samedi 25 janvier 2020

Entretien de Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, au journal Présent

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Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, a publié sur le site du pèle- rinage le 10 décembre dernier des chiffres parlants, dont celui-ci : 37 % des catholiques états-uniens allant à la messe au moins une fois par semaine ne croient pas en la Présence réelle. Il revient sur le sujet pour nos lecteurs.

— Nous nous trouvons devant un véritable effondre- ment de la foi...

— J’écoutais récemment un évêque américain com- menter ce sondage dramatique. Sa réaction était bien différente de celle de nos évêques européens. Il constate et accepte les faits, et ose parler « d’échec massif » dans la transmission de la foi pour reconnaître ensuite avec honnêteté une responsabilité personnelle dans la pastorale. Cette approche est douloureuse à ex-

primer mais aussi courageuse. Comment faire autre- ment ? Il ne s’agit pas d’inventer, comme nous l’enten- dons si souvent en France, une responsabilité globale sociétale (« la faute-à-Mai 68 »). En France, nous avons un défaut, nous voulons croire en nos rêves. Est- il exagéré, cinquante années après la nouvelle messe (1969), d’oser un bilan ?

Les positions du monde traditionnel semblent souvent pessimistes alors qu’elles ne sont que réalistes. La transmission de la foi connaît certes des lieux de résis- tance et des générosités magnifiques dans beaucoup de milieux, et le pèlerinage traditionnel de chrétienté en fait partie. Il n’en reste pas moins que le concile Vati- can II (cf. Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien) a marqué un décrochage dans la pratique religieuse, les vocations, le rayonnement du catholicisme en France. Cet échec évident est une grande tristesse. La résistance traditionnelle des années soixante-dix a fait ce qu’elle a pu pour endiguer cette vague progressiste, essayant de soutenir les tentatives de restauration des papes Jean-Paul II ou Benoît XVI.

— Quelles sont selon vous les causes de cet échec de transmission de la foi ?

— La déchristianisation aura été causée par toutes ces initiatives : communion dans la main, perte du sacré dans la liturgie, méconnaissance du sacerdoce du prê- tre, disparition des catéchismes, protestantisation des esprits, faux œcuménisme...

La crise actuelle de la foi est une crise de la transmis- sion et donc une crise du catéchisme. Jean Madiran a passé sa vie à réclamer l’accès aux vérités de foi grâce au catéchisme. Notons que le cinquantième anniver- saire de la nouvelle messe (premier dimanche de l’Avent 1969) n’a pas donné lieu à de grandes cérémo- nies en 2019. Nous faisons nôtres les propos du cardi- nal Ratzinger dans son livre Ma Vie (2005) : « Je suis convaincu que la crise de l’Eglise que nous vivons au- jourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie. » Phrase terrible du futur Benoît XVI qui re- prend tous les reproches émis par le monde traditionnel

réunissant les trois effondrements : catéchisme, liturgie et foi.

— Les signes d’adoration, présents dans le rite tradi- tionnel, ne sont donc pas inutiles et encore moins ridi- cules, comme on a tenté de nous le faire croire ?

— Ces signes sont offerts à Dieu et aident les pauvres hommes que nous sommes à cet effort de révérence. J’observe que beaucoup de cérémonies en forme ordi- naire veulent retrouver une sacralité en inventant de nouveaux signes d’adoration. Notre pèlerinage de chré- tienté a réuni 14 000 pèlerins en 2019 : 50 % ont moins de 20 ans, quasiment 100 % des pèlerins sont des prati- quants réguliers et 40 % des pèlerins ne pratiquent pas régulièrement dans la forme extraordinaire. Je ne peux que confirmer les analyses de Yann Raison du Cleuziou dans son dernier livre (Une contre-révolution catho- lique, 2019) sur cette exigence des catholiques français pratiquants, aujourd’hui sur une ligne beaucoup plus traditionnelle que nombre de leurs évêques.

— Pensez-vous que la situation soit différente aux Etats-Unis et en Europe ?

— Il existe des différences entre les pays, et certains pays, comme la France, ont été davantage touchés par le progressisme. D’où cette réaction traditionnelle par- ticulièrement puissante et efficace en France avec la création d’écoles, des mouvements scouts, pèlerinages, paroisses, communautés, abbayes... dont nous bénéfi- cions aujourd’hui.

— Qu’attendez-vous de nos pasteurs pour répondre à cette désastreuse dérive ?

— Nous attendons nos évêques au premier rang avec des mots vrais, courageux, sans langue de buis. Dire la vérité fortifiera l’espérance que les catholiques ne peu- vent perdre. La victoire finale nous est promise.

— Quel est le thème de votre prochain pèlerinage de Pentecôte, les 30 et 31 mai et 1er juin prochains ?

— Nous marcherons en méditant sur le thème « Saints Anges, défendez-nous dans les combats », de Saint- Sulpice à la cathédrale de Chartres. w

mercredi 22 janvier 2020

Pèlerinage 2020 - RECHERCHE DE VÉHICULES

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RECHERCHE DE VÉHICULES
 
Nous recherchons des personnes pouvant prêter pour le pèlerinage du 30 mai au 1er juin le type de véhicules suivant (avec ou sans conducteur) pour assurer la sécurité ainsi que le transport des pèlerins fatigués : 
- monospaces minimum 7 places 
- minibus
- kangoo
La logistique recherche aussi des utilitaires de 6m3 à 20m3. 
Les frais de carburant seront pris en charge par l'association.
Ce service nous sera d'une grande aide pour accompagner le développement et le rayonnement du pèlerinage de Chrétienté.
 
Si vous pouvez nous rendre service, contactez claire.renard@nd-chretiente.com

jeudi 16 janvier 2020

Le pôle santé du pèlerinage Notre-Dame de chrétienté recherche des kinésithérapeutes

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Le pôle santé du pèlerinage Notre-Dame de chrétienté recherche des kinésithérapeutes, pour renforcer le dispositif de secours de l’Ordre de Malte, au cours de la journée tout au long de la colonne des pèlerins et le soir au sein du poste médical avancé (PMA).

Le kinésithérapeute assure sur prescription des médecins, les soins essentiellement de massage auprès des pèlerins qui le nécessitent afin de traiter leurs douleurs en vue de la poursuite du pèlerinage.

Sous l’autorité du médecin responsable du pôle santé de Notre-Dame de Chrétienté, l’équipe de deux kinésithérapeutes se déplace en véhicule le long de la colonne des pèlerins selon les indications données par le PC Malte et se positionne à côté d’une ambulance, au niveau des points de ramassage et des haltes selon les plans fournis.

Le soir, le kinésithérapeute assure, sur prescription du médecin, les soins des pèlerins enregistrés par les secouristes de l’ODM.

Modalités pratiques :

  •   Inscription à l’Ordre national des kinésithérapeutes et assurance responsabilité professionnelle à jour ;

  •   Inscription au pèlerinage ;

  •   Voiture personnelle avec un GPS si possible ;

  •   Matériel personnel : table de soins pliante, huile de massage, etc.

  •   Téléphone portable avec chargeur de batterie ;

  •   Autonomie en couchage, duvet et tente, même s’il est possible de trouver une place sous le Poste Médical Avancé ;

      Petit déjeuner et soupe du soir fournis. Repas mis en place pour un coût modique.

Malte et les équipes médicales bénéficient d'un prêtre qui les accompagne tout au long de ces trois jours.

Contacter responsable.rh@nd-chretiente.com

Charlotte d'Ornellas : pour en finir avec les fake news sur le livre de Benoît XVI

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La sortie d’un livre rédigé par le Cardinal Sarah et Benoît XVI a fait l’effet d’une bombe. Qu’en est-il réellement de la contribution du pape émérite à cet ouvrage défendant ardemment le célibat des prêtres ? Les explications de Charlotte d'Ornellas.

Beaucoup de bruit pour rien, aurait-on tendance à penser. Mais la calomnie laisse toujours une trace, un doute, et pour les plus fainéants, une réponse facile à une situation compliquée.

Ainsi le Cardinal Robert Sarah aurait plus ou moins, peu importe, manipulé un pauvre pape très vieux et sans défense, dans la guerre conservatrice qu’il mène contre le pape François.

Pas complètement, mais un peu quand même, sinon pourquoi le secrétaire de Benoît XVI serait-il intervenu ?

Pas vraiment, mais forcément un peu puisque le titre va changer…

Pas clairement mais sournoisement, sinon pourquoi tant d’agitation au Vatican ?

Au diable la nuance et la piété filiale exprimée dès les premières pages de l’ouvrage, au diable le ton exempt de polémique de l’intégralité de ce livre que personne n’a lu, au diable cette conscience dont Benoît XVI a toujours été un fervent défenseur et qu’il a voulu écouter au soir de sa vie de prêtre.

Au diable, surtout, l’argumentaire incroyablement charpenté des deux hommes sur une question qui agite aujourd’hui encore l’Eglise indiscutablement, mais aussi les médias du monde entier qui ne croient plus à rien et en tous cas pas au Bon Dieu, qui se fichent des chrétiens persécutés partout sur la planète, des églises de plus en plus profanées chez la fille aînée de l’Eglise, qui ne cessent de livrer leur détestation d’une Eglise décidément réactionnaire et incapable de s’adapter à son temps mais qui n’en finit plus, par ailleurs, de donner son avis sur ce que devrait penser ou faire l’Eglise. Cette presse occidentale étonnante qui voit les curés comme des freins à ses pulsions progressistes incessantes mais se fait pourtant l’ardente militante de la nécessité impérative pour l’Amazonie d’avoir des prêtres, à condition qu’ils soient mariés.

Beaucoup de bruit pour rien, parce que les rebondissements éditoriaux ont brouillé le message de fond qui est resté inchangé, à la virgule près, du début à la fin des « polémiques ».

Pourquoi s'encombrer de ce que dit le livre, quand la polémique peut suffire ?

Revenons au début. Dimanche soir, le Figaro livre la nouvelle et les bonnes feuilles : le pape émérite et le préfet de la Congrégation pour la divine liturgie et la discipline des sacrements (nommé à ce poste sérieux par le pape François lui-même) publient un livre dans lequel ils prennent la défense, l’un après l’autre et selon leurs compétences propres, du célibat des prêtres. Dès le lendemain, un correspondant de la revue jésuite America à Rome tweete : « Benoît XVI n’est pas le coauteur du livre sur la prêtrise et le célibat avec le cardinal Sarah. » Les informations qui émaneraient d’un « proche » de Benoît XVI ne semblent pas aussi tranchantes que l’affirmation, puisque sa revue lui demande de les consolider avant de publier. Peu importe que la nouvelle soit exacte ou non, elle se répand.

