mercredi 01 juillet 2020

In memoriam Michele Madiran - Jeanne Smits

Michèle Arfel Madiran a été rappelée à Dieu au matin du 30 juin, sept ans après le décès de son époux, Jean Madiran, qui lui manquait tant. Elle est partie sans bruit au terme d’une longue maladie et de plusieurs semaines d’hospitalisation, vécues dans une grande discrétion : dans cette pudeur qui la caractérisait. Une pudeur de grande dame.

Très entourée pendant les derniers mois et semaines de sa vie, Michèle Madiran a pu recevoir les derniers sacrements. Puis la visite de dom Louis-Marie, le Très Révérend Père Abbé du Barroux, lui a permis de communier dans la maison Jeanne-Garnier à Paris où elle fut accueillie une semaine avant son entrée dans l’au-delà, devenue inéluctable. La médecine se contentait de soulager, s’effaçait devant la maladie victorieuse ; le moine bénédictin apportait des secours de valeur infinie, pour la vie éternelle qu’elle espérait.

Où elle espérait retrouver Jean Madiran…

Elle avait une belle admiration pour Jean Madiran, elle était son soutien et cela se voyait ; que de jolie complicité entre eux deux !

En regardant nos photos d’elle et lui – nous en avons quelques-unes – j’étais saisie par ce regard amoureux, presque un regard de jeune fille, que Michèle Madiran portait sur son écrivain de mari : auteur de combat, catholique des tranchées antimodernistes, homme debout pour défendre Dieu et la France, la plume à la main, jusqu’aux derniers jours de sa longue vie enracinée dans la vérité et l’amour de la patrie.

Il fallait bien un tel homme à Michèle, née en Algérie française, pied-noire passionnée, marquée à jamais par la blessure des terres perdues… Il lui fallait cet homme de foi grave, mais espiègle, aux yeux bleus pétillants, aimant le vin, la chanson, le rire et l’amitié parce que c’est aussi tout cela qui fait l’amour de la France.

Elle était la fille du Dr Legendre, pédiatre : un de ces « colons » aujourd’hui médiatiquement maudits qui vécurent là-bas au service de la population, apportant un bout de Métropole à travers l’éducation, la santé, les routes, les infrastructures, mais aussi la langue française qui lui fut léguée en héritage.

Les Legendre, c’était une lignée d’hommes et de femmes soignants. Michèle avait quatre frères et sœurs : un frère médecin ; elle-même était infirmière-chef spécialisée en neurologie. Derrière la froideur des mots, une femme pleine d’empathie et de ce que j’aurais envie de qualifier de douceur énergique. Toujours là. Toujours prête à aider.

Michèle fut très proche de sa famille par le sang. Mais aussi de sa famille d’adoption, amie de longue date de Jean Madiran : la grande famille de Jean-Claude et Dominique Absil. Les mots que me dit l’une de leurs filles en ces jours tristes de la séparation sont parlants : « C’était une deuxième maman pour nous tous. » « Elle était là quand j’étais malade ; elle était là quand j’accouchais. Nous pouvions toujours compter sur elle. » « Elle faisait partie de nous. »

Elle avait pris sous son aile un petit-fils des Absil, gravement handicapé, parce qu’il était handicapé. Jusqu’à aller, quand les circonstances devenaient trop difficiles, passer des jours et des nuits auprès de lui à l’hôpital. Charité discrète, active, enveloppante, sans l’ombre d’une contrainte.

De Michèle, je garde le souvenir lumineux d'une femme chaleureuse, amicale, droite. Je me souviens de sa voix posée, grave et rassurante. De son accueil si amical, de son humour pince-sans-rire. Du soutien, aussi, qu’elle nous apporta lorsque les choses prirent pour nous un tour difficile à “Présent”, quelques mois après le décès de Jean Madiran…

Beaucoup de prières l’ont accompagnée lors de son grand départ dans l'autre monde, le vrai. Que Dieu daigne l'accueillir et la réunir au plus vite avec ceux qu'elle a tant aimés et qui l’ont précédée là-haut, et qu’Il console ceux, si nombreux, à qui elle manque aujourd’hui.

Jeanne Smits

Semer un grain, mais pour quelle récolte ?

Dans un texte en forme de lettre en réponse au président de la République, intitulé Le matin, sème ton grain (Bayard/Mame/Le Cerf), le président de la Conférence des évêques de France (CEF) aborde quatre axes de réflexion consacrés à nos modes de vie, sans jamais remettre en question le cadre mental de la laïcité qui a réduit l’Église à une simple organisation parmi d’autres.

Les analyses affluent sur la crise sanitaire que le monde vient de traverser et sur les leçons à en tirer pour réformer nos sociétés. Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr de MoulinsBeaufort, a voulu participer à cette entreprise en publiant un court texte, en réponse à la demande de contributions adressée aux responsables des cultes par le président de la République. C’est d’emblée dire que ce texte s’inscrit dans le cadre que nos institutions républicaines laïques laissent aux phénomènes religieux : ceux-ci sont limités à la sphère de la société civile et l’État, quant à lui, prétend transcender cette dernière. À aucun moment le successeur de la longue lignée des évêques de Reims, qui ont sacré les rois de France, ne remet en cause un tel cadre mental. Il ne s’agit pas de lui jeter la pierre car tel n’était pas le propos mais il peut être intéressant de voir si, prenant la parole à partir de la place qu’on lui laisse, il en profite pour un tant soit peu faire bouger les lignes.

Le constat d’un malaise

L’auteur part d’un constat, partagé par nombre de nos contemporains : « Quelque chose ne va pas dans notre mode de vie, dans nos façons de produire et de consommer. Comment changer ? » et il ajoute : « Autre chose est possible, avec la grâce de Dieu. » Il décline ainsi réflexions et propositions selon quatre axes : mémoire, corps, liberté et hospitalité. « Je les présente, dit-il, en espérant servir ainsi à une unité nationale plus forte. »

Le premier point consiste à faire mémoire de ce que nous avons vécu lors de cette crise, notamment de la manière dont notre rapport au temps a été modifié pendant le confinement. En contraste avec l’accélération du temps dans nos modes de vie, certains ont pu goûter la richesse de l’instant présent, « vivre l’intensité du temps au lieu de se laisser happer par le rythme frénétique de la consommation et de la production ». Le président de la CEF souhaite orienter le « mémorial » de cette expérience dans deux directions. Que chacun puisse avoir un logement digne (ce qui inclut aussi l’environnement naturel) et que le repos dominical puisse être davantage honoré. D’où la proposition concrète « qu’une fois par mois un dimanche soit “confiné” partout dans notre pays : un dimanche sans voiture ou sans dépasser un certain périmètre, sans commerces, sans travail productif, où tous soient appelés à chercher des activités accessibles à pied ou à bicyclette ou en transports en commun. » Ce qui est présenté comme une « suggestion », dans « un rêve éveillé », peut être lu comme appel à une vie plus contemplative où l’on goûte davantage le fait de demeurer. Comment sortir de cette vie liquide qui nous emporte dans des flux d’images, de soucis, d’informations souvent superficielles ? Comment sortir de cette perpétuelle captation de notre attention qui nous empêche de revenir à l’essentiel et d’être disponible à la Parole de Dieu ?

Rappel de ce qu’est le bien commun

Le deuxième axe est le corps, individuel et social. Pour sauver le premier, le second a été mis à mal par le confinement de toute la population. Comment articuler ces deux dimensions du corps ? Cela permet à Mgr de Moulins Beaufort de rappeler que le bien commun n’est pas la somme des biens individuels. Il n’est pas non plus «  la somme des biens communs (système scolaire, système hospitalier, système routier, distribution de l’eau ou de l’électricité, etc.), mais le bien dans lequel tous peuvent être en communion ». Et il ajoute : « Le corps social n’a pas à satisfaire les désirs de chacun, mais il devrait aider chacun à croire en son rôle propre, malgré ses manques et ses douleurs. ». La nécessaire participation de tous à la vie commune est requise mais on doit ajouter que celle-là, pour ne pas être formelle, doit être assumée par la pratique des vertus, au premier rang desquelles se trouve la justice. L’évêque de Reims s’insurge ensuite contre la manière dont de nombreux malades et mourants ont été ostracisés, en raison de règles ne prenant pas en compte l’intégralité des dimensions de la personne. Comment accepter que les aumôniers et visiteurs aient pu parfois être considérés comme « personnel non indispensable » ? Il rappelle alors à quel point la mort est partie prenante de la vie, et en quoi notre société cherche trop souvent à l’occulter en ne la considérant que comme un échec. La tentation de l’euthanasie s’inscrit dans cet oubli du sens profond de la mort qui est un passage que tous devront un jour vivre.

Un culte parmi d’autres…

Le troisième axe concerne la liberté et là, sans surprise, Mgr de Moulins-Beaufort s’inscrit docilement dans le droit commun : « Nous n’avons jamais réclamé un privilège ou une exemption des règles communes. Nous avons simplement demandé que les règles communes à toute la société s’appliquent à tous les cultes. » Si l’on considère que le vrai culte rendu à Dieu n’est pas une activité comme une autre, pourquoi alors ne pas contester ce principe laïciste ? On voit là que le nouveau président de la CEF assume l’héritage des équipes précédentes et ne semble pas prêt à faire bouger les lignes. L’intériorisation du régime mental qu’est la laïcité semble ici très profonde. À n’en pas douter, la manière dont « l’Église de France » se présente elle-même comme un « culte », et présente le culte comme une activité qui devrait être aussi permise que le commerce ou la réunion familiale, est signifiante de la conception (libérale) qu’elle se fait de la liberté. Certes, Mgr de Moulins-Beaufort critique la manière dont l’État a utilisé son autorité mais il n’interroge pas les présupposés profonds de celle-ci. En appeler à la responsabilité des citoyens est nécessaire mais cela ne suffit pas. La liberté de l’Église a une dimension institutionnelle car elle est responsable de ses choix devant Dieu et non devant l’État. L’Église est bien antérieure à l’État et elle a trop tendance à l’oublier.

Enfin, le dernier axe porte sur l’hospitalité. Et nous avons alors droit, parmi quelques belles remarques sur le lien humain, au couplet épiscopal habituel sur les migrations, en l’occurrence à un appel à faire preuve d’hospitalité envers les immigrés sans papiers travaillant au noir ! La captation de l’hospitalité biblique pour penser le phénomène complexe des migrations est révélatrice de la confusion mentale d’une grosse partie de nos dirigeants nationaux, légitimée par les évêques. Ce n’est pas nouveau mais on aurait pu espérer que la crise de la mondialisation, dont la pandémie est un symptôme supplémentaire, puisse être l’occasion d’une prise de conscience. Il faudra attendre d’autres signes.

Thibaud Collin - Homme Nouveau n°1714 du 20 juin 2020

vendredi 26 juin 2020

Exclusif : une réflexion approfondie de Mgr Athanasius Schneider sur le concile Vatican II et la crise actuelle de l'Eglise

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Mgr Athanasius Schneider publie ce jour un texte intitulé « Quelques réflexions sur le concile Vatican II et la crise actuelle de l'Eglise », afin de clarifier sa position sur le Concile. Il y insiste respectueusement sur le fait qu’il n’est pas favorable au rejet radical de Vatican II, une position récemment exprimée ouvertement par certains membres du clergé. Les présentes réflexions de Mgr Schneider, tirées pour partie du chapitre correspondant de son livre d’entretiens avec Diane Montagna, Christus Vincit, Christ’s Triumph Over the Darkness of the Age, développent certains points de sa discussion à propos de Vatican II, à la lumière des débats récents.

D’abord publié en anglais par Angelico Press en octobre 2019, Christus Vincit doit paraître cette semaine en allemand et en portugais. La version française, Christus vincit, Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps paraîtra à la rentrée et sera disponible via ce blog.

[Pour recevoir l’annonce de la parution de ce livre qui propose une vaste réflexion sur la situation présente de l’Eglise et ses rapports avec le monde, mais aussi des propos plus personnels de Mgr Schneider sur son enfance, sa vocation, l’islam, la perte du sens du surnatural, Fatima, les anges et bien d’autres sujets, je vous invite à m’envoyer une courriel à jeanne.smits.blog@gmail.com et je vous avertirai le moment venu.]

Son Excellence Mgr Schneider a donné le texte officiel de ces réflexions en exclusivité à The Remnant pour l’anglais, à Corrispondenza Romana pour l’italien et l’espagnol, et au Blog de Jeanne Smits pour le français. Tous droits réservés, reproduction interdite par égard pour l'éditeur français de Christus vincit, lien partageable : https://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2020/06/exclusif-une-reflexion-approfondie-de.html. – J.S.
 

Quelques réflexions sur le Concile Vatican II et la crise actuelle de l'Église

par Mgr Athanasius Schneider

 

Au cours des dernières décennies, ce ne sont pas seulement les modernistes déclarés, mais aussi les théologiens et les fidèles qui aiment l’Église, qui ont fait preuve d'une attitude qui ressemble à une sorte de défense aveugle de tout ce qui a été dit par le Concile Vatican II. Une telle attitude semblait parfois exiger des acrobaties mentales, voire une « quadrature du cercle ». Même maintenant, la mentalité générale des bons et fidèles catholiques correspond, à mon avis, à une infaillibilisation totale de facto de tout ce que le concile Vatican II a affirmé, ou de ce que le pontife actuel dit et fait. Ce genre d’ultramontanisme extrême, de centrisme papal malsain, était déjà présent depuis plusieurs générations chez les catholiques, depuis deux siècles. Mais la critique a toujours été présente et permise dans la grande tradition de l’Église, puisque c’est la vérité et la fidélité à la révélation divine et à la tradition constante que nous devons rechercher, ce qui implique par soi-même le recours à la raison et à la rationalité, et suppose d’éviter les acrobaties mentales erronées. Certaines explications de certaines expressions manifestement ambiguës et trompeuses que contiennent les textes du Concile semblent artificielles et peu convaincantes, surtout lorsque l’on y réfléchit d’une manière intellectuellement plus honnête, à la lumière de la doctrine ininterrompue et constante de l’Eglise.

Instinctivement, tout argument raisonnable qui aurait pu même de la façon la plus minime remettre en cause n’importe quelle parole ou expression des textes du Concile a été réprimé . Mais une telle attitude n’est pas saine et elle contredit la grande tradition de l’Église, comme nous le constatons chez les Pères, les Docteurs et les grands théologiens de l’Église au long de ses deux mille ans d’histoire.

Une opinion différente de celle enseignée par le concile de Florence sur la question du sacrement de l'ordre, c'est-à-dire la traditio instrumentorum, a été admise dans les siècles qui ont suivi ce concile, et a conduit le pape Pie XII à se prononcer dans la Constitution apostolique Sacramentum Ordinis de 1947, par laquelle il a corrigé l'enseignement non infaillible du Concile de Florence, en déclarant que la seule matière strictement nécessaire à la validité du sacrement de l'Ordre est l'imposition des mains par l'évêque. Par cet acte, Pie XII n'a pas mis en œuvre une herméneutique de continuité, mais bien une correction, car la doctrine du concile de Florence en la matière ne reflétait pas la doctrine et la pratique liturgiques constantes de l'Église universelle. Déjà en 1914, le cardinal W.M. van Rossum écrivait à propos de l'affirmation du concile de Florence sur la question du sacrement de l'Ordre, que cette doctrine du concile était réformable et devait même être abandonnée (cf. De essentia sacramenti ordinis, Freiburg 1914, p. 186). Il n'y avait donc pas de place pour une herméneutique de continuité dans ce cas concret.

