mercredi 12 décembre 2018

Islam ou Chrétienté ?

Que reste-t-il comme alternative au paganisme qui aujourd’hui se fait appeler laïcisme ? Le choix entre le catholicisme et l’islamisme, les deux religions monothéistes mondiales. Or, la propagande anti-catholique est quasi constante aujourd’hui : on tourne en dérision ses ministres, on calomnie ses religieux et religieuses, on combat ses dogmes.

Il reste donc, pour certains, la voie de l’islamisme soutenu par les finances publiques, malgré les proclamations de laïcité et de neutralité religieuse de l’Etat. Si l'on met en regard lle Catholicisme et l’Islam, au-delà de toute comparaison entre Jésus et Mahomet qui n'aurait pas lieu d'être   :  

  • La base du christianisme est l'amour, (l'amour de Dieu pour les hommes, des hommes pour Dieu et des hommes entre eux au nom de leur filiation commune à Dieu et parce que Dieu est en chacun d'eux). La base de l'Islam est la soumission à Allah, à ses règles et la crainte de sa colère.  Le message d'Allah est donc d'abord un avertissement.                                                                                                                           
  •  Jésus enseignait qu'il faut aimer son prochain - même s'il est notre ennemi et respecter les 10 commandements, dont "Tu ne tueras point".  Jésus dénonçait les actes violents et ne participait pas à l'ostracisme que subissaient certaines catégories de personnes (samaritains, pharisiens, publicains, femmes adultères, etc). Entre eux, les musulmans se doivent d'être non-violents et hospitaliers. Il doivent en revanche  éviter,  combattre, piller, capturer les non-musulmans pour en faire des esclaves, les réduire au statut inférieur de dhimmi ou les tuer s'ils refusent de se convertir. 
  • Le Christianisme a élevé le niveau de civilisation des peuples qui se sont convertis là où l’imposition de l’Islam a pu de manière transitoire, donner quelques effets positifs par suite de la rencontre des civilisations des conquérants et des conquis, mais se caractérise sur le long terme par une régression civilisationnelle systématique.
  • Le Catholicisme distingue le pouvoir temporel du pouvoir spirituel là où l'Islam a toujours confondu les deux. Sa législation –la charia – ne peut séduire que ceux qui sont écœurés par le relativisme contemporain. 
  • Dans la civilisation chrétienne, dès l’origine, la femme est respectée : les femmes ont accompagné le Christ qui a choisi de faire de Marie Madeleine "l’apôtre des Apôtres" pour l’annonce de la Résurrection. L'Islam considère la femme comme un être de seconde zone : selon la charia, il faut le témoignage de deux femmes pour équilibrer celui d’un seul homme.
  • L’homme en répondant à la grâce peut faire son salut., sa liberté est entière. Dans l'Islam Dieu aurait décidé de toute éternité le salut ou la damnation des hommes, l'Islam incarne le fatalisme ; les moindres actes humains seraient fixés et l’homme n’aurait aucune liberté d’action.
  • Pour les catholiques, à la fin du monde, les corps ressuscitent en corps glorieux (ou damnés) qui ne sont plus soumis aux besoins de l’homme charnel. Pour les musulmans, la résurrection des corps est conçue comme celle qu’a vécue Lazare qui a repris sa vie normale et qui était soumis aux même besoins que les hommes de son temps.
  • Pour les catholiques, dans l’au-delà Dieu récompense les bons par la vision béatifique et par un échange d’amour. Pour les musulmans, dans l’au-delà, la récompense des bons est conçue comme un lieu de plaisirs sensibles et sensuels, sans aucune vision de la divinité.
  • Le commandement de la charité doit s’exercer vis-à-vis de tous les hommes pour un catholique ; il n’y a pas vraiment commisération pour les malheureux chez les musulmans ; leur état est voulu par Dieu. L’aumône doit servir à financer la guerre sainte ou la conversion de certains
  • Pour les catholiques, il faut évangéliser pour répandre la Parole de Dieu ; pour les musulmans, il faut tuer les mécréants. 
  • Jésus s'opposait à la loi du Talion et enseigne qu'il faut pardonner. L'Islam approuve la loi du Talion, le pardon n'est accordé quà ceux qui se soumettent à Allah, les apostats doivent être tués. 
  • Le martyr est un concept apparu après la mort de Jésus et consiste à préférer la mort à l'abjuration. En islam, le martyr est  celui qui meurt en combattant pour Allah, même s'il est à l'origine de l'agression ou sans être en état de légitime défense.  Mourir en martyr garantit le paradis au musulman, ce qui explique que des musulmans intégristes des attentats-suicide malgré que l'interdiction du suicide par l'Islam. 

Pour Renan, qui n’était pas spécialement favorable au Catholicisme,  l’Islam est la plus lourde chaîne que l’humanité ait jamais portée...

 

Comprendre ce qu'est le salafisme

Pour l’abbé Fabrice Loiseau il faut faire preuve de vigilance et de discernement à l’égard de l’islam radical.

Le mouvement salafiste est une réalité complexe et ses membres ne sont pas tous favorables au djihad armé. Cependant, sa théologie peut être source de violence. La progression du salafisme et des frères musulmans est vertigineuse en France : congrès au Bourget de l’UOIF, livre La voie du musulman prônant le djihad armé et l’application des articles les plus durs de la charia, interventions d’Hani Ramadan favorable à la lapidation des femmes, cheikh Karadawi faisant l’éloge des « attentats martyrs »… Intellectuels musulmans et imams eux-mêmes parlent de chaos pour la pensée musulmane contemporaine.

Croire au livre révélé comme parole incréée fait partie des piliers de l’Islam. Cela signifie que le Coran vient de Dieu, sans collaboration aucune avec l’esprit humain.
Si l’Église doit inviter à la paix sociale et au dialogue inter-religieux, elle doit aussi faire preuve de vigilance et de discernement. Ne cédons pas à la haine ni à la violence. Cependant le respect et le dialogue n’existent que dans la vérité. Benoit XVI, on s’en souvient, interpellait sur l’importance de la raison dans la compréhension de la Révélation afin d’éviter l’absurdité de la violence. On se souvient de la réaction de nombreux pays musulmans…

La question est précisément là : quelle est la place de la raison dans l’Islam ? La théologie salafiste n’est-elle pas une cause importante de la radicalisation de milliers de jeunes ? Luc Ferry le rappelait, la cause de ce terrorisme est religieuse. Il s’agit certes d’une vision dévoyée mais Daech cherche sa légitimité dans l’Islam des origines.

Nous sommes obligés de sortir des lieux communs pour aborder la question théologique, cause principale de cette radicalisation, particulièrement sur quatre points :

1) Croire au livre révélé comme parole incréée fait partie des piliers de l’Islam. Cela signifie que le Coran vient de Dieu, sans collaboration aucune avec l’esprit humain. Pour les salafistes, seul le sens premier du Coran est autorisé en matière de foi. Chercher à spéculer ou raisonner dialectiquement serait une innovation hérétique par rapport à la nécessité de suivre les fondamentaux des anciens. Une interprétation plus radicale est possible avec la question des versets abrogeant et abrogés ‒ la sourate 2, 106 – rappelle qu’Allah peut remplacer un verset par un autre. Pour les salafistes, les versets violents de Médine abrogent les versets plus paisibles de la Mecque. Toute vision historico-critique est vécue comme un blasphème.

2) L’imitation du prophète est un pilier de la foi de l’Islam. Pour les salafistes, impossible de contextualiser les faits et gestes du prophète (hadits). Dans la Sunna, les hadiths de Bukhary, Muslim et Tabary révèlent le massacre d’une tribu juive, les assassinats, les mécréants brûlés… Certains comprennent alors que la stratégie de la terreur fut organisée par le prophète lui-même. C’est ce que revendique l’État Islamique ou l’Arabie Saoudite lors de leurs décapitations et des différents actes de barbarie. La sourate 9 ordonne de tuer les associationnistes (ceux qui associent l’humain au divin, c’est-à-dire les chrétiens qui proclament Jésus, fils de Dieu). Ces condamnations peuvent être perçues par des esprits fanatiques comme permanentes.