Et comme le pape François n’a pas été informé de cette publication, les commentateurs passionnés par l’opposition entre progressistes et conservateurs au sein de l’Eglise sautent sur l’occasion : c’est une guerre des papes, ni plus ni moins. Le livre n’est absolument pas défiant, au pire humblement suppliant. Mais pourquoi s’encombrer de ce qu’il contient ?

Les nouvelles, et donc le livre, font l’effet d’une bombe… Jusqu’au cœur du Vatican où des « pressions » se sont exprimées, raconte le journaliste bien informé du Figaro Jean-Marie Guénois.

L’obéissance filiale étant, comme indiqué dans le livre, une préoccupation et une réalité, le secrétaire du pape émérite intervient sur demande de ce dernier. Dans la presse, on lit alors que Benoit XVI aurait demandé le « retrait de son nom » sur ce livre. Peut-être même ne l’aurait-il pas vraiment écrit, laisse-t-on entendre. Tout est faux, ou inexact. Le secrétaire Mgr Georg Gänswein s’est confié au Figaro : « Nous avons vérifié la traduction du texte original allemand, pas une virgule n’a été modifiée, son texte est à 100 % de Benoît XVI. » Voilà pour le texte qui restera donc inchangé et signé par le pape.

Quid de l’introduction, de la conclusion et de la couverture, que les deux hommes d’Eglise co-signent ?

Tempête dans un verre d'eau

Des rumeurs laissent entendre que Benoît XVI n’aurait pas été informé, que le Cardinal Sarah l’aurait tout simplement manipulé. Ce dernier dénonce des accusations d’une « extrême gravité » et livre un communiqué dans laquelle il affirme que Benoît XVI était au courant d’absolument tout, qu’il a lu et approuvé l’intégralité du livre tel quel, et validé l’apposition de sa signature… Les heures passent et Mgr Gänswein confirme finalement, venant largement affaiblir les propos qu’on lui prêtait médiatiquement plus tôt : Benoît XVI savait que l’ensemble serait publié sous forme de livre puisque le pape émérite en a lu les épreuves. Bref, une tempête dans un verre d’eau.

Concrètement, la tempête aura malgré tout des conséquences formelles. La première édition française aujourd’hui en librairie sortira telle quelle (preuve que l’affaire est minime). La seconde aura deux modifications : la couverture portera la mention « Cardinal Sarah avec la contribution de Benoît XVI » ; les introduction et conclusion ne seront plus cosignées mais suivies de la mention « Rédigé par le cardinal Sarah, lu et approuvé par Benoît XVI ».

Bref, il faut que tout change pour que rien ne change. Pas une virgule des argumentaires n’a été déplacée, et l’ouvrage est bien le fruit des réflexions du pape émérite et de son ami et préfet de l’Eglise le cardinal Sarah. Les changements éditoriaux effectués docilement prouvent l’absence totale de volonté polémique, de guerre interne ou de défiance pontificale. Mais le fond reste inchangé et les arguments demeurent. Benoît XVI et le cardinal Sarah ont bien rédigé un texte définissant la vocation du prêtre, rappelant la nécessité de son célibat, craignant le risque de confusion sur la prêtrise et le mariage en cas de changement de discipline en la matière, à l’heure ou l’Eglise pourrait « ouvrir une brèche », selon leurs mots, en acceptant l’ordination d’hommes mariés en Amazonie.

Dans quelques semaines, le pape François devra trancher en livrant son exhortation post-Synodale. En octobre dernier, la majorité des deux tiers des évêques présents au Synode sur l’Amazonie votait une conclusion réclamant l’ordination d’hommes mûrs et mariés. Qu’en fera le pape François, qui a souvent rappelé son attachement au célibat des prêtres tout en demandant aux journalistes de ne pas s’attarder sur cette réclamation du Synode ?

La question reste entière, la contribution du pape émérite au débat aussi.

Cette affaire montre une chose : le débat risque d’être dur au sein du Vatican, comme à l’extérieur.

mardi 14 janvier 2020

"Des profondeurs de nos coeurs" - Le Cardinal Robert Sarah répond à la polémique dans un communiqué.

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Communiqué de Son Eminence Monsieur le Cardinal Robert SARAH

14 janvier 2020 Le 5 septembre dernier, après une visite au monastère Mater Ecclesiae où habite
Le 20 septembre, le Pape émérite m'a remercié en m'écrivant que lui aussi, de son côté, avant même de recevoir ma lettre, avait débuté l'écriture d'un texte sur ce sujet, mais que ses forces ne lui permettaient plus de rédiger un texte théologique. Toutefois, ma lettre l'avait encouragé à reprendre ce long travail. II ajoutait qu'il me le transmettrait quand la traduction en langue italienne serait achevée.
Le 12 octobre, pendant le synode des évêques sur l'Amazonie, le Pape émérite me remettait sous pli confidentiel un long texte, fruit de son travail des mois écoulés. En constatant l'ampleur de cet écrit, tant sur le fond que sur la forme, j'ai immédiatement considéré qu'il ne serait pas possible de le proposer à un journal ou à une revue, eu égard à son volume et à sa qualité. J'ai donc immédiatement proposé au Pape émérite la parution d'un livre qui serait un immense bien pour l'Eglise, intégrant son propre texte et le mien. A la suite des divers échanges en vue de l'élaboration du livre, j'ai finalement envoyé, le 19 novembre, un manuscrit complet au Pape émérite comportant, comme nous l'avions décidé d'un commun accord, la couverture, une introduction et une conclusion communes, le texte de Benoît XVI et mon propre texte. Le 25 novembre, le Pape émérite exprimait sa grande satisfaction concernant les textes rédigés en commun, et il ajoutait ceci : « Pour ma part, je suis d'accord pour que le texte soit publié dans la forme que vous avez prévue ».
Le 3 décembre, je me suis rendu au monastère Mater Ecclesiae pour remercier une nouvelle fois le Pape émérite de m'accorder une si grande confiance. Je lui ai expliqué que notre livre serait imprimé pendant les vacances de Noël, qu'il paraîtrait le mercredi 15 janvier et que, par conséquent, je viendrai lui apporter l'ouvrage début janvier au retour d'un voyage dans mon pays natal.
La polémique qui vise depuis plusieurs heures à me salir en insinuant que Benoît XVI n'était pas informé de la parution du livre Des profondeurs de nos cœurs, est profondément abjecte. Je pardonne sincèrement à tous ceux qui me calomnient ou qui veulent m'opposer au Pape François. Mon attachement à Benoît XVI reste intact et mon obéissance filiale au Pape François absolue.


PIAZZA DELLA CITTÀ LEONINA, 9

Lundi 13 janvier 2020

« Le Démon est un voleur d'âmes ! »

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Le Père Jean-Pascal Duloisy, exorciste de l'archidiocèse de Paris, est l'auteur d'un petit livre, très précis et clair, sur la réalité du combat spirituel. Non pour faire du sensationnalisme, mais par souci de vérité. Et pour éclairer les consciences. Entretien.

Le combat spirituel est plus rude que la bataille d’hommes, disait Rimbaud. Quelle est la stratégie du démon, et nos armes dans ce combat ?

Père Jean-Pascal Duloisy : Il faut d’abord être conscient que le démon est toujours actif et ne se repose jamais : il possède une volonté de nuisance jamais satisfaite. La lutte est quotidienne, aussi la première arme est-elle le courage. Le pape François en parle dans sa méditation du 30 octobre 2014 : « Nous sommes tous un peu paresseux dans la lutte, et nous nous laissons entraîner par les passions, par certaines tentations. (…) Mais ne vous découragez pas ! Courage et force, parce que le Seigneur est avec vous. » 

Ensuite, le démon agit par la peur et l’intimidation. C’est capital chez lui. Dès lors, le combat consiste surtout à se détourner du mal, pour ne pas offenser Dieu, en demeurant dans la douceur et l’humilité. Cette dernière est d'ailleurs une arme absolue, un répulsif pour le démon, comme le chantent les chrétiens d'Orient dans l'hymne acathiste, à propos de la Vierge Marie « servante du Seigneur » : « Réjouis-toi, en qui les démons sont défaits. » 

De même la douceur est-elle la béatitude de ceux qui se sentent aimés de Dieu. Quand on n’est pas doux, on adore un faux Dieu, car le démon se démasque dans toute violence.

Au final, souligne saint Paul, « les armes de notre combat ne sont pas purement charnelles » (Cor 10, 4), mais spirituelles : il est inutile et dangereux de compter sur ses propres forces ! Pour combattre le démon, certes présent dans d’autres religions, le seul vrai remède est donc le Christ, qui combat et nous protège. Tous les évangiles en attestent : « En dehors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Il reste à l’homme d'effectuer un choix : celui d’user de sa liberté pour choisir la vie. Est-ce que j’ai bien utilisé mon âme ? Voilà la question à se poser. 

Qu’est-ce qui obscurcit les consciences aujourd’hui ?

Une des grandes portes ouvertes au démon, en Occident, est la perte de la crainte de Dieu, qu’on appelle aussi la piété. La crainte de Dieu est présente dans de nombreux psaumes : « Venez, mes fils, écoutez-moi, que je vous enseigne la crainte du Seigneur » (Ps 33). Cette crainte est en fait le commencement de l’amour : il faut craindre Dieu parce qu’il pardonne et parce qu’il est bon. C’est une crainte amoureuse, comme lorsque l'on craint de faire du mal à un enfant ou à celui qu'on aime.

Or, le démon a ceci de redoutable qu'il veut couper notre relation avec Dieu. Ses ruses – la tromperie, la fascination, la séduction – visent à introduire en nous le germe de l’opposition à Dieu. Il nous pousse au panthéisme, ou à l’athéisme, afin d’éclipser la voix de Dieu en nous. C'est un voleur d’âmes. 

Aussi le problème de l’Occident, aujourd’hui, est-il la perte du sens de Dieu. Il n’y a jamais eu autant de sociétés athées, dans lesquelles a pris le dessus la quête de l’argent, du pouvoir, du plaisir sans fin et quel qu’en soit le prix. Cet athéisme, avec l’hédonisme, l’individualisme, et les attaques contre la famille, sont l’œuvre du démon, avec la violence qui les accompagne. 

Même l’écologie, tant prisée aujourd’hui, n'est pas sans dangers, puisqu’elle est une écologie sans Dieu. Elle est sans avenir même, car si le cœur de l’homme ne respecte pas Dieu, il ne respectera pas plus sa création. 

L'écrivain Gabriel Matzneff défraye l'actualité pour avoir jadis revendiqué la pédophilie. Il avouait avoir « sombré dans la nuit », parlant même de « descente aux enfers ». Quelle réflexion cela vous inspire-t-il, en tant qu’exorciste ?