Lorsque le magistère pontifical ou un concile œcuménique a corrigé des doctrines non infaillibles de conciles œcuméniques antérieurs (cela ne s'est produit que rarement), on n'a pas sapé les fondements de la foi catholique par un tel acte, ni opposé le magistère de demain à celui d'aujourd'hui, comme l'histoire l'a prouvé. Par une Bulle de 1425, Martin V a approuvé les décrets du concile de Constance et même le décret « Frequens » - de la 39e session du concile (en 1417). Ce décret affirmait l'erreur du conciliarisme, c'est-à-dire l'erreur selon laquelle un concile est supérieur à un Pape. Cependant, en 1446, son successeur, le pape Eugène IV, a déclaré qu'il acceptait les décrets du concile œcuménique de Constance, à l'exception de ceux (des sessions 3 - 5 et 39) qui « portent atteinte aux droits et à la primauté du Siège Apostolique » (absque tamen praeiudicio iuris, dignitatis et praeeminentiae Sedis Apostolicae). Le dogme de Vatican I sur la primauté du pape a ensuite rejeté définitivement l'erreur conciliaire du concile œcuménique de Constance. Comme mentionné plus haut, le pape Pie XII a corrigé l'erreur du Concile œcuménique de Florence concernant la question du sacrement de l'Ordre. Les fondements de la foi n'ont pas été sapés par ces rares actes de correction des affirmations antérieures du magistère non infaillible, précisément parce que ces affirmations concrètes (par exemple des conciles de Constance et de Florence) n'étaient pas infaillibles.

Plusieurs expressions des textes du Concile Vatican II ne sont pas aussi facilement conciliables avec la tradition doctrinale constante de l'Église. Citons par exemple certaines expressions du Concile sur le thème de la liberté religieuse (comprise comme un droit naturel, et donc positivement voulue par Dieu, de pratiquer et de répandre une fausse religion, qui peut aussi inclure l'idolâtrie ou pire encore) ; sa distinction entre l'Église du Christ et l'Église catholique (le problème du « subsistit in » donne l'impression qu'il existe deux réalités : d'un côté, l'Église du Christ, et de l'autre, l'Église catholique) ; et sa position à l'égard des religions non chrétiennes et du monde contemporain. Bien que la Congrégation pour la Doctrine de la foi, dans ses réponses à certaines questions concernant certains aspects de la doctrine sur l'Église (29 juin 2007), ait proposé une explication de l'expression « subsistit in », elle a malheureusement évité de dire clairement que l'Église du Christ est véritablement l'Église catholique. C'est-à-dire qu'elle a évité de déclarer explicitement l'identité entre l'Église du Christ et l'Église catholique. En effet, il reste un élément de flou.

Il existe aussi une attitude qui rejette a priori toutes les objections possibles visant les déclarations douteuses susmentionnées dans les textes du concile. Au lieu de cela, la seule solution présentée est la méthode dite d'« herméneutique de la continuité ». Malheureusement, les doutes relatifs aux problèmes théologiques inhérents à ces déclarations du Concile ne sont pas pris au sérieux. Nous devons toujours garder à l’esprit le fait que la fin principale du Concile était de nature pastorale, et que le Concile n’avait pas l’intention de proposer ses propres enseignements définitifs.

Les déclarations des papes d’avant le Concile, même celles des XIXe et XXe siècles, reflètent fidèlement celles de leurs prédécesseurs et la tradition constante de l’Église d’une manière ininterrompue. Les papes des XIXe et XXe siècles, c’est-à-dire après la Révolution française, ne représentent pas une période « exotique » en comparaison avec la tradition bi-millénaire de l’Eglise. On ne saurait prétendre qu’il existe une quelconque rupture dans les enseignements de ces papes (Grégoire XVI, etc.) par rapport au Magistère antérieur. Par exemple, concernant le thème de la royauté sociale du Christ et du caractère objectivement faux des religions non chrétiennes, on ne peut pas trouver de rupture perceptible entre l’enseignement des papes Grégoire XVI à Pie XII d’une part, et celui du pape Grégoire le Grand (VIe siècle) et de ses prédécesseurs et successeurs d’autre part. On peut vraiment voir une ligne continue sans aucune rupture depuis l’époque des Pères de l’Eglise jusqu’à Pie XII, en particulier sur des sujets tels la royauté sociale du Christ, la liberté religieuse et l’œcuménisme au sens où il existe un droit naturel, positivement voulu par Dieu, de pratiquer la seule vraie religion qui est la foi catholique.

Avant le Concile Vatican II, il n'était pas nécessaire de faire un effort colossal pour présenter des études volumineuses montrant la parfaite continuité de la doctrine entre un Concile et un autre, entre un pape et ses prédécesseurs, car la continuité était évidente. Par exemple, le fait même qu'une « nota explicativa previa » au document Lumen Gentium ait été nécessaire montre que le texte de Lumen Gentium, au n. 22, est ambigu en ce qui concerne le sujet des relations entre la primauté du pape et la collégialité épiscopale. Les documents clarifiant le magistère à l'époque post-conciliaire, tels les encycliques Mysterium FideiHumanae Vitae, et le Credo du Peuple de Dieu du Pape Paul VI, ont été d'une grande valeur et d'une grande aide, mais ils n'ont pas clarifié les déclarations ambiguës du  concile Vatican II mentionnées ci-dessus.

Peut-être la crise actuelle – avec Amoris Laetitia et le Document d’Abou Dhabi – nous oblige-t-elle à approfondir cette considération quant à la nécessité de clarifier ou de corriger certaines déclarations du Concile évoquées ci-dessus. Dans la Summa Theologiae, saint Thomas d’Aquin a toujours présenté des objections (« videtur quod ») et des contre-arguments (« sed contra »). Saint Thomas était intellectuellement très honnête ; il faut en effet savoir accepter les objections et les prendre au sérieux. Nous devrions utiliser sa méthode sur certains des points controversés des textes du Concile qui sont en discussion depuis près de soixante ans. La plupart des textes du Concile présentent une continuité organique par rapport au magistère antérieur. Mais en dernière analyse, le magistère papal doit clarifier de manière convaincante les éléments controversés de certaines expressions des textes du Concile. A ce jour, cela n’a pas toujours été fait d’une manière honnête et intellectuellement convaincante. Si cela s’avérait nécessaire, un pape ou un futur Concile œcuménique devrait alors ajouter des explications (comme des « notae explicativae posteriores »), voire des amendements et des corrections de ces expressions controversées, puisqu’elles n’ont pas été présentées par le Concile comme un enseignement infaillible et définitif. Ainsi que Paul VI l’a déclaré, le Concile a « évité de donner des définitions dogmatiques solennelles, engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique » (Audience générale, 12 janvier 1966).

L’histoire nous le dira, avec le recul. Nous ne sommes qu’à cinquante ans du Concile. Peut-être y verrons-nous plus clair quand cinquante nouvelles années se seront écoulées. Cependant, du point de vue des faits, de ce que l’on a pu constater, d’un point de vue global, Vatican II n’a pas apporté la floraison d’un réel progrès spirituel dans la vie de l’Église. Et même s'il y avait déjà des problèmes au sein du clergé avant le Concile, au nom de l'honnêteté et de la justice, nous devons reconnaître que les problèmes moraux, spirituels et doctrinaux du clergé avant le Concile n'étaient pas aussi répandus, d'une aussi grande ampleur et d'une aussi grande intensité, qu'ils l'ont été à l'époque post-conciliaire et jusqu'à aujourd'hui. Compte tenu du fait qu'il y avait déjà des problèmes avant le Concile, le premier objectif du Concile Vatican II aurait dû être précisément d'émettre des normes et des doctrines les plus claires possibles, voire exigeantes, et exemptes de toute ambiguïté, comme l'ont fait tous les Conciles de Réforme par le passé. L’objectif et les intentions du Concile étaient avant tout pastoraux, et pourtant, malgré cet objectif pastoral, il s’en est suivi des conséquences désastreuses que nous voyons encore aujourd’hui. Bien sûr, le Concile comprend beaucoup de beaux textes, précieux même. Mais les conséquences négatives et les abus commis au nom du Concile ont été si importants qu’ils ont éclipsé les éléments positifs qui s’y trouvent.

Il y avait des éléments positifs dans Vatican II : c’est la première fois qu’un Concile œcuménique a lancé un appel solennel aux laïcs, afin qu’ils prennent au sérieux les vœux de leur baptême pour tendre à la sainteté. Le chapitre de Lumen Gentium sur les laïcs est beau et profond. Les fidèles y sont appelés à vivre leur baptême et leur confirmation en tant que témoins courageux de la foi au milieu d’une société sécularisée. Cet appel était prophétique. Cependant, depuis le Concile, cet appel aux laïcs a été détourné par l’establishment progressiste de l’Église, et aussi par de nombreux fonctionnaires et bureaucrates qui travaillaient dans les bureaux et les chancelleries de l’Église. Souvent, les nouveaux bureaucrates laïcs (dans certains pays européens) n’étaient pas eux-mêmes des témoins ; ils ont au contraire contribué à la destruction de la foi dans les conseils paroissiaux et diocésains et dans d’autres comités officiels. Hélas, ces bureaucrates laïcs ont souventes fois été induits en erreur par le clergé, les évêques et les pasteurs.

La période qui a suivi le Concile a laissé l’impression que l’un des principaux fruits du Concile était la bureaucratisation. Cette bureaucratisation mondaine, au cours des décennies qui ont suivi le Concile, a paralysé dans une large mesure la ferveur spirituelle et surnaturelle. Au lieu du printemps annoncé, est survenu un temps de stérilité spirituelle généralisée, un hiver spirituel. Ces mots par lesquels Paul VI a fait un diagnostic honnête de l’état de santé spirituelle de l’Eglise sont toujours bien connus, et même inoubliables : « On croyait qu’après le Concile viendrait une journée de soleil pour l’histoire de l’Église. C’est au contraire une journée de nuages, de tempête, d’obscurité, de recherche, d’incertitude. Nous prêchons l’œcuménisme et nous nous distançons de plus en plus des autres. Nous cherchons à creuses des abîmes au lieu de les combler » (Sermon du 29 juin 1972).

Dans ce contexte, c’est surtout Mgr Lefebvre (bien qu’il ne soit pas le seul à l’avoir fait) qui a commencé, à plus grande échelle et avec une franchise semblable à celle de certains des grands Pères de l’Église, à protester contre la destruction de la foi catholique et de la sainte messe qui se produisait dans l’Église et qui était soutenue, ou du moins tolérée, jusque par de hautes autorités du Saint-Siège. Dans une lettre adressée au pape Jean-Paul II au début de son pontificat, Mgr Lefebvre a décrit avec réalisme et justesse, dans un bref synopsis, la véritable ampleur de la crise de l’Église. Je reste toujours impressionné par la clairvoyance et le caractère prophétique des affirmations suivantes : « Le flot des nouveautés dans l’Eglise accepté et encouragé par l’épiscopat, flot ravageant tout sur son passage : la foi, la morale, les institutions de l’Eglise, ne pouvait pas admettre la présence d’un obstacle, d’une résistance. Nous avions donc le choix ou de nous laisser emporter par le courant dévastateur et d’accroître le désastre, ou de résister contre vents et marées pour sauvegarder notre foi catholique et le sacerdoce catholique. Nous ne pouvions pas hésiter. (…) Les ruines de l’Eglise s’accumulent : l’athéisme, l’immoralité, l’abandon des églises, la disparition des vocations religieuses et sacerdotales sont tels que les Evêques commencent à s’émouvoir. »  Nous assistons aujourd’hui à l’apogée du désastre spirituel au sein de la vie de l’Église, que Mgr Lefebvre a souligné avec tant de vigueur il y a quarante ans déjà.

En abordant les questions relatives au Concile Vatican II et à ses documents, il faut éviter les interprétations forcées ou la méthode de la « quadrature du cercle », tout en conservant l’attitude respectueuse qui s’impose et le sens de l’Eglise (sentire cum ecclesia). L’application du principe de « l’herméneutique de la continuité » ne saurait être utilisée aveuglément en vue d’éliminer sans poser de questions des problèmes qui existent bel et bien, ou pour créer une image d’harmonie, alors que demeurent des ombres d’imprécision dans l’herméneutique de la continuité. En effet, une telle approche transmettrait artificiellement et de manière peu convaincante le message selon lequel chaque mot du concile Vatican II est inspiré par Dieu, infaillible et en parfaite continuité doctrinale avec le magistère antérieur. Une telle méthode violerait la raison, les données du réel et l’honnêteté, et ne ferait pas honneur à l’Église, car tôt ou tard (même s’il y faut un siècle) la vérité sera énoncée telle qu’elle est réellement. Il existe des livres dont les sources sont documentées et reproductibles, qui donnent un aperçu historiquement plus réaliste et plus vrai des faits et des conséquences relatifs à l’événement du concile Vatican II lui-même, mais aussi de la manière dont ses documents ont été édités, et du processus d’interprétation et d’application de ses réformes au cours des cinq dernières décennies. Je recommande, par exemple, les livres suivants qui peuvent être lus avec profit : Romano Amerio, Iota Unum, Etude des variations de l’Église catholique au XXe siècle (1996) ; Roberto de Mattei, Vatican II : Une histoire à écrire (2012) ; Alfonso Gálvez, El Invierno eclesial (2011).

Ces éléments – l’appel universel à la sainteté, le rôle des laïcs dans la défense et le témoignage de la foi, la famille en tant qu’église domestique, et l’enseignement sur Notre Dame  – sont ceux que je considère comme les contributions vraiment positives et durables du concile Vatican II.

Le magistère a été à ce point surchargé au cours des cent cinquante dernières années d’une papolâtrie malsaine, qu’il en a résulté une atmosphère où un rôle central est attribué aux hommes de l’Eglise au lieu de l’être au Christ et à son corps mystique, qui est à son tour un anthropocentrisme caché. Selon la vision des Pères de l’Eglise, l’Eglise est seulement la lune (mysterium lunae), et le Christ est le soleil. Le Concile, a malheureusement été une démonstration d’un très rare « magistériocentrisme », puisque par le simple fait du volume de ses documents interminables il a dépassé, et de loin, tous les autres conciles. Il a pourtant lui-même fourni une belle description de ce qu’est le magistère, qui n’avait jamais été donnée auparavant dans l’histoire de l’Église. On le trouve dans Dei Verbum, au n° 10, où il est écrit : « Ce Magistère n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais il est à son service. »

Par « magistériocentrisme », j’entends que les éléments humains et administratifs – spécialement la production excessive et continue de documents et de forums de discussion (sous le slogan de la « synodalité ») – ont été placés au centre de la vie de l’Église. Même si les Pasteurs de l’Eglise doivent toujours exercer avec zèle l’exercice du munus docendi, l’inflation des documents, et souvent de documents interminables, s’est révélée asphyxiante. Des documents moins nombreux, plus courts et plus concis produiraient un meilleur effet.

