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Notre-Dame de Chrétienté - pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres

     
 

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Dimanche 15 octobre 2017

Entretien avec Martin Mosebach : un grand défenseur de la liturgie traditionnelle

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Entretien avec Martin Mosebach : un grand défenseur de la liturgie traditionnelle

(Présent - 13 octobre 2017)

Martin Mosebach est un célèbre écrivain allemand, connu à la fois comme romancier, scénariste, dramaturge, essayiste et poète. En 2007 il a, par exemple, obtenu le Prix Georg-Büchner, l’un des prix littéraires les plus prestigieux du pays. Ses articles contant sa découverte et sa défense de la liturgie traditionnelle ont fait un certain bruit, sa voix ne pouvant être ignorée. Il fut l’un des intervenants au colloque du 14 octobre à Rome à l’occasion du pèlerinage Summorum Pontificum.

Quel a été le rôle de la découverte de la liturgie catholique traditionnelle dans la croissance de votre foi catholique ?
C’est la découverte de la liturgie traditionnelle qui m’a ramené vers l’Eglise. Je ne suis pas un théoricien, ni un philosophe, mais au contraire une personne empirique – la liturgie traditionnelle fut pour moi la forme visible de l’Eglise et, ainsi, l’Eglise elle-même. La religion de l’Incarnation possède un rite de l’incarnation. Le côté physique du rite me convainc car le Dieu des chrétiens a été physique.

Que changeriez-vous aujourd’hui à vos propos tenus dans votre ouvrage "La Liturgie et son ennemie, l’hérésie de l’informe", paru (en tout cas dans sa traduction française) en 2005 ?
Après avoir envoyé d’innombrables lettres à Rome, il m’est apparu clairement que, au cœur de l’Eglise, il n’y avait aucune volonté forte de vraiment encourager la liturgie traditionnelle. Le pape Jean-Paul II ne portait aucun intérêt à la liturgie et le cardinal Ratzinger se heurta à une violente résistance contre tout ce qu’il voulait faire pour la liturgie. J’étais convaincu d’écrire pour une cause perdue. Par contre, la situation de la liturgie se présente mieux aujourd’hui.

En 2005, vous écriviez notamment que le catholique attaché au rite traditionnel n’avait « pas droit à l’espoir ». L’a-t-il désormais, et dans quelle mesure ?
Il serait ingrat de prétendre que Summorum Pontificum n’a pas considérablement amélioré la situation du rite traditionnel. Le plus gros espoir repose sur les jeunes prêtres, beaucoup plus favorables à l’ancien rite. Mais nous ne devons pas oublier que le combat est loin d’être terminé. La majorité des catholiques a perdu le sens liturgique. Beaucoup de catholiques pieux ne comprennent absolument pas le problème du sauvetage de la liturgie traditionnelle. A cela s’ajoute encore et toujours l’incompréhension d’une grande partie des évêques. Mon espoir se fonde sur une conversion imprévisible des mentalités – elle seule peut permettre une vaste reconnaissance du rite traditionnel.

Nous fêtons en 2017 les dix ans du motu proprio de Benoît XVI, qui a précisément déclaré que le rite traditionnel n’avait jamais été interdit, contrairement aux assertions de nombreux prêtres et même d’évêques, rite traditionnel que le pape a voulu sortir des catacombes. Mais qu’en est-il aujourd’hui sur le terrain ? En Allemagne, par exemple ?
Il y a effectivement beaucoup plus de lieux où peut être célébré le rite traditionnel, mais c’est de loin très insuffisant. Avant tout, les prêtres diocésains sont empêchés de célébrer le rite traditionnel. Dans les paroisses ordinaires, seule une petite partie des catholiques a la possibilité d’apprendre à le connaître. Celui qui le recherche peut maintenant le trouver en Allemagne, mais pour le chercher, on doit le connaître – et la majorité en est encore très éloignée.

Vous posez le problème des cantiques chantés durant la messe en Allemagne, qui n’y ont pas une place très ancienne (insérés pour répondre au protestantisme). Ne rejoignez-vous pas en cela le cardinal Sarah et sa louange du silence ?
Le problème des chants est avant tout qu’ils dissimulent le déroulement de la liturgie. La liturgie est confuse pour les paroissiens quand ceux-ci chantent et que le prêtre est en train de faire quelque chose de tout à fait différent. C’est un problème essentiellement allemand, qui n’est pas encore trop important, à savoir que la plupart des chants sont fort beaux mais qu’ils dérangent la liturgie. L’éloge du silence dont le cardinal Sarah a parlé rejoint avant tout, je pense, le silence du Canon, qui n’est naturellement pas prononcé à haute voix.
Mon plaidoyer contre les chants était avant tout un plaidoyer en faveur de la chorale grégorienne, un retour à la musique essentielle de l’Eglise, une musique qui est partie intégrante de la liturgie et non pas sa décoration.

Vous remarquez que l’antiritualisme actuel est dû plus à une faiblesse religieuse, à une sorte d’asthénie, qu’à une passion religieuse. N’est-ce pas pire que tout ?
Oui, c’est bien plus grave ! Les anciennes hérésies se caractérisaient par une violente passion – les hérétiques étaient souvent prêts à risquer leur vie et leurs adhérents étaient fréquemment de véritables ascètes – pensez seulement au calvinisme français. La crise actuelle est le résultat d’un embourgeoisement de l’Eglise et propage une médiocrité bourgeoise. Elle produit une hérésie de l’indifférentisme.

Aujourd’hui à Rome, en septembre 2017, pour cet anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum, ne voyons-nous pas « ces prêtres et ces moines inflexibles maintenant en vie la tradition par leur résistance, pour qu’elle n’ait pas un jour à être reconstruite de manière livresque » que vous appeliez de vos vœux ?
Effectivement, cela fait partie du grand bonheur de ce colloque romain de voir combien bon nombre de jeunes prêtres et de moines se tiennent prêts à reprendre le flambeau. Au regard du nombre total des catholiques dans le monde, ils restent peu nombreux, mais cependant suffisamment pour maintenir en vie la question du rite. C’est aussi un avantage particulier qu’il y ait désormais beaucoup de communautés spirituelles d’un caractère très différent qui s’emploient à maintenir le rite traditionnel – c’est vraiment catholique et montre que le rite a sa place dans toutes les formes imaginables de spiritualité.

