mardi 16 octobre 2018

Université d'automne de NDC: les inscriptions sont ouvertes!

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Samedi 17 NOVEMBRE 2018

Forum de Grenelle, 5 rue de la Croix-Nivert - Paris XVe

MODALITES D’INSCRIPTION

Suivez ce lien :

et réservez votre place selon votre statut:

  • Adulte : 20 €
  • Etudiant: 12 €
  • Clergé : gratuit

Vous recevrez votre billet en ligne, à présenter impérativement à l’accueil.

L’INSCRIPTION PREALABLE EST OBLIGATOIRE ET AUCUNE INSCRIPTION SUR PLACE NE SERA PRISE.

Un filtrage et une fouille des sacs seront réalisés à l’entrée, se munir d’une carte d’identité.

Autour du thème du pèlerinage 2019 : "La paix du Christ par le règne du Christ", la journée d’université d’automne sera l’occasion de présenter les trois jours de marche qui s’articuleront autour de la Doctrine sociale de l’Eglise, au service de la Cité et du Bien commun.

Nous aurons le plaisir d’accueillir deux invités impliqués dans ce combat pour la Cité, pour qui la formation est essentielle afin de disposer des bases permettant l’engagement concret.


Bruno de Saint-Chamas,
Président d’ICHTUS

Marion Maréchal
Directrice Générale de l’ISSEP


PROGRAMME DE LA JOURNÉE
09:00 10:15 : Messe chantée célébrée par l'abbé Alexis Garnier, Aumônier Général.
- Chapelle Notre Dame du Lys, 7 rue Blomet, 75015 Paris (M° Sèvres Lecourbe).
- Des prêtres seront disponibles pour les confessions durant la Messe

10:30 Suite de la journée au Forum de Grenelle, 5 rue de la Croix-Nivert Paris XVe
11:00 11:30 Le pèlerinage 2019 "La paix du Christ par le règne du Christ",
11:30 12:30 L’animation de réseau à l’heure du Web 3.0
12:30 13:00 Qui sont nos pèlerins ?
13:00 14:30 Déjeuner (inclus dans le tarif d’inscription)
14:30 16:30 Bruno de Saint-Chamas et Marion Maréchal répondront aux questions de Notre-Dame de Chrétienté
17:00 clôture par Jean de Tauriers, président

mardi 25 septembre 2018

Jean Piat - « La voix du pèlerinage s'est éteinte... »

Jean-Piat.jpg Si Jean Piat n'a pas été, à ma connaissance, pèlerin de Chartres, il est « la voix » indissociable de notre pèlerinage. Citons de mémoire: « J'ai fait un pèlerinage... à Chartres. Je suis beauceron, Chartres est ma cathédrale. Je n'avais aucun entrainement, j'ai fait 105 kilomètres en 3 jours. Ah, mon vieux, les croisades, c'était facile ! On voit les flèches de la cathédrale à 18 kilomètres sur la plaine.... de temps à autre elles disparaissent, (…) Dès que je les ai vues, ça a été une extase ! Je ne sentais plus rien... J'ai prié, mon vieux, prié comme jamais je n'avais prié. Mon gosse est sauvé. Je les ai confié tous à Notre Dame ». Qui n'avait entendu, un petit matin de Pentecôte ou bien au soir, sur le bivouac, sa voix chaude balançant les mots de Péguy, comme une foulée de marcheur ? Jean Piat, c'est d'abord et surtout cela ; une voix et une présence.

Né en 1924, il est décédé ce 18 septembre dernier à Paris, en la fête de St Joseph de Cupertino.