Gabriel Matzneff est un très bon exemple de l’obscurcissement dans lequel le démon peut nous conduire. Comme le dit le Christ lui-même : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps » (Mt 10, 28). Le Père Thomas Kowalski mettait ainsi en garde contre le pouvoir qu’a le démon de nous pousser à aimer faire le mal avec bonne conscience. Ainsi les grands dictateurs se sont annoncés comme des bienfaiteurs, pour finir par mettre en œuvre ce mal. L’âme est touchée dans sa capacité à choisir le bien, et elle risque alors d’être détruite. 

Ancien soldat, saint Ignace parle du choix permanent à opérer entre deux étendards, celui de Dieu et celui du diable… Ce combat suppose-t-il un héroïsme peu commun ? 

Le seul héroïsme est celui de l’espérance. Il faut regarder le Christ, car avec lui, ce qui est mort n’est jamais perdu. L'espérance est le carburant des chrétiens. Avec le Christ, il faut croire qu’on peut tirer du bien de toutes les situations. Alors que le démon, lui, nous conduit à penser que Dieu est loin, et qu’il ne sert à rien de s’appuyer sur Lui. 

Certes le mystère de la croix est là, devant nous. Mystère d’iniquité… Mais c’est aussi une Bonne Nouvelle, car le Christ a promis que nous serions victorieux : « Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors » (Jn 12, 31). Le démon est ainsi confondu par l’amour qui ne se reprend jamais, qui se livre jusqu’au don total, et qui redonne vie. La seule voie possible pour l'homme est donc la sainteté : le fait de vivre à l'écoute de l’Esprit Saint qui ne nous fera jamais défaut. 

Le diable est un perdant, disait saint François d'Assise. Ce n'est pas toujours évident lorsque l'on regarde notre monde... 

Charles Péguy, dans son poème de la Tapisserie de Notre-Dame, exprime son émerveillement devant la grandeur de la cathédrale de Chartres. Le poète y dévalue par contraste tout ce qui est méprisable : 

« Nous avons délavé nos malheureuses têtes 

D’un tel fatras d’ordure et de raisonnement… »

De la même manière, les informations dont nous sommes abreuvés passent leur temps à rapetisser, avilir, exalter ce qui est bas. Voilà pourquoi au cours d’un exorcisme, le démon a avoué qu’il n’aimait pas le silence : « J’ai inventé la télévision, disait-il, pour qu’ils ne soient jamais en silence. » On pourrait ajouter les écrans de toutes sortes, qui font que les hommes ne prient plus. Devant ce grand tapage du démon, il ne faut pas se découvrir un instant. Car au final, le bien est plus contagieux que le mal, et la victoire est déjà là : cela donne de l’énergie ! à la différence des avocats, l’église aujourd’hui fait finalement peu de procès au monde, mais elle avance et participe à la victoire du Christ sur le diable : c’est une place unique ! Et je suis convaincu que de grands saints se préparent dans le secret… 

La principale ruse du diable est de se faire oublier, dit-on. Pour le démasquer, faut-il le voir à l'œuvre partout, comme le « prince de ce monde » ? Quelle juste place lui donner ?

Tout le mal dans le monde ne vient pas du démon, mais aussi de l’incurie des hommes : voilà pourquoi il faut sans relâche annoncer, éduquer, éclairer. C’est un appel à l’évangélisation, qui ne signifie pas endoctriner, mais libérer, un mot cher au pape ! Et nous avons les armes de la victoire que sont la foi, le courage, et l’espérance. Dès lors, comme le dit saint Paul, qui nous séparera de l’amour de Dieu et de nos frères ?

La damnation est-elle une possibilité réelle pour tout un chacun, alors que l'on insiste tant sur la miséricorde infinie de Dieu ?

Un chrétien qui peut répéter avec ferveur : « Jésus, j’ai confiance en toi », ou toute autre phrase d’adoration, ne peut être possédé, car le démon n’adore pas. Le diable n’a pas de rotules, disaient les Pères de l'église : il ne se met jamais à genoux. 

Le diable sait très bien qui est Jésus, mais n’y voit qu’une source d’inquiétude à son pouvoir : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? », dit-il au Christ dans l’évangile (Mc 1, 24). Le croyant est ainsi celui qui voit son avenir en Dieu, quand le démon y voit sa perte. C’est un bon moyen de distinguer entre les personnes, en particulier celles qui sont sur le chemin de la perdition : la première tache de rouille peut conduire à la ruine de la poutre, si l'on n’y porte remède. 

La voyance, l'occultisme, le fait de faire tourner les tables et de parler aux esprits : est-ce une porte d'entrée pour le Malin ?

C’est avant tout le signe d’un manque de foi évident : plutôt qu’à Dieu, on a laissé la place dans sa vie à une grande crédulité. Cela conduit à des actes désordonnés, dans l’ordre financier et intellectuel. Et cela mène ensuite à des choix ésotériques qui font que tôt au tard, on va croiser le démon sur sa route (cf. ci-contre). Il s’agit donc d'abord de perturbations de la liberté, concernant autant les chefs d’état que les gens simples. C’est plutôt l’ignorance qui est dangereuse, et qui enclenche un engrenage : on passe de charlatan en charlatan, jusqu’au démon, chef et père du mensonge. On peut même dire que le démon possède le diplôme de la meilleure école de commerce sur la planète !

De même que la sainteté est un chemin, il existe un chemin qui mène à la perdition. Quand ces personnes auront tellement souffert, elles reviendront peut-être vers l’église, avec parfois des dégâts irréparables : il faudra alors pratiquer un exorcisme...  

Les parents doivent-ils craindre les chansons qui parlent du démon, comme dans le dernier album de Johnny : « J'en parlerai au diable... » ? 

Ceux qui se font de l’argent avec le démon vont dans le sens du spectacle qui rapporte, et qui n’exalte pas l’honnêteté, la bienveillance, le sacrifice. C’est donner la parole au démon, à l’inverse de Jésus qui lui dit avec force : « Tais-toi ! » Le démon ne mérite pas l’intérêt qu’on lui accorde.

De plus, on ne compose pas de chansons pour faire l'apologie de ce qui est destiné à disparaître dans les fosses septiques, ou de ce qui appartient au monde de la mort. On chante pour louer la vie, comme le fait saint François d’Assise.

Qu’en est-il de l’enfer ?

L’enfer existe. Ce n’est pas un symbole, et ceux qui le considèrent comme tel, et le disent, sont sous l’emprise du démon. Le théologien Urs von Balthasar, dans Le chrétien Bernanos, affirme ainsi : « La damnation ne serait-elle pas de se découvrir trop tard après la mort une âme absolument inutilisée ? » C’est un choix terrifiant, celui du non-amour, où l’on s’auto-exclut de la rédemption et de la création, par volonté de ne pas dépendre de Dieu. 

Il faut donc prier pour que personne n’y aille, même si l’on sait qu’il est peuplé au moins par le démon et ses anges. Mais en dernier recours, comme l'a écrit édith Stein, carmélite morte en 1942 à Auschwitz, « il appartient à l'âme de décider d'elle-même. Le grand mystère que constitue la liberté de la personne, c'est que Dieu s'arrête devant elle ». 

Comment le démon agit-il sur nous, et quelle est la place du psychologique ? 

Son pouvoir est limité, car il ne peut pénétrer au fond des âmes, souligne saint Thomas d’Aquin. En revanche, le démon utilise toutes les failles possibles, y compris celles laissées par le péché originel : il peut agir sur le psychisme, l’imagination, ou l’affectivité, surtout lorsqu’elles sont altérées. Et pousser à considérer Dieu comme un ennemi, non comme un Père. 

Il peut donc être dangereux de cloisonner, de façon idéologique, les maladies psychiques dans le seul domaine médical. Celles-ci peuvent aussi relever d’obsessions occultes, et les médecins le savent très bien. C’est si vrai qu’ils viennent parfois voir l’exorciste avec le patient qui les inquiète. Il faut éviter de séparer le corps et l’âme lorsqu’on évoque la santé de l’homme. La devise des anciens mens sana in corpore sano – un esprit sain dans un corps sain – reste valable. 

Comment se débarrasser du démon ? 

Le démon ne se chasse pas en se préoccupant de lui. Il suffit de demeurer dans le Christ. Ainsi un enfant n'échappe au vide en s'en préoccupant, mais en restant attaché à la main de son père qui le guide et qui l'en sort. Il en va de même dans le domaine spirituel : en ne lâchant pas la main de son Père céleste par la foi, on possède la paix. Alors que celui qui se laisse troubler par les nuisances démoniaques sera envahi par la peur ou la révolte. Joie et charité sont au contraire des preuves qu’une personne n’appartient pas au démon. 

Aujourd'hui le nombre d'exorcistes est en augmentation, les prières de guérison sont remises à l'honneur. Est-ce bon signe ?

Dans l’église catholique, ces dernières décennies, on s’est beaucoup occupé de social, d’humanitaire – ce que l’église a toujours fait, et avec beaucoup de résultats. Mais il ne suffit pas de soigner les corps si l’on oublie les âmes. Cela ne résout pas le problème de la pauvreté, et peut même parfois l’aggraver… On a donc fait beaucoup d’action catholique, mais on a délaissé la vie spirituelle. On redécouvre aujourd’hui, face à un monde très englué dans le matériel, qu’il y a des âmes en déshérence, plus qu’on ne l’avait imaginé. Et que la pauvreté spirituelle n’est pas forcément liée au compte bancaire. 

Le signe de ce malaise, ce sont toutes les thérapies qu’on invente, et qui me font penser à cette phrase de saint Augustin : « Mon cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi. » Alors on fait du yoga, etc., parce que l’homme cherche la paix. Or la vraie paix de l’âme est un don de Dieu, c’est Jésus-Christ. Tous les troubles de l’âme viennent de cette perte du Christ, parce que l’homme ne peut vivre sans amour, et que Jésus est l’amour. 

Propos recueillis par Aymeric Pourbaix – France Catholique

 

 

Benoit XVI prend fermement position contre l’ordination sacerdotale d’hommes mariés, dans un livre cosigné avec le cardinal Sarah

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EXCLUSIF - Le pape émérite prend fermement position contre l’ordination sacerdotale d’hommes mariés, dans un livre cosigné avec le cardinal Sarah, dont "Le Figaro" dévoile les passages clés.

 

L’ouvrage cosigné par Benoît XVI et le cardinal Sarah sera publié le 15 janvier chez Fayard. Le Figaro a pu se procurer le texte, dont voici des passages clés. Ceux non signés sont tirés de l’introduction et de la conclusion du livre, écrites en commun par Benoît XVI et le cardinal Sarah.

