mercredi 18 décembre 2019

50 ans après, la “nouvelle messe” a mal vieilli

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L'année 1969 fut marquée par une petite révolution au cœur de l'Église, qui lançait une grande refonte de la messe. Pensée pour « faire jeune », elle voit aujourd'hui le public même qu'elle visait la déserter pour revenir aux rites traditionnels.

Il y a plus de 50 ans, Rome appelait à « ouvrir les fenêtres » de l’Église catholique. Au cœur de l’Avent de 1969, les fidèles découvraient les effets de cette ouverture à travers une nouvelle messe promulguée par le pape Paul VI. Elle pensait qu’en s’adaptant à la modernité, le « monde » se réconcilierait avec elle. Les fruits de cette générosité se font encore attendre. Malgré les efforts de François pour embrasser toutes les causes « humanistes », jamais l’Église n’a paru si éloignée d’un monde qui n’écoute plus la voix qu’elle porte.

Produit inattendu des effets du concile de Vatican II qui n’avait pas envisagé une telle « révolution » liturgique, le nouvel ordo missae surprit. Il n’était pourtant que le fruit d’une déconstruction des repères traditionnels à une époque où le relativisme ambiant et l’anthropocentrisme condamnaient toute forme de hiérarchie transcendantale. À sa façon, la nouvelle messe incarnait ces mutations.

Plusieurs siècles de transformations

Les acharnés du changement avancent l’argument de la nécessaire adaptation aux mouvements de l’histoire. La liturgie se modifia certes mais chacune de ses mutations fut un enrichissement du rite établi à partir de la Cène du Jeudi saint par le Christ lui-même. Les ajouts du temps des persécutions puis du culte officiel – lecture de l’Épître et des Évangiles, prières - ne firent que renforcer la célébration sacrificielle dont le texte est fixé par Grégoire le Grand dès le VIe siècle.

Au XVIe siècle, l’irruption de la Réforme déchire la Chrétienté obligeant l’Église catholique à affiner et uniformiser une liturgie encore composite. L’office y gagne en clarté. Y sont réaffirmés face aux protestantismes, le sacerdoce ecclésiastique, la dimension sacrificielle de la messe et surtout la présence réelle du Christ dans l’eucharistie, véritable pierre d’achoppement qui, à elle seule, empêcha le retour à l’unité de la Chrétienté en 1555 pourtant esquissé par le compromis que proposa l’empereur Charles Quint. Pour quatre siècles, la messe, codifiée par Saint Pie V à la demande du concile de Trente, incarne le dépôt de la foi catholique, un rappel de l’orthodoxie pour prévenir toute altération ou dérive saugrenues.

La liturgie romaine subit, notamment en France, des modifications au cours du XVIIIe siècle faisant apparaître sporadiquement des tables en lieu et place du maître-autel et la récitation à haute voix du canon. Les révolutionnaires, eux, veulent atteindre la foi des chrétiens en forçant l’emploi du français dans le commun de la liturgie et en tentant même d’imposer un curieux syncrétisme mêlant confusément théophilanthropie et Être suprême. Malgré ces tempêtes, la liturgie catholique fit mieux que résister, elle connut une féconde restauration au XIXe siècle, inspirée par le fondateur de Solesmes, Dom Guéranger et achevée au début du XXe siècle par Saint Pie X. La continuité a toujours prévalu sur la rupture, du moins jusqu’aux années 60.

« l’archéologisme en matière liturgique »

Comme toute réforme, le nouvel ordo de 1969 se présenta comme la restauration d’une antique liturgie. Dans Mediator Dei, en 1947, Pie XII avait pourtant condamné cette « malsaine passion » pour « l’archéologisme en matière liturgique », un retour aux origines masquant la véritable nature révolutionnaire d’un processus de régénération en rupture avec la tradition.

Au nom de l’œcuménisme, tout ce qui séparait les Catholiques des Protestants devait être gommé dans la liturgie. Le Confiteor n’évoque plus la bienheureuse Marie toujours vierge mais seulement la Vierge Marie flétrissant le dogme de la virginité perpétuelle de la Mère du Christ. Le vocabulaire catholique - « miracles », « âme », « messe » - est soigneusement édulcoré. Ite missa est devient ainsi « allez dans la paix du Christ »« Domine non sum dignus… et sanabitur animam meam » devient « et je serai guéri ». Les anges, honnis des réformés, disparaissent. Dans le Sanctus « Deus Sabaoth », le Dieu des armées « célestes » devient un très générique « Dieu de l'univers ». L’offertoire, oblation de la victime du sacrifice, est remplacé par une simple offrande perdant le caractère propitiatoire apte à rendre Dieu favorable au fidèle. La présence réelle, combattue par les calvinistes, est atténuée par la suppression de la génuflexion après l'élévation signifiant par-là que le Christ ne serait rendu présent sur les autels que par la prière de l’assemblée. Les marques de respect des fidèles comme du desservant envers l’hostie sont progressivement effacées.

La démocratisation de l’Église conduit à instiller une forme de sacerdoce universel privant le prêtre de sa fonction de ministre unique du sacrifice. Le théocentrisme laisse place à un anthropocentrisme évacuant tout dimension hiérarchique de l’office : la table de communion est occidentée vers les fidèles qui peuvent se contempler dans un entre soi circulaire où l’homme devient la mesure de toute chose. Le prêtre agissant autrefois in persona Christi est descendu de sa chaire, il n’est plus intercesseur mais seulement le premier des fidèles. Le sacrifice est offert au nom de l’assemblée. Devant la crise des vocations, serait-ce le moyen de préparer les esprits à une Église sans prêtre dans laquelle le peuple assemblé se fait officiant ?

Signe des temps, la déresponsabilisation gagne la liturgie. Puisque le protestantisme réfute, au nom de la prédestination, la nécessité des œuvres pour être sauvé, on gomme la vertu de l’effort dans l’économie du salut. On ne promet plus la « paix aux hommes de bonne volonté » dans le Gloria mais à tous les « hommes qui l’aiment ». Lors de la Consécration, pro multis signifie « beaucoup » mais devient « pour la multitude » dans la nouvelle messe, comprenez « pour tous »Peccata mundi« les péchés du monde » deviennent « le péché du monde » de l’Agnus Dei nous ôtant ainsi de toute responsabilité personnelle du péché au profit d’une très rousseauiste conception collective de la faute. Ce n’est pas ma faute, c’est l’injustice de la société qui m’a poussé à pécher. La damnation éternelle, les peines de l’enfer, les avertissements du Christ plongent dans l’oubli. Il ne faudrait pas désespérer le croyant. « On ira tous au paradis, même moi… ». Les critiques portent surtout sur l’atténuation de la dimension sacrificielle de la messe. La messe moderne est celle de la parole, celle du jeudi saint, oubliant la Croix, celle du vendredi saint.