Il fut un acteur de théâtre remarquable, interprète notamment des pièces d'Edmond Rostand et de Sacha Guitry. Lorsque le théatre arriva sur le petit écran, il fut encore le truculent Robert d'Artois des Rois maudits. Il prêta sa voix à des chefs d'oeuvre de la litterature et du cinéma ; Gandalf dans le Seigneur des Anneaux – le commissaire Jacomet dans un bel enregistrement sur Ste Bernadette – ou encore Lawrence d'Arabie... Il a encore dit quelques belles narrations accompagnant les spectacles du Puy du Fou. Et puis les amateurs de belles pages et de nobles pensées iront écouter le lien ci-dessous.

Mais, on l'a dit, il reste surtout pour nous la voix qui a porté quelques morceaux choisis de Péguy, redisant à des milliers de pèlerins l'âme de cette route de conversion et de sainteté qu'est le « pélé ». Il affirmait crânement « être né catho », quoi qu'il ait rencontré et exprimé quelques difficultés devant les fins dernières.

Sur le grand âge, il pensait sérieusement au terme de sa vie, au passage de la mort - cet ultime rideau qui tombe sur le théâtre de notre existence terrestre... Et qui se lève sur l'éternité. Dans la mythologie de Tolkien, alors que le combat fait rage pour la défense de Minas Tirith, et que le 2e rempart est pris d'assaut par les forces de Sauron, Gandalf réconforte un hobbit découragé: « Le voyage n'est pas fini... la mort n'est qu'un autre chemin qu'il nous faut tous prendre... Le rideau de pluie grisâtre de ce monde s'ouvrira et tout sera brillant comme l'argent... alors vous les verrez... les rivages blancs et au-delà la lointaine contrée verdoyante … Alors ça ne va pas si mal? Non en effet... » Cela n'a pas la consistance d'une profession de foi catholique explicite en la vie éternelle, dira-t-on... Et cela ne suffit pas à faire de notre cher défunt un « saint de vitrail »... Certes! Mais nous aimons à penser qu'il y a un peu de l'âme de Jean Piat dans ces mots qu'il prononçait pour le compte de Gandalf. Alors nous laissons l'ultime jugement au Dieu qui seul sonde les reins et les cœurs. Et surtout nous redirons pour lui la prière à Notre Dame de Chartres :
« Mère voici vos fils qui se sont tant battus.
Qu'ils ne soient pas pesés comme on pèse un esprit.
Qu'ils soient plutôt jugés comme on juge un proscrit
Qui rentre en se cachant par des chemins perdus. »

« Donnez-lui, Seigneur le repos éternel, et que pour lui brille votre lumière sans déclin ».

Abbé Alexis Garnier,
Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.


Pour réentendre Jean Piat déclamant Denoix de St Marc (« Que dire à un jeune de 20 ans »), cliquer sur ce lien.

Dimanche 16 septembre 2018

Itinéraires de Chrétienté avec Jean Madiran

madiran-fontaine-2.jpg Jean Madiran (1920-2013) fut, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, l’une des plus importantes figures de la résistance française et catholique à la subversion et à l’apostasie générale.

Fondateur de la revue Itinéraires, puis animateur du quotidien Présent, sa plume acérée défendit inlassablement « France et Chrétienté », abandonnées par la plupart des élites, tant laïques qu’ecclésiastiques, pourfendant l’impiété moderne.

L’ouvrage de Rémi Fontaine, qui travailla longtemps avec Jean Madiran, permet de découvrir la cohérence et la logique de la pensée du grand auteur contre-révolutionnaire – tout en offrant des pistes d’interprétation originales et encore méconnues, notamment sur l’influence du scoutisme ou de la vie bénédictine sur la pensée de Madiran.

Rémi Fontaine, né en 1956, est journaliste et essayiste.

Préface de Dom Louis-Marie, Père Abbé du Barroux.

Postface d’Yves Chiron, historien

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Lundi 20 août 2018

In memoriam Carole de Daran

chapelet.jpgChers amis pèlerins,

En cette fin de vacances, je vous rejoins pour confier à votre prière le repos de l'âme de Carole de Daran, épouse d'Olivier, ancien responsable de la logistique du pèlerinage. Elle est décédée ce vendredi 17 aout, à 13.30, suite à une longue maladie de coeur et des complications douloureuses. Ses obsèques sont célébrées mardi 21 aout à Puymaurin, dans le sud de la France.