Propos recueillis par Anne Le Pape

"La Liturgie et son ennemie, l’hérésie de l’informe" - Martin Mosebach
éd. Hora Decima, 196 pages, 18 euros.




samedi 14 octobre 2017

Le service achat de NDC recherche un acheteur bénévole

logo-actu.jpg Durée de l'engagement : quelques heures par semaine selon les dossiers en amont du pélérinage entre novembre 2017 et avril 2018.

Si vous avez une experience professionnelle d'acheteur ou si vous souhaitez vous impliquer pour l'association Notre Dame de Chrétienté en cours d'année rejoignez nous.

Contact : envoyer votre candidature ou posez vos questions sur



samedi 07 octobre 2017

Prions pour Pierre Vouters

Chapelet-619x350.jpgChers confrères prêtres, religieux
chères soeurs,
bien chers pèlerins,

Ce petit "billet de famille" est pour vous confier dans la prière une intention importante.

Pierre Vouters, un des bénévoles du pèlerinage, est actuellement dans un état jugé préoccupant suite à un AVC. Il risque une lourde operation avec des séquelles.

Je connais Pierre depuis les premières années au chapitre Enfants... un ancien du pèlerinage m'a confirmé que Pierre servait déjà au pélé, dès les années 2000!
Toujours là, avec son bob et son fourgon blanc chargé de matériel de sonorisation, il a été "la voix" ou plutôt le "porte -voix" des aumôniers et chefs successifs, avec discrétion et compétence.
Au prix d'une savante alchimie de fils, de baffles et de trépieds, nous avions de quoi mener les enfants dans la prière, les jeux, la veillée, les consignes pratiques. Suite à des ennuis de santé, il a du interrompre son service il y a 2 ans.
Il avait déjà eu une alerte l'an passé, et avait été hospitalisé à Mantes la Jolie.

Aujourd'hui, il doit envisager une très lourde intervention chirurgicale, et je souhaite le confier, lui et sa famille, à votre prière.

Qui parmi vous est ancien (ne) du Chapitre Enfants?
Qui parmi vous a connu ces bivouacs, ces veillées festives et ces paisibles adorations eucharistiques?
C'est particulièrement vers vous que je me tourne, car Pierre est un des membres discrets de cette belle famille spirituelle du Chapitre Enfants.
Confions-le au fil du chapelet à Notre Dame, en ce mois d'octobre, et prions pour les siens.
Je vous bénis, et vous remercie d'avance de cette charité!

Notre Dame du Saint Rosaire, priez pour lui!
Saint Pierre, priez pour lui!

Vd abbé Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.




Université d'automne de Notre Dame de Chrétienté le 18 novembre 2017

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L'Université d'Automne 2017 aura lieu le samedi 18 novembre de 8h30 à 17h30 au lycée Gerson 31 rue de la Pompe 75116 Paris (entrée par le Bd Emile Augier 75116).

Parmi les intervenants, nous aurons le plaisir d'accueillir :

  • Alain Toulza qui, centenaire de la fin de la Grande Guerre oblige, nous parlera de Patrie et paternité, à travers nos "Pères dans les tranchées 14-18".
  • Matthieu Detchessahar qui, sous le patronage de St-Joseph artisan, nous donnera une vision de l'attitude du chrétien face aux mutations économiques.
  • Jean-Frédéric Poisson, président du PCD, qui fera un tour d'horizon de la situation politique de la France après les élections et de l'engagement du chrétien en politique.



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Cette Université rassemblera tous les pèlerins ou sympathisants dans la préparation et la conduite de notre prochain pèlerinage, dont le thème 2018 s’intitulera : « Saint Joseph, Père et Serviteur ».

Un filtrage (et une fouille des sacs) des inscrits sera réalisé à l’entrée : se munir d’une carte d’identité. Stationnement possible mais limité dans la cour de l’école.

Tarifs Les frais de participation s'élèvent suivant la formule choisie :

  • à 15 euros, café et plateau repas inclus.
  • gratuit (inscription simple), café et déjeuner non fournis (repas tiré du sac).


Dans tous les cas, il est impératif de se préinscrire en ligne via le formulaire ci-dessous, quelle que soit la formule choisie. Le paiement se fait de préférence en ligne par carte bleue ou en envoyant un chèque par la poste. Pour des raisons de sécurité liées à l’état d’urgence, il ne sera pas possible de s'inscrire sur place.

Nous vous invitons instamment à vous inscrire au plus vite en ligne, en cliquant sur le lien ci-dessous, pour confirmer votre participation.


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Assurez-vous bien que chacun de vos chapitres (chacune de vos équipes) est représenté ! Invitez vos amis, habitués ou non de nos pèlerinages de chrétienté !




mardi 26 septembre 2017

14 octobre 2017 - Colloque sur cent ans d’abominations communistes

Inscriptions en ligne




vendredi 22 septembre 2017

« Un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité »

« Un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité »

20170922PdeBlignieresRome.jpgDimanche 17 septembre, dans l'église de la Trinité des Pèlerins, le RP de Blignières, fondateur des dominicains de Chéméré (et de nouveau Prieur depuis le 20 septembre), a prononcé le sermon de clôture du pèlerinage Summorum Pontificum.

"Le Concile de Trente, pour rendre raison des cérémonies du Saint Sacrifice de la Messe, rappelle que la nature de l’homme a besoin d’aides extérieures et de signes visibles afin de s’élever à la contemplation des choses divines. On peut en tirer une définition du rite : « un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité ». Le rite du sacrifice de la messe, c’est ce qui met à la portée de la nature humaine la vérité sur Dieu, la vérité sur l’homme, et la vérité sur le Christ. En sa forme latine traditionnelle, il rend tangibles, avec une efficacité insurpassable, ses trois aspects.

La vérité sur Dieu : Dieu est Trinité


Celui qui assiste pour la première fois à la messe dans le rite traditionnel est tout de suite frappé par l’ambiance sacrée qui s’en dégage. L’architecture majestueuse, la disposition de l’espace avec un lieu réservé aux ministres et un autre aux fidèles, l’orientation de la célébration, l’attitude recueillie et hiératique du célébrant, les vêtements particuliers qu’il revêt, la langue inaccoutumée qu’il emploie, les gestes de révérence qu’il fait en direction du tabernacle et des oblats consacrés, notamment les nombreuses génuflexions, enfin le mystérieux silence du canon : tout porte à sortir du monde profane et à se mettre en présence de Quelqu’un qui dépasse le monde.

