accueil

Notre-Dame de Chrétienté - pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres

     
 

actualité

Fil des billets

mardi 05 décembre 2017

Livres : "L’Abbé Denis Coiffet, zélé serviteur de l’Eglise" de Thierry Bouclier

20171202abbeCoiffetBouclierv1.jpgLe livre que Thierry Bouclier consacre à l'abbé Coiffet ne fait pas double emploi avec le magnifique recueil de témoignages qui fut réalisé par NDC en 2016 « l’Abbé Coiffet par ses amis : Itinéraire d’un pèlerin de Notre-Dame » ; il le complète sous la forme d’une biographie qui retrace l’itinéraire de l’Abbé Coiffet dans la crise traversée par la société et l’Eglise depuis les années 60. Ce livre fait revivre les années de "l'après Concile", les années de la "révolution d'Octobre dans l'Eglise" (Père Congar), le chamboulement de la liturgie. Le livre met bien en évidence l'attachement total de l'abbé Coiffet à Rome et au service de l'Eglise.
Cet itinéraire fut celui de toute une génération de prêtres qui, dans la tourmente, ont maintenu le cap et servi fidèlement l’Eglise ; il est un témoignage à lire par tous, mais sans doute plus spécialement par les jeunes générations qui n'ont pas connu cette période. Il permettra à tous de comprendre l'attachement de Notre Dame de Chrétienté à la "forme extraordinaire" du rit romain.

"L’Abbé Denis Coiffet, zélé serviteur de l’Eglise", Thierry Bouclier

Editions Terra Mare 2016, 256 pages, 20 euros

A lire également : 20171202abbeCoiffetNDCv1.jpg




vendredi 24 novembre 2017

Amoris Laetitia : continuité ou rupture ? - analyser en profondeur

20171125AmorisLaetitiacouvv1.jpgLors de l'Université d'automne de Notre Dame de Chrétienté, samedi 18 novembre 2017, l'abbé Claude Barthe a longuement abordé le problème posé par l'exhortation apostolique "Amoris Laetitia", et les clarifications qui sont nécessaires (cf les "Dubia" des cardinaux).

Nous tenons à remercier la Fraternité Saint Vincent Ferrier qui nous autorise à partager le texte de l'étude parue dans le n° 140 de sa revue "Sedes Sapientiæ" (juin 2017).

C'est l'occasion d'inviter vivement tous nos amis à s'abonner à "Sedes Sapientiæ".

Cliquer sur le lien pour avoir accès à l'article

Amoris Laetitia - Sedes Sapientiae - n°140




mercredi 15 novembre 2017

Rappel à Dieu de Jean de Saint Chamas

20171119JeandeSaintChamas.jpgNous avons appris le rappel à Dieu mercredi 15 novembre de Jean de Saint Chamas. Notre Dame de Chrétienté tient à saluer ce grand défenseur de l'Église et de la France qui aura consacré toute sa vie "Pour qu'Il règne".

Jean de Saint Chamas a été l'un de ces hommes qui, dans le sillage de Jean Ousset et de la Cité catholique, ont fait le choix de quitter leur activité professionnelle et la perspective d'une brillante carrière pour se consacrer totalement au combat civique et à la formation de laïcs chrétiens.

A la Cité catholique, à "l'Office international" (la "rue des Renaudes", aujourd'hui Ichtus) et au Centre d'Études des Entreprises Jean de Saint Chamas fut un inlassable promoteur de la doctrine sociale de l'Église.

Nous gardons de lui le souvenir d'un maître, alliant le souci d'un enseignement très solide à un grand sens humain et à une attention permanente aux personnes qu'il rencontrait. Les initiatives qu'il a lancées au service des étudiants et des jeunes professionnels ont influencé durablement plusieurs générations. Par ses conseils Jean de Saint Chamas a aidé au discernement d'un grand nombre de vocations, tant religieuses que vocations au mariage.

Notre Dame de Chrétienté présente à la famille de Jean de Saint Chamas ses condoléances, et lui exprime sa très profonde reconnaissance.

Jean de Tauriers, président
abbé Alexis Garnier, aumônier général

Les obsèques de Jean de Saint Chamas ont eu lieu samedi 18 novembre à 10h à Sainte Jeanne d’Arc à Versailles. La messe a été célébrée par son fils Loys, prêtre de Notre-Dame de Vie, son petit-fils don Enguerrand de Lorgeril, le Père Olivier Teilhard de Chardin, curé de Notre Dame d’Auteuil, en présence de Monseigneur de Romanet, évêque aux armées.




mardi 14 novembre 2017

Dictionnaire amoureux de Jésus

20171119DictionnaireamoureuxdeJesusv1.jpgNous saluons et recommandons la sortie en format poche du "Dictionnaire amoureux de Jésus" de Jean-Christian Petitfils. Voici à la porté de tous un ouvrage qui devient vite un livre de chevet, grâce aux courts chapitres de la formule du "dictionnaire".

Être amoureux de Jésus engage. Jean-Christian Petitfils se présente comme un homme de foi. « Pour le chrétien que je suis, Jésus est une personne vivante, le Dieu fait chair venu apporter le salut au monde. Croire, c’est être relié, au cœur même de son être, à une mystérieuse source d’eau vive. » L’historien avait déjà publié en 2011 chez Fayard un Jésus remarquable. Il récidive aujourd’hui en ajoutant les lumières de la foi à son talent d’investigation historique. « L’Histoire tiendra une place essentielle dans ce dictionnaire, précise l’auteur. À la lecture amoureuse de la parole de Jésus, à la découverte de sa personne, se mêlera constamment l’enquête rationnelle de l’historien. »

Cette Histoire de Jésus est une histoire vraie. Chaque siècle fait rayonner cette lumière avec sa grâce propre. Il est indéniable que Jean-Christian Petitfils a un air de famille avec cette École française de spiritualité qui a redonné tant de couleurs et de profondeur au catholicisme du XVIIe siècle. En couverture de son ouvrage, l’illustration du peintre Philippe de Champaigne (Le Christ aux outrages) donne le ton de ce classicisme plein de tendresse. À cette époque, la dévotion à l’humanité du Christ est en plein essor. Sous l’impulsion d’un cardinal de Bérulle se répand le « christocentrisme », une manière de s’approprier la religion catholique par la méditation des mystères de la vie de Jésus.

On ne peut se perdre dans les entrées de ce dictionnaire, car on y retrouve toujours Jésus. Il y a la crèche et la croix, l’étoile de Bethléem et l’Évangile de Judas, ou encore les larrons et Lazare. À chaque fois, l’auteur dépoussière les connaissances actuelles sans jamais abîmer la foi. Bien au contraire. Il revendique la méthode audacieuse d’un Richard Simon qui, au temps de Bossuet, a posé les premiers jalons de l’exégèse moderne saluée ensuite par Joseph Ratzinger : « Son génie est d’avoir compris que la critique historique d’un texte saint n’oblitère en rien son caractère transcendant, sacré et inspiré. » Foi et raison font naître un amour profond. 

