mercredi 30 octobre 2019

Synode sur l’Amazonie - Réflexions sur la mission

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Le synode sur l’Amazonie, qui vient de se terminer à Rome, a-t-il répondu à toutes les questions qu’il posait à ses participants ? Sans doute pas tout à fait, si l’on en croit le cardinal Christoph Schönborn, qui s’est notamment montré surpris de l’absence de réflexion sur l’essor des pentecôtistes dans cette région du monde : «  Les pentecôtistes annoncent le Christ directement, et nous, catholiques, avons parfois trop tendance à être timides dans l’annonce.  » Et l’archevêque de Vienne de citer certains propos entendus de la part de témoins directs : «  Nous nous sommes beaucoup engagés dans la défense des indigènes et sur les questions sociales, mais avons-nous continué, en même temps, à annoncer suffisamment le kérygme : Jésus mort et ressuscité pour nous ?  »

Déficit missionnaire

De fait, il n’est pas possible d’éluder la réalité massive d’une perte de substance du catholicisme d’Amérique latine, en faveur d’un évangélisme protestant. Sans doute souligne-t-on les faiblesses de ce courant, divisé en de multiples branches, avec la mobilité de fidèles qui parfois, au terme de leur parcours, retrouvent l’Église de leur baptême. Mais le déficit missionnaire catholique n’en est pas moins à examiner avec le plus grand soin.

N’est-il pas à mettre en relation avec l’échec d’une théologie de la libération où se sont investies beaucoup d’énergies sans communiquer un dynamisme analogue ? Cela ne signifie pas que la primauté du souci des plus pauvres ne doive pas être affirmée comme exigence évangélique. Mais l’annonce explicite du kérygme est la première mission que notre Église se doit d’assumer auprès des pauvres et ceux qui sont éloignés de la lumière de la Révélation.

Assumer l’universalité de l’Église

La querelle romaine qui s’est produite à propos du respect dû aux rites antiques liés aux cultures amazoniennes pourrait alimenter la polémique pentecôtiste contre le paganisme idolâtre des catholiques. Elle ne saurait être traitée à la légère. Car s’il est vrai, que, dans le passé, nos missionnaires se sont montrés intraitables avec les pratiques païennes, n’en fondant pas moins des chrétientés vivantes, il y a lieu pour l’Église d’assumer sa totale universalité.

Comme l’écrivait le Père de Lubac dans son étude célèbre sur Le fondement théologique des missions, l’Église se doit d’accueillir en son sein toute la diversité de l’effort déployé par l’humanité, dans la conviction que «  pour la mise en valeur de son propre trésor, toutes les races, tous les siècles, tous les foyers de culture ont à fournir leur part  ». Trouvera-t-on pour l’Amazonie l’équivalent de ce que l’Église africaine a réussi en fait d’intégration de la liturgie à sa diversité linguistique et sa sensibilité artistique ? On ne peut que le souhaiter.

 

Source - France Catholique

 

 

mardi 29 octobre 2019

« Communion refusée au candidat pro-avortement Biden. Une bonne chose. »

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Voilà une bonne chose. Le prêtre de la paroisse de Florence en Caroline du Sud a refusé à juste titre la Sainte Communion à l'ancien vice-président Joe Biden, selon le can. 915. En vertu du canon 916, il n'aurait pas dû se présenter à la communion.

M. Biden a assisté aux premiers offices de l'église pendant son escale électorale au Pee Dee.

Le pasteur de l'église, le Révérend Robert E. Morey, a publié la déclaration suivante à ce sujet :

"Malheureusement, dimanche dernier, j'ai dû refuser la Sainte Communion à l'ancien vice-président Joe Biden. La Sainte Communion signifie que nous sommes unis à Dieu, aux uns et aux autres et à l'Église. Nos actions doivent en tenir compte. Toute personnalité publique qui prône l'avortement se place en dehors de l'enseignement de l'Église. En tant que prêtre, il est de ma responsabilité de servir les âmes confiées à mes soins, et je dois le faire même dans les situations les plus difficiles. Je garderai M. Biden dans mes prières."

L'équipe de campagne de M. Biden s'est refusée à tout commentaire, citant l'incident comme une affaire privée.

Source https://wdtprs.com/

Lundi 28 octobre 2019

Pèlerinage Summorum Pontificum 2019

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Il n’y a pas que le synode sur l’Amazonie et ses Pachamama qui occupent Rome. Il y a le pèlerinage Summorum Pontificum, présidé cette année par Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon. Samedi, à quelques centaines de mètres de la salle des débats synodaux, la longue procession des prêtres et fidèles du pèlerinage Summorum Pontificum pénétrait dans la Basilique Saint-Pierre.

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Mgr Rey y célébra à l’autel de la Chaire, déclarant dans son homélie:

« Nous nous trouvons au pied de la chaire de St Pierre, expression symbolique de l’autorité exercée par l’évêque de Rome, successeur du premier des apôtres, qui est au service de la foi chrétienne, de son authenticité, de l’unité du peuple chrétien, de la charité de l’Eglise universelle. »

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« D’où l’urgence d’une formation liturgique et mystagogique qui accompagne la redécouverte du sens et de la dignité de la liturgie, de l’ars celebrandi, qui donne aussi sa place à la célébration de la forme extraordinaire, pour qu’elle redevienne la source et le sommet de la vie de l’Eglise, pour que les fidèles puissent venir s’abreuver à ce courant d’eau vive et se laissent envahir par la “sobre ivresse de l’Esprit-Saint” »

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Source : Le Salon Beige

samedi 26 octobre 2019

Un fanatique de la GPA à la tête de la commission sénatoriale sur la bioéthique

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La commission spéciale chargée d’examiner au Sénat le projet de loi bioéthique sera présidée par le sénateur LR Alain Milon, favorable à l’extension de la PMA et même à la gestation pour autrui (GPA).

Le projet de loi bioéthique arrivera en janvier dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg, dominé par l’opposition de droite (celle qui se couche le plus souvent devant la gauche).

Ses rapporteurs sont Olivier Henno (centriste), Corinne Imbert (LR), Bernard Jomier (PS), et Muriel Jourda (LR).

Ses vice-présidents sont

  • Philippe Bas, président LR de la commission des Lois,
  • Jacques Bigot (PS),
  • Catherine Deroche (LR),
  • Gérard Longuet, président LR de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques,
  • Michelle Meunier (PS),
  • Élisabeth Doineau (centriste),
  • Michel Amiel (LREM),
  • Véronique Guillotin (RDSE à majorité radicale),
  • Laurence Cohen (CRCE à majorité radicale),
  • Daniel Chasseing (Indépendants).

Elle compte 37 membres au total.

 

Source : Le Salon Beige

vendredi 25 octobre 2019

Huitième édition du pèlerinage Summorum Pontificum à Rome

A l’occasion de la fête du Christ Roi commence aujourd’hui la huitième édition du pèlerinage Summorum Pontificum à Rome, sous la présidence de Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon.

 « Sa présence sera particulièrement appréciée des pèlerins venus de toutes les parties du monde, car il est un des rares évêques à appliquer intégralement le motu proprio de 2007. Je veux dire par là que bien des évêques acceptent certes volontiers la célébration de la messe traditionnelle dans leur diocèse, mais au titre d’une permission qu’ils accordent pour tel ou tel lieu, telle ou telle paroisse. C’est une bonne chose. Mais dans le diocèse de Fréjus-Toulon, conformément aux dispositions de Summorum Pontificum, les curés de paroisses ont toute latitude pour prendre eux-mêmes, librement, l’initiative de répondre aux demandes des fidèles ».

« En outre, la pratique conforme à l’esprit et à la lettre du motu proprio, qui est la sienne comme celle de quelques autres évêques dans le monde, doit être saluée et soutenue. La visée de Summorum Pontificum était de « banaliser » la messe d’avant le Concile, et cela doublement : d’une part, il la déclarait de soi légitime, au même titre que la messe de la réforme qui a suivi le Concile, puisque chaque prêtre de rite latin peut désormais personnellement la célébrer ; d’autre part, c’est au curé de paroisse qu’il a confié le soin de l’organisation publique de cette messe, lorsque des fidèles la demandent, au titre d’un exercice normal de sa charge pastorale. Cette normalité de l’usus antiquior est un jalon extrêmement important pour le redressement futur de la liturgie et de l’Eglise. Il est très important d’entourer les évêques qui, dans le monde, l’ont compris » expliquait l’Abbé Claude Barthe dans une interview donnée dans Religion le 30 Avril 2019.