3) Pour les salafistes, le monde se décompose entre terre d’islam et terre de combat. L’instauration de la charia devient une urgence en terre d’islam et son nombre important de prescriptions implique un régime islamiste. L’islam veut alors absorber la politique, la science, le culturel, la justice, l’hygiène, etc. La liberté religieuse devient très difficile. Impossible en terre d’islam de changer de religion. Nous ne pouvons, en tant que chrétiens, ignorer ces manquements à la liberté religieuse.

4) Les salafistes prévoient un sens de l’histoire inéluctable : le monde va devenir musulman avant le retour d’Issa (Jésus). Celui-ci enverra les chrétiens en Enfer parce qu’ils l’ont divinisé. Le djihad devient une urgence pour rentrer dans ces fins des temps. Une doctrine en cours explique que le djihad doit être une guerre permanente contre les non-croyants.

Sans une révision profonde de la pensée salafiste et de la théologie des frères musulmans, nous allons droit vers la terreur. Les imams modérés sont souvent dépassés dans leurs mosquées par la présence de groupes salafistes.

Si l’enjeu du dialogue est vital, il ne doit pas être aveugle. Aujourd’hui, à l’heure où nous pleurons nos morts, la naïveté et l’alignement sur une pensée unique deviennent gravement coupables. Saurons-nous trouver la force de parler en vérité ?

Islam et violence, encore et toujours...

Un triste lendemain d'attentant rend nécessaire de se poser la question du rapport entretenu par l’islam avec la violence. Quelques éléments de réponse des Missionnaires de la Miséricorde Divine pour aborder sans se voiler la face une difficulté majeure de cette religion.

Que de nombreux musulmans soient pacifistes et profondément opposés à la violence, il s’agit là d’une évidence. Malheureusement, un nombre toujours plus élevé d’entre eux agit avec une barbarie sans nom, relayée abondamment sur nos réseaux sociaux. Quel est le véritable islam ?

Pour pouvoir répondre à cette question, il ne suffit pas de regarder vivre les musulmans, il faut étudier précisément la doctrine de l’islam. C’est ce travail, reconnaissant la spécificité et la complexité de chaque religion, que la République laïque refuse de faire, posant à son insu un regard judéo-chrétien sur l’ensemble du phénomène religieux.

La violence dans le Coran

Les musulmans – savants et pratiquants, il va sans dire – considèrent le Coran comme la parole incréée d’Allah. Chaque verset est donc éternellement inscrit dans le Paradis. « Nul n’en connaît l’interprétation, sinon Allah » (Coran 3,7).

Or, en matière de violence et de liberté religieuse, de nombreux versets sont contradictoires. Par exemple, « vous avez votre religion, et moi j’ai la mienne » (109,6), ou « quiconque le veut, qu’il croie, et quiconque le veut, qu’il mécroie » (18,29). Dans le sens de la violence, nous trouvons : « et combattez-les jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association » (8,39), l’association (sirk) étant le péché par excellence qui consiste à associer quelque chose d’humain à Dieu, ce que font précisément les chrétiens lorsqu’ils affirment la divinité du Christ, ou encore « O Prophète, incite les croyants au combat » (8,65), « tuez les polythéistes (mushrikun) partout où vous les trouvez ; capturez-les, assiégez-les, dressez-leur des embuscades » (9,5).

L’interprétation du Coran

Comment donc interpréter ces contradictions, puisque tout verset est sacré ? En fait, tout comme les épîtres de s. Paul, les sourates du Coran ne sont pas rangées dans l’ordre chronologique d’écriture, mais par ordre de taille. Les musulmans cherchent donc à déterminer l’ordre chronologique des sourates. Elles sont divisées en deux périodes : la période mecquoise (610-622) et la période médinoise (622-632). Au début de chaque sourate est précisée la période pendant laquelle elle est descendue du ciel. Or, lorsque Mahomet était à la Mecque, il était en position de faiblesse et persécuté par les autres tribus arabes. Assez logiquement, les sourates mecquoises sont plutôt tolérantes, morales et spirituelles. Après l’Hégire (622), Mahomet se réfugie à Yathreb (future Médine) où il devient un chef militaire respecté. La violence du Coran provient systématiquement des sourates médinoises, plus politiques et sociales.

Il y a donc deux courants dans l’islam intellectuel. Le courant minoritaire estime que le véritable islam est mecquois, puisqu’il est plus respectueux du message original spirituel. Ce courant est d’ailleurs persécuté : aussi Mahmoud Mohamed Taha fut-il pendu par le Président du Soudan en 1985. Le courant majoritaire estime que le véritable islam est médinois, puisque Mohamed n’a pu déclarer toute la vérité que lorsqu’il était en position de force.

De plus, la théologie musulmane a développé la « théorie de l’abrogeant et de l’abrogé », selon laquelle un verset postérieur annule un verset antérieur contradictoire. Cette théorie, somme toute assez logique, tire sa légitimité du Coran lui-même : « si Nous [Allah] abrogeons un verset quelconque ou que Nous le faisons oublier, Nous en apportons un meilleur ou un semblable » (2,106 ; cf. aussi 16,101).

La vie de Mahomet

Tout bon musulman se doit d’imiter en tous points la vie de Mahomet. C’est la raison pour laquelle les hadiths, c’est-à-dire les faits et gestes du Prophète, ont tant d’importance dans leur théologie. Il ne s’agit pas seulement de s’imprégner d’un certain esprit, mais d’imiter scrupuleusement chaque geste de Mahomet, dans chaque situation particulière (d’où le port de la djellaba par exemple ou les règles très précises pour se laver). Les musulmans considèrent donc que l’agir de Mahomet est l’interprétation légitime du Coran. Or, Mahomet se révèle – après l’Hégire, évidemment – un combattant effréné et un stratège doué. En moins de 10 ans, selon les historiens musulmans, il a mené 62 incursions, razzias, suriya, etc., dont pas moins de 19 guerres et de nombreux meurtres : citons les batailles de Badr (624), d’Uhud (625), du Fossé (627) de Zat-al-Salasil et Hunan (630), l’assassinat du chef juif Kaab Ibn al-Ashraf qui a osé parler contre lui (625) ou de Abi-Rafa (627), le massacre des hommes et la réduction en esclavage des femmes et des enfants de la tribu de Beni Qurayzah, les punissant ainsi d’avoir pris part à la bataille du Fossé…

Après la mort de Mahomet, ses disciples, à commencer par Abu Bakr, ont largement continué le djihad dans des pays qui ne représentaient aucune menace pour l’islam. L’armée musulmane a ainsi tué plus de quatre millions d’Egyptiens en un siècle, s’est déployée vers le Sud jusqu’au Soudan, et vers l’Ouest, conquérant toute l’Afrique du Nord et l’Espagne, avant d’être arrêtée à Poitiers en 732.

Ainsi, Mahomet a fait preuve d’une violence inouïe à partir du moment où il a été le plus fort et ses successeurs ont parfaitement suivi son exemple. Bien plus, il a condamné les musulmans qui refusaient de combattre : « le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien » (2,216). Aujourd’hui, le récit de toutes ces batailles imprègne profondément la culture et la fierté musulmanes, y compris parmi les non-pratiquants. Les multiples victoires de Mahomet attestent d’ailleurs de l’authenticité de sa mission à leurs yeux.

Par ailleurs, les musulmans modérés proposent souvent une distinction entre le « petit djihad » (c’est-à-dire la guerre sainte) et le « grand djihad » qui serait ce que les chrétiens appellent le « combat spirituel ». Malheureusement, cette distinction repose sur un hadith dont beaucoup doutent de l’authenticité (cheikh Al-Albâni le classe parmi les hadiths « faibles ») et n’est fondée sur aucun verset coranique (lesquels emploient généralement le verbe qital, c’est-à-dire « tuer dans une bataille »). Il est vrai cependant, que le jus ad bellum musulman condamne l’attaque de personnes qui ne portent pas d’armes, tout comme le suicide (2,195 ; 4,29).