Dictionnaire amoureux de Jésus

Jean-Christian Petitfils
Collection Tempus, 624 pages, 11 euros




Alain Toulza : "La Grande Guerre des hommes de Dieu"

20171119DRACToulzav1.jpgLa conférence d'Alain Toulza s'appuie sur les recherches historiques qu'il a résumées dans son maître-livre :

"La Grande Guerre des hommes de Dieu"

"Héros des tranchées, entre persécutions et Union Sacrée"
Alain Toulza
192 pages - 20 €

Voici l’épopée de ceux que l’on pourrait dénommer "les gueules cassées de Dieu" : des dizaines de milliers de religieux et religieuses et de "curés sac au dos", oublieux des lois anticléricales et des persécutions subies dans les années précédant la Grande Guerre, et qui ont répondu massivement à l’appel à l’Union Sacrée lancé par le gouvernement. Ils ont voulu partager le sort de leurs compatriotes, jusqu’au sacrifice suprême pour beaucoup. Aumôniers, combattants, brancardiers, infirmiers, ils ont été par milliers honorés de citations qui témoignent de leurs faits d’héroïsme et de leur dévouement sacrificiel pour leurs frères d’armes. Mais à l’arrière, la haine antireligieuse se refusait à désarmer, rendue furieuse par le rayonnement que leur a valu ce comportement exemplaire au front. La paix revenue, le nouveau gouvernement issu du Cartel des gauches a tenté de bannir à nouveau les religieux du sol national, les rejetant comme des parias quand ils s’étaient montrés de dignes fils de leur pays.
C’est de leur résistance à cette violente et insupportable injustice qu’est née l’association DRAC (Droits du Religieux Ancien Combattant), grâce à laquelle ils ont pu être enfin reconnus « égaux comme au front » avec les combattants civils et demeurer en terre française.

Découvrez ce livre sur le site de la DRAC


Au sommaire :

  • AVANT PROPOS - INTRODUCTION
  • CHAPITRE I : DE LA PERSÉCUTION RELIGIEUSE À LA GUERRE ENTRE NATIONS (En haine de la foi catholique - Le "petit père" Combes fait la loi - Spoliation des églises et résistance catholique - L’Union sacrée)
  • CHAPITRE II : GUERRE ET FOI CATHOLIQUE - LE CAS DES CONSACRÉS (Une guerre juste - La « pax romana » rejetée - La main du prêtre : sabre ou goupillon ? - Le choix des armes)
  • CHAPITRE III : UNE MULTITUDE D’HUMBLES HÉROS (Le Père Daniel Brottier - Le Père Albert Peyriguère, ermite de l’Atlas - Léon Bourjade, novice et pilote dans la gloire du ciel - L’abbé Charles Thellier de Poncheville - L’épiscopat à l’honneur - Le Pèlerin pendant la guerre - Les citations de la préface d’Henry Bordeaux - Le dévouement des religieuses infirmières - La réhabilitation de l’Église)
  • CHAPITRE IV : LA HAINE ANTICATHOLIQUE N’A PAS DÉSARMÉ (La "Rumeur infâme" : "L’Église de France, alliée des Allemands" - Les "curés, tous des embusqués" - Un modèle de désinformation : le rôle des religieuses infirmières - Le Livre d’or, une riposte imparable)
  • CHAPITRE V : DRAC, INSTRUMENT D’AUTO-DÉFENSE DES CONGRÉGATIONS (L’association DRAC, riposte unie des congrégations contre de nouvelles menaces - Les jeunes DRAC, espérance des anciens combattants - L’action de DRAC dans les années 1925-1940 - L’arène politique interpellée - La Coupe d’éloquence - DRAC, de la Seconde Guerre mondiale à nos jours)
  • CONCLUSION




Lundi 13 novembre 2017

Prions pour Alain Huser

Chapelet-619x350.jpg Chers amis pèlerins,

Si nous pouvons chaque année reprendre en toute sécurité la route de Chartres, nous le devons à une "armée" de bénévoles.
Allez, je vais être exact, c'est un régiment pour l'effectif, ... mais une armée pour l'efficacité.

Je voudrais aujourd'hui confier à votre prière Alain Huser, un des bénévoles du Service d'Ordre (équipe Victor), et qui a eu un AVC dans la journée de dimanche. Actuellement hospitalisé, il doit subir une operation, et les médecins sont réservés sur son état.

Merci donc de ne pas oublier dans vos prières communautaires, familiales, paroissiales et personnelles ce bon serviteur du pélé et des pèlerins!
Nous le plaçons particulièrement sous la protection du bon saint Michel, archange protecteur du service d'ordre:
"Saint Michel archange de votre lumière éclairez-nous,
Saint Michel archange de vos ailes, protégez-nous,
Saint Michel archange de votre épée, défendez-nous"

Abbé Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.




Dimanche 12 novembre 2017

Appel de Chartres n°214


Vive la différence !


xavier-hennequart.jpgNotre époque tend à vouloir imposer un égalitarisme de plus en plus prégnant.
La non-reconnaissance de l’altérité entre un homme et une femme, la théorie du gender, le politiquement correct imposant un prêt à penser, la non-discrimination sont autant d’illustrations de ce refus de la différence.

Et pourtant, il suffit d’observer la réalité autour de nous pour constater que nous sommes tous habillés différemment, pratiquons des occupations différentes, avons des goûts divers pour ne prendre que quelques exemples.
Ne serait-ce pas la preuve que nous sommes tous différents?

Revenons au récit des origines.

Une égalité, une différence voulues par Dieu

Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu (1)

L’homme tient une place unique dans la création, il est « à l’image de Dieu » :
. Chacun de nous possède une infime partie des attributs divins. Il existe donc bien une part aimable chez chacun d’entre nous, comme chez la pire des crapules ou chez nos ennemis.
. Notre diversité dans les dons reçus, révèle la richesse infinie des dons de Dieu.

Il les créa ; homme et femme, Il les créa. (2)

Créés et voulus par Dieu dans une parfaite égalité et une même dignité « à l’image de Dieu » (3), le Créateur nous a volontairement créés différents à commencer par l’homme et la femme mais aussi dans les dons prodigués à chacun.
Chacun d’entre nous est un être unique et a sa place dans le plan de Dieu. Dieu nous a donné le pouvoir d’être cause du bien qu’il veut réaliser (4).

Pourquoi Dieu nous a-t-il créés différents ?

La réponse nous est donnée par Dieu le Père à sainte Catherine de Sienne :

« Mes dons sont temporels ou spirituels. J’appelle temporels toutes les choses nécessaires à la vie de l’homme, et ces choses je les dispense avec une grande inégalité. Je ne les donne pas toutes à un seul, afin que des besoins réciproques deviennent une occasion de vertu et un moyen d’exercer la charité. II m’était très facile de donner à chacun ce qui est utile à son corps et à son âme ; mais j’ai voulu que tous les hommes eussent besoin les uns des autres pour devenir ainsi les ministres et les dispensateurs des dons qu’ils ont reçus de moi. Que l’homme le veuille ou non, il est forcé d’exercer la charité envers son prochain : seulement, si cette charité ne s’exerce pas par amour pour moi, elle ne sert de rien dans l’ordre de la grâce. »

« … C’est pour organiser la charité que j’ai rendu les hommes mes ministres, et que je les ai placés dans des états et des rapports si différents. (5) »

La réponse est claire, personne ne possède ni toutes les qualités ni tous les dons divins. Les échanges avec Dieu, source de tout bien, et autrui bénéficiaire d’une partie de ses dons, constituent une vraie source d’enrichissement.

Pourquoi ne pas faire jouer les complémentarités entre les personnes et mettre en pratique la communication mutuelle des biens (6) ?

C’est par cette complémentarité nécessaire des dons de chacun que nous œuvrons ensemble pour accomplir le bien.

Plusieurs exemples l’attestent :
- l’entraide dans une famille entre les enfants disposant de qualités ou de tempéraments différents.
- Le scoutisme développe le sens des autres. D'ailleurs, le salut scout ne matérialise-t-il pas la protection du faible par le fort? - Les mondes de l’entreprise ou associatif sont des communautés de personnes et sont aussi des lieux privilégiés d’exercice de la charité.