Un exemple frappant de « magistériocentrisme », où les représentants du magistère se comportent non comme les serviteurs, mais comme les maîtres de la tradition, est la réforme liturgique de Paul VI. D’une certaine manière, Paul VI s’est placé au-dessus de la Tradition – non pas la Tradition dogmatique (lex credendi), mais la grande Tradition liturgique (lex orandi). Paul VI a osé entamer une véritable révolution de la lex orandi. Et dans une certaine mesure, il a agi en contradiction avec l’affirmation du concile Vatican II dans Dei Verbum (n° 10) qui affirme que le magistère est seulement au service de la Tradition. Nous devons mettre le Christ au centre. Il est le soleil : le surnaturel, la constance de la doctrine et de la liturgie, et toutes les vérités de l’Évangile que le Christ nous a enseignées.

Par le concile Vatican II, et déjà avec Jean XXIII, l’Église a commencé à se présenter au monde, à flirter avec le monde et à manifester un complexe d’infériorité envers le monde. Mais les clercs, en particulier les évêques et le Saint-Siège, ont pour mission de montrer le Christ au monde – et non pas eux-mêmes. Vatican II a donné l’impression que l’Église catholique commençait à mendier la sympathie du monde. Cela s’est poursuivi lors des pontificats postconciliaires. L’Église mendie la sympathie et la reconnaissance du monde ; cela est indigne d’elle, et ne lui gagnera pas le respect de ceux qui cherchent vraiment Dieu. Nous devons mendier la sympathie du Christ, de Dieu et du ciel.

Certains critiques du Concile affirment que, malgré ses bons aspects, il est un peu comme un gâteau dans lequel il y a un peu de poison, et qu’il faut donc le jeter tout entier. Je ne pense pas que nous puissions suivre cette méthode, ni celle qui consiste à « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Par rapport à un concile œcuménique légitime, même s’il y avait des points négatifs, il nous faut maintenir une attitude de respect. Nous devons évaluer et avoir de l’estime pour tout ce qui est réellement et vraiment bon dans les textes du Concile, sans fermer irrationnellement et malhonnêtement les yeux de la raison sur ce qui est objectivement et manifestement ambigu, voire erroné dans certains textes. Il faut toujours se rappeler que les textes du concile Vatican II ne sont pas la Parole inspirée de Dieu, ni des jugements dogmatiques définitifs ou des déclarations infaillibles du magistère, car le Concile lui-même n’avait pas cette intention.

Un autre exemple est celui d’Amoris Laetitia. Ce texte contient certes de nombreux points qu’il nous faut critiquer objectivement et doctrinalement. Mais certains de ses chapitres sont très utiles, vraiment bons pour la vie de famille, par exemple les parties sur les personnes âgées dans la famille : en soi, ils sont très bons. On ne doit pas rejeter l’ensemble du document, mais en recevoir ce qui est bon. Il en va de même pour les textes du Concile.

Même si avant le Concile, ils ont tous dû prêter le serment antimoderniste de saint Pie X, certains théologiens, prêtres, évêques et même des cardinaux l’ont fait avec des réserves mentales, comme les faits historiques ultérieurs l’ont démontré.

Avec le pontificat de Benoît XV a commencé une lente et prudente infiltration d’ecclésiastiques à l’esprit mondain et quelque peu moderniste dans les hautes sphères de l’Église. Cette infiltration s’est surtout développée parmi les théologiens, de sorte que le pape Pie XII a dû intervenir plus tard en condamnant des théologiens très connus de la soi-disant « nouvelle théologie » (Chenu, Congar, De Lubac, etc.) et en publiant l’encyclique Humani Generis en 1950. Néanmoins, à partir du pontificat de Benoît XV, le mouvement moderniste était latent et en constante progression. Ainsi, à la veille du concile Vatican II, une part considérable de l’épiscopat et des professeurs des facultés de théologie et des séminaires étaient imprégnés d’une mentalité moderniste, qui se définit essentiellement par le relativisme doctrinal et moral, et la mondanité, l’amour du monde. À la veille du Concile, ces cardinaux, évêques et théologiens aimaient la « forme » – les schémas de pensée – du monde (cf. Rm XII, 2) et ils voulaient plaire au monde (cf. Ga I, 10). Ils faisaient preuve d’un complexe d’infériorité évident vis-à-vis du monde.

Le pape Jean XXIII a lui aussi fait preuve d’une sorte de complexe d’infériorité à l’égard du monde. Il n’était pas un moderniste dans son esprit, mais il avait une façon politique de voir le monde et il a étrangement mendié au monde de lui témoigner sa sympathie. Il avait sûrement de bonnes intentions. Il a convoqué le concile Vatican II, qui a ensuite ouvert la porte au mouvement moderniste, protestant et mondain au sein de l’Église. Elle est très significative, cette observation aiguë de Charles de Gaulle, président de la République française de 1959 à 1969, à propos de Jean XXIII et du processus de réformes entamé avec le concile Vatican II : « Jean XXIII a ouvert toutes grandes les vannes et n’a pas pu les refermer. C’était comme si un barrage s’était effondré. Jean XXIII a été dépassé par ce qu’il avait déclenché » (voir Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Paris 1997, 2, 19).

Le discours sur l’« ouverture des fenêtres » avant et pendant le Concile était une illusion trompeuse et une cause de confusion. Ces paroles ont donné l’impression que l’esprit d’un monde incrédule et matérialiste – tel qu’on pouvait clairement le voir à cette époque – pouvait transmettre certaines valeurs positives pour la vie chrétienne. Les autorités de l’Église de cette époque auraient mieux fait d’affirmer expressément le sens véritable des mots « ouverture des fenêtres » : il consiste à ouvrir la vie de l’Église à la fraîcheur de la beauté de la vérité divine, aux trésors de la sainteté éternellement jeune, aux lumières surnaturelles du Saint-Esprit et des saints, à une liturgie célébrée et vécue ans un sens toujours plus surnaturel, sacré et révérent. Au fil du temps, pendant la période postconciliaire, la porte partiellement ouverte a fait place à un déluge désastreux qui a provoqué d’énormes dégâts dans la doctrine, la morale et la liturgie. Aujourd’hui, les eaux du déluge qui ont pénétré dans l’Eglise atteignent des niveaux dangereux. Nous vivons actuellement le pic de la catastrophe de l’inondation.

Aujourd’hui, le voile a été levé et le modernisme a révélé son vrai visage, qui consiste à trahir le Christ et à devenir ami du monde en adoptant sa manière de penser. Une fois la crise de l’Église passée, le magistère de l’Eglise aura la tâche de rejeter tous les phénomènes négatifs qui ont été présents dans la vie de l’Église au cours des récentes décennies. Et l’Église le fera, parce qu’elle est divine. Elle ne peut pas ne pas le faire. Elle le fera avec précision et elle corrigera toutes les erreurs qui se sont accumulées, à commencer par plusieurs expressions ambiguës dans les textes du Concile.

Le modernisme est comme un virus caché, partiellement blotti dans plusieurs affirmations du Concile, mais qui s’est aujourd’hui manifesté. Après la crise, après la grave infection virale spirituelle, la clarté et la précision de la doctrine, le caractère sacré de la liturgie et la sainteté de la vie sacerdotale brilleront davantage.

L’Église le fera sans ambiguïté, comme elle l’a fait en temps de graves crises doctrinales et morales au cours des deux derniers millénaires. Enseigner clairement les vérités du dépôt divin de la foi, défendre les fidèles contre le poison de l’erreur et les conduire sûrement à la vie éternelle appartient à l’essence même de la tâche divinement assignée au pape et aux évêques.

La Constitution du concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, nous rappelle la vraie nature de la véritable Eglise, qui est « de telle sorte qu’en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à l’invisible ; ce qui relève de l’action à la contemplation ; et ce qui est présent à la cité future que nous recherchons » (n° 2).

Le 24 juin, 2020-06-24
Fête liturgique de saint Jean-Baptiste.

mercredi 24 juin 2020

Rendez-vous les 3 et 4 octobre !

 

Amis pèlerins, rejoignez notre

retraite Notre-Dame-de Chrétienté à Fontgombault sur

LA SAINTETÉ

les 3 et 4 octobre 2020

 « Vous serez saints, parce que moi, votre Dieu, je suis Saint » (Lévitique XX, 26).

« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu, V, 48).

 

 

 

Pour qui ? Retraite ouverte à tous (hommes et femmes), à partir de 18 ans.

Où ? Abbaye bénédictine Notre Dame de Fontgombault - 36220 FONTGOMBAULT

Pour se rendre à l’abbaye : la gare la plus proche est la gare de Blanc. Un covoiturage pour rejoindre l’abbaye vous est proposé le vendredi soir à 20h, 21h et 22h et le samedi matin à 9h. Prévenir de votre heure d’arrivée par mail : jpisa.griffon@gmail.com

Hébergement : les hommes sont accueillis à l’hôtellerie et les femmes au village d’hôtes. Pour les personnes mariées, possibilité de chambre commune au village d’hôtes.  Toutes les inscriptions se font auprès de Notre-Dame de Chrétienté

Quand ? 

  • Les samedi 3 et dimanche 4 octobre 2020.
  • Possibilité d'arriver dès la veille, le vendredi 2 au soir (ne pas dépasser 22 heures pour l'arrivée à l'abbaye)
  • Fin de la retraite à 13h30 après le déjeuner du dimanche.

Comment ? 

Inscriptions.

  • toutes les inscriptions à cette retraite se font en ligne en utilisant ce lien. Pour plus d'information, contactez le secrétariat de Notre Dame de Chrétienté : information@nd-chretiente.com – Tél: 01.39.07.27.00.
  • Clôture des inscriptions le 20 septembre. Ne tardez pas à vous inscrire afin de faciliter la bonne préparation et le bon accueil de chaque retraitant (nombre de places limité).
  • Une participation aux frais de 40 euros (hôtellerie et repas) sera demandée (offrande pour l'abbaye et frais de nourriture); inscription et règlement en ligne.

En cas de besoin, coordonnées de l'Abbaye.

Tel. : 02.54.37.12.03 ou Fax. : 02.54.37.12.56

Père Hôtelier: retraites-fgt@orange.fr – 02 54 37 30 98

Thème de la retraite

Elle sera prêchée par l'abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté, sur le thème de la sainteté : celle du Christ, de l'Eglise, du chrétien. Contemplation, applications pratiques.

Horaires de la retraite.

Samedi 3 octobre 2020

  • 10h ; messe conventuelle (église abbatiale).
  • 11h00 : Accueil, installation.
  • 1ère instruction.
  • Office de Sexte.
  • Déjeuner. (réfectoire des retraitants – pour les messieurs qui en font la demande, réfectoire des moines).
  • Pause, temps libre (repos – promenade – prière à l'abbatiale - parloir, entretien et confession pour ceux qui veulent).
  • 2° instruction.
  • Pause. Temps libre.
  • 18h : Vepres.
  • Dîner.
  • Complies et repos.

Dimanche 4 octobre 2020

  • Messes basses (sur volontariat) ; il est possible d'assister (ou de servir) aux messes basses qui ont lieu à l'église principale (abbatiale). Se présenter devant le portail latéral (à gauche), à 6h45.
  • Petit déjeuner pour tous (réfectoire des hôtes et réfectoire des retraitants).
  • 3ème instruction.
  • Tierce et Messe dominicale.
  • Photo de groupe - Temps libre (possibilité de parloir, entretien et confession pour ceux qui veulent).
  • Sexte et déjeuner.
  • Café, cloture de retraite, rangement (les bonnes volontés sont les bienvenues!).

Silence.

La retraite se fera en silence, sauf le moment des repas au réfectoire des retraitants (lecture en 1° partie, puis Tu autem...).

Autres informations pratiques :

  • Eglise abbatiale ouverte de 7h à 13h, et de 14h à 19h.
  • Parloir avec un moine (entretien spirituel ou de connaissance). S'adresser à la porterie ou en faire la demande auparavant directement auprès du père hôtelier.
  • La retraite inclue l'assistance à l'office de Tierce et à la messe conventuelle, ainsi qu'aux Vêpres du samedi.
  • Porterie (devant l'abbatiale à droite); icônes, chapelets, médaillons, livres, reproductions de tableaux ou de photos, cassettes et CD de chants religieux...
  • Magasin de poterie (ouvert tous les jours de 9H à 12H45 et de 14H à 19H sauf le dimanche de 10H à 12H). Grès, icônes et émaux réalisés par les moines.
  • Magasin de produits monastiques (ouvert de 11H à 12h30 et de 15H à 17H30 sauf  dimanches et fêtes) ; produits de l'artisanat provenant de divers monastères - fromage,  oeufs, fruits et légumes, vins, liqueurs, miel, confitures, pâtisseries, confiseries, produits de beauté et produits diététiques.

Dans l'attente de vous retrouver pour ce temps de grâce, nous vous redisons notre dévouement le meilleur in Christo !

Association Notre Dame de Chrétienté.

Lundi 22 juin 2020

Terres de Mission n°172 - Confinement : un évêque témoigne

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Mgr Ginoux, évêque de Montauban, a adressé le 11 mai dernier à ses diocésains une lettre d'une tonalité originale. Il revient, avec nous, sur les restrictions imposées par l'autorité publique à la liberté d'exercice du culte, dénonçant une immixtion de l'Etat dans un domaine qui n'est pas le sien, au mépris de la laïcité affichée. Comme évêque, il tire les enseignements de cette épreuve. 

Appel à une communion de prière pour Thomas Lambert

Chers amis pèlerins,

Nous vous appelons à vous unir à la communion de prière pour demander l’intercession miraculeuse de Bernard Lehner pour Thomas Lambert, fondateur avec sa femme de l'école et du collège de Blanche de Castille au Mans, diagnostiqué soudainement d'un très grave maladie.  

Pourquoi par cette intercession ? Parce que le bienheureux Bernhard Lehner a besoin d'un miracle pour que sa cause de canonisation soit entendue, et que Monsieur Lambert a besoin de cette intervention divine.

Nous vous proposons donc cette prière pour notre ami et pour sa famille.

Samedi la messe sera célébrée par l’Abbé Leclair à 11h à saint Benoît pour cette intention, messe suivie d'un temps d'adoration avec l'exposition du Saint Sacrement.

Prière pour la béatification du Serviteur de Dieu Bernhard Lehner

Très Sainte Trinité, Vous qui êtes la couronne de toute sainteté ! Vous  qui suscitez toujours dans votre église de nouveaux saints ! Nous vous en prions, permettez que votre serviteur Bernhard Lehner, qui pour l'amour de Vous et de son prochain a accompli consciencieusement tous ses devoirs, soit élevé bientôt à la gloire des autels. A cette fin nous vous confions cette intention pressante : la guérison de Thomas Lambert, afin que tous les fidèles, et en particulier les enfants et les jeunes, trouvent en lui un modèle de vie chrétienne et que par son intercession et avec votre grâce, Dieu tout-puissant, vous soyez toujours exalté, vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.

mardi 09 juin 2020

Rejoignez le pèlerinage de Sainte Clotilde le 21 juin !


Le prochain pèlerinage à Ste Clotilde est fixé au dimanche 21 juin 2020.