Ces derniers mois, alors que le monde résonnait du vacarme créé par un étrange synode des médias qui prenait le pas sur le synode réel, nous nous sommes rencontrés. Nous avons échangé nos idées et nos préoccupations. Nous avons prié et médité dans le silence. Chacune de nos rencontres nous a mutuellement confortés et apaisés. Nos réflexions menées par des voies différentes nous ont conduits à échanger des lettres. La similitude de nos soucis et la convergence de nos conclusions nous ont décidés à mettre le fruit de notre travail et de notre amitié spirituelle à la disposition de tous les fidèles à l’instar de saint Augustin. En effet, comme lui nous pouvons affirmer: «Silere non possum! Je ne peux pas me taire! Je sais en effet combien le silence serait pour moi pernicieux. Car je ne veux pas me complaire dans les honneurs ecclésiastiques, mais je songe que c’est au Christ, le premier des Pasteurs, que j’aurai à rendre compte des brebis confiées à ma garde. Je ne peux pas me taire ni feindre l’ignorance.» (…) Nous le faisons dans un esprit d’amour de l’unité de l’Église. Si l’idéologie divise, la vérité unit les cœurs. Scruter la doctrine du salut ne peut qu’unir l’Église autour de son divin Maître. Nous le faisons dans un esprit de charité.

La Croix de Jésus-Christ est l’acte d’amour radical dans lequel s’accomplit réellement la réconciliation entre Dieu et le monde marqué par le péché. C’est la raison pour laquelle cet événement, qui en lui-même n’est pas de type cultuel, représente la suprême adoration de Dieu. Dans la Croix, la ligne «catabatique» de la descente de Dieu et la ligne «anabatique» de l’offrande de l’humanité à Dieu deviennent un acte unique. Par la Croix, le corps du Christ devient le nouveau Temple lors de la résurrection. Dans la célébration de l’Eucharistie, l’Église et même l’humanité sont sans cesse attirées et impliquées dans ce processus. Dans la Croix du Christ, (…) un nouveau culte est institué. L’amour du Christ, qui est toujours présent dans l’Eucharistie, est le nouvel acte d’adoration. Par conséquent, les ministères sacerdotaux d’Israël sont «annulés» dans le service de l’amour, lequel signifie toujours concomitamment adoration de Dieu. Cette nouvelle unité d’amour et de culte, de critique du culte et de glorification de Dieu dans le service de l’amour, est certainement une tâche inouïe qui a été confiée à l’Église et que chaque génération doit accomplir à nouveau.

Benoît XVI 

De la célébration quotidienne de l’Eucharistie, qui implique un état de service de Dieu permanent, naquit spontanément l’impossibilité d’un lien matrimonial. On peut dire que l’abstinence sexuelle qui était fonctionnelle s’est transformée d’elle-même en une abstinence ontologique. (…) De nos jours, on affirme trop facilement que tout cela ne serait que la conséquence d’un mépris de la corporéité et de la sexualité. (…) Un tel jugement est erroné. Pour le démontrer, il suffit de rappeler que l’Église a toujours considéré le mariage comme un don octroyé par Dieu dès le paradis terrestre. Toutefois, l’état conjugal concerne l’homme dans sa totalité, or le service du Seigneur exigeant également le don total de l’homme, il ne semble pas possible de réaliser simultanément les deux vocations. Ainsi, l’aptitude à renoncer au mariage pour se mettre totalement à la disposition du Seigneur est devenue un critère pour le ministère sacerdotal. Quant à la forme concrète du célibat dans l’Église ancienne, il convient encore de souligner que les hommes mariés ne pouvaient recevoir le sacrement de l’Ordre que s’ils s’étaient engagés à respecter l’abstinence sexuelle, donc à vivre le mariage dit «de saint Joseph». Une telle situation semble avoir été tout à fait normale au cours des premiers siècles.

Benoît XVI

Sans le renoncement aux biens matériels, il ne saurait y avoir de sacerdoce. L’appel à suivre Jésus n’est pas possible sans ce signe de liberté et de renoncement à tous les compromis. Je crois que le célibat comporte une grande signification en tant qu’abandon d’un possible domaine terrestre et d’un cercle de vie familiale ; le célibat devient même vraiment indispensable pour que notre démarche vers Dieu puisse demeurer le fondement de notre vie et s’exprimer concrètement. Cela signifie, bien entendu, que le célibat doit pénétrer de ses exigences toutes les attitudes de l’existence. Il ne saurait atteindre sa pleine signification si nous nous conformions aux règles de la propriété et aux attitudes de vie communément pratiquées aujourd’hui. Il ne saurait y avoir de stabilité si nous ne mettions pas notre union à Dieu au centre de notre vie. 

Benoît XVI 

Je garde vivant dans ma mémoire le souvenir du jour où, la veille de la réception de la tonsure, je méditais ce verset du psaume 16. J’ai brusquement compris ce que le Seigneur attendait de moi à ce moment: il voulait disposer entièrement de ma vie et, en même temps, il se confiait entièrement à moi. Ainsi, j’ai pu considérer que les paroles de ce psaume s’appliquaient à toute ma destinée: «Le Seigneur est ma part d’héritage et mon calice: ma vie est entre tes mains. La part qui me revient fait mes délices ; j’ai même le plus bel héritage (Ps 16, 5-6).» 

Benoît XVI 

Que signifie être prêtre de Jésus-Christ? (…) L’essence du ministère sacerdotal se définit en premier lieu par le fait de se tenir devant le Seigneur, de veiller sur Lui, d’être là pour Lui. (…) Cela signifie pour nous qu’il faut nous tenir devant le Seigneur présent, c’est-à-dire que cela indique l’Eucharistie comme le centre de la vie sacerdotale. (…) Le prêtre doit être quelqu’un qui veille. Il doit être vigilant face aux pouvoirs menaçants du mal. Il doit garder le monde en éveil pour Dieu. Il doit être quelqu’un qui reste debout: droit face au courant du temps. Droit dans la vérité. Droit dans l’engagement au service du bien. Se tenir devant le Seigneur doit toujours signifier aussi une prise en charge des hommes auprès du Seigneur qui, à son tour, nous prend tous en charge auprès du Père. Et cela doit signifier prendre en charge le Christ, sa Parole, sa vérité, son amour. Le prêtre doit être droit, courageux et même disposé à subir des outrages pour le Seigneur. (…) Le prêtre doit être une personne pleine de rectitude, vigilante, qui se tient droite. À tout cela s’ajoute ensuite la nécessité de servir. (…) Si la liturgie est un devoir central du prêtre, cela signifie également que la prière doit être une réalité prioritaire qu’il faut apprendre toujours à nouveau et toujours plus profondément à l’école du Christ et des saints de tous les temps.

Benoît XVI 

Le mot «saint» exprime la nature particulière de Dieu. Lui seul est le Saint. L’homme devient saint dans la mesure où il commence à être avec Dieu. Être avec Dieu, c’est écarter ce qui est seulement le moi et devenir un avec le tout de la volonté de Dieu. Cependant, cette libération du moi peut se révéler très douloureuse, et n’est jamais accomplie une fois pour toutes. Toutefois, par le terme «sanctifie», on peut aussi comprendre de manière très concrète l’ordination sacerdotale, au sens où elle implique que le Dieu vivant revendique radicalement un homme pour le faire entrer à son service.

Benoît XVI 

Ainsi, en cette veille de mon ordination, il s’est imprimé profondément en mon âme ce que signifie le fait d’être ordonné prêtre, au-delà de tous les aspects cérémoniels: cela signifie que nous devons sans cesse être purifiés et envahis par le Christ pour que ce soit Lui qui parle et agisse en nous, et toujours moins nous-mêmes. Il m’est apparu clairement que ce processus qui consiste à devenir un avec lui et à renoncer à ce qui n’appartient qu’à nous dure toute la vie et inclut sans cesse des libérations et des renouveaux douloureux.

Benoît XVI 

Le célibat sacerdotal bien compris, s’il est parfois une épreuve, est une libération. Il permet au prêtre de s’établir en toute cohérence dans son identité d’époux de l’Église. Le projet qui consisterait à priver les communautés et les prêtres de cette joie n’est pas œuvre de miséricorde. Je ne peux en conscience, comme fils de l’Afrique, supporter l’idée que les peuples en voie d’évangélisation soient privés de cette rencontre avec un sacerdoce vécu pleinement. Les peuples d’Amazonie ont droit à une pleine expérience du Christ-Époux. On ne peut leur proposer des prêtres de «deuxième classe». Au contraire, plus une Église est jeune, plus elle a besoin de la rencontre avec la radicalité de l’Évangile. 

Cardinal Sarah 

L’ordination d’hommes mariés, fussent ils auparavant diacres permanents, n’est pas une exception, mais une brèche, une blessure dans la cohérence du sacerdoce. Parler d’exception serait un abus de langage ou un mensonge (…). De plus, l’ordination d’hommes mariés dans de jeunes communautés chrétiennes interdirait de susciter en elles des vocations sacerdotales de prêtres célibataires. L’exception deviendrait un état permanent préjudiciable à la juste compréhension du sacerdoce.

Cardinal Sarah 

Nous vivons dans la tristesse et la souffrance ces temps difficiles et troublés. Il était de notre devoir sacré de rappeler la vérité du sacerdoce catholique. Car à travers lui, toute la beauté de l’Église se trouve mise en cause. L’Église n’est pas qu’une organisation humaine. Elle est un mystère. Elle est l’Épouse mystique du Christ. Voilà ce que notre célibat sacerdotal rappelle sans cesse au monde.

Il est urgent, nécessaire, que tous, évêques, prêtres et laïcs, ne se laissent plus impressionner par les mauvais plaidoyers, les mises en scène théâtrales, les mensonges diaboliques, les erreurs à la mode qui veulent dévaloriser le célibat sacerdotal. Il est urgent, nécessaire, que tous, évêques, prêtres et laïcs, retrouvent un regard de foi sur l’Église et sur le célibat sacerdotal qui protège son mystère.

Ce regard sera le meilleur rempart contre l’esprit de division, contre l’esprit politique mais aussi contre l’esprit d’indifférence et de relativisme.

samedi 11 janvier 2020

« Désinhiber le christianisme en France »

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Figure d’Europe 1 et de CNews, Sonia Mabrouk publie Douce France. Où est (passé) ton bon sens ? (Plon).

Dans ce plaidoyer pour le retour au sens commun face aux absurdités de l’époque, la journaliste franco-tunisienne, de culture musulmane, se livre à une réflexion passionnante et abrasive qui témoigne de son attachement à la France et ses racines chrétiennes. Il est un concept clé qui apparaît en filigrane dans votre propos : celui de civilisation. Pourquoi ?

Sonia Mabrouk : L’enjeu civilisationnel est essentiel. C’est le point de convergence de toutes les menaces et de tous les défis de notre temps, que ce soit sur le plan social, économique ou identitaire. La civilisation et les valeurs qui lui sont attachées nous portent encore. C’est même la dernière chose qui nous lie. Elle s’appuie sur une spiritualité, sur le souffle de Dieu, cette chose difficile à décrire, qui fait que nous partageons en fait une même essence et un même horizon. La civilisation est le fondement d’un projet de société, mais le concept est devenu tabou. Pourtant, la quête civilisationnelle permet de trouver du sens face à des projets politiques, sociaux ou économiques qui en semblent dépourvus, comme ceux que nous propose malheureusement la démocratie contemporaine. 