Avant le pèlerinage une « Rencontre Summorum Pontificum » est organisée par Paix Liturgique et Una Voce, rencontre à laquelle participe également Notre-Dame de Chrétienté.

jeudi 24 octobre 2019

Dorothy Day ou la fidélité à l’Église

L’ouvrage de Terrence Wright Dorothy Day, Modèle d’amour et d’engagement chrétien, nous présente un visage neuf de Dorothy Day, cette catholique américaine en voie de béatification.

En mai 1971, Dorothy Day est une femme célèbre et influente aux États-Unis, elle est invitée à donner un discours au sujet des droits des femmes. La responsable de l’événement présente Dorothy avant son intervention et annonce que « Madame Day comprend le droit des femmes au libre choix, et que l’avortement est au cœur de l’émancipation des femmes ». La suite de l’histoire nous est contée par un témoin de l’époque : « Assise au premier rang, Dorothy s’est alors levée de sa chaise et, de toute sa stature osseuse, menaçante, a agité le doigt pour la réprimander avec colère sur la fausseté d’une telle croyance, afin de défendre la dignité des femmes et le droit de l’enfant à la vie. »
La confusion de l’organisatrice de l’événement est symptomatique d’une vision englobante du progrès social, qui d’une lutte pour un progrès ou un droit particulier en déduit l’idée générale de Progrès : sorte de « pack social » qui couvrirait toutes les revendications et les justifierait à l’aune d’un critère unique, celui de la liberté individuelle. Chez Dorothy Day, la réflexion est plus subtile : l’avortement n’est pas une affaire de progrès social, il est davantage le résultat d’une politique sociale visant à déresponsabiliser les êtres humains, à leur ôter toute conscience et en dernière instance à offrir la capacité à un être de déterminer la possibilité de vivre ou de mourir d’un autre être.
Cette pensée étonne plus d’un lecteur de Dorothy Day, et davantage le lecteur contemporain à qui l’on n’offre habituellement qu’un choix binaire : la tradition ou le progrès, le conservatisme ou le progressisme. Terrence Wright nous invite donc à entrer dans la complexité d’une pensée qui mêle élégamment le respect de la tradition doctrinale de l’Église et de ses saints avec une attention responsable aux pauvretés du monde présent

Le rapport au temps
C’est tout d’abord dans le rapport au temps que Dorothy Day nous guide : la pensée commune se plaît à catégoriser de manière binaire les penseurs, selon leur représentation du temps. Pour les uns, le présent ne serait que la prolongation d’un songe du passé, la reconstruction mythique d’un hier révolu et idéalisé, le présent s’appellerait nostalgie. Pour les autres, le présent ne serait que tension vers l’avenir, vers le lendemain naissant à peine et qui permettrait enfin de voir s’accroître les lumières du jour traversant les barreaux de la prison actuelle, et pour cela, ils souscrivent à toutes les nouveautés idéologiques qui sont considérées comme intrinsèquement bonnes parce que neuves.

 Et c’est ainsi que se définirait le schéma des luttes sociales. Dorothy Day, cependant, ne succombe pas à ces facilités systémiques, en choisissant de se fonder sur les lois naturelles. Grande lectrice de saint Thomas d’Aquin, Dorothy croit profondément que la conscience et la raison nous permettent de trouver, grâce à la lumière divine, des lois valables universellement et qui, par conséquent, ne peuvent varier selon les époques : ainsi est la loi d’amour du prochain, ainsi est l’impossibilité de choisir la vie ou la mort d’un être humain. Il ne s’agit plus alors de savoir si les revendications nouvelles sont bonnes parce qu’elles viennent abolir ce qui était dépassé, mais plutôt de juger ces nouvelles lois à l’aune des lois naturelles.

La Tradition serait alors l’ensemble de ces lois et de ces positions qui traversent le temps et que l’on respecterait, non en vertu d’un plaisir d’antiquaire pour les vieilleries, mais parce que ces doctrines ne souffrent pas de l’épreuve du temps, car elles sont aussi permanentes que l’humanité. Dorothy Day s’appuie donc sur cette Tradition chrétienne, lectrice des Pères de l’Église, des scolastiques, qu’elle découvre grâce à Peter Maurin, et lectrice aussi des encycliques des papes, surtout à partir de Léon XIII. Ainsi le chrétien, tout comme l’Église, se situe dans le temps, non pas en rêvant d’un ailleurs à venir ou déjà mort, il porte en lui l’amande de la Tradition qu’il ne tient qu’à lui de laisser germer, de nourrir par les découvertes qui lui sont contemporaines. Il n’est ni gyrovague, ni nomade, mais enraciné dans une histoire, une famille et un pays, dont il doit être responsable.
Or, cette responsabilité et cette sujétion aux lois naturelles lui permettent de désobéir à l’État lorsqu’il contrevient à Dieu, mais ne lui permettraient-elles pas aussi de désobéir à l’Église lorsqu’elle semble se fourvoyer ? « Je n’ai voulu défier l’Église sur aucune de ses positions doctrinales. J’essaie d’être fidèle à l’Église – à ses enseignements, ses idéaux. J’aime l’Église de tout mon cœur et de toute mon âme. […] L’Église est ma maison, et je ne voudrais pas être sans domicile », déclare Dorothy Day, et pourtant beaucoup la considèrent comme une dissidente privilégiant l’universalisme plutôt que la défense de la patrie, semblant créer une secte au sein même de l’Église catholique, une secte de pacifistes radicaux : moitié-hippies, moitié-trappistes.

Obéissance et fidélité à l’Église

Dorothy n’est dissidente qu’à l’égard des institutions étatiques, son rapport à l’Église est tout d’obéissance et de fidélité. Elle répétera qu’un mot de son évêque aurait suffi pour qu’elle cesse son activité journalistique. Et pourtant ses prises de position dérangent : elle proclame une neutralité absolue durant la guerre d’Espagne, elle préconise un pacifisme absolu durant la Seconde Guerre mondiale et, enfin, elle affirme que plus aucune guerre juste ne peut être possible, à cause de l’avancée technique et technologique de l’armement. Sans rappeler ses propos élogieux à l’égard de Fidel Castro …

Comment Dorothy a-t-elle pu unifier sa foi et son action sociale sans succomber à la tentation de vouloir changer l’Église ? L’exemple de l’obéissance des saints est primordial pour Dorothy et notamment saint François d’Assise. Ce saint dont la renommée ne cesse de grandir depuis l’élection de notre pape, Dorothy, pourtant, ne semble pas l’aimer pour les mêmes raisons que les nôtres. Terrence Wright affirme que Dorothy est influencée par l’encyclique du pape Pie XI, Rite Expiatis, qui célèbre le septième centenaire de la mort de saint François. Encyclique dans laquelle le pape déclare : « Lui, le héraut du grand Roi, il n’avait d’autre but que de communiquer aux hommes la sainteté évangélique et l’amour de la croix ; il se souciait fort peu d’en faire des amis des fleurs, des oiseaux, des agneaux, des poissons ou des lièvres. »


C’est ici même que se joue le nœud du progrès social et de la justice sociale : certains seront prêts à appauvrir une figure, une doctrine, en vertu d’un critère de liberté ou d’amour, afin d’établir de nouvelles lois. Expliquons-nous : la figure de saint François a été bien souvent appauvrie pour servir des intérêts écologiques détachés de toute spiritualité. Or, Dorothy Day nous invite à suivre un chemin diamétralement opposé : il faut fonder la justice sociale sur la radicalité évangélique, le physique dans la métaphysique, et les lois sociales sur les lois naturelles.
Pour revenir à l’exemple initial, celui de l’avortement, Dorothy Day pourrait, en vertu de l’amour et de la liberté individuelle, légitimer un tel acte, mais elle appauvrirait alors la notion d’amour et de liberté chrétienne. L’obéissance aux doctrines de l’Église, à ses dogmes permet donc d’éviter de sombrer dans de tels nids de vipères.