Les bénévoles du pèlerinage forment une petite famille spirituelle, partageant bien des choses; succès ou échecs, difficultés,... éventuelles sautes d'humeur... joies et peines au service du pélé.

Mais ils portent aussi leurs propres joies et peines, et nous pouvons prier pour eux, comme un retour de gratitude pour leur dévouement.

Enfin, cela nous rappelle que derrière de nombreux bénévoles, il y a une famille, un époux ou une épouse, des proches qui consentent bien des sacrifices et soutiennent indirectement la bonne marche du pèlerinage.

Ayons donc à coeur de prier pour le repos de l'âme de Carole, et aussi pour son mari et ses enfants, douloureusement affectés.

Miséricordieux Jésus, donnez-lui le repos éternel!

In Christo,

abbé Alexis Garnier,
Aumônier Général du pèlerinage de Chartres.

Lundi 04 juin 2018

Pèlerinage 2018 : les remerciements du Cardinal Sarah

NDC2018-Cardinal-Sarah-5.jpg Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements.
Cité du Vatican, le 22 mai 2018


De retour à Rome, je désire vous remercier pour votre accueil si délicat, qui m'a permis de vivre ce moment si magnifique du pèlerinage de Notre Dame de Chrétienté.

Par votre entremise, je désire exprimer vivement ma grande gratitude à tous ceux qui m'ont accueilli si gentiment pour ce moment si précieux sur le plan spirituel, et qui par leur dévouement, ont permis aux nombreux pèlerins de prier au long du chemin jusqu'à la cathédrale Notre Dame. Le recueillement de cette foule qui comptait tant de jeunes et de familles restera gravé dans ma mémoire.

Veuillez assurer les prêtres, religieux et diocésains, les moines, ainsi que les séminaristes, et aussi les religieuses de nombreuses congrégations que j'ai eu l'occasion de saluer, de ma prière fervente pour que le Seigneur leur accorde toujours cette ferveur dont ils témoignent auprès des familles, et en particulier les plus jeunes.

Ce magnifique pèlerinage montre que l'on peut encore vivre de nos jours notre foi commune dans la beauté de la liturgie romaine. Ce fut une riche expérience que je n'oublierai jamais.

Que Dieu vous bénisse et que Notre Dame de Chartres vous protège tous!

Je vous suis reconnaissant de prier pour moi et pour mon ministère au service de l'Eglise universelle.

En vous assurant de ma prière à vos intentions, je vous prie d'agréer mes sentiments très cordiaux in Christo per Mariam,

Robert, Cardinal Sarah.

Dimanche 03 juin 2018

Pèlerinage 2018 : sermon de la messe d'action de grâce

Sermon prononcé par l'abbé Garnier, aumônier du pèlerinage, lors de la messe d'action de grâce en l'église Sainte Odile le 31 mai 2018.

NDC2018-abbe-garnier2.jpgChers amis pèlerins,

L'année liturgique est centrée sur le Christ, en particulier sur l'Eucharistie. Elle est source et sommet de la vie de l'Eglise.
Source et sommet aussi de notre vie intérieure.
Tous les autres sacrements lui sont ordonnés.