Mais si cet assistant prend la peine de suivre dans un missel ce que dit le prêtre, il est alors touché par un aspect étonnant de la prière. Certes, on y supplie avec grand respect celui que toutes les traditions de l’humanité appellent « Dieu », mais on le fait avec la certitude confiante d’un enfant s’adressant à son père. L’onction inimitable des très anciennes prières latines nous met en rapport, non avec un grand architecte impassible de l’Univers, mais avec une réalité mystérieuse et fascinante : la Trinité. On s’adresse à elle, étonnamment, comme si on était de la famille ! On lui parle avec une audace inouïe, on se présente à elle dans le voisinage de toute une nuée de saints personnages qui ont un grand crédit auprès d’elle. On ne cesse surtout de parler de son Fils, et chaque fois que l’on évoque son nom, on incline la tête.

Oui, les rites de la tradition latine soulignent fortement que c’est à la Trinité que l’on s’adresse, avec des gestes expressifs, et des paroles où se conjuguent l’adoration et l’amour. Ainsi l’offertoire de la messe dominicaine : « Recevez, sainte Trinité, cette offrande que je vous offre en mémoire de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et accordez qu’elle monte en votre présence et vous soit agréable, et qu’elle opère mon salut éternel et celui de tous les fidèles ».

La vérité sur l’homme : l’homme est « perdu »


Mais rapidement, une deuxième note se dégage, pour celui qui découvre les rites anciens. Ils rendent sensibles la vérité sur l’homme. Cette vérité, c’est que, laissé à lui-même, l’homme est « perdu ». La recherche d’un sens à une vie qui parait souvent absurde, le scandale du mal et spécialement celui de la souffrance des innocents, le sentiment, au moins confus, d’une culpabilité personnelle : quiconque réfléchit, au lieu de se « divertir », expérimente cela… Que devient cette angoisse existentielle, lorsqu’elle se confronte à un rite rempli de la sagesse des siècles catholiques ? Elle reçoit un nom : le péché. Tant dans les liturgies orientales que dans celles de l’occident, on remarque quelque chose de très émouvant : le prêtre, et avec lui les fidèles qui s’unissent au sacrifice, reconnaissent la vérité de leur misère.

Voyez le célébrant dans les prières préparatoires de la messe romaine : il semble hésiter à monter à l’autel avant d’avoir, de nombreuses manières, reconnu son indignité : par un psaume admirable, par une confession de ses fautes, par des versets qui ressemblent à des oraisons jaculatoires ! Voyez le prêtre au rit dominicain, comme il s’incline profondément durant les Confiteor, le sien et aussi celui des ministres, comme s’il voulait prendre aussi sur lui leurs péchés ! Voyez les prières du canon romain « si pur de toute erreur, qu’il n’est rien en lui qui ne respire grandement la sainteté et la piété », ce canon où le célébrant, à diverses reprises, prosterné, implore humblement, tel un pécheur qui ne peut s’appuyer sur ses mérites (Te igitur, Supplices te rogamus, Nobis quoque peccatoribus) ! Voyez les bouleversantes prières du prêtre avant la communion !

Une des raisons du rayonnement des rites anciens sur les convertis – je parle d’expérience –, c’est qu’ils assument, avec une clairvoyance convaincante, cette part de la vérité de l’homme trop souvent camouflée : il est pécheur et il a besoin de rédemption. Et ces rites ont le secret de mettre avec espérance cette misère au contact de la miséricorde.

La vérité sur le Christ : son sacrifice, offert par l’Église, réconcilie l’homme à Dieu


Par toute la tonalité d’une célébration selon un rite « d’usage vénérable et antique », l’assistant – combien de fois n’en avons-nous pas reçu la confidence ! – sent « qu’il se passe quelque chose ». Au cœur du silence sacré du canon, les gestes qui entourent la double consécration mettent comme sous ses yeux le mystère de la foi. Il remarque, dans son missel, que le célébrant, durant tout le canon, a désigné les oblats par des signes de croix. Il voit les fidèles recevoir l’hostie consacrée à genoux et sur les lèvres et demeurer ensuite en prière silencieuse. S’il interroge le prêtre après la messe, il est préparé à apprendre et à comprendre que l’essence de la messe est un sacrifice. Ce sacrifice de louange à la Trinité est un sacrifice propitiatoire « pour (son) salut éternel et celui de tous les fidèles ».

D’ailleurs il se rend compte, par les mouvements que fait le prêtre et par son orientation, que tout est axé, non sur le prêtre lui-même, mais sur le Christ, en sa présence au tabernacle et dans les oblats consacrés. Il voit comment le célébrant tient les doigts joints après avoir touché le Corps du Christ, et avec quelle amoureuse précaution il recueille sur le corporal toutes les parcelles consacrées. D’une part, le besoin de salut est fortement souligné ; d’autre part, les paroles et les gestes nous mettent sensiblement en contact avec le renouvellement mystique et non sanglant d’un sacrifice salutaire. Ainsi au rite dominicain, le célébrant, après la consécration, écarte largement les bras, comme le Christ sur la Croix. Pour le rite de la paix, il embrasse d’abord le calice contenant le précieux Sang du Christ et sur lequel il tient son Corps immaculé, pour bien signifier que la paix qu’il transmet aux ministres vient du sacrifice du Christ.

Les rites anciens conviennent encore à la nature de l’homme sous l’aspect où ils traduisent la médiation historique de l’Église. Le canon romain en particulier « est fait soit des paroles mêmes du Seigneur, soit des traditions des apôtres et des pieuses instructions des saints pontifes ». C’est une consolation de docilité filiale, pour un prêtre de rite latin, de savoir qu’il prie avec le même canon que saint Grégoire le Grand. C’est une grande sûreté doctrinale et une joie immense pour lui de s’effacer devant des rites utilisés au cours des siècles par de si nombreux saints, et de vivre des cérémonies qui ont sanctifiées des générations de fidèles. Il est très émouvant, par exemple, pour un dominicain, de savoir que les gestes et les paroles qu’il emploie en célébrant la sainte messe ont fait pleurer notre Père saint Dominique et le Docteur eucharistique saint Thomas d’Aquin.

Conclusion


Oui, le rite rend sensible la vérité, le rite latin traditionnel souligne merveilleusement la vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le sacrifice du Christ. Mais la vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? Rendons grâces à Dieu de pouvoir « prier sur de la beauté ». Et remercions l’Église d’avoir, après une longue période de confusion et d’injustices, rendu « l’honneur qui lui est dû » à ce rite qui a suavement et fortement porté, et qui portera encore, sans doute jusqu’à la Parousie, tant d’hommes, vers le mystère insondable du sacrifice du Christ."




mercredi 20 septembre 2017

14-15 octobre 2017 - Rejoignez le Chapitre Saint Martin vers le Mont Saint Michel




Changement de prieur à la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier

20170924FSVFPrieur.jpg Notre Dame de Chrétienté tient à remercier le Père de Saint Laumer pour son soutien si actif et pour son aide à notre Pèlerinage durant tout le temps de son mandat à la tête de la FSVF.

Et nous nous réjouissons de l'élection du Père de Blignières, fidèle conseiller du pèlerinage depuis la création de Notre Dame de Chrétienté.




Les 100 ans du communisme - Les complices des systèmes communistes

Thierry Wolton est l'auteur d'une Histoire mondiale du communisme en 3 tomes. Le 3e tome est consacré aux complices de cette engeance totalitaire. Thierry Wolton est interviewé par Eugénie Bastié dans Le Figarovox (extraits):

"Les intellectuels et le communisme étaient faits pour se rencontrer depuis que Lénine a compris que le prolétariat n'allait pas briser ses chaînes d'exploité, comme le croyait Marx, et qu'il fallait un parti de révolutionnaires professionnels pour prendre le pouvoir, comme il l'écrit dans Que faire? en 1902. La révolution, devenait du coup une affaire d'intellectuels éclairés, chargés de faire le bonheur du peuple malgré lui. Être au centre du pouvoir, en tant que conseiller ou comme acteur, est un vieux rêve de l'élite pensante depuis Platon. De plus, le déterminisme historique qui caractérise la théorie marxiste, avec la lutte des classes comme moteur de l'histoire et l'inéluctable avènement du communisme, stade suprême de l'humanité, offrait aux intellectuels la feuille de route dont ils rêvaient. Les voilà au cœur de l'action avec la boussole pour les diriger. Le communisme une fois instauré, tous les régimes en question ont éliminé les intellectuels qui n'étaient pas dans la ligne, mais tant qu'il s'est agi du sang des autres là-bas, au loin, de ceux qui subissaient, la plupart des intellectuels occidentaux sympathisants ont continué à croire en l'avenir radieux.

À vous lire, il semble que la France ait fourni les plus beaux contingents de ces «complices». Pourquoi selon vous «l'opium des intellectuels» a-t-il eu autant d'emprise dans notre pays?
L'expression «opium des intellectuels» est de Raymond Aron, l'un de nos rares intellectuels à avoir échappé à l'attraction communiste. L'appétence particulière de nos «penseurs» pour cette idéologie tient à plusieurs facteurs. Pour l'essentiel, disons que le rapport de l'intellectuel français au pouvoir est singulier, au phénomène de cour mis en place sous la royauté: être proche, avoir l'oreille du prince a toujours été une marque de reconnaissance. En France le pouvoir attire, jusqu'à aveugler souvent. D'autre part, la philosophie des Lumières qui a annoncé la Révolution française a démontré comment la pensée pouvait préparer les esprits aux bouleversements politiques et sociaux, ce que le communisme systématise avec le parti de Lénine justement. Le facteur révolution joue aussi son rôle, toute la culture post 1789 a magnifié ce moment, c'est seulement récemment que nous avons pris conscience que l'instrumentalisation idéologique pouvait conduire à la Terreur, comme en 1793. L'expression populaire «on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs» présente les excès révolutionnaires comme nécessaires, donc acceptables. En réalité, il n'y a jamais eu de révolution communiste, c'est l'une des impostures de cette histoire. Dans les faits, le pouvoir n'a jamais été conquis à la suite d'une révolte populaire: le coup d'État de Lénine en octobre 1917, la guerre civile gagnée par Mao en 1949, la guerre de libération nationale conduite par Ho Chi Minh au Vietnam en sont quelques exemples. Le terme de «révolution communiste» est un oxymore que nos intellectuels ont vénéré.

Vous évoquez notamment le concept de «compagnon de route». Que signifie-t-il? Quels ont été les plus célèbres d'entre eux?
L'expression est due à Trotski, en 1922. Elle désigne l'intellectuel qui est prêt à faire un bout de chemin avec les communistes sans pour autant adhérer au parti. «Pour un compagnon de route, la question se pose toujours de savoir jusqu'où il ira», dit Trotski, idéologue du communisme parmi les idéologues. Le terme s'est décliné en plusieurs langues: papoucki en russe, fellow traveller en anglais, Mitlaufer en allemand, compagno di strada en italien, etc. Dans à peu près tous les pays du monde il y a eu des compagnons de route: GB Shaw en Grande Bretagne, Dashiell Hammett aux Etats Unis, Bertolt Brecht en Allemagne, Alberto Moravia en Italie, etc. Il serait plus court de citer les intellectuels restés lucides.

Quelles différences faites vous entre le «compagnon de route» et «l'idiot utile» dont vous parlez aussi?
Lénine désignait par ce terme l'homme politique, l'homme d'affaires qui pouvaient être utilisés pour promouvoir tel ou tel aspect du communisme, par orgueil (se rendre intéressant), par ignorance, par cupidité, bref en usant de tous les ressorts humains. Le plus connu des «idiots utiles» est l'ancien président du Conseil français, sous la IIIe République, Edouard Herriot, invité en Ukraine au début des années 1930 alors que la famine, instrumentalisée par Staline pour liquider les paysans récalcitrants à la collectivisation, battait son plein. Il en a nié la réalité, soit plusieurs millions de morts. Plus près de nous, François Mitterrand s'est prêté à la même opération pour le compte de Mao. Reçu par le Grand Timonier alors que la famine décimait le pays à cause du Grand bond en avant, il en a contesté l'ampleur comme Mao lui avait dit. De 30 à 50 millions de Chinois sont morts à cette époque. On ne compte pas les hommes d'affaires capitalistes qui ont aidé les régimes communistes à survivre par des crédits ou en livrant du matériel, de la technologie jusque et y compris à l'usage des travailleurs forcés des camps de concentration. Tout ce passé est douloureux pour nos consciences, voilà pourquoi aussi il est tentant de l'oublier, voire de l'escamoter.

Certains comme Gide et son Retour d'URSS font leur mea-culpa, mais d'autres comme Sartre ou Aragon persisteront dans l'erreur. Quels sont les ressorts de cette «cécité volontaire»?
La fameuse phrase de Sartre sur «il ne faut pas désespérer Billancourt», peut-être une explication de cette cécité. Le communisme a représenté un tel espoir que peu importait la réalité. Pour beaucoup il était préférable de croire que de voir, donc ils se sont aveuglés d'eux-mêmes car la vérité sur le communisme a été connue dès les premiers mois, les témoignages n'ont jamais cessé de s'accumuler: qui voulait savoir pouvait savoir. C'est bien ce qui rend cet aveuglement coupable, autant, quitte à choquer, que ceux qui savaient sur la Shoah avant la découverte des camps d'extermination en 1945 mais qui se sont tus pour raison d'État, dans un contexte de guerre mondiale. L'indifférence, pis les mensonges qui ont couvert la réalité communiste, ne bénéficient même pas d'une telle excuse. C'est ainsi que des dizaines de millions de personnes ont disparu dans ces régimes que la doxa intellectuelle présentait comme LE modèle pour l'humanité. La culpabilité est immense ce qui rend ce passé si douloureux pour la conscience universelle. Certains sont toutefois plus coupables que d'autres. Un Aragon, apparatchik communiste jusqu'à ses derniers jours, est cent fois plus blâmable qu'un Sartre qui a fait des allers-retours avec l'idéologie. "




samedi 16 septembre 2017

Cardinal Robert Sarah : « On vous appelle souvent catholiques traditionalistes. Ne vous faites pas appeler ainsi. Vous êtes catholiques, et c’est tout »

20170914CardinalSarahv1.jpgLe jeudi 14 septembre, fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, s’est déroulé à Rome, dans l’auditorium de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, un congrès sur le thème : « Le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, une nouvelle jeunesse pour l’Eglise », organisé par le Cœtus internationalis Summorum Pontificum. Extrait du compte-rendu de l'abbé Angelo Citati (FSSPX).

"(...) Les travaux de l’après-midi ont débuté par une conférence du cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, sur « le silence et le primat de Dieu dans la sainte liturgie ». Le cardinal a montré, entre autres, l’importance d’être tourné ad Deum dans la célébration de la messe, choix qui se révèle aussi « pastoralement plus avantageux », et l’importance des détails dans la liturgie. Il a ensuite mis en avant les bienfaits du motu proprio Summorum Pontificum, dont le principal effet a été de veiller à « mettre fin aux divisions dans l’Eglise qui ont été causées par la réforme liturgique ». Il a également précisé sa pensée au sujet de la création d’un rite unique qui serait la synthèse de l’ancien et du nouveau, et au sujet de l’enrichissement mutuel des deux rites. Parvenir un jour à avoir une seule forme du rite romain, a-t-il dit, est sans doute souhaitable, mais il faut absolument éviter l’erreur que l’on fit lors de la réforme liturgique postconciliaire, à savoir l’imposition d’en haut d’une réforme artificielle : ce processus d’unification devrait donc être quelque chose de lent et de spontané, et n’apparaît en aucune manière dans l’agenda de la Congrégation pour le Culte divin. Quant à l’enrichissement des deux rites, il a déclaré que, selon son avis personnel, on devrait intégrer dans le nouveau rite l’offertoire et le canon romain récité à voix basse de l’ancien, tandis que celui-ci pourrait être enrichi par un lectionnaire plus vaste.

Le cardinal a conclu son intervention par trois vibrants appels. Tout d’abord, un appel à ceux qui sont opposés à la liturgie ancienne: « Allez visiter les communautés qui célèbrent cette liturgie, et vous verrez. Vous y verrez beaucoup de jeunes. Vous pourrez constater qu’il ne s’agit pas de nostalgiques ». Ensuite un appel aux évêques: « Je vous en supplie, ouvrez vos cœurs. L’usus antiquior de la liturgie romaine devrait être considéré comme une chose normale dans l’Eglise du XXIe siècle. Même s’il devait rester numériquement inférieur, il ne le sera jamais qualitativement ». Et pour conclure, un appel aux traditionalistes eux-mêmes : « On vous appelle souvent catholiques traditionalistes. Ne vous faites pas appeler ainsi. Vous êtes catholiques, et c’est tout. Vous ne devez pas être un groupe spécial à placer dans un ghetto ou sur l’étagère d’une bibliothèque. Un des fruits du motu proprio doit être précisément de sortir de cette logique du ghetto. Si vous ne l’avez pas fait il y a dix ans, faites-le maintenant : quittez les chaînes du ghetto ! »




jeudi 07 septembre 2017

GRANDIR, CONDUIRE et SERVIR pour permettre à chaque personne de S’ACCOMPLIR

"Passeurs d'hommes" : une formation proposée par ICHTUS

Tout homme dans le monde est appelé à être un PASSEUR d’hommes vers la liberté parce qu’il est responsable de lui-même et de son prochain mais aussi des sociétés où il vit. La vie est un don mais c’est aussi une tâche. Comment être humain ? Comment se forger et garder un cœur d’homme ou de femme ? Comment assurer cette responsabilité de PASSEUR ?
Pour s’accomplir, chacun doit GRANDIR puis CONDUIRE les autres en assumant des responsabilités de parent, d’éducateur, de management afin de SERVIR le bien commun par son travail, en exerçant des responsabilités économiques et politiques dans la société.
20170908ICHTUSpasseursv1.png Ce parcours, proposé par ICHTUS, est fondé sur l’enseignement de saint Jean-Paul II, pour découvrir ce qu’est la personne humaine, son désir du bonheur et de vie en société, les principes et habitus qui gouvernent ses actes. Il sera animé par François-Xavier Clément, directeur de Saint-Jean de Passy, Bruno de Saint Chamas, président d’Ichtus avec la participation du Père Stalla Bourdillon, curé de Sainte Clotilde, responsable du service pastoral d’études politiques (Spep), Michel Boyancé, doyen de l’IPC, Pierre-Yves Gomez, directeur de l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises (I.F.G.E.) et fondateur des parcours Zachée, Mathieu Detchessahar, professeur des universités à l’IAE de Nantes, Philippe Pichot-Bravard, docteur en droit et maître de conférence en histoire du droit public, Alexandre Dianine Havard, fondateur de l’institut de leadership vertueux qui viendra spécialement de Moscou.
Vous êtes chefs d’entreprises, responsables d’équipe, enseignants, éducateurs ou tout simplement parents et vous disposez de peu de temps. Vous désirez développer votre leadership pour conduire à l’excellence ceux dont vous avez la responsabilité ? Venez découvrir la richesse et la cohérence d’une vision de l’homme associée à une pratique qui a démontré sa fécondité dans le temps. Ce parcours s’adresse en priorité à ceux qui exercent ou exerceront des responsabilités humaines dans la société et désirent permettre à des enfants, des élèves, des équipiers de s’accomplir.
Ce parcours se déroule sur 11 séances qui forment un tout, le lundi de 20h à 21h30, à partir du 2 octobre 2017 dans les locaux de Saint-Jean de Passy, 72 rue Raynouard Paris 75016.

Voir le programme et s’inscrire




Dimanche 25 juin 2017

Notre Dame de Chrétienté : un Pèlerinage qui dépasse les frontières

20170626TagesPostv1.jpgGrâce à des pélerins germanophones enthousiastes un article à été publié en pleine page dans le numéro du 10 juin du "Tagespost". Pour accèder à l'article cliquez sur la photo qui l'illustre.




Dimanche 18 juin 2017

Cardinal Sarah : "France, royaume de Marie et des saints"

Préface du Cardinal Robert Sarah
au livre "Pèlerinages de France" (de Guy Barrey)

« De la vitalité des sanctuaires dépend en grande partie le renouveau de la foi catholique dans le cœur de nos contemporains. »

20170611PelerinagesdeFrancecouv1.jpgLa France, le Royaume de Marie, le Jardin de Notre-Dame, est aussi le pays, que dis-je, la patrie des saints… « Là où les saints passent, Dieu passe avec eux ! » s’était exclamé le pape saint Jean-Paul II à Ars, en 1986, ouvrant ainsi la voie à ce renouveau de la foi qui est bien perceptible, de Lille à Marseille, et de Brest à Strasbourg (sans oublier la Corse et l’Outremer), grâce à des familles chrétiennes ferventes et des communautés monastiques et religieuses qui attirent de nombreuses vocations. Les prêtres eux-mêmes, dans les paroisses, qui ont maintenant la dimension d’un ou plusieurs cantons, et bien entendu les séminaristes, par la vitalité de leur vie spirituelle, sont les ambassadeurs de cette petite flamme de l’Espérance que Charles Péguy, le pèlerin de Notre-Dame de Chartres, évoquait à une époque où, déjà, elle vacillait dans les cœurs des Français aux prises avec le laïcisme du « petit Père Combes ». Oui, ce livre, que j’ai la joie de présenter, le montre amplement : de la vitalité des sanctuaires, où le Ciel est venu visiter les Français, dépend en grande partie le renouveau de la foi catholique dans le cœur de nos contemporains.

La France, Fille aînée de l’Église, est donc constellée de sanctuaires aussi divers que celui de Lourdes, mondialement connu, de La Salette, de Pontmain, Rocamadour, du Laus… et de tous ces lieux de pèlerinage, nichés dans d’humbles bourgades de montagne, sur les rivages de l’océan ou d’un lac ourlés d’enluminures, ou au creux d’un vallon boisé, qui parsèment les diocèses de la France d’autant de fleurs de sainteté, formant une gerbe multicolore à la gloire de Dieu (Les-Trois-Épis, la Délivrande, Cléry, Bétharram, Ronzières, Rougemont, Blécourt…). Ainsi, la France n’a-t-elle pas le privilège d’avoir été gratifiée des seules apparitions de saint Joseph (à Cotignac) et de sainte Anne (à Auray) reconnues par l’Église ? Et puis, que dire, au cœur du bocage normand, des flèches altières de la basilique de Montligeon, un sanctuaire unique au monde dédié à la prière pour les âmes du purgatoire ! J’ai moi-même eu le privilège d’y avoir été invité à donner un enseignement et à célébrer la sainte Messe en faveur des âmes du purgatoire qui attendent d’être purifiées par l’Amour miséricordieux de Dieu pour entrer dans la plénitude de la Vie. Les Français en sont-ils vraiment conscients, ou sont-ils comme des enfants gâtés par la Providence, qui passent, nonchalants, voire indifférents, auprès de ces lieux bénis en oubliant de rendre grâces ? L’ouvrage que nous offre M. Guy Barrey est évidemment bien plus qu’un guide touristique destiné aux estivants… Il est surtout un guide spirituel qui devrait inciter ses compatriotes à prendre conscience, mieux qu’ils ne le font souvent, que la France n’existerait pas sans son âme, c’est-à-dire sans la foi catholique qui l’irrigue depuis le baptême de Clovis. Puisse la présence de cette multitude de saints, qui ont jalonné son histoire, rappeler aux Français les racines chrétiennes de leur patrie, (…).

La France a une mission particulière

La bannière de Saint-Denis, portée fièrement par sainte Jeanne de Domremy en la cathédrale de Reims, tout comme la chlamyde offerte par saint Martin de Tours au miséreux d’Amiens, et les pétales de roses dont Thérèse de Lisieux parsème les cœurs de ceux qui se confient à elle, illustrent la gesta Francorum, c’est-à-dire la mission particulière de ce pays, celle du combat pour la liberté des peuples et la dignité de la personne humaine. Telle est la leçon que les lecteurs de ce bel ouvrage pourront méditer en visitant les sanctuaires de Notre-Dame et des saints de France, avant de repartir sur ce chemin qui, tel celui qui va du Mont-Saint-Michel à Compostelle, nous mène au « Champ des étoiles », le Ciel, où « notre cœur sera tellement perdu, noyé dans le bonheur d’aimer Dieu, que nous ne serons plus occupés ni de nous, ni des autres, mais de Dieu seul ! » (saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars).

Cardinal Robert Sarah
Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements
L’Homme Nouveau - N° 1641 du 17 juin 2017




samedi 17 juin 2017

Pèlerinage 2017 : [VIDEO] Procession du voile de la Très Sainte Vierge Marie

Procession du voile de la Très Sainte Vierge Marie avant la messe de clôture du 35e pèlerinage de Notre Dame de Chrétienté le lundi 5 juin 2017 à Chartres.


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jeudi 15 juin 2017

Pèlerinage 2017 : [VIDEO] le pélé vu par des Américains et un Danois


Croissance de la tradition: Le Cardinal Burke à Chartres

Photos et séquences vidéo du pèlerinage de Chartres 2017 avec Michael Matt (The Remnant) s’entretenant avec l'abbé Pendergraft:


Pèlerinage de Paris à Chartres

Reportage d'un pèlerin danois:



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Pèlerinage 2017 : Discours de clôture de l'abbé Alexis Garnier



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Pèlerinage 2017 : photos des pèlerinages locaux des Anges Gardiens


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Abbaye Sainte Madeleine du Barroux



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Martinique



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mercredi 14 juin 2017

Pèlerinage 2017 : toutes les photos et vidéos


Toutes les photos du 35e pèlerinage de Pentecôte sont accessibles sur cette page. Retrouvez également la revue de presse, les textes des homélies et toutes les vidéos dans la rubrique actualité.

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Chartres 2017: revue de presse

  • Le Journal de France 3 région Centre:

source: France 3

  • CNEWS:

source: CNEWS

  • Boulevard Voltaire:







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Lundi 12 juin 2017

Pèlerinage 2017: Homélie du Cardinal Burke à Chartres



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homelie-burke.jpg Homélie du Cardinal Raymond Leo Burke le lundi de Pentecôte en la cathédrale de Chartres.

Ac 10, 34. 42-48
Jn 3, 16-21

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il !

C'est pour moi une source de joie profonde de pouvoir participer au Pèlerinage annuel de Paris-Chartres organisé par l’association Notre-Dame de Chrétienté et d’offrir aujourd'hui la sainte Messe à vos intentions, très chers pèlerins. Je remercie les organisateurs du Pèlerinage pour leur invitation et d’une manière toute particulière Son Excellence Révérendissime Monseigneur Michel Pansard, Évêque de Chartres, pour son accueil chaleureux et pour sa généreuse hospitalité.

Le pèlerinage, cette antique dévotion à laquelle Notre-Seigneur Lui-même participait, particulièrement à la fin de son ministère public lors de sa monté à Jérusalem pour la fête de la Pâque juive (1), nous permet de quitter les habitudes ordinaires de notre vie quotidienne pour rejoindre un lieu saint par la prière et la pénitence. Grâce au pèlerinage, Notre-Seigneur nous dévoile la nature extraordinaire de notre vie ordinaire, parce que, en effet, Il est toujours avec nous, parce qu'Il demeure en nous par l'effusion de l'Esprit-Saint dans nos cœurs, à partir de Son glorieux Cœur transpercé. Par la prière et la pénitence, quintessence du pèlerinage, nous recevons la grâce de connaître plus profondément et d’embrasser plus entièrement la Foi, notre vie dans le Christ, et de faire réparation pour ce qui a été contraire à cette vertu en nos vies personnelles et dans le monde.

La grâce de rencontrer Notre-Seigneur au cours du pèlerinage est, en même temps celle de rencontrer nos frères et sœurs en Lui, dans Son Corps Mystique, l'Église. Lors d’un pèlerinage, nous devenons plus profondément conscients de notre communion fraternelle dans le Seigneur. Nous offrons notre prière et notre pénitence pour notre prochain qui marche à notre côté, pour ceux qui nous ont confié des intentions et pour le salut du monde.

En faisant le pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté pendant cette année du centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima au Portugal, nous entendons, d'une façon particulière, l'appel de son Cœur Immaculé. Elle nous y accompagne, plaçant nos propres cœurs près du sien, pour nous permettre de les placer totalement, unis avec son Cœur Immaculé, dans le glorieux Cœur transpercé de Jésus, son Fils Divin. Comme elle l’a fait avec les sommeliers en détresse des noces de Cana, la Vierge Marie nous mène au Christ, nous qui subissons tant de tentations et privations dans le monde, par ce conseil maternel : « faites tout ce qu'il vous dit » (2).

À Fatima, la Mère de Dieu, donnée à chacun de nous comme notre Mère par son divin Fils au moment de sa mort sur la Croix (3), nous avertit aussi bien des punitions physiques associées à la désobéissance de l'homme envers Dieu, que des punitions spirituelles infiniment plus horribles, la mort éternelle en fin de compte, qui est le résultat du péché grave. Par ses petits messagers, les saints bergers Francisco et Jacinta Marto et la Servante de Dieu Lucia dos Santos, la Sainte Vierge nous enseigne encore une fois que seule la Foi qui place, par la médiation de son Cœur Immaculé, l'homme dans la relation d'unité de cœur avec le Sacré-Cœur de Jésus, peut sauver l'homme des punitions que la rébellion contre Dieu apporte nécessairement tant aux pécheurs, à l'ensemble de la société et qu’à l'Eglise.

La Mère de la Grâce Divine nous presse et nous assiste par ses prières, nous garantissant du triomphe de la Foi, de celui de son Cœur Immaculé, qui mettra fin aux temps d'apostasie et aux grands défauts des pasteurs de l'Eglise (4). En ces temps troublés pour le monde et pour l'Eglise, prions particulièrement, par l'intercession de Notre Dame de Fatima, pour une nouvelle évangélisation dans l'Eglise et dans le monde, pour que les vérités de la Foi puissent s'étendre jusqu'aux confins de la terre et dans les profondeurs de chaque cœur humain.

Prions fidèlement le saint rosaire pour la restauration dans la société et dans l'Eglise de l'ordre juste en accord avec la Loi Divine. Imitons nos frères et sœurs dans la Foi qui, en 1571, avant la menace d'une invasion islamique de l'Europe, ont prié le saint rosaire, sur les conseils du saint pape Pie V. Par l'intercession de la Sainte Vierge Marie, le 7 octobre de cette même année, Dieu accorda à la Chrétienté la miraculeuse victoire de la bataille de Lépante. A partir de cet événement, l'Eglise commença à célébrer fidèlement le jour du 7 octobre comme fête de Notre-Dame des Victoires, devenant plus tard la solennité de Notre-Dame du Saint Rosaire. A nous aussi, par l'intercession de Notre Dame de Fatima, Notre Dame du Rosaire, Dieu accordera la victoire sur Satan, « meurtrier depuis le commencement », « menteur et père du mensonge » (5) et sur ses cohortes qui veulent détruire l'Eglise et toute l'humanité.

Aujourd'hui nous continuons notre méditation sur le grand mystère de la Pentecôte, profond mystère de l'effusion du don septuple de l'Esprit-Saint dans nos cœurs à partir du glorieux Cœur transpercé de Jésus, pour le salut de nos âmes et la conversion du monde. C'est ce grand mystère que l'Eglise honore par la célébration solennelle de l’Octave de Pentecôte. La Pentecôte est au centre de la Foi : mystère de l'amour incommensurable et incessant de Dieu pour nous, qui, en envoyant son Fils Unique dans le monde pour souffrir, mourir, ressusciter et monter à sa droite, Lui permet de partager avec nous pour toujours la Vie Divine, la vie de l'Esprit-Saint, dans l'Eglise. Ce mystère célébré avec une beauté incomparable dans la Liturgie Sacrée et, particulièrement dans ce lieu saint – cette magnifique cathédrale – qui, dans chacun de ses détails, manifeste l'histoire de l’Amour Divin dans sa richesse infinie.

Aujourd'hui, lundi dans l'Octave de Pentecôte, notre sainte mère l’Eglise nous invite à réfléchir sur le don de la Foi, comme vertu théologale, infusée par Dieu dans nos âmes. L'épître, tirée des Actes des Apôtres, rappelle la rencontre de saint Pierre avec plusieurs Gentils dans la maison de Cornelius. Saint Pierre, annonçant la vérité de la Foi, la vérité de la Passion, Mort, Résurrection et Ascension de Notre-Seigneur Jésus Christ, leur déclare :
« Et (le Seigneur) nous a commandé de prêcher au peuple et d'attester que c'est lui que Dieu a établi juge des vivants et des morts. Tous les prophètes rendent de Lui ce témoignage, que tout homme qui croit en Lui reçoit par son nom la rémission de ses péchés ». (6)
A la prédication de saint Pierre, Dieu répandit sur « tous ceux qui écoutaient la parole » (7) la grâce de la Foi, la grâce du Saint-Esprit, afin qu'ils commencent à louer Dieu pour le mystère de son Amour. Immédiatement, le chef des apôtres commande « de les baptiser au nom du Seigneur Jésus-Christ ». (8) Méditant sur ce point, nous sommes guidés, comme Dom Prosper Guéranger nous y invite dans son commentaire sur la fête d'aujourd'hui, à remercier Dieu pour la grâce de la Foi infusée dans nos cœurs et à Le louer. (9)
Dans l'Evangile, Notre-Seigneur instruit Nicodème sur la Foi comme le seul chemin menant à la vie éternelle. La Foi, en effet, est le fondement irremplaçable de communion avec le Père dans le Fils par l'Esprit-Saint. Ainsi Jésus enseigne à Nicodème :
« En effet, Dieu a tellement aimé le monde, qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point mais ait la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui ». (10)
Dans sa réflexion sur cet Evangile, Dom Guéranger écrit :
« Cependant la foi est le premier lien avec Dieu ; c’est par la foi, nous dit l’Apôtre, que l’on approche de Dieu, et qu’on lui demeure attaché. Telle est l’importance de la foi, que le Seigneur vient de nous dire que celui qui croit n’est pas jugé. En effet, celui qui croit dans le sens de notre Evangile, n’adhère pas seulement à une doctrine ; il croit, parce qu’il se soumet de cœur et d’esprit, parce qu’il veut aimer ce qu’il croit. La foi opère par la charité qui la complète, mais elle est un avant-goût de la charité ; et c’est pour cela que le Seigneur promet déjà le salut à celui qui croit ». (11)
Notre vie dans le Christ trouve vraiment ses racines dans la vérité de la Foi qui s'exprime nécessairement dans la charité.
Notre-Seigneur continue son enseignement en expliquant que le rejet de la Foi ne signifie rien d'autre que la préférence de l’obscurité du mal à la lumière du bien, c’est-à-dire le rejet de la source même de toute la bonté : Dieu qui a pris notre nature humaine pour nous libérer de la noirceur du péché et de la mort éternelle. Il dit à Nicodème : « Or, voici quel est le jugement : c'est que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal, hait la lumière, de peur que ses œuvres ne soient blâmées. Mais celui qui accomplit la vérité, vient à la lumière, de sorte que ses œuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu ». (12)

Puisse notre pèlerinage et, plus particulièrement, notre participation au sacrifice eucharistique, nous purifier aujourd'hui de tout attachement à ce qui est contraire à la Foi et nous mener toujours plus sûrement et fermement sur le chemin du Christ qui Seul est notre Lumière.
La sainte Liturgie, notre adoration de Dieu « en esprit et en vérité, » (13) est la plus riche et la plus parfaite rencontre avec Jésus-Christ qui est notre Lumière. C'est l'expression la plus excellente de notre vie en Lui par la présence de l'Esprit-Saint ; une vie qui nous conduit plus que jamais dans la Lumière, dans ce qui est vrai, bon et beau. Nous préparant à célébrer, le 7 juillet prochain, le dixième anniversaire de la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum, remercions Dieu pour la discipline liturgique qu'il a établie, permettant à l'Eglise entière de toujours apprécier le précieux don de la sacrée Liturgie comme elle nous a été transmise de manière intacte par la Tradition, par les Apôtres et leurs successeurs. Au terme du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, je vous invite à participer au prochain pèlerinage Summorum Pontificum du 14 au 16 septembre 2017 à Rome comme une suite de ces jours saints, approfondissant votre connaissance et votre amour du Sauveur, venant à sa rencontre dans la sainte Liturgie et par-dessus tout, dans le saint sacrifice de la Messe.

Unis au Cœur Immaculé de Marie, élevons maintenant nos cœurs vers le glorieux Cœur transpercé de Jésus, ouvert pour les recevoir par le sacrifice eucharistique. Puisse notre pèlerinage être source de grâces pour notre pèlerinage quotidien vers notre véritable et pérenne maison qui est le Ciel. Puissent la prière et le sacrifice qui ont rendu profitable notre pèlerinage, porter des fruits chaque jour de nos vies, pour que soit clair pour tous que « nos actions sont faites en Dieu ». (14)

Cœur de Jésus, formé par le Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie, ayez pitié de nous.
Notre Dame de Fatima, Reine du très saint Rosaire, priez pour nous.
Saint Joseph, Protecteur de la sainte Eglise, priez pour nous.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il !

Raymond Leo Card. BURKE

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(1) Cf. Mt 20, 17-19; and Jn 12, 12-13.
(2) Jn 2, 5.
(3) Cf. Jn 19, 26-27.
(4) Cf. Frère Michel de la Sainte Trinité des Petits Frères du Sacré-Cœur, Toute la Vérité sur Fatima. Le Troisième Secret (1942-1960), 5ème éd. (Saint-Parres-les-Vaudes France: Renaissance Catholique Contre-Réforme Catholique, 1994), p. 552.
(5) Jn 8, 44-45.
(6) Acts 10, 42-43.
(7) Acts 10, 44.
(8) Acts 10, 48.
(9) Cf. Prosper Guéranger, L’année liturgique, Le temps pascal, Tome III, 19ème éd. (Tours: Maison Alfred Mame et Fils, 1925), p. 350. Guéranger.
(10) Jn 3, 16-17.
(11) Guéranger, p. 352.
(12) Jn 3, 19-21.
(13) Jn 4, 23.
(14) Jn 3, 20.

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