La justice sociale

Il faut donc apporter à la justice sociale une réponse chrétienne, et non apporter à l’Église des questions sociales. C’est pour cela que Dorothy écrit en 1960 : « L’Église représente tout pour moi. Elle est le Christ lui-même. Je sais bien qu’il ne peut m’être demandé de faire quelque chose contre ma propre conscience. » Elle connaît les faiblesses des hommes et des femmes qui constituent l’Église, mais elle croit en même temps à sa sainteté, à sa vocation de mère, d’éducatrice et d’épouse du Christ.
Et c’est à elle seule, servante de Dieu, qu’il appartient de conclure par ces mots : « Je déteste être utilisée comme un gourdin pour frapper sur la tête de l’Église et la hiérarchie. Je suis une catholique fidèle et, s’il plaît à Dieu, j’ai l’intention de le rester tout au long de mes jours. Je suis sans réserve lorsque je me dis réellement une catholique obéissante. […] J’ai du mal à faire comprendre ces idées aux libéraux. »

Baudouin de Guillebon – La Nef

 

mercredi 23 octobre 2019

Les pèlerins parisiens de Notre-Dame de Chrétienté ont toute leur place à St Roch

Monsieur l’abbé, les pèlerins de Chartres vous connaissent bien. Depuis la rentrée vous êtes vicaire à la paroisse Saint Roch, au cœur de Paris, pouvez-vous nous présenter cette paroisse et cette église ?

Abbé Iborra : Si l'église actuelle, construite au 17e siècle et achevée au 18e, reflète la sobriété, très classique, du baroque français, malgré les nombreuses œuvres picturales et plastiques qu’elle abrite, la paroisse est plus ancienne et elle est chargée d’histoire. Une chapelle s’élevait depuis le 13e siècle sur ce site, extérieur à la ville, et c’est là, devant la porte Saint-Honoré, que Jeanne d’Arc fut blessée lorsqu’elle chercha à prendre Paris.

L’église, très proche du palais des Tuileries et des couvents devenus clubs révolutionnaires (Feuillants, Jacobins, Cordeliers), fut mêlée de près aux troubles qui ensanglantèrent Paris lors de la Révolution : c’est sur ces marches par exemple que Bonaparte écrasa une insurrection royaliste en 1795.

La prospérité du quartier attira gens de lettres et artistes, avec la proximité du musée du Louvre, de la Comédie française et de l’Opéra. C’est pourquoi la paroisse reçut au début du 20e siècle la charge de l’aumônerie des artistes.

Aujourd’hui la paroisse ajoute aux vieilles familles d’un des quartiers les plus chics et les plus anciens de Paris les nombreux touristes qui, entre deux visites, viennent y prier. Depuis le mois de septembre elle accueille aussi la communauté de forme extraordinaire qui était jusqu’alors – historiquement parlant – en notre paroisse-mère, S. Germain l’Auxerrois.

Quelle place prend la « forme extraordinaire » à Saint Roch ? Comment s’organise la Messe de 9h30 ?

Abbé Iborra : La nécessité de trouver pour abriter les offices de la cathédrale une église proche de Notre-Dame, devenue impraticable depuis l'incendie qui l'a ruinée, a poussé l'archevêque à demander que S. Roch, toute proche, puisse accueillir les fidèles de la messe traditionnelle jusqu'alors célébrée à S. Germain. Nous avons conservé l'horaire, l'avançant d'un quart d'heure car il y a encore deux autres messes le matin à S. Roch.

La messe traditionnelle est célébrée dans le prolongement de la nef, en la magnifique chapelle baroque de l'Assomption qui peut accueillir environ 200 personnes. La schola de S. Germain l'Auxerrois en assure le chant tandis qu'une équipe d'étudiants s’occupe du service liturgique.

Notre Dame de Chrétienté compte de nombreux pèlerins parisiens, étudiants, professionnels, familles. Comment peuvent-ils mieux connaître la vie de votre nouvelle paroisse, et vous aider ? Avez-vous un message pour eux ?

Abbé Iborra : L’église est ouverte tous les jours de la semaine et deux messes au moins y sont célébrées chaque jour, en forme ordinaire. Je vais commencer, à la Toussaint, un cours d’histoire de l’Église, ouvert à tous. Il reprendra celui que je donne au séminaire de la Fraternité S. Pierre à Wigratzbad. Le curé et moi-même publions nos sermons sur le site paroissial (http://www.paroissesaintroch.fr).

La messe traditionnelle est célébrée tous les dimanches à 9h30. Ceux qui voudraient participer de plus près à notre communauté peuvent rejoindre le groupe des clercs ou la schola. Il y a également un groupe de scouts d’Europe. Des catéchumènes se préparent au baptême ou à la confirmation, sacrements qui leur seront conférés en la forme extraordinaire. Il est toujours possible de les rejoindre. Enfin, pour ceux qui voudraient aller plus loin, il est toujours possible de participer, avec les autres paroissiens, aux activités classiques d’une paroisse : catéchisme, service des pauvres, etc.

Les pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté ont d’autant mieux leur place à S. Roch que notre saint patron, qui vécut au 14e siècle, fut lui-même pèlerin par vocation. Né à Montpellier, il se fit pèlerin, se rendit à Rome, contracta la peste sur le chemin du retour et périt, encore jeune, en Lombardie. Son corps repose aujourd’hui en l’église S. Rocco de Venise...

mardi 22 octobre 2019

Ce n’est pas l’Amazonie qui est en jeu: tout est en jeu

On commettrait une erreur fatale à penser que les promoteurs de l’actuel Synode des évêques ne se préoccupent vraiment que du bien-être des tribus indigènes des forêts amazoniennes. De toute évidence, Ils sont plutôt instrumentalisés au service d’un programme qui concerne l’Église universelle et qui plonge en grande partie ses racines dans le XIXe siècle.

Ce qui est en jeu ici, c’est la foi catholique, ni plus ni moins, la foi judéo-chrétienne pure et simple. Mais il faut d’abord se poser ici cette question décisive et fondamentale : « Qu’est-ce donc que la religion ?

On ne conteste guère que la « religion » constitue un élément essentiel de l’existence humaine. Cependant, la signification de cela n’est pas du tout claire – ou connue par le grand nombre. Il existe même des réponses contradictoires à cette question. Essentiellement, la question est de savoir si la religion est le résultat de tentatives de l’homme en vue de préserver et de gérer sa propre existence – c’est-à-dire, si elle est un produit humain et culturel – ou bien, si elle doit être comprise autrement.

Dans le premier cas, la religion trouve sa source dans la réflexion sur l’expérience des profondeurs existentielles de la personne, c’est-à-dire de sa finalité. Mais alors la religion n’est rien d’autre que la rencontre de l’homme avec lui-même. Il s’agirait alors aussi de la conséquence du culte de la raison tel qu’il a été promu par les Lumières. Apparaît dès lors – souvenons-nous de Rousseau – l’idéal du « bon sauvage », par opposition au penseur autonome européen éclairé. La religion en tant que rencontre avec soi-même propose une conception de la religion qui a en effet des conséquences considérables, dans la mesure où l’évolution de la vie d’une personne peut de soi entraîner des changements, voire des contradictions, quant à ces expériences "religieuses". C’est également ici qu’intervient la notion d’évolution, ce qui signifie que, parallèlement à la progression du développement humain, il se produit aussi un développement de la conscience (de soi) religieuse. Dès lors, les nouvelles idées changeantes peuvent alors dépasser et remplacer celles qui avaient été acquises précédemment. Ainsi, cela peut conduire à un pas en arrière – mais celui-ci sera considéré comme un progrès – un recul par rapport à la culture de l’Europe, comme dans le cas de l’Amazonie.

L’histoire de la religion judéo-chrétienne est en fort contraste avec cette conception de la religion comme autoréalisation de l’homme. Quand juifs et chrétiens parlent de la religion – avec ses formes d’expression propres quant à la doctrine, la morale et le culte – ils désignent la manière dont l’homme répond à une réalité extra ou supra-mondaine qui lui vient de l’extérieur. En langage clair, il s’agit de la réponse de l’homme à la révélation de l’auto-communication du Créateur à Sa créature, l’homme. C’est un véritable événement dialogique entre Dieu et l’homme.

Dieu parle – sous quelque forme que ce soit – et l’homme donne une réponse. C’est un dialogue. La conception religieuse du Modernisme, au contraire, revient à un monologue : l’homme reste seul avec lui-même. Cet événement dialogique a commencé par l’appel de Dieu à l’homme, comme en témoigne l’histoire du peuple d’Israël. Le discours de Dieu à son peuple élu s’est déroulé au cours d’une histoire mouvementée qui, à chaque étape, a conduit à un niveau supérieur. La Lettre aux Hébreux commence par ces mots : « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils. » L’Évangile de saint Jean appelle ce Fils le Verbe incarné du Dieu éternel. Il est et Il apporte la Révélation finale, qui peut être trouvée sous forme écrite dans les livres bibliques et dans la tradition orale authentique de la communauté des disciples choisis par Jésus-Christ, d’où l’Église est issue. Tout cela s’est produit une fois pour toutes et vaut universellement, qu’il s’agisse de l’espace ou du temps.