Mais certaines fêtes accentuent et redisent plus fortement ce message.
Le Jeudi Saint accentue le sacrifice eucharistique; mémorial de la Passion, la Messe renouvelle le sacrifice de la Croix, avec le même prêtre principal, et la même victime sainte. Elle diffère dans la manière d'offrir et les effets. Le spectacle des nombreuses messes basses célébrées chaque matin de pèlerinage, celui des grand'messes pour les pèlerins souligne fortement cette vérité pour nous.
La Fête Dieu apporte un deuxième accent, elle comble un manque exprimé par Notre Seigneur à Ste Julienne; une fête publique de la Présence Réelle, de la jonction de l'âme et de Dieu dans la communion, du culte d'adoration envers Jésus Hostie. Voyez ce Gethsemani au soir de Pentecôte... ces pèlerins prosternés le dimanche soir, enfants d'abord, adultes ensuite… aimantés par la présence aimante, ils rassemblent en ultime hommage d'adoration courbatures et fatigues de fin de journée... Veilleurs perdus dans l'obscurité, pauvres sentinelles enveloppées de silence au-dedans et au-dehors, ils sont lampes ardentes et vivantes d'adoration.

L'Eucharistie nous provoque à l'émerveillement. Quel ami, quelle aumône (1) !
Réalité substantielle, elle contient le Christ lui-même passé par la mort – l'Agneau de Dieu immolé, figuré par le sacrifice d'expiation de l'agneau pascal.
Sacrement nourrissant et efficace, étonnant aliment spirituel, elle est préfigurée par la manne qui nourrit en s'adaptant à la faim et au goût de chacun. « Mannu » - « Qu'est-ce que c'est ? » Dans la foi, notre étonnement rejoint celui des hébreux devant la nourriture corporelle donnée miraculeusement dans les terres stériles du désert. « Frumenti adipe cibavit et satiavit,... il a nourri, rassasié et comblé de la fine fleur de froment (2) ». Quelle aumône !
Elle ne contient pas seulement la grâce sanctifiante et les secours dont nous avons besoin, mais l'Auteur, la Source même de la grâce. La foi nous donne la certitude de cette présence de Dieu, sans éteindre l'émerveillement. Quel ami!
Oui... car si l'hospitalité sacrée de l'ami, le repas pris ensemble sont un lieu et un moyen de communion d'esprit et de cœur – combien plus l'hospitalité de Dieu au désert ! Mais combien plus encore l'hospitalité eucharistique de Dieu dans son Eglise au fil des temps et des lieux !
Ce n'est plus seulement la nourriture de Dieu, mais Dieu qui se donne en nourriture.
Ce n'est plus seulement faim corporelle, mais faim spirituelle. Dieu l'allume, il la comble, il l'augmente.
L'assimilation de l'aliment augmente et fortifie notre être et notre vie.
La communion eucharistique augmente et fortifie en nous l'être et la vie surnaturelle.

L'Eucharistie, bien commun de l'Eglise.
« J'ai reçu du Seigneur ce qu'à mon tour je vous ai transmis (3) ».
« La sanctification de l'homme relève de Dieu, qui seul a le pouvoir de sanctifier. Voilà pourquoi il n'appartient pas à l'homme de fixer à son choix les éléments par lesquels il pourra être sanctifié. Ils sont déterminés par institution divine (4) ».
Nous recevons donc de l'Eglise et dans l'Eglise ce sacrifice et sacrement de l'Eucharistie. C'est à elle en effet que le Christ confie ce trésor. Ce n'est pas notre fabrication, notre invention. Nous en sommes, de manière différenciée, bénéficiaires, dépositaires, gardiens transmetteurs. Il en va de même de l'ordonnance de la liturgie, écrin de la Messe, du culte eucharistique.

Cette transmission eucharistique est d'abord réiteration; celle du sacrifice renouvelé quotidiennement jusqu'au terme de l'histoire. « Faites ceci, chaque fois que vous le ferez ».
Elle est permanence ; celle de la Présence Réelle. « Ceci est mon corps, ceci est mon sang .. Ainsi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde».
Elle est enfin communion, ou pourrait-on dire, immersion, fusion. « Communion... où Dieu lui-même est reçu (5) » - « Celui qui communie se perd en Dieu comme une goutte d’eau dans l’océan (6) » - « Dieu et l’âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble, qu’on ne peut plus séparer (7) ».

