jeudi 18 avril 2019

50 bonnes raisons de faire le pélé

« J’ose le prédire : Chartres deviendra, plus que jamais, le centre de la dévotion à Marie en Occident,

on y affluera, comme autrefois, de tous les points du monde. » 

Cardinal Pie - 31 Mai 1855

L'invitation à la Consécration à la Sainte Vierge de Saint Louis Grignon de Montfort

La Consécration à la Sainte Vierge proposée chaque année par Notre Dame de Chrétienté débutera cette année le 6 Mai 2019 : à noter dans vos agendas !

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort nous invite à nous consacrer à la Sainte Vierge, en nous rappelant que pour être unis à Jésus-Christ, il faut Lui ressembler : or qui ressemble le plus au Christ, sinon sa Mère, notre Mère. Et il ajoute que pour être unis à Jésus, il faut l’être à Marie, c’est-à-dire que pour se consacrer parfaitement à Jésus, il faut se consacrer totalement à Marie ; autrement dit, il s’agit de renouveler les promesses de notre baptême.

Il paraît donc tout à fait logique, à l’issue du baptême, de consacrer l’enfant ou de se consacrer soi-même à la Sainte Vierge. D’ailleurs, cette consécration n’est souvent que la suite logique de celle que prononcent les deux époux lors de leur mariage : n’est-il pas légitime, lorsqu’on s’unit dans la vie, de demander à Celle qui fût l’âme de la Sainte Famille, de protéger notre foyer naissant. Il est donc normal de confier à Notre-Dame nos enfants ?

Saint Pie X rappelle – dans son encyclique Ad diem illum, que seuls auront la béatitude éternelle ceux qui auront reproduit en eux la sainteté du Christ ; et que notre faiblesse est telle, que nous nous décourageons le plus souvent avant d’avoir commencé. Aussi, Dieu a-t-Il voulu que nous ayons un modèle à notre portée, le plus proche possible de Jésus-Christ, à savoir la Vierge Marie, seule à la fois humaine, et préservée du Péché originel.

A côté de cet « enseignement vivant » qu’est pour chacun de nous Notre Dame dans la pratique de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, une autre raison nous pousse à imiter Marie. Et c’est encore Saint Pie X – dans la même encyclique – qui le rappelle : Marie est Mère de Dieu. Elle est aussi notre Mère, car Jésus – Dieu fait homme – est notre Sauveur. Si donc Il a un corps humain comme homme, Il a aussi un corps mystique comme Dieu. Marie a mis au monde Dieu, non seulement comme homme, mais aussi comme Sauveur des hommes : l’ange Gabriel ne le lui a pas caché, et sa connaissance de l’Écriture Sainte comme la prophétie du vieillard Siméon n’ont pu que confirmer ce qu’elle pressentait. Aussi, parce que Jésus a pris un corps mortel en Marie, Il a pris en même temps ce corps mystique formé de tous ceux qui croiraient en Lui ; Notre-Dame est donc à la fois Mère du Christ dans sa chair comme dans son esprit, et Mère des hommes dans Son esprit.

L’Abbé Berto écrivait : « il est possible qu’il y ait au départ de la terre plusieurs chemins qui vont à Dieu, mais ces chemins, au bout d’un certain temps, se rejoignent tous pour ne plus en faire qu’un seul. Si, à quelque distance du point de départ, on n’a pas rencontré la Sainte Vierge, c’est le signe certain qu’on est égaré ». Bien d’autres raisons nous poussent à nous consacrer à la Vierge : Épouse du Saint-Esprit, elle saura faire que nous demeurions toujours le temple de Celui-ci, et que nous sachions user de Ses dons pour pratiquer une vie vraiment chrétienne. Il est encore d’autres raisons : toute la Tradition rappelle l’union entre la Vierge et son Divin Fils, tout spécialement à Nazareth. Saint Pie X écrit encore que cette communion de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus font que Marie obtînt de devenir Corédemptrice et Médiatrice de toutes les grâces acquises par la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus.

Il semble donc indispensable, pour être chrétien, de renouveler la consécration que nos parents ont faite de nous à la Vierge au jour de notre baptême, chaque année, afin de vivre vraiment de la vie de Dieu en nous car « le principal office qui fût donné à Marie, lorsqu’Elle vînt sur terre, est de relever les âmes déchues de la Grâce divine et de les réconcilier avec Dieu » (Saint Alphonse de Liguori).

Ce sera sans doute la meilleure façon de nous unir pleinement à l’Eglise, comme Jean-Paul II le rappelle dans l’encyclique Redemptoris Mater : si le Christ est étroitement lié à l’Eglise, Marie – Mère du Rédempteur – participe au combat incessant contre le mal qui se déroule tout au long de l’histoire de l’humanité. Marie est l’image de la Femme, et l’Église s’identifie à Elle ; Elle guide chacun des chrétiens à trouver dans le Christ, le chemin qui mène à Dieu.

Alors, disons d’un seul cœur, dans cette préparation de notre Pèlerinage, avec Marie : « faites tout ce qu’Il vous dira » (Jean II, 5).

 

mercredi 17 avril 2019

Neuvaine pour les familles éprouvées : 9ième et dernier jour

Bien chers amis pèlerins.

 

Dans l'association Notre Dame de Chrétienté, de nombreux bénévoles sont éprouvées dans leur vie de famille. Et peut-être est-ce le cas pour vous-mêmes ou des proches, des amis et connaissances.

Alors de même que l'on s'entraide aux heures dures de la route de Pentecôte, entraidons-nous par la prière à cette intention particulière du 9 au 18 Avril !

Comme vous le savez, nous accueillons cette année Monseigneur LEONARD, archevêque émérite de Malines- Bruxelles. En 1998, il a approuvé une neuvaine pour les familles, dont s'inspire la neuvaine proposée ci-dessous. Nous vous proposons de vous y associer au fil des prochains jours !

 

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

 

9ième JOUR : LA NUIT – LE DESERT – LA PURIFICATION 

 

Réflexion :  Dieu donne puis Il reprend, dans un grand mystère d’échange d’amour.  Parfois nous donnons et nous ne sommes pas compris, parfois nous refusons de donner comme nous refusons de recevoir. Nous refusons la faiblesse.  Zélie Martin a tout donné et jusqu’à la mort pour ses enfants. Louis Martin a tout donné jusqu’au dernier sacrifice. Relisons ce texte de Monsieur Martin : ”Dieu n’a ouvert qu’une voie pour conduire tous les hommes au bonheur qu’Il leur destine. C’est celle des contradictions et des croix. Elle est pour les princes comme pour les bergers et la foi nous apprend qu’Il n’en exempte personne”.

 

Prière : Daignez Seigneur jeter un regard sur nos familles. Pour elles Notre Seigneur Jésus Christ n'a pas hésité à se livrer aux mains de ses ennemis, et à souffrir le supplice de la Croix.

Recollection de la région Sud Ouest!

La récollection de la région Sud Ouest s'est déroulée les 23-24 mars au monastère Sainte Marie de la Garde, à Saint Pierre de Clairac, en présence de l'aumônier de région, M. le chanoine Christian Mahlberg, de l'Institut du Christ-Roi de Montauban, avec le concours du Père Marc, prieur du monastère.

Chartres sonne !

La région Sud se prépare !

La récollection des régions Rhône-Alpes et Provence - Languedoc s'est déroulée les 6 et 7 avril à l'abbaye Notre Dame de l'Annonciation, au Barroux, en présence des aumôniers de régions, le Père Michel de l'abbaye  de Lagrasse et M. l'abbé Loddé, de la FSSP de Grenoble.

Un très bon week-end de préparation, avec une large participation des chefs de chapitres et adjoints.

Chartres sonne !

Nul n’est spectateur de la Passion du Christ

Il semble déjà bien loin, le dimanche de Laetare, le temps insouciant où l’Eglise se réjouissait de se savoir aimée de Dieu. Tout à coup, tout s’accélère. Nous sommes entrés dans le temps de la Passion où tout va se jouer. La tension monte, le drame se tisse, conduisant inexorablement Jésus vers le dénouement : L’heure de Jésus approche, l’heure du grand combat, l’heure de la mort, l’heure de la croix.

Nous allons revivre cette semaine les dernières heures du drame de Jésus. Et ce drame va, je l’espère, nous émouvoir. Nous nous sommes réjouis à l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem lors du dimanche des Rameaux. Nous allons nous inquiéter de le voir si troublé, le soir du Jésus saint. Nous allons nous scandaliser de la trahison de Judas, trembler devant la violence des soldats, condamner le reniement de Pierre (moi si j’avais été là, cela ne se serait pas passé comme cela, se dit le chrétien de toute les époques, à la lecture du triple reniement). Nous allons peut-être même pleurer, à l’évocation des souffrances du Christ, de cette injustice flagrante qu’il subit… Nous allons fermer yeux devant la violence de la flagellation, écouter avec dévotion ses sept paroles du Christ en croix, pleurer sa mort, croire que tout est fini ; mais non, voilà qu’il ressuscite, la joie revient et Pâques est là, le Seigneur est vivant et il ne meurt plus, Alléluia. Que de passions, que de sentiments ! Oui, notre âme va être bien éprouvée ; tristesse, angoisse, douleur, joie rayonnante, et je l’espère, amour… « ayez en vous les sentiments du Christ Jésus. »

Ces sentiments sont bons, et chaque année, avouons-le, cela fonctionne : la beauté de la liturgie est là pour nous aider. Seulement le grand danger, chers amis, c’est de vivre le Temps de la Passion comme de simples spectateurs allant voir un film ; un beau film, certes, un film « basé sur des faits réels », certes, puisqu’il s’agit d’une histoire vraie (voilà de quoi renforcer l’impact dramatique)… Mais si nous assistons à la Semaine Sainte comme de simples spectateurs, alors nous raterons l’intrigue principale. Nous serons émus, certes ! Mais pas plus que lorsque l’on regarde un film émouvant, qui fait rire ou pleurer. Si c’est ainsi, mieux vaut aller voir directement le film de Mel Gibson, « La Passion du Christ » : vous éprouverez les mêmes sentiments, vous serez bouleversés jusqu’au fond de votre âme, et cela ne dure que deux heures : gain de temps appréciable, comparé à la longueur des Saints Offices…

Pour vivre le temps de la Passion, une seule voie : il faut, comme disent les cinéastes, que le 4ème mur soit brisé : il faut passer de l’autre côté de l’écran. Nous ne sommes pas spectateurs, extérieurs à la Rédemption : nous sommes, réellement, les acteurs de la Passion du Christ. On dit que Mel Gibson, quand il a fait son film, a joué un rôle : celui d’un soldat romain indiquant l’endroit où planter le clou, sur la Croix. Il y a là une idée profonde : je suis l’acteur principal du drame qui se déroule. C’est mon péché qui a crucifié Jésus. Il faut que cette vérité pénètre en nous, au plus profond, sinon nous passons à côté du Mystère d’Amour. Dans une époque qui aime tellement la repentance, il est bien étrange que celle-ci soit la seule dont on ne parle pas. C’est moi, c’est vous, c’est nous qui avons crucifié Jésus. Quand nous lirons ces récits célèbres, nous pourrons nous dire en toute vérité : je suis le pharisien qui condamne Jésus, lorsque je le chasse de mon cœur par le péché mortel. Je suis les apôtres qui fuient, lorsque je refuse l’épreuve,  que je fuis l’engagement, que je blesse la fidélité. Je suis Judas, que Jésus appelle « mon Ami », lorsqu’après avoir reçu la grâce qui fait de moi l’Ami de Dieu, je réduis tout cela à néant, me repliant sur l’amour égoïste ; je suis St Pierre, quand je refuse de témoigner de ma foi ; je suis le soldat romain qui flagelle, par mes péchés de chair, mon impureté, ma paresse ; je suis le soldat romain qui couronne d’épines, par mon orgueil, mon refus de m’incliner devant Dieu, je suis la foule hargneuse par mes moqueries sur la Foi, je suis le marteau qui frappe par mon indifférence, je suis le clou, je suis l’épine, je suis la lance, je suis tout cela, c’est ma révolte qui a fait cela.