Mais cela signifie, en ce qui concerne notre problème concret du « Synode sur l’Amazonie », que les faits décrits ci-dessus excluent une conception de la religion soumise à des limites géographiques ou dans le temps. Mais cela signifie aussi qu’une Église amazonienne est impensable d’un point de vue théologique. C’est l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique (et donc Romaine) à qui la transmission de l’Évangile et la transmission de la Grâce du Christ à tous les peuples de tous les temps ont été confiées, et à laquelle est promise la lumière et la puissance de l’Esprit Saint pour l’accomplissement de sa mission.

L’Église s’acquitte de cette mission – avec l’aide de l’Esprit Saint – en accomplissant son ministère magistériel et pastoral à travers l’histoire. Cela étant clairement posé d’emblée, il convient maintenant de relever un constat presque alarmant. L’Instrumentum Laboris du Synode ne contient – hormis cinq citations plutôt marginales – aucune référence aux Conciles et au Magistère pontifical. L’absence totale de Vatican II est particulièrement spectaculaire (à l’exception de deux références plutôt marginales). Le fait que des documents aussi importants et pertinents sur le plan thématique que le Décret sur l’activité missionnaire de l’Église, Ad Gentes – sans même parler des Constitutions majeures sur la liturgie, la Révélation et l’Église – ne soient à aucun moment cités, est tout simplement incompréhensible. Il en va de même pour le Magistère post-conciliaire et les encycliques importantes.

Cette méconnaissance de la tradition doctrinale de l’Église – et le fait que, à sa place, on cite presque exclusivement le Synode latino-américain d’Aparecida de l’année 2007 – ne peut être comprise que comme une rupture spectaculaire avec l’histoire antérieure. De plus, la quasi absolutisation de cette assemblée d’Aparecida soulève aussi la question de la compréhension latino-américaine de la Communio ecclésiale au niveau universel.

Considérons enfin, au passage, une contradiction ouverte dans l’Instrumentum Laboris par rapport au Décret sur l’activité missionnaire de l’Église, Ad Gentes. Ce décret stipule (n° 12) que l’Église ne veut en aucun cas (nullo modo !) s’immiscer dans la politique (c’est-à-dire la politique des pays de mission) et ne revendique donc aucune autorité matérielle. Il s’agit là d’une affirmation claire d’un document conciliaire qui, cependant, est diamétralement contredite par une grande partie de l’Instrumentum Laboris.

Bref, les auteurs de l’Instrumentum Laboris ignorent le Concile Vatican II et – comme mentionné plus haut – tous les documents du Magistère post-conciliaire qui interprètent le Concile. Mais cela constitue – comme cela a déjà été mentionné également – une rupture avec la tradition dogmatique. Et en fait aussi avec l’universalité de l’Église. Le fait que cette rupture soit, pour ainsi dire, mise en œuvre de manière « sournoise », c’est-à-dire de manière cachée et secrète, est d’autant plus inquiétant.

La méthode pratiquée ici, cependant, suit le modèle d’Amoris Laetitia-, où la tentative de faire disparaître la doctrine de l’Église se trouve dans la note 351, dont on a tant parlé.

En considérant ce qui a été dit, il est peut-être devenu évident que les différends au sujet du Synode de l’Amazonie ne concernent que très superficiellement la population indigène de l’Amazonie, qui est elle-même très peu nombreuse.

C’est plutôt cette question, effrayante, qui surgit : celle de savoir si les protagonistes de ce synode ne sont pas davantage préoccupés par la tentative secrète de remplacer la religion comme réponse de l’homme à l’appel de son Créateur par une religion naturelle panthéiste de l’homme, c’est-à-dire par une nouvelle variante du modernisme du début du XXe siècle. Il est difficile de ne pas penser aux textes eschatologiques du Nouveau Testament !

Il appartient maintenant aux évêques réunis du Synode sur l’Amazonie – et en dernière analyse au Pape François lui-même – de décider si une telle rupture avec la tradition constitutive de l’Église doit survenir malgré les conséquences inévitables et dramatiques.

Les remarques du Pape François sur le sort attendu de l’Instrumentum Laboris – peuvent-elles éveiller l’espoir ?

Par le Cardinal Walter Brandmüller

Tiré du Blog de Jeanne Smits, également traductrice du texte

Lundi 21 octobre 2019

Il faut « reconstruire les communautés solidaires »

Le colloque des 12 et 13 octobre «  Catholiques en action  » s’est interrogé sur la reconstruction de «  communautés de destin  ». Entretien avec Guillaume de Prémare, directeur général de l’association Ichtus.

Six mois après votre Appel pour un nouveau catholicisme social, vous concluez les travaux par un colloque : «  Catholiques en action  ». Dans quel but ?

Guillaume de Prémare : L’objectif est de proposer aux personnes de bien comprendre les questions sociales, de bien comprendre pourquoi elles sont liées aux questions dites «  sociétales  », puisqu’il s’est tenu une semaine après la marche anti-PMA. Pour comprendre que tout est lié, qu’il y a une globalité d’un problème de déconstruction : du lien social, anthropologique et culturel, qui crée une forme de dissociété. Il y a cette question des fractures françaises, analysées par Jérôme Fourquet dans L’Archipel français. Il y a les fractures culturelles, géographiques, sociologiques, anthropologiques, et familiales. Il y a des fractures aussi dans le monde du travail, avec la perte de sens du travail lui-même. Et on voit bien que dans tout ce contexte, il est de plus en plus difficile de faire une société, de faire une communauté, de faire un peuple. Donc il y a un travail très important à fournir pour reconstruire les communautés solidaires.

Les Gilets jaunes, La Manif pour tous… Croyez-vous à un réinvestissement des catholiques sur ces champs sociaux et politiques ?

Les catholiques doivent comprendre cette révolte de la France profonde, oubliée, laborieuse. Ce terrain d’action est extrêmement important aujourd’hui. Nous sommes affrontés à une marche du monde : si on parle de bioéthique, on va vers Le Meilleur des mondes d’Huxley, donc il faut y résister, et c’est la même logique de ce monde global, de cette mondialisation sauvage, techno-marchande, qui crée aussi les fracturations sociales. Il y a un lien entre tout cela, et il est important que les catholiques soient présents sur ces différents champs d’action.

Le sens du sacré peut-il encore parler à nos compatriotes, qui font face à des préoccupations matérielles, comme boucler une fin de mois difficile ?

La question spirituelle ne peut pas être évacuée. Il faut comprendre que les problèmes politiques auxquels nous sommes confrontés sont aussi spirituels, en ce sens où cette modernité, ce matérialisme triomphant, prive l’Homme d’une part essentielle de lui-même, de sa soif d’absolu, de sacré, de sa soif de Dieu. Il faut donc que cette action civique, politique, de terrain, soit aussi une occasion de témoigner de la présence de Dieu dans l’histoire des hommes. La France a besoin de Dieu, les gens ont besoin du Bon Dieu.

France Catholique

Dimanche 20 octobre 2019

Qu'avons-nous fait de notre dimanche ?

Certes, nous sommes souvent assez habiles pour reporter sur les autres ce qui nous accuse et, singulièrement, les trahisons de notre pratique religieuse. Or, comme saint Justin l'enseignait aux chrétiens du IIe siècle, le dimanche célèbre le Christ comme notre Dieu et, s'il est réellement notre Dieu, au moins une fois la semaine, il ne doit pas être seulement le premier servi, mais le seul servi.

Nous attendons de notre participation à la messe d'être uni à lui, de voir s'augmenter en nous la vie de sa grâce, d'éprouver l'affaiblissement de nos mauvais penchants et d'être assurés de la vie éternelle, mais, pour obtenir cela, encore faut-il qu'il soit réellement notre Dieu et que nous ne l'ayons pas défiguré à notre image égoïste.