Depuis 1947, a lieu chaque année en juin un pèlerinage national en l'honneur de sainte Clotilde. Il est venu s’ajouter à la fête locale de sainte Clotilde (3 juin), célébrée depuis des siècles dans la paroisse de Vivières. Le pèlerinage national de Vivières (dans l'Aisne) est organisé et animé spirituellement par la confrérie sainte Clotilde.

La France et la Chrétienté ont besoin de nos prières et de l’intercession de sainte Clotilde. Soyons donc nombreux à nous rendre dimanche 21 juin 2020 à Vivières, derrière les bannières de la Confrérie sainte Clotilde et celles du Centre Charlier, soutien fidèle et apprécié du pèlerinage depuis plus de 25 ans.

Départ possible depuis Paris, en autocar, qui peut transporter 30 passagers avec toutes les garanties sanitaires en vigueur : toutes les règles sanitaires en vigueur seront respectées et chaque passager doit venir avec un masque. *

Sur le site internet, vous trouverez toutes les informations nécessaires. 

11 h : Messe grégorienne célébrée par Monsieur l'abbé Maxime Quinquis, prêtre de l'Institut du Bon Pasteur.
Repas tiré du sac en forêt.
15 h : Vêpres chantées. Procession dans la vallée jusqu'à l'oratoire Sainte-Clotilde (près de la source)
Salut du Saint-Sacrement.

 

*Le car disposera : 

- D’une solution hydroalcoolique 

- d’un thermomètre avec lequel les personnes seront testées à l’entrée du car

- d’un appareil à Ozone pour la désinfection 

- de Savon de Marseille dans les toilettes 

 

INSCRIPTION :

Monsieur Pierre Maire

06 80 72 72 77  -  01 60 77 19 51

maire.pierre@numericable.com

mairep@gmx.fr

samedi 06 juin 2020

Qu'est-ce que la France ? Des auteurs et chercheurs de renom répondent

NDC- Vous venez de publier les Actes de la XIX éme Université d’été de Renaissance catholique sous le titre : L’Identité nationale. De quoi s’agit-il ?

RC- Tous les observateurs ont noté que, lors de ses interventions télévisées à l’occasion de la pandémie du covid 19, le Président de la République a renoué avec des mots qui avaient disparu du langage politique dominant : nation, patriotisme, souveraineté économique, souveraineté nationale, etc. Après l’échec de la « mondialisation heureuse » semble venue l’heure du réveil des nations. C’est à la découverte de ce qui constitue l’identité de la France que nous convions nos lecteurs. Une identité issue d’une histoire, profondément marquée par l’empreinte de l’Eglise catholique, qui s’incarne dans un héritage bien particulier. 

NDC- Pourquoi avoir traité ce sujet ?

 L’immigration de peuplement à laquelle est confronté notre pays est en train de changer d’une manière qui sera bientôt irrémédiable le visage de la France. Conscient des difficultés que créait cet état de fait Nicolas Sarkozy avait créé en 2007 un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement, confié à un transfuge du PS : Eric Besson. Cela a donné lieu à de nombreux débats que nous avons analysés et enrichis. Ce sujet reste d’une brûlante actualité.

 NDC- De quoi avez-vous traité ?

 Selon notre démarche habituelle nous avons d’abord fait de l’histoire nous attachant à présenter tous les éléments qui, au fil du temps, ont constitué la France. Ensuite, nous avons analysé la rupture que constitue la Révolution française avant d’examiner les défis auxquels est aujourd’hui confronté notre pays dans la préservation de son identité.  

NDC- Qu’apporte cet ouvrage collectif ?

 Dans son livre « La compagnie des ombres » Michel De Jaeghere note : « Nous sommes chez nous ! » scandent parfois des Français désespérés, dépossédés de leurs quartiers, de leur sécurité de leurs coutumes. Mais pour être « chez nous » et prétendre en demeurer maîtres, encore faudrait-il être « nous ». Former plus qu’un syndicat de locataires. Être liés par une communauté de foi, d’espérance ou de culture ».  Cet ouvrage collectif est la découverte de cet héritage mais aussi des dangers qui le menacent.  Il est une défense et illustration du bel idéal de chrétienté incarné dans la terre de France.  

 

L’Identité Nationale - Éditions CONTRETEMPS - 360 pages - 27 € frais de port compris 

Auteurs : Anne Bernet, Arnaud Jayr, Hilaire de Crémiers, Claude Rousseau, Maxence Hecquard, Henry de Lesquen, Christophe Dickès, Philippe Conrad, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Gollnisch, Jean Vallier, Jean-Pierre Maugendre

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jeudi 04 juin 2020

Appel de Chartres n° 240 : Rendez-vous à Sainte Odile le 11 juin 19h30 pour la messe d’action de grâce !

Chers amis pèlerins,

Nous venons de clore la trente-huitième édition de ce pèlerinage exceptionnel. Entre le coronavirus, l’interdiction des messes publiques, les changements de dernière minute, ... rien n’aura été épargné à l’organisation de Notre-Dame de chrétienté qui aura dû s’adapter jusque dans les derniers jours. Je remercie tous nos amis cadres de Notre-Dame de chrétienté, leur dévouement, leur efficacité auront été fantastiques.

Le pèlerinage a bien eu lieu avec des centaines d’initiatives locales, une ferveur intacte et un entêtement courageux à pèleriner. Comme chaque année, nous vous donnerons les chiffres (les vrais cela va de soi !) après la messe d’action de grâce à Sainte Odile le 11 juin (toutes les informations dans www.nd-chretiente.com).

En voyant tous ces petits groupes marcher dans Paris samedi, en regardant toutes ces photos de France et d’ailleurs, j’étais admiratif et plein de confiance pour notre avenir. NDC (le « pèlerinage de Chartres » pour faire simple) a près de 40 années. Nos fondateurs voulaient recréer une chrétienté, au moins une réaction chrétienne en France, à l’appel de Jean-Paul II dans une Eglise et une civilisation en crise. Ils voyaient les effets de la déchristianisation et voulaient susciter un élan au sein de la jeunesse. Quand j’observe nos pèlerins, en majorité jeunes, je constate que cette relève a bien lieu, elle est porteuse d’espoir pour demain.

Il est inouï que le culte public ait été interdit en France à l’occasion de cette pandémie. Il faudra réfléchir et tirer toutes les leçons de ce qui s’est passé, du stupéfiant affaiblissement de l’Eglise en France. Nous n’oublions pas les propos courageux de certains évêques que nous remercions une nouvelle fois. En s’associant à une requête en référé-liberté déposée devant le Conseil d’Etat, NDC a voulu apporter son soutien aux communautés qui marchent régulièrement sur les routes de Chartres. Notre démarche a été à la fois respectueuse de la hiérarchie en place et déterminée car il s’agissait de l’honneur de Dieu.

Toute cette histoire me fait penser à la fable de Jean de La Fontaine « Le lion amoureux ». Lue par Fabrice Luchini, c’est exceptionnel. Le pauvre lion amoureux est un peu comme l’Eglise qui a voulu, lors d’un fameux et récent Concile, abandonner tous ses privilèges : plus de constitution chrétienne, plus d’avantages, … Elle ne demandait qu’à être « une église libre dans un état libre » avec la grande efficacité que nous observons. Le sort de l’Eglise catholique ressemble à celui du pauvre lion amoureux qui accepte pour séduire sa belle de faire rogner ses dents et limer ses griffes :

Le lion consent à cela,
Tant son âme était aveuglée !
Sans dents ni griffes le voilà,
Comme place démantelée.
On lâcha sur lui quelques chiens :
Il fit fort peu de résistance.


Des questions demeurent : Pourquoi étions-nous si peu nombreux ? Pourquoi les associations diocésaines ou d’autres communautés en dehors de la sphère traditionnelle n’ont-elles pas entamé la même démarche ? Défendre la liberté du culte publique est un objectif partagé par tous les catholiques, me semble-t-il ?

Je ne crois pas du tout que, comme a écrit Jean-Pierre Denis dans la Vie, nous (les traditionalistes) soyons « non représentatifs » de l’Eglise. Cette expression est assez méchante mais l’histoire nous a appris à avoir l’estomac solide. Plus que méchante, c’est surtout très faux car nous sommes de plus en plus représentatifs.

Les « catholiques observants » (comprendre les derniers catholiques pratiquants) au sens de Yann Raison du Cleuziou dans son livre « Aux origines de la Manif pour tous », doivent apprendre à agir ensemble sur certains sujets, celui de la liberté du culte en était un. Les catholiques forment désormais une minorité en France et, ce qui est plus douloureux, une ancienne majorité. Apprenons pour demain à travailler réunis, « représentatifs et non représentatifs » !

Je tiens à remercier chaleureusement les célébrants et autorités qui nous ont soutenus en 2020 :

Le chanoine Fournier, aumônier militaire, à Saint Sulpice en remerciant le Père Lacroix pour son accueil ainsi que Monseigneur Aupetit.

Monseigneur Rougé qui a accueilli la « toute petite colonne » de pèlerins à l’entrée de son diocèse le samedi matin.

Le Très Révérend Père Louis-Marie de Blignières, supérieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, qui a célébré la Messe de Chémeré-le-roi le dimanche de Pentecôte.

L’abbé Barrero, supérieur de l’Institut du Bon Pasteur, pour le Salut du Saint Sacrement du séminaire de Courtalain le dimanche soir.

Monseigneur Descourtieux (Congrégation pour la doctrine de la Foi) qui a célébré de la chapelle Sainte Pétronille dans la basilique Saint Pierre à Rome la messe du lundi de Pentecôte.

Le recteur de la cathédrale de Chartres, le Père Blondeau, pour son accueil toujours aussi généreux et amical ainsi que Monseigneur Christory.

Vous imaginez bien que toutes ces retransmissions ont nécessité des trésors d’ingéniosité et beaucoup de travail. Une immense merci à tous ceux qui ont œuvré dans la discrétion avec bien évidemment, et je termine ainsi, un grand mot de gratitude pour l’abbé Garnier, notre aumônier général.

Nos Saints Anges, protégez-nous dans les combats

Sainte Jeanne d’Arc, protégez la France

Sainte Geneviève, protégez la France

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous ! 

Jean de Tauriers

 

Nous vous attendons nombreux avec vos bannières
le jeudi 11 Juin 2020 à 19h30

Pour une messe d’action de grâce à l’occasion de la fête du Très saint Sacrement

Paroisse Ste Odile – 2 av Stéphane Mallarmé – 75 017 PARIS

Suivie d’un cocktail dinatoire

Pour vous inscrire, c'est ici

 

Lundi 01 juin 2020

Mot d'envoi de l'abbé Garnier depuis la cathédrale de Chartres

Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit, ainsi soit-il

Amis pèlerins,

Tout d'abord, je voudrais adresser mes remerciements, … et, au vu des circonstances, mes encouragements.

Merci d'abord aux célébrants et prédicateurs des messes de pèlerinage de ces 3 jours ;

  • le chanoine Fournier, aumônier militaire, en l'église St Sulpice de Paris, samedi
  • le Révérend Père de Blignières, Religieux prêtre, prieur de la Fraternité Dominicaine St Vincent Ferrier, en l'église conventuelle Notre Dame du Rosaire de Chéméré le Roi, dimanche
  • Monseigneur Patrick Decourtieux, responsable de la 4° section de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en la basilique Saint Pierre de Rome, au Vatican, ce lundi.

Merci à Monseigneur Philippe Christory, évêque de Chartres, qui a permis que nous puissions venir en petite délégation pour clore ce pèlerinage au nom de tous les pèlerins, en union avec eux, en France et dans le monde.
Merci au Chanoine Blondeau, Recteur de la Cathédrale Notre Dame de Chartres, pour son accueil toujours bienveillant, même en cette période difficile.

Merci à tous les intervenants chefs de région, de chapitre, pèlerins, qui ont organisé en local des marches, retrouvailles, messes, adorations, prières communes, … Et merci à tous ceux qui les ont accueilli dans des églises ou terrains privés.

Merci aux bénévoles et cadres des équipes de la Direction des pèlerins et des soutiens, qui ont assuré le bon suivi et le déroulement, tant du pèlerinage relais que des initiatives locales. Je pense particulièrement et de tout cœur aux soutiens qui ont tout fait pour rendre possible la grande colonne et les grands bivouacs, les grand'messes, le rassemblement que nous aimons... Avant d'accepter une décision douloureuse et difficile, mais inévitable.

Merci à Notre Dame de Chartres. Elle a couvert de son voile, de sa protection les petits pèlerinages, répliques aimables du grand pélé en différents lieux. Avec l'antique prière, nous lui redisons ; « Sub tuum praesidium... Sainte Mère de Dieu, nous accourons sous votre protection. Ne méprisez pas nos prières dans les épreuves, mais de tout péril délivrez-nous, Vierge glorieuse et bénie ! »

Ami pèlerin, et maintenant?
    En cette extrémité de temps pascal, je souhaite que tu aies pu mettre à profit ce pèlerinage pour une bonne confession, une bonne communion eucharistique.
    Je souhaite que tu aies profité au mieux, en 2 ou 3 dimensions, à domicile ou dans quelque lieu saint, sur quelques chemin ou quelque terrain offert aimablement, des enseignements profonds et riches, qui acheminent jusqu'à toi les verités qui sauvent et sanctifient.
    Je souhaite que tu aies pu redécouvrir le monde des anges, invisibles et purs esprits. 
Tires-en de l'affection et de la confiance envers tes alliés les bons anges, en particulier Saint Michel, lié à notre pays par tant de rencontres, depuis celle du Mont Tombe, jusqu'à celle d'Anne d'Autriche en passant par la petite Jehanne ! Mais aussi Saint Raphaël, l'ange protecteur du mariage et de la famille, et Saint Gabriel, le patron et modèle des messagers divins, apôtre de l'évangélisation et de la mission !
Tires-en aussi de la vigilance, car le diable et ses alliés rôdent, comme des lions rugissant cherchant qui dévorer. Vigilance de la foi et de la prière, ardeur renouvelé pour le combat spirituel, recours aux sacrements et sacramentaux, humilité et confiance.
En définitive, ceux qui combattent avec toi sont meilleurs et plus nombreux que ceux qui sont contre toi. N'oublie pas cette verité pérenne un jour dite aux hommes par le prophète Elisée.
Si tu as pu faire cela, alors tu n'as pas perdu ta Pentecôte et le pélerinage autrement de 2020 n'est pas une fake news pour ce qui te concerne.

Ami pèlerin, et après ?
Rendez-vous en 2021! Nous avons tous hâte de retrouver les chemins de Paris à Chartres, et la grande colonne. Nous avons hâte de venir nous agenouiller au pied de l'autel pour la messe et la bénédiction, en chemin pour les confessions nombreuses, ces retournements d'âme. Et ensuite de nous lever pour marcher, pèleriner, progresser. D'ici là, soyons, une fois encore, lutteurs de Dieu, pour Dieu, avec Dieu. Pour la tradition, la chrétienté et la mission !