On a voulu un homme nu et interchangeable dans un environnement privé de frontières et de garde-fous. Face à cette perspective, la civilisation peut constituer un projet. Encore faut-il avoir le courage de le porter.

Chaque individu possède en soi un désir de Dieu, dites-vous…

C’est une conviction très personnelle. Mais je suis très frappée par des personnes totalement athées, revendiquées comme telles, et qui pourtant sont traversées par ce fluide. Je pense par exemple à Michel Onfray qui s’était retiré à l’abbaye Notre-Dame de la Trappe à Soligny sur les pas de Rancé. De cette expérience, il a tiré un récit extraordinaire. Presque une forme de révélation, même s’il n’accepterait sans doute pas le terme que j’emploie. Je me suis dit qu’il ne pouvait pas ne pas être touché par ce qu’il voyait. Il y a parfois un paradoxe, presque une forme de schizophrénie chez certaines personnes athées : plus elles prennent leurs distances avec le spirituel, et plus cela peut dénoter une forme de questionnement métaphysique. 

Que placez-vous sous le concept de spiritualité, privilégié dans votre propos à celui de religion ?

Je suis le produit d’une éducation imprégnée par la religion et la culture musulmanes. On me demande souvent si je suis pratiquante, mais ce n’est pas cela l’important. Ce qui me lie à la civilisation occidentale, c’est la spiritualité. Il suffit que je rentre dans une église pour éprouver cette sensation. Comment expliquer cette admiration que suscite chez moi l’architecture sacrée, ou l’émotion que provoquent la beauté et l’histoire d’une chapelle ? La France, ce sont des paysages recouverts par un manteau d’églises. C’est quelque chose de très fort que j’ai du mal à expliquer. C’est un sentiment charnel très difficile à décrire. Mais qui est lié je pense à un besoin viscéral de civilisation. C’est tout ce qui reste dans une société d’affrontement, privée de projet politique digne de ce nom. La spiritualité me permet d’établir un lien entre ma culture musulmane et la civilisation occidentale. Bien plus que les « valeurs de la République » que l’on ne sait même pas définir.

 

Sans spiritualité, pas de civilisation ?

Le chemin c’est la spiritualité. Le point d’arrivée c’est la civilisation. J’ai été très frappée par l’exemple du colonel Arnaud Beltrame. Quand on observe tout son parcours, son sacrifice apparaît comme un aboutissement. Il était animé par une flamme spirituelle qui lui a permis d’opposer un véritable projet au projet terroriste. La spiritualité suppose un chemin de vie qui pourrait être un projet de société.

Votre propos tranche avec le discours ambiant. Ressentez-vous une forme d’exil intérieur ?

Nombreux sont en effet ceux qui veulent déconstruire tout cela. Je suis toujours étonnée de voir avec quel acharnement on déboulonne toutes nos dernières statues. Pourtant, le message religieux et spirituel structure nos sociétés. On ne réalise pas à quel point il est dangereux et contre-productif de le mettre à l’écart et de le ringardiser. Au micro d’Europe 1 ou de CNews, je tiens à recevoir des responsables de culte car leur parole est importante et structurante. Je ne veux pas moquer leur message : je veux au contraire le mettre en valeur. Libre à chacun ensuite de croire ou de ne pas croire. 

Vous dites que le projet de civilisation est porté par les racines chrétiennes du pays. Elles sont donc toujours vivantes malgré les efforts de déconstruction ?

Même si l’on ne cesse de dénigrer ces racines, de les reléguer dans le passé, je pense qu’elles subsistent dans une grande partie de la population. Il existe un besoin latent, souvent non exprimé, de reconnexion avec ces racines chrétiennes. Moi qui viens d’une autre culture, je le ressens fortement. Je ne crois pas à la fin des civilisations parce que je n’arrive pas à m’y résoudre, contrairement, par exemple, à Michel Onfray qui affirme qu’il faut observer le bateau couler pendant que l’orchestre joue. 

Comment préserver cette civilisation alors ?

En désinhibant le christianisme. Je ne comprends pas comment, dans un pays tel que la France – même si je connais le rôle structurant de la laïcité – la réaffirmation de ces racines chrétiennes est si difficile. J’ajoute que si l’on désinhibe le christianisme, si on renforce la civilisation occidentale et chrétienne, cela ne fera que rendre le plus grand service à l’islam. On prétend aujourd’hui que l’islam est conquérant, mais c’est faux. De plus en plus de musulmans s’attachent au communautarisme parce que leur islam est très faible. Si la chrétienté s’affirme, cela permettra de respiritualiser l’islam et de revenir vers celui que j’ai toujours connu, celui de mes grands-parents. 

Pensez-vous que l’islam radical prospère sur un terrain déserté par les chrétiens et asséché par une forme de laïcisme ?

Pourquoi l’islamisme s’implante-t-il davantage en France que dans le reste de l’Europe ? Parce que c’est le ventre mou du christianisme. Pourquoi ne peut-on plus affirmer tranquillement être catholique ? C’est devenu presque inavouable alors que se dire musulman ne pose aucun problème. Le rééquilibrage est essentiel. Mais cela, les responsables politiques ne le diront jamais. Ils savent que s’ils mettent un doigt dans le spirituel et le religieux, et a fortiori s’ils affirment la nécessité d’un rééquilibrage, ils courent les plus grands risques. Sans parler de l’ignorance abyssale qui prévaut aujourd’hui sur les questions religieuses.

 

La renaissance de la chrétienté, dites-vous enfin, passe par une réflexion sur… la liturgie.

Désinhiber le christianisme, cela passe aussi par un retour à son essence, à son origine. Et pour moi, c’est la liturgie : les mots, la musique et les symboles par lesquels il se vit et se transmet. Des mots sont désormais oubliés, sinon interdits. C’est ce qui choque le plus la journaliste que je suis : la proscription de mots essentiels comme l’âme, la foi, le salut, le péché… Je songe aussi à tous les mots en voie de disparition qui désignent la richesse folle de l’architecture et du patrimoine chrétiens. J’aimerais qu’ils puissent revenir dans le débat public. Mais c’est aux catholiques de prendre ce chantier à bras-le-corps ! 

Propos recueillis

par Guillaume Bonnet

samedi 04 janvier 2020

Dieu s’est fait petit enfant pour être aimé par tous

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Noël, dont le temps perdure jusqu'au 2 février, sera toujours une manifestation remarquable de la gratuité absolue du don divin et du don le plus grand possible qu’est la Rédemption. Les textes liturgiques de la messe de minuit y reviennent sans cesse, particulièrement l’épître tirée de la lettre de saint Paul à Tite. Celui qui était attendu depuis plus de 4000 ans, comme le chante si bien le cantique populaire Il est né le divin enfant, est donc enfin apparu, dans sa grâce et sa miséricorde. Il est le Dieu Sauveur qui seul pouvait nous arracher aux œuvres de la mort, et nous rendre la vie. La nuit de Noël, Dieu se montre à tous les hommes dans l’étroit réduit de la crèche et sous les langes de l’enfance. Oui en cette sainte nuit, voilà cette béatitude gracieuse que nous attendions. Elle nous est venue par la visite de Dieu sur la terre. Et la grâce divine apparue en ce jour nous invite tous à purifier nos cœurs. Le Dieu Père, Époux et Sauveur de l’Ancien Testament se montre désormais à tous les hommes, en ce moment même, dans l’étroite masure d’une mangeoire pour animaux. La parole s’est faite enfant, infans en latin : celui qui ne parle pas.

Avec la grâce, la lumière nous est venue, comme l’indiquait la première lecture tirée du prophète Isaïe que l’on a surnommé le cinquième évangéliste. Il y annonce la victoire de la lumière sur les ténèbres et par là même la victoire de la grâce sur le péché. C’est comme un prélude à tout le quatrième évangile et surtout à son fameux prologue qui nous dit que grâce et lumière sont venues, mais que les hommes ne les ont pas accueillies. Et pourtant en cette nuit sainte, le monde a bel et bien été transformé en profondeur. C’est ce que les anges annoncèrent aux bergers plus réceptifs à la recevoir que les grands de ce monde, en raison de leur pauvreté et de leur humilité. Mais cette annonce vaut pour l’humanité entière : juifs et païens que le Dieu tout Amour veut réconcilier. Dieu s’est fait petit enfant pour être aimé par tous, pour être reçu par tous, ce qui est loin d’être le cas. Voilà pourquoi Noël doit toujours être une fête missionnaire. Le trésor qu’avec les bergers nous avons découvert, nous ne devons pas le garder pour nous. Nous sommes appelés au contraire à le communiquer aux autres. La grâce s’est manifestée pour tous et nous devons tous être témoins de cette manifestation de la grâce apportée au monde en Jésus, Seigneur et Sauveur.

La grâce cependant n’exclut jamais la Croix. Siméon l’annoncera bientôt à Marie. Bien sûr, selon l’étymologie, grâce signifie beauté, mais la beauté, pas plus que la joie, n’exclut la Croix. La nuit de Noël est la nuit de la beauté par excellence car elle est la nuit de la grâce, mais d’une grâce qui vient dans un monde enlaidit par le péché dont le petit enfant Jésus veut nous laver par son sang. Nous sommes donc tous beaux, au moins en puissance, aux yeux de Dieu. Ne perdons donc jamais confiance, même dans la nuit de la foi. Grâce à Marie enfantant Jésus, la nuit la plus longue du monde est devenue la nuit de l’amour et de l’espérance victorieuse de la haine et du désespoir, la nuit où le jour commence à vaincre les ténèbres. Grâce à la naissance de l’Emmanuel sous les traits d’un frêle enfant, Dieu a vaincu toutes les arrogances humaines. Que toute l’humanité se souvienne de cette victoire de Dieu dans la nuit. Dieu nous aime. Il s’est incarné pour cela et nous ne sommes donc plus seuls. Mais il ne suffit pas de dire que la grâce est apparue, il faut encore l’accueillir. Et cela ne peut se faire que par l’humilité, à l’exemple de Marie et du berger qui n’avait rien à donner mais a tout reçu.

jeudi 02 janvier 2020

Les laïcs portent au monde la Lumière du Christ et de l’Évangile

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Les laïcs doivent agir dans le monde, qui est leur domaine propre, selon leur être, c’est-à-dire comme membres du Corps mystique du Christ et, en Lui, Enfants adoptifs de Dieu.

Le Christ est venu dans le monde comme Lumière (Prologue de Jean), Pain descendu du Ciel pour donner la Vie au monde (Jn 6,33). Ses Disciples sont appelés à être à leur tour Lumière du monde (Mt 5,14), d’un monde qui ne reconnaît pas le Père ni l’Esprit de Vérité (Jn 17,25 ; Jn 14,17), et qui même, sous le pouvoir du Malin, hait Dieu et ceux que Dieu envoie.