Voilà notre rôle, le premier rôle de l’homme, dans la Passion du Christ. Il n’est pas bien réjouissant, je vous l’accorde. Alors on le cache, et on accuse les autres. On se désolidarise de la Croix du Christ : « qu’est-ce qu’ils sont méchants, ces juifs et ces romains, et Judas, et St Pierre ! Moi je n’aurais pas fait ça… » Et Jésus nous regarde et nous dit : « si tu l’aurais fait. En fait, tu l’as déjà fait. Et c’est pour cela que je souffre. Mais regarde, malgré tout cela : je t’aime, et je te le montre en mourant. Père, pardonnez-leur… ». Et voilà, mes biens chers frères, le Miracle de la Passion : au-delà des horreurs, du sang et des larmes, ce qui rejaillit, c’est l’Amour de Jésus. Vous l’entendrez, cette phrase, le jeudi Saint : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique pour le sauver » ; encore faut-il la comprendre. Le monde, ce n’est pas les autres : le monde, c’est moi, et les autres. Le Cœur de Dieu s’est ému pour chacun d’entre nous, qu’il n’a pas supporté de voir nous perdre et qu’il a choisi d’aller jusqu’au plus profond de la misère humaine, du péché, de la salissure, de tout prendre dans ses bras pour nous libérer par le sacrifice de sa vie. Voilà le double visage de la Croix : image insoutenable de la laideur de mon péché, mais aussi image admirable de la Tendresse infinie de Dieu pour moi.

Alors monte en nos cœurs une humble et tremblante prière : « Je veux arrêter de vous persécuter, Jésus, je ne veux plus jouer ce rôle ; je veux réparer le mal que j’ai fait. Comment le puis-je ? » Et alors Jésus vous dira : « j’ai plein de rôles nouveaux à t’offrir. Tu as été acteur de ma douleur, tu peux être acteur de mon soulagement, et porter la peine avec moi. Veux-tu être sainte Véronique, qui essuie mon face ? Alors va te confesser, et j’imprimerai en toi la Lumière de mon Visage rayonnant. Veux-tu être Simon de Cyrène, qui m’aide sur le chemin de Croix ? Alors Accepte cette épreuve que je t’ai envoyée et que tu fuis depuis si longtemps, porte la croix, et tu me retrouveras à tes côtés. Veux-tu être le soldat qui me propose à boire ? Viens plus souvent ces deux prochaines semaines prier devant mon tabernacle, car J’ai soif de ton âme. Veux-tu être les saintes femmes ? Pleure sur tes péchés, et sur ceux de mon église. Tu ne peux pas être Marie, elle, il n’y en a qu’une, elle est Immaculée et son rôle est unique, mais tu peux l’imiter si tu veux : en étant fidèle à ton engagement de chrétien, de pureté, de mari ou d’épouse, tu te tiendras près de ma croix, à côté d’elle. Stabat mater... Et même, tu peux être le bon larron, Dismas, celui qui se convertit au tout dernier moment, si tu laisses ton cœur s’ouvrir à la grâce. Choisis ton rôle, et suis moi dans ma Passion. Et je t’ouvrirai la porte du pardon, et de la Gloire. » Jésus n’est pas venu sauver des personnes abstraites, ou le mal en général : il est venu pour moi. Aujourd’hui, il commence son grand combat contre le démon. Il combat pour moi, et il combat seul. Nous ne pouvons rester spectateurs. Nous sommes acteurs, dans un sens ou dans un autre. Quel rôle voulons-nous jouer dans le drame de notre Salut ? A nous de le choisir : et de le choisir maintenant, car la Passion du Christ a déjà commencé. « Jésus est à l’Agonie jusqu’à la fin du monde ; il ne faut point dormir, pendant ce temps-là ».

Abbé de Massia

Incendie à Notre Dame de Paris : "Il faut que France, il faut que Chrétienté continue"

Chers amis,

L’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris ce Lundi de la Semaine Sainte ne peut que nous faire penser aux paroles de Notre Seigneur "Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai " (Saint Jean 2, 13-25). Dieu a permis des souffrances incomparables avec la Passion de Jésus ; nous devons garder une vue surnaturelle de nos épreuves.

Hier matin, j’écoutais Monseigneur Aupetit nous demander de nous interroger sur les profondes raisons spirituelles qui ont poussé à la construction de Notre Dame de Paris. Il nous appelait également à la reconstruction de l’Eglise qui n’est pas faite que de bâtiments.

Beaucoup se sont interrogés sur les modifications que ce drame pouvait avoir sur notre pèlerinage de chrétienté. Le pèlerinage est bien évidemment maintenu. Comment pourrait-il en être autrement!  "Il faut que France, il faut que Chrétienté continue" disait Charles Péguy.

Nous vous informerons dès que possible des modifications pratiques touchant le premier jour de pèlerinage, le 8 juin prochain. Nos équipes de la Direction Soutiens travaillent en ce moment sur les différentes options. Soyez vigilants en consultant régulièrement notre site (www.nd-chretiente.com) ou en appelant notre secrétariat (01.39.07.27.00).

Dans ces épreuves, essayons de mobiliser les pèlerins de manière exceptionnelle cette année. La ferveur des passants sur le parvis de Notre Dame en flammes doit se poursuivre avec la ferveur des pèlerins de chrétienté !

Jean-Paul II avait prononcé le 30 mai 1980 cette belle prière au pied de la statue de Notre-Dame de Paris :

 « Vierge Marie, au cœur de la Cité
Nous vous prions pour cette ville capitale.
Vous, l’Intacte, gardez-lui la pureté de la foi !

Vierge Marie, depuis ce bord de Seine,
Nous vous prions pour le pays de France.
Vous, Mère, enseignez-lui l’espérance !

Vierge Marie, en ce haut lieu de chrétienté,
Nous vous prions pour tous les peuples de la terre.
Vous, pleine de grâce, obtenez qu’ils soient un dans l’Amour. »


Notre Dame de Paris, priez pour nous.
Notre Dame de Chartres, priez pour nous.

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.


Jean de Tauriers
Président de Notre Dame de Chrétienté

mardi 16 avril 2019

Neuvaine pour les familles éprouvées : 8ième jour

Bien chers amis pèlerins.

 

Dans l'association Notre Dame de Chrétienté, de nombreux bénévoles sont éprouvées dans leur vie de famille. Et peut-être est-ce le cas pour vous-mêmes ou des proches, des amis et connaissances.

Alors de même que l'on s'entraide aux heures dures de la route de Pentecôte, entraidons-nous par la prière à cette intention particulière du 9 au 17 Avril !

Comme vous le savez, nous accueillons cette année Monseigneur LEONARD, archevêque émérite de Malines- Bruxelles. En 1998, il a approuvé une neuvaine pour les familles, dont s'inspire la neuvaine proposée ci-dessous. Nous vous proposons de vous y associer au fil des prochains jours !

 

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

 

8° JOUR : AU-DELÀ DE TOUTE SOUFFRANCE

Réflexion :  la souffrance peut faire irruption de bien des manières ; physique, psychologique, morale, affective. A toute souffrance correspond un registre de vie ou de mort. Désirons-nous de passer de cette souffrance à l'acte d'amour dont elle peut être occasion? Sommes-nous prêts à accompagner Notre Seigneur Jésus-Christ chaque jeudi soir à Gethsémani ? Ne cédons pas à la tentation de fuir, de nous replier, de nous aigrir dans une lutte contre l’injustice. Cette lutte nous éloigne du fait d’être juste.

Laissons venir nos larmes. Le désir sans la souffrance est une illusion sur l’amour. La souffrance vécue et acceptée des grands saints est une école à la portée de tous. Mais la recherche de la souffrance n’est pas une fin en soi. Là où est notre faiblesse, là réside notre force. La compassion au pied de la croix n’est pas gratuité ni faiblesse, elle est élan, attente et silence.

 

Prière à l’Esprit-Saint :

Venez, Père des lumières, venez Dieu de Charité,

Formez en moi mes prières, montrez-moi la vérité,

Faites descendre en mon âme un charbon de votre feu

Qui la pénètre de flamme et la remplisse de Dieu.

Venez Saint-Esprit, qui faites les martyrs, les confesseurs,

Les apôtres, les prophètes, les grands héros, les grands cœurs,

C’est votre seule conduite que mon sauveur a suivie ;

Afin donc que je l’imite, conduisez-moi comme lui.

(St Louis-Marie Grignion de Montfort).

Avis à tous les chefs de Chapitres : la Dirpel vous attend le 11 mai !

Chers chefs de région,

Comme je vous l'avais annoncé dans le bilan de l'édition 2018 de notre pèlerinage

nous allons réorganiser la "journée nationale de formation des chefs de chapitre"

qui se déroulera le samedi 11 mai de 9h30 à 17h00

au foyer Don Bosco,

23 rue de Varize 75016 Paris,

métro : Porte de Saint-Cloud.

 

Un programme plus détaillé sera envoyé mais voici les principales caractéristiques de la journée :

- Messe

- Histoire et organisation du pèlerinage

- Technique d'animation d'un chapitre

- Qu'est-ce qu'un bon chef de chapitre ?

- Les outils à disposition du chef de chapitre

- Le rôle du chef de chapitre

- Rencontres et échanges

- Repas pris en commun pour une PAF de 6€

Cette journée sera un moment de convivialité et de formation. Elle ne remplace pas les récollections mais les complète par des éléments pratiques sans aborder le thème de l'année.

Elle est toute indiquée pour les nouveaux et futurs chefs de chapitre (les adjoints sont donc vivement invités) mais elle est ouverte également aux chefs de chapitre plus expérimentés qui trouveront des rappels mais également des topos complétant leur expérience. Merci de vous inscrire le plus vite possible par mail recrutement@nd-chretiente.com

Merci de prévenir vos chefs de chapitre de réserver dès maintenant leur journée.

Udp,

La Direction des pèlerins

Lundi 15 avril 2019

Vous voulez rejoindre le SO du Pélé ? Vous avez raison !

Comment pourriez-vous présenter le service d’ordre?

Le Service d’Ordre, appelé « Chapitre Saint-Michel » a pour mission d’assurer la sécurité et la sûreté des pèlerins pendant les 3 jours du pèlerinage. Il est divisé en « services » et en « équipes » qui ont chacune des missions particulières : circulation, sécurité, transmissions, liaisons, haltes, etc.

Pour près de 15 000 marcheurs en colonne, on imagine des pôles très divers pour le service d'Ordre, quels sont-ils ?

De nombreux services composent le service d’ordre. Le service d’ordre compte uniquement sur des bénévoles majeurs

La Sécurité Marche est composée d’un membre du SO par région : elle est qui chargée d’accompagner la colonne à pieds, et d’assurer la sécurité à l’intérieur de celle-ci, en liaison permanente avec le PC-TRANS. Ce sont les Mike, Echo, Fox.

Les équipes Circulation ont pour mission de sécuriser le passage de la colonne sur les carrefours ou intersections, d’apporter une aide d’optimisation sur les parkings des zones messes et bivouacs et apportent leur soutien à la surveillance des sites. Ce sont les Charlie.

Les équipes Sûreté et Intervention sont chargées de veiller à la sécurité physique des pèlerins sur l’ensemble de la colonne, les points de ramassages, les haltes et bivouacs, etc... Ce sont les Indias. Une réserve sécurité, composée de routiers, accompagne ces équipes.

Les équipes Haltes sont chargées d’équiper les sites des cathédrales, des haltes pour les pauses, les cérémonies, les déjeuners, et de gérer l’arrivée, le positionnement et le départ des pèlerins, et de piloter les flux pèlerin / véhicules. Ce sont les Hôtel.

Les motos de liaisons sont chargées de se répartir et longer constamment la colonne afin de veiller sur les pèlerins, de transporter les MIKE, les coordinateurs de Province, les prêtres; et prendre les missions du «PC.TRANS.» en vol en fonction de leur position sur l’itinéraire. Ce sont les Lima.

Les équipes Intervention Matériel viennent renforcer le dispositif. Ils gèrent le matériel radio, les interventions techniques, mécaniques, forestières. Ce sont les Victor.