Et puis il y a la transmission de la foi eucharistique.
C'est un marqueur, un curseur déterminant de l'âme catholique, de la pleine unité de foi avec l'Eglise. Notre Seigneur, si pédagogue, si patient, si nuancé dans son enseignement de verité, parle ici sans ambage, clairement, nettement. Il insiste à temps et à contretemps. Il affirme malgré l'incompréhension, puis le refus et l'éloignement d'une part de l'auditoire. « Travaillez pour une nourriture, non celle qui passe mais celle qui demeure pour la vie éternelle. Je suis le pain vivant descendu du ciel. Le pain que je donnerai, c'est mon corps pour la vie du monde. Ma chair est vraiment une nourriture, mon sang est vraiment un breuvage. Le Père qui m'a envoyé est vivant. Je vis par le Père. Quiconque me mange vivra par moi ».

Chers amis, que ce sacrement de l'Eucharistie réalise toujours plus en nous l'unité d'âme avec le Christ lui-même, et aussi avec notre prochain. Et cela par le lien de la charité théologale puisée dans la communion. Que ce « pain des anges devenu nourriture des pèlerins et voyageurs » soit toujours notre joie, notre lumière, notre force, en attendant d'aller, contempler Jésus au ciel, au terme, non plus voilé mais face à face,
Amen !

(1) Bx Charles de Jésus.
(2) Idem, 5° antienne de vêpres. Cf aussi Missel Romain, même fête, Introït.
(3) 1Co 11, 23 et 15, 3.
(4) Somme théologique, IIIa, qu 60, a5.
(5) Bréviaire Romain, idem, antienne des Matines.
(6) Pensées du saint Curé d'Ars.
(7) Idem.


Méditation devant le Saint Sacrement.


Seigneur Jésus, nous croyons et nous adorons votre présence vraie, réelle, substantielle. « Je suis ». C'est votre divin Nom, et c'est encore celui que vous nous dites ici.
Nous vous regardons dans les bras de Saint Joseph. Après le sein très pur et les mains de la Vierge Marie, c'est votre premier ostensoir. Vous n'y êtes pas prisonnier ou diminué. Mais présent tout entier, protégé, donné, comme « condensé ».
nous Vous regardons dans l'Eucharistie. Vous êtes là, non pas rétréci, mais présent et débordant.
Nous vous recevons et possédons « tout autant et pas moins (8) » que la Vierge Marie, Saint Joseph, les mages et les bergers, les apôtres, saintes femmes et pauvres de l'Evangile.
Voyez nos cœurs tantôt comblés de joie, tantôt déchirés d'épreuves. Ce visage intérieur est votre secret et le nôtre. Voyez nos âmes lourdes de poids ; poids de peine ou de souffrance, rejoignant celles de l'Eglise et de notre pays. Poids de grâce, de joie spirituelle, de paix, vraies celles-là, et que vous seul savez donner ou rendre.
Seigneur, que notre émerveillement dans la foi rejoigne et dépasse celui de vos enfants d'hier au désert.

« Seigneur Jésus, donnez nous, non l'orgueil de la suffisance, mais la simplicité du petit enfant, pour vous dire comme St Thomas ; Mon Seigneur et mon Dieu.
Parce que vous nous avez aimé, nous sommes devenus capables de vous aimer, et d'aimer les autres.
Prenez notre adoration en réparation de tout ce mal, ce mal qui nous stupéfait.
Nous voulons avoir cet esprit d'enfance, apprenez nous à le découvrir, à le laisser grandir.
Nous rendons grâce pour tant d'années de pèlerinage, tant de grâce, tant de conversions, tant d'amitié chrétienne et française, tant de rencontres merveilleuses.
Nous rendons grâce surtout parce que nous ne sommes rien, que vous êtes tout, et que c'est en connaissant notre humaine faiblesse que nous découvrirons l'honneur que vous nous faites d'être avec nous (9) ».