Faire jeune

La nouvelle messe a tout fait pour faire jeune. Le français a remplacé le latin, les ornements, pourtant signes religieux, remisés au placard des objets d’arts. Le tutoiement est de rigueur. On met de l’ambiance avec des chants nouveaux. Les années 70 sont marquées par des expériences parfois extravagantes tenant les abus de 1793 pour de bien pâles mascarades. Las, ce sont les jeunes qui veulent aujourd’hui le retour de la solennité de l’office, du recueillement dans le silence, de la soutane et du latin qu’ils ont pourtant abandonné à l’école. La liturgie s’est faite plurielle, pour les enfants, pour les familles, pour les personnes âgées. Elle a perdu de son unité et de son universalité

Les subtilités de la réforme ont échappé à la plupart des fidèles peu sensibles à ces subtilités liturgiques mais choqués par les dérives dominicales. Les errements les plus flagrants ont depuis été corrigés. L’Église est même revenue sur la 6e apostrophe du notre Père qui sous-entendait que Dieu pouvait soumettre à la tentation. La nouvelle mention n’est pas totalement satisfaisante sur le plan théologique mais irrite moins les oreilles des croyants.

Même si Brassens pensait que « sans le latin, la messe nous emm… », il n’est pas certain que la latinisation des prières suffise à dissiper toutes les équivoques liturgiques. Il n’en reste pas moins que l’heure est à la réaction. Depuis le motu proprio de juillet 2007, autorisant les fidèles organisés à solliciter une messe dans le rite extraordinaire - une première dans l’histoire de l’Église - le nombre de lieux de culte traditionnel a doublé en France. Mais la France ne serait pas la France si elle oubliait d’opposer à la ligne romaine son irréfragable gallicanisme. Les Évêques français voient d’un mauvais œil ce retour en grâce des fidèles traditionnels et font preuve d’une mauvaise foi faisant accent d’un autoritarisme qu’ils reprochaient eux-mêmes naguère au souverain pontife. La démocratisation dans l’Église a ses limites. Il n’est sans doute pas facile d’admettre que ce sont les jeunes qui se tournent vers un rite plus exigeant, que les « tradis » représentent 15% des pratiquants de moins de 50 ans, que les vocations sont encore fructueuses dans cette mouvance. Ironie de l’histoire, les prêtres modernes se mettent à dire la messe de toujours quand les anciens prêtres s’accrochent à la messe moderne. La messe n’est pas encore dite.

 

Source : Valeurs Actuelles

Lundi 16 décembre 2019

COMMUNIQUÉ DE MONSEIGNEUR LE GALL AU SUJET DE L’INTERRUPTION DE LA CRÈCHE VIVANTE

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Hier soir, une cinquantaine de manifestants a interrompu, à Toulouse, la crèche vivante organisée par l’association laïque « Vivre Noël autrement ».

Cette manifestation joyeuse durant laquelle des chants de Noël sont entonnés, des scènes de Nativité jouées par des enfants et des adultes, aidés par de multiples animaux, n’a d’autre but que de donner de la profondeur à cette fête.

En tant qu’Archevêque de Toulouse, je déplore que le simple rappel de la naissance de Jésus et des valeurs qu’elle véhicule (accueil de l’étranger, annonce de la Paix et signe d’une tendresse dont nous avons tous besoin) ne soit plus respectée dans notre pays et suscite même des actes de violences verbales et physiques de ceux qui s’érigent comme défenseurs de la liberté. J’invite chacun à défendre pacifiquement la liberté d’expression ainsi qu’à respecter l’histoire et les traditions de notre pays.

+ Robert Le Gall,
Archevêque de Toulouse

vendredi 13 décembre 2019

Messe traditionnelle par Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre - Centenaire de la bénédiction de Notre Dame des Airs et de sa première messe

 

Le 15 décembre prochain, nous vous invitons à la bénédiction de Notre Dame des Airs et de sa première messe, sous la présidence de Mgr Matthieu Rougé, Évêque de Nanterre

 

Six longues années se sont passées entre la pose de la première pierre, le 18 mai 1913, et l’achèvement de l’église. Entre les deux, il y eut la douloureuse première guerre mondiale… C’est le 5 octobre 1919 que l’église fut bénie par Mgr Gibier, évêque de Versailles, sous le vocable de Notre‐Dame‐des‐Airs, ainsi nommée en souvenir des pionniers de l’aviation qui parcouraient le ciel au début du XXème siècle.
Le 12 mai 2013, nous avons commémoré le centenaire de la pose de la première pierre.
Le 15 décembre prochain, nous vous invitons à une journée de festivités pour les cent ans de la bénédiction de Notre Dame des Airs et de sa première messe, sous la présidence de Mgr Matthieu Rougé, Évêque de Nanterre.

Programme
9h30 Messe selon la forme extraordinaire du rite Romain
11h00 Procession
11h30 Messe selon la forme ordinaire du rite Romain
A la fin de la messe de 11h30, bénédiction et installation d’une icône de sœur Bibiane, écrite par Friederika Anglès d’Auriac.
12h30 Déjeuner partagé
14h00 Conférences :
• « Histoire du quartier des Coteaux :1880/1920 » Mr Potonet
• « Gaston Latouche, esquisse de la Reine du Ciel » Musée des Avelines
• « Le rituel de la dédicace d’une église : une forêt de symboles » Père Thomas Diradourian

Source : Diocèse de Nanterre

mardi 10 décembre 2019

Transmission de la Foi aux Etats-Unis : le constat d’un désastre

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Qui osera regarder en face le désastre et en tirer les conséquences ? Les chiffres parlent pourtant d’eux-mêmes. Selon une étude publiée en août 2019 par le Pew Research Centre, undes principaux instituts de sondage aux Etats-Unis, 37% des catholiques américains assistant à la Messe au moins une fois par semaine…. ne croient pas à la Présence réelle.

Oui, vous avez bien lu : ces 37% sont de vrais pratiquants mais ils n’y croient pas ! 

Pire : 69% des Américains se déclarant catholiques considèrent que l’Eucharistie ‘n’est qu’un symbole du Corps et du Sang du Christ.’

Soyons clairs : c’est la faillite complète de la transmission de l’enseignement de l’Église sur la transsubstantiation, sur la Présence réelle et substantielle du Christ dans l’hostie qui constitue pourtant le sommet de la vie du chrétien.

Il n’existe pas d’étude récente en Europe sur ce sujet, mais nul n’oserait parier sur des chiffrestrès différents. 