Œuvrer pour restaurer la chrétienté

Chrétien, disciple de Jésus-Christ, mettons en pratique la devise du grand pape Saint Pie X : « omnia intaurare in Christo » « tout restaurer dans le Christ (7) »

C’est notre mission ! Nous n’avons pas reçu la foi pour garder notre lampe sous le boisseau mais pour faire connaître la Vérité de Jésus-Christ : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

A la question posée sur le premier des commandements, Jésus-Christ répond :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force ! Voici le second : "tu aimeras ton prochain comme toi même". Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (8)

Etre missionnaire c’est parler de Jésus-Christ.

Pour bien en parler il faut le connaître. C’est pour cela que Notre Dame de Chrétienté met à votre disposition un ensemble de ressources dans la rubrique formation de son site www.nd-chretiente.com, profitez-en!

En ce mois de novembre, pensons à nos défunts et prions aussi à l’intention des âmes du purgatoire, la charité c’est aussi cela.

Rappelons nous les paroles de la Sainte Vierge en cette année du centenaire des apparitions de Fatima :

« Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer, parce qu'il n'y a personne qui se sacrifie et prie pour elles. (9) »

Quoi qu’il en soit de la vocation de chacun, la parole de saint Jean de la Croix nous concerne tous :

« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'Amour »

Xavier Hennequart
Responsable de la formation


(1) Genèse 1,27 La Bible – Chanoine Emile Osty
(2) Genèse 1,28 La Bible – Chanoine Emile Osty
(3) Catéchisme de l’Eglise Catholique n°369
(4) St Thomas d’Aquin - Somme théologique Ia, q103, a.6
(5) « Le dialogue » - Don de la discrétion Chp VI - Sainte Catherine de Sienne – Editions Tequi
(6) Exercices spirituels de Saint Ignace n°231 : « L’amour consiste dans la communication mutuelle des biens. »
(7) Devise de Saint Pie X - verset de Saint Paul, Ephésiens 1, 10, "Instaurare omnia in Christo"
(8) Mc 12, 29-31
(9) Apparition de Notre Dame aux 3 pastoureaux de Fatima le 19 août 1917




vendredi 10 novembre 2017

Des droits ou des devoirs

20171111Barrouxvueaerienne05.jpgAbbaye Sainte Madeleine du Barroux
Lettre aux amis – n° 163 – septembre 2017

LE MOINE A-T-IL DES DROITS ?

Ne cherchez pas dans la Règle l’expression «les droits de l’homme», vous ne la trouverez pas. Les moines n’ont-ils alors aucun droit ? Formulé ainsi, aucun. Si ce n’est peut-être qu’au chapitre sur les choses impossibles il est dit que le moine a le droit de signaler au supérieur que l’ordre donné dépasse ses possibilités.
Mais pour comprendre la pensée de saint Benoît, la belle harmonie qu’il veut faire régner dans le cloître, prenons quelques exemples.
Le moine a-t-il le droit de posséder un crayon, du papier et toute autre chose indispensable à sa vie contemplative ? Il semblerait que oui, car saint Benoît juge ces objets indispensables, mais il ne dit pas explicitement que le moine «a le droit» de les avoir à son usage, il dit que l’abbé «a le devoir» de les donner.
Autre exemple : l’abbé a-t-il le droit d’être obéi par les moines ? Nulle part dans la Règle vous ne trouverez ce droit exprimé de façon aussi directe. Non, saint Benoît entend simplement que les moines ont le devoir d’obéir à leur supérieur.
Les moines ont-ils le droit de garder leur rang en communauté et ont-ils le droit de recevoir la même affection de la part du père Abbé ? Saint Benoît dit non pas cela, mais que le supérieur a le devoir de ne pas troubler l’ordre sans raison et surtout de ne point faire acception des personnes.
Saint Benoît insiste donc sur les devoirs mutuels et non sur les droits.
Cela semble tout à fait égal puisqu’à la fin les moines ont leur crayon, le père abbé est obéi et l’ordre est respecté. Mais ce n’est pas égal du tout, car l’esprit est tout différent et même aux antipodes dans l’une et l’autre formule. L’une, insistant sur les devoirs, favorise la charité, et l’autre, insistant sur les droits, favorise l’égoïsme. C’est finalement la différence entre la cité de Dieu, où l’amour de Dieu et des autres va jusqu’à la haine de soi, et la cité du diable, où l’amour de soi va jusqu’à la haine de Dieu et des autres. Et c’est une des raisons pour lesquelles saint Benoît bannit tout murmure en communauté. En effet, les murmures sont souvent dus à la revendication de droits. Déjà, au début de la Règle, il se moque de ces soi-disant moines qui déclarent saint tout ce qu’ils désirent. Le moine ne doit jamais réclamer pour lui quoi que ce soit, ce qui exprime bien que l’âme du moine s’élève vers Dieu en pensant non pas à ses droits mais à ses devoirs. Il en est de même pour les familles.
Saint Paul rappelle non les droits des époux mais bien leurs devoirs mutuels et notamment ceux du mari, qui doit se sacrifier pour son épouse. Ainsi pour les relations entre parents et enfants. Et cela est valable pour les entreprises. Aux entretiens d’embauche se présentent de jeunes candidats avec sous le bras un dossier contenant leurs innombrables droits : RTT, vacances et autres grandes valeurs républicaines. Et si les actionnaires ne pensent qu’à leurs dividendes, comment ne pas s’étonner du cercle vicieux qui conduit aux conflits ?
Et nous pouvons l’appliquer à la presse. Si la règle suprême est «le droit de savoir» comment s’étonner de tant de manques au devoir de la charité et au respect de l’honneur de chacun ? Mais le pire est que, depuis la loi permettant l’avortement, qui a évolué en droit fondamental de la femme, l’esprit de la société est passé du droit de l’enfant, qui était finalement le devoir des parents, à un droit à l’enfant. C’est diabolique.
Mais nous avons l’exemple et la grâce de Jésus-Christ, qui n’a pas réclamé le droit d’être traité en égal de Dieu mais qui a accompli son devoir jusqu’au bout. Imitons-le.

† F. Louis-Marie, O.S.B., abbé




Lundi 06 novembre 2017

Un document exceptionnel : Les 100 ans de crimes communistes

Le documentaire réalisé par Bernard Antony, l’AGRIF, Chrétienté-Solidarité et TVLibertés rompt le silence assourdissant autour d’un funèbre anniversaire : les 100 ans du communisme. Depuis 1917, cette idéologie est synonyme de cruauté, d’assassinats, de tortures, de souffrances et d’asservissement. Et pourtant, les élites françaises et la presse mainstream semblent oublier de rappeler les 100 millions de victimes de ce totalitarisme. Ces morts n’existent pas, tout au moins dans le débat public ! Ceci est peut-être l’illustration d’une caste dirigeante qui n’arrive pas à rompre avec le marxisme-léninisme, de certains dirigeants politiques qui n’ont jamais reconnu leurs erreurs et leurs errements ou de partis politiques qui n’ont jamais fait acte de repentance.


A lire :

20171106AntonyCommunisme19172017couv1.jpg




samedi 04 novembre 2017

TV Liberté - La signification de la fête du Christ-Roi

terre-de-mission.jpg

La signification de la fête du Christ-Roi
TV Liberté

Le 29 octobre 2017


à l'agenda de cette émission :

Église en Marche : célébrer la fête du Christ-Roi

L'Église fête, cette année, le 29 octobre dans l'ordo traditionnel et le 26 novembre dans le nouvel ordo la fête du Christ-Roi. Prêtre de l'Institut du Christ-Roi Souverain- le chanoine Guitard explique les origines, les raisons et l'actualité de cette célébration voulue par le pape Pie XI et institutionnalisée par l'encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925. Parce que le Christ est hier, aujourd'hui et demain roi des cœurs, des intelligences, des volontés et… des sociétés.