Que venons-nous faire à la messe ? Nous servir ou le servir ? Obtenir notre salut ou œuvrer au salut du monde ? Ne nous a-t-il pas dit que celui qui cherche à sauver sa vie la perd mais que celui qui la perd au service de l'Evangile la sauve (Lc XVII 33) ? A tout le moins, notre dimanche, selon l'institution divine, est le temps privilégié de notre être chrétien, c'est-à-dire de notre qualité de fils de Dieu dans le Fils unique qui se perd lui-même pour sauver le monde. La Didascalie des apôtres, au IIIe siècle, dénonçait ceux qui diminuaient l'Eglise en n'allant pas à l'assemblée. Diminuer l'Eglise par notre absence dominicale revient à disperser plutôt qu'à amasser par le Christ, avec lui et en lui. Participer à la messe c'est réaliser l'œuvre suprême que nous proclamons dans la prière reçue du Sauveur et qui conclut la prière eucharistique (le Pater). Si, au jour du Seigneur, il s'agit de manifester que le Christ est notre Dieu et qu'en lui nous sommes et avons tout, le dimanche ne saurait se suffire de la seule messe, d'ailleurs, les commandements de l'Eglise, reprenant les termes mêmes des commandements du Sinaï, parlent, en outre, de sanctification du dimanche où nous nous attachons, dans la joie de la Résurrection, à ne faire que ce qui est agréable à Dieu et utile à l'édification de son règne, à l'exception de toute autre autre chose, étant entendu que secourir le prochain ne saurait être désagréable à celui qui guérissait le jour du sabbat (Jn VII 23).

Organiser son dimanche autrement que selon la volonté du Seigneur, revient à s'élever au-dessus des commandements divins et s'entendre poser la question que saint Michel archange crie au démon pour le pourfendre : QUI EST COMME DIEU ? Et cela vaut pour ceux qui travaillent à leurs propres intérêts comme pour ceux qui s'adonnent au péché : l'ivrogne vaut le servile. Enfin, il est bel et bien d'être dans l'assemblée comme le sarment est sur le cep, mais veillons à ne pas être de ces sarments secs et morts qui ne produisent pas de fruits car ceux-là sont coupés et jetés au feu (Jn XV 1-8). N'entrons pas dans le dimanche sans être en état de grâce, n'entrons pas dans le dimanche sans apporter à l'autel notre somme hebdomadaire d'observances, de prières, de bonnes œuvres et d'efforts. Alors, dimanche sera réellement le jour du Seigneur où, soucieux d'amasser l'or de notre obéissance, l'encens de notre vie spirituelle et la myrrhe de notre pénitence (Mt II 11), prosternés comme les mages devant notre Rédempteur, nous pourrons invoquer le ministère du saint archange Michel puisque, contrairement à nos premiers parents, nous ne voulons pas être comme Dieu que nous voulons voir, par nous, premier servi.

Abbé Christian-Philippe Chanut

samedi 19 octobre 2019

Quelles sont mes préoccupations premières ?

Se convertir vient de convertere, « se tourner vers ». Vers quoi, vers qui, suis- je tourné d'abord? Hélas, ne serait-ce pas surtout vers moi-même ? Quels sont donc les projets constants de ma préoccupation dès qu'au réveil, le matin, je reprends conscience de mon personnage ? Ne serais-je pas moi, moi seul, finalement l'unique motif de mon intérêt... ? Moi, c'est-à-dire mon plaisir d'aujourd'hui, mes soucis de ce jour, ma souffrance peut-être, et mon labeur quotidien... Tout cela cherché ou évité pour moi-même... sans référence aucune au contexte familial dans lequel ma journée va se déployer... sans souci du contexte sociologique qui va sous-tendre tout le jour mes diverses activités ? Ou bien, au contraire, suis-je amené, à mesure que ma vie s'écoule entre mes doigts, comme de l'eau qui ne revient pas, à la penser de plus en plus en fonction des autres qui vont providentiellement, tout le jour, peupler mon univers ? « Appartenir aux autres sans lassitude », et jusqu'au bout de mon existence... avouons que c'est tout un programme et aussi du très grand art !

Aussi, nul n'y parviendra, s'il ne commence et recommence à chacune de ses journées nouvelles à se tourner vers le SEUL en qui tout s'enracine, se fait et se refait sans cesse... vers le Dieu Eternel et Trinitaire qui par Jésus-Christ a voulu et veut toujours établir en chacun de nous, sa demeure. « Si quelqu'un m'aime, dit Jésus-Christ, mon Père l'aimera et nous viendrons en Lui et nous ferons en Lui notre demeure» (Jean 14-23). Ainsi, habités par l'Unique nous pourrons lui servir ensuite « d'humanité de surcroit », expression chère à Elisabeth de la Trinité, à travers laquelle II pourra sanctifier et restaurer, en Lui Seul, tous les membres de la communauté familiale et humaine qui sont, de nos jours, si gravement tentés de revenir aux sources empoisonnées... distraits - au sens pascalien du terme - de l'ESSENTIEL, ils se ruent, poussés par les médias que Satan dirige, sur les chemins faciles de l'orgueil, de la fausse « réussite », de la débauche, dans la folle poursuite de la complaisance en soi- même.

François REVEILHAC Missionnaire Apostolique

vendredi 18 octobre 2019

La prière, âme de tout apostolat

L'oeuvre du salut du monde n'est pas l'oeuvre d'un seul, c'est une coopérative de Rédemption ; chacun de nous est un morceau de chrétienté, un fragment du Corps Mystique et il a le devoir, c'est sa vocation même de membre du Christ, de jeter, dans la balance du rachat divin, le poids de son influence rédemptrice, sous une forme variable pour chacun, mais obligatoire pour tous.

 S’il n'est pas demandé à tous de s'en aller vers les contrées lointaines évangéliser les païens, il est demandé à tous au moins de s'intéresser au salut du corps entier de Jésus-Christ, et d'intercéder pour que ce corps parvienne, à l'heure voulue, à la plénitude de l'âge parfait.

Cela, personne ne peut dire qu'il ne peut pas le faire, qu'il n'en possède pas la force, ou que, se désintéressant du Vivant sublime dont il fait partie, il n'a nullement cure de ceux qui sont ou pourraient et devraient être ses membres. Personne n'a le droit de s'enfermer dans un "splendide isolement", une sorte "d'égoïsme sacré". En politique, on prouve que c'est une erreur. Ici, c'est un crime. Le dernier d'entre nous peut et doit être un collaborateur de la tâche commune le salut du monde.

"J'ai des désirs trop grands ; je voudrais régénérer le monde. Mon Dieu, du matin au soir et du soir au matin, c'est Vous que je cherche, veux et aime, pour toutes les âmes de la terre, de tous les siècles "

"Je n'ai pas une lumière, je ne reçois pas une grâce que je ne veuille la partager avec le monde entier"

"Il faut qu'une partie de la France vive à genoux pour remettre un jour la France entière debout "

" Aucun de nos actes n'est indiffèrent à l'humanité entière »

Mère Marie-Madeleine Ponnet

jeudi 17 octobre 2019

Il reste encore des places à la JAC du 16 novembre : pensez à vous inscrire!

Chers amis pèlerins et non-pèlerins,

C’est avec grande joie que nous aurons l’honneur d’accueillir Charlotte d’Ornellas pour animer notre table ronde le 16 novembre 2019 à Paris dans la crypte de la paroisse Ste Odile autour d’une question que nous nous posons tous : "Politiques, syndicats et entreprises : est-il encore possible d‘agir pour le bien commun ?". Trois invités de renom représentatifs du monde politique ( Jean-Frédéric Poisson, Président du PCD), des syndicats ( Joseph Thouvenel, Vice-président de la CFTC ) et du monde de l’entreprise (Yann de Saint Vaulry, président fondateur de Daxium), poseront les bases d’une réflexion de fond sur la nature des revendications des gilets jaune, les exigences d’une gouvernance de la cité basée sur la recherche du bien commun et la mise en lumière de ces critères sur l’actualité économique et sociale.

Notre-Dame de Chrétienté promeut la chrétienté entendue comme la réalisation, dans la vie de la cité, de la « royauté du Christ sur toute la création et, en particulier, sur les sociétés humaines » (Catéchisme de l’Eglise Catholique N°2105) : c’est toute la raison d’être de cette Journée d’Amitié Chrétienne, qui rassemble chaque année à l’automne l’ensemble de nos pèlerins et bénévoles désireux de se former pour agir tout au long de l’année et de se retrouver comme communauté spirituelle d’entraide. Cette Journée doit être pour tous l’occasion d’inviter des amis pour leur faire découvrir Notre-Dame de Chrétienté, le thème du prochain pèlerinage et les axes de formation pour bien s’y préparer tout au long de l’année afin d’en recevoir les plus grandes grâces.

Il est important pour nous de pouvoir anticiper le nombre de personnes qui nous rejoindront pour pouvoir vous accueillir au mieux, le déjeuner étant inclus dans l’inscription ainsi que la rencontre d’auteurs emblématiques des thèmes qui nous sont chers.

Vous nous aideriez grandement en vous inscrivant dès maintenant sur ce lien et en diffusant largement l’invitation à cette journée à tout votre entourage !