Les équipes Transports pèlerins prennent en charge tant la coordination des ramassages de pèlerins fatiguées que les rotations de bus pour les chapitres Familles et Enfants. Ce sont les Tango.

Enfin, une équipe d'intendance s’occupe plus particulièrement de la préparation et de la distribution des repas du S.O.

Combien avez-vous de bénévoles ?

Nous comptons près de 350 bénévoles. Nous comptons sur des bénévoles de tout âge, presque comme l’adage de “7 à 77 ans”: - à 7 ans on rêve de rentrer au SO - à 18 ans, majeurs on peut intégrer le SO - et à 77 ans on peut continuer à servir.

Doivent-ils avoir des compétences spécifiques ? Une première expérience requise ?

Selon les services, quelques compétences ou expérience sont demandée en effet. Les services qui recrutent activement cette année sont les suivants:

● L’équipier Sécurité Marche (Mike, Echo, Fox) doit avoir une bonne condition physique dans la marche. Idéalement il faut avoir marché plusieurs fois en tant que pèlerin, pour ne pas être dépassé par la dimension physique du trajet

● L’équipier de Circulation (Charlie) peut être junior, c'est en quelque sorte la pépinière du Service d'Ordre en même temps qu'une vitrine car ils sont présents à tous les carrefours…

● L’équipier Halte (Hôtel) doit être réactif, ferme et courtois. Une troisième langue vivante est appréciée pour l’accueil.

● L’équipier Transport Pèlerin (Tango) doit avoir une expérience de conduite de 3 ans minimum. Afin de faciliter la constitution de l'équipe, il est préférable de venir avec leur propre véhicule (monospace si possible)

● Les routiers peuvent intégrés la réserve de sécurité. Pour cela, il est demandé de venir en équipes.

Après quelques années de service, les bénévoles sont appelés à s’engager au sein des cadres.

Comment les formez-vous ?

Le Service d’ordre réunit ses bénévoles chaque année, lors d’une journée de formation spécifique la “SO Academy” qui se déroule à Paris. Au programme, une formation spirituelle et technique. Nous comptons aussi sur la formation PSC1 proposée par l’Ordre de Malte en région Parisienne. Pour nos bénévoles en régions, nous cherchons à organiser des séances de formation.

Arrivez-vous à fidéliser vos équipes ?

Les cadres des équipes sont réguliers : on les retrouve d'une année à l'autre en quasi-totalité. On aimerait pouvoir étendre ce constat au niveau de tous les bénévoles, mais le turnover peut aller à 50% entre deux pèlerinages, comme par exemple dans les équipes Tangos ou les équipes Charlie (90 équipiers cette année). Il y a toujours une tentation de revenir marcher en famille, au bout de quelques années de service.

Quand et Comment peut-on candidater ?

Pour postuler on peut envoyer un mail à so@nd-chretiente.com ou s’inscrire sur ce site en indiquant Service d’Ordre dans les choix.

Neuvaine pour les familles éprouvées : 7ième jour

Bien chers amis pèlerins.

 

Dans l'association Notre Dame de Chrétienté, de nombreux bénévoles sont éprouvées dans leur vie de famille. Et peut-être est-ce le cas pour vous-mêmes ou des proches, des amis et connaissances.

Alors de même que l'on s'entraide aux heures dures de la route de Pentecôte, entraidons-nous par la prière à cette intention particulière du 9 au 17 Avril !

Comme vous le savez, nous accueillons cette année Monseigneur LEONARD, archevêque émérite de Malines- Bruxelles. En 1998, il a approuvé une neuvaine pour les familles, dont s'inspire la neuvaine proposée ci-dessous. Nous vous proposons de vous y associer au fil des prochains jours !

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

 

7° JOUR : AU-DELÀ DE TOUTE SOUFFRANCE

Réflexion : au delà de toute souffrance une joie éternelle nous attend. Existe-t-il un début et une fin à toute souffrance ? La souffrance est dans la conception même de la vie. La vie est don gratuit et donc abandon. Toute résistance à cette gratuité, toute résistance à l’amour est finalement génératrice de lutte, de doute et de souffrance. ”Lorsque la bonté divine choisit quelqu’un pour une grâce particulière ou pour un état sublime, elle lui donne tous les charismes nécessaires à sa personne ainsi qu’à sa fonction et qui augmentent fortement sa beauté spirituelle ‘’ (st Bernardin de Sienne).

 

Prière à l’Esprit-Saint :

Venez Esprit-Saint, venez Feu d’Amour,

Venez Père des pauvres épris de mes blessures,

Seigneur, Vous m’avez choisie dès ma plus tendre enfance,

Et je puis m’appeler l’œuvre de votre amour (sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus).

 

 

Dimanche 14 avril 2019

Neuvaine pour les familles éprouvées : 6ième jour

Bien chers amis pèlerins.

 

Dans l'association Notre Dame de Chrétienté, de nombreux bénévoles sont éprouvées dans leur vie de famille. Et peut-être est-ce le cas pour vous-mêmes ou des proches, des amis et connaissances.

Alors de même que l'on s'entraide aux heures dures de la route de Pentecôte, entraidons-nous par la prière à cette intention particulière du 9 au 17 Avril !

Comme vous le savez, nous accueillons cette année Monseigneur LEONARD, archevêque émérite de Malines- Bruxelles. En 1998, il a approuvé une neuvaine pour les familles, dont s'inspire la neuvaine proposée ci-dessous. Nous vous proposons de vous y associer au fil des prochains jours !

 

6° JOUR : PRIERE DEVANT L'ÉCLATEMENT DE LA FAMILLE

 

Réflexion : Louis et Zélie Martin, dans la fidélité, accueillent la bénédiction du Père et ils la transmettent dans la paix à leurs enfants. Le ciment de l’alliance est en nous, car notre identité est en notre Père : ”Ne crains pas, car je t’ai racheté. Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi ” (Isaïe 43, 1-5).

Avec saint Jean, retenons la phrase de Notre Seigneur : ”Ne murmurez pas entre vous”. Méditons aussi le psaume : ”Voyez qu’il est bon, qu’il est doux, d’habiter en frères tous ensemble”.

 

Prière : Notre Père – Je vous salue Marie.

Chartres 2019 : Les inscriptions au pélé sont ouvertes !

Ah qu’il est bon d’arriver enfin au week-end ! Qui ne se réjouit pas, les beaux jours aidant, de la perspective d’une grasse matinée avant de projeter une balade au soleil, une terrasse avec des amis, un barbecue familial, une sieste, la lecture d’un bon roman, une séance de cinéma… le week-end est fait pour se reposer ou partager des moments que la semaine travaillée met en suspend. Si le samedi reste souvent consacré aux accompagnements, activités ou supermarché, le dimanche assure dans ces 48h d’interruption, une pause garantie, aussi légitime que méritée, une bouffée d’oxygène, une expiration profonde et libératrice : enfin, on profite de la vie !

Sauf que...il y a un week-end par an où ça peut ne pas se passer tout à fait comme ça ! Un week-end qui en plus de jouer les prolongations, propose un programme nettement plus engageant : mettre entre parenthèse la grasse matinée pour se lever à 5h (ou même n’avoir pas besoin de se lever si l’on est parti la veille au soir en car), démarrer sa journée en tenue décontractée par une messe chantée dans la mythique cathédrale Notre Dame de Paris, s’alléger de tout le superflu en concentrant 3 jours en un sac, troquer ses chaussures de ville pour de bonnes chaussures de marche qui entament ou poursuivent une histoire chargée de souvenirs, préférer le charme de la nature au bitume citadin, l’intimité du chapitre à la foule des magasins, la quiétude de la méditation à l’agitation d’un terrain de sport pour mettre à l’honneur et de manière exclusive le seul, l’unique, le Seigneur.

Sortir ? Oui ! Plus que jamais ! Mais quitter la ville, son bruit, son fourmillement, pour retrouver la campagne, la Beauce, la forêt et la cathédrale, cette forêt de pierre. Quitter son confort, ses pantoufles et son petit-déjeuner, pour vivre trois jours inouïs, et inoubliables, qui prennent chaque année une saveur nouvelle, la question de la météo n’étant que l’élément extérieur d’une montée garantie vers le soleil de l’Eucharistie. Quitter son monde, ses habitudes pour se nourrir de la Foi catholique, boire à la source de la doctrine, se purifier dans le bain de la Confession, en un mot : se plonger en Chrétienté. Faire fi pendant 72h de ses contraintes, ses soucis, ses fardeaux, ses mails, ses whatsapp et sms, se couper de tout pour revenir à l’essentiel, se décharger de tout pour le confier dans la prière, prendre du recul et se donner la chance de repartir à zéro, avec un regard neuf, un cœur allégé, une âme revivifiée.

Le mot est prononcé : Chartres ! Chartres sonne, Chartres t’appelle ! Chartres, c’est la cathédrale, étoile de la Beauce, tour de David, nef victorieuse chargée de blé et de grâces, vision radieuse du dimanche soir, miracle d’une procession du lundi après-midi, joie paisible d’une communion sainte.

Chartres, ce n’est plus une mais deux colonnes immenses de plus de 250 chapitres, s’étalant sur plusieurs kilomètres, magiquement orchestrées par un SO à toute épreuve. La colonne des adultes, et la colonne des familles.

Chartres, c’est la magie de centaines de visages d’enfants de 6 à 12 ans, qui marchent à leur rythme, encadrés par des chefs et des cheftaines énergiques, enthousiastes et dévoués pour leur donner la joie de l’effort, le sens de l’entraide, la soif de la sainteté. Car ils sont nos premiers missionnaires, le « paratonnerre du pèlerinage » selon la belle expression de notre cher abbé Coiffet.

Chartres, c’est la vigueur naissante des Pastoureaux de 13 à 16 ans, adolescents conquérants, assoiffés de plénitude, accompagnés par une équipe de choc et des aumôniers de feu : quel meilleur bain pour les aider à grandir dans le beau et le vrai que ces 3 jours tournés vers l’exigence d’un idéal qu’ils n’entendent plus ailleurs ?  

Chartres, c’est l’immensité d’une Chrétienté adulte renouvelée, dont la jeunesse (moyenne d’âge 21 ans) dément toute désespérance du vieillissement de la fille aînée de l’Eglise, puisant aux racines de la Tradition depuis nos prédécesseurs, Péguy et André Charlier, au sein de 13 régions !

Chartres, c’est la Pentecôte, la Babel baptisée, avec ses plus de 1300 pèlerins étrangers venus de tous les continents !

Chartres, c’est un temps familial sous le regard de Dieu, petits et grands sous la même bannière répartis dans 40 chapitres, pour la première fois réunis en 3 régions (1000 adultes et 1000 enfants).

Chartres, c’est un ciel emplumé de ceux que l’on appelle les anges gardiens, et il y en a plus de 3 000 sur tous les continents : nos pèlerins qui ne peuvent pas marcher pour des raisons d’âges, physiques, de maternité, d’expatriation et auxquels s’associent les prisons, les monastères, les maisons de retraite et les paroisses spirituellement unis à la colonne avec le livret « ange gardien » et forts des paroles de Notre-Seigneur : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

Chartres, c’est aussi la discrétion absolue d’un nombre incommensurable de bénévoles ; de la DIRPEL (direction des pèlerins), qui coordonne, organise, fait prier et chanter à tous les échelons (étrangers, province, Ile de France, régions, chapitres), qui forme les 750 chefs de chapitre et adjoints, qui pourvoit à l’accueil de chacun... jusqu’à la DIRSOUT (direction des soutiens), en charge de l’intendance, des cuisines, des toilettes, des achats, de la sécurité, du service d’ordre... Tous œuvrent dans la joie et dans l’ombre au service de chacun d’entre vous, chers pèlerins, pour que Chrétienté demeure !

Chartres, c’est donc cette immense foule qui grandit chaque année pour se lancer à corps perdu dans ce challenge un peu fou, dont la finalité se résume en 3 mots : Chrétienté, Tradition, Mission.