(8) Bx Charles de Jésus, méditations devant le St Sacrement.
(9) Abbé Denis Coëffet, méditation au salut du St Sacrement, Gas, pèlerinage 2014.

Pèlerinage 2018 : Homélie du Père Louis-Marie le samedi à Amblainvilliers


NDC2018-Pere-Louis-Marie.jpg Homélie du Père Louis-Marie, chanoine régulier de la Mère de Dieu à l'abbaye de Lagrasse, lors de la messe pour les enfants et les familles à Amblainvilliers le samedi 19 mai 2018.


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Une fois de plus,
nous voici réunis sur les routes de Chartres afin de fêter le Saint Esprit. C’est d’abord pour cette raison que nous nous réunissons.
Nous venons fêter le Saint Esprit qui est partout et nulle part. On nous dit qu’il agit tout le temps, mais on ne le voit pas. Et ainsi où est-il tout le temps dans notre quotidien ; on ne voit pas le Saint Esprit. Alors pourquoi cela changerait-il durant ces jours de marche ?

On ne saisit pas le Saint Esprit !
D’ailleurs on le représente comme une langue de feu. Comment saisir le feu ?

Le Saint Esprit est le grand inconnu !
Il ne se montre pas !
Ne risquons-nous pas de manquer notre pèlerinage si nous le rencontrons pas ?
Mais comment le rencontrer, s’il ne se montre pas ? Il ne faut pas se tromper.
Le rôle de l’Esprit Saint n’est pas de se montrer, mais de nous montrer. Son rôle n’est pas de se faire voir, mais de nous faire voir. S’il se cache, c’est pour mettre en valeur l’amour du Père et du Fils ; car il est cet amour même.
Durant ces trois jours, c’est l’amour du Père et du Fils auquel il faut être attentif et dans lequel il faut entrer. Le Saint Esprit va être présent comme Maître, il va nous l’enseigner, comme Consolateur, il va nous remettre dans l’Espérance de rentrer pleinement un jour dans cet amour comme Souffle, il va nous y conduire.

L’Esprit Saint va être notre maître
Il veut être notre maître intérieur durant ces 3 jours, comme durant toute notre vie.
« Je vous enverrai l’Esprit de vérité, dit Jésus, il nous enseignera tout et il vous conduira vers la vérité toute entière » (Jn 16, 13).
Y aurait-il des choses que Jésus ne nous auraient pas enseignées ? Certains l’ont cru et le croient encore, ils attendent "l’âge de l’Esprit". Et bien ils peuvent encore attendre. Laissons-les sur les bords de la route et nous, avançons.
L’Esprit Saint ne vient pas compléter l’Évangile, ni même le remplacer selon le bon plaisir de nos inspirations du moment ; Non ! Le Saint Esprit vient éclairer notre mémoire et notre intelligence afin que nous comprenions en profondeur l’enseignement de Jésus (qui passe entre autre par les enseignements donnés dans ce pèlerinage).
Il ne vient rien enseigner de plus que Jésus mais il vient ouvrir notre cœur pour connaître son enseignement et le connaître.
Il ouvre le cœur, assouplit, réchauffe, rectifie.
Il nous rend capables non seulement d’écouter mais aussi d’entendre avec toutes les nuances de celui qui aime, qui aime jusqu’à deviner l’autre et devinant, se laisse pénétrer et envahir.
C’est la raison pour laquelle durant ces 3 jours, notre modèle sera Joseph.
Au jour de l’Annonciation, il lui aura fallu d’abord s’ouvrir au Saint Esprit pour entendre l’ange et accueillir la Vierge et le fruit du Saint Esprit qu’elle portait en elle.
Parents, enfants, tous nous devons accepter maintenant d’ouvrir nos cœurs pour que l’Esprit Saint puisse y venir en maître, pour tout recevoir par amour toutes ces grâces que Dieu veut nous donner.
Facile à dire mais quand on n’entend pas très bien, quand nos oreilles et nos cœurs sont blessés; l'attention à l'Esprit qui vient est difficile.
J’en veux à mon époux, mon épouse, mes parents, mes enfants … qui m’a ou m'ont blessé … et j’en suis triste.