Conclusion

Heureusement, de nombreux musulmans ignorent ou rejettent cette interprétation du Coran. La cohabitation pacifique avec les musulmans n’est donc pas impossible, mais il faut avoir conscience que la violence est encouragée par les textes sacrés ainsi que le comportement de Mahomet et de ses successeurs. Nous rencontrons par ailleurs dans la rue de nombreux musulmans qui, sans être prêts à utiliser personnellement la violence, ne condamnent pas et même encouragent les auteurs des attentats.

Mon propos n’a considéré que la violence guerrière proprement dite, mais il faudrait aussi réfléchir à la violence de la charia, à la considération de la femme, au châtiment des apostats, à la place de la raison, etc.

Cependant, il ne faut pas oublier que cette violence islamique a été stimulée par une autre violence, souvent ignorée : celle de notre monde occidental athée. A une civilisation décadente qui nie toute référence à la transcendance et à la loi naturelle, qui autorise l’avortement et le mariage homosexuel, qui considère le blasphème comme un droit de l’homme, les musulmans rappellent la primauté de Dieu y compris dans le domaine public, l’importance de la famille et la beauté de la transmission de la vie

 

Lundi 10 décembre 2018

Face au mondialisme, cultivons notre sens de la patrie

Notre patrie, fondement de nos racines

Si le mondialisme a besoin de déraciner, la patrie regroupe au contraire toutes les valeurs de l'enracinement. La patrie fait ce que nous sommes et nous y tenons parce que c'est à partir de nos racines que nous nous élevons vers l'Universel, vers les biens éternels.

"Un peuple sans passé est incapable de surnaturel ", affirmait Simone Weil. Il n'y a rien de plus concret que la patrie :  elle est le fruit de la continuité et donc de ce que l'histoire a accompli sur un peuple. C'est sa langue, sa littérature, ses moeurs, ses coutumes, ses traditions morales et religieuses, sa législation, ses oeuvres artistiques, techniques, scientifiques, spirituelles. "C'est donc bien le legs des pères, ce qui fait que, par notre éducation dans cette patrie, nous ne sommes pas des barbares ou des sauvages mais des civilisés et des civilisés de cette civilisation-là que nous avons trouvée dans notre patrie, reçue d'elle, et qui est l'oeuvre progressive et le fruit de la longue succession des générations humaines dont nous héritons" nous rappelle Jean Daujat dans L'ordre social chrétien. La patrie est ainsi une réalité fondamentale au point qu'il a pu écrire qu'elle était "la plus haute valeur de l'ordre temporel". C'est une valeur largement incarnée ; c'est une réalité à la fois charnelle et spirituelle. Ce que Péguy résume parfaitement : "La patrie est cette quantité de terre où l'on peut parler une langue, où peuvent régner des moeurs, un esprit, une âme, un culte. C'est une portion de terre où l'âme peut respirer".

Le patriotisme est une vertu naturelle

Le patriotisme est une vertu naturelle relevant de la vertu de piété. "La patrie nous est bienfaisante dans une mesure difficilement assignable. Elle appelle donc la piété ayant tous les droits d'une prière" (Père Sertillanges) et l'Eglise a toujours étendu à la patrie le 4ème commandement honore ton père et ta mère. C'est bien de piété qu'il s'agit ici et non seulement de justice, qui exigerait que l'on rende ce qui a été reçu ou son équivalent. 

La patrie, "véritable mère qui a contribué à former chacun de ses enfants, a droit à un amour de préférence ", précisait le cardinal Feltin. Cette préférence avait déjà été justifiée par Pie XII dans sa première encyclique Summi Pontificatus : "Le divin Maître Lui-même donna l'exemple de cette préférence envers sa terre et sa patrie, en pleurant sur l'imminente destruction de la Cité sainte".

En 1985, Saint Jean-Paul II rappelait dans une Lettre apostolique à l'occasion de l'année internationale de la jeunesse que "face à notre héritage, nous ne pouvons garder une attitude passive ou même d'indifférence, comme le fait le dernier des serviteurs évoqués dans la parabole des talents... C'est là une tâche importante pour toutes les sociétés, peut-être plus particulièrement pour celles qui doivent défendre l'identité essentielle de leur nation des risques d'une destruction provoquée de l'extérieur ou d'une décomposition à l'intérieur".

Jean Paul II insiste sur le droit des nations à rester ce qu'elles sont et leur droit à transmettre leur patrimoine aux jeunes générations par une éducation appropriée.

Patriotisme et recherche du Bien Commun

C'est avec une grande prudence qu'il faut évoquer le nationalisme, tant les formes que ce terme a désignées sont diverses. Dans l'enseignement romain, il est le plus souvent utilisé avec un qualificatif : "juste nationalisme" (Pie XI, mai 1932), "nationalisme raisonnable" (Commission Justice et Paix, 1971) et plus fréquemment "nationalisme exacerbé", "malsain", "immodéré". "L'amour de la patrie ... devient un germe d'injustice et d'iniquités nombreuses si, transgressant les règles de la justice et du droit, il dégénère en "nationalisme immodéré" ".

Reste que l'on ne peut pas récuser qu'il puisse y avoir une forme saine de nationalisme, c'est notamment celle qui caractérise ce que ton entend le plus souvent par nationalisme à la française ; il s'agit d'une doctrine politique fondée sur la sauvegarde de la patrie, au nom du service du bien commun. A l'inverse de ce que suggère le suffixe "isme ", il ne s'agit pas ici d'une idéologie qui ferait de la nation et, par voie de conséquence l'Etat, un absolu, ou qui aboutirait à une exaspération de la patrie. C'est une doctrine politique qui proclame "la suprématie de l'intérêt national dans son ordre, dans sa sphère, non pas par comparaison avec tout autre droit et toute autre valeur, mais par comparaison avec chacun des autres objectifs politiques et sociaux qui peuvent tenir légitimement et raisonnablement le premier rang dans les préoccupations des hommes d'Etat" explique le Père Jean de la Brière.

Ce nationalisme ne fait pas de la nation un absolu, ni de l'Etat le mandataire de la nation ; cette doctrine reconnaît notamment la suprématie du droit naturel et repose sur une juste conception du bien commun.

La recherche du Bien Commun universel n'exclut pas le patriotisme, au contraire

 "Les échecs des hommes d'État (Société des Nations, ONU...) ont davantage retenu l'attention publique que les initiatives de l'Église qui détient la seule doctrine sociale capable d'inspirer une saine organisation des relations internationales", écrit Jean Madiran.                                                             

Les papes n'ont pas cessé de rappeler l'importance du rôle des instances internationales. "Rien, disait Pie XII, n'est plus conforme à la doctrine traditionnelle de l'Eglise". Le péril naît -et c'est le cas avec le mondialisme- lorsque les organisations se trouvent entre les mains, le plus souvent non visibles, d'équipes visant à un gouvernement à leur seul profit et au triomphe d'une idéologie qui se prétend un nouvel humanisme.

Evoquer les nécessités d'instances internationales, tout en respectant le principe de subsidiarité, ce n'est pas abolir ou périmer le droit des nations, ni la légitime souveraineté des Etats, protecteurs des nations, mais les faire entrer dans une harmonie supérieure. Dès lors que l'on conçoit que les nations en tant que nations ont leur place dans le plan divin, il s'ensuit toute une vision du monde, cette diversité ne peut être qu'une invitation à la complémentarité. Beaucoup aujourd'hui ressentent quelque scrupule à parler de patrie. Ils ont l'impression qu'elle n'est plus qu'une forme périmée à une époque où tous les horizons semblent s'élargir. "On peut être ému, disait à ce sujet Mgr Blanchet à ses étudiants, par cette anarchie sentimentale, trop molle d'ailleurs, trop inconsistante pour être vraiment généreuse. Mais notre catholicisme n'est ni cet idéalisme sans chair, ni cette effusion sans précises exigences". Avec beaucoup de bon sens, Gustave Thibon remit chaque chose à sa place. "Il en est, dit-il, qui ont tout dépassé avant d'avoir atteint... (Mais) c'est à travers les patries dépassées certes, mais traversées, que le Christianisme, cette divine forme de l'universel a fleuri sous des formes si diverses, si originales". 