Mais ce monde que le Christ est venu sauver est fondamentalement un champ d’évangélisation et de conversion. Il a vocation à recevoir la Vie divine du Christ, en particulier dans Son Eucharistie.

L’Église, en premier lieu les laïcs, sont donc appelés à sanctifier le monde en préparant la voie à l’Action rédemptrice du Christ, au Plan de Dieu de sauver.

Les laïcs accomplissent leur vocation en agissant dans le monde, selon leur office propre, à la manière d’un ferment, sous la conduite de l’Esprit de l’Évangile : en montrant le Christ aux autres par le témoignage de leur vie entière, en particulier par l’éclat de leur Foi, de leur Espérance et de leur Charité.

[Ubi caritas et amor, Deus ibi est !]

Cf. Jean-Paul II, Catéchèse du 3 novembre 1993

samedi 28 décembre 2019

Les actes de baptême ne feront plus mention de paternité et de maternité

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Dans son émission de midi du 22 décembre sur Radio-Courtoisie, l’abbé Michel Viot a attiré l’attention sur un fait stupéfiant : dans un diocèse de sa connaissance, on se proposait de supprimer les indications du père et de la mère dans les futurs actes de baptêmes au profit de la mention de « parents » et de « personnes détenant l’autorité parentale » sur le baptisé. Un rapide enquête nous a montré que l’ensemble des diocèses de France étaient concernées.

En effet, Mgr de Metz-Noblat, évêque de Langres, président du Conseil pour les questions canoniques de la Conférence des Evêques de France, par lettre du 13 décembre (voir documents ci-dessous), vient d’adresser aux évêques un nouveau formulaire pour les actes de baptême (voir photo). Ce nouveau formulaire est-il obligatoire ? Il est probable qu’un certain nombre de diocèses n’en tiendront aucun compte.

L’affaire courait depuis 2013. Par lettre circulaire du 28 février dernier, le même évêque de Langres essayait en effet de rassurer ceux de ses confrères qui s’étaient émus du projet de réforme de la formulation des actes de baptême, dont le but était qu’elle « ne soit pas susceptible d’être attaquée en discrimination par les personnes concernées » (en clair, par les couples homosexuels « mariés » en vertu de la loi de 2013, présentant un enfant adopté pour le baptême, et plus tard par les baptisés eux-mêmes).

Désormais, écrit Mgr de Metz-Noblat, dans tout acte de baptême, on fera désormais « le simple constat de sa situation familiale, sans porter sur celle-ci un jugement moral ». Formule étrange, car jamais les rédacteurs des actes de baptême n’ont « porté un jugement » sur la situation du père et de la mère du baptisé (quand le père était inconnu, il n’était pas déclaré ; quand la situation des parents était irrégulière, cela n’était pas mentionné).

En un mot, l’exception devient la norme : plus aucun enfant baptisé ne sera dit « Fils (fille) de… et … » La peur, en l’espèce la peur panique de l’Etat laïque, est bien mauvaise conseillère.

 

vendredi 27 décembre 2019

Homélie de Mgr Michel Aupetit – Jour de Noël

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Prison de la Santé (14e) – Mercredi 25 décembre 2019

Le Dieu de la Bible est un Dieu qui parle. Dieu dit : « Que la lumière soit, et la lumière fut ». Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image. Homme et Femme il le créa à son image ». C’est donc par sa Parole que Dieu a créé le monde.

Ensuite, il s’est adressé aux hommes : Abraham, Moïse et tous les prophètes. Il les appelle par leur nom : « Abraham, Abraham ; Moïse, Moïse ; Samuel, Samuel ». Par sa Parole il a créé le monde, et par sa Parole il entre en relation personnelle avec nous.

C’est normal puisque aujourd’hui c’est aussi par ma parole que je m’adresse à vous et que je rentre en relation avec vous. Dieu peut aussi vont rejoindre dans une Parole qui ne vient pas frapper l’oreille mais remplir le cœur. Certains ont pu faire personnellement cette expérience.

Mais comment la Parole de Dieu peut-elle rejoindre l’ensemble de l’humanité, sinon en venant dans sa création, en se faisant l’un de nous : « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Le Verbe, c’est la Pensée, la Parole et l’Action de Dieu tout ensemble.

Et comment le Verbe va-t-il devenir jusqu’à nous ? Dans un petit enfant. L’étymologie du mot enfant vient du latin « in fans » qui signifie sans parole. C’est extraordinaire que le Verbe de Dieu soit sans parole, sans paroles humaines qui puisse toucher notre intelligence. Car c’est le cœur que Dieu veut toucher. Car celui qui est né, c’est l’amour incarné, l’amour qui se livre, l’amour qui se donne, l’amour qui s’offre. Il ne faut pas dresser son oreille pour l’entendre, il faut ressembler à la Vierge Marie et à saint Joseph. Il faut ouvrir ses bras pour l’accueillir, tendre ses mains pour le protéger et ouvrir son cœur pour le reconnaître. Alors qu’il n’a pas trouvé de place dans la cité des hommes, c’est au milieu d’une étable qu’il va naître pour s’adresser à ceux qui, justement eux aussi, n’ont pas de place dans la cité. Rien ne peut arrêter l’amour de Dieu, ni le mépris des hommes, ni les portes des prisons, ni le refus des cœurs endurcis.

C’est ainsi que nous comprenons la Bonne Nouvelle annoncée par le prophète Isaïe dans la première lecture. Dieu est tellement grand qu’il se fait petit enfant. Dieu est tellement puissant qu’il se fait vulnérable et fragile. Dieu est tellement toute autre qu’il se fait l’un de nous. C’est le miracle de la grandeur et de l’amour de Dieu. C’est ainsi que nous devenons enfants de Dieu quand nous le reconnaissons dans ce petit enfant qui vient jusqu’à nous et nous permet de trouver sa Parole en son Fils pour nous laisser habiter par l’amour.

Mgr Michel Aupetit,
archevêque de Paris

 

Source : Diocèse de Paris

jeudi 26 décembre 2019

Il est illusoire de vouloir échanger sur l’écologie en ignorant Dieu

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Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, le 25 décembre 2019 :

Et Verbum caro factum est
Et le Verbe s’est fait chair…
(Jn 1,14 )

Chers Frères et Soeurs,
Mes très chers Fils,

A l’heure qu’il est, les bergers sont repartis, regagnant leurs troupeaux. Marie et Joseph se retrouvent seuls dans l’étable. Marie repasse en son coeur les événements de ces dernières heures qui déjà sont un mystère.

En nous donnant à lire les Prologues de l’Évangile selon saint Jean et de l’épître aux Hébreux, l’Église introduit les fidèles dans la contemplation d’un mystère encore plus profond : celui de la génération éternelle du Verbe de Dieu auprès du Père. Sans cette génération première du Verbe, Parole éternelle du Père, il ne pourrait y avoir dans le temps son incarnation. La foi en ces mystères est essentielle pour répondre à la question de l’identité de l’Enfant de la crèche : Est-il Dieu ? Est-il homme ? L’histoire des premiers siècles de l’Église montre que l’affirmation de saint Jean n’est pas si évidente. Le Verbe s’est fait chair. Mais cette chair, n’était-elle pas seulement une apparence ? Et si elle est bien celle d’un homme véritable, celui-ci est-il Dieu en même temps ?

Les formules du Credo, tirées des Conciles de Nicée et de Constantinople, sont claires. Au sujet du Fils de Dieu, Parole du Père, Verbe de Dieu, nous croyons qu’il est Dieu comme le Père est Dieu, lumière comme le Père est lumière, vrai Dieu comme le Père est vrai Dieu. Ceci est exprimé par un mot consacré que l’on peut se réjouir de voir réapparaître dans la nouvelle traduction liturgique du Credo : consubstantiel au Père. Seule demeure entre eux l’opposition entre le fait d’engendrer, qui est propre au Père, et celui d’être engendré, qui est propre au Fils. Ils ne sont qu’un seul Dieu.

Au sujet du mystère de l’incarnation, l’Église professe que pour nous les hommes et pour notre salut, le Fils est descendu des cieux, s’est incarné et s’est fait homme. Le Verbe de Dieu, vrai Dieu de toute éternité, assume au temps voulu une nature humaine. Il s’incarne. Si la foi catholique a été contestée dans les premiers siècles de l’Église, il en va de même aujourd’hui. Et si elle n’est pas contestée, pire, elle est tout simplement ignorée. Le chrétien se définit volontiers comme un homme bon, miséricordieux, charitable. Loin d’affirmer que le chrétien ne devrait pas avoir ces qualités, il faut cependant rappeler que cela n’a rien de spécifique au chrétien. Tout homme est appelé à faire le bien et à éviter le mal. Le chrétien est un disciple du Christ. Il croit que Jésus est le Christ, Fils de Dieu incarné, Dieu lui-même, qu’il est mort et qu’il est ressuscité pour notre salut. La foi au Christ, telle est notre marque distinctive. Le fidèle est celui qui a la foi. Cette foi, nous la partageons avec les premiers chrétiens. Elle n’a pas changé. Elle ne peut changer. Au plus fort des persécutions, nos frères dans la foi traçaient, avant de mourir, dans le sable des arènes ou sur les murs de leurs prisons le mot ichthus, composé des initiales en grec des mots : Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, ou encore un poisson stylisé ; ichthus en grec signifiant poisson. Nous pourrions en écrire autant.

Tant de nos contemporains sont promenés dans une actualité qui n’a plus rien d’actuel, s’épuisant de nouveautés en nouveautés qui passent. La véritable actualité, la véritable nouveauté, c’est cette génération du Verbe au sein de la Trinité : un don infini, totalement donné et parfaitement reçu. La véritable actualité et la véritable nouveauté, c’est l’amour de Dieu pour sa créature. N’est-il pas consolant d’entendre qu’ « après avoir parlé par les prophètes, Dieu nous a parlé par son Fils » ? Pour autant, l’affirmation de l’Évangile : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu », n’en reçoit qu’un sens plus dramatique. L’amour n’est pas aimé. Oui, la terre et la création, c’est chez lui. Et si c’est aussi « chez nous », c’est parce que d’abord, c’est « chez lui ». Il est illusoire de vouloir échanger sur l’écologie en ignorant Dieu. N’est-ce pas lui qui a établi dans son amour et sa sagesse les règles des relations entre les êtres au sein de sa création ? Comment ignorer ces règles ?