Le Saint Esprit se fait le "Consolateur"
Il est notre avocat, le nouveau Paraclet
Il n’a pas peur de nos faiblesse, de nos limites.
En ce pèlerinage, comme dans nos vies, il va nous recevoir comme il a reçu la Vierge au jour de l’Annonciation.
Il n’a pas peur de nos faiblesses et ne vient pas d’abord principalement pour guérir nos blessures naturelles. Jésus n’a pas guéri tous les malades qu’il a rencontrés et quand il guérit il le fait pour signaler une guérison intérieure "va et ne pêche plus". Nous nous focalisons sur nos blessures, nos états d’âme, nos problèmes. Dieu les dépassent ; il nous aime malgré nos limites, ou plutôt non avec avec nos limites.
Dieu n’intervient pas en général pour modifier la nature, autrement que par des intermédiaires humains ; il n’intervient que pour disposer la grâce et principalement par les sacrements (l’eucharistie et la confession étant les principaux qu’il nous offre dans ce pèlerinage). La grâce reste cachée, invisible.
Il faut éviter de rentrer dans cette marche de 3 jours en faisant les fidèles déçus de l’Esprit, comme s’il ne s’était rien passé, depuis le dernier pèlerinage, comme sin le Saint-Esprit n'agissait jamais dans nos vies.
L’Esprit-Saint nous fait le plus grand des cadeaux.
L’Esprit-Saint conduit à Dieu.
En venant habiter dans nos âmes, il nous rend aimables à Dieu, de son amour à lui... et nous permet d’aimer Dieu, de son amour à lui.
C’est ainsi qu’il nous console en nous conduisant à Dieu qui dépasse toutes nos limites.
Dieu nous console à la vérité car il n’est qu’une tristesse, celle de ne pas être des saints.

Le souffle
Nous avons devant nous 3 jours de marche, d’efforts ! Peut-être sous la pluie, ou sous trop de soleil ! avec des maux aux pieds, des fatigues, des lassitudes.
Rien que d’y penser, la force nous manque ! Comme dans notre vie quotidienne, l’’Esprit Saint vient nous parler, nous encourager mais il nous revient de marcher ! d’avancer toujours ! L’Esprit Saint ne remplacera pas nos jambes ! ne remplacera pas le gouvernement de nous-même ! ne prendra pas la décision de marcher à notre place !
Il nous laisse libres !
XXX Il soulèvera ceux qui se confient en lui. Il les éclairera, et les poussera à agir ! Son souffle nous animera pour aller jusqu’au bout !
Et à la fin, le croirez-vous, à la fin de ce pèlerinage, comme à la fin de notre vie, nous serons encore bien capables de penser que nous y sommes parvenus par nos propres forces !
Allons donc, l’Esprit Saint est assez grand Seigneur pour nous laisser croire que nous y sommes arrivés tout seul !
Ne nous y trompons pas dans nos vies, l’action de l’Esprit Saint, c’est l’ultime pari de Dieu que de s’effacer.
Il mise tout sur nous !
Que voulez-vous, l’amour rend aveugle !

mardi 29 mai 2018

Pèlerinage 2018: mot d'envoi de l'aumônier du pèlerinage à Notre-Dame de Paris


Mot d'envoi de l'abbé Alexis Garnier (FSSP) à Notre-Dame de Paris le samedi 19 mai 2018:


NDC2018-abbe-garnier-NDParis.jpg "Ami pèlerin, au seuil de ce pèlerinage, arrête-toi, réveille-toi, regarde et écoute.