Faut-il avoir peur du mondialisme ?

Le développement d'organisations internationales ou supranationales ou de grandes entreprises multinationales plus riches que certains Etats génère la puissance discrète, voire occulte, de groupes de pressions. Ce phénomène n'est pas récent mais prend chaque jour une importance accrue. Les banquiers, écrit Jacques Attali, se constituent au début du XXème siècle en une double élite de l'argent et de la culture, au comportement dynastique... ils finissent par s'organiser en une étrange aristocratie, une sorte d'ordre austère aux implacables lois morales et aux rituels féroces". Constituant une véritable hiérarchie parallèle, fichée au coeur de tous les régimes, exerçant le pouvoir sur le pouvoir.

Première erreur : faire de l'économie le moteur d'une nation

Il faut dénoncer l'erreur couramment commise sur la place de l'économie dans la vie de la société et notamment l'illusion d'une paix provenant de la seule économie. La politique se trouve aujourd'hui, à tort, subordonnée aux préoccupations économiques. Or le but de l'État n'est pas le développement économique et sa raison d'être n'est pas l'organisation de l'économie : le but de l'État est de garantir le bien commun. Il est de veiller à tout ce qui contribue à la paix intérieure, c'est-à- dire, selon la définition de saint Augustin à tout ce qui contribue à la tranquillité de l'ordre.

Un des aspects du bien commun d'une société, de son bien commun intrinsèque, c'est l'Unité. Le bien commun, dit Marcel De Corte, c'est tout ce qui unit. Il faut en effet permettre à tous les liens qui constituent le tissu social d'être les canaux par lesquels transitent, sont diffusées toutes les valeurs du bien commun. L'activité économique apporte au bien commun un élément important qu'est la prospérité ; mais elle doit être subordonnée à la politique, sinon par elle-même elle est diviseuse, elle est un enchevêtrement d'intérêts : le marché appelle le marchandage. L'Etat considère des permanences, l'économie recherche l'innovation. Les deux sont nécessaires et complémentaires, mais confondre organisation économique et Etat conduit à un totalitarisme, celui de l'utopie matérialiste, celui des technocrates pour qui l'administration des choses prévaut sur le gouvernement des hommes. La subordination de l'économie à la politique affaiblit les Etats, conduit à l'éclatement des nations. 

Deuxième erreur : penser que le mondialisme n'est qu'économique                                                           

Cette gigantesque entreprise dotée de moyens financiers considérables et d'un appareil très centralisé, tend à imposer un véritable train de mesures contre la vie et contre la morale car elle touche tout ce qui relève de la psychologie, voire de la science. Elle utilise les armes de la biologie, de la médecine, de la démographie, de l'agronomie, de l'immigration. Ce sont tous ces aspects qu'il faut envisager dans le mondialisme culturel qui a par définition besoin de déraciner les hommes, d'en faire des apatrides, donc manipulables. Le mondialisme fait tout ce qu'il peut pour déstabiliser l'homme, pour le "chosifier". Il a une haine profonde de la nature humaine et s'attache à détruire ce qui lui est le plus essentiel : la famille et le don de la vie.

Pour détruire l'attachement aux valeurs traditionnelles qui font ce que l'homme est, il utilise la corruption morale. Nous sommes engagés dans un processus diabolique, fondamentalement anti-catholique de mainmise sur le monde par un système en comparaison duquel le communisme pourrait bien n'avoir été qu'un épiphénomène. C'est là qu'il faut voir la raison pour laquelle le pape s'est exprimé avec tant de gravité. Ce n'est pas là un simple rappel de morale comme certains le croient, le pape défend l'homme dans sa nature même.

Troisième erreur : transformer l'homme en bien matériel

Les sans propriété, les pauvres n'ont que la patrie, avait dit Jaurès. Le mondialisme crée, en quelque sorte, de nouveaux pauvres ; à la manière de toute révolution, il rêve d'un homme nouveau, celui-ci n'a plus besoin de patrie. Ce que réclamait le prolétaire c'était un peu de biens ; avec le mondialisme l'homme lui-même se transforme en bien matériel ; c'est l'homme nomade sans racine, sans héritage. Une nation forte est un obstacle majeur à ce projet. On comprend que E. Rothschild ait pu écrire : "La structure qui doit sauter, c'est la nation" ce que Richard Gardner, lui aussi, montre de la Trilatérale, envisage une action décisive, tout autour de la souveraineté nationale, l'érodant morceau par morceau. La nation détruite, il ne reste plus que des groupuscules manipulables, des apatrides encasernés.

On retrouve dans cet acharnement à détruire la nation un vieux rêve maçonnique. La République universelle avait été évoquée par le chevalier de Ramsay et, plus récemment, le Grand Orient demandait l'abandon des privilèges de souveraineté au profit d'un gouvernement mondial.

 

samedi 08 décembre 2018

Consécration de Lyon à la Sainte Vierge

La ville de Lyon vénère la Sainte Vierge depuis le Moyen Age et s'est mise sous sa protection en 1643, date à laquelle les échevins de Lyon, le prévôt des marchands et les notables firent vœu de rendre hommage chaque année à la Vierge si l'épidémie de peste cessait. Comme l'épidémie cessa, le peuple tint sa promesse et rendit hommage à la Vierge, chaque année.

Depuis cette date, un cortège solennel municipal se rend de la Cathédrale Saint Jean au sanctuaire de la Vierge sur la colline de Fourvière chaque 8 Septembre, jour de consécration de la ville à la Vierge, jour de la fête de sa Nativité, pour lui offrir cierges et écus d'or : il s'agit du Voeu des Echevins.  

Le 8 décembre, jour de la fête de l'Immaculée Conception fut choisi, en 1852, pour inaugurer la statue de la Sainte-Vierge posée sur le clocher de l'ancienne chapelle de Fourvière, inauguration qui aurait dû avoir lieu le 8 septembre précédent, mais qui fut reportée en raison d’une crue de la Saône.

Les jours qui précèdent l'inauguration, tout est en place pour les festivités : la statue doit être illuminée par des feux de bengale,  on prévoit des feux d'artifice depuis le haut de la colline et des fanfares vont jouer dans les rues. Les notables catholiques lyonnais proposent d'illuminer les façades de leurs maisons comme cela se fait traditionnellement pour les grands événements (entrées royales, victoires militaires...).

Mais le 8 décembre au matin, un violent orage s'abat sur Lyon. Le maître des cérémonies décide aussitôt de tout annuler et de reporter les réjouissances nocturnes au dimanche suivant. Puis, finalement, le ciel se dégage, et la population lyonnaise qui avait tant attendu cette cérémonie, d'un geste spontané, illumine ses fenêtres, descend dans les rues et quelques feux de Bengale allumés à la hâte éclairent la statue et la chapelle de Notre-Dame-de-Fourvière (la basilique n'existe pas encore). Les Lyonnais chantent des cantiques et crient « Vive Marie ! » jusque tard dans la nuit.

Depuis 1852, la fête a été reconduite chaque année. La tradition veut que chaque famille habitant la partie de Lyon illuminée le 8 décembre conserve avec ses décorations de Noël, son assortiment de verres du 8 décembre, épais et parfois colorés. On appelle ces verres garnis d'une bougie des « lumignons » ou « lampions ». 

Petit rappel d'histoire d'une grande fête mariale

Contrairement à de nombreuses idées reçues, l’Immaculée Conception ne trouve pas son origine au XIXe siècle, même si l’apparition de la Sainte Vierge à Sainte Bernadette le 25 Mars 1858 marque la triple répétition de ce vocable par Marie elle-même.