Verbum caro factum est, le Verbe s’est fait chair : suprême amour de sa création et du corps de sa créature, suprême abaissement, suprême humilité pour partager à l’homme sa divinité. Dieu se revêt de notre chair, se fait Emmanuel : Dieu avec nous. L’homme oublieux de Dieu, comme pour occuper une place qui lui semble vide, s’érige en Dieu. Suprême orgueil, suprême mépris de l’amour et de la sagesse de son Créateur, il revisite la création et prétend la modeler à son gré. La dictature des faux dieux se fait chaque jour plus oppressante. La justice entre les hommes et le respect de la liberté de tous exigent la vérité sur ce qu’est l’homme, et l’acceptation du plan divin. Que faire, alors que notre pèlerinage est toujours plus difficile ? Jésus aujourd’hui se fait aussi pèlerin. Dieu est avec nous.Marchons à ses côtés.

Pour tenir tête à une société qui ne prête attention qu’à la violence ou à ce qui touche ses intérêts économiques, il est urgent que les chrétiens se regroupent et se forment. Il faut qu’ils connaissent et acceptent les affirmations de leur foi. Ne laissons pas caricaturer le Christ ou son message. L’Enfant de la crèche n’est-il qu’un personnage de plâtre qui ressort de sa boîte chaque année, ou est-il Celui qui a profondément marqué ma vie, au point qu’elle répand autour d’elle sa lumière et son message ? Le Christ vaut-il la peine d’être connu, d’être annoncé ? Celui que la plupart des médias ignorent, il nous revient de l’annoncer, en occupant les lieux de parole, en soutenant les médias chrétiens. En face, c’est un vide abyssal. Ce qui manque aujourd’hui à trop de chrétiens, c’est ce qui manquait au jeune homme riche : la flamme de la foi qui permet d’aller au bout avec le Christ. Le don radical de Dieu appelle le don radical de l’homme : « Dieu ou rien » !

Si le monde devient chaque jour plus violent, si les situations de haine se multiplient, c’est que le monde a décidé qu’il n’y a rien au-delà de lui. Il ne lui manque que d’accepter l’amour et la paix de son Dieu qui aujourd’hui prennent les traits d’un enfant. Alors que la nuit est sombre, le chrétien est le veilleur qui a mission d’ouvrir la voie de l’espérance à ses frères. Aujourd’hui, dans une crèche, auprès de Marie, est apparu le Christ, Fils de Dieu, notre Sauveur, notre paix. Amen, Alleluia.

Lundi 23 décembre 2019

Conte missionnaire  pour ceux qui sont près des écrans et (apparemment) loins de Dieu...

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JOHN ET JÉSUS.

Conte missionnaire 

pour ceux qui sont près des écrans et (apparemment) loins de Dieu...

 

Imaginez que circule sur Internet et les réseaux sociaux une nouvelle série ; « The story of John ! »

« John va naître, il va venir. Il viendra à cette époque. Il naîtra dans ce pays-ci, dans ce village… Là, sur la carte, (… pas très connu). John naîtra d’une manière extraordinaire, d’une femme, d’une mère admirable. Il aura un destin exceptionnel ; il viendra au monde pour donner le remède à la plus grande épidémie qui ravage la terre ». 1ère saison...

Maintenant, 2° saison. « 750 ans plus tard. John est né. John est venu là où c’était annoncé. Sa naissance était en même temps discrète et extraordinaire. Sa maman admirable. John a effectivement découvert et offert le remède à cette terrible épidémie. Il est lui-même le remède… Sacré John ! ».

Et puis, 3ème saison. « Des témoins racontent. Ils gardent en mémoire, dans l’esprit et le cœur. Pour une fois, pour une fois… Ce n’était pas une « fake news ». Ils ont vu John, ils ont été avec lui, à chaque instant de sa vie sur terre. Ils étaient plusieurs centaines, dont 12 qui suivaient John partout. Ils avaient des défauts, des qualités, comme nous. Ils ont adheré, mais pas d’un coup, pas sans hésitation, sans peur, sans doute. Et puis ils ont reçu une force promise par John, et là, plus de doute ou de peur. Ils ont ensuite raconté et transmis l’histoire merveilleuse de John. Sa vie, son œuvre, ses actes extraordinaires. « Vraiment personne n’a parlé, agi comme ce John. Nous en sommes témoins »... Sacré John ! ». Fin de la saison.

Enfin, 4ème saison. « Plus de 2000 ans après sa venue, John est connu, suivi par de nombreux « followers » à travers le monde. Il ne laisse pas indifférent ; on est pour ou contre Lui. On célèbre chaque année l’anniversaire de sa naissance. John reste présent... et pas que par le souvenir ou la mémoire. Présence cachée, fidèle, aimante. Il continue d’animer le grand réseau qu’il a fondé, il aide et assiste tous ceux qui le découvrent, le reconnaissent, l’aiment et suivent son enseignement. Il prend soin d’eux. On peut même se connecter avec John. Partout! Une toute petite connectivité suffit, même là où il n’y a ni haut débit, ni 4G. On peut lui parler. Pour commencer, il suffit de prononcer dans son cœur ou à haute voix le nom de John. C’est le « password ». John a même laissé un moyen de partager sa vie, pas en virtuel, mais en réel, en vrai. Pas avec des photos éphémères et des tweets, mais avec de vrais signes, de vrais effets pour vivre en union avec lui.

Et puis John connait, appelle tous les hommes. Il veut éviter à tous l’épidémie qui ravage la terre. John appelle, mais il ne force pas. Sacré John ! »

 

Mes chers amis, tout est vrai dans cette histoire… sauf le nom de John. Cette histoire, c’est l’histoire de Jésus. Changez juste le prénom, et vous saurez l’essentiel.

Jésus a été annoncé précisément, longtemps à l’avance. Vous avez peut-être lu le prophète Isaïe (VII, 14)…. 750 ans avant la naissance de Jésus! 

« La vierge va concevoir… » C’est Marie. 

« Elle enfantera un fils.. » C’est Jésus. 

« On l’appellera Emmanuel » ; en hébreu, ça veut dire « Dieu avec nous ». Jésus est une seule personne vraie. Il est Dieu, et Il est aussi comme nous, homme.

Tout s’est accompli, tout a été verifié. 

Jésus est né et a vécu environ 30 ans sur la terre, aux lieux et temps prédits. 

Il a formé des disciples, des apôtres. 

Il a donné au monde un réseau spirituel, visible et invisible ; c’est son Eglise. 

Il nous transmet par son Eglise le remède ; la grâce, qui guérit l’épidémie qui nous touche tous ; le péché, le mal. 

Son Eglise a souvent été contredite, attaquée. Du dehors… mais pas seulement. Du dedans aussi. Pourtant elle a duré et durera, comme Il l’a promis.

Jésus n’est plus visiblement sur terre. Mais Il reste avec nous, invisiblement présent. 

Nos peines, nos souffrances, nos joies, nos espoirs sont des lieux pour le rechercher, le rencontrer. Ce n’est pas toujours confortable, comme rendez-vous ! Mais en tout cela, nous ne sommes plus seuls, jamais. 

Dieu veut être avec nous. En Jésus, par Jésus. Si nous acceptons l’invitation à croire en Lui et à le suivre, bien sûr.  Si nous le prenons au sérieux. Jésus est bienveillant, exigeant, patient avec nous. Il est juste, et cela pourrait nous faire trembler. Il est miséricordieux, et cela nous conforte. Cette invitation acceptée peut changer notre vie. 

C’est pour Lui que nous chantons tous ces chants joyeux, que nous avons fait la crèche dans nos maisons, nos églises, nos écoles, nos cœurs surtout (c'est celle qu'Il préfère).

C’est Lui le plus beau cadeau de Noël, et c’est pour cela que nous remercions, que nous sommes plein de joie et de gratitude, de silence et de paix devant son image, là. 

C’est à cause de Lui que nous voulons nous aimer les uns les autres. Pas d'un amour amour menteur ou seulement sentimental, mais d'un amour divin et humain. Un amour en acte et en verité ! Il nous l’a demandé, Il nous en donne la force ! 

C’est pour Lui encore que des jeunes donnent un an de leur vie gratuitement au service des autres, que des hommes donnent toute leur vie en devenant ses prêtres et consacrés, ses représentants près de nous.

Enfin c'est pour son règne,

commencé à Bethléem 

et continué en tout lieu, 

commencé il y a 2000 ans 

et continué aujourd'hui dans l'Eglise, la Cité et nos âmes,

que nous voulons prier, aimer, servir !

 

Bon anniversaire, cher Jésus! 

Bon et saint Noël à tous, amen, alleluia!

 

Abbé Alexis Garnier, aumônier de Notre Dame de Chrétienté.

vendredi 20 décembre 2019

La logistique du pèlerinage de Chrétienté recherche un plombier !

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La logistique du pèlerinage de Chrétienté recherche un plombier ou une personne possédant une forte expérience dans le domaine pour prêter main forte à l’équipe des fontainiers.

Les tâches durant le pèlerinage seront les suivantes :

- Installation du réseau d’alimentation des lavabos et cuisine sur chaque bivouac
- Vérification du bon fonctionnement du dispositif et intervention si besoin (fuite, problème de pression…)
- Participation à la désinstallation du dispositif

Durant l’année :  Si possible, participer à une journée de montage et de contrôle des lavabos au lieu de dépôt de NDC (78)

Durant le pèlerinage : Prendre part au chapitre des fontainiers avec ses tâches, ses temps de prière, de repos etc.

 Qualités requises :

o    Disponible, rigoureux

o    Appétence pour le travail en équipe

o    Connaissance du pèlerinage

Formation / Expérience : Expérience en plomberie requise (de manière professionnelle).

Ecrire à responsable.rh@nd-chretiente.com

Merci !

mercredi 18 décembre 2019

50 ans après, la “nouvelle messe” a mal vieilli

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L'année 1969 fut marquée par une petite révolution au cœur de l'Église, qui lançait une grande refonte de la messe. Pensée pour « faire jeune », elle voit aujourd'hui le public même qu'elle visait la déserter pour revenir aux rites traditionnels.

Il y a plus de 50 ans, Rome appelait à « ouvrir les fenêtres » de l’Église catholique. Au cœur de l’Avent de 1969, les fidèles découvraient les effets de cette ouverture à travers une nouvelle messe promulguée par le pape Paul VI. Elle pensait qu’en s’adaptant à la modernité, le « monde » se réconcilierait avec elle. Les fruits de cette générosité se font encore attendre. Malgré les efforts de François pour embrasser toutes les causes « humanistes », jamais l’Église n’a paru si éloignée d’un monde qui n’écoute plus la voix qu’elle porte.

Produit inattendu des effets du concile de Vatican II qui n’avait pas envisagé une telle « révolution » liturgique, le nouvel ordo missae surprit. Il n’était pourtant que le fruit d’une déconstruction des repères traditionnels à une époque où le relativisme ambiant et l’anthropocentrisme condamnaient toute forme de hiérarchie transcendantale. À sa façon, la nouvelle messe incarnait ces mutations.