Faut-il s’en étonner ? Dans la nouvelle messe :

- Les signes d’adoration ont été en grande partie abandonnés,

- Le prêtre et les fidèles se font face, alors où met-on la Croix du Christ ? Souvent sur le côté et non plus sur l’autel, le prêtre finissant même par lui tourner le dos.

- Le tabernacle aussi est désormais sur le côté : ce n’est plus le centre de l’autel vers lequel tous sont tournés, prêtre et fidèles.

- Pas d’agenouillements pendant la consécration, communion dans la main, disparition du sacrement de confession, etc

Ne nous étonnons pas que les catholiques ne voient plus le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus-Christ puisque les signes visibles de dévotion ont été supprimés. 

- Qui, à l’occasion de mariages ou d’autres messes, n’a pas vu des hosties mises dans la poche par des personnes, dans le meilleur des cas simplement ignorantes ?

 

Journaliste appartenant à la rédaction du grand journal économique espagnol Cinco Días, Natalia Sanmartin est une révélation littéraire internationale : elle s’est fait connaître par un premier roman, ‘L’éveil de Mademoiselle Prim’. Éloignée de la pratique religieuse, Natalia y est revenue par la messe traditionnelle. Lors de sa conférence au congrès SummorumPontificum d’octobre dernier à Rome ses paroles ont donné à réfléchir :

« Un catholique né après la réforme liturgique et formé par la catéchèse postérieure àVatican II – et là, je parle à partir de ma propre expérience – peut facilement assister chaque dimanche à la messe, pendant des années, et ne pas se rendre compte qu'il participe à un sacrifice. Il peut même écouter le mot sacrifice lors de cette messe, la seule messe qu'il ait connue, et ce terme peut passer pour lui inaperçu, caché sous une cascade de paroles, de gestes informels et d'explications qui rendent difficile l'approche du mystère qui se déroule à l'autel.

On peut encore aller un peu plus loin. Il se peut que dans ce monde où nous vivons, ce monde numérique et disruptif, tellement durable, solidaire et inclusif, un jeune catholique ayant l'opportunité d'aller pour la première fois à une liturgie traditionnelle, contemple le prêtre offrant le sacrifice, qu'il remarque toutes les fois où il est fait mention du sacrifice pendant la messe, sans savoir néanmoins de quoi on lui parle ni ce qu'est ce qu'il contemple car le concept même de la messe comme rénovation non sanglante et mystique du sacrifice du Calvaire lui est absolument étrangère. Et cela n'est pas surprenant, puisque probablement il n'en a jamais entendu parler et ne pourra pas l'en déduire à partir de la liturgie que l'Église lui présente ».

 

Le Père Humbrecht parle d’ « athéisme catholique » pour décrire l’ignorance religieuse de trop de catholiques de nos jours.

Quand va-t-on ouvrir les yeux sur ces constats que chacun peut faire ? Quand osera-t-on décrire la réalité de la pratique religieuse ? Quand dira-t-on la vérité sur les raisons de cette situation ? 

En revanche, 100% des participants réguliers à la Messe traditionnelle croient en la Présence réelle et pour cause : c’est la raison pour laquelle ils y assistent.

Il est parfois reproché à Notre-Dame de chrétienté de ne célébrer qu’une seule forme liturgique, la forme extraordinaire.

Pourquoi le reprocher ? Pour « faire Eglise », entend-on.

Mais fait-on Eglise en ne croyant pas à la Présence réelle ?

La messe au pèlerinage de NDC est exclusivement la messe traditionnelle dite de Saint Pie V et pour une seule raison : la foi.


Jean de Tauriers
Président NDC

 

Dimanche 08 décembre 2019

Prêchez-nous le Christ, pas l’assimilation au monde

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Des propos lénifiants

Du long, du très long, du trop long discours de clôture de l’assemblée plénière des évêques de France, réunis à Lourdes du 5 au 10 novembre dernier, que faut-il retenir ? Dans le Figaro (11 novembre 2019), Jean-Marie Guénois, le chroniqueur religieux du quotidien parisien, notait que Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, élu président de la Conférence des évêques de France en avril dernier, avait abordé « tous les sujets d’actualité : lutte contre la pédophilie, “écologie intégrale” (…) voile musulman, immigration »« Pas de mot en revanche, indique encore le journaliste, sur la question de la chute des vocations sacerdotales et sur la réforme des séminaires, pourtant au programme de cette assemblée. »

À la vérité, c’est encore peu que de noter l’absence des thèmes annoncés. Dans une Église qui s’interroge en synode sur l’ordination éventuelle de viri probati (cf. l’instrumentum laboris du synode sur l’Amazonie) ou qui préconise l’ordination de diacres permanents (cf. le document final du même synode), il est compréhensible que l’annonce sur la chute des vocations sacerdotales ait été renvoyée à plus tard et que la réforme des séminaires disparaisse des écrans radars. 

Le plus grave n’est pas tellement là. Confessons-le, même si c’est réellement avec douleur : il y a longtemps que nous sommes habitués aux propos lénifiants des responsables de la Conférence des évêques de France, quels qu’ils soient. L’archevêque de Reims a donc beau jeu de discourir sur le fait que le rôle des évêques n’est pas « de préserver des structures » et d’assimiler à celles-ci l’Église elle-même… Il a beau jeu encore de se réjouir de la synodalité en œuvre et d’inviter « à édifier l’Église comme unité dans la diversité » alors même que des pans entiers de celle-ci sont laissés aux marges. Et il a toujours beau jeu de nous appeler à « la conversion écologique » et de dénoncer les conditions de vie dans les pays industrialisés. 

Malheureusement, une fois encore, une fois de plus, ce type de discours, qui peut contenir des choses justes en elles-mêmes, se tait sur ce qui relève de la mission des évêques. Peu de mots auraient pourtant suffi pour dire l’essentiel : « convertissez-vous, reconnaissez vos péchés et faites pénitence ». De péchés, il n’en est quasiment pas question, sauf du « péché écologique ». De conversion, un peu plus, bien que nous ne sachions pas à quoi exactement, si ce n’est, encore une fois, à l’écologie. Quant à la pénitence, elle brille par sa dramatique absence.

Disons-le tout net : nous écouterons nos évêques sur les sujets mondains quand ils nous auront prêché la Croix et non l’assimilation-dissolution au monde. Non pas que nous contestions qu’ils interviennent dans les questions sociales et politiques, mais à condition qu’ils le fassent en vue du Salut et de l’extension du règne, y compris social, du Christ. 