On trouve la notion d’Immaculée Conception de manière implicite dans la Bible dans le "Protévangile" de Gen 3, 15 ou la figure de l'épouse mystique : "tu es toute pure et il n'y a pas de tâche en toi " (Cant 4, 7) et surtout dans la salutation angélique que nous chantons tant sur la route de Chartres !"Pleine de grâces" (Luc 1, 28) ? Exactement !  Le grec "Kecharitômènê" est intraduisible en un seul mot mais signifie que Marie est l'objet par excellence d'une faveur de Dieu. Les Pères de l'Eglise et les autres témoins de la Tradition parlent  de l'Immaculée Conception de plus en plus nettement au fil des siècles.

On trouve ainsi Saint Ephrem (+ 373) : "En vous Seigneur, il n'y a aucune faute et en votre Mère aucune tâche" ; le grand saint Augustin (+ 431) : "Il ne saurait être question de péché quand il s'agit de Marie." Le Concile de Latran en 649 appelle Marie "toujours vierge immaculée".

La fête de la Conception immaculée de Marie est d’ailleurs célébrée en Orient dès le VIIe siècle. Elle apparaît en Occident au Xe siècle en Angleterre et arrive en France par la Normandie au XIIe siècle. C'est une gloire de Lyon de la fêter le 8 décembre malgré les foudres de saint Bernard qui, en 1139, croit y voir une nouveauté ! Après l'efflorescence des poésies qui chantent l'Immaculée au XVe siècle, le Concile de Trente déclare au XVIe siècle, ne pas "inclure dans le décret relatif au péché originel la bienheureuse et immaculée Vierge Marie".

Tout s'accélère au XIXe siècle, notamment sous l’influence considérable des apparitions parisiennes de la rue du Bac en 1830. La médaille que la Vierge demande à sainte Catherine Labouré porte l'inscription "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous." L'abbé Laurentin a calculé que cent millions de médailles miraculeuses avaient été diffusées entre 1832 et 1842 !

Bref, l'Immaculée Conception est sur toutes les lèvres avant d'être proposée comme une vérité de foi indiscutable devenue dogme le 8 décembre 1854. Beaucoup d'évêques et de fidèles demandaient cette proclamation. Le Bienheureux Pie IX fit examiner longuement la question par des théologiens et consulta les évêques du monde entier. Il définit enfin, infailliblement : "La doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu et par conséquent elle doit être crue fermement et inviolablement par tous les fidèles." (Bulle Ineffabilis Deus).

La petite Bernadette ignorait toute cette longue histoire et de ces savantes approches théologiques lorsque, quatre ans plus tard, la Vierge de Massabielle vient confirmer Elle-même la déclaration du Pape à Lourdes !

Les Protestants, eux, récusent l’Immaculée Conception au nom de l'universelle gravité du péché originel. Or Marie, parce qu’elle est la Mère de Jésus, lui a donné son être et parce que le Fils est immaculé, la Mère doit l'être aussi. Marie doit tout, absolument tout au Christ, antérieurement à toute possibilité de mérite de sa part.

Les orthodoxes actuels, minimisant au contraire le péché originel, estiment que cette préservation du péché diminuerait l'exploit de la sainteté de Marie. Conçue sans péché, Elle aurait moins de liberté de lutter contre le Mal. Or c’est le contraire : le péché rendant esclave et Marie en étant préservée, elle devient plus libre  pour le combattre.

 

"Tu vois mon vieux, plus je réfléchis, plus je mesure que l'Immaculée Conception est au centre de TOUT." Charles Péguy

C'est ainsi que notre célèbre pèlerin de Chartres se confiait à l'un de ses amis quelques heures avant sa mort sur le front...

En effet comme l'exprime bien le Père Bernard, o.p,  "L'Immaculée Conception est pour nous l'espoir et le salut. Et, ne nous y trompons pas, le salut dans le Christ. Nous sommes liés à Marie et solidaires de ce qui lui arrive parce qu'elle est comme nous fille d'Eve et d'Adam. Mais nous le sommes encore plus parce qu'elle est fille du Christ, nouvelle Eve à côté du nouvel Adam. Car si elle est appelée à l'existence suivant le sort de notre nature, elle y est sanctifiée dès le premier instant selon toute la force de la grâce même qui nous sauve. L'Immaculée Conception est le triomphe de notre rédemption."

Il faut donc L'admirer comme le chef d'œuvre de Dieu, "le signe de l'amour gratuit du Père, l'expression parfaite de la Rédemption accomplie par le Fils, le point de départ d'une vie totalement disponible à l'action de l'Esprit", disait Jean-Paul II à Lourdes le 15 août 2004.

 Et concrètement ? Recourrons à elle dès que la tentation approche !

Lors d'un exorcisme qu'il faisait en 1991, Don Gabriele Amorth a demandé au démon pourquoi il craignait tant la Vierge Immaculée. Il a répondu : "c'est la seule créature qui peut me vaincre totalement parce qu'Elle n'a jamais été effleurée par la plus petite ombre de péché." L'Immaculée Conception est notre toute puissante protectrice contre l'Enfer et les forces du Mal.

Saint Maximilien Kolbe nous invite, non seulement à nous confier mais à nous consacrer à Elle : "Confions-nous totalement à l'Immaculée et consacrons-nous à Elle sans limite, et vite, et très vite nous deviendrons des saints." "Avec l'aide de l'Immaculée, tu te vaincras toi-même et tu pourras beaucoup pour le salut des âmes (…) Sois son instrument (…) Remets-lui toutes les actions et Elle accomplira tout." "Je peux tout en Celui qui me fortifie à travers l'Immaculée.", affirmait-il encore.

Efficace pour les personnes, la consécration à la Sainte Vierge l’est aussi pour les sociétés. On sait le prodigieux développement que connut la paroisse parisienne de Notre-Dame des Victoires lorsque son curé, l'abbé Desgenettes, la consacra en 1836 au "cœur immaculé de Marie." Notre-Dame de Fatima a également dit à Soeur Lucie que la consécration à son Cœur Immaculé était un des derniers recours offert au monde par Dieu.

Nos sociétés s'enfoncent dans le désespoir et la folie du péché. L'Immaculée, totalement préservée de cette souillure est le remède parfait, le point d'appui de notre espérance, l'idéal réalisé d'une humanité délivrée du péché. Parce qu'elle est sans péché dès le premier instant de son existence, la Vierge est la plus proche de nous qui soit. Elle est accueillante et bonne pour nous en délivrer.

A l'athéisme contemporain, Elle oppose sa Foi lumineuse ; à l'indécence omniprésente, sa pureté cristalline ; à l'avortement, sa divine maternité ; à l'euthanasie, sa charité pour la vieille Elisabeth ; au mariage homosexuel, ses tendres et chastes épousailles. "Miroir de justice" l'Immaculée est le recours contre toutes les injustices sociales, "Reine de la Paix", Elle saura nous protéger de la guerre injuste.

vendredi 07 décembre 2018

Notre combat politique pour le Règne du Christ

Notre combat politique catholique est un combat pour le règne du Christ sur nos nations.

"Il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée... Aux Etats, la célébration annuelle de la fête du Christ-Roi rappellera que les magistrats et les gouvernants sont tenus, tout comme les citoyens, de rendre au Christ un culte public et de lui obéir ; elle évoquera devant eux la pensée de ce jugement dernier où le Christ, non seulement expulsé de la vie publique mais encore négligé ou ignoré avec dédain, vengera sévèrement de telles injustices, car sa royauté exige que l'Etat tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens" (Pie XI, Quas Primas, 1925).

 Le combat visant à remettre la cité humaine sur ses fondements naturels et divins vise le salut de l'ordre humain tout entier. Face aux prétentions universelles de la subversion, la synthèse catholique offre le seul universalisme qui vaille : "Omnia instaurare in Christo". Omnia, tout, les hommes et les institutions. La politique acquiert ainsi une dignité particulière que Pie XI plaçait à un très haut niveau : "Tel est le domaine de la politique qui regarde les intérêts de la société tout entière et qui sous ce rapport est le champ de la plus vaste charité, de la charité politique, dont on peut dire qu'aucun autre ne lui est supérieur, sauf celui de la religion. C'est sous cet aspect que les catholiques et l'Eglise doivent considérer la politique".