Nous comptons sur vous !!!

mercredi 16 octobre 2019

Notre-Dame de Chrétienté a besoin de vous !

Chers amis,

 Notre pèlerinage attire de plus en plus de pèlerins et nous nous en réjouissons. Grâce à l’aide de mille bénévoles qui donnent de leur temps sur les trois jours de marche, nous avons la chance de pouvoir vivre chaque année ce temps de grâce dans la sérénité et la convivialité. Certains d’entre eux s’investissent davantage tout au long de l’année selon leurs expertises ou leurs dons : recrutement, logistique, achat, formation, sécurité, administration, communication etc… Nous avons besoin de renforcer ces équipes et faisons appel à votre générosité et à vos talents. Il n’y a en effet pas de plus grande joie après avoir reçu que de pouvoir donner ! Nous veillons à ce que toutes ces tâches restent compatibles avec vos vies de famille et vos vies professionnelles ; le bénévolat est une autre manière de vivre le pèlerinage, nous vous proposons de la vivre avec nous !

  Pour les service Soutiens, nous recherchons :

 Un adjoint RH : en lien avec le RH Soutien et le pôle Service d’Ordre, supervision du recrutement des quelques 350 bénévoles. Contact : responsable.rh@nd-chretiente.com

 Un acheteur : au sein du service achats participation à la constitution d’un panel fournisseurs et aux négociations. Une expérience professionnelle d’acheteur sera appréciée. Contact : ndc.achats@gmail.com

 Pour le service Communication, nous recherchons (contact : communication@nd-chretiente.com) :

 Un responsable des relations presse : enrichissement du fichier presse, rédaction des communiqués, suivi des relations avec les journalistes.

Un animateur du site et des réseaux sociaux : déclinaison de notre ligne éditoriale et des sujets d’actualité par la valorisation de textes de fond, la recherche d’images, le liens avec les différentes associations amies. Une bonne connaissance de la tradition est requise.

Un responsable de la banque d’images : classement, sélection, mise à disposition des photos et vidéos et gestion de projets montage.

Un webmaster adjoint : développeur de sites web ayant une bonne maîtrise de la programmation php, MySQL, CSS, JavaScript afin d'effectuer un audit du site internet existant, et de coordonner sa refonte et sa migration vers un nouveau CMS, en lien avec un prestataire.

Un attaché de communication interne : valorisation de la vie interne des chapitres tout au long de l’année (histoire, évènements, communion de prières)

Un attaché de communication externe : travail sur l’image de Notre-Dame de Chrétienté via les divers évènements d’associations amies et la participation à la rédaction et mise en forme de l’ensemble des supports (rédactionnels et objets)

Des lecteurs/critiques : en lien avec les éditeurs et sociétés de diffusion, lecture et critique des nouveautés conformes à notre ligne éditoriale (rayon enfants et adultes, tous secteurs : livres/théâtre/cinéma…) 

Pour l'administration (contact : responsable.rh@nd-chretiente.com)  

Un adjoint comptable : en lien avec l'ensemble des service et le responsable comptable, assurer la gestion et le suivi des comptes ainsi que la préparation du bilan.

Nous vous remercions de faire parvenir vos motivations et vos expériences sur les adresses mail correspondant à chaque poste et de largement diffuser autour de vous cet appel.

 

mardi 15 octobre 2019

Synode sur l'Amazonie : la conversion écologique

Les idées ne voyagent pas toutes seules dans l’histoire. Et parmi les apôtres de l’« église à visage amazonien » il y a le cardinal Claudio Hummes, archevêque émérite de São Paulo, président du Réseau Ecclésial pan-amazonique (Repam), nommé par le pape François rapporteur général du Synode qui s’est ouvert le 6 octobre dernier au Vatican.

« La mission de l’Église aujourd’hui en Amazonie est le point central du Synode », a expliqué le cardinal Claudio Hummes, en ouvrant le 7 octobre la Congrégation générale du Synode. « Le Pape a précisé que le rapport de l’Église avec les peuples indigènes et la forêt amazonienne est l’un de ses thèmes centraux », a continué le président de la Repam, d’après lequel « il faut rendre et garantir aux peuples amazoniens le droit d’être les protagonistes de leur histoire, sujets et non objets de l’esprit et de l’action colonialiste de qui que ce soit. Leur culture, langues, histoires, identités et spiritualités constituent des richesses de l’humanité et doivent être respectées, préservées et inclues dans la culture mondiale ». Dans son dernier livre qui vient d’être publié, Il Sinodo per l’Amazzonia (Edizioni San Paolo, 2019), Hummes a expliqué que les peuples de l’Amazonie « vivent depuis toujours immergés dans une biodiversité incalculable et fascinante. (…) Leur sagesse ne peut pas être perdue, ni leur culture, leurs langues, leur spiritualité, leur histoire, leur identité » (ivi, pp. 44-45). Le cardinal brésilien se bat pour une « église indigéniste », qui « défend les indigènes et leurs droits, leur culture, leur histoire, leur identité » (p. 79), « incarnée et inculturée dans les différentes cultures indigènes » (p. 84).

Le cardinal Hummes a souligné le « mantra » du pape François, d’après lequel « tout est interconnecté » (Instrumentum laboris, n. 25). « L’écologie intégrale nous montre que tout est lié, les êtres humains et la nature. Tous les êtres vivants de la planète sont fils de la terre ». C’est pourquoi le Synode « se déroule dans un contexte grave et urgent de crise climatique et écologique qui implique toute notre planète ». L’Eglise, a ajouté le cardinal, « ne peut pas rester fermée, ne s’occupant que d’elle-même, enfermée dans ses propres murs protégés. Et encore moins, regarder en arrière avec la nostalgie des temps passés ». Face à l’urgente nécessité des communautés catholiques en Amazonie, Hummes, qui a toujours été favorable à l’abolition du célibat des prêtres (La Stampa, 12 novembre 2007), a dit qu’il est nécessaire qu’« on ouvre la porte à l’ordination sacerdotale des hommes mariés résidents dans les communautés. En même temps, face au grand nombre de femmes qui aujourd’hui dirigent les communautés en Amazonie, on devrait reconnaitre ce service et le consolider avec un ministère approprié aux femmes responsables de communautés ».

En soulignant l’urgence de continuer le processus d’inculturation et d’interculturalité mis en acte « dans la liturgie, dans le dialogue interreligieux et œcuménique, dans la pitié populaire », Hummes a rappelé plusieurs interventions que le pape Bergoglio a consacré à l’Amazonie, à partir de la Journée Mondiale de la Jeunesse de Rio de Janeiro (2013) lorsqu’il annonça vouloir « consolider le visage amazonien de l’Eglise ». Ensuite, Hummes a cité l’encyclique du Pape Laudato sì et le discours tenu en janvier de 2018 à Puerto Maldonado, au Pérou, lorsqu’il a symboliquement ouvert le Synode sur l’Amazonie.

Claudio Hummes, né en 1934 et ordonné prêtre chez les Frères Mineurs, a été consacré évêque par le cardinal Lorscheider, grand protecteur de la Théologie de la Libération, et de 1975 à 1996 il a gouverné le diocèse de Santo André. Nommé en 1998 archevêque de São Paulo du Brésil par Jean Paul II, il a été créé cardinal en 2001. Dans le Conclave de 2013, Hummes était assis à côté du cardinal Bergoglio et c’était lui qui lui a suggéré le nom de François avec ces mots : « N’oublie pas les pauvres ». « François n’est pas un nom. C’est un projet d’église, pauvre, simple, évangélique », a écrit un ami du cardinal, Lenardo Boff dans son livre Francisco de Roma e Francisco de Assis – Uma nova primavera na Igreja? (Mar de Ideias, 2014). Le slogan de Hummes est que « le cri de la nature et le cri des pauvres sont le même unique cri » (Il Sinodo per l’Amazzonia, p. 29), en répétant à la lettre le titre d’un livre ultra écologiste de Leonardo Boff, Grido della Terra, grido dei poveri – Per una ecologia cósmica (tr. it. Cittadella, 1996).

Critique féroce du goubernement de Bolsonaro, Hummes a participé le 2 septembre dernier à un meeting, à São Paulo du Brésil, qui a réuni tous les secteurs de la gauche brasilienne, avec la participation du sociologue américain Noam Chomsky.

