, qu’ils se seront reconnus et rassemblés avant le parvis de Notre Dame de Paris. Les méditations toucheront d’autant plus les âmes qu’elles auront été préalablement bien préparées et partagées entre plusieurs.

L’église n’est certes plus toujours au milieu du village mais nous marchons vers Chartres aussi pour l’y remettre.

Pèlerins, adjoints route, porteurs d’eau, animateurs, adjoints chant et adjoints principaux, chefs de chapitres, cadres des chapitres des soutiens et de la direction, aumoniers préparons Chartres dès maintenant, car le pèlerinage de Chrétienté, va beaucoup plus loin que Chartres.

Il va jusqu’à la Jérusalem Céleste si l’on y part en ayant bien préparé ce voyage spirituel à l’avance en communion de Foi, d’Espérance et de Charité

Ce sera mon vœu le plus sincère pour vous tous, chers pèlerins.
Que Notre Dame renforce notre Espérance durant toute cette nouvelle année.

Didier ROUSSEAU
Chef de région Est
Pèlerin depuis 1991.

Charles Péguy « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance »

FRANCE-LITTERATURE-WW1-PEGUY« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance. La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres. Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite ».

Charles Péguy (1873-1914)