La politique fondée sur le respect de l'ordre naturel

Le fondement de la politique, c'est le respect de l'ordre naturel. C'est d'autant plus important de le rappeler que la notion de vérité en politique est refusée ou, au mieux, ignorée : le Décalogue, synthèse de la loi naturelle, est ramené au niveau d'une morale privée ; les lois humaines prennent pour fondement la "volonté générale".

Le vrai partage des idées politiques ne se fait pas sur les notions, de moins en moins claires, de "droite" et de "gauche", mais de façon plus précise sur la fidélité à l'ordre des choses ou sur le refus de cet ordre au nom d'une fausse liberté et des "droits de l'homme sans Dieu".

Au plan temporel, la politique est ordonnée au bien commun de la société : "Une politique pour la personne et pour la société trouve son critère fondamental dans la poursuite du bien commun, en tant que bien de tous les hommes et bien de tout homme, bien offert et garanti à l'accueil libre et responsable des personnes, individuellement ou en association. La communauté politique existe pour le bien commun ; elle trouve en lui sa pleine justification et sa signification, et c'est de lui qu'elle tire l'origine de son droit propre. Quant au bien commun, il comprend l'ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s'accomplir plus complètement et plus facilement" (Gaudium et Spes).

Concrètement, aujourd'hui, toute l'action politique, fondée sur le respect de l'ordre naturel et visant le bien commun, repose sur la juste conception de la famille. Toutes les autres institutions ne pourront renaître que par ou autour des familles, qui sont simultanément "Eglise domestique" et cellule de base, voire cellule-mère, de la société. L'essentiel du combat politique est à ce niveau. Chaque famille doit s'y sentir engagée.

jeudi 06 décembre 2018

Confions la France à la Sainte Vierge !

Chers amis,

Nous relayons cette chaine de prière publiée sur Hozana.

Samedi prochain 8 décembre sera peut-être un moment dangereux pour notre pays car le mouvement en cours des « gilets jaunes » est à un tournant et nul ne sait ce qu’il en adviendra.

Le pire et le meilleur semblent possibles et ce prochain samedi apparait comme un point de basculeavec la mobilisation qui se renforce par l’appui des étudiants, des agriculteurs, des routiers, des syndicats et de diverses formes de contestation : ce mouvement populaire imprévisible peut déboucher sur une radicalisation, une violence incontrôlable, une ambiance révolutionnaire dangereuse, mais également - peut-être - sur de plus heureuses conséquences avec de salutaires prises de conscience, si Dieu le veut.

Dans cette situation particulière, les chrétiens remarquent la date particulière de ce prochain rendez-vous :

le 8 décembre, jour où nous célèbrerons la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, à qui notre pays est spécialement consacré !

Nous nous souvenons évidemment que le 8 décembre 1947, la France était « en grand danger », au bord d’une révolution communiste qui aurait apporté le chaos, et la Vierge Marie était intervenue par une apparition extraordinaire à l’Ile Bouchard, en permettant que la France soit sauvée « à la prière des petits enfants » (Marthe Robin).

Il faut se remémorer cet événement étonnant de l'Ile Bouchard !

https://www.notrehistoireavecmarie.com/fr/esc/1947-a-l-ile-bouchard-des-evenements-importants-pour-l-histoire-de-france/

Dans des circonstances comme celles d'aujourd'hui, nous sommes évidemment invités à confier tout spécialement la France à la Vierge Marie !

Nous vous proposons donc à nouveau de prendre aujourd'hui l'engagement personnel de jeûner et prier pour la France et aussi d’inviter largement autour de vous à le faire dans les jours qui viennent en jeûnant notamment vendredi 7 décembre et en priant tout spécialement samedi 8 décembre prochain.

Comme à l’Ile Bouchard en 1947 la Vierge Marie demandait de prier pour la France qui en avait grand besoin, aujourd'hui à nouveau, prions Notre-Dame de France et répondons à son appel !

Enfin, n’hésitons pas à prendre également un engagement de plus longue durée, en nous inscrivant pour cela sur le site du « Chapelet pour le monde » qui recense déjà plus de 3.000 engagements !

https://chapeletpourlemonde.com/

Engageons-nous à une vraie prière quotidienne pour nos familles, notre pays et pour le monde !

La prière et le jeûne peuvent arrêter les guerres et suspendre les lois naturelles, mais cela dépend de nous : le Ciel a voulu avoir besoin de notre engagement personnel à tous !

Proposition de prière de l'Association Marie de Nazareth

* * *
Rappel : le jeûne et la prière sont d’une puissance extraordinaire comme Jésus l’enseigne dans l’Évangile : « Il est des démons qui ne se chassent que par la prière et le jeûne ! » (Mt 17,21 ; Mc 9,29)

L’histoire de l’Église, l’histoire des saints, l’histoire des peuples et l’histoire biblique (Néh 1,4 ; Jud 4,13 ; Est 4,16 ; Bar 1,5 ; 2 Sa 12,16 ; 2 Ma 13,12 ; Dn 6,19 ; Dn 9,3 ; Jr 36,9 ; Tb 12,8) sont remplies d’exemples certifiant la puissance du jeûne et de la prière en face de toutes les situations ...

Nous avons à portée de la main une arme fantastique, alors servons-nous en !

Nous vous recommandons également toujours la prière que Jésus a confiée à Marcel Van en lui disant : "Petit enfant de mon Amour, écoute, je vais te dicter une prière, et cette prière, je veux que les Français me la récitent."

Seigneur Jésus, 
aie compassion de la France, 
daigne l'étreindre dans ton Amour 
et lui en montrer toute la tendresse. 
Fais que, remplie d'Amour pour toi, 
elle contribue à te faire aimer 
de toutes les nations de la terre. 
Ô Amour de Jésus, 
nous prenons ici l'engagement 
de te rester à jamais fidèles 
et de travailler d'un cœur ardent 
à répandre ton Règne 
dans tout l'univers. 
Amen.

Marcel Van 
(1928-1945)

Souvenons-nous aussi de la prière pour la France de Marthe Robin qui disait « La France tombera très bas, plus bas que les autres nations, à cause de son orgueil et des mauvais chefs qu’elle se sera choisie. Elle aura le nez dans la poussière. Il n’y aura plus rien. Mais dans sa détresse, elle se souviendra de Dieu. Alors elle criera vers lui, et c’est la Sainte Vierge qui viendra la sauver » :

Ô Père, ô mon Dieu,
délivrez, sauvez maintenant votre France ;
préparez le coeur de ses enfants à la mission qu'ils vont avoir à accomplir pour elle, pour toutes les autres nations, pour l'Eglise tout entière.
Ô Père, ô mon Dieu,
que le coeur de tous vos élus tressaille maintenant à votre appel, reconnaissant votre voix et votre commandement, votre invitation à agir ;
conduisez-les, ô mon Dieu, chacun à sa place et chacun à sa mission et imposez-leur vous-même tout ce que vous voulez de chacun et de tous.
Que rien ne soit l'effet de leur choix, ô mon Dieu, mais de votre unique désir, de votre unique volonté d'amour.
Ô Maman chérie, ne les laissez ni s'égarer, ni se tromper.
Amen.

Enfin puisque l’Archange Saint Michel est aussi le protecteur de la France, 
prions-le également :

Saint Michel Archange, 
Défendez-nous dans le combat  
Soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon
Que Dieu lui fasse sentir son empire, nous vous en supplions ; 
Et vous, Prince de la Milice Céleste, 
Précipitez en enfer, par la force divine, 
Satan et les autres esprits mauvais 
qui rodent dans le monde pour la perte des âmes. 
Amen.

Laïcs, nous avons une responsabilité sociale à assurer !