Plusieurs siècles de transformations

Les acharnés du changement avancent l’argument de la nécessaire adaptation aux mouvements de l’histoire. La liturgie se modifia certes mais chacune de ses mutations fut un enrichissement du rite établi à partir de la Cène du Jeudi saint par le Christ lui-même. Les ajouts du temps des persécutions puis du culte officiel – lecture de l’Épître et des Évangiles, prières - ne firent que renforcer la célébration sacrificielle dont le texte est fixé par Grégoire le Grand dès le VIe siècle.

Au XVIe siècle, l’irruption de la Réforme déchire la Chrétienté obligeant l’Église catholique à affiner et uniformiser une liturgie encore composite. L’office y gagne en clarté. Y sont réaffirmés face aux protestantismes, le sacerdoce ecclésiastique, la dimension sacrificielle de la messe et surtout la présence réelle du Christ dans l’eucharistie, véritable pierre d’achoppement qui, à elle seule, empêcha le retour à l’unité de la Chrétienté en 1555 pourtant esquissé par le compromis que proposa l’empereur Charles Quint. Pour quatre siècles, la messe, codifiée par Saint Pie V à la demande du concile de Trente, incarne le dépôt de la foi catholique, un rappel de l’orthodoxie pour prévenir toute altération ou dérive saugrenues.

La liturgie romaine subit, notamment en France, des modifications au cours du XVIIIe siècle faisant apparaître sporadiquement des tables en lieu et place du maître-autel et la récitation à haute voix du canon. Les révolutionnaires, eux, veulent atteindre la foi des chrétiens en forçant l’emploi du français dans le commun de la liturgie et en tentant même d’imposer un curieux syncrétisme mêlant confusément théophilanthropie et Être suprême. Malgré ces tempêtes, la liturgie catholique fit mieux que résister, elle connut une féconde restauration au XIXe siècle, inspirée par le fondateur de Solesmes, Dom Guéranger et achevée au début du XXe siècle par Saint Pie X. La continuité a toujours prévalu sur la rupture, du moins jusqu’aux années 60.

« l’archéologisme en matière liturgique »

Comme toute réforme, le nouvel ordo de 1969 se présenta comme la restauration d’une antique liturgie. Dans Mediator Dei, en 1947, Pie XII avait pourtant condamné cette « malsaine passion » pour « l’archéologisme en matière liturgique », un retour aux origines masquant la véritable nature révolutionnaire d’un processus de régénération en rupture avec la tradition.

Au nom de l’œcuménisme, tout ce qui séparait les Catholiques des Protestants devait être gommé dans la liturgie. Le Confiteor n’évoque plus la bienheureuse Marie toujours vierge mais seulement la Vierge Marie flétrissant le dogme de la virginité perpétuelle de la Mère du Christ. Le vocabulaire catholique - « miracles », « âme », « messe » - est soigneusement édulcoré. Ite missa est devient ainsi « allez dans la paix du Christ »« Domine non sum dignus… et sanabitur animam meam » devient « et je serai guéri ». Les anges, honnis des réformés, disparaissent. Dans le Sanctus « Deus Sabaoth », le Dieu des armées « célestes » devient un très générique « Dieu de l'univers ». L’offertoire, oblation de la victime du sacrifice, est remplacé par une simple offrande perdant le caractère propitiatoire apte à rendre Dieu favorable au fidèle. La présence réelle, combattue par les calvinistes, est atténuée par la suppression de la génuflexion après l'élévation signifiant par-là que le Christ ne serait rendu présent sur les autels que par la prière de l’assemblée. Les marques de respect des fidèles comme du desservant envers l’hostie sont progressivement effacées.

La démocratisation de l’Église conduit à instiller une forme de sacerdoce universel privant le prêtre de sa fonction de ministre unique du sacrifice. Le théocentrisme laisse place à un anthropocentrisme évacuant tout dimension hiérarchique de l’office : la table de communion est occidentée vers les fidèles qui peuvent se contempler dans un entre soi circulaire où l’homme devient la mesure de toute chose. Le prêtre agissant autrefois in persona Christi est descendu de sa chaire, il n’est plus intercesseur mais seulement le premier des fidèles. Le sacrifice est offert au nom de l’assemblée. Devant la crise des vocations, serait-ce le moyen de préparer les esprits à une Église sans prêtre dans laquelle le peuple assemblé se fait officiant ?

Signe des temps, la déresponsabilisation gagne la liturgie. Puisque le protestantisme réfute, au nom de la prédestination, la nécessité des œuvres pour être sauvé, on gomme la vertu de l’effort dans l’économie du salut. On ne promet plus la « paix aux hommes de bonne volonté » dans le Gloria mais à tous les « hommes qui l’aiment ». Lors de la Consécration, pro multis signifie « beaucoup » mais devient « pour la multitude » dans la nouvelle messe, comprenez « pour tous »Peccata mundi« les péchés du monde » deviennent « le péché du monde » de l’Agnus Dei nous ôtant ainsi de toute responsabilité personnelle du péché au profit d’une très rousseauiste conception collective de la faute. Ce n’est pas ma faute, c’est l’injustice de la société qui m’a poussé à pécher. La damnation éternelle, les peines de l’enfer, les avertissements du Christ plongent dans l’oubli. Il ne faudrait pas désespérer le croyant. « On ira tous au paradis, même moi… ». Les critiques portent surtout sur l’atténuation de la dimension sacrificielle de la messe. La messe moderne est celle de la parole, celle du jeudi saint, oubliant la Croix, celle du vendredi saint.

Faire jeune

La nouvelle messe a tout fait pour faire jeune. Le français a remplacé le latin, les ornements, pourtant signes religieux, remisés au placard des objets d’arts. Le tutoiement est de rigueur. On met de l’ambiance avec des chants nouveaux. Les années 70 sont marquées par des expériences parfois extravagantes tenant les abus de 1793 pour de bien pâles mascarades. Las, ce sont les jeunes qui veulent aujourd’hui le retour de la solennité de l’office, du recueillement dans le silence, de la soutane et du latin qu’ils ont pourtant abandonné à l’école. La liturgie s’est faite plurielle, pour les enfants, pour les familles, pour les personnes âgées. Elle a perdu de son unité et de son universalité

Les subtilités de la réforme ont échappé à la plupart des fidèles peu sensibles à ces subtilités liturgiques mais choqués par les dérives dominicales. Les errements les plus flagrants ont depuis été corrigés. L’Église est même revenue sur la 6e apostrophe du notre Père qui sous-entendait que Dieu pouvait soumettre à la tentation. La nouvelle mention n’est pas totalement satisfaisante sur le plan théologique mais irrite moins les oreilles des croyants.

Même si Brassens pensait que « sans le latin, la messe nous emm… », il n’est pas certain que la latinisation des prières suffise à dissiper toutes les équivoques liturgiques. Il n’en reste pas moins que l’heure est à la réaction. Depuis le motu proprio de juillet 2007, autorisant les fidèles organisés à solliciter une messe dans le rite extraordinaire - une première dans l’histoire de l’Église - le nombre de lieux de culte traditionnel a doublé en France. Mais la France ne serait pas la France si elle oubliait d’opposer à la ligne romaine son irréfragable gallicanisme. Les Évêques français voient d’un mauvais œil ce retour en grâce des fidèles traditionnels et font preuve d’une mauvaise foi faisant accent d’un autoritarisme qu’ils reprochaient eux-mêmes naguère au souverain pontife. La démocratisation dans l’Église a ses limites. Il n’est sans doute pas facile d’admettre que ce sont les jeunes qui se tournent vers un rite plus exigeant, que les « tradis » représentent 15% des pratiquants de moins de 50 ans, que les vocations sont encore fructueuses dans cette mouvance. Ironie de l’histoire, les prêtres modernes se mettent à dire la messe de toujours quand les anciens prêtres s’accrochent à la messe moderne. La messe n’est pas encore dite.

 

Source : Valeurs Actuelles

Lundi 16 décembre 2019

COMMUNIQUÉ DE MONSEIGNEUR LE GALL AU SUJET DE L’INTERRUPTION DE LA CRÈCHE VIVANTE

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Hier soir, une cinquantaine de manifestants a interrompu, à Toulouse, la crèche vivante organisée par l’association laïque « Vivre Noël autrement ».

Cette manifestation joyeuse durant laquelle des chants de Noël sont entonnés, des scènes de Nativité jouées par des enfants et des adultes, aidés par de multiples animaux, n’a d’autre but que de donner de la profondeur à cette fête.

En tant qu’Archevêque de Toulouse, je déplore que le simple rappel de la naissance de Jésus et des valeurs qu’elle véhicule (accueil de l’étranger, annonce de la Paix et signe d’une tendresse dont nous avons tous besoin) ne soit plus respectée dans notre pays et suscite même des actes de violences verbales et physiques de ceux qui s’érigent comme défenseurs de la liberté. J’invite chacun à défendre pacifiquement la liberté d’expression ainsi qu’à respecter l’histoire et les traditions de notre pays.

+ Robert Le Gall,
Archevêque de Toulouse

vendredi 13 décembre 2019

Messe traditionnelle par Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre - Centenaire de la bénédiction de Notre Dame des Airs et de sa première messe

 

Le 15 décembre prochain, nous vous invitons à la bénédiction de Notre Dame des Airs et de sa première messe, sous la présidence de Mgr Matthieu Rougé, Évêque de Nanterre

 

Six longues années se sont passées entre la pose de la première pierre, le 18 mai 1913, et l’achèvement de l’église. Entre les deux, il y eut la douloureuse première guerre mondiale… C’est le 5 octobre 1919 que l’église fut bénie par Mgr Gibier, évêque de Versailles, sous le vocable de Notre‐Dame‐des‐Airs, ainsi nommée en souvenir des pionniers de l’aviation qui parcouraient le ciel au début du XXème siècle.
Le 12 mai 2013, nous avons commémoré le centenaire de la pose de la première pierre.
Le 15 décembre prochain, nous vous invitons à une journée de festivités pour les cent ans de la bénédiction de Notre Dame des Airs et de sa première messe, sous la présidence de Mgr Matthieu Rougé, Évêque de Nanterre.

Programme
9h30 Messe selon la forme extraordinaire du rite Romain
11h00 Procession
11h30 Messe selon la forme ordinaire du rite Romain
A la fin de la messe de 11h30, bénédiction et installation d’une icône de sœur Bibiane, écrite par Friederika Anglès d’Auriac.
12h30 Déjeuner partagé
14h00 Conférences :
• « Histoire du quartier des Coteaux :1880/1920 » Mr Potonet
• « Gaston Latouche, esquisse de la Reine du Ciel » Musée des Avelines
• « Le rituel de la dédicace d’une église : une forêt de symboles » Père Thomas Diradourian

Source : Diocèse de Nanterre