 

Voile islamique et immigration

Sur la question de l’immigration, l’exemple, sur ce plan, est flagrant, au point que l’on se demande s’il s’agit encore de naïveté ou d’aveuglement politique. Évoquant la question du voile islamique, qui a connu ces derniers temps de nouveaux rebondissements, le président de la CEF se contente de s’interroger sur ce qu’en pensent les femmes musulmanes. Sous prétexte de réalisme, il prend acte comme d’une donnée irréversible de l’afflux constant de « migrants » et déclare tranquillement : « les bouleversements de nos sociétés seront grands, nous pouvons choisir de les rendre positifs ». Heureux optimisme scandant une marche en avant qui s’auto-convainc elle-même que demain les choses iront mieux. 

Si le président des évêques de France salue la générosité de ceux qui aident les « migrants », pas un mot, en revanche, n’est adressé à ceux de nos concitoyens qui souffrent directement des conséquences de l’immigration. À la CEF, qui aime tant faire appel à des « experts », a-t-on lu par exemple les travaux du géographe Christophe Guilluy sur la France périphérique ? Et sur l’islam, pourquoi n’a-t-on toujours pas fait appel aux travaux d’islamologues comme Marie-Thérèse et Dominique Urvoy (1) ou à ceux d’Annie Laurent ? Il y a des oublis qui sont, hélas, coupables.

 

Évêques, soyez-le pleinement !

Que l’on ne s’y trompe pas, cependant ! Nous ne faisons pas de l’opposition aux évêques une vertu, ni même un sceau de catholicité. Nous exprimons une souffrance, laquelle dure, pour les plus anciens d’entre nous, depuis plus de cinquante ans. À nos évêques, qui sont, contrairement à nous, les piliers de l’Église, nous osons ne demander qu’une chose : qu’ils soient les successeurs des Apôtres, mais qu’ils le soient pleinement. Pas à la mesure du monde, mais à celle de la Croix. 

Source : magazine "L'Homme Nouveau"

samedi 07 décembre 2019

Quand Gaspard Proust parle de Dieu, il « dérouille »

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Interrogé cette semaine par « Le Point », l’humoriste Gaspard Proust, dont le seul-en-scène au ton caustique séduit de nombreux spectateurs, s’est confié sur son travail et a également abordé le thème de Dieu.

Inclassable Gaspard Proust… L’humoriste slovéno-suisse au verbe décapant s’est confié à l’hebdomadaire Le Point dans un entretien. Après avoir sabordé tour à tour les Français, le politiquement correct et les faux écolos, l’acteur de 43 ans a répondu à la fameuse question de Jacques Chancel, « Et Dieu dans tout ça ? ».

« Nous vivons sous la doctrine du principe de précaution. Mais on se garde bien de l’appliquer au divin. Certes, on n’arrive pas à prouver que Dieu existe. Mais on n’arrive pas non plus à prouver que Dieu n’existe pas », a-t-il répondu, avant de poursuivre avec la faconde abrasive qu’on lui connaît et d’invoquer le pari pascalien. « Cependant, par précaution, on l’a trucidé. Pourquoi, par précaution, ne garderait-on pas la porte ouverte ? C’est le pari de Pascal ».

« Tout ce qui élève »

Et il a continué de plus belle. « Quand je suis à Chamonix, quand je regarde autour de moi, je trouve cela très prétentieux qu’un être humain qui voit le monde avec ses pauvres trois dimensions puisse décréter qu’un être qui, par essence, est au-delà de l’entendement humain, qui serait constitué d’une infinité de dimensions, ne pourrait exister. Du reste, si on croit que le mal existe — et il existe —, alors, on ne peut pas ne pas croire au bien ». L’humoriste à l’esprit caustique et à l’exubérance tapageuse qui parle de « dérouiller les spectateurs » a également évoqué « la grâce » du comédien qui rencontre son public à travers son texte. Enfin, au sujet de ses lectures, il a affirmé lire « tout ce qui élève », citant Pascal, Dostoïevski, Lao-tseu, Soljenitsyne, et… l’Évangile.

 

Source : Aleteia

mercredi 04 décembre 2019

Le Pape François reçoit 300 entrepreneurs catholiques français

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Une délégation de 300 entrepreneurs et dirigeants français, accompagnés par Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a rencontré le Pape François lors d’une audience ce 2 décembre.

Le groupe participe, depuis le 1er et jusqu’au 3 décembre, au “Voyage du bien commun” dans la capitale italienne: trois jours de rencontres et de réflexions sur la vocation des entrepreneurs chrétiens, à la lumière de la doctrine sociale de l'Église. François les a encouragés à témoigner des valeurs évangéliques dans leur travail et à s’engager dans un processus de conversion pour répondre aux défis actuels.

Le Saint-Père a d’emblée concédé à ces entrepreneurs français, en majorité jeunes, «qu’il n’est pas facile, tous les jours, de concilier les exigences de la foi et de l’enseignement social de l’Église avec les nécessités et les contraintes qu’imposent les lois du marché et de la mondialisation». Il les a cependant fortement encouragés à mettre en œuvre «les valeurs évangéliques» dans tous les aspects de leur mission, laquelle constitue le «lieu d’un authentique et irremplaçable témoignage chrétien». Il ne s’agit pas moins que de participer «au service royal du Christ», en tant que fidèle laïc.

Le message de l’Évangile face à la loi du marché

«Il n’a jamais été facile d’être chrétien et de porter de lourdes responsabilités» a insisté le Souverain Pontife, qui a parlé du «martyre» auquel peut conduire le «fait de vouloir transformer ce monde et de le sauver avec le Christ». Mais rendre un tel témoignage du message évangélique – comme les apôtres – montre que celui-ci «n’est pas une utopie». Face «aux puissances mondaines du pouvoir et de l’argent», avec le soutien de l’Esprit Saint et de la foi, l’Évangile «peut finir par devenir réalité».

Le Pape a ensuite évoqué les nombreux «conflits de conscience» auxquels se heurtent les entrepreneurs et dirigeants: impératifs de productivité et de rentabilité d’une part, «exigences toujours plus prégnantes de justice sociale pour assurer à chacun la possibilité de gagner dignement sa vie» d’autre part. «Comment vivre ces conflits dans la sérénité et l’espérance, alors que l’entrepreneur chrétien est parfois conduit à taire ses convictions et ses idéaux ?», a-t-il lancé. Et le Saint-Père de citer deux textes du Magistère, Gaudium et spes et Laudato Si’, qui offrent chacun des critères de discernement, par exemple prendre soi-même ses responsabilités en étant éclairé «par la sagesse chrétienne» (Gaudium et spes n.43).  

De la simplicité à la joie

Face aux défis actuels, comme «la dégradation de notre maison commune» et la «multiplication des pauvretés», on ne trouve pas toujours «de réponse immédiatement efficace» à donner. «Mais vous avez cependant un rôle essentiel à jouer», a affirmé le Pape à ses auditeurs. Il faut opérer des changements modestes et concrets, changements «d’habitudes et de style, que ce soit dans les relations avec [les] collaborateurs directs, ou mieux encore, dans la diffusion de nouvelles cultures d’entreprise». Donnant d’autres exemples, le Saint-Père a parlé d’une «conversion écologique» à engager: «processus lent peut être, en apparence, surtout lorsqu’il s’agit de convertir les mentalités, mais le seul processus qui permette de véritables avancées».

À cela s’ajoute une «conversion spirituelle», qui constitue même une «condition indispensable» à la conversion écologique. Chacun est alors «renvoyé à sa conscience et à sa responsabilité», a poursuivi François, qui appelé ses hôtes à ne pas «être obsédé par la consommation» et à choisir la voie «de la simplicité et de la sobriété». S’appuyant une nouvelle fois sur son texte fondateur Laudato Si’, le Saint-Père a assuré à ces entrepreneurs catholiques français, en guise de conclusion: «les décisions que vous aurez à prendre dans vos engagements n’en seront que plus libres et plus sereines, et vous-même obtiendrez plus de paix et de joie».

 

Source : vatican.va 

Dimanche 01 décembre 2019

Pèlerinage 2020: découvez l'affiche!

Nous vous invitons à découvrir l'affiche de notre prochain pèlerinage, auquel nous vous attendons nombreux les 30, 31 mai et 1er juin 2020. 
Les inscriptions seront ouvertes à partir du dimanche 5 avril (dimanche des Rameaux).

 

mercredi 20 novembre 2019

Notre-Dame de Chrétienté recherche des bonnes volontés !

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Nous recherchons un acheteur: au sein du service achats, participation à la constitution d’un panel fournisseurs et aux négociations.

Lieu de résidence : de préférence en région parisienne ou alentours.

Une expérience professionnelle d’acheteur sera appréciée.


Contact : ndc.achats@gmail.com

samedi 16 novembre 2019

Journée d'Amitié Chrétienne 2019 - Homélie de l'Abbé Alexis Garnier

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O Dieu, 

Vous avez établi dans un ordre admirable le ministère, le service des anges et des hommes. 

Accordez-nous d'avoir pour protecteurs sur la terre 

ceux que vous avez pour compagnie et serviteurs dans le ciel.

 

Chers amis de Notre Dame de Chrétienté,

 

Jamais peut-être on n'a, de mémoire d'homme, atteint une telle confusion spirituelle et temporelle.

Alors, faut-il se lamenter de manière stérile et résignée ? Faut-il s'agiter de manière amère et desesperée ? Non. 

Mais d'abord, avant tout, s'arrêter. Se tourner vers celui qui est la source de la lumière jusque dans les ténèbres, de l'ordre jusque dans le chaos, de la paix jusque dans les troubles, de l'unité jusque dans les divisions.

Il faut un sursum corda de tout l'être, à la suite de l'intelligence soulevée par la foi.

Et pour cela, il faut se recueillir et se fixer sur une pensée juste et un grand désir. Car les mains d'abord jointes dans la prière sont ensuite plus fortes et habiles au service du bien.

 

Une pensée juste, un grand désir...

Voilà ce que fournit l'oraison en l'honneur des saints Anges. Ils seront nos protecteurs et compagnons de route au prochain pèlerinage. Mais ils sont là, déjà. Incessamment. L'échelle de Jacob reliant ciel et terre atteint jusqu'à nous, ici et maintenant. Elle relie continuellement 

l'Eglise de la terre et du ciel, 

l'autel d'ici-bas et celui de la liturgie céleste, 

notre Jerusalem spirituelle et temporelle d'ici 

avec l'éternelle Jerusalem, vision de paix bienheureuse. 

Au long de cette invisible échelle, les anges médiateurs ne cessent leur va et vient en bon ordre, avec leur rapidité spirituelle.

 

Miro ordine... Un ordre admirable, une disposition continue de sagesse divine confie le plus petit au plus grand, et le plus faible au plus fort. 

Ma civilisation, héritière de Dieu, a fait chacun responsable de tous les hommes, et tous les hommes responsable de chacun, constatait déjà avec gravité St Exupery.

 

Ainsi, le plus fort protège le plus faible, c'est un ordre de création, mais aussi de civilisation ; civilisation d'amour et de verité, bâtie par réflexe de contemplation et d'action, soutenue et maintenue par réflexe de résistance et de restauration. L'épée du chevalier, le salut du scout, la voix au cœur du politique, du chef, du père, redit sans cesse cela. Et l'ange protège la créature humaine dans ses chemins et luttes de la terre ; lutte pour la fidélité de l'Eglise et dans l'Eglise – lutte pour la tranquilité de l'ordre dans la cité temporelle, cet autre nom de la paix sociale vraie – lutte pour la vie d'union à Dieu dans l'âme, première enclave du Royaume de Dieu au-dedans de nous.

 

Mais le plus faible provoque aussi le plus fort à l'excellence. Le souci des simples, des plus pauvres spirituels a constamment guidé la sagesse de l'autorité de l'Eglise en son enseignement, son culte et son gouvernement. De même, le souci des membres les plus vulnerables de la Cité a guidé la main des politiques dignes de ce nom. Aux époques du moins où tout ceci n'était pas verbiage, slogan et discours manipulateur. 

Ôtez ce principe, il s 'ensuit une autorité vide, et assez près, assez vite, une tyrannie. 

Ôtez cet ordre édicté par la sagesse divine, ôtez le droit naturel et divin, il reste l'arbitraire d'un pseudo droit humain, instrument redoutable aux mains d'irresponsables.

Il est bon, il est juste alors d'y opposer l'attitude de prudence et de fermeté que rappelle l'Introït de ce jour ; aimer la justice, haïr l'iniquité.

 

Les anges serviteurs auprès de Dieu sont aussi nos chefs bienveillants et fidèles.

Témoins, voyants du Dieu Trinité, commencement et fin de toutes choses, ils ont ensuite égard à toute chose. Ils se préoccupent de nos destinées temporelles, de nos luttes de la terre, celles de l'Eglise, de la Chrétienté, de la civilisation ; en chaque patrie, en chaque famille, en chaque congrégation religieuse... En chaque portion de terre, d'école, d'entreprise, d'association au service du bien commun. 

Nous allons fêter le centenaire de canonisation de Ste Jehanne d'Arc, héroïne du bien commun en une époque troublée pour l'Eglise et la chrétienté. Il nous est bon, et même consolant de rappeler l'intérêt des voix du ciel aux appels légitimes de la terre. Il nous est doux d'entendre pour nous les exhortations de courage et de magnanimité de Saint Michel; 

«Va, fille au grand cœur, va !»

 

Et s'il m'est permis de conclure par une voix d'outre Manche, alors je dirais avec elle ceci; «Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté» (Winston Churchill). 

Oui les temps sont difficiles. Oui, le pessimisme, ce démon de l'à quoi bon est très fort en notre temps. Oui la confusion spirituelle et temporelle est poussée très loin. Et forte aussi la tentation de se lamenter de manière stérile et résignée, de s'agiter de manière amère et desesperée. 

Mais intacte est la présence tutelaire des bons anges, forte leur présence et leur intercession à nos côtés ; « Ceux qui vont combattre avec nous sont plus nombreux et forts que ceux qui sont contre nous ! »

 

Alors, voilà ce que nous demandons ici au pied de l'autel; la participation à cet ordre admirable, le service mutuel du plus fort et du plus faible, et l'engagement de chacun, à sa place, à son rang, dans les luttes pour le Bien commun. 

Nous demandons aussi ce que cela exige de cœur, de courage, de lucidité... ce supplément d'âme que donne le Saint Esprit, Père des pauvres et Force d'en Haut !

 

Saints Anges, protégez-nous dans les combats !

vendredi 15 novembre 2019

Un appel à la vie intérieure - Dom Gérard Calvet

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Conférence prononcée au Grand Séminaire de Montréal par Dom Gérard Calvet, o.s.b., de l'abbaye Sainte Madeleine du Barroux (11 mars 1999).

Pourquoi parler de la vie intérieure? Parce que, de plus en plus, nous nous apercevons que c'est la vie cachée, intérieure, qui ne se voit pas aux yeux des hommes, c'est elle qui opère le déclenchement des grands événements de ce monde.

Jésus-Christ a passé trente ans de vie cachée et personne ne savait qui il était, ce qu'il faisait. Pendant ce temps, il n'a pas prêché, il n'a pas missionné, il vivait en présence de son Père, il priait, il travaillait dans l'ombre de la face de Dieu. L'essentiel de notre vie, c'est d'être une braise sous la cendre; mais l'on sait que la braise, lorsqu'elle chauffe, est capable de faire un incendie.

Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus, la grande petite sainte est morte à vingt-quatre ans sans être sortie de son Carmel et elle a été décrétée " docteur de l'Église " et patronne des missions de l'Église universelle. Pourquoi ? Pour quelle raison les Papes ont-ils voulu cela, sinon précisément parce qu'elle a permis, par la force de sa profonde vie intérieure, faite de prière et d'intercession, d'être comme François Xavier mais d'une autre façon, la patronne des missions.

Une anecdote peut vous faire saisir quelque chose de son mystère. Parmi les moines de Montserrat, au temps de la guerre d'Espagne en 1936, les Rouges sont montés à l'assaut du monastère, ils ont enfermé les moines et il y en avait deux, chacun dans un cachot séparé et on leur portait leur pitance chaque jour. Les gardiens révélèrent plus tard un fait curieux : dans une cellule, le moine chantait, paraissait heureux, le visage ouvert; pourtant son sort semblait compromis pour toujours. Dans l'autre cellule, silence de mort, le moine non seulement ne chantait pas, mais paraissait profondément déprimé et contrarié. Or, ces deux moines bénédictins menaient depuis des années la même vie, selon la même règle, les mêmes travaux quotidiens, les mêmes observances, les mêmes prières. D'où vient que l'un faisait face à l'épreuve avec joie et que l'autre était accablé ?

Vous l'avez deviné. La vie intérieure, c'est quelque chose de tellement secret, de tellement profond qu'elle ne se découvre que dans des cas exceptionnels, quand l'heure de vérité a sonné. On touche là à quelque chose de beaucoup plus mystérieux qu'un simple élan d'enthousiasme au sens moderne du mot. Il y a une douce influence de la vertu de foi dans l'âme qui transforme la vie, qui donne une sérénité, une paix, un équilibre, une force d'âme, une piété douce et continue, un instinct surnaturel qui aperçoit la main de Dieu dans tous les événements. Il y a une sorte de réussite, de victoire de la foi qui ne se découvre que dans certaines occasions. Nous sommes tous appelés à cet épanouissement de l'âme.

La vie intérieure n'est pas un abri, ni un refuge. Elle est plutôt une rampe de lancement. Ce qui a déclenché la grande civilisation du Moyen Âge avec toutes ces oeuvres de charité extraordinaires, c'est la contemplation de quelques grands saints qui les ont inspirées comme saint Bernard, saint Thomas d'Aquin et autres. La vie secrète qui se nourrit de contemplation, de prière, a son rayonnement jusque dans l'action, jusque dans l'action apostolique et jusque dans l'action temporelle. De telles actions ne peuvent naître que dans les coeurs profondément épris de Dieu.

La vie intérieure est aussi le remède à l'affaissement de l'espérance. Quand on parle de l'espérance, on croit toujours que ce n'est que pour demain; par une espèce de vague optimisme, on pense que demain ça ira mieux. Non, ce n'est pas ça l'espérance. L'espérance a pour objet Dieu, la patrie céleste, l'union à Dieu, le bonheur éternel. Alors vous me direz : tout de même, vous n'allez pas me dire que sur terre il n'y a pas un petit peu d'espoir, Oui, mais dans la mesure où Dieu le permet pour soutenir notre regard vers Lui.

Depuis vingt siècles, les grands saints, les grands mystiques ne nous ont pas dit autre chose sinon qu'il y a une autre vie, un bien supérieur à tout ce que la vie terrestre peut nous proposer. Et ne croyez pas qu'il s'agit là simplement d'une spécialité pour " contemplatifs ". Non, les hommes qui ont été le plus plongés dans la vie du siècle, dans l'action, par exemple un saint Vincent de Paul, un saint Jean Bosco qui vivait en permanence au milieu des enfants pour les faire grandir en Dieu, tous ces saints très actifs étaient des géants de prière et ils puisaient leur générosité et leur force dans la vie contemplative, dans la vie intérieure.

Mère Teresa, un jour en entendant une personne lui dire : " Ah! Mère Teresa, c'est affreux, pourquoi tant de désordres dans le monde, et même dans l'Église? " Elle lui a répondu : " À cause de vous et à cause de moi ". Une grande petite sainte, Mère Teresa. Quand nous parlons de la vie intérieure, souvent les gens disent : Ah! C'est beau, c'est grand, mais comment y arriver ? Disons premièrement qu'il y a de grands obstacles à la vie intérieure. D'abord, il y a des gens superficiels, qui ne s'intéressent qu'à ce qui bouge, qu'à ce qui se voit, qu'à ce qui se mange, qu'à la télévision et qui, ensuite, nous demandent : comment est-ce que vous faites pour être tellement tranquilles, tellement serins, tellement heureux ? Blaise Pascal est un génie extraordinaire, en une phrase, on a l'impression qu'il a tout dit.