Église universelle : Correction filiale au pape François

C'est avec une profonde tristesse, mais poussés par la fidélité envers Notre Seigneur Jésus Christ, par amour pour l'Église et pour la papauté et par dévotion envers votre personne que nous sommes contraints d'adresser à votre sainteté une correction à cause de la propagation d'hérésies entraînée par l'exhortation apostolique Amoris Laetitia… Ainsi commence le texte de 20 pages signé par 250 universitaires ou personnalité ecclésiastiques, dont l'abbé Barthe, et remis au Saint-Père le 11 août dernier. Cette pratique, inhabituelle dans l'Église, manifeste le trouble que suscite auprès d'un nombre grandissant de fidèles catholiques certaines initiatives du pape François. Peut-être est-ce l'heure de relire Alain Besançon : Il a pu paraître beau et même sublime de se proclamer "évêque des autres". "Évêque des siens" pour être moins sublime et plus humble est un éloge qui vaut la peine d'être recherché ?

Église en France : Il y a 50 ans, le 29 septembre 1967 naissait le MJCF

Aujourd'hui président de Paix Liturgique, Christian Marquant, revient, comme il l'a fait dans le No 614 du 28 septembre 2017 de cette lettre électronique, sur la fondation du MJCF (Mouvement de la Jeunesse Catholique de France) le 29 septembre 1967. Quelques dizaines de jeunes du XIVe arrondissement de Paris, issus des Scouts de France, prennent alors la décision de résister à ce qu'ils considèrent comme une dérive gauchisante du scoutisme tout en menant une réelle action missionnaire auprès des jeunes. C'est cette intuition-enthousiasme missionnaire conjugué à une résistance à l'apostasie et à la révolution ambiantes- qui se concrétisera dans la fondation officielle du MJCF le 7 juin 1970.




vendredi 03 novembre 2017

Cardinal Robert Sarah : hommage au grégorien et à la liturgie

20171103RobertSarah.png Rédigé par Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. le 3 novembre 2017 - Nos remerciements à l'Homme nouveau

Pour le Jubilé d'or à Praglia (Italie) fêtant les 50 ans de fondation de l'Association Saint-Benoit Patron de l'Europe, le Cardinal Robert Sarah a rappelé le lien étroit entre les racines chrétiennes de l'Europe et la liturgie. Dans son propos, le cardinal a rappelé la place importante du latin et du grégorien, chez les bénédictins, mais aussi chez tous les catholiques. Il voit en effet dans ces deux composants la matrice de la liturgie. Pour le cardinal Sarah, le grégorien en tant que chant liturgique par excellence, est le plus à même de faire le lien entre le monde visible et invisible et ainsi de nous permettre de rentrer dans l'extase chrétienne, seule vraie extase, possible uniquement, dit-il, en présence de la croix.

Message à l’Association Saint-Benoît Patron de l’Europe à l’occasion de son Jubilé d’or (50 ans de fondation)

Je suis heureux de saluer toutes les personnes, originaires de divers pays européens, qui participent au Congrès de l’Association Saint Benoît Patron de l’Europe, dans cette magnifique abbaye bénédictine de Praglia, à l’occasion de son Jubilé d’or. En effet, c’est en 1967, il y a tout juste cinquante ans, que votre Association a été fondée à la suite de la proclamation, par le Bienheureux Pape Paul VI, de saint Benoît de Nursie, le « Père » du monachisme en Occident, Saint Patron de l’Europe, le 24 octobre 1964 (1). Les fondateurs de votre Association s’étaient sentis particulièrement concernés par l’appel lancé par le Souverain Pontife depuis l’abbaye du Mont Cassin, symbole du déchirement, puis de la réconciliation des nations qui constituent l’Europe: « Notre vieille société », avait dit Paul VI, « a tellement besoin de puiser dans ses racines chrétiennes une vigueur et une splendeur nouvelles, dont elle est redevable en si grande partie à saint Benoît qui les a alimentées de son esprit » (2), L’objectif principal de l’Association Saint-Benoît Patron de l ‘Europe consiste donc à promouvoir et à diffuser la culture chrétienne dans une Europe spirituellement unie par la foi en Jésus Christ, Rédempteur de l’humanité. Il n’est donc pas étonnant que, dès les premières heures de la vie de votre Association, le Très Révérend Père Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, Dom Jean Roy, vous ait assuré de son soutien spirituel et de sa protection paternelle, une résolution courageuse et une attitude bienveillante, qui ne se sont jamais démenties par la suite sous ses successeurs: le Père Abbé émérite Dom Antoine Forgeot, qui honora de sa présence toutes vos rencontres importantes, et maintenant le Père Abbé Don Jean Pateau, que je salue très cordialement, de même que le Père Abbé de Notre-Dame de Triors, Dom Hervé Courau, qui vous a lu le message de Dom Forgeot.

En tant que Préfet du Dicastère qui porte le nom de « Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements », je ne peux pas ne pas souligner que le thème des racines chrétiennes de l’Europe a une dimension éminemment liturgique. Cela nous incite à évoquer d’emblée le chant grégorien, dont le support est la langue latine. À ce propos, je voudrais rendre hommage à votre Association, qui n’a jamais manqué d’encourager l’étude et l’usage du latin: il fut autrefois la langue commune de l’Europe et donc un moyen de communication, de culture, de science et d’éducation... et aussi, et je dirais surtout, la matrice de la prière liturgique, c’est-à-dire du culte divin. Grâce à l’appui fraternel et l’aide particulièrement compétente et efficace des moines bénédictins, je vous encourage à tenir en très grand honneur le chant grégorien, puis qu’il constitue l’ornement et l’écrin le plus pur et le plus admirable des textes de la liturgie catholique, qui sont eux-mêmes le reflet de l’éternelle Beauté de Dieu et l’énoncé de la Vérité divine transmise par la liturgie de l’Église. Dans son admirable discours au Collège des Bernardins, à Paris, le 12 septembre 2008, le Pape Benoît XVI disait ceci : « Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume : “Coram angelis psallam Tibi, Domine” – en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf Ps 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême : prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères ». Le Pape exprimait ici d’une manière inégalée la quintessence de la prière liturgique: en effet, le chant sacré n’est liturgique que dans la mesure où il poursuit le même but que la liturgie elle-même, qui est de glorifier Dieu, de le louer, de l’adorer, et de sanctifier les fidèles. C’est ce qu’affirme l’ article 112 de la Constitution Sacro sanctum Concilium sur la Liturgie du Concile Vatican II: « La musique sacrée sera d’autant plus sainte qu’elle sera en connexion plus étroite avec l’action liturgique, en donnant à la prière une expression plus suave, en favorisant l’unanimité ou en rendant les rites sacrés plus solennels ». Puis, il convient évidemment de citer l’ article 116 de cette même Constitution, que vous connaissez bien, sur le chant grégorien; nous devons toujours le garder en mémoire: « L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place ».

Le chant grégorien rend spirituelles les réalités sensibles et sensibles les réalités spirituelles. On peut parler à son sujet d’une connexion admirable, faite à la fois d’une unité et d’un échange constant et fécond, entre, d’une part, le monde visible, celui des hommes qui sont en chemin dans cette « vallée de larmes » et, d’autre part, le monde invisible, celui des anges et des saints qui vivent dans la Patrie bienheureuse, une réalité et une vérité que le Docteur angélique, saint Thomas d’Aquin a su expliciter d’une manière particulièrement limpide dans ses traités sur la Création et sur les fins dernières. Le chant grégorien est donc le moyen ou l’instrument idéal de l’extase, c’est-à-dire une sortie de soi-même, si l’on est encore dans la chair, pour un ravissement ou une pure contemplation de la présence divine, une plongée de notre être en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, cette Très Sainte Trinité d’Amour, que Pascal dans son mémorial de la nuit du 23 novembre 1654 exprime par ces quelques mots maladroits, qu’il parvient à balbutier: « certitude, certitude, sentiments. Joie. Paix… Joie, joie, pleurs de joie ». Dans mon ouvrage La force du silence, j’ai évoqué le rôle essentiel et incontournable de la Liturgie dans cette expérience spirituelle de l’extase chrétienne, qui est la vraie et authentique extase, en soulignant l’importance du lien indissoluble entre la prière et le silence : « Le silence est l’attitude positive de celui qui se prépare à l’accueil de Dieu par l’écoute. Oui, Dieu agit dans le silence (3). Il s’agit donc d’un silence où nous regardons simplement Dieu, où nous Le laissons nous regarder et nous envelopper dans le mystère de sa majesté et de son Amour » (4). La religieuse cistercienne néerlandaise, Béatrice de Nazareth, qui vivait au XIIIe siècle (5), auteur des Sept degrés de l’Amour divin, s’efforce de décrire cette expérience de l’extase à partir de la liturgie chantée en grégorien: « Un soir que l’on chantait les complies au chœur, et que l’on était rendu à l’antienne du jour, je fus tout à coup ravie à moi-même et je vis avec les yeux de l’esprit la Très Sainte Trinité dans sa gloire, David et les chantres de la Céleste Jérusalem qui chantaient sur la cithare les louanges de la Majesté divine; et toutes les puissances du Ciel, plongées dans la contemplation autour de son Trône, exprimant leur Amour dans une jubilation merveilleuse. Pendant que je m’efforçais de mêler ma voix à celle des chœurs célestes, les complies s’achevèrent, et les autres Sœurs quittèrent le chœur. Plongée dans la méditation, et penchée sur ma stalle comme une personne endormie, je ne voyais rien de ce qui se passait autour de moi ». (6)

Toutefois, il n’y a pas d’extase authentique sans la présence de la Croix, car l’extase chrétienne, la vraie et authentique extase, est avant tout la communion à l’extase d’Amour de Jésus, le Fils unique de Dieu, dans son acte rédempteur, ou, en d’autres termes, l’offrande de sa vie pour le salut de l’humanité, d’où le substantif « offertoire » qui désigne, pendant la célébration de la Sainte Messe, le don des oblats destinés à devenir le Corps et le Sang du Seigneur Jésus au moment de la consécration. C’est ce qu’exprime dans la liturgie catholique l’hymne magnifique du Vexilla Regis de saint Venance Fortunat, que nous chantons aux vêpres de la Semaine Sainte : « Les étendards du Roi s’avancent, Mystère éclatant de la Croix ! Au gibet fut pendue la chair du Créateur de toute chair... Arbre dont la beauté rayonne, paré de la pourpre du Roi, d’un bois si beau qu’il fut choisi pour toucher ses membres très saints ! Arbre bienheureux ! À tes branches la rançon du monde a pendu! Tu devins balance d’un corps et ravis leur proie aux enfers! Salut, autel ! Salut, victime de la glorieuse Passion ! La vie qui supporta la mort par la mort a rendu la vie ! 0 Croix, salut, unique espérance! En ces heures de la Passion, augmente les grâces des saints, remets les fautes des pécheurs ». Car il est vrai que, dans la célébration du Saint-Sacrifice de la Messe, c’est la Sainte Liturgie qui évoque et réalise, en tous points de notre terre et à tous les instants du jour et de la nuit, le Mystère de la Croix, l’Arbre de Vie miséricordieusement enraciné dans nos cœurs, son inépuisable fécondité pour le salut de nos âmes.

Je vous remercie pour votre attention, et, en vous souhaitant un excellent Jubilé, je vous bénis de tout cœur.

Abbaye bénédictine de Praglia (Padoue), le 21 et 22 octobre 2017

Cardinal Robert Sarah


1. Lettre apostolique Pacis nuntius du 24 octobre 1964.
2. Allocution prononcée le 24 octobre 1964, après avoir consacré la basilique de la célèbre abbaye qui avait été détruite le 15 février 1944 par les bombardements alliés. Elle fut reconstruite à l’identique après la guerre.
3. Numéro 271.
4. Numéro 265.
5. 1200-1268.
6. Cf. Joseph von Gôrres (1776 -1848), La mystique divine, naturelle et diabolique, traduction française de Lehrgeb âude der chris/lichenMystik, 2ème édition, 1879-1880.




mercredi 01 novembre 2017

L'affaire de Ploërmel et la loi de persécution de 1905

20171101JPIIPloermel.jpg Commentaire d'Yves Daoudal repris sur le Salon beige:

"Ceux qui ont lancé le hashtag #MontreTaCroix voulaient bien faire, sans aucun doute. Mais ils contribuent à obscurcir le problème au lieu de le montrer au grand jour.
Cette profusion de photos de croix dans des lieux publics laisse entendre que le Conseil d’Etat a jugé de façon arbitraire et partiale contre le monument de Ploërmel.
Or, tout au contraire, le Conseil d’Etat a simplement appliqué la loi, et il ne pouvait pas faire autrement. La loi de 1905 interdit explicitement l’érection de tout symbole religieux, à l’avenir, dans l’espace public. Eriger une croix sur une place de Ploërmel est donc interdit. Depuis 1905.
C’est donc la loi de persécution de 1905 qu’il faut combattre, et non le Conseil d’Etat.
C’est ce que j’avais déjà souligné, sans être entendu, même de mes amis, dans l’affaire de l’interdiction des crèches de Noël. Finalement, le Conseil d’Etat a tranché que, si ce n’était pas un symbole religieux mais une tradition culturelle, on pouvait installer une crèche de Noël dans l’espace public. Désormais, se féliciter d’un jugement qui justifie l’installation de telle crèche de Noël, c’est se féliciter que la crèche de Noël n’ait rien à voir avec la religion…
C’est surtout oublier que la loi de persécution reste intacte. Et chaque fois qu’on critique un jugement du Conseil d’Etat au lieu de souligner qu’il ne fait qu’appliquer la loi en la matière, on conforte la loi de persécution puisqu’on ne la combat pas, puisqu’on fait semblant de l’ignorer. Et c'est dramatiquement le cas quand on accumule des photos de croix anciennes pour montrer que le Conseil d'Etat est injuste...
J'ajoute qu'il n'y a aucun parti politique qui ait dans son programme une abrogation de la loi de persécution anticatholique, et, pire encore, qu'il n'y a aucun évêque qui ne le demande (c'est même tout le contraire). C'est pourquoi #MontreTaCroix est à côté de la plaque, complètement inopérant."

20171101Loi1905.jpg Ce commentaire est à rapprocher de celui de l'abbé Michel Viot qui écrit sur son blog :

"... Car ne nous y trompons pas, le conseil d’Etat qui vient d’ordonner qu’on retire à Ploërmel la croix qui se trouve au-dessus de la statue de Jean Paul II ne fait qu’appliquer l’article 28 de la loi de 1905, que tant de catholiques continuent à trouver bonne, alors qu’ils ne l’ont pas lue ! Ils auront d’autres surprises, si certaines choses ne bougent pas. Car je vous garantis qu’on peut faire « encore mieux » dans ce type d’action. Et je ne donnerai pas d’exemples pour ne pas fournir des idées à nos adversaires.
Trois Papes ont condamné cette loi. Léon XIII d’une manière préventive en 1892 dans l’encyclique "Au milieu des sollicitudes" (...), Pie X en 1906 dans l’encyclique "Vehementer nos" et Pie XI, en 1924 qui dans l’encyclique "Maximam gravissimamque" maintenait les positions de Pie X, tout en acceptant la formation d’associations cultuelles diocésaines. Le Pape ne revenait donc pas sur la condamnation par son prédécesseur de la loi de 1905. Il ne faisait qu’accepter une disposition réglementaire permettant à l’Eglise catholique de disposer d’un cadre juridique, non satisfaisant, mais qui était préférable à un vide."