Chers amis, chers pèlerins, au week-end ordinaire, préférez l’extraordinaire et rejoignez le pèlerinage les 8, 9 et 10 juin 2019 : Chartres vous ouvre ses bras, inscrivez-vous  et faites-le vite car l’anticipation est notre meilleur levier pour organiser ces 3 jours de manière la plus fluide et agréable pour vous.  Il n’y a pas de plus grand bonheur pour nous que de recevoir les témoignages de tout ce que vous avez vécu et les grâces reçues chaque année : à l’impossible, nous sommes tenus !

"Une seule condition : l'inscription, rapide et enthousiaste, à partir d'aujourd'hui même, sur www.nd-chretiente.com  ! N'attendez pas : fatale est l'hésitation, mais heureuse la décision !"

La Direction des pèlerins

samedi 13 avril 2019

Neuvaine pour les familles éprouvées : 5ième jour

Bien chers amis pèlerins.

 

Dans l'association Notre Dame de Chrétienté, de nombreux bénévoles sont éprouvées dans leur vie de famille. Et peut-être est-ce le cas pour vous-mêmes ou des proches, des amis et connaissances.

Alors de même que l'on s'entraide aux heures dures de la route de Pentecôte, entraidons-nous par la prière à cette intention particulière du 9 au 17 Avril !

Comme vous le savez, nous accueillons cette année Monseigneur LEONARD, archevêque émérite de Malines- Bruxelles. En 1998, il a approuvé une neuvaine pour les familles, dont s'inspire la neuvaine proposée ci-dessous. Nous vous proposons de vous y associer au fil des prochains jours !

 

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

 

5° JOUR : PRIERE DEVANT L'ÉCLATEMENT DE LA FAMILLE

Réflexion : les effondrements de la terre peuvent servir de fondations pour la famille du ciel. Ceux qui nous quittent nous préparent un chemin. N’oublions jamais la belle prière pour les âmes de nos défunts, ils ont tant besoin de nous. Devant nos déchirures familiales, plaçons-nous en situation d’accueil et non de rejet.  Nous pouvons établir des relais dès ce monde à condition de le vouloir.

 

Prière : Louis et Zélie Martin, apprenez-nous à faire de nos éclatements de familles, des chemins de guérison. Louis et Zélie Martin, apprenez-nous à affirmer nos ”oui” ou nos “non”. Que nos situations soient mises dans un éclairage de vérité et de fraternité.

Pourquoi NDC vous propose une consécration à la Sainte Vierge ?

Le 13 juin 1917, la Très Sainte Vierge se manifestant pour la deuxième fois à Fatima disait à Lucie : « Jésus veut se servir de toi pour Me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. » Le 13 juillet, Marie disait encore : « Pour sauver les pauvres pécheurs, le Seigneur veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Pour empêcher le châtiment du monde par la guerre, la famine, et les persécutions contre l'Eglise et contre le Saint Père, je viendrai demander la consécration du monde à mon Cœur Immaculé, et la Communion réparatrice des premiers samedis du mois. Mon cœur triomphera à la fin ».

A la fin de son encyclique Haurietis Aquas sur le culte et la dévotion au Sacré-Cœur (15 mai 1956), le pape Pie XII dit : « Pour que des fruits plus abondants découlent dans la famille chrétienne et dans tout le genre humain du culte du Cœur Très Saint de Jésus, les fidèles doivent veiller à l'associer étroitement au culte envers le Cœur Immaculé de Marie. Puisque, de par la volonté de Dieu, la Bienheureuse Vierge Marie a été indissolublement unie au Christ dans l'œuvre de la Rédemption humaine, afin que notre salut vienne de l'amour de Jésus-Christ et de ses souffrances intimement unis à l'amour et aux douleurs de sa Mère, il convient parfaitement que le peuple chrétien qui a reçu la vie divine du Christ par Marie, après avoir rendu le culte qui lui est dû au Cœur Très Sacré de Jésus, rende aussi au Cœur très aimant de sa céleste Mère de semblables hommages de piété, d'amour, de gratitude et de réparation. C'est en parfait accord avec ce dessein très sage et très suave de la Providence divine que nous avons, par un acte mémorable, solennellement consacré la Sainte Eglise et le monde entier au Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie ».

Qu'est-ce qu'une consécration ?  Quand on parle d'une mère qui se consacre à ses enfants, d'un artiste qui se consacre à la peinture, d'un médecin qui se consacre aux malades, cela signifie que, mettant de côté ou au second plan toutes les autres tâches, la mère, l'artiste, le médecin, se donnent avec amour, acharnement, passion, à un objet exclusif considéré comme le seul digne de prendre le meilleur de leur temps, de leurs efforts, de leur fortune, etc... Dans le vocabulaire religieux, la signification de ce mot est identique. On parle ainsi, par exemple, d'un calice, d'un autel, d'une église consacrée : ces objets ou ces lieux ont été d'abord séparés de tout ce qui va demeurer profane ; et pour cela l'Eglise a multiplié les purifications, les ablutions, les exorcismes. Puis ils ont été offerts à Dieu qui en a pris possession : et ce furent les onctions qui ont vraiment fait de ces choses séparées et offertes, les « choses de Dieu », des « choses sacrées ». On parle aussi de la consécration du pain et du vin à la Messe : on a séparé (secretio) des pains, on a mis du vin à part : on les a offerts à Dieu. Et voici que Dieu en prend tellement possession qu'après les paroles consécratoires, il n'y a plus du pain et du vin que les apparences, mais, par contre, sur le corporal et dans le calice, il y a substantiellement le Corps et le Sang du Verbe Incarné. On parle encore des « personnes consacrées à Dieu » : prêtres, religieux, religieuses ont tout quitté pour appartenir au Christ. Donc une consécration peut se définir comme un don sans réserve de soi-même, et qui suppose par conséquent, un dépouillement préalable et parfois même une véritable immolation.

Tout baptisé est un consacré à Dieu L'homme, même dans l'ordre naturel, n'a qu'une seule fin : atteindre Dieu. A plus forte raison dans l'ordre surnaturel où tous ses efforts doivent converger pour arriver à la contemplation bienheureuse et à la jouissance éternelle de la Trinité. En vue d'un tel idéal, l'homme doit tout quitter et en même temps s'engager tout entier à la poursuite du divin. En un mot, il doit être par nature et par grâce un consacré à Dieu. Or, cette consécration a lieu en fait au baptême. Le catéchumène ou l'enfant qui reçoit ce sacrement sont des êtres choisis de Dieu pour être à Lui totalement. La consécration des baptisés, participation à l'unique consécration : celle de l'Incarnation rédemptrice. « Père, dit le Christ entrant dans le monde, les sacrifices anciens, Tu ne les as pas agréés : alors voici pour faire Ta volonté »... Alors, en cet instant, la Divinité accepte cette offrande et oint la nature humaine du Christ en s'unissant à elle si étroitement que Dieu-Homme n'a qu'une personnalité, celle même du Verbe Incarné. Mais ce qu'il nous importe de remarquer ici, c'est que pour s'offrir à Dieu dans un acte de soumission parfaite, le Verbe à dû devenir le Fils de Marie puisque c'est uniquement en prenant, dans le sein de Notre Dame, une humanité semblable à la nôtre qu'il a pu se consacrer à Dieu. Et c'est en Marie toujours que Jésus est devenu, par l'onction de la Divinité, le prêtre par excellence. Donc, pour être à Dieu tout entier, le Christ a voulu passer par Marie. Pour être « donné à Dieu », Il a voulu « s'abandonner » à la Très Sainte Vierge, devenir réellement son Fils. Pour exécuter les desseins de la Providence, Il se soumet aux desseins maternels, Il se met sous la dépendance de Marie, en un mot il « se consacre » à Elle.

Nous aussi nous sommes et devons être les consacrés de la Vierge. Puisque toute consécration à Dieu ne peut être qu'une participation à celle de Jésus et puisque celle de Jésus suppose auparavant un abandon de tout son être à Marie, nous devons, nous les baptisés, nous abandonner totalement entre les mains de la Sainte Vierge... Ainsi nous devons nous consacrer à Marie pour être davantage les consacrés à Dieu (sans oublier qu'une consécration à Dieu est un acte d'adoration et qu'une consécration à Marie n'est qu'un geste filial envers Elle, en vue d'une meilleure adoration de la Divinité.) Aussi une consécration à la Sainte Vierge n'est pas une simple déclaration d'amour faite publiquement à Notre Mère du Ciel, ainsi qu'on a coutume de le faire au soir d'une première communion. Ce n'est pas une banale formule pieuse. Se consacrer à Marie, c'est reconnaître, une fois que l'on a grandi et réfléchi, le rôle sans égal que Marie a joué au jour de notre baptême, la place immense qu'Elle a tenue dans notre vie. Et c'est alors promettre de vivre par rapport à Elle dans un état de soumission totale, à l'image de la soumission de Jésus.

Chaque année, Notre Dame de Chrétienté organise une Consécration à la Sainte Vierge Marie 33 jours avant le pèlerinage : une méditation quotidienne et des actions à mener pour mieux vous préparer à rejoindre Notre Seigneur Jésus-Christ !

vendredi 12 avril 2019

Neuvaine pour les familles éprouvées : 4ième jour

Bien chers amis pèlerins.

 

Dans l'association Notre Dame de Chrétienté, de nombreux bénévoles sont éprouvées dans leur vie de famille. Et peut-être est-ce le cas pour vous-mêmes ou des proches, des amis et connaissances.

Alors de même que l'on s'entraide aux heures dures de la route de Pentecôte, entraidons-nous par la prière à cette intention particulière du 9 au 17 Avril ! Comme vous le savez, nous accueillons cette année Monseigneur LEONARD, archevêque émérite de Malines- Bruxelles. En 1998, il a approuvé une neuvaine pour les familles, dont s'inspire la neuvaine proposée ci-dessous. Nous vous proposons de vous y associer au fil des prochains jours !

 

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

 

4° JOUR : PRIERE DEVANT L'ÉCLATEMENT DE LA FAMILLE

 

Reflexion : “Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns les autres comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Oui, cherchez à imiter Dieu puisque vous êtes ses enfants bien aimés “ (He 4, 32).

 

Prière à l’Esprit- Saint :
Ô Feu de l’Esprit Paraclet, vie de la vie de toute créature, Vous êtes saint, Vous qui vivifiez les choses. Vous êtes saint, Vous qui couvrez de baume les dangereuses fractures, Vous êtes saint, Vous qui pansez les fétides blessures.

Ô souffle de sainteté, ô feu de charité, ô douce saveur dans les coeurs, et pluie dans les âmes, odorante de vertus.

Ô très pure fontaine où l’on voit Dieu assembler les étrangers et rechercher les égarés.

Ô cuirasse de la vie, espoir de l’union de tous les hommes, retraite de la beauté, sauvez les êtres.
Gardez ceux qu’emprisonne l’ennemi et délivrez ceux qui sont enchaînés, ceux que veut sauver la divine puissance. (sainte Hildegarde).

 

Benoît XVI publie une analyse de la crise morale qui secoue l'Église

Le pape émérite Benoît XVI a publié un long texte sur la crise des abus sexuels dans l'Eglise dans une revue catholique allemande, Klerusblatt, qui s'adresse surtout au clergé bavarois. Mais la portée du texte va bien au-delà, évoquant à la fois les causes du mal et la manière dont l'Eglise a réagi alors que Jozef Ratzinger était encore à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.
La « monstrueuse » libéralisation des mœurs de mai 1968, la perte du sens de Dieu, l'impossibilité de fonder une morale dans un monde d'où Dieu est absent, le manque de considération pour la Présence réelle de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l'Eucharistie, la morale de situation, l'existence d'actes bons en soi et mauvais en soi, la présence de « clubs » (ou de cliques) homosexuels au sein de certains séminaires, tout est évoqué.
En particulier, l'insistance sur l'existence d'un bien et d'un mal objectifs reprend le thème central des « Dubia » adressés au pape François par les cardinaux Burke et Brandmüller, et feu les cardinaux Caffarra et Meisner.