Si le rôle des laïcs a toujours été de veiller à ce que le temporel réunisse les conditions capables de rendre à tous possible et aisée une vie digne de l'homme et du chrétien, ce rôle politique prend une importance toute particulière aujourd'hui.

Pie XII nous rappelle que "La responsabilité des hommes catholiques paraît plus grande encore que jadis, étant donnée l'organisation plus poussée de la société et le rôle que chacun est appelé à y jouer. Autour de nous, les forces du mal sont puissamment organisées ; elles travaillent sans répit". "Sous cet aspect, les fidèles, et plus précisément les laïcs, se trouvent aux premières lignes de la vie de l'Eglise".

Jean-Paul II reprend dans Christi Fideles laïci ce passage de Pie XII  : "Les situations nouvelles, dans l'Eglise comme dans le monde, dans les réalités sociales, économiques, politiques et culturelles, exigent aujourd'hui, de façon toute particulière, l'action des fidèles laïcs. S'il a toujours été inadmissible de s'en désintéresser, présentement, c'est plus répréhensible que jamais. Il n'est permis à personne de rester à ne rien faire". Et Jean-Paul II précise ce qui caractérise la situation nouvelle : le sécularisme -nous dirions le laïcisme- "phénomène très grave qui ne touche pas seulement les individus mais des communautés entières" . La mission politique des laïcs, dont la fonction propre est la gérance de l'ordre temporel, revêt un caractère d'urgence parce que l'hérésie, en quelque sorte, est sociale. Elle est moins de l'ordre de ce qui se dit que de l'ordre de ce qui se fait, se pratique, se vit.

Catholique et politique ou politique et catholique ?

Il faut disposer d'hommes pour faire tourner les institutions qui puissent servir de levier pour la conversion du plus grand nombre. Il faut oeuvrer à la fois pour la conversion des coeurs et l'amélioration des institutions.

Le langage qui utilise la notion d'urgence absolue est inadéquat . "Si l'action, à sa manière politique, protège la morale et la religion, il est également vrai, en sens inverse, que simultanément la religion et la morale protègent à leur manière religieuse et morale la politique. Ces deux vérités ne s'excluent pas ; elles sont vraies en même temps et sous un rapport différent. Il n'y a pas un ordre d'urgence immuablement fixe avec une étape n° 1 qui rejetterait ensuite l'étape n° 2 ; il n'y a pas un préalable constant ; il n'y a que des préalables occasionnels... " (Jean Madiran, Maurras).

La clef de l'action politique est dans l'alliance du "Politique d'abord" et de "Dieu, premier servi". Combien de responsables politiques, catholiques, introduisent une séparation entre leur foi qu'ils considèrent comme de l'ordre du privé, de l'intimité et leur façon de conduire la chose publique. Que l'on songe instamment à ceux qui dans les années 70 ou plus récemment en 2013 ont été les artisans des lois anti-familiales. "Pareille vivisection est tout simplement anti-catholique le catholicisme impliquant essentiellement la divine alliance de la nature et de la grâce, de la raison et de la foi ; l'ordre naturel étant la plus sûre condition de la fécondité surnaturelle ici-bas" (Pie XII).

Mais d'où vient la tradition de la Saint Nicolas ?

La Saint-Nicolas est une fête inspirée de Nicolas de Myre, né à Patara au sud-ouest de l'actuelle Turquie  entre 250 et 270,qui fut le successeur de son oncle, l'évêque de Myre. Dès le Xième siècle,  une relique de la phalange du saint fut transférée depuis Bari vers le Duché de Lorraine et il fut édifié au Sud de Nancy une basilique dédiée au Saint, à Saint Nicolas de Port. Vénéré et très souvent invoqué, il deviendra très rapidement le saint-patron de la Lorraine. Port étant une cité réputée pour ses foires et marchés, le culte de Saint-Nicolas se répandit très rapidement au-delà des frontières du Duché de Lorraine  et, notamment, outre-Rhin où la tradition demeure également très vive.

La légende du Saint Nicolas raconte que, dans la région Lorraine, entre Nancy et Metz, l'hiver approchant, trois enfants, partis glaner dans les champs, se perdirent sur le chemin du retour. Attirés par la lumière filtrant des fenêtres d'une maison, ils s'approchèrent et frappèrent à la porte. L'homme qui leur ouvrit, Pierre Lenoir, boucher de son état, accepta de leur donner l'hospitalité pour la nuit. En fait, sitôt les enfants entrés, il les tua, puis à l'aide de son grand couteau, les coupa en petits morceaux, pour finalement les mettre dans son saloir afin d'en faire du petit salé. Saint Nicolas, chevauchant son âne, vint à passer par là et frappa à son tour à la porte du boucher. L'homme, n'osant pas rejeter un évêque, le convia à dîner. Son invité lui demandant du petit salé, le boucher comprit qu'il était découvert et, pris au piège, avoua tout. Le saint homme étendit alors trois doigts au dessus du tonneau de petit salé, reconstituant et ressuscitant ainsi les trois enfants.

Saint Nicolas enchaîna le boucher à son âne et le garda auprès de lui pour le punir. Il devint le père Fouettard, être mauvais, dont le rôle est de réprimander les enfants désobéissants et les cancres, fort de son caractère violent et irascible. Toujours vêtu de noir, caché sous une cagoule et une épaisse barbe noire, il incarne tout l'opposé de Saint Nicolas, en somme, qui arbore une belle barbe blanche, des vêtements colorés d'évêque (mauve et blanc, avec une crosse, dorée à l'origine, puis rouge et blanche, ce qui le rapproche du Père Noël actuel (Saint Nikolaus devint Santa Klaus)), et donne toujours l'image d'une personne bienveillante.

En Lorraine, la Saint Nicolas a une importance particulière, puisque saint Nicolas est le patron de la région depuis 1477. En effet, alors que la Lorraine était occupée par la Bourgogne, le duc René II demanda la victoire à saint Nicolas. À la suite de la victoire de la Bataille de Nancy , saint Nicolas deviendra patron de la Lorraine et des lorrains.  

À Saint Nicolas de Port, saint Nicolas est installé sur un char et défile dans les rues de la ville. Une grande procession de cierges part de la basilique : c'est la « procession du Sire de Réchicourt » qui, emprisonné en Terre Sainte, s'est retrouvé transporté dans la ville après avoir prié le saint. Le Père Fouettard, le boucher et les trois petits enfants sont également présents.

mercredi 05 décembre 2018

Responsable politique au service du Bien Commun

 Le mal n'est peut-être pas que social mais il est social dans sa plus grande partie. "Et le propre d'un mal social c'est de ne pouvoir être guéri par la simple multiplication de remèdes individuels. Autrement dit, ce ne sont pas seulement des individus qu'il faut rendre à la santé, c'est la société. Ce ne sont pas seulement des personnes qu'il faut refaire, ce sont les institutions... l'instauration d'un ordre social chrétien n'a de sens que pour faciliter la conversion plus générale et plus durable des hommes" (Jean Ousset - Fondements de la Cité).

Dans son discours du 50ième anniversaire de Rerum Novarum le 1er Juin 1941 auquel renvoie le paragraphe 1887 du Catéchisme de l'Eglise Catholique, Pie XII nous rappelle que  "de la forme donnée à la société, en harmonie ou non avec les lois divines, dépend et s'infiltre le bien ou le mal des âmes"  et nous invite à ne pas nous laisser " induire en erreur par les fabricants de théories fausses et malsaines... qui prétendent que la Rédemption appartenant à l'ordre de la grâce surnaturelle et donc par suite oeuvre exclusive de Dieu, n'a pas besoin de notre coopération sur cette terre" . Mais au contraire conscients et convaincus de cette responsabilité sacrée (qui consiste à) créer des conditions sociales qui n'ont de valeur que pour rendre à tous possible et aisée une vie digne de l'homme et du chrétien, ne vous contentez jamais... d'une médiocrité générale des conditions publiques, dans laquelle la masse des hommes ne puisse -sinon par des actes de vertu héroïque- observer les divins commandements, inviolables toujours et dans tous les cas" .