Exemple : " Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre ". Cela ressemble à une boutade, mais c'est vrai. On bouge, on parle, on aime le bruit, on aime renouveler tout, et toujours faire du nouveau. Impossible de se stabiliser, de rester tranquille. Il faut savoir s'arrêter, faire une retraite de temps en temps. Et puis, il y a un autre obstacle qui est beaucoup plus profond encore; c'est l'amour-propre. Mais pas l'amour-propre au sens qu'a ce mot, lorsqu'une maîtresse d'école dit à un enfant : " Si vous aviez un peu d'amour-propre vous ne feriez pas tellement de taches sur votre cahier ". Elle a raison, l'amour-propre sur les lèvres de cette maîtresse, signifie le respect de soi-même, la dignité de soi. L'amour-propre désordonné de soi-même, c'est la recherche du confort, son bien, son argent, sa puissance, ses affections, on ne peut pas se donner à Jésus-Christ, on ne peut pas s'offrir, on ne peut pas imiter Jésus qui a dit : " Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il prenne sa croix et me suive! " Nous sommes tous invités, appelés à porter joyeusement la croix du Christ, chacun à sa mesure, chacun selon son état de vie et selon les dispositions de la Providence.

Dieu est là avec nous, un Dieu qui ne va pas nous tromper, qui va nous secourir tous les jours, qui va nous faire avancer, sur lequel nous pouvons donc nous reposer. C'est toute la spiritualité de la confiance, de l'abandon dans les mains de Dieu, dans l'amour divin. Sainte Marguerite Marie disait : " Le Coeur de Jésus est un trésor dont la confiance est la clé ". Seigneur Jésus, donnez-moi le chemin pour aller à vous, aidez-moi, secourez-moi, je désire entrer en Vous ". La vie intérieure est une vie éternelle commencée.

mardi 12 novembre 2019

Grave profanation en Charente-Maritime

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Communiqué de Mgr Georges Colomb – 10 novembre 2019

L’église Saint-Etienne de Tonnay-Charente a été profanée dans la soirée du samedi 9 novembre 2019 avec la volonté délibérée de porter atteinte à l’intégrité des hosties consacrées et à la croix du Christ qui a été renversée. Le tabernacle a été fracturé, le saint sacrement a été profané (hosties dispersées sur le sol, la lunule contenant une hostie pour l’adoration a été dérobée).

Monseigneur Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes, dénonce avec la plus grande vigueur la violence d’une telle agression, expression de la haine contre le Christ et son Eglise, manifestation de violence, de lâcheté et de bêtise.

Cette profanation abjecte est une blessure et une humiliation douloureuses pour l’ensemble des catholiques du diocèse.

Une messe de réparation sera célébrée le jeudi 14 novembre à 18 heures en l’église de Tonnay-Charente.

 

Source - Site du diocèse de la Rochelle

Lundi 11 novembre 2019

Sermon de l'abbé Laurent de l'église Saint-Roch

Magnifique sermon de l'abbé Laurent de l'église Saint-Roch que tout pèlerin de chrétienté devrait écouter et méditer. Il nous permet de mieux comprendre ce qu'est la Chrétienté, le règne social du Christ, au coeur de la vocation de notre pèlerinage.

 

Joseph Thouvenel : « Les dirigeants de la CFTC trahissent quand ils ignorent la doctrine sociale chrétienne »

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Alors que la CFTC célèbre son centenaire à Marseille lors de son congrès confédéral, du 5 au 8 novembre, Joseph Thouvenel publie une histoire épique des combats de la CFTC. Il refuse que les sources du syndicalisme chrétien soient mises de côté.

100 ans après sa fondation, la CFTC revendique-t-elle toujours la doctrine sociale de l’Église de Léon XIII et tous ses développements ultérieurs ?

L’article premier des statuts de la CFTC est clair « la Confédération se réclame et s’inspire, dans son action, des principes de la morale chrétienne », de là découlent normalement nos réflexions et nos actions. D’où notre vigilance sur les conséquences des pratiques syndicales, comme la grève par exemple, celle-ci doit être le dernier recours à utiliser lorsque les autres moyens du dialogue social ont échoué, et après avoir mesuré si l’action et ses conséquences sont proportionnées aux objectifs, notamment concernant les usagers du service public, cela est dans notre ADN.

La formation est-elle au niveau pour mieux connaître cet ADN ?

Malheureusement cette formation « identitaire », socle de la connaissance des valeurs que nous devons porter, a été petit à petit réduite et a disparu au sein de certaines fédérations CFTC. Comment s’inspirer de ce que l’on ne connaît pas ? Comment s’appuyer sur ce que l’on ignore ? Aujourd’hui à tous les niveaux de la confédération, des responsables méconnaissent tout ou presque de la doctrine sociale chrétienne. J’ai tendance à considérer que c’est pire qu’une faute, c’est une trahison. Que cela soit par indifférence, mollesse d’esprit ou indolence intellectuelle c’est être infidèle à tous ceux qui se sont battu pour le syndicalisme chrétien que de ne point vivre et faire vivre « la morale sociale chrétienne » quand on exerce des responsabilités au sein de la CFTC.

Que retenez-vous des combats de la CFTC sur un siècle ?

De l’interdiction du travail des enfants, au repos dominical, en passant par la durée du travail, les retraites, ou les conventions collectives qui couvrent aujourd’hui 98% des salariés au-delà du code du travail. Que de belles choses, de nobles engagements, et de magnifiques réussites ! Je pourrai également citer la défense de l’enseignement libre ou plus récemment la reconnaissance par le MEDEF, qui jusqu’ici s’y refusait, de l’existence de pénibilités psychiques liés au travail. Notre histoire est faite d’engagement, de dévouement, de sacrifices pouvant aller jusqu’à donner sa vie comme sous l’occupation, elle est forte, elle est enthousiasmante, souvent admirable et malheureusement trop méconnue y compris en interne.

 

▶︎ À LIRE AUSSI 1er Mai : le syndicalisme en voie de disparition ?

 

A quoi peut servir la CFTC dans un univers syndical ou elle pèse seulement 10% ?

10%, c’est plus d’un demi-million de voix aux élections professionnelles, c’est 130 000 adhérents, c’est une implantation nationale et internationale.

10% ce n’est pas rien. C’est également des entreprises ou nous sommes majoritaires, des secteurs en forte progression comme le commerce, les services, la sécurité, les nouvelles technologies, l’agriculture et d’autres encore.

10% bien employés, c’est un formidable effet de levier, c’est souvent ce qui permet de former une majorité de signature ou non.

10% portant concrètement les valeurs sociales chrétiennes, c’est une clarté dans l’obscurité du matérialisme.

Mais si la CFTC abandonne son dernier C de chrétien pour être comme d’autres, se référant à un vague humanisme sans structure, sans profondeur, sans appel à la transcendance, nous n’avons aucune utilité dans le paysage social.C’est notre spécificité sociale chrétienne qui justifie notre existence, sans celle-ci, autant rejoindre plus gros, plutôt que d’encombrer le champ syndical pour des intérêts de personne.

Quel est le principal défi du syndicalisme chrétien dans la France du XXIsiècle ?

Comme tous les syndicats notre mode d’organisation, nos structures se justifiaient au XIXet au XXsiècle, plus aujourd’hui.

Les temps ont changé. La notion de subordination est de plus en plus floue, quand elle n’est pas vidée de sens. Combien de ces « indépendants » façon chauffeurs UBER ou autres prestataires de service sont-ils réellement indépendants ?

Comme les autres organisations syndicales, nous devons répondre à ces nouveaux enjeux.

Plus spécifiquement pour la CFTC le défi est simple. Être fidèle à nos valeurs ou disparaître.

Porteur des valeurs chrétiennes, nous sommes en capacité d’apporter des réponses aux défis de la numérisation, de la robotisation et des biotechnologies qui impacteront de plus en plus le monde du travail. La doctrine sociale chrétienne apporte des réponses sur ce qu’est l’Homme, il possède une conscience, il a le sens du bien et du mal, contrairement à la machine aussi sophistiquée soit-elle. L’approche matérialiste qui, structurellement, ne peut reconnaître le caractère sacré de chaque être humain n’a qu’une réponse, si c’est techniquement possible on peut le faire. Je veux un enfant, la technique le permet, le marché se met en place. Je prive volontairement cet enfant de père ou j’en fais un objet de commerce en exploitant la misère de femmes du bout du monde, c’est sans importance. Le marché est là pour répondre à cette demande et les syndicats, ONG et autres ligues de vertu sans repères, négocieront la longueur de la chaîne des nouveaux esclaves.

 

Source : Famille Chrétienne

mercredi 30 octobre 2019

Synode sur l’Amazonie - Réflexions sur la mission

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Le synode sur l’Amazonie, qui vient de se terminer à Rome, a-t-il répondu à toutes les questions qu’il posait à ses participants ? Sans doute pas tout à fait, si l’on en croit le cardinal Christoph Schönborn, qui s’est notamment montré surpris de l’absence de réflexion sur l’essor des pentecôtistes dans cette région du monde : «  Les pentecôtistes annoncent le Christ directement, et nous, catholiques, avons parfois trop tendance à être timides dans l’annonce.  » Et l’archevêque de Vienne de citer certains propos entendus de la part de témoins directs : «  Nous nous sommes beaucoup engagés dans la défense des indigènes et sur les questions sociales, mais avons-nous continué, en même temps, à annoncer suffisamment le kérygme : Jésus mort et ressuscité pour nous ?  »

Déficit missionnaire

De fait, il n’est pas possible d’éluder la réalité massive d’une perte de substance du catholicisme d’Amérique latine, en faveur d’un évangélisme protestant. Sans doute souligne-t-on les faiblesses de ce courant, divisé en de multiples branches, avec la mobilité de fidèles qui parfois, au terme de leur parcours, retrouvent l’Église de leur baptême. Mais le déficit missionnaire catholique n’en est pas moins à examiner avec le plus grand soin.

N’est-il pas à mettre en relation avec l’échec d’une théologie de la libération où se sont investies beaucoup d’énergies sans communiquer un dynamisme analogue ? Cela ne signifie pas que la primauté du souci des plus pauvres ne doive pas être affirmée comme exigence évangélique. Mais l’annonce explicite du kérygme est la première mission que notre Église se doit d’assumer auprès des pauvres et ceux qui sont éloignés de la lumière de la Révélation.

Assumer l’universalité de l’Église

La querelle romaine qui s’est produite à propos du respect dû aux rites antiques liés aux cultures amazoniennes pourrait alimenter la polémique pentecôtiste contre le paganisme idolâtre des catholiques. Elle ne saurait être traitée à la légère. Car s’il est vrai, que, dans le passé, nos missionnaires se sont montrés intraitables avec les pratiques païennes, n’en fondant pas moins des chrétientés vivantes, il y a lieu pour l’Église d’assumer sa totale universalité.

Comme l’écrivait le Père de Lubac dans son étude célèbre sur Le fondement théologique des missions, l’Église se doit d’accueillir en son sein toute la diversité de l’effort déployé par l’humanité, dans la conviction que «  pour la mise en valeur de son propre trésor, toutes les races, tous les siècles, tous les foyers de culture ont à fournir leur part  ». Trouvera-t-on pour l’Amazonie l’équivalent de ce que l’Église africaine a réussi en fait d’intégration de la liturgie à sa diversité linguistique et sa sensibilité artistique ? On ne peut que le souhaiter.

 

Source - France Catholique

 

 

mardi 29 octobre 2019

« Communion refusée au candidat pro-avortement Biden. Une bonne chose. »

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Voilà une bonne chose. Le prêtre de la paroisse de Florence en Caroline du Sud a refusé à juste titre la Sainte Communion à l'ancien vice-président Joe Biden, selon le can. 915. En vertu du canon 916, il n'aurait pas dû se présenter à la communion.

M. Biden a assisté aux premiers offices de l'église pendant son escale électorale au Pee Dee.

Le pasteur de l'église, le Révérend Robert E. Morey, a publié la déclaration suivante à ce sujet :

"Malheureusement, dimanche dernier, j'ai dû refuser la Sainte Communion à l'ancien vice-président Joe Biden. La Sainte Communion signifie que nous sommes unis à Dieu, aux uns et aux autres et à l'Église. Nos actions doivent en tenir compte. Toute personnalité publique qui prône l'avortement se place en dehors de l'enseignement de l'Église. En tant que prêtre, il est de ma responsabilité de servir les âmes confiées à mes soins, et je dois le faire même dans les situations les plus difficiles. Je garderai M. Biden dans mes prières."

L'équipe de campagne de M. Biden s'est refusée à tout commentaire, citant l'incident comme une affaire privée.

Source https://wdtprs.com/