Du 21 au 24 février, à l'invitation du pape François, les présidents des conférences épiscopales du monde entier se sont réunis au Vatican pour évoquer la crise actuelle de la Foi et de l'Eglise ; une crise qui s’est fait ressentir dans le monde entier à la suite des révélations fracassantes d'abus cléricaux à l’égard de mineurs.
L’étendue et la gravité des incidents signalés ont très profondément troublé prêtres et laïcs, et elles en ont conduit plus d'un à remettre en question la Foi même de l'Eglise. Il était nécessaire de diffuser un message fort, et de chercher à prendre un nouveau départ, de manière à rendre l'Eglise de nouveau crédible en tant que lumière parmi les peuples, et force au service de la lutte contre les puissances de la destruction.

Comme j’ai moi-même eu à servir dans une position de responsabilité en tant que Pasteur de l'Eglise au moment de la manifestation publique de la crise, et pendant qu’elle se préparait, je me devais de me demander – bien qu’en tant qu'émérite, je ne porte plus directement cette responsabilité – ce que je peux contribuer par ce regard en arrière en vue de ce nouveau départ.
Ainsi, après l’annonce de la rencontre des présidents des  conférences épiscopales, j'ai compilé quelques notes qui pourraient me permettre de contribuer quelques remarques utiles en ces heures graves.
Ayant pris contact avec le secrétaire d’Etat, le cardinal Parolin et le Saint-Père lui-même, il m’a semblé opportun de publier ce texte dans le Klerusblatt [un mensuel destiné au clergé des diocèses, pour la plupart de la région de Bavière].

Mon travail est divisé en trois parties.

Dans la première partie, je vise à présenter brièvement le contexte social plus étendu de la question, sans lequel il est impossible de comprendre le problème. Je cherche à montrer qu'au cours des années 1960 il s'est produit un événement monstrueux, à une échelle sans précédent au cours de l'histoire. On peut dire qu'au cours des vingt années entre 1960 et 1980, les critères normatifs de la sexualité se sont entièrement effondrés ; une nouvelle absence de normes est née qu’entre-temps on s’est employé à redresser. Dans une deuxième partie, je tente d’indiquer les effets qu'a eus cette situation sur la formation et le vie des prêtres. Pour conclure, dans la troisième partie, je voudrais développer quelques perspectives en vue d'une réponse droite de la part de l’Eglise.

I.
1. Tout commence avec l’introduction, prescrite par l’État et soutenue par lui, des enfants et des jeunes aux réalités de la sexualité. En Allemagne, celle qui était alors ministre de la Santé, Mme [Käte] Strobel, fit réaliser un film où tout ce qui jusqu'alors était interdit de présentation publique, y compris les rapports sexuels, était désormais montré à des fins d’éducation. Ce qui au départ visait seulement l’information des jeunes devait bien entendu par la suite être accepté comme une possibilité généralisée.
Des résultats similaires furent atteints à travers la publication du Sexkoffer par le gouvernement autrichien [une « valisette » controversée de matériaux d'éducation sexuelle utilisée dans les écoles autrichiennes à la fin des années 1980]. Des films de sexe et pornographiques se répandirent entre-temps, à tel point qu'on les montrait dans des cinémas de gare [Bahnhofskinos]. Je me rappelle encore avoir vu, alors que je me déplaçais un jour à pied dans Ratisbonne, une masse de gens faisant la queue devant un grand cinéma – comportement qu'auparavant nous ne voyions qu'en temps de guerre, alors  qu'on pouvait espérer quelque distribution spéciale. Je me rappelle également être arrivé dans cette ville le Vendredi Saint de l’année 1970 et d'avoir vu tous les panneaux publicitaires recouverts de posters montrant deux personnes totalement nues, grandeur nature, étroitement enlacées.

Parmi les libertés que la Révolution de 1968 s'est battue pour conquérir, il y avait aussi cette liberté sexuelle absolue, qui ne tolérait plus aucune norme.
Cet effondrement moral caractéristique de ces années-là était également étroitement lié à une propension à la violence. C'est pour cette raison que les films de sexe n’ont plus été autorisés dans les avions car la violence éclatait alors parmi la petite communauté de passagers. Et puisque les excès dans le domaine l'habillement portaient également à l’agression, des directeurs d’école ont également tenté de mettre en place des uniformes scolaires pour rendre un possible un environnement propice à l’étude. Faisait partie de la physionomie de la révolution de 1968, le fait que la pédophilie fut alors jugée acceptable et raisonnable.
Pour les jeunes dans l’Eglise au moins, mais pas seulement pour eux, ce fut à bien des égards une époque très difficile, et de plus d'une manière. Je me suis toujours demandé comment des jeunes dans cette situation pouvaient se diriger vers le sacerdoce et l'accepter, avec toutes ses conséquences. L'effondrement important qui a frappé la nouvelle génération de prêtres dans ces années-là, et le nombre très élevé de réductions à l'état laïc, furent la conséquence de tout ce processus.

2.  Dans le même temps, et indépendamment de cette évolution, la théologie morale catholique s’est effondrée, laissant l'Eglise sans défense face à ces changements sociétaux. Je vais essayer d’esquisser brièvement la trajectoire de cette évolution.
Jusqu’au concile Vatican II, la théologie morale catholique était dans une large mesure fondée sur la loi naturelle, tandis que l'Ecriture sainte n’était citée que pour fournir un contexte ou une confirmation. Dans les efforts du Concile en vue d’une nouvelle compréhension de la Révélation, l'option de la loi naturelle fut largement abandonnée, et on exigea une théologie morale fondée entièrement sur la Bible.
Je me rappelle encore que la faculté jésuite de Francfort permit à un jeune père extrêmement doué (Bruno Schüller) de développer une morale entièrement fondée sur l'Ecriture sainte. La belle dissertation du P. Schüller constitue un premier pas vers la construction d'une morale fondée sur l’Ecriture. Le P. Schüller fut alors envoyé en Amérique pour faire des études supplémentaires ; il en revint en reconnaissant qu’en partant de la seule Bible, la morale ne pouvait être présentée de manière systématique. Il tenta alors d'établir une théologie morale plus pragmatique, sans pour autant parvenir à apporter une réponse à la crise de la morale.
Finalement, c'est dans une large mesure l’hypothèse selon laquelle la morale devait être exclusivement déterminée en vue des fins de l'action humaine qui devait prévaloir. La vieille expression « la fin justifie les moyens » n’était certes pas affirmée sous cette forme grossière, mais la manière de penser qui y correspond était devenue déterminante. Par voie de conséquence, plus rien ne pouvait désormais constituer un bien absolu, pas plus qu'il ne pouvait y avoir quelque chose de fondamentalement mauvais,  mais seulement des jugements de valeur relative. Le bien n’existait plus, mais seulement le mieux relatif, dépendant du moment et des circonstances.

La crise du fondement et de la présentation de la morale catholique atteignit des proportions dramatiques à la fin des années 1980 et dans les années 1990. Le 5 janvier 1989, la « Déclaration de Cologne » signée par 15 professeurs catholiques de théologie était publiée. Elle avait pour objet les différents points de crise dans la relation entre le magistère épiscopal et la travail de la théologie. Ce texte, qui dans un premier temps ne dépassa pas le niveau habituel de protestation, se transforma rapidement en tollé contre le magistère de l’Eglise, rassemblant de manière audible et visible tout le potentiel de protestation contre les textes doctrinaux de Jean-Paul II qui étaient alors attendus (cf. D. Mieth,  Kölner Erklärung, LThK, VI3, p. 196) [LTHK désigne le Lexikon für Theologie und Kirche, un « Lexique de la théologie et de l’Eglise » de langue allemande, qui comptait parmi ses rédacteurs en chef Karl Rahner et le cardinal Walter Kasper, note du traducteur d’EWTN.]

Le pape Jean-Paul II, qui connaissait très bien la situation de la théologie morale et qui la suivait avec vigilance, commanda des travaux en vue d'une encyclique qui remettrait ces choses à l’endroit. Elle fut publiée sous le titre Veritatis splendor le 6 août 1993, et provoqua de vives contre-réactions de la part de théologiens moraux. Auparavant, le Catéchisme de l'Eglise catholique avait déjà présenté de manière convaincante et systématique la morale proclamée par l’Eglise.
Je n'oublierai jamais comment le théologien moral allemand le plus reconnu à l’époque, Franz Böcke, qui était retourné dans sa Suisse natale pour sa retraite, déclara au vu des choix possibles de l’encyclique Veritatis splendor, que si cette encyclique devait affirmer que certaines actions doivent toujours et en toutes circonstances être qualifiées de mauvaises, il élèverait la voix contre elle avec toute la force dont il disposait.
C’est Dieu qui dans sa bienveillance lui épargna la mise en œuvre de cette résolution ; Böcke mourut le 8 juillet 1991. L'encyclique fut publiée le 6 août 1993, et elle comporta en effet l’affirmation selon laquelle il existe des actions qui ne peuvent jamais devenir bonnes.

Le pape était alors pleinement conscient de l'importance de cette décision, et pour cette partie de son texte, il avait de nouveau consulté des spécialistes de premier plan qui ne participaient pas à la rédaction de l’encyclique. Il savait qu'il ne pouvait et ne devait laisser subsister aucun doute quant au fait que la morale de la pesée des intérêts doit respecter une limite ultime. Il y a des biens qui ne sont jamais sujets à une mise en balance. Il y a des valeurs qui ne doivent jamais être abandonnées en vue d'une plus grande valeur, et qui surpassent même la préservation de la vie physique. Il y a le martyre. Dieu est davantage, davantage même que la survie physique. Une vie achetée par la négation de Dieu, une vie fondée sur un mensonge ultime, est une non-vie.
Le martyre est une catégorie fondamentale de l'existence chrétienne. Le fait que le martyre n'est plus moralement nécessaire dans la théorie avancée par Böckle et tant d’autres montre que c'est l'essence même du christianisme qui est ici en jeu.

En théologie morale, cependant, une autre question était entre-temps devenue pressante : la thèse selon laquelle le magistère de l'Eglise devait avoir la compétence finale (« infaillibilité ») seulement dans des matières concernant la foi elle-même avait obtenu une adhésion très large ; les questions relatives à la morale ne devaient pas faire partie du champ des décisions infaillibles du magistère de l’Eglise. Il y a probablement quelque chose de vrai dans cette hypothèse qui mérite d’en discuter plus avant. Mais il existe un ensemble minimum de principes moraux qui est indissolublement lié au principe fondateur de la Foi et qui doit être défendu si la Foi ne doit pas être réduite à une théorie mais au contraire reconnue dans ses droits par rapport à la vie concrète.
Tout cela rend visible  à quel point fondamental l'autorité de l'Eglise en matière de morale est remise en question. Ceux qui nient à l’Eglise une compétence d’enseignement ultime dans ce domaine l'obligent à rester silencieuse précisément là où la frontière entre la vérité et les mensonges est en jeu.
Indépendamment de cette question, on a développé dans de nombreux cercles de théologie morale, la thèse selon laquelle l'Eglise n’a pas, et ne peut avoir sa propre morale. On soutenait cela en faisant remarquer que toutes les thèses morales connaîtraient également des parallèles dans d'autres religions et que par conséquent, une morale proprement chrétienne ne pouvait exister. Mais la question du caractère propre d'une morale biblique n'est pas réglée par le fait que pour chaque phrase apparaissant ici ou là, on peut aussi trouver un parallèle dans d'autres religions. Il s'agit plutôt de la totalité de la morale biblique, qui en tant que telle est nouvelle et différente de ses éléments individuels.

La doctrine morale de la Sainte écriture trouve en dernière analyse le fondement de son caractère unique de son ancrage dans l'image de Dieu, dans la foi au Dieu unique qui s’est montré en Jésus-Christ et qui a vécu comme être humain. Le Décalogue est une application de la foi biblique en Dieu à la vie humaine. L'image de Dieu et la morale sont indissociables et sont ainsi cause de l’extraordinaire nouveauté de l'attitude chrétienne à l'égard du monde et de la vie humaine. En outre, le christianisme a été désigné depuis le début par le mot « hodós » [le mot grec signifiant voie, souvent utilisé dans le Nouveau Testament dans le sens de chemin de progrès]. La foi est un voyage et une façon de vivre. Dans l’Eglise ancienne, le catéchuménat fut créé comme un lieu de vie face à une culture de plus en plus démoralisée, où les aspects particuliers et nouveaux de la manière de vivre chrétienne étaient mis en pratique, et en même temps protégés de la manière de vivre ordinaire. Je pense qu'encore aujourd’hui il faut quelque chose qui ressemble à des communautés catéchumènes, de telle sorte que la vie chrétienne puisse s’affirmer à sa propre façon.