Les institutions sont un levier puissant : "Les peuples ne sont entrés en masse dans l'Eglise qu'à la suite de leurs princes et l'Eglise n'a régné sur les nations, sur leurs lois, sur leurs institutions, sur leurs moeurs, que quand elle a pris possession du coeur des rois". Ce que le cardinal Pie dit ici des "rois", doit s'étendre à tous ceux qui détiennent une responsabilité politique.

Etre chrétien implique de s'investir pour son pays

"Les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la politique, à savoir à l'action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir organiquement et par les institutions le bien commun... Tous et chacun ont le droit et le devoir de participer à la politique ; cette participation peut prendre une grande diversité et complémentarité de formes, de niveaux, de tâches et de responsabilités" (Jean-Paul II).

Ce texte définit la politique (action multiforme...), sa finalité (le bien commun) et fait de la participation à la politique un devoir (devoir que Pie XI appelait "devoir de charité politique").

"Il est inadmissible et contraire à l'Evangile de prétendre circonscrire la religion à la sphère strictement privée de la personne. Il est paradoxal d'oublier sa dimension essentiellement publique et sociale... Sortez donc dans les rues, vivez votre foi avec joie, portez aux hommes le salut du Christ qui doit imprégner la famille, l'école, la culture et la vie politique" (Jean-Paul II).

Planter du blé à la Sainte Barbe : une tradition provençale de l'Avent

Planter le blé de la Sainte Barbe, 20 jours avant Noël, soit le jour de la Sainte-Barbara, reste une des traditions calendales les plus suivies en Provence. Cette tradition nous vient de l’époque romaine, et la légende indique que si la germination se fait bien et si le blé est vert, la prochaine moisson sera abondante. Mais d’où vient cette tradition ?

Sainte Barbe vécut au milieu du IIIe siècle après Jésus Christ au Nord Ouest de l'Anatolie sous le règne de l’empereur Maximin. Son père, Dioscore, était un riche édile païen qui voulait la marier à homme de son choix ; elle refusa et décida de se consacrer au Christ. Pour la punir, son père l’enferma dans une tour à deux fenêtres, mais un prêtre chrétien, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa.  Au retour d’un voyage de son père, Barbe lui apprit qu’elle avait percé une troisième fenêtre dans le mur de la tour pour représenter la Sainte Trinité et qu’elle était chrétienne. Furieux, le père mit le feu à la tour. Barbe réussit à s’enfuir, mais un berger découvrit sa cachette et avertit son père. Ce dernier la traîna devant le gouverneur romain de la province, qui la condamna au supplice. Comme la jeune fille refusait d’abjurer sa foi, le gouverneur ordonna au père de trancher lui-même la tête de sa fille. Elle fut d'abord torturée : on lui brûla certaines parties du corps et on lui arracha les seins, mais elle refusa toujours d'abjurer sa foi. Dioscore la décapita mais fut aussitôt châtié par le Ciel. Il mourut frappé par la foudre. Quant au berger qui l'avait dénoncée, il fut changé en pierre et ses moutons en sauterelles. Quand les chrétiens vinrent demander le corps de la jeune martyre, ne voulant ni utiliser son prénom païen ni se dévoiler en utilisant son prénom de baptême chrétien, ils ne purent en parler que comme « la jeune femme barbare », d'où le nom de sainte Barbara qui lui fut donné.

On invoque sainte Barbe pour être protégé de la foudre, mais elle est aussi la patronne, le modèle et la protectrice des architectes, des géologues, des mathématiciens, des pompiers, des mineurs (et par extension actuellement, des ingénieurs des Mines), des artilleurs, des sapeurs, des canonniers, des artificiers, des ingénieurs de combat, des métallurgistes, des démineurs et autres corporations liées au feu, les pétroliers militaires, les foreurs et les personnels de l'industrie des turbines à gaz, les carillonneurs, les égoutiers. Sainte Barbe est aussi la patronne de l'École polytechnique. Pie XII la déclare patronne de la marine italienne de combat par un bref du 4 décembre 1951.

Afin de ne jamais oublier Sainte Barbe, les provençaux plantent du blé dans 3 coupelles, le jour de la Sainte Barbe (transformée par l'église en 1969 en Sainte Barbara), le 4 décembre. C'est là le début réel des fêtes calendales (de Noël) en Provence.

Ces coupelles, représentant la Sainte Trinité, font ensuite partie de la décoration de la table de Noël, lors du Gros Souper du 24 décembre et le 25 décembre,  la maîtresse de maison orne ces blés de rubans jaune et rouge. À compter du 26 décembre, les coupelles sont disposées près de la crèche jusqu'à l'Epiphanie. 

 La tradition veut que si le blé est bien germé le 25 décembre, la moisson suivante sera bonne. On dit également à cette occasion : Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn ((Blé bien germé, c'est la prospérité pour toute l'année)

 

 

Lundi 03 décembre 2018

Devoir des citoyens dans la Doctrine Sociale de l'Eglise

Ceux qui sont soumis à l’autorité regarderont leurs supérieurs comme représentants de Dieu qui les a institués ministres de ses dons. Leur collaboration loyale comporte le droit, parfois le devoir d’exercer une juste remontrance sur ce qui leur paraîtrait nuisible à la dignité des personnes et au bien de la communauté.

Le devoir des citoyens est de contribuer avec les pouvoirs civils au bien de la société dans un esprit de vérité, de justice, de solidarité et de liberté. L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité. La soumission aux autorités légitimes et le service du bien commun exigent des citoyens qu’ils accomplissent leur rôle dans la vie de la communauté politique. La soumission à l’autorité et la coresponsabilité du bien commun exigent moralement le paiement des impôts, l’exercice du droit de vote, la défense du pays.

Le citoyen est obligé en conscience de ne pas vivre les prescriptions ddes autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l’Évangile. Le refus d’obéissance aux autorités civiles, lorsque leurs exigences sont contraires à celles de la conscience droite, trouve sa justification dans la distinction entre le service de Dieu et le service de la communauté politique. « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu ». (Mt XXII, 21). « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». (Ac V, 29).

Si l’autorité publique, débordant sa compétence, opprime les citoyens, que ceux-ci ne refusent pas ce qui est objectivement demandé par le bien commun. Il leur est cependant permis de défendre leurs droits et ceux de leurs concitoyens contre les abus du pouvoir, en respectant les limites tracées par la loi naturelle et la Loi évangélique.

La résistance à l’oppression du pouvoir politique ne recourra pas légitimement aux armes, sauf si se trouvent réunies les conditions suivantes :  

  • En cas de violations certaines, graves et prolongées des droits fondamentaux,
  • Après avoir épuisé tous les autres recours, 
  • Sans provoquer des désordres pires,
  • Qu’il y ait un espoir fondé de réussite,
  • S’il est impossible de prévoir raisonnablement des solutions meilleures.

 

Devoirs des autorités civiles au regard de la Doctrine Sociale de l'Eglise

Le quatrième commandement de Dieu nous ordonne d’honorer tous ceux qui, pour notre bien, ont reçu de Dieu une autorité dans la société. Il éclaire les devoirs de ceux qui exercent l’autorité comme de ceux à qui elle bénéficie.

Ceux qui exercent une autorité doivent l’exercer comme un service. Nul ne peut commander ou instituer ce qui est contraire à la dignité des personnes et à la loi naturelle. L’exercice de l’autorité vise à rendre manifeste une juste hiérarchie des valeurs afin de faciliter l’exercice de la liberté et de la responsabilité de tous. Les pouvoirs politiques sont tenus de respecter les droits fondamentaux de la personne humaine. Ils rendront humainement la justice dans le respect du droit de chacun, notamment des familles et des déshérités. Les droits politiques attachés à la citoyenneté peuvent et doivent être accordés selon les exigences du bien commun. Ils ne peuvent être suspendus par les pouvoirs publics sans motif légitime et proportionné. L’exercice des droits politiques est destiné au bien commun de la nation et de la communauté humaine.