Dieu sait ce qu'Il fait, ce qu'Il veut, ce qu'Il permet.
Je terminerai par une image, une belle image. C'est un pèlerin qui a attiré là-dessus mon attention, et je lui en sais gré ; la trompette et la croix ! 
Sur les hauteurs de Notre Dame de Paris, cathédrale consumée, 
sur les hauteurs de Notre Dame de Chartres, cathédrale encore confinée, 
il y a un ange. 
Celui de Paris embouche une trompette. Il sonne le départ et le réveil spirituel du pèlerin, de l'Eglise, de la France chrétienne, il appelle au combat et signale les victoires du règne du Christ. 
Celui de Chartres présente au pèlerin arrivé une croix. Il rappelle qu'elle est l'arme suprême, que si rien n'est sacrifié, rien n'est obtenu, que c'est par la croix qu'on est vainqueur avec le Christ.

Le pèlerinage a été 
tantôt joyeux et glorieux comme un coup de trompette, 
tantôt douloureux comme une croix. 
C'était peut-être le cas particulièrement cette année! 

Mais le serviteur n'est pas plus grand que le Maître.
Jehanne d'Arc, la sainte de la Patrie, a connu à très peu de distance la trompette de la victoire et de la gloire, et la croix de la prison, du jugement et du bûcher.
Alors... faut-il s'étonner que notre œuvre suive le Christ, entre dans la logique de Dieu, puisqu'il est tout entier au service de Dieu et des âmes, au service du règne du Christ? 
Faut-il s'étonner d'avoir à passer par la Passion et la croix pour arriver à la Résurrection, puisque le Christ Lui-même a régné par le bois de la croix? 
On n'entre bien en cette demeure de Dieu qu'en pèlerin, après un temps d'effort et de purification, de conversion. 
On n'entre bien dans la gloire divine qu'en passant par la croix. 
C'est aussi une mission des anges de nous souffler, à l'oreille comme au cœur ; 


« Si tu as été éprouvé, 
c'est parce que tu étais agréable à Dieu, 
c'est pour que tu sois plus encore agréable à Dieu ». 

Ami pèlerin, de tout cœur, je te bénis et te confie à la protection des bons anges! Avec nous, chante maintenant la Reine des anges, par ta voix et ta vie, en attendant que nous le fassions, tous réunis, s'il plait à Dieu, à la Pentecôte prochaine.

O Notre Dame, ranimez notre foi,
dans les épreuves, gardez-nous l'esperance,
Vierge Marie, donnez-nous charité!

Homélie du lundi de Pentecôte par Mgr Descourtieux

Pèlerinage de chrétienté
Messe de clôture
Lundi de Pentecôte
1er juin 2020


Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Chers pèlerins,

    qui avez parcouru invisiblement non seulement les 100 kilomètres qui séparent Paris de Chartres, mais aussi les 1472 kilomètres qui séparent Chartres de Rome, si du moins j’en crois les indications données par les instruments de calcul contemporains, soyez les bienvenus dans cette Basilique construite sur les lieux mêmes où Pierre, le prince des Apôtres, a rendu le témoignage suprême, le témoignage du sang, au terme de son propre pèlerinage, qui l’avait conduit d’une humble bourgade de Galilée jusqu’en la capitale de l’Empire romain.

    Cette année, l’épreuve principale a consisté non pas dans la marche sous le soleil ou sur les aspérités de la route et des chemins, mais dans le sacrifice qu’il a fallu faire de trois journées exaltantes, au cours desquelles on voit se rapprocher progressivement les flèches de Notre-Dame de Chartres, cette cathédrale qui, selon la belle formule de Charles Péguy, est « maîtresse de sagesse et de silence et d’ombre » (Prière de report). On ne choisit pas ses épreuves. C’est le Seigneur qui nous les envoie, en les proportionnant toujours à ce que nous sommes capables de porter avec Lui. 

    Nous voici donc réunis, non pas sous les célèbres verrières de la cathédrale ou près de Notre-Dame de Sous-Terre, mais, grâce à la bienveillance de Son Éminence le Cardinal Angelo Comastri, Archiprêtre de Saint-Pierre, devant l’autel de Sainte Pétronille, qui, au milieu du VIIIe siècle,  fut donnée comme patronne à la France par le Pape Étienne II au cours de son échange avec le roi Pépin le Bref, père de l’empereur Charlemagne. C’est ici même qu’est venu, en 1889, le premier pèlerinage ouvrier de France, sous la conduite du Cardinal Langénieux, Archevêque de Bordeaux, et c’est ici aussi qu’est célébrée tous les ans une messe pour la France, à la demande de l’Ambassade de France près le Saint-Siège.

    Mais il y a bien plus que des souvenirs purement français à évoquer ici, puisque le pèlerinage de chrétienté rassemble des pèlerins venus des quatre coins de la terre. Vous aviez, chers pèlerins, un thème de réflexion qui invite à dilater son regard bien au-delà du monde visible, puisque vous avez invoqué nos saints Anges gardiens, des anges qui sont présents sur ce très beau tableau que vous apercevez et qui montre, dans un raccourci saisissant, la mise au tombeau de sainte Pétronille, en même temps que son entrée au ciel, où elle est reçue par le Christ ressuscité dans sa gloire, qui lui montre ses mains martyrisées sur la Croix et ouvertes avec la plus grande générosité que l’on puisse imaginer.

    Sur terre, dix personnages sont représentés. Au ciel, neuf seulement, mais parmi eux, on distingue parfaitement sept anges, qui entourent Jésus et Pétronille. Leurs attitudes sont éloquentes : aucun d’eux ne nous regarde, mais tous ils travaillent pour nous : l’un s’apprête à couronner Pétronille, quatre autres soutiennent le Christ en gloire, à qui ils offrent le soutien de leur louange et de leurs services, tandis que les deux plus grands regardent le ciel, où ils voient le Père et l’Esprit Saint, qui demeurent totalement invisibles à nos yeux. Ce faisant, ils nous invitent nous aussi à dépasser le stade du visible et à nous souvenir que notre véritable habitation est dans les cieux, comme le dit saint Paul (Ph 3, 20).

    Notre Saint-Père le Pape habite à quelques centaines de mètres d’ici. Il prie pour vous et il vous bénit tous. Très souvent, il célèbre la messe votive des saints anges et, tous les ans, le 2 octobre, en la fête des saints anges gardiens, il commente un texte tiré du livre de l’Exode qui parlera tout particulièrement aux pèlerins que vous êtes. Le Pape, en effet, cite ce texte - « je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé » (Ex 23, 20), puis il rappelle que l’Église célèbre nos « compagnons de route, les protecteurs de notre chemin, les anges qui sont précisément avec nous, sur le chemin », parce que, ajoute-t-il, « c’est vrai, la vie est un chemin sur lequel se trouvent des pièges et des périls. Nous avons besoin d’une boussole, mais d’une boussole à dimension humaine. (…) L’ange gardien n’est pas seulement avec nous, mais il voit aussi le Père. Il est en relation avec Lui. Il est un pont, chaque jour, depuis l’heure où nous nous levons jusqu’à celle où nous nous couchons » (homélies du 2 octobre 2014 et du 2 octobre 2018).

    Sur la route où nous avons marché, au moins en pensée, nous rencontrons des anges et des témoins, et, au terme, nous voici devant les textes que nous ont laissés les tout premiers disciples du Christ, saint Luc, dans les Actes, et saint Jean, dans son évangile. Ces joyaux sont à la fois au terme de votre pèlerinage et au point de départ de la suite. Saint Luc, dans les Actes, nous montre saint Pierre en train d’annoncer le Christ ressuscité à un groupe de Juifs qui le découvre. L’Esprit Saint intervient directement d’une manière extraordinaire, et tous demandent le baptême, qui les fait entrer définitivement dans l’Église. C’est effectivement un terme et un point de départ, exactement comme dans un pèlerinage : terme d’une vie dans l’ignorance du vrai sens de l’existence et dans l’obscurité de l’ignorance - ces païens menaient une vie sans but véritable -, mais c’est aussi un magnifique point de départ vers une vie d’union intense au Père, par Son Fils et dans l’Esprit. Ce qui s’est joué sur les bords de la Méditerranée, à Césarée, chez un centurion romain païen, de la cohorte Italique, nommé Corneille, c’est le passage de l’Évangile à tout ce monde païen qui n’était pas l’héritier des promesses d’Israël. Chacun d’entre nous est l’héritier de ce passage.

    Avec saint Jean, dont Mgr Léonard nous disait l’année dernière qu’il avait résumé tout son Évangile dans cette phrase « Dieu a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3, 16), tout est dit, effectivement : au départ, un amour infini, celui de Dieu le Père pour le monde. Saint Jean insiste, dans sa première lettre : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est Lui qui nous a aimés » (1 Jn 4, 10). Au terme, l’amour infini encore, puisque la vie éternelle, c’est la contemplation sans fin de l’amour de Dieu qui a agi en nous, partout dans l’espace et toujours dans le temps, grâce à l’Esprit qui a « rempli l’univers » ainsi que nous l’avons chanté hier (cf. Sg 1, 7). Entre le principe et la fin, entre le point de départ et le point d’arrivée, l’amour encore nous soutient, mais là, nous sommes profondément impliqués. Le Seigneur nous demandera au cours du Jugement Dernier : comment m’as-tu aimé, comment as-tu aimé ton prochain ?

      Aujourd’hui, chers frères et sœurs, en pensant à Notre-Dame de Chartres, en priant pour toutes nos familles, pour nos amis, mais aussi pour nos ennemis, décidons d’être, en compagnie de nos anges gardiens, des pèlerins de l’amour qui acceptent de recevoir leur vie comme un don à rendre au Père de toutes les miséricordes (cf. 2 Co 1, 3). Confions-nous à Notre-Dame de la Route, qui fait tout ce chemin avec nous et demandons-lui de nous inspirer de ne jamais abandonner notre vocation chrétienne. Laissons-nous saisir par le Christ pour être offerts par Lui au Père, dans le feu de l’Esprit saint.
 
     Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. 

Mgr Descourtieux
Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Dimanche 31 mai 2020

Les anges et les béatitudes - Homélie du dimanche de Pentecôte

 

Chers amis,

Notre pèlerinage est cette année consacré aux saints anges. En ce dimanche de la Pentecôte, nous allons méditer comment les saints anges nous disposent à recevoir docilement la motion du Saint-Esprit qui nous fait vivre les béatitudes.

Selon une très ancienne tradition, qui remonte à Denys l’Aréopagite, interprétant la liste des chœurs angéliques donnée par saint Paul, les bons anges, ces purs esprits crées par Dieu avant le monde corporel, se répartissent en neuf chœurs. Ces chœurs sont groupés, trois par trois, en trois hiérarchies. À chacune des hiérarchies est assignée une fonction spécifique dans le gouvernement du monde et des hommes. La première hiérarchie purifie les hommes, la seconde les illumine, et la troisième les unit à Dieu.

On peut mettre en relation chacune de ces trois hiérarchies avec chacun des trois groupes de béatitudes. Les anges purificateurs de la première hiérarchie nous aident à vivre les trois premières béatitudes, celles de la fuite du péché : bienheureux les pauvres, les doux et les affligés. Les anges illuminateurs de la seconde hiérarchie nous guident dans la mise en œuvre des béatitudes de l’action : bienheureux les affamés de justice et les miséricordieux. Les anges de l’union à Dieu de la troisième hiérarchie nous soutiennent dans la pratique de la contemplation : bienheureux les cœurs purs et les pacifiques.

Les anges nous purifient en nous annonçant la joie de l’espri

La première expérience de l’homme par rapport au bonheur, c’est qu’il le désire et qu’il n’y parvient pas. Son cœur n’est jamais rassasié par les biens de ce monde. Le monde est trop petit pour nourrir sa soif de béatitude. L’âme humaine est une flamme fragile, vacillant entre deux abîmes infinis : le mystère de Dieu et l’énigme de son propre esprit. Dieu, « Celui qui est » (Ex 3, 14), habite, au sommet de la sainte montagne, le Buisson ardent qui brûle sans se consumer. L’homme scrute l’abîme profond de son âme unie au monde corporel, son âme navrée de désirs infinis… et il n’en trouve jamais le fond 

Les anges nous manifestent l’existence du monde spirituel à l’état pur. Ils nous rappellent que nous sommes des esprits comme eux, mais des esprits incarnés, que le péché a blessés et que le démon jalouse. Les bons anges, eux, sont des miroirs sans tâche de la Joie de Dieu. Leur lumière vient faire sur nos ténèbres une percée… vers le haut ! Ils nous purifient en nous détachant du royaume illusoire de notre Moi insatiable, et en nous annonçant la joie fondamentale : le Sauveur veut inscrire nos noms dans les Cieux, il veut écrire notre Nom d’éternité (cf. Ap 2, 17) dans le Foyer incandescent de Dieu !

Oui, les anges nous purifient, en effaçant de notre front les stigmates des péchés capitaux, comme l’a vu Dante dans les Chants du Purgatoire. À chaque palier de la montée purificatrice, un ange efface l’un des sept « P » que le poète porte sur son front et qui traduit les souillures de son âme, tout en chantant la béatitude opposée au vice qui est purifié ! (1)

La lumière angélique est celle d’esprits finis, elle filtre dans notre âme blessée. Elle nous intrigue, nous apprivoise au bien, et nous attire vers la Joie infinie de la Lumière éternelle. « Réjouissez-vous, vous pouvez quitter la mortelle et ennuyeuse trilogie de l’argent, de la violence et du sexe. Réjouissez-vous, les pauvres, les doux, les affligés ! Sous la conduite du Christ, vraie Lumière qui vient en ce monde (cf. Jn 1, 9), vous sortez du Royaume des ombres, vous avez déjà en vous le Royaume invisible, plus réel encore que la matière ».

Attention ! Les anges sont nos amis, nos aides, nos « diacres » (2). Mais ils le sont pour nous mener au Christ qui est leur Roi et notre unique Sauveur. C’est toujours autour du mystère du Christ que volent les anges purificateurs : à l’Annonciation faite à Marie et à celle faite à saint Joseph, aux bergers près de la Crèche de Bethléem, à l’annonce salvatrice de la fuite en Egypte.

 

Les anges illuminent les pas de notre marche vers cette joie

Non contents de nous aider à vivre les béatitudes de la fuite du péché, en nous révélant la joie pour laquelle nous sommes faits comme eux, les anges nous accompagnent dans notre marche vers cette joie, en nous aidant à pratiquer les béatitudes de l’action. Bienheureux les affamés de justice, bienheureux les miséricordieux ! Que font les anges ? Dans la Première Alliance, Jacob a vu en songe une mystérieuse échelle : « Voici, une échelle était posée sur la terre et son sommet touchait au ciel. Et […] sur elle des anges de Dieu montaient et descendaient, et en haut se tenait Yahweh » (Gn 28, 12). Jésus nous a révélé qu’il était lui-même cette échelle qui conduit à la béatitude du ciel : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu  montant et descendant sur le Fils de l’homme » (Jn 1, 51).

Où est-il pour nous, sur cette terre, ce Fils de l’Homme ? Jésus nous l’a enseigné : ce sont nos frères. « Tout ce que vous ferez à l’un de ces petits, c’est à moi que vous le ferez… » (Mt 25, 40. Quelle perspective prodigieuse : chaque fois que nous faisons à l’égard du prochain une œuvre bonne, spécialement par la justice et la miséricorde, c’est au Fils de l’homme notre Sauveur que nous la faisons ! Par le va et vient de la justice et de la miséricorde, nous sommes en pleine action surnaturelle dans la grâce, nous montons et descendons « sur le Fils de l’homme ».