II.
 Les réactions ecclésiales initiales.
1.  Le processus, préparé de longue date et toujours en cours de réalisation, de la liquidation de la conception chrétienne de la morale a été, comme j'ai essayé de le montrer, marquée par un radicalisme sans précédent au cours des années 1960. Cette liquidation de l’autorité d’enseignement moral de l'Eglise devait nécessairement produire des effets dans divers domaines de l’Eglise. Dans le contexte de la rencontre des présidents des  conférences épiscopales du monde entier avec le pape François, la question de la vie sacerdotale comme celle des séminaires est d'un intérêt primordial. Pour ce qui est du problème de la préparation au ministère sacerdotal dans les séminaires, il existe dans les faits un vaste effondrement de la forme antérieure de cette préparation.
Dans divers séminaires des clubs homosexuels furent établis, qui agissaient plus ou moins ouvertement et qui ont significativement modifié le climat des séminaires. Dans un séminaire en Allemagne du Sud, les candidats à la prêtrise et les candidats au ministère laïc du référent pastoral [Pastoralreferent] vivaient ensemble. Lors des repas pris en commun, les séminaristes et les référents pastoraux mangeaient ensemble, et ceux des laïcs qui étaient mariés étaient parfois accompagnés de leurs femme et enfants, et même à l'occasion par leur petite amie. Le climat de ce séminaire ne pouvait apporter un soutien à la préparation à la vocation sacerdotale. Le Saint-Siège avait connaissance de tels problèmes, sans en être informé précisément. Comme première étape, une visite apostolique des séminaires des États-Unis fut organisée.
Comme les critères de sélection et de nomination des évêques avaient également été modifiés après le concile Vatican II, la relation des évêques vis-à-vis de leurs séminaristes était également très variable. Par-dessus tout, le critère pour la nomination des nouveaux évêques était désormais leur « conciliarité », ce qui peut évidemment être compris de façons assez différentes.

Dans les faits, dans de nombreuses parties de l'Eglise, les attitudes conciliaires étaient comprises comme le fait d'avoir une attitude critique négative à l'égard de la tradition existant jusqu’alors, et qui devait  désormais être remplacée par une nouvelle relation, radicalement ouverte, au monde. Un évêque, qui avait précédemment été recteur de séminaire, avait permis le visionnage de films pornographiques par les séminaristes, prétendument dans l’intention de les rendre ainsi résistants aux comportements contraires à la foi.

Certains évêques – et pas seulement aux Etats-Unis d’Amérique – rejetèrent la tradition catholique dans son ensemble, cherchant à faire advenir une nouvelle forme moderne de « catholicité » dans leurs diocèses. Cela vaut peut-être la peine de mentionner que dans un nombre non négligeable de séminaires, des étudiants pris sur le fait d'avoir lu mes livres furent jugés inaptes au sacerdoce. On cachait mes livres comme de la mauvaise littérature, et ils n’étaient lus que sous le manteau.
La visite qui eut lieu alors n’apporta pas de nouvelles perspectives, apparemment parce que diverses forces s'étaient réunies afin de dissimuler la situation réelle. Une deuxième visite fut ordonnée, qui permit d’obtenir bien plus d’informations, mais dans son ensemble elle n’eut pas de retombées. Cependant, depuis les années 1970 la situation dans les séminaires s'est améliorée de manière générale. Et pourtant, il n'y eut que des cas rares d’un nouveau renforcement des vocations sacerdotales parce que la situation dans son ensemble avait pris un chemin différent.

2.  La question de la pédophilie, telle que je m'en souviens, n'est devenue aiguë qu'au cours de la seconde moitié des années 1980. Entre-temps, c'était déjà devenu une affaire publique aux États-Unis, de telle sorte que les évêques recherchèrent l'aide de Rome, puisque le droit canonique, tel qu'il est écrit dans le nouveau code de 1983, ne semblait pas suffire pour prendre les mesures nécessaires.
Rome et les canonistes romains eurent dans un premier temps des difficultés à prendre en compte ces préoccupations ; dans leur opinion, la suspension temporaire de l'office sacerdotal devait suffire à produire la purification et la clarification. Cela, les évêques américains ne purent l’accepter, puisque les prêtres restaient ainsi au service de l’évêque et pouvaient donc être supposés rester en association directe avec lui. Ce n'est que lentement qu'un renouveau et un approfondissement de la loi pénale du nouveau code, construite délibérément de manière souple, commencèrent à prendre forme.
Outre cela, cependant, il y avait un problème fondamental de perception de la loi pénale. Seul ce qu'on appelait le garantisme était encore considéré comme « conciliaire ». Cela signifie que par-dessus tout, les droits de l'accusé devaient être garantis, à tel point que de fait, toute condamnation était exclue. Comme contrepoids aux options de défense souvent inadéquates offerte aux théologiens accusés, leur droit à la défense par le biais du garantissent même s'étendit à tel point que les condamnations n'étaient guère possibles.

Permettez-moi ici de faire une brève digression. À la lumière de l’étendue des transgressions pédophiles, une parole de Jésus est de nouveau présente dans les esprits, qui affirme : « Mais si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît autour du cou une de ces meules que les ânes tournent, et qu’on le jetât dans la mer » (Marc, 9, 41).
L’expression « ces petits » dans le langage de Jésus signifie les fidèles ordinaires qui peuvent être amenés à chuter dans leur foi par l'arrogance intellectuelle de ceux qui se pensent intelligents. Donc ici, Jésus protège le dépôt de la foi avec une menace insistante de punition adressée à ceux qui lui portent atteinte. L'utilisation moderne de la phrase n'est pas en elle-même erronée, mais elle ne doit pas obscurcir la signification originale. Selon cette signification il devient clair, contrairement à tous garantisme, que ce n'est pas seulement le droit de l'accusé qui est important et qui a besoin d'une garantie. De grands biens, telle la Foi, sont également importants.

Un droit canonique équilibré, qui corresponde à la l'intégralité du message de Jésus, ne doit donc pas seulement  fournir une garantie aux accusés, dont le respect est un bien légal. Il doit également protéger la Foi, qui est elle aussi un bien légal important. Un droit canonique correctement constitué doit donc contenir une double garantie – une protection légale des accusés, une protection légale du bien qui est en jeu. Celui qui aujourd’hui propose cette conception intrinsèquement claire, on lui fait généralement la sourde oreille dès lors qu'il s'agit de la question de la protection de la foi en tant que bien légal. Dans la conscience générale qu’on a de la loi, la Foi ne semble plus avoir le rang d'un bien qui doit être protégé. Il s'agit là d'une situation alarmante qui doit être sérieusement prise en considération par les pasteurs de l’Eglise.

J’aimerais ici ajouter aux brèves notes sur la situation de la formation sacerdotale au moment où la crise a éclaté de manière publique, quelques remarques concernant l’évolution du droit canonique en cette matière.
En principe, la Congrégation pour le clergé est responsable du traitement des crimes commis par des prêtres. Mais puisque les garantisme dominait à ce point la situation à l’époque, je me suis accordé avec le pape Jean-Paul II pour dire qu'il était opportun d’assigner la compétence de ces infractions à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, et sous l’intitulé : « Delicta maiora contra fidem. »
Cette assignation donnait également la possibilité d'imposer la peine maximale,  à savoir l'expulsion du clergé, qui n'aurait pas pu être imposé selon d’autres dispositions juridiques. Ce n'était pas un tour de passe-passe permettant d'imposer la peine maximale, mais une conséquence de l'importance de la foi pour l’église. Il est en réalité important de comprendre que de telles transgressions de la part de clercs nuisent en dernier ressort à la Foi.
C'est seulement là où la Foi ne détermine plus les actions de l'homme que de tels crimes sont possibles.
La sévérité de la punition présuppose cependant aussi une preuve claire de la réalité de l’infraction : cet aspect du garantisme reste en vigueur.

Pour le dire autrement: pour pouvoir imposer la peine maximale de manière légale, il faut une authentique procédure criminelle. Mais à la fois les diocèses et le Saint-Siège étaient dépassés par une telle exigence. Nous avons mis en place une forme minimale des procédures criminelles, laissant ouverte la possibilité pour le Saint-Siège de prendre en main le procès dès lors que le diocèse ou l’administration métropolitaine n'est pas en mesure de le mener. Dans tous les cas, le procès doit être revu par la Congrégation de la Doctrine de la foi de manière à garantir les droits de l’accusé. Pour finir, à la Feria IV (c'est-à-dire l'assemblée des membres de la Congrégation), nous avons établi une instance d’appel de manière à offrir une possibilité d’appel.
Dans la mesure où tout cela allait en réalité au-delà des capacités de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, et parce que des retards se sont faits jour qu'il fallait empêcher en raison de la nature du sujet, le pape François a entrepris des reformes supplémentaires.


III.
1.  Que devons-nous faire ? Faudrait-il que nous créions une autre Eglise pour tout remettre à l’endroit ? Eh bien, cette expérience-là a déjà été faite et elle a déjà échoué. Seuls l'obéissance et l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ peuvent indiquer le droit chemin. Essayons donc d’abord de comprendre de nouveau et de l’intérieur [en nous-mêmes] ce que veut Notre Seigneur, et ce qu'il a voulu de nous.

Je voudrais suggérer d'abord ceci : si nous voulons vraiment résumer très brièvement le contenu de la Foi telle qu'il est exposé dans la Bible, nous pourrions le faire en disant que le Notre Seigneur a entamé avec nous une histoire d’amour dans laquelle il veut récapituler toute la création. La force antagoniste face au mal qui nous menace et qui menace le monde entier, ne peut au bout du compte consister que dans notre entrée dans cet amour. Il est la vraie force antagoniste face au mal. Le pouvoir du mal dérive de notre refus de l’amour de Dieu. Celui qui se confie à l'amour de Dieu est racheté. Le fait que nous ne soyons pas rachetés est conséquences de notre incapacité à aimer Dieu. Apprendre à aimer Dieu est par conséquent la voie de la rédemption des hommes.

Essayons maintenant d'exposer un peu plus ce contenu essentiel de la Révélation de Dieu. Nous pourrions dire alors que le premier don fondamental que nous offre la Foi est la certitude que Dieu existe.
Un monde sans Dieu ne peut être qu'un monde sans signification. Car alors, d'où vient tout ce qui est ? En tout cas, il n'a pas de fondement spirituel. Il est tout simplement là, on ne sait trop comment, et n'a ni but ni sens. Dès lors, il n'y a pas de normes du bien ou du mal. Alors, seul ce qui est plus fort que l’autre peut s’auto-affirmer. Alors, la puissance est le seul principe. La vérité ne compte pas – en fait, elle n'existe même pas. Ce n'est que si les choses ont une raison d’être spirituelle, ayant été voulues et conçues – c'est seulement s'il y a un Dieu créateur qui est bon et qui veut le bien – que la vie de l'homme peut aussi avoir un sens.
Qu'il existe un Dieu créateur, mesure de toutes choses, est tout d’abord un besoin primordial. Mais un Dieu qui ne s'exprimerait pas du tout, qui ne se ferait pas connaître, resterait à l'état d’intuition et ne pourrait ainsi déterminer la forme de notre vie.

Pour que Dieu soit réellement Dieu dans cette création délibérée, nous devons nous tourner vers lui afin qu'Il s’exprime d'une façon ou d'une autre. Il l’a fait de multiples façons, mais ce fut de manière décisive dans cet appel fait à Abraham qui donna aux personnes à la recherche de Dieu l’orientation qui mène au-delà de tout ce qu’on pouvait attendre : Dieu lui-même devient créature, et parle comme un homme avec nous autres êtres humains.
Ainsi la phrase « Dieu est » se transforme en dernière analyse véritablement en Bonne Nouvelle, tant Il est plus qu’une idée, parce qu'Il crée l’amour et qu’Il est l’amour. Rendre de nouveau conscient de cela est la tâche première et fondamentale que nous confie le Seigneur.

Une société sans Dieu – une société qui ne le connaît pas et qui le considère comme n'existant pas – est une société qui perd sa mesure. C'est à notre époque que le slogan «  Dieu est mort » a été forgé. Lorsque Dieu meurt effectivement au sein d'une société, elle devient libre, nous assurait-on. En réalité, la mort de Dieu dans une  société signifie aussi la fin de la liberté, parce que ce qui meurt est la finalité qui permet l’orientation. Et aussi parce que disparaît le compas qui nous indique la bonne direction en nous apprenant à distinguer le bien du mal. La société occidentale est une société dont Dieu est absent de la sphère publique et qui n’a plus rien à lui dire. Et c'est pourquoi il s'agit d'une société où la mesure de l’humanité se perd de plus en plus. Sur des points précis, il devient soudain visible que ce qui est mal et détruit l’homme est devenu la norme acceptée.

Il en va ainsi de la pédophilie. Théorisée il n'y a pas pas très longtemps comme étant tout à fait légitime, elle s'est étendue de plus en plus loin. Et nous nous rendons compte aujourd'hui avec effroi qu'il advient des choses à nos enfants et à nos jeunes qui menacent de les détruire. Le fait que cela ait pu aussi s'étendre dans l'Eglise et parmi les prêtres devrait nous troubler tout particulièrement.
Pourquoi la pédophilie a-t-elle atteint de telles proportions ? En dernière analyse, la raison en est l'absence de Dieu. Nous autres chrétiens et prêtres préférons aussi ne pas parler de Dieu, parce que ce discours ne semble pas pratique. Après le bouleversement de la Seconde Guerre mondiale, nous avons continué en Allemagne de placer expressément notre constitution sous la responsabilité vis-à-vis Dieu en tant que principe conducteur. Un demi-siècle plus tard, il ne fut plus possible d'inclure la responsabilité vis-à-vis de Dieu comme critère de référence de la constitution européenne. Dieu est considéré comme la préoccupation partisane d'un petit groupe et ne peut plus constituer le critère de référence de la communauté dans son ensemble. Cette décision est le reflet de la situation en Occident, où Dieu est devenu l'affaire privée d'une minorité.

Une tâche essentielle, qui doit résulter des bouleversements moraux de notre temps, est que nous commencions nous-mêmes de nouveau à vivre par Dieu et pour Lui. Par-dessus tout, nous devons apprendre de nouveau à reconnaître Dieu comme fondement de notre vie au lieu de le laisser de côté comme une phrase  d'une certaine manière inopérante. Je n'oublierai jamais la mise en garde que m’adressa un jour  dans une de ses lettres le grand théologien Hans Urs von Balthazar. « Ne présupposez pas le Dieu trine, Père, Fils et Saint Esprit – présentez-les ! »
De fait, dans la théologie Dieu est souvent tenu pour acquis, comme si cela allait de soi, mais concrètement on n'en traite pas. Le thème de Dieu semble si irréel, si éloigné des choses qui nous préoccupent. Et pourtant tout change si l'on ne présuppose pas Dieu, mais qu'on le présente. En ne le laissant pas d'une certaine manière à l’arrière-plan, mais en le reconnaissant comme le centre de nos pensées, de nos paroles et de nos actions.


2.   Dieu est devenu homme pour nous. L’homme, sa créature, est si près de son Cœur qu'Il s'est uni à lui, entrant ainsi dans l'histoire humaine d'une manière très pratique. Il parle avec nous, Il vit avec nous, Il souffre avec nous et Il a pris la mort sur lui pour nous. Nous parlons de cela dans le détail en théologie, avec des pensées et des mots savants. Mais c'est précisément de cette manière que nous courons le risque de devenir maîtres de la Foi au lieu d'être renouvelés et gouvernés par la Foi.
Considérons cela par rapport à une question centrale, la célébration de la Sainte eucharistie. La manière dont nous traitons l'Eucharistie ne peut que provoquer de la préoccupation. Le concile Vatican II été à juste titre centré sur la volonté de remettre ce sacrement de la présence du Corps et du Sang du Christ, de la présence de sa Personne, de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, au centre de la vie chrétienne et de l'existence même de l’Eglise. En partie, cela a effectivement été réalisé, et nous devons en être reconnaissants au Seigneur du fond du cœur.

Et pourtant, c'est une attitude assez différente qui prévaut. Ce qui prédomine n'est pas une nouvelle révérence envers la présence de la mort et de la résurrection du Christ, mais une manière de Le traiter qui détruit la grandeur du mystère. Lé déclin de la participation à la célébration dominicale de l’Eucharistie montre combien nous autres chrétiens d’aujourd'hui sommes devenus peu capables d’apprécier la grandeur du don que constitue sa Présence Réelle. L'Eucharistie a été dévaluée pour devenir un simple geste cérémoniel, lorsqu'on prend pour acquis que la courtoisie exige qu’elle soit offerte lors des célébrations familiales ou des occasions comme les mariages et les enterrements à tous les invités, pour des raisons familiales.

La manière dont les personnes présentes reçoivent facilement en maints endroits le Saint-Sacrement; comme si cela allait de soi, montre que beaucoup ne voient plus dans la communion qu’un geste purement cérémoniel. Donc, lorsque nous pensons à l'action qui serait nécessaire avant tout, il devient évident que nous n'avons pas besoin d'une nouvelle Eglise de notre invention. Au contraire, ce qui faut d'abord et avant tout, c'est bien davantage le renouveau de la foi en la présence de Jésus-Christ qui nous est donné dans le Saint-Sacrement.
Lors  de conversations avec des victimes de pédophilie, j'ai été amené à une conscience toujours plus aiguë de cette exigence. Une jeune femme qui avait été servante d’autel me dit que l’aumônier, qui était son supérieur en tant que servante d’autel, commençait toujours les abus sexuels commis à son encontre par les paroles : « Ceci est mon corps qui sera livré pour vous. »
Il est évident que cette femme ne peut plus entendre les paroles mêmes de la consécration sans ressentir à nouveau de manière terrifiante toute la torture des abus qu'elle a subis. Oui, nous devons d'urgence implorer le pardon du Seigneur ; et d'abord et avant tout nous devons l’invoquer et lui demander de nous enseigner de nouveau à tous la dimension de sa souffrance, de son sacrifice. Et nous devons tout faire pour protéger le don de la Sainte Eucharistie de tout abus.

3.  Pour finir, il y a le mystère de l’Eglise. La phrase par laquelle Romano Guardini, il y a près de 100 ans, exprimait l'espérance joyeuse qui avait été instillée en lui et en beaucoup d’autres, demeure inoubliée : « Un événement d'une importance incalculable a commencé : l'Eglise se réveille dans les âmes. »
Il voulait dire que l'Eglise n’était plus vécue et perçue simplement comme un système externe qui entre dans nos vies, comme une sorte d'autorité, mais qu'elle commençait plutôt à être perçue comme étant présente dans les cœurs – non comme quelque chose de simplement extérieur, mais comme nous touchant de l’intérieur. Environ un demi-siècle plus tard, reconsidérant ce processus et en regardant ce qui s'était produit, je fus tenté d'inverser la phrase : « L’Eglise meurt dans les âmes. »

De fait, l'Eglise aujourd'hui est largement considérée comme une simple sorte d'appareil politique. On en parle quasi exclusivement en catégories politiques, et cela concerne même les évêques, qui formulent leur conception de l'Eglise de demain en termes quasi exclusivement politiques. La crise causée par les nombreux cas d'abus commis par des prêtres nous pousse à considérer l'Eglise comme quelque chose de misérable : une chose que nous devons désormais reprendre en mains et restructurer. Mais une Eglise fabriquée par nous ne peut fonder l’espérance.

Jésus lui-même a comparé l'Eglise à un filet de pêche où à la fin, les bons poissons sont séparés des mauvais par Dieu lui-même. Il y a aussi la parabole de l’Eglise, figurée par un champ où pousse le bon grain semé par Dieu lui-même, mais aussi l’ivraie qu’« un ennemi » y a secrètement semé. Il est vrai que l’ivraie dans le champ de Dieu, l’Eglise, n'est que trop visible, et que les mauvais poissons dans le filet montrent également leur force. Néanmoins, le champ est toujours le champ de Dieu et le filet est toujours le filet de pêche de Dieu. Et dans tous les temps, il n'y a pas seulement l’ivraie et les mauvais poissons, mais également les moissons de Dieu et les bons poissons. Proclamer les deux choses avec insistance ne relève pas d’une fausse apologétique : c’est un service qu'il est nécessaire de rendre à la vérité.

Dans ce contexte il est nécessaire de se référer à un texte important de l'Apocalypse de saint Jean. Le diable est identifié comme l’accusateur qui accuse nos frères devant Dieu jour et nuit (Apoc. 12, 10). L’Apocalypse de saint Jean reprend ainsi une réflexion qui est au centre du cadre narratif du livre de Job (Job 1 et 2, 10 ; 42, 7-15). Dans ce livre, le diable cherché à rabaisser la droiture de Job devant Dieu, en disant qu’elle n’est qu’extérieure. Il s’agit exactement de ce que dit l’Apocalypse : le diable cherche à prouver qu'il n'y a pas de justes ; que toute la droiture des hommes ne se manifeste qu’à l’extérieur. Si on pouvait s'approcher davantage d'une personne, alors les apparences de droiture s’évanouiraient bien vite.

L’histoire de Job commence par une dispute entre Dieu et le diable, où Dieu avait désigné Job comme un homme vraiment juste. Celui-ci sera utilisé comme exemple, pour vérifier qui a raison. Enlevez-lui ce qu'il possède et vous verrez qu'il ne restera rien de sa piété, soutient le diable. Dieu lui permet de faire cette tentative, dont Job sort victorieux. Alors le diable va plus loin, disant : « L’homme donnera peau pour peau, et tout ce qu’il a pour sauver sa vie ; mais étendez votre main, et frappez ses os et sa chair, et vous verrez s’il ne vous maudira pas en face » (Job, 2, 4).

Dieu concède au diable un deuxième round. Il lui sera également permis de toucher la peau de Job. Il ne lui est interdit que de tuer Job. Pour les chrétiens, il est clair que ce Job, qui se dresse devant Dieu comme un exemple pour l'humanité tout entière, est Jésus-Christ. Dans l’Apocalypse de saint Jean, le drame de l'humanité nous est présenté dans toute son étendue.
Le Dieu créateur est face au diable qui médit de toute l'humanité et de toute la création. Il dit, non seulement à Dieu mais par-dessus tout aux êtres humains : Regardez ce qu’a fait ce Dieu. Cette création prétendument bonne, est en réalité pleine de misère et de répugnance.
Ce dénigrement de la création est en réalité un dénigrement de Dieu. Il cherche à prouver que Dieu n'est pas bon lui-même, et ainsi à nous détourner de lui.

L'actualité de ce que l'Apocalypse nous dit ici est évidente. Aujourd’hui, l’accusation adressée à Dieu vise par-dessus tout à présenter son Eglise comme entièrement mauvaise, et ainsi, à nous en détourner. L'idée d’une Eglise meilleure, que nous créerions nous même, est en réalité une suggestion du diable, par laquelle il cherche à nous éloigner du Dieu vivant, au moyen d'une logique trompeuse par laquelle nous nous laissons trop facilement duper. Non, même aujourd'hui l'Eglise n'est pas composée seulement de mauvais poissons et d’ivraie. L'Eglise de Dieu continue d’exister aujourd’hui, et aujourd’hui, elle est l'instrument même par lequel Dieu nous sauve.

Il est très important de contrer les mensonges et demi-vérités du diable au moyen de la vérité tout entière : oui, il y a des péchés dans l’Eglise, il y a du mal. Mais aujourd'hui encore il y a la sainte Eglise, qui est indestructible. Aujourd'hui il y a beaucoup de gens qui croient, souffrent et aiment humblement, dans lesquels le vrai Dieu, le Dieu d’amour, se montre à nous. Aujourd'hui encore Dieu a ses témoins (ses « martyrs ») dans le monde. Nous devons simplement veiller, pour les voir et pour les entendre.
Le mot « martyr »  nous vient du droit procédural. Dans le procès contre le diable, Jésus-Christ est le premier et le véritable témoin de Dieu, Il est le premier martyr, suivi depuis lors par d'innombrables autres martyrs.

Aujourd'hui l'Eglise est plus que jamais une Eglise des martyrs, et elle est ainsi témoin du Dieu vivant. Si nous regardons autour de nous et que nous écoutons d'un cœur attentif, nous pouvons vous trouver des témoins partout aujourd’hui, spécialement parmi les gens ordinaires, mais aussi dans les plus hauts rangs de l’Eglise, qui par leur vie et leur souffrance, se lèvent pour Dieu. C'est une inertie du cœur qui nous conduit à ne pas vouloir les reconnaître. L'une des tâches les plus grandes et des plus essentielles de notre évangélisation est d’établir, autant que nous le pouvons, des lieux de vie de Foi, et par-dessus tout, de les trouver et de les reconnaître.
Je vis dans une maison, une petite communauté de personnes qui découvrent de tels témoins du Dieu vivant, encore et toujours, dans la vie quotidienne, et qui me le font remarquer à moi aussi avec joie. Voir et trouver l'Eglise vivante est une tâche merveilleuse qui nous rend plus forts et qui nous donne de nous réjouir de nouveau dans notre foi, toujours.

À la fin de mes réflexions je voudrais remercier le pape François pour tout ce qu'il fait pour nous montrer, encore et encore, la lumière de Dieu, qui n'a pas disparu, même aujourd’hui. Merci, Saint-Père !

Benoît XVI

Tiré de L'Homme Nouveau - © pour cette traduction, non officielle : Jeanne Smits.

jeudi 11 avril 2019

Neuvaine pour les familles éprouvées : 3ième jour

Bien chers amis pèlerins.

 

Dans l'association Notre Dame de Chrétienté, de nombreux bénévoles sont éprouvées dans leur vie de famille. Et peut-être est-ce le cas pour vous-mêmes ou des proches, des amis et connaissances.

Alors de même que l'on s'entraide aux heures dures de la route de Pentecôte, entraidons-nous par la prière à cette intention particulière du 9 au 17 Avril !

Comme vous le savez, nous accueillons cette année Monseigneur LEONARD, archevêque émérite de Malines- Bruxelles. En 1998, il a approuvé une neuvaine pour les familles, dont s'inspire la neuvaine proposée ci-dessous. Nous vous proposons de vous y associer au fil des prochains jours !

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté

3° JOUR : PRIERE POUR LES FOYERS QUI CONNAISSENT L’ ÉPREUVE ET LA MALADIE

Réflexion ; Saint Pierre Chrysologue nous dit : ”Offre à Dieu ta vie, l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n’aura pas d’excuse, parce qu’on a toujours soi-même à offrir. Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde. Car ce que tu n’abandonnes pas à autrui tu ne l’auras pas. ”

Les épreuves de famille, de maladie, dans le travail, nous guettent et nous harcèlent. Tout est démesuré et injuste quand cela se passe en nos vies et en nos proches. Dans la recherche d’une communion fraternelle sachons écouter l’autre, sachons offrir ce qui nous est donné car Dieu ne reprend-il pas ce qu’Il donne à celui qu’Il aime ? Cette offrande qui doit être la nôtre, ouvre la porte à la charité, grande vertu théologale si proche de la miséricorde.

 

Prière : Notre Père – Je vous salue Marie.

3ième pilier du pèlerinage de Chartres : la Chrétienté

Notre pèlerinage de Pentecôte est un pèlerinage «de chrétienté» non comme un pèlerinage parmi d'autres dans une chrétienté qui, hélas, n'existe plus, mais comme un pèlerinage qui souhaite le retour, la restauration de la chrétienté - Demain la chrétienté, selon le beau titre de Dom Gérard - et qui agit, prie et combat en ce sens.

La chrétienté, selon la définition de Gustave Thibon, c'est un «tissu social où la religion pénètre jusque dans les derniers replis de la vie temporelle (mœurs, usages, jeux et travaux...), une civilisation où le temporel est sans cesse irrigué par l'éternel».  C'est une alliance du sol avec le ciel, une alliance des nations avec la Sagesse éternelle. C'est le régime politique au sens large qui, inspiré spirituellement par l'Église, mais temporellement autonome, permet à la double et unique loi de Dieu de régner : celle du Décalogue (résumé de la loi naturelle) et celle de l'Évangile (avec sa loi d'Amour et sa charte des béatitudes). C'est la proclamation de la royauté de Jésus-Christ sur les âmes, sur les institutions et sur les mœurs. C'est le corps charnel de l'Église ...

Notre pèlerinage est en outre «de chrétienté», comme «parabole vivante» (Dom Gérard), modèle de «microsociété», appliquant pro domo les principes de la chrétienté. Il ouvre en somme la voie en commençant par lui. Outre la conversion indispensable des âmes, la finalité propre du pèlerinage de chrétienté est donc le bien commun temporel et surnaturel de la cité charnelle, dans une juste distinction et (sub) ordination du temporel et du spirituel.

C'est un pèlerinage de laïcs responsables du temporel, militants du temporel chrétien dans l'Église militante et dans leur nation. Car la chrétienté et sa restauration passent par la nation - Jeanne d'Arc en témoigne - et particulièrement par la nation française, comme l'avait désiré Péguy : «Il faut que France et chrétienté continuent ! ».

Selon l'adage classique, si ce sont les prêtres qui prêchent la croisade, ce sont les fidèles qui la font avec des chefs laïcs pour la diriger. Ainsi en va-t-il du pèlerinage de chrétienté, croisade pour la chrétienté, qui rompt à cet égard avec la mauvaise habitude d'une certaine Action Catholique où les curés, faute d'un pouvoir temporel chrétien du laïcat, s'arrogeaient abusivement ce pouvoir, mettant indûment les laïcs sous leur tutelle. «Il y a un aumônier sur chaque navire mais on ne lui demande pas de fixer la ration de vivres de l'équipage ni de faire le point», résume à sa façon Jean Anouilh dans Becket ou l'honneur de Dieu. Il en est de même dans nos chapitres et, en dehors du pèlerinage, dans nos combats de la cité.

Le but de notre pèlerinage c'est aussi rétablir le pouvoir temporel du laïcat chrétien. A l'échelle du pèlerinage, et selon le modèle de la chrétienté, "l'ordre chrétien" se divise en deux pouvoirs : le temporel, qui revient essentiellement aux chefs de chapitre (sous la direction du Président) dans une juste autonomie, quasiment une souveraineté même si elle est limitée, et le "spirituel" qui revient aux aumôniers (sous la direction de l'aumônier national) soumis à l'autorité de l'Église. C'est la «sainte alliance» entre le clerc et le laïc dans ce binôme chef-aumônier - qu'on retrouve dans le (vrai) scoutisme catholique, lequel constitue lui aussi, comme le pèlerinage, et à sa façon un retour en chrétienté. Il y a en outre dans l'ordre temporel du pèlerinage (comme dans le scoutisme) une application pro domo de la doctrine sociale de l'Église avec le «système des chapitres» (analogue au système des patrouilles du scoutisme) qui applique admirablement le principe de totalité (selon lequel l'être de la partie est pour l'être du tout) et le principe de subsidiarité (selon lequel l'autorité supérieure, qui dirige, harmonise et supplée, doit s'interdire, par une ingérence mal-heureuse, de retirer aux groupements d'ordre inférieur les fonctions qu'ils sont en mesure de mieux remplir eux-mêmes).

Ce que je nomme le «système des chapitres» (par affinité régionale et sans distinction de classes, d'âges et de mouvements) illustre bien la conception organique que se fait le pèlerinage de la société et de son ordre hiérarchique (conformément à la doctrine sociale et à la philosophie réaliste) aux antipodes d'une conception totalitaire, mécaniciste. Le rôle-pivot (médiateur) du chef de chapitre (qui a charge d'âmes) est à cet égard le rôle essentiel du pélé (comme le chef de patrouille dans le scoutisme) entre les pélerins et l'état-major du pèlerinage qui oriente l'ensemble. Enfin, autre héritage de la Cité catholique, le pèlerinage de chrétienté est une œuvre auxiliaire, qui se refuse, depuis son origine, à être un mouvement parmi les autres. Limitant son organisation, son encadrement et son «suivi» à sa seule finalité de pèlerinage de chrétienté, il est en revanche au service des mouvements, des partis, des organisations militantes, de tous ceux qui, dans le respect de la diversité des initiatives, ont le souci de la complémentarité des forces. «Au-dessus des partis», par sa finalité temporelle et spirituelle, il propose à tous ceux-là, dans l'esprit de l'Amitié française, de venir se ressourcer, voire se réconcilier, dans une marche de chrétienté.

Marche où les partis disparaissent et se fondent, pour trois jours, dans le cadre des provinces et des chapitres locaux et familiaux. Ces chapitres reproduisant comme des corps intermédiaires naturels (fondés sur la géographie et un réseau social : villes, paroisses..), d'où est exclu toute dialectique artificielle. Cellule de base du pèlerinage, le chapitre est sensé reconstituer socialement, pour lui-même aussi, une microchrétienté (comme on dit analogiquement que la famille est une Église domestique). D'où l'importance d'éviter précisément, dans la mesure du possible, les regroupements unitaires par âges (à l'exception du «chapitre enfants» pour des raisons évidentes), par mouvements, par secteurs professionnels (selon l'expérience malheureuse aussi de l'Action Catholique...) pour susciter la solidarité des générations, des classes sociales, etc...

C'est donc bien la chrétienté qui vient principalement spécifier notre pèlerinage. Si la tradition et la mission sont aussi des éléments essentiels, constitutifs de son être, ils peuvent en effet se retrouver dans d'autres pèlerinages qui ne sont pas de chrétienté. On voit mal en revanche comment un pèlerinage de chrétienté aujourd'hui, dans notre monde sécularisé et désorienté, pourrait ne pas être de tradition et de mission, de résistance et de reconquête.

Rémi Fontaine ( Conférence du 8/12/2001 )

mercredi 10 avril 2019

Neuvaine pour les familles éprouvées : 2ième jour

Bien chers amis pèlerins.

 

Dans l'association Notre Dame de Chrétienté, de nombreux bénévoles sont éprouvées dans leur vie de famille. Et peut-être est-ce le cas pour vous-mêmes ou des proches, des amis et connaissances.

Alors de même que l'on s'entraide aux heures dures de la route de Pentecôte, entraidons-nous par la prière à cette intention particulière du 9 au 17 Avril !

Comme vous le savez, nous accueillons cette année Monseigneur LEONARD, archevêque émérite de Malines- Bruxelles. En 1998, il a approuvé une neuvaine pour les familles, dont s'inspire la neuvaine proposée ci-dessous. Nous vous proposons de vous y associer au fil des prochains jours !

 

Abbé Alexis Garnier, Aumônier Général de Notre Dame de Chrétienté.

 

2° JOUR ; PRIERE POUR LES FOYERS QUI CONNAISSENT L’ ÉPREUVE ET LA MALADIE

Réflexion ; Tout peut être offert à Dieu. Mais comment réussir à trouver ce passage qui nous permet de nous hisser de l’ombre à la lumière ? Louis et Zélie Martin ont tout donné. Ils ont tout offert, sans distinction. Toujours ils ont semé pour faire grandir dans la patrie céleste.

Sommes-nous capables de semer et d’attendre la récolte avec patience et humilité ? Car accepter d’être dans la main du Père, n’est-ce pas déjà accepter sa bénédiction ?

 

Prière : Saints Louis et Zélie Martin, donnez-nous d’avoir accès à une compréhension d’amour de nos épreuves et de nos maladies. Intercédez pour nous : que nous puissions être dans l’offrande de l’épreuve, être les porteurs d’eau qui nettoient les plaies de Celui qui a tout donné pour nous.