mardi 31 octobre 2017

Martin Luther : 500ème anniversaire d'une révolution

20171101GerhardMuller.jpg Alors que le secrétaire général de la conférence des évêques d’Italie, Mgr Nunzio Galantino – nommé à ce poste en 2014 par le pape François – vient de qualifier la Réforme de Luther d’« événement du Saint-Esprit », le cardinal Gerhard Müller vient de tenir sur la rupture protestante il y a 500 ans un langage beaucoup plus… catholique. Dans une tribune publiée ce mardi par La Nuova Bussola Quotidiana, répondant directement et ouvertement à cette assertion, le cardinal Müller a souligné qu’il ne s’agissait pas d’une réforme, mais d’une révolution. Jeanne Smits a traduit l'article ici. Extrait :

"Il y a une grande confusion aujourd’hui dans le discours sur Luther, et il faut dire clairement que du point de vue de la théologie dogmatique, du point de vue de la doctrine de l’Eglise, il n’y eut pas en réalité une réforme mais une révolution, c’est-à-dire un bouleversement total des fondements de la foi catholique. Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était de lutter contre certains abus relatifs aux indulgences, ou contre les péchés de l’Eglise de la Renaissance. Les abus et les mauvaises actions ont toujours existé dans l’Eglise, et pas seulement à la Renaissance, – il en existe même de nos jours. Nous sommes la Sainte Eglise par la grâce de Dieu et des sacrements, mais tous les hommes d’Eglise sont pécheurs, tous ont besoin de pardon, de la contrition et de la pénitence.

Cette distinction est très importante. Dans le livre écrit par Luther en 1520, De captivitate Babylonica ecclesiae, il semble tout à fait clair que Luther a tourné le dos à tous les principes de la foi catholique, de l’Ecriture Sainte, de la Tradition apostolique et du magistère du Pape et des Conciles, et de l’épiscopat. En ce sens, il a travesti le concept de développement homogène de la doctrine chrétienne, tel qu’on l’a explicité au Moyen Age, en venant jusqu’à nier le sacrement, signe efficace de la grâce qui s’y trouve ; il a remplacé cette efficacité objective des sacrements par une foi subjective. Ce faisant, Luther a aboli cinq sacrements, et il a aussi nié l’Eucharistie : le caractère sacrificiel du sacrement de l’Eucharistie, et la transformation réelle de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ. Et encore : il a qualifié le sacrement de l’ordre épiscopal, le sacrement de l’ordre, d’invention du pape – défini comme l’Antichrist – et comme ne faisant pas partie de l’Eglise de Jésus-Christ. Nous disons au contraire que la hiérarchie sacramentelle, en communion avec le successeur de Pierre, est un élément essentiel de l’Eglise catholique, et pas seulement un principe d’organisation humaine.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter que la réforme de Luther soit définie comme une réforme de l’Eglise au sens catholique. Est catholique une réforme qui est un renouvellement de la foi vécue dans la grâce, dans le renouvellement des coutumes, de l’éthique : un renouvellement spirituel et moral des chrétiens ; pas une nouvelle fondation, une nouvelle Eglise.

Il est donc inacceptable d’affirmer que la réforme de Luther « était un événement du Saint-Esprit ». Au contraire, elle était dirigée contre le Saint-Esprit. (...)

On entend beaucoup de voix qui parlent de Luther avec trop d’enthousiasme, sans connaître exactement sa théologie, ses polémiques et les effets désastreux de ce mouvement qui a séparé des millions de chrétiens de l’Eglise catholique. (...)"




Lundi 30 octobre 2017

Martin Luther : 500ème anniversaire d'une révolution

"Martin Luther: Le chant du coq de la modernité" de Danilo Castellano

20171030LutherCastellano.jpgCinq cents ans après sa naissance, il est temps de revenir sur la Réforme initiée par Martin Luther. Celle-ci a, en effet, profondément marqué l’Histoire, à tel point que l’actuelle civilisation occidentale, et même une partie de l’Église catholique, en sont profondément imprégnées. Mais la réforme protestante fut-elle seulement une révolution religieuse qui aurait considéré impossible de revitaliser l’Église catholique de l’intérieur, celle-ci devenant de ce fait inadéquate voire incapable de répondre à ses finalités essentielles ? Dans cette approche profondément novatrice, le professeur Danilo Castellano démontre que non seulement le luthéranisme ne concerne pas seulement le domaine religieux, mais qu’il a été surtout déterminant au plan séculier parce que la réforme fut d’abord « une révolution gnostique virtuellement intégrale », matrice de notre modernité. C’est pourquoi c’est une question actuelle et non d’archives, une question de philosophie politique avant même d’être un problème religieux.

Martin Luther

Danilo Castellano
Le chant du coq de la modernité
236 pages - 12,00 euros
Editions de L’Homme Nouveau (18 octobre 2017)
pour commander

"Martin Luther" d'Ivan Gobry

20171030LutherGobry.jpgCet ouvrage, publié en 1991, constitue une solide biographie du Réformateur. Après une étude approfondie des sources, Ivan Gobry propose une vision inédite de Martin Luther, l’initiateur de la grande fracture de l’Occident moderne.
Loin du consensus laudatif qui caractérise le cinquième centenaire de la naissance de Luther, Ivan Gobry dresse ici un portrait réaliste du grand apostat.
L'auteur, six fois lauréat de l'Académie française, était particulièrement qualifié pour conduire cette étude, sur le plan religieux comme professeur de morale et de métaphysique à l'Institut catholique de Paris, sur le plan philosophique comme fondateur et directeur du département de philosophie de l'Université de Reims, sur un plan historique comme rédacteur de l'histoire du monachisme.
Cet ouvrage particulièrement apprécié en son temps -1991- concourût à ce que le Saint-Siège nomma Ivan Gobry commandeur de l'Ordre de St Grégoire le Grand, sous le pontificat de saint Jean-Paul II.

Martin Luther

Ivan Gobry
492 pages - 30,20 euros
La Table Ronde (22 mars 1991)

à lire également sur le site de l'Homme nouveau un article d'Anne Bernet sur le vrai visage de Luther




Rappel à Dieu de Gérard de Rosny


Chartres sonne, Chartres t’appelle !


ndc2015_429.jpgChers amis pèlerins,

Combien de fois avons-nous chanté ces couplets,
Tantôt vifs et entraînants sur la route,
Tantôt solennels et pleins en procession dans les cathédrales de Paris et Chartres?
Derrière le chant, il y avait une personne, Gérard de Rosny. Ancien élève de l'Ecole des Roches à Maslacq, il avait mis son talent et son art musical au plus haut service.
On lui devait, outre le chant de pèlerinage, un autre au Coeur immaculé de Marie - un Pater, un Je vous salue et un Gloria Patri - et bien des cantiques en l'honneur des saints Louis, Martin, Dominique,...
Jusqu'en ses dernières années, il a composé pour chanter la gloire divine et aider les âmes à prier sur de la beauté.
Il est décédé à 91 ans, muni des sacrements de l'Eglise, sous le scapulaire de Notre Dame. Et nous avons la ferme espérance que celle-ci, en retour, l'aura pris sous le manteau de sa protection "à l'heure de la mort".
En ce mois de novembre, l'Eglise nous fait vivre plus intensément du dogme de la communion des saints. Ayons à coeur de prier pour le repos de l'âme de Gerard de Rosny, portons-le dans le grand souvenir, l'immense mémoire des fidèles défunts, le 2 novembre prochain.

Cum quibus et nostras voces ut admitti jubeas deprecamur sine fine dicentes; Sanctus

Nous demandons cela pour vous, cher Monsieur de Rosny...
Puissiez-vous passer avec Marie ce porche de la mort et du jugement, et entrer au ciel
pour joindre votre voix à celle des anges,
et chanter au Dieu trois fois saint
l'éternel cantique de louange,
le Sanctus qui ne s'éteint pas dans la cathédrale de la Trinité!
Donnez-lui Seigneur le repos éternel
et que pour lui brille votre lumière sans déclin, ainsi soit-il.

Abbé Alexis Garnier
Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.




samedi 28 octobre 2017

Un nouveau livre d'Annie Laurent sur l'islam

20171103ALaurentislam.jpgAnnie Laurent, spécialiste incontestée de l'Islam et du Moyen-Orient publie un ouvrage sans concession intitulé L'islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore). Dans cet ouvrage soigné qui associe clarté et précision, Annie Laurent porte un regard lucide sur l'islam sans vaines polémiques. Elle offre des réponses aux nombreuses et légitimes interrogations que suscite l'islam, du fait de son omniprésence dans une actualité inquiétante, en France et dans le monde ; du fait aussi de son anthropologie juridique, social et politique dont les fondements heurtent ceux de la civilisation européenne. C'est donc un défi existentiel que l'Europe doit relever alors qu'elle connaît une crise d'identité d'une gravité sans précédent.

L'islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore)

Annie Laurent
320 pages - 19,90 euros
Editions Artège




samedi 21 octobre 2017

Retraite d'Avent de Notre Dame de Chrétienté à Fontgombault

La retraite de NDC aura lieu du samedi 2 décembre 2017 à partir de 10h (messe conventuelle) jusqu'au dimanche 3 décembre à 15h à l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault (Indre).

Elle sera prêchée par notre Aumônier Général l'Abbé Garnier, sur le thème ;
"St Jean Baptiste, priant - pénitent - prophète - martyr".
Le Père Abbé de l'Abbaye Dom Pateau, nous donnera le "coup d'envoi" samedi, avec une instruction sur la lectio divina (lecture méditée et priée de la Sainte Ecriture).

Il y a 40 places disponibles pour cette belle retraite !

C'est un excellent lancement de la nouvelle année chrétienne, et l'occasion de communier au silence, à la prière et à la contemplation des moines bénédictins. Profitons de cette hospitalité offerte "comme au Christ !"

Les inscriptions sont closes.


Prix: une participation aux frais de 40€ est demandée (incluant l’offrande pour l'abbaye, repas et hébergement).

Toutes les informations pratiques sont détaillées sur le tract à télécharger ici.

fontgombault.jpg




mardi 17 octobre 2017

Tenir les deux bouts de la chaîne !

Limites et grandeur de la politique

Par Jean-Pierre Maugendre

La foire électorale temporairement close, chacun est retourné vaquer à ses occupations domestiques. Emmanuel Macron a commencé à déployer, timidement, le programme sur lequel il a été élu : réforme du code du travail, augmentation de la CSG, promotion de la PMA pour tous, etc. En un refrain déjà mille fois répété, les vaincus des dernières joutes électorales se préparent pour les prochaines échéances et en appellent au rassemblement, chacun souhaitant réunir les autres … derrière lui. Les catholiques, un peu conscients, s’émeuvent de l’extension de la PMA aux couples de lesbiennes, y voyant une rupture anthropologique qui a, en fait, déjà eu lieu depuis bien longtemps. Ainsi va, mal, notre vie politique.

Politique d’abord ?

Le célèbre slogan maurrassien «  Politique d’abord  », qui constitue le titre du chapitre VIII de la troisième partie de La Démocratie religieuse, est précédé de l’éclairant récit des mésaventures des cloches de Suresnes. Une souscription venant d’être lancée pour remplacer les cloches de l’église de Suresnes, fondues pour ériger un bronze d’Émile Zola, le maître de Martigues observe à la fois certes la générosité mais aussi l’inanité du geste. À peine installées, ces cloches pourront être légalement déposées pour « servir à quelque statue du traître Dreyfus ». Une nouvelle souscription permettra de réinstaller des cloches qui seront alors envoyées à la fonte « pour la statue équestre du traître Ullmo » et ainsi de suite. Les fidèles souscripteurs sont alors les « moutons toujours tondus de la protestation oratoire et (les) laborieuses fourmis de la reconstruction en vain » alors que « c’est à la place Beauvau (siège du ministère de l’Intérieur) qu’il nous faut porter, non pas du bronze, non pas de l’or, mais du fer ».

Maurras observe par ailleurs que lorsque les religieux furent chassés de France, les catholiques « ne songèrent pas à chasser les expulseurs du pouvoir ; ils s’appliquèrent à trouver des biais ingénieux pour faire rentrer les expulsés en conformité avec les lois existantes ». Fort de ces observations, le dirigeant de l’Action française en appelle à un changement de régime et édicte son célèbre Politique d’abord, dont le but ultime est la prise du pouvoir par tous les moyens « même légaux » afin que les cloches de l’église de Suresnes ne soient plus menacées par un pouvoir politique foncièrement anti-catholique. Il n’y a rien à rétorquer à cela. Il faut cependant observer que la restauration, en France, par la voie démocratique, d’une autorité politique légitime animée d’un réel souci du bien commun se heurte à deux difficultés majeures. Tout d’abord un système établi, étranger à notre génie national, qui s’il gouverne mal se défend bien ayant en particulier à sa disposition l’ensemble des pouvoirs judiciaires, policiers, financiers et médiatiques. Ensuite l’affaissement d’un peuple arraché à ses racines, culpabilisé par une repentance permanente, abruti par le zapping Internet, rendu esclave de ses passions consuméristes, n’ayant plus même l’instinct de sa survie qui s’incarnerait dans la défense résolue de son identité et la transmission généreuse de la vie.

Le pari bénédictin

20171025Paribenedictin.jpgDepuis plusieurs décennies, des intellectuels chrétiens comme le tchèque Vaclav Benda (La polis parallèle) ou l’américain Rod Dreher (Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus) ont fait le constat que les pouvoirs en place, ennemis des communautés naturelles et des traditions nationales, étaient à la fois irréformables et indélogeables, sauf événements à la fois brutaux et imprévus. Pensons à la défaite de juin 1940, à la manifestation du 13 mai 1958 à Alger, à la chute du mur de Berlin, etc. Pour ces auteurs, contre la « dissociété moderne » dénoncée par le philosophe Marcel De Corte, la priorité est à la reconstitution et au développement de sociétés naturelles qui reposeront d’abord sur des familles stables et fécondes. Ces familles, naturellement, et surnaturellement procéderont d’une contre-culture chrétienne et se tiendront en dissidence par rapport à la société moderne post-chrétienne. L’essentiel est la constitution de communautés réenracinées dans leurs traditions nationales et religieuses, organisées autour de leurs églises, leurs écoles, leurs universités, leurs entreprises où se vivent les valeurs de l’Évangile. Rod Dreher propose ce qu’il nomme «le pari bénédictin» : maintenir des îlots de civilisation au milieu de l’ensauvagement général, comme le fit saint Benoît au VIe siècle alors que l’Empire romain d’Occident s’effondrait sous les assauts des Barbares. Il s’agit alors de « vivre dans la vérité » en acceptant une forme d’originalité, voire de marginalisation, inhérente à la situation de celui qui cherche à vivre intégralement sa foi dans une société sécularisée en profondeur.

Tenir les deux bouts de la chaîne

Gardons-nous d’opposer ces deux constats. « Quand Syracuse est prise, Archimède est égorgé et tant pis pour le théorème » (Maurras). Les îlots de chrétienté sont nécessaires mais ils ne peuvent se dispenser de la politique qui a pour vocation d’organiser la vie des hommes en commun. Une école prospère peut être supprimée d’un trait de plume et un village resplendissant rayé de la carte par un rezzou islamiste en quelques instants. Bien sûr les erreurs anthropologiques et les errements culturels et sociétaux qui minent nos sociétés ne seront pas résolus que par l’élection ! Force est cependant de constater, qu’à contre courant de la décadence générale de l’Occident, des gouvernements, régulièrement élus, ont entrepris des œuvres de redressement national en Russie, Pologne, Hongrie, etc. Bien voter, c’est, aujourd’hui, souvent gagner un délai précieux avant la « chute finale » qui, à vue humaine, pourrait prendre la forme d’une submersion islamo-terroriste.

Une fois encore, au lieu d’opposer il s’agit de « distinguer pour unir ». À chacun selon son charisme propre et les opportunités de s’engager là où il estimera être le plus utile. « Là où vos talents et les besoins du monde se rencontrent, là se trouve votre vocation » (Aristote).




Dimanche 15 octobre 2017

Entretien avec Martin Mosebach : un grand défenseur de la liturgie traditionnelle

20171015MartinMosebach.jpg

Entretien avec Martin Mosebach : un grand défenseur de la liturgie traditionnelle

(Présent - 13 octobre 2017)

Martin Mosebach est un célèbre écrivain allemand, connu à la fois comme romancier, scénariste, dramaturge, essayiste et poète. En 2007 il a, par exemple, obtenu le Prix Georg-Büchner, l’un des prix littéraires les plus prestigieux du pays. Ses articles contant sa découverte et sa défense de la liturgie traditionnelle ont fait un certain bruit, sa voix ne pouvant être ignorée. Il fut l’un des intervenants au colloque du 14 octobre à Rome à l’occasion du pèlerinage Summorum Pontificum.

Quel a été le rôle de la découverte de la liturgie catholique traditionnelle dans la croissance de votre foi catholique ?
C’est la découverte de la liturgie traditionnelle qui m’a ramené vers l’Eglise. Je ne suis pas un théoricien, ni un philosophe, mais au contraire une personne empirique – la liturgie traditionnelle fut pour moi la forme visible de l’Eglise et, ainsi, l’Eglise elle-même. La religion de l’Incarnation possède un rite de l’incarnation. Le côté physique du rite me convainc car le Dieu des chrétiens a été physique.

Que changeriez-vous aujourd’hui à vos propos tenus dans votre ouvrage "La Liturgie et son ennemie, l’hérésie de l’informe", paru (en tout cas dans sa traduction française) en 2005 ?
Après avoir envoyé d’innombrables lettres à Rome, il m’est apparu clairement que, au cœur de l’Eglise, il n’y avait aucune volonté forte de vraiment encourager la liturgie traditionnelle. Le pape Jean-Paul II ne portait aucun intérêt à la liturgie et le cardinal Ratzinger se heurta à une violente résistance contre tout ce qu’il voulait faire pour la liturgie. J’étais convaincu d’écrire pour une cause perdue. Par contre, la situation de la liturgie se présente mieux aujourd’hui.

En 2005, vous écriviez notamment que le catholique attaché au rite traditionnel n’avait « pas droit à l’espoir ». L’a-t-il désormais, et dans quelle mesure ?
Il serait ingrat de prétendre que Summorum Pontificum n’a pas considérablement amélioré la situation du rite traditionnel. Le plus gros espoir repose sur les jeunes prêtres, beaucoup plus favorables à l’ancien rite. Mais nous ne devons pas oublier que le combat est loin d’être terminé. La majorité des catholiques a perdu le sens liturgique. Beaucoup de catholiques pieux ne comprennent absolument pas le problème du sauvetage de la liturgie traditionnelle. A cela s’ajoute encore et toujours l’incompréhension d’une grande partie des évêques. Mon espoir se fonde sur une conversion imprévisible des mentalités – elle seule peut permettre une vaste reconnaissance du rite traditionnel.

Nous fêtons en 2017 les dix ans du motu proprio de Benoît XVI, qui a précisément déclaré que le rite traditionnel n’avait jamais été interdit, contrairement aux assertions de nombreux prêtres et même d’évêques, rite traditionnel que le pape a voulu sortir des catacombes. Mais qu’en est-il aujourd’hui sur le terrain ? En Allemagne, par exemple ?
Il y a effectivement beaucoup plus de lieux où peut être célébré le rite traditionnel, mais c’est de loin très insuffisant. Avant tout, les prêtres diocésains sont empêchés de célébrer le rite traditionnel. Dans les paroisses ordinaires, seule une petite partie des catholiques a la possibilité d’apprendre à le connaître. Celui qui le recherche peut maintenant le trouver en Allemagne, mais pour le chercher, on doit le connaître – et la majorité en est encore très éloignée.

Vous posez le problème des cantiques chantés durant la messe en Allemagne, qui n’y ont pas une place très ancienne (insérés pour répondre au protestantisme). Ne rejoignez-vous pas en cela le cardinal Sarah et sa louange du silence ?
Le problème des chants est avant tout qu’ils dissimulent le déroulement de la liturgie. La liturgie est confuse pour les paroissiens quand ceux-ci chantent et que le prêtre est en train de faire quelque chose de tout à fait différent. C’est un problème essentiellement allemand, qui n’est pas encore trop important, à savoir que la plupart des chants sont fort beaux mais qu’ils dérangent la liturgie. L’éloge du silence dont le cardinal Sarah a parlé rejoint avant tout, je pense, le silence du Canon, qui n’est naturellement pas prononcé à haute voix.
Mon plaidoyer contre les chants était avant tout un plaidoyer en faveur de la chorale grégorienne, un retour à la musique essentielle de l’Eglise, une musique qui est partie intégrante de la liturgie et non pas sa décoration.

Vous remarquez que l’antiritualisme actuel est dû plus à une faiblesse religieuse, à une sorte d’asthénie, qu’à une passion religieuse. N’est-ce pas pire que tout ?
Oui, c’est bien plus grave ! Les anciennes hérésies se caractérisaient par une violente passion – les hérétiques étaient souvent prêts à risquer leur vie et leurs adhérents étaient fréquemment de véritables ascètes – pensez seulement au calvinisme français. La crise actuelle est le résultat d’un embourgeoisement de l’Eglise et propage une médiocrité bourgeoise. Elle produit une hérésie de l’indifférentisme.

Aujourd’hui à Rome, en septembre 2017, pour cet anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum, ne voyons-nous pas « ces prêtres et ces moines inflexibles maintenant en vie la tradition par leur résistance, pour qu’elle n’ait pas un jour à être reconstruite de manière livresque » que vous appeliez de vos vœux ?
Effectivement, cela fait partie du grand bonheur de ce colloque romain de voir combien bon nombre de jeunes prêtres et de moines se tiennent prêts à reprendre le flambeau. Au regard du nombre total des catholiques dans le monde, ils restent peu nombreux, mais cependant suffisamment pour maintenir en vie la question du rite. C’est aussi un avantage particulier qu’il y ait désormais beaucoup de communautés spirituelles d’un caractère très différent qui s’emploient à maintenir le rite traditionnel – c’est vraiment catholique et montre que le rite a sa place dans toutes les formes imaginables de spiritualité.

Propos recueillis par Anne Le Pape

"La Liturgie et son ennemie, l’hérésie de l’informe" - Martin Mosebach
éd. Hora Decima, 196 pages, 18 euros.




samedi 14 octobre 2017

Le service achat de NDC recherche un acheteur bénévole

logo-actu.jpg Durée de l'engagement : quelques heures par semaine selon les dossiers en amont du pélérinage entre novembre 2017 et avril 2018.

Si vous avez une experience professionnelle d'acheteur ou si vous souhaitez vous impliquer pour l'association Notre Dame de Chrétienté en cours d'année rejoignez nous.

Contact : envoyer votre candidature ou posez vos questions sur

- page 1 de 35