Les anges illuminateurs de la deuxième hiérarchie nous font danser ce ballet de la vie chrétienne, à pas d’amour, avançant vers la Joie de Dieu, qui est appuyé au haut de l’échelle. Ils jettent sur notre prochain la lumière de la face du Christ, pour que nous le reconnaissions. Si nous « connaissons » les autres, si nous les voyons et si nous les servons comme des images du Christ, nous serons « connus » du Christ ! Pour nous aider à exercer la force de la justice, les anges nous servent comme ils ont servi Jésus après la tentation au désert. Pour nous aider à aller au bout de la miséricorde, ils nous consolent, comme ils ont consolé Jésus au jardin de l’agonie.

 

Les anges nous unissent à Dieu en nous faisant chanter cette joie.

Qu’est-ce que le Ciel ? C’est voir Dieu et être « un » avec lui dans le Christ qui a ouvert les portes de la louange. C’est être heureux que Dieu soit heureux et que nous nous tenions avec son Fils devant lui, chantant sa gloire et sa miséricorde. Dans l’adoration ici-bas, nous anticipons le Ciel. C’est en adorant que nous sommes au plus haut point, nous dit saint Thomas, à l’image lumineuse de Dieu (3).

Les anges de l’union à Dieu, ceux de la plus haute hiérarchie, nous le rappellent. Ils chantent pour nous les béatitudes de la contemplation : « Réjouissez-vous, les cœurs purs, et vous qui diffusez la paix… Non seulement vous verrez Dieu et vous serez appelés ses fils dans la gloire, mais déjà vous voyez Dieu et êtes vraiment ses fils dans la louange de la grâce ». Ce sont les anges qui nous invitent à chanter et nous répondons à leur invitation (cf. Ap 5, 11-13). « L’être de l’homme, transcendé par un ordre de nature plus élevé, celui des anges, ne s’éveille à sa propre louange qu’à travers la louange du monde des esprits ». (4)

Les anges nous associent au chant du Sanctus, ou Trisaghion : « Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant, qui était, qui est et qui vient ! » (Ap 4, 8) et ils nous enseignent à chanter devant le trône de Dieu le Cantique nouveau (cf. Ap 14, 3). C’est spécialement dans la liturgie de la Messe que nous sommes portés par le chant des anges. « Nous qui mystiquement représentons les Chérubins et qui, en l’honneur de la vivifiante Trinité, chantons l’hymne trois fois sainte, déposons toute sollicitude de ce monde afin de recevoir dignement le Roi de l’univers qui vient invisiblement escorté des armées angéliques »(5)

Le rôle des anges est important dans la contemplation du mystère trinitaire, dans la prière qui nous unit au Christ par le mystère rédempteur, et aussi dans l’attente et l’espérance consolante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle. Les anges étaient présents lors de la résurrection du Christ, ils l’entouraient lors de son Ascension, ils seront présents à la Parousie autour du Christ victorieux pour inaugurer le Royaume.

 

Conclusion

Dans un tableau fameux, Fra Angelico a représenté une gracieuse « ronde des élus ». Ce qui est frappant, c’est que les anges et les hommes y alternent fraternellement. La ronde se dirige vers une mystérieuse porte de lumière, qui symbolise le Paradis. Les esprits purs nous entraînent, nous les esprits unis au monde matériel. Certes, ils sont d’une nature supérieure à la nôtre, mais c’est dans notre nature que le Verbe s’est incarné.

Sous le regard de sa Mère, l’Immaculée, c’est pour lui que les anges nous purifient, c’est vers lui qu’ils nous guident, c’est à lui qu’ils nous unissent. Les Incorporels considèrent comme un honneur de nous servir comme les frères de leur Roi. Il y a de quoi être confondu de reconnaissance et d’amour pour ces êtres de lumière… et pour Dieu qui nous les a donnés comme ministres de notre salut.

 

Fr. Louis-Marie de Blignières

Prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier

 

(1) Cf. Dante Alighieri, La Divine Comédie, Le Purgatoire, chant 9, verset 112 ; chant 12, verset 121 ; chant 22, versets 1-3 ; chant 27, verset 8.

(2)  Dans l’art chrétien, on représente parfois les anges portant l’étole diaconale.

(3) Cf. Somme de théologie, I, q. 93, a. 8.

(4) Erik Peterson, Le livre des anges, Ad Solem, XXX.

(5) Procession des Offrandes de la Sainte et Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome.

samedi 30 mai 2020

Revue de presse du 38e pèlerinage de Pentecôte:

Homélie de la Vigile de la Pentecôte par l'Abbé Fournier

Chers amis pèlerins de Chartres, chacun selon vos titres, rangs, grades et qualités.

C'est une chose étrange à vrai dire que l'homme !

Oui c'est vraiment une chose étrange que l'homme, et il suffit de se pencher un tant soit peu sur lui, abandonnant pour un temps l'abrutissement du quotidien pour s'en rendre compte. Plongeant tout curieux de ce que l'on pourrait découvrir dans le mystère de son coeur, c'est toujours, et ce malgré nos multiples investigations, le même constat que nous dressons. En chacun de nous, et ce, sans acception de race, de naissance, de religion ou de sexe, nous trouvons toujours une aspiration profonde au bonheur. Plus encore, un besoin impérieux d'échapper aux tracas, aux vicissitudes, aux accidents de la vie, pour jouir d'une paix véritable, condition de cette fruition inégalable des bienheureux.

Quel contraste une fois sorti de ce coeur avec l'homme réel, celui de tous les jours que nous rencontrons dans nos familles, au travail, dans notre société, membre de l'humanité à laquelle nous aussi nous appartenons. Car en effet, ce n'est plus le prospecteur de bonheur mais un lion redoutable sur lequel nous tombons. Le voilà devenu un loup pour les autres et pour lui-même, à ce point que les sans Dieu n'hésiterons pas à voir en lui l'enfer. Il n'est qu'à ouvrir un journal, ouvrir une fenêtre sur le monde et nous sommes plongés dans un océan de violence où une guerre chasse une pandémie et une catastrophe industrielle le scandale de la misère.

Paradoxe bien inquiétant qui se présente ainsi sans fard. Le même homme qui aspire au bonheur, agit dans son intérieur comme au dehors avec la plus extrême des véhémences. Tout est combat, tout devient combat et l'issue ne peut être que l'anéantissement.

Mais est-ce bien un paradoxe ou celui-ci n'est-il qu'apparent ?

 

Trois réalités vont nous permettre de rendre compte de cette constatation. La première, le péché originel ; la seconde, le mystère du salut et la troisième, la collaboration du pêcheur.

 

Tout d'abord le péché originel.

Devons-nous encore et toujours nous étonner de la triste situation dans laquelle se trouve l'humanité après sa révolte contre son créateur. Je vous renvoie au livre de la Genèse. L'humanité perd les quatre dons praeternaturels que le Bon Dieu lui avait donnée. Désormais la mort, l'âpreté de la lutte pour sa survie dans une nature hostile, l'irrésistibilité des passions sont le lot commun des enfants d'Adam et Eve. C'est l'assassinat d'Abel par son frère Caïn, c'est la conspiration des hommes avec la tour de Babel dont le mélange des langues ne trouvera son achèvement qu 'avec cette belle fête de la Pentecôte que nous nous apprêtons à célébrer, c'est aussi l'humanité noyée dans les flots du déluge. Inutile de continuer une liste à la Prévert, Histoire sainte et histoire profane fourmillent toutes deux de la réalité du mal.

Si nous pouvions fuir, peut-être le ferions-nous ? Mais nul n'échappe à sa condition d'homme et que nous soyons courageux ou pusillanime, le même combat nous attend.

Devons-nous nous en effrayer ? Nullement ! Nullement et ce pour trois raisons : tout d'abord dans le proto évangile de la Genèse, Dieu nous promet l'envoi d'un Sauveur qui viendra rétablir le désordre de la désobéissance et la descendance de la nouvelle Eve écrasera la tête du serpent maudit ; ensuite l'assurance donnée par Jésus dans St Matthieu que si ces choses sont difficiles sinon impossible à l'homme, tout est possible pour Dieu ; et enfin la promesse que si ne rougissons pas de Dieu, lui-même nous défendra devant les hommes. La réception du Paraclet nous permettant de ne pas nous inquiéter de ce que nous aurions à répondre. Si l'humanité a un temps œuvré contre Dieu, c'est la Trinité qui vient à son secours. N'avons-nous-pas coutume de dire que si le Père a créé, c'est le Fils qui sauve et le Saint Esprit qui sanctifie.

Ainsi donc voici notre deuxième réalité, le mystère du salut. Il s'agit ici du combat eschatologique de Jésus, celui de sa propre existence terrestre, vrai Dieu et vrai homme par son Incarnation, il a à mener tous les combats des hommes sans pour autant jamais être sous l'emprise du péché. Reportons nous à l'inauguration de sa vie publique et plus particulièrement au désert pour y être tenté par le démon après un jeûne de 40 jours. 3 tentations, 3 concupiscences établies par l'apôtre S.Jean : la concupiscence de la chair, la concupiscence de yeux et l'orgueil de la vie. 3 manières de mener le bon combat si cher à Saint Paul. C'est ensuite la lutte contre l'obscurantisme, dévoiler ce qui était voilé, tout comme la réalisation de ce qui n'était que figuré. Le combat contre le fanatisme et le fondamentalisme des sectes juives de son époque. Enfin, le combat ultime, l'hésitation bien humaine du jardin des Oliviers au cours de l'Agonie laisse la place à la mort librement acceptée sur la croix pour le rachat des péchés de l'humanité et sa résurrection des morts par laquelle les portes du ciel vont se rouvrir. Ne chantons-nous pas lors de la semaine sainte : « mort où est ta victoire, mort où est ton aiguillon ? » Le nouvel Adam, né de la nouvelle Eve a vaincu la mort par son obéissance. Et de nous dire pour nous encourager au combat qui maintenant se prolonge dans le temps de l'Église : « Je suis la voie, la vérité et la vie » .

Car arrive cette troisième vérité : la collaboration nécessaire du pêcheur. Avant de nous avancer plus avant dans ce chemin écartons vigoureusement et immédiatement toute tentation de pélagianisme ou semi-pélagianisme. Dieu nous sauve seul et de manière purement gratuite. Quand nous parlons de nécessité, ce n'est pas pour que se réalise le Salut universel mais bien dans son application à chacun d'entre nous. Nul ne sera sauvé contre sa volonté et jusqu'à la fin le Bon Dieu respectera notre choix libre de l'aimer ou de le rejeter. Songeons aux 10 lépreux de l'Évangile, 10 sont guéris mais un seul est sauvé ! Non, ici nous parlons de cette course que décrit l'apôtre des gentils, la couronne de gloire est déjà remportée, nous n'avons plus qu'à descendre dans l'arène et y participer. Que cela demande des efforts, n'en doutons pas. Le même Saint Paul ne nous invite-t-il pas à compléter en nous ce qu'il manque aux souffrances de Notre Seigneur Jésus Christ ?

Alors, avec les talents que nous avons reçus, ce sont notre intelligence et notre volonté qui sont appelées à collaborer pour que s'étende le royaume de Dieu. Une saine doctrine et un agir droit serons nos meilleurs alliés pour concourir au rétablissement de l'ordre que le péché ne cesse de troubler. Mais nous en avons d'autres des alliés dans cette lutte, ce sont les bons anges et tout particulièrement nos anges gardiens. Ces messagers du Tout-Puissant qui montent et descendent sans cesse sur l'échelle de Jacob sont là aujourd'hui encore pour nous soutenir dans le combat et jalonner le chemin de la Jérusalem céleste où se donnera en partage sans retenu le bonheur tant escompté.

Oui c'est une chose étrange que l'homme ! Que le combat soit momentanément gagné ou perdu, c'est très souvent auprès de sa maman qu'il vient trouver refuge. Combat perdu pour obtenir consolation et réconfort, combat gagné pour recevoir des encouragements bien mérités. C'est Marie, notre mère, Notre Dame de Chartres qui pour chacun de nous amis pèlerins tient grand ouvert son manteau et attend cette année encore nos âmes d'enfants de Dieu. Certes, les circonstances exceptionnelles que nous vivons obligent beaucoup d'entre vous à faire un pèlerinage numérique, numérique mais pas virtuel. Puisez largement dans le trésor que Jésus vous a acquis au prix de son propre sang et ne négligez pas de recevoir le sacrement de pénitence et celui de l'eucharistie dès que cela vous sera rendu possible.

En la centième année de sa canonisation je conclurai avec Sainte Jeanne d'Arc en vous invitant à toujours vous souvenir que si ce sont les hommes d'armes qui combattent, seul Dieu donne la victoire.

 

Enregistrement vidéo de l'homélie:

Envoi du 38e pèlerinage de Chartres par l'Abbé Garnier

Ami pèlerin,

Prendras-tu la route cette année? Quelle route? Et comment, avec qui?

Tu le sais, bien des contraintes empêchent notre départ d'ici et notre arrivée à la cathédrale de Chartres. Donc, pas de rassemblement nombreux et sonore, d'éclatante symphonie de foulées, de chants et de bannières.

Nous l'acceptons. Un acquiescement douloureux, certes. Purifiant et fécond, n'en doutons pas.

Mais faire un pèlerinage autrement, ce n'est pas ne rien faire.

Tu ne prendras donc pas la route d'ici à Chartres.

Mais une autre, peut-être, en petits groupes ou en individuel.

Et quoi qu'il en soit, tu es sur la route. Nous y sommes tous. Car tous nous sommes ici-bas des viatores, de passage, sortis de Dieu et faisant retour à Lui. Aussi nous serons joints et rassemblés dans la communion des saints, sur la Grand'Route qui part de Dieu et doit ramener à Dieu par Jésus et Marie.

Tu y rencontreras les saints anges. Ils sont tes compagnons non seulement de voyage, mais de lutte. Frères et gardiens, mais aussi alliés. Car la vie de l'homme sur terre est un combat (1).

Saint Michel te lancera sur le chemin de la création et de la conversion.

Saint Raphaël t'assistera pour le combat spirituel et l'adoration.

Saint Gabriel te conduira aux sentiers de vocation et de mission.

Saint Michel replacera devant toi le monde dans sa juste lumière, sa profonde verité. Toutes choses sont sorties de Dieu Créateur. Elles portent l'empreinte de sa beauté, de sa bonté. Du plus humble vestige jusqu'à l'image et ressemblance de Dieu, toute la terre est au Seigneur.

Le monde est créé, donc déconfiné – et ici ce n'est pas une volonté ou une ordonnance humaine. Cet univers n'est pas fermé sur lui-même, isolé, autosuffisant. Il n'est pas une absurde juxtaposition d'atomes et d'individus consommateurs, produits du hasard et de la nécessité, et conduits par manipulation ou séduction des idéologies de mensonge. L'existence de cet univers, ses perfections, son ordre d'ensemble confesse celui dont Il vient. Il y a un Dieu qui le dépasse, qui le maintient dans l'existence, qui tempère ses désordres, qui lui donne un sens et une finalité ultime.

Regardant l'invisible par l'oeil de la foi, tu connaitras les choses du ciel, les invisibles réalités créées. Voici les anges. Chacun de ces purs esprits accomplit totalement une parfaite pensée de Dieu. C'est un monde d'adoration et de service de Dieu, ayant pour devise; «Qui est comme Dieu? » et « Je servirai!» Gardien de la création visible, tu découvres donc, au-dessus et près de toi, cet univers meilleur et plus grand.

Avec l'Archange Raphaël, tu voyageras ici-bas entre 2 règnes, 2 cités antagonistes. En effet, une part de ces esprits s'est soustrait à la lumière de Dieu, fondant un royaume de ténèbres avec son prince homicide et menteur dès le commencement;

« Je monterai, j'élèverai mon trône, je serai l'égal du Très Haut (2)!

Je ne servirai pas... Et vous serez comme des dieux»

La création est le théâtre de ton voyage, mais aussi de ton combat.

La confrontation a commencé avec le péché de l'ange et de l'homme.

Elle se poursuivra de ce jour jusqu'à la fin de l'histoire.

Elle se déroule jusqu'au milieu de l'Eglise, de la société, de ton âme.

Ce combat spirituel a ses causes nombreuses de civilisation et d'évangélisation. Combat de tradition, de chrétienté et de mission!

Tout est à défendre, à restaurer, à reconquérir pied à pied dans une société liquide, un contexte de confusion et de crise dans l'Eglise. Défendre le mariage, la famille, la vie, en particulier celles de plus petits- le sacerdoce catholique, le respect et l'adoration dûs au Seigneur dans la Sainte Eucharistie, la Messe et les sacrements - transmettre la foi - restaurer et  maintenir la culture chrétienne, l'école et l'éducation chrétienne – défendre la dignité de la femme - la virilité et la paternité - l'identité de la civilisation occidentale, les racines chrétiennes de l'Europe, le génie des nations.

 

Ami pèlerin, ne lâche pas ces causes de ton temps, même sous de pieux prétextes! N'oublie pas que tu as été préparé, affermi pour cela. Tu as reçu les onctions du baptême, et de la confirmation, au cœur, aux épaules et au front, pour être lutteur de Dieu.

Avec Saint Gabriel, tu méditeras sur l'envoi en mission, et la place où Dieu t'appelle dans l'Eglise et la cité temporelle.

 Adveniat Regnum tuum! Que votre règne arrive !

St Gabriel et les anges gardiens oeuvrent à la première venue du Christ en humilité, par l'Incarnation.

Ils seront de la dernière venue du Christ en majesté, à la fin de temps.

Dans l'entre deux, ils sont tes alliés pour travailler à l'avènement du règne du Christ, dans l'Eglise et dans la cité.

Règne de verité éclairant les intelligences,

règne de droiture et de justice redressant les cœurs et les volontés.

 

Voici, dit le Seigneur ; j'envoie mon ange devant toi,

et il te gardera en chemin.

Sois vigilant car tu es en sa présence.

Ecoute sa voix, ne le déçois pas, ne l'irrite pas (3).

 

Pèlerin, n'enfouis pas ces talents reçus, entends ces appels.

Souviens-toi de Jehanne d'Arc, proclamée sainte il y a 100 ans, docile à son conseil, généreuse dans sa mission.

Elle est la sainte de la jeunesse la meilleure, celle du cœur et de la foi.

Au confinement de sa prison, plus dur que le nôtre, elle demeure fidèle.

Aux jours de grande pitié pour l'Eglise et la France, elle incarne l'invincible esperance:

 

Combattue, souvent – battue, parfois – abattue, jamais!

 

 


(1)   Job VII, 1.

(2)  Isaïe, XIV, 13-14.

(3)   Exode XXIII, 20.

 

 

vendredi 29 mai 2020

Chartres sonne, Chartres t'appelle !

Amis pèlerins, 

"La France est un maillage de chapelles, d'églises, d'oratoires, et de cathédrales. Si les sanctuaires vers lesquels nous marchons sont plus modestes, qu'importe, nous marchons toujours sous le regard du même Bon Dieu" rappelait l'Abbé Garnier, notre aumônier général, dans une interview du Boulevard Voltaire. 

A la veille de notre 38ième pèlerinage vers Chartres, nous vous rappelons toute l'importance de notre fidélité à cet engagement pour lequel, malgré des directives sanitaires en évolution constante, nous avons voulu maintenir la communion spirituelle de nos 17 000 pèlerins.

Ces dernières semaines ont été éprouvantes pour notre foi :  que notre pèlerinage soit doublement fervent ! Tous les moments forts (méditations, enseignements, messes, veillées) vous seront partagés sur notre site au fil de ces trois journées. A cela plus d'une centaine d'initiatives locales s'ajoutent pour couvrir notre pays de notre démarche de pénitence et de grâces. Nous vous rappelons, pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, qu'il est important de s'inscrire sur notre sitewww.nd-chretiente.com) : votre inscription est gratuite cette année, pensez à y associer tous les membres de votre famille ! Si vous voulez, en souvenir, recevoir le livret et l'autocollant de cette année qui restera marquée dans l'histoire, nous vous les enverrons également par la suite dans la continuité de votre inscription, même tardive. 

Cette année, Aymeric Pourbaix, Rédacteur en Chef de France Catholique, consacre un dossier spécial sur le sens de la Messe et vous propose une offre découverte (en dernière page de l'extrait joint)  pour de cet hebdomadaire : un abonnement gracieux de 6 semaines au journal papier et 3 mois au journal numérique. Pour cela il vous suffit d’envoyer un mail à contact@france-catholique.fr

Le projet éditorial de France Catholique d’apporter une formation intellectuelle et spirituelle solide aux catholiques français, pour les aider à transmettre leur foi et à s’engager dans le monde pour y porter la semence de l’Évangile. Avec également, en direction des plus jeunes, un cahier enfants.

Chartres sonne, Chartres t'appelle : nous vous souhaitons un bon pèlerinage ! 

Pour découvrir le dossier et l'offre France Catholique, cliquez ici

 

33ème et dernier jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 octobre 1917 : Notre-Dame apparaît sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel.

Sœur Lucie au père Rafferty : « Notre-Dame tenait le scapulaire en ses mains, parce qu’elle veut que nous le portions. »Le port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel

À la fin de l’apparition du 13 octobre, pendant que la foule des témoins observait le miracle du soleil, les trois petits voyants de leur côté virent trois tableaux, comme Notre-Dame le leur avait annoncé lors des deux précédentes apparitions.

En effet, le 19 août, Notre-Dame leur avait dit : « Saint Joseph viendra avec l’Enfant Jésus, pour donner la paix au monde. Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs. »

Et le 13 septembre, elle avait précisé : « En octobre, viendront aussi Notre-Seigneur, Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l'Enfant Jésus pour bénir le monde. »

Voici comment sœur Lucie décrit la vision de ces trois tableaux dans son quatrième mémoire :

Notre-Dame ayant disparu dans l’immensité du firmament, nous avons vu à côté du soleil, saint Joseph avec l’Enfant Jésus et Notre-Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant Jésus semblaient bénir le monde, avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de croix.

Peu après, cette apparition s’est évanouie, j’ai vu Notre-Seigneur et Notre-Dame qui me donnait l’impression d’être Notre-Dame des Douleurs. Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph.

Cette apparition disparut et il me sembla voir encore Notre-Dame sous l’aspect de Notre-Dame du Carmel.

Ces trois tableaux sont une représentation des différents mystères du Rosaire : joyeux, douloureux et glorieux, illustrant ainsi ce que Notre-Dame avait révélé quelques instants avant : « Je suis Notre-Dame du Rosaire ». C’est donc en quelque sorte la dixième fois que Notre-Dame parle du Rosaire : six fois, elle aura demandé la récitation quotidienne du chapelet ; trois fois, elle aura parlé de Notre-Dame du Rosaire et enfin, elle aura présenté trois tableaux sur les mystères du Rosaire.

Et le dernier tableau, celui qui clôt les apparitions de Fatima nous montre Notre-Dame sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel.

Le port du scapulaire

Quand on lui demandait ce qui lui faisait penser qu’il s’agissait de Notre-Dame du Mont Carmel, Lucie répondait : « C’est que quelque chose pendait de sa main ». Plusieurs fois, elle insista sur l’importance du scapulaire, notamment le 15 octobre 1950 au père Rafferty :

— Notre-Dame, lui dit Lucie, tenait le scapulaire en ses mains parce qu’elle veut que nous le portions.

— Dans beaucoup de livres sur Fatima, fit remarquer le père Rafferty, les auteurs ne mentionnent pas le scapulaire lorsqu’ils présentent le message de Fatima.

— Ah ! Qu’ils ont tort, s’écria la voyante, le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie.

Le père Rafferty voulant savoir si les dirigeants de l’Armée bleue avaient raison d’insister sur le port du scapulaire, sœur Lucie répondit :

— Oui, cette pratique est indispensable pour accomplir les requêtes de Notre-Dame de Fatima.

— Diriez-vous que le scapulaire est aussi indispensable que le rosaire ?

— Le scapulaire et le rosaire sont inséparables.

Lucie attachait donc une très grande importance au scapulaire. En toute rigueur, la demande de porter le scapulaire ne figure pas dans les demandes orales de Notre-Dame. Mais elle a bien été faite implicitement lors de la dernière apparition. Car, en se montrant ainsi sous les traits de Notre-Dame du Mont Carmel dans la dernière vision que les petits voyants garderont d’elle, la Sainte Vierge montre par là que c’est une des dévotions qui lui tient particulièrement à cœur.

En effet, l’habit marque l’appartenance de celui qui le porte à la personne ou l’organisme de qui il l’a reçu et, en retour, de la protection de cette personne. Ainsi, dans toute armée, l’engagement à servir entraîne le port d’un uniforme. De même, l’adhésion à certaines corporations conduit au port d’un habit particulier : avocats, académiciens, ... De la même façon, le scapulaire manifeste, de la part de celui qui le porte, l’appartenance à Marie et, de la part de Notre-Dame, l’engagement à le secourir en toute occasion, particulièrement à l’heure de la mort.

Le port du scapulaire est un acte très simple qui n’exige qu’un petit effort, celui de se le faire imposer par un prêtre, puis de le porter constamment sur soi. Malheureusement, cette pratique est souvent délaissée alors que l’effort qu’elle réclame est plus facile que la récitation quotidienne du chapelet, par exemple. C’est d’autant plus dommage qu’au port du scapulaire est attachée la grâce de la persévérance finale.

Brève histoire du scapulaire

Le mot "scapulaire" vient du latin "scapulae" qui signifie épaules. Le scapulaire est une longue bande d’étoffe couvrant les épaules, souvent munie d’un capuchon et descendant jusqu’aux pieds devant et derrière. La plupart des religieux le portent sur leur tunique. Le scapulaire du Mont-Carmel qui en est une réduction, est composé de deux morceaux de laine tissée brune, de forme rectangulaire ou carrée, reliés entre eux par deux fils de manière à pouvoir être portés, un morceau sur la poitrine et l'autre sur le dos. Une pieuse coutume, non impérative, y place en plus une image de la Sainte Vierge. Les privilèges attachés au scapulaire remontent à saint Simon Stock.

Né en Angleterre vers la fin du XIIe siècle, Simon Stock fut élu prieur général de l’ordre des Carmes vers le milieu du XIIIe siècle. Or à cette époque, un grand nombre de ses religieux passaient vers d’autres ordres mendiants, les Franciscains ou les Dominicains, au point de menacer l’existence même de l’ordre du Carmel. Devant ce danger, Simon Stock se tourna vers Marie en lui disant chaque jour dans ses prières, d’un cœur tout dévot : « Fleur du Carmel, Vigne fleurie, Splendeur du Ciel, Vierge féconde, Unique, Douce Mère, mais qui ne connut pas d’homme, aux Carmes accorde tes faveurs, Étoile de la mer ». La Mère de Dieu répondit à son attente en lui apparaissant, vraisemblablement le 16 juillet 1251. Voici ce que rapporte un document ancien :

Simon, homme de grande tempérance et de dévotion envers Marie, priait souvent avec humilité et instance la Vierge, glorieuse Mère de Dieu, patronne de l’ordre des Carmes, afin qu’elle accordât un privilège à cet ordre qui se distinguait par son nom. Or, un jour, Notre-Dame lui apparut entourée d’une multitude d’anges, tenant à la main un scapulaire. La Vierge dit à Simon : « Voici un signe pour toi et un privilège pour tous les Carmes : celui qui mourra revêtu de cet habit sera préservé des flammes éternelles ».

La vision fut bientôt reconnue par le pape Innocent IV, et la nouvelle du merveilleux présent fait par la Mère de Dieu à l’ordre du Carmel se répandit rapidement. De partout, on vit accourir des personnes de toutes conditions, avides de participer aux grandes faveurs promises. En effet, le don du scapulaire avait été fait à l’Église entière, car la Sainte Vierge avait dit : « Quiconque mourra avec le signe de l’ordre... ». En s’agrégeant à la confrérie du scapulaire, les laïcs aussi pouvaient bénéficier du message de salut donné aux Carmes, et, pour qu’ils puissent le porter discrètement, la taille du scapulaire fut réduite.

Cette promesse de salut a été reconnue depuis par l’Église et est en parfaite cohérence avec les paroles de Notre-Dame du 13 juin 1917 : « À qui embrassera cette dévotion [du Cœur Immaculé de Marie], je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône ». Car le port du scapulaire fait justement partie des cinq pratiques de cette dévotion.

Une protection pour l’âme et pour le corps

L’histoire montre que de très nombreuses grâces de protection, autant pour l’âme que pour le corps, ont été obtenues par le scapulaire. Voici deux exemples.

Au début du siècle dernier, à Ashtabula (Ohio) aux États-Unis, un homme avait été écrasé par un train alors qu'il traversait imprudemment la voie. Littéralement coupé en deux, il aurait dû mourir sur le coup. Mais à l'étonnement général, il resta en vie et réclama les secours d'un prêtre. Celui-ci arriva et entendit la confession du blessé resté conscient pendant trois quarts d'heure. Après avoir reçu l'extrême-onction, ce pécheur réconcilié in extremis avec Dieu mourut en paix. On trouva sur sa poitrine un scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel. Notre-Dame avait tenu sa promesse.

Un prêtre français se rendait à l'église en vue de célébrer la sainte Messe, en un lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge. En chemin, il s'aperçut qu'il a oublié de mettre son scapulaire. Bien que déjà assez loin de son domicile, il n’hésita pas à rebrousser chemin pour aller chercher 1'habit de Marie, sans lequel il ne voulait pas célébrer. Tandis qu’il offrait le Saint Sacrifice, un jeune homme s'avança vers l'autel, brandit un pistolet et tira à bout portant sur le prêtre. Celui-ci, à la stupéfaction générale, continua cependant à dire les prières de la messe comme si rien ne s’était passé. On pensa d'abord que la balle avait providentiellement manqué son but. Il n'en était rien : le prêtre la retrouva, adhérant et comme collée au scapulaire du Mont-Carmel, chétif morceau de tissu qui avait été la cuirasse du soldat de Jésus-Christ. Plusieurs soldats, à des époques diverses, bénéficièrent du même prodige : la balle ennemie qui devait les tuer s'écrasa sur leur scapulaire.

Le privilège sabbatin

Outre la préservation de l’enfer et une protection contre les dangers de l'âme et du corps, le scapulaire peut apporter une autre grâce : la libération de tout ou partie des peines du purgatoire. En effet, à ceux qui, au port du scapulaire, ajouteront la récitation quotidienne du petit office de la Sainte Vierge et la chasteté selon leur état, Notre-Dame promet de les conduire au Ciel le samedi suivant leur mort. D’où le nom de privilège sabbatin.

Il est possible de commuer la récitation du petit office par celle du chapelet. Ainsi, tout en répondant à une demande particulièrement chère à Notre-Dame, la récitation quotidienne du chapelet, nous pouvons nous protéger des peines du purgatoire.

Toutes ces grâces obtenues si facilement montrent la puissance du scapulaire et de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie pour nous aider à faire notre salut. Vraiment, le Ciel est désormais à bas prix pourrait-on dire, tant les moyens pour faire son salut sont à notre portée et ne demandent que des efforts limités. Alors ne négligeons pas ces moyens ; faisons confiance à Notre-Dame et suivons ce qu’elle recommande par amour pour elle. Lucie disait : « Le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie ». Aussi convient-il de revêtir cet habit donné par Notre-Dame, car il est un signe visible de notre volonté de nous consacrer à elle et de tout faire par elle et pour elle.

Questions pratiques sur le port du scapulaire

Le scapulaire doit être porté de manière moralement continuelle, donc également pendant la nuit. On peut bien sûr l'enlever pour se laver, sans cesser de bénéficier de la promesse.

En raison de la rapide corruption de l'étoffe dans les pays chauds, le pape saint Pie X a concédé la faculté de remplacer le scapulaire de tissu par une médaille. Cette concession a depuis été étendue au monde entier. Cependant, l'Église préfère le scapulaire en étoffe, parce que celui-ci représente mieux le vêtement donné par Notre-Dame à saint Simon Stock. La concession de la médaille n'est qu'une dispense, et les papes saint Pie X et Benoît XV qui l'ont octroyée, ont ajouté qu'ils désiraient que les fidèles continuent à porter, si possible, le scapulaire en laine.

Tout prêtre peut désormais imposer le scapulaire ; il n'est plus nécessaire, comme par le passé, d'avoir une autorisation spéciale de l'ordre des Carmes déchaux. Il faut simplement utiliser la formule de bénédiction prévue par le Rituel romain, laquelle se trouve sur le site www.fatima100.fr

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.
  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.
  2. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  3. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  4. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  5.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  6. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !

 

 

 

 

 

jeudi 28 mai 2020

32ème jour de préparation à la Consécration à la Sainte Vierge

13 octobre 1917 : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé. »

Le péché

Les toutes dernières paroles que Notre-Dame prononça à la Cova da Iria, furent pour nous donner une ultime recommandation : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ».

Cette phrase étant la toute dernière, elle a une place à part dans le message de Fatima. C’est la dernière volonté de Notre-Dame qui nous fait part d’une nécessité des plus urgentes.

Cette demande se singularise entre autres par le ton : mises à part ses toutes premières paroles « N’ayez pas peur », mais qui sont plus un encouragement qu’un reproche, c’est la seule fois où Notre-Dame emploie une forme négative : « N’offensez-pas davantage Dieu, Notre-Seigneur ».

Une fois, lors de la première apparition, elle fit une demande sous la forme interrogative : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? »

Sinon, toutes les autres demandes furent faites sous une forme affirmative : récitez votre chapelet tous les jours, offrez des sacrifices pour la conversion des pécheurs, priez beaucoup, etc.

Cette injonction négative marque donc une volonté expresse de la Sainte Vierge. Sa transgression entraînera des conséquences graves. Notre-Dame en avait donné une le 13 juillet : « Si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI commencera une autre guerre plus grande ». D’ailleurs, sœur Lucie précise dans son quatrième mémoire que Notre-Dame prononça ces paroles « en prenant un air plus triste », tout comme lorsque, lors de l’apparition du 19 août, elle leur dit : « Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles ». C’est pourquoi, les petits voyants furent très marqués par ces paroles. Lucie rapporte dans son deuxième mémoire :

Les paroles de cette apparition qui se gravèrent le plus dans mon cœur, furent la demande de notre Très Sainte Mère du Ciel : « N’offensez pas davantage Dieu Notre-Seigneur, qui est déjà trop offensé. »

Quelle plainte d’amour et quelle tendre supplication ! Qui me donnera de la faire résonner dans le monde entier pour que tous les enfants de la Mère du Ciel entendent le son de cette voix !

Consoler Notre-Seigneur

François avait été plus particulièrement marqué. Voici un épisode rapporté par Lucie dans son quatrième mémoire qui montre combien il avait pris en compte cette parole de Notre-Dame :

Un jour, je lui demandai :

  • François, qu’est-ce que tu aimes le mieux : consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs afin qu’il n’y ait plus d’âmes à aller en enfer ?
  • J’aime mieux consoler Notre-Seigneur. Tu n’as pas remarqué combien Notre-Dame, le mois dernier, est devenue triste lorsqu’Elle nous a dit qu’il ne fallait plus offenser Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop offensé ? Je voudrais consoler Notre-Seigneur et, ensuite, convertir les pécheurs afin qu’ils ne l’offensent plus.

Il avait aussi parfaitement compris ce que l’Ange leur avait dit lors de sa troisième apparition. Comme pour Notre-Dame, ses toutes dernières paroles sont pour demander de consoler Dieu :

Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.

Mais qu’est-ce qui offense tant Dieu ? L’Ange, à l’été 1916, avait commencé à donner la réponse : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. » expression reprise intégralement le 13 mai de l’année suivante par Notre-Dame. Remarquons bien l’ordre des demandes : réparer d’abord les péchés qui offensent Notre-Seigneur, puis supplier pour la conversion des pécheurs. François avait bien retenu ce point !

Dans la prière que l’Ange enseigne au cours de sa troisième apparition, il est plus précis : il parle de « réparer les outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Jésus est offensé ».

Le péché

Ce qui offense Dieu, ce sont donc nos péchés. Mais qu'est-ce que le péché ? C’est une désobéissance aux volontés de Dieu pour obéir aux désirs de la chair, du démon, du monde.

Le péché nous fait mépriser les commandements de Dieu et nous soumettre à nos instincts et nos passions. Le péché apporte le désordre, le déséquilibre, la ruine de l'homme et des choses, même si le pécheur s'illusionne en croyant trouver quelque bonté dans son action.

Il suffit de penser au premier péché, celui d'Adam et d'Ève. Après la séduction de pouvoir « devenir comme Dieu » (Gn 3), le péché entraîna la ruine de l'humanité et toute la création (Gn 3).

Pourquoi le déluge ? À cause du péché (Gén. 6 et 7). Pourquoi les villes de Sodome et de Gomorrhe (Gén. 19) furent-elles réduites en cendres ? À cause du péché. Pourquoi Tyr, Sidon, Corazine, Capharnaüm et Jérusalem furent-elles détruites ? À cause du péché. Pourquoi les guerres et les dévastations entre les peuples ? Pourquoi tant de familles divisées ? Pourquoi des hommes vont-ils en enfer ? À cause du péché, toujours à cause de lui.

Des saints prenaient peur rien qu'à entendre le mot péché. Ils avaient bien raison.

Le péché mortel

    Le péché est mortel si l'offense faite à Dieu est grave : il est véniel, si l'offense est légère.

La plus grande catastrophe qui puisse arriver à l'homme est de commettre un péché mortel. Saint Padre Pio qualifiait de « Malheureux ! » celui qui s'accusait d'une faute mortelle.

Aucun malheur n'est comparable au péché mortel. Bien plus, tout autre malheur lui serait préférable. Saint Cyprien écrivait :

Observe les dommages qu'occasionnent la grêle aux moissons, le tourbillon de vent aux arbres, la peste aux troupeaux et aux hommes, le vent et la tempête aux navires... Tout cela n'est qu'une pâle représentation des dommages que le péché porte à notre âme : il détruit tous les fruits des bonnes œuvres, corrompt nos facultés et guide l'homme vers une mort certaine.

Saint Dominique Savio disait : « La mort, mais pas le péché ». La mort en effet n'est qu'un phénomène physique qui transforme le corps en cadavre. Le péché, lui, est une réalité spirituelle qui fait de l'âme un cadavre, tant que la grâce n'aura pas été retrouvée par le sacrement de pénitence. Un chrétien dont l'âme est morte, voilà la monstruosité du péché mortel.

Pour mieux comprendre cette monstruosité, il faut regarder le calvaire. Le péché a fait de Jésus « l'homme des douleurs » (Is 53, 3) ; il a coûté le précieux sang de Jésus (1 P 1, 19 ; Ap 5, 9) ; il « a transpercé l'âme » de Marie (Lc 2, 35). Quiconque commet un péché mortel « crucifie le Fils de Dieu dans son propre cœur » (He. 6, 6). C'est pour cela que le péché mortel fait perdre à l'âme la vie surnaturelle, ou grâce divine. Il fait perdre les mérites et les vertus infuses ne laissant que la Foi et l'Espérance. Enfin, il lui enlève sa ressemblance avec le Christ et il lui imprime l’image du démon. C’est épouvantable ! Sainte Thérèse d'Avila disait que la vision d'une âme en état de péché mortel l'effrayait tellement qu'elle suppliait Dieu de la lui épargner.

Mais combien y-a-t-il de chrétiens en état de péché mortel qui se rendent compte que leur âme est un cadavre et qu'ils ressemblent au démon ? Et comment peuvent-ils croire qu'ils aiment Dieu et la Sainte Vierge, si par le péché ils prouvent qu’ils sont plutôt des « ennemis de Dieu » (Rom. 1, 30), et qu’ils « transpercent » l'âme de Marie (Lc 2, 35) ?

Le péché véniel

    Bien que ses effets ne soient pas aussi désastreux que ceux du péché mortel, le péché véniel offense aussi Dieu et cause des dommages à l'homme.

Saint Thomas d'Aquin nous avertit : « Plutôt mourir que de commettre un seul péché véniel » ; et sainte Gemma Galgani s'écriait : « Mille fois la mort plutôt que de commettre un seul péché véniel ».

Les saints nous affirment l'horreur du péché véniel, car eux-mêmes sont animés d'un amour ardent envers Dieu. Saint Jean Chrysostome disait qu'il craignait plus de faire une légère offense à Dieu que l'enfer lui-même.

Sainte Catherine de Sienne disait : « Je préfère aller en enfer sans péché plutôt que de me trouver au Ciel, marquée par le plus léger déplaisir fait à Dieu ».

Que dirions-nous, nous autres qui, avec tant de légèreté, nous "salissons" peut-être chaque jour de fautes vénielles ? Nous veillons à éviter tout inconvénient physique (même un rhume), et par ailleurs nous ne nous préoccupons pas des malaises spirituels (impatiences, mensonges, négligences) qui offensent Dieu et salissent l'âme.

Sainte Françoise de Chantal voulut un jour mettre de ses propres mains le cadavre d'un lépreux dans un cercueil. Quelqu'un essaya de l'en empêcher, par crainte de la contagion. Mais la sainte dit avec décision : « Je ne crains d'autre lèpre que le péché ». Accueillons la leçon.

Jacinthe fut une ardente victime pour les pécheurs. Sauver les pécheurs de l'enfer en offrant toutes sortes de sacrifices fut pour elle une préoccupation constante. Avec ingéniosité, elle cherchait les sacrifices qu'elle pouvait offrir. Si elle rencontrait des pauvres dans la rue, elle leur donnait son casse-croûte et restait ainsi à jeun jusqu'au soir. Durant le mois d'août, elle avait parfois très soif, mais elle renonçait à boire. Son frère François cueillait les glands les plus sucrés et elle lui demandait les plus amers, par renoncement. Un jour, elle eut un fort mal de tête et le coassement des grenouilles la gênait beaucoup, mais elle empêcha son frère de chasser les grenouilles, afin de faire un sacrifice supplémentaire.

Imitons Jacinthe et suivons les demandes de la Sainte Vierge sur la nécessité de sauver les pécheurs de l'enfer, en collaborant à leur conversion par la prière et la pénitence.

N’oublions pas non plus que le péché qui conduit le plus d’âme en enfer est le péché de la chair. C’est donc un de ceux qui doivent faire souffrir plus particulièrement Notre-Seigneur puisqu’il pousse tant d’âmes en enfer. Rappelons-nous ce qui a déjà été dit dans une précédente méditation (la 15e) :

Jacinthe confia un jour à sa mère : « Maman, (…) Notre-Dame a dit que le péché de la chair est celui qui conduit le plus d’âmes en enfer ».

Rappelons-nous aussi les termes de la lettre de sœur Lucie à l’évêque de Gurza :

Notre-Dame n’a pas parlé d’une espèce particulière de péché. Mais comment douter que le péché d’impureté ne soit l’un des principaux qui amena Notre-Dame à s’adresser à nous avec une telle amertume, lors de sa dernière apparition ?

Aussi, la première des choses à faire pour consoler Notre-Seigneur et ne plus L’offenser, c’est de respecter la loi morale qu’Il nous a donnée pour notre bien. Cette loi est précise et ne souffre pas d’exception. De nos jours certains clercs voudraient nous faire croire que des pratiques unanimement condamnées depuis toujours par l’Église seraient maintenant acceptables suite à un approfondissement de ce qu’est la miséricorde divine. Ainsi, ce que la doctrine interdirait en théorie serait en pratique acceptable dans différentes situations, l’Amour divin surpassant ces interdictions. N’en croyons rien et souvenons-nous des toutes dernières paroles de Notre-Dame : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé ».  N’oublions pas non plus ce qu’elle disait le 13 juillet 1917 : « Si l’on continue à offenser Dieu », nous serons punis par la guerre.

Alors n’offensons plus Notre-Seigneur. Pour cela, ayons nous-même une conduite pure et chaste et offrons des sacrifices pour tous ceux qui ne respectent pas la loi morale établie par Dieu.

 

 

NOTA BENE :

  1. Prier le chapelet :
  • Pour les pèlerins qui prient le chapelet quotidiennement : avoir cette prochaine consécration de soi-même au Cœur Immaculé de Marie comme intention générale ;
  • Pour ceux qui n’ont pas encore l’habitude de dire le chapelet quotidiennement : une dizaine avec cette même intention générale de sa prochaine consécration.

 

  1. Offrir à Dieu 1 sacrifice pour la conversion des pécheurs, et la nôtre en particulier.

 

  1. Dire les 4 prières de l’Ange et de Notre-Dame de Fatima pour la conversion des pécheurs :
  1. (Prière d’oraison pendant la journée) : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas ». L’Ange de la Paix, printemps 1916.
  2. (Prière d’oraison pendant la journée et après chaque communion) : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». L’Ange de la Paix, automne 1916. 
  3.  (Lorsque l’on fait un sacrifice) : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour le Saint-Père ». Notre-Dame, 13 juillet 1917 (et Jacinthe qui a rajouté « et pour le Saint-Père »).  
  4. (Après chaque mystère du chapelet) : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, secourez surtout celles qui ont le plus besoin de Votre sainte miséricorde ». Notre-Dame, 13 juillet 1917.

 

Saints François et Jacinthe, priez pour nous !

Saint Michel Archange, gardien de la France, priez pour nous !