Dans la ville de Santo André, où Hummes a été évêque jusqu’à 1996, naquit en 1980 le Parti des Travailleurs (PT), fruit de l’union des syndicalistes, des intellectuels progressistes de l’Université de São Paulo et des catholiques de la Théologie de la Libération. Hummes est un très bon ami de Luiz Inácio Lula da Silva, ancien président communiste brésilien qui a été condamné à une peine de douze ans et un mois de prison pour corruption, recyclage et d’autres crimes. Lors des manifestations des syndicalistes des années 80 au Brésil, l'ancien évêque de Santo Andrée autorisa les paroisses à en accueillir les disciples.  

Pendant son épiscopat à Santo André, dom Hummes choisit comme responsable de la Pastorale Ouvrière l’agitateur dominicain Frei Betto, et autorisa son premier voyage à Cuba (Américo Freire e Evanize Sydow, Frei Betto – Biografia, préface de Fidel Castro, Civilização Brasileira, 2016, pp. 246-247). De cette rencontre, grâce à Frei Betto, entre Lula et Fidel Castro, en 1990 naquit le Forum de São Paulo, l’organisation latino-américaine qui rassemble tous les groupes politiques d’extrême gauche ayant comme but la reconstruction d’un nouveau front international, après la fin de l’Union Soviétique et la chute du Mur de Berlin. Dom Claudio Hummes affirma que «Lula est autant catholique que tous les autres catholiques du Brésil» (O Estado de San Paolo, 7 avril 2005) et pendant une Messe dans la chapelle de l’Alvorada à Brasilia il le compara à Jésus-Christ et à saint François (Folha de San Paolo, 28 mai 2007).

Le cardinal Walter Brandmüller a manifesté son opinion sur l’influence du cardinal Hummes dans le Synode de l’Amazonie avec ces mots : « Le fait même que le cardinal Hummes soit le président (rapporteur général) du Synode et qu’il exerce ainsi une influence sérieuse dans un sens négatif est suffisant pour que notre préoccupation soit fondée et réaliste ». Samedi 5 octobre, alors qu’au centre de Rome un congrès international, de l’Institut Plinio Corrêa de Oliveira, dénonçait l’orientation panthéiste du Synode sur l’Amazonie, dans les Jardins du Vatican avait lieu une cérémonie en honneur des divinités païennes de la fertilité, avec la bénédiction du cardinal Hummes et du pape François.

Le cardinal Hummes est au Synode de l’Amazonie ce que le cardinal Kasper était au Synode sur la famille. Tous les deux sont des hommes de confiance du Pape, tous les deux ont participé à la mystérieuse rencontre du 25 juin de cette année, pour planifier la stratégie ultra progressiste des prochains mois). Leur rôle de destruction de l’Eglise doit être documenté, aussi en future mémoire.

 

Roberto de Mattei - Correspondance Européenne

Lundi 14 octobre 2019

Jean Sévillia à la JAC de Notre-Dame de Chrétienté

Anachronisme, manichéisme, mensonges, idées préconçues, légendes noires : tels sont les principaux défauts qui entachent la crédibilité d’un grand nombre d’historiens et essayistes lorsqu’ils abordent les sujets relatifs au rôle de l’Église dans les circonstances les plus marquantes de ses deux millénaires d’existence. Ces auteurs entretiennent ainsi l’erreur et les préjugés chez certains lecteurs ignorants ou bien soumis aux modes et aux idéologies. Tel est le constat dressé par Jean Sévillia dans la pertinente introduction qui ouvre l’ouvrage collectif réalisé sous sa direction. Fidèle au souci de vérité qui caractérise l’ensemble de son œuvre, le journaliste féru d’histoire a donc décidé de combattre les jugements approximatifs ou erronés, et donc injustes, qui visent à discréditer l’Église catholique, volontairement ou non.

Dans une Europe qui connaît une déchristianisation accélérée, le phénomène ne cesse de croître. L’ancienneté et l’étroitesse des liens qui unissent le Vieux Continent et l’Église justifient au demeurant la primauté donnée ici aux thèmes catholiques, notamment ceux qui concernent la papauté, y compris dans son rapport au politique qui a varié entre collaboration, soumission et séparation. Ce livre entend donc, écrit Sévillia, « examiner la pertinence ou la nonpertinence des questions touchant au passé de l’Église, et leur apporter des réponses scientifiquement fondées ». Les quinze auteurs ne revendiquent pas leur foi chrétienne, ils veulent simplement offrir aux lecteurs égarés les éléments pro - pres à clarifier ce qui est incompris ou déformé dans les épisodes les plus marquants et controversés de l’histoire de l’Église depuis sa fondation jusqu’à nos jours. Cette démarche n’a de valeur, précise Sévillia avec raison, qu’en « refusant le procès à charge univoque comme la défense aveugle ». L’initiative de Jean Sévillia, qui allie grandeur, humilité et équité, arrive au bon moment pour restaurer l’espérance des catholiques désenchantés et leur confiance envers leur Église.

 

Retrouvez Jean Sévillia en vous inscrivant à notre Journée d’Amitié Chrétienne du 16 novembre ici

Dimanche 13 octobre 2019

Pour un nouveau catholicisme social

Notre-Dame de Chrétienté était présente au Colloque Catholiques en action organisé par Ichtus ce week-end à Paris. Mathieu Detchessahar et Guillaume de Prémare y ont analysé le mouvement des gilets jaunes pour mieux comprendre son origine et la crise sociale qu’il dénonce en invitant les catholiques à s’investir dans la Cité pour y apporter des réponses concrètes. Un appel largement soutenu par Joseph Thouvenel également présent, pour lequel l’importance d’investir le terrain pour contribuer à reconstruire le lien social et bâtir des communautés solidaires est capital pour répondre aux nouveaux besoins sociaux qui manifestent tant de défiance et de souffrance dans notre pays.

En tant qu’association engagée dans la vie civique, Notre-Dame de Chrétienté a fait découvrir à certains qui ne le connaissait pas encore le pèlerinage de Chartres organisé chaque année à la Pentecôte, mais surtout sa vocation première : promouvoir  la chrétienté entendue comme la réalisation, dans la vie de la cité, de la « royauté du Christ sur toute la création et, en particulier, sur les sociétés humaines » (Catéchisme de l’Eglise Catholique N°2105). Par son pèlerinage missionnaire, ses formations tout au long de l’année sur la Doctrine Sociale de l’Eglise, ses recollections et son soutien actif à diverses manifestations,  Notre-Dame de Chrétienté veut répondre à l’appel à l’évangélisation de l’Eglise.

Une vocation qui va bien au-delà de nos frontières puisqu’elle est aujourd’hui présente en Allemagne, Nouvelle-Zélande , Angleterre, Pays-Bas, Pays de Galles, Pologne, Australie, Portugal, Belgique , Suède, Ecosse, Suisse Allemande, Espagne, Suisse Romande, États-Unis, Tchéquie, Irlande, Vietnam, Italie et Lituanie.

Une vocation qui est aussi celle d’une chaîne mondiale de prière  en devenant Ange gardien : confier ses intentions à l’ensemble de la communauté et prier pour les intentions des autres. Compte tenu de la croissance exponentielle du pèlerinage de Chartres, les Anges Gardiens sont une grande source d’espérance pour Notre-Dame de Chrétienté de sa capacité à déployer sans limite son élan missionnaire.

La France est-elle en état de péché mortel ?

La mort de Jacques Chirac, le 26 septembre, qui est tombée par hasard en plein débat parlementaire sur la énième révision de loi dite de « bioéthique » est l’occasion de poser une telle question. Tout d’abord, nous devons cette expression à Charles Péguy qui l’utilise dans Notre jeunesse (1910), texte dans lequel il effectue une relecture de l’Affaire Dreyfus : « Tout au fond nous étions les hommes du salut éternel et nos adversaires étaient les hommes du salut temporel. Voilà la vraie, la réelle, division de l’affaire Dreyfus. (…) Tout au fond nous ne voulions pas que par un seul péché, mortel, complaisamment accepté, complaisamment endossé, complaisamment acquis pour ainsi dire notre France fût non pas seulement déshonorée devant le monde et devant l’histoire: qu’elle fût proprement constituée en état de péché mortel. »

 

Il est clair qu’au sens strict la France n’a pu, ne peut être, ni ne sera jamais en état de péché mortel. En effet, le péché a pour sujet un être humain ou un ange. Or un peuple n’est pas une réalité substantielle. Il convient néanmoins de définir ce qu’est un péché mortel afin de réfléchir à la pertinence d’une telle analogie. « Le péché mortel détruit la charité dans le cœur de l’homme par une infraction grave à la loi de Dieu ; il détourne l’homme de Dieu, qui est sa fin ultime et sa béatitude en Lui préférant un bien inférieur. » (CEC, § 1855). Comme l’adjectif l’exprime le péché mortel détruit le principe de la vie surnaturelle dans l’âme de celui qui l’a commis. Ce principe vital est la charité théologale. Mais dans quelle mesure un peuple peut-il avoir une âme ?