ARRÊTE-TOI à ce vitrail tamisant la lumière d'en haut en vives couleurs. Tu y vois St Joseph sorti du sommeil à l'appel de l'ange. Il est est debout, pèlerin et gardien de Jésus et Marie, et déjà protecteur de l'Eglise. Joseph t'interroge: Pèlerin, de quel sommeil dors-tu? Il y a un sommeil d'abandon vrai en Dieu - il y a aussi un sommeil mensonger fait de tiédeur, engourdissement léthal.

REVEILLE-TOI. Surge ! Je ne sais l'occasion, le désir qui t'a conduit ici ... Invitation d'ami, habitude familiale ou personnelle, rendez-vous incontournable, simple curiosité, teaser, réseau social? N'importe, au fond... Entendras-tu l'appel du bon ange à ton âme; Surge ! Réveille-toi? Te lèveras-tu, aiguillonné de foi, d'esperance, de pénitence, pour prendre la route de conversion et de sainteté?

REGARDE JOSEPH. A l'heure d'angoisse et d'épreuve, il ne fait pas procès mais crédit à Dieu – dans la foi, l'humilité, la confiance. A sa suite, ton pèlerinage est retour à Dieu ; il est enfance retrouvée, reddition, abandon à Dieu. Joseph est encore « le Juste » ; planté dans la justice meilleure de Dieu, celle de la grâce. L'eau vive de l'Esprit Saint l'irrigue abondamment. Le péché personnel le flétrit peu, sans doute.

Tu ne peux rejoindre pareille innoncence ? Du moins tu peux y tendre par la pénitence3. Vertu, elle donne sens à l'effort que tu entreprends. Sacrement, elle est « moyen privilégié pour purifier l'âme » (St Padre Pio). Tu vénères aujourd'hui le cœur de Saint Padre Pio - cœur de prêtre, que le Christ a choisi et conformé au sien! Dans la confession, le cœur du prêtre devient point de jonction secret entre la misère du pécheur et la miséricorde divine! Porte donc ton âme à l'un des nombreux prêtres de cette colonne. Dans le sacrement, il agit In persona Christi, et par lui le saint Esprit pourra en toi laver ce qui est sordide – irriguer ce qui est aride – guérir ce qui est morbide.

ECOUTE JOSEPH SILENCIEUX. Il t'arrache à la dictature du bruit. Il t'invite au silence; non pas le refuge des brutes et des misanthropes - non pas tant l'absence de parole que l'attention paisible et retrouvée à la présence de Dieu. Veux-tu partager ce silence de Joseph?

Veux-tu écouter la liturgie ? Langage sacré et voix de l'Eglise, forte clameur et doux murmure, elle parle au cœur émerveillé. Elle chante la beauté et la majesté de Dieu – la grandeur du Christ – la balance sacrée où son sacrifice l'emporte sans cesse sur le péché du monde. Elle tourne vers le Seigneur dans la foi, l'humilité et l'adoration.

Veux-tu boire avec sobre avidité les enseignements de foi et de raison – la Tradition vivante de l'Eglise, ses verités fortes, claires et belles ?

Veux-tu encore chanter, en route, et à la veillée, à l'unisson des voix et des cœurs, dans ton chapitre et la colonne ?

Veux-tu, de ta main et de ton âme saisir le chapelet, « arme avec laquelle on met en déroute le démon et on obtient toutes les grâces » ?

Enfin, parce que le silence de Joseph est charité, veux-tu garder ton cœur ouvert à Dieu et au prochain, dans la bienveillance, la gratitude, l'entraide ? Aux heures dures, garde ce regard, ce sourire, cette parole, ce geste pour tes compagnons de route, connus ou non, pour les bénévoles, pour les passants et curieux des villes et des champs... Et même pour les journalistes!

E ultreïa, en avant ! Pèlerin, lève-toi,
regarde, écoute et suis St Joseph !

Sainte Thérèse d'Avila, St Frère André, Bx Charles d'Autriche,
priez pour nous !

Saint Padre Pio,
priez pour nous !