 

Un peuple ne peut être un peuple que s’il possède un principe d’unité, ce que l’on peut appeler analogiquement une âme. L’âme est en effet ce qui anime un corps organisé en lui donnant unité et vie. La vie se déploie et se manifeste dans des activités, activités qui varient selon que le vivant est doué de vie végétative (végétaux), sensitive (animaux)  ou intellective (humains). Les activités d’un peuple sont les décisions qu’il prend pour se déterminer lui-même par la médiation de ceux qu’il a choisis pour exercer l’autorité gouvernementale, législative et judiciaire. La clef de voûte de la vie commune est la législation par laquelle les actes des membres de la communauté politique sont ordonnés à une finalité, soit le bien commun soit un bien apparent qui est en réalité un mal détruisant l’unité et la santé morale et spirituelle du peuple. Les actes fondés sur la vertu de justice et de solidarité sont-ils disposés par telle ou telle loi ? Ou au contraire déclarant juste un acte injuste contribue-t-elle à obscurcir la conscience des citoyens ?   

 

Comme le développe Karol Wojtyła dans Personne et acte (1969), à travers les actes qu’une personne pose, elle se détermine comme telle ou telle personne (par exemple juste ou injuste). Les actes révèlent la personne et lui permettent de se réaliser ou au contraire de s’aliéner. C’est pour cette raison que Platon affirme dans le Gorgias qu’il « vaut mieux subir l’injustice que la commettre ». Certes personne ne peut souhaiter être victime d’un acte mauvais posé par autrui, mais comme je suis d’abord responsable de moi-même, en aucun cas je ne peux justifier mon acte injuste comme une réponse proportionnée à un acte injuste que j’ai subi. Celui-ci n’a pas la capacité en tant que tel de me transformer alors que l’acte que je pose lui me façonne. La doctrine du péché mortel présuppose donc une doctrine anthropologique et morale dans laquelle la personne humaine est comprise comme douée de liberté de choix et comme responsable de ce qu’elle devient par ses choix ; ce que désigne le terme d’autodétermination.

La France a fait un choix en 1975, sous le gouvernement de Jacques Chirac : celui de rendre légale la suppression des êtres humains au début de leur vie, lorsqu’ils sont encore totalement vulnérables parce que dépendants de la sollicitude de leur mère. Il est évident qu’une telle loi, d’abord votée comme une simple tolérance d’un mal présenté comme « moindre » pour des raisons de « santé publique», puis bientôt considérée comme le principe consacrant la liberté des femmes à disposer de leur corps, est une décision d’une portée morale et spirituelle d’une extrême gravité. Comme le dit Péguy nous sommes bien devant un acte « complaisamment accepté, complaisamment endossé, complaisamment acquis » et ce par les plus hautes institutions de la République française : Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat, Comité d’éthique, etc. Cette iniquité est le choix de tout un peuple, le nôtre, par lequel il se coupe de sa vocation naturelle et surnaturelle, être promoteur de principes universels touchant l’humanité comme telle, notamment la justice et la sagesse. Il est clair que cette décision est signe mais aussi  source d’une décomposition profonde de notre peuple. On peut faire l’hypothèse qu’il en subit déjà les effets mortifères. En effet, la justice immanente est pour une personne humaine dès ici-bas l’anticipation et la concrétisation terrestre de cette loi morale de la responsabilité qui se déploie ultimement devant Dieu. Idem pour un peuple.   

 

Ainsi les débats parlementaires qui ont lieu en ce moment sont en fait mesurés par cette loi inique de 1975. Comment le statut de l’embryon humain peut-il être reconnu et protégé si la législation considère que toute femme peut  ôter sa vie à l’enfant qu’elle a conçu sans autre raison que l’état de sa subjectivité ? Comment les droits de l’enfant à être conçus et élevés par ses parents peuvent-ils être respectées si le droit à la disposition de son propre corps implique en réalité son envers, à savoir un droit à l’enfant « si je veux et quand je veux » ? Alors affirmer que la France est analogiquement en état de péché mortel n’est pas à comprendre comme une condamnation pleine d’amertume et de ressentiment mais comme une exhortation à changer motivée par l’espérance théologale.            

« Si le péché mortel n’est pas racheté par le repentir et le pardon de Dieu, il cause l’exclusion du Royaume du Christ et la mort éternelle de l’enfer, notre liberté ayant le pouvoir de faire des choix pour toujours, sans retour.» (CEC, §1861) Prions pour le salut de notre ancien Président. Prions pour que notre peuple prenne publiquement conscience de son crime et s’en repente officiellement en implorant le pardon de Dieu. 

 

Thibaud Collin - L'Homme Nouveau

 

samedi 12 octobre 2019

" Une grande prière pour la vie, qui parcourt le monde entier, est une urgence"

Tout au long de ce mois d’octobre, nous sommes invités à réciter le Rosaire ou à dire le Chapelet. De quoi s’agit-il ? Un rosaire, c’est une couronne de roses ; quant au chapelet, c’est un petit chapeau de fleurs. Dire son Chapelet ou réciter le Rosaire, c’est tresser à la Sainte Vierge une couronne de prières. Toutefois, comme nous le rappelle Jean-Paul II dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, «… tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une prière dont le centre est christologique… Il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé ».

Le pape Jean-Paul II vantait ainsi les mérites du Rosaire : « Le Rosaire, grâce à Marie, fait descendre, pour ainsi dire, la lumière salvifique de tous les mystères du Christ dans les circonstances et les difficultés de la vie quotidienne normale, du travail, de la fatigue, du doute, de la souffrance, de la vie sociale et familiale, et transfigure tout, élève tout, purifie tout ». Il disait encore : « Le Rosaire est ma prière préférée. C’est une prière merveilleuse de simplicité et de profondeur…pour exhorter à la contemplation du visage du Christ en compagnie de sa Très Sainte Mère et à son école ».

Le Rosaire récité en famille est ferment d’union et de concorde. Voilà, ce que disait le pape Pie XII, à ce sujet : « en récitant le Chapelet, la famille prie unie …Si la famille prie, en effet, elle vit ; et si elle prie unie, elle vit unie. Peu de moyens nous semblent aussi efficaces, pour promouvoir et conserver l’union des esprits, que la prière en commun récitée en famille, sous le regard affectueux et souriant de Marie ». Et encore : « C’est surtout au sein des familles que nous désirons que la pratique du Rosaire soit répandue, religieusement conservée et sans cesse développée. C’est en vain qu’on s’efforce d’enrayer le déclin de la civilisation si on ne ramène pas à la loi de l’Évangile la famille, principe et fondement de la société ». Quant au pape Jean-Paul II, il nous exhortait en ces termes : « Je répète aujourd’hui à tous, ce que j’ai dit aux familles : une grande prière pour la vie, qui parcourt le monde entier, est une urgence ».

 Le Rosaire est aussi un remède aux grands maux de notre temps. Le pape Paul VI en octobre 1969 s’exprimait ainsi : « Nous exhortons le clergé et les fidèles à demander instamment à Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie, la paix et la réconciliation entre tous les peuples. La paix est certes l’affaire des hommes…, mais la paix est aussi l’affaire de Dieu. La prière (la récitation du Rosaire), par laquelle nous demandons le don de la paix, est donc une contribution irremplaçable à l’instauration de la paix ». Tandis que Jean-Paul II affirmait : « Le Rosaire est une prière orientée, par nature, vers la paix. En réalité, tandis qu’il nous conduit à fixer les yeux sur le Christ, le Rosaire nous rend aussi bâtisseur de la paix dans le monde ».

Lorsque la Sainte-Vierge apparaît à Fatima en 1917, elle porte un chapelet et ne manque pas de recommander la récitation du Rosaire : ‐ « Récitez le Chapelet tous les jours, afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre »« Je veux que… vous disiez le Chapelet tous les jours »« Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue à réciter le Chapelet tous les jours… ».  Apparaissant à sœur Lucie, au couvent de Tuy, le 10 décembre 1925, la Sainte-Mère de Dieu, lui dit, en lui montrant son cœur : « Vois ma fille, mon cœur entouré d’épines, que les hommes ingrats y enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi au moins tâche de me consoler et dis qu’à tous ceux qui pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la Sainte Communion, réciteront un Chapelet, et passeront quinze minutes avec moi, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme ».