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Notre-Dame de Chrétienté - pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres

     
 

vendredi 17 mars 2017

Vidéoformation NDC n°53: quelques interventions de Notre-Dame en France,et la très belle histoire de Notre-Dame de Liesse

Entretien avec Anne Bernet,
historienne.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

vf53-video-mini.jpg » lien direct vers la vidéo




mercredi 15 mars 2017

Récollection de la Région Est

20170312BBenedictionbanniere.jpgLa Région Est a fait carton plein pour sa récollection le week end dernier : près de cent participants pour ces journées de prière, d'étude et d'amitié. l’aumônier régional était assisté de deux autres confrères pour les exposés.

La veillée s'est déroulée dans une ambiance "Chœur Montjoie-Saint Denis", autour des chants et du buffet.
Le dimanche Messe solennelle à la basilique de Fontaine-lès-Dijon, lieu de naissance de Saint Bernard, avec bénédiction de la nouvelle bannière du chapitre saint Bernard -sainte Elisabeth de la Trinité (canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François).

Ces deux journées ont réchauffé les coeurs et fait beaucoup de bien à tous.

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vendredi 10 mars 2017

Pèlerinage de Pentecôte 2017 : 3, 4 et 5 juin » ouverture des inscriptions le 9 avril


Pèlerinage de Pentecôte 2017 : 3, 4 et 5 juin


Consignes pour les inscriptions:

Nous sommes de plus en plus nombreux à faire le pèlerinage de Chrétienté !
L'organisation du pèlerinage, les contraintes logistiques et de sécurité, les impératifs d'encadrement, représentent une charge de travail très importante pour les centaines de bénévoles de Notre-Dame de Chrétienté qui se dévouent toute l'année.
Vous pouvez nous aider, en vous inscrivant sur cette page le plus tôt possible à partir du dimanche des Rameaux, le 9 avril 2017.
Pour les pèlerins des chapitres FAMILLES, ENFANTS, PASTOUREAUX, nous vous demandons de vous inscrire avant le 25 mai 2017, le nombre de places étant limité.
Passé ce délai, nous ne serons pas en mesure de vous assurer une place dans ces chapitres.

Toutes les informations pratiques sur cette page.




À propos du totalitarisme et de la terreur - un article de Joël Hautebert dans "l'Homme Nouveau"

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Joël Hautebert - "l'Homme Nouveau" n° 1634 du 11 mars 2017


Dans ses encycliques Veritatis splendor (nn. 99 et 101) et Evangelium vitæ (nn. 20 et 96) publiées en 1993 et en 1995, le saint pape Jean-Paul II dénonçait la possible dérive totalitaire des démocraties modernes. Ces fermes mises en garde suscitèrent bien des réactions d’émoi. D’aucuns ont pu penser et pensent encore que les propos du pape faisaient preuve d’un anachronisme coupable ou bien qu’ils révélaient un défaut de rigueur conceptuel par l’emploi inapproprié du substantif « totalitarisme ». Telle n’est pas notre opinion, car il nous semble au contraire que la culture de mort revêt un caractère systémique dans nos régimes contemporains, similaire à ce que l’on a pu observer dans le passé. Pour s’en convaincre, il convient de reprendre l’une des analyses les plus perspicaces du système totalitaire, celle proposée par Hannah Arendt dans les années 1950, à partir des expériences politiques national-socialiste et soviétique.

Aux yeux de la célèbre philosophe juive allemande, le concept de totalitarisme repose essentiellement sur les deux critères suivants : l’idéologie et la terreur. L’idéologie est présentée comme le moteur du régime, c’est-à-dire ce qui fait agir tant les gouvernants que les citoyens. La terreur correspond à la nature du régime, ce qui le fait être, comme on peut dire que la nature de la monarchie consiste dans le fait qu’elle soit dirigée par un roi, l’aristocratie par une élite, etc. Conséquence selon Hannah Arendt de la faillite du sens commun, l’idéologie est un système d’explication du monde déconnecté du réel et de l’expérience. Les idéologies totalitaires, révolutionnaires, sont progressistes car elles énoncent l’idée d’un mouvement permanent, fondé sur des lois prétendument scientifiques, celle de la « nature » (1) (évolutionnisme de Darwin appliqué à la race), d’un côté et celle de l’histoire, de l’autre (marxisme).

La définition de la terreur est particulièrement fine puisque selon cet auteur, elle a pour mission d’affranchir les processus énoncés par l’idéologie de tous les obstacles qu’ils peuvent rencontrer… y compris l’homme lui-même. À l’inverse des exécutions d’opposants auxquelles recourent les régimes autoritaires, la terreur est permanente et vise tout le monde, principalement des innocents. Selon Hannah Arendt, « cette humanité (l’homme nouveau, but ultime des idéologies), qui constitue à la fois le produit ultime et l’incarnation du mouvement de la Nature ou de l’Histoire, demande des sacrifices continuels – l’élimination constante de classes ou d’éléments raciaux hostiles, parasites ou malsains – afin de conquérir son éternité meurtrière ». (2) La terreur exécute les verdicts de mort dictés par l’idéologie. La liquidation de masse est donc intrinsèque au système totalitaire. Il en résulte que « le totalitarisme ne tend pas vers un monde despotique sur les hommes, mais vers un système dans lequel les hommes sont superflus».(3) Cette phrase synthétise la quintessence du totalitarisme selon Hanna Arendt, qui a le mérite de définir un système politique inconnu jusqu’alors, dont les caractéristiques ne résultent pas du seul contexte social et politique, car d’autres idéologies peuvent devenir totalitaires.

À la lecture des deux encycliques citées, les allusions explicites de saint Jean-Paul II au totalitarisme ne sont pas éloignées du schéma qui vient d’être présenté, même s’il est question des démocraties occidentales. En effet, les divers paragraphes traitant du sujet mentionnent le relativisme éthique et la culture de mort à travers les lois autorisant l’avortement et l’euthanasie, formes nouvelles d’idéologie et de terreur de masse au sein d’un système politique.
Si l’idéologie s’exprime aujourd’hui différemment, elle garde ses traits caractéristiques à travers le relativisme éthique contemporain : déconnexion du réel, progrès linéaire et mouvement permanent. La société change nous dit-on, elle évolue, il n’y a pas de nature humaine et tous nos comportements sont des conditionnements sociaux, tous sujets aux mutations. Les sciences sociales fournissent aujourd’hui l’ossature intellectuelle de la « scientificité prophétique », annonçant des lendemains forcément meilleurs, quoique indéfinis. Ce processus justifie la phase nouvelle de la révolution anthropologique au service de l’émancipation narcissique des volontés pures, autrement dit au service du « droit à ». Quant à la terreur, elle ne s’exprime pas forcément par des camps ou des fusillades de masse. Puisqu’elle consiste à affranchir le processus de tous les obstacles qu’il peut rencontrer, les nouvelles victimes innocentes par excellence sont les enfants conçus non encore nés, dont la possible liquidation est déjà prononcée par les grandes « avancées » du mouvement progressiste émancipateur, comme le soi-disant droit des femmes à disposer de leur corps. Combien de morts depuis quarante ans en France ? Combien dans le monde entier ? Rendons-nous à l’évidence, dans nos démocraties occidentales aussi les êtres humains sont superflus. Cette réalité légale n’a rien d’accidentelle puisqu’elle est idéologiquement justifiée et qu’elle constitue toujours un sujet majeur de la vie politique française. Pire, il faut toujours plus d’avortements, comme si les « sacrifices continuels » étaient la règle intrinsèque au système.

La légalisation de l’euthanasie dans de nombreux pays d’Europe vient offrir de nouvelles victimes. Rien de tel pour faire comprendre aux impotents, faibles et vieillards superflus que leur « sacrifice » est vivement souhaité. « Lorsqu’il est parvenu au calme bien connu qui est celui des cimetières, le totalitarisme, loin d’être satisfait, transforme aussitôt et avec une vigueur accrue l’instrument que constituait la terreur en une loi objective du processus » (4) précisait Hannah Arendt. La transposition de cette analyse du phénomène totalitaire aux temps actuels n’a, hélas !, rien d’incongrue. Quand on y réfléchit un peu, ce n’est pas l’homme qui se libère aujourd’hui, mais le processus révolutionnaire qui s’affranchit de l’humanité. Quelles seront les prochaines victimes ?

Joël Hautebert

1. Qui n’a strictement rien à voir avec la conception classique de la loi naturelle ou du droit naturel.
2. La nature du totalitarisme, p. 101, Payot, 1990. Rééd. 2006, 176 p., 22,50€.
3. Le système totalitaire, p. 274, Seuil, 2005, 384 p., 9,80 €.
4. La nature du totalitarisme, op. cit., p. 106.




mercredi 08 mars 2017

Les vidéo-formations de Notre Dame de Chrétienté présentées sur Radio Courtoisie

20170308RadioCourtoisie2.jpgXavier Hennequart était invité pour présenter le programme de formation de Notre Dame de Chrétienté.

Pour écouter l'émission cliquer sur ce lien (à partir de la 33ème minute)




mardi 07 mars 2017

Vidéoformation NDC n°52: Quels sont les liens entre Notre-Dame et la France?

Entretien avec Anne Bernet,
historienne.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

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mercredi 01 mars 2017

Nous sollicitons vos prières en ce jour de Mercredi des Cendres

strochu.jpgChers Amis,

Je viens demander vos prières pour le jeune Stanislas Trochu, âgé de 11 ans, sizenier à la meute 23ème Versailles. Il a été renversé hier par une voiture, et se trouve actuellement entre la vie et la mort.

Nous demandons pour lui, par Notre Dame, le rétablissement, selon la volonté de Dieu. Pour sa famille, nous demandons la grâce du courage et de l'acceptation de cette épreuve.

Je vous propose de joindre cette intention au temps de Carême, à la prière et au jeûne de ce jour.

Mon Dieu,
Vous savez tout,
Vous pouvez tout,
et Vous nous aimez.
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

Abbé Garnier
Aumônier Général




samedi 25 février 2017

Vidéoformation NDC n°51: Les 3 principales représentations de la Sainte Vierge Marie à Chartres

Entretien avec Mgr Michel Pansard,
évêque du diocèse de Chartres.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

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mercredi 22 février 2017

Religion, Patrie, Identité - une réflexion du Père de Blignières

20170222PdeBlignieres.jpgLe plan de salut de Dieu aboutit à une religion dont le nom indique qu’elle est universelle : le catholicisme. Mais il commence par un homme (Abraham), un peuple (le peuple juif), une Loi (celle de Moïse). Dieu se coule dans une culture, et y tolère les rudes mœurs de l’Orient antique. En mettant un groupe singulier à part, il prépare la venue du plus singulier parmi les hommes : Jésus-Christ. La gloire fondamentale du peuple juif est de préparer singulièrement l’avènement de l’ouverture universelle maximale en l’Homme-Dieu (cf. Rm 9, 1-5). « Le monde n’est ouvert qu’à un endroit : en Jésus-Christ » (Romano Guardini, Le Seigneur).

Transcendance de la grâce et identités naturelles

Cette façon d’agir de Dieu manifeste que l’ordre surnaturel n’est réductible à aucun des aspects de l’ordre naturel. Dieu fait élection de tel peuple pour introduire dans le monde, comme un don – non comme le fruit d’un progrès de la civilisation –, le Royaume de la grâce. La grâce, qui ne sort pas de la nature, peut imprégner des formes culturelles diverses, sans rien perdre de sa transcendance. Loin de gommer les identités nationales, la grâce les assume et les purifie… avec plus ou moins de bonheur, en fonction de l’harmonie plus ou moins grande de cette civilisation avec la loi naturelle. Ainsi « la rencontre du message biblique et de la pensée grecque n’est pas un hasard » (Benoît XVI, Discours à Ratisbonne, 17 septembre 2006).

Quand saint Paul dit : « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28), l’égalité qu’il évoque se réalise dans le Christ Jésus. Il ne nie pas les différences et la complémentarité entre l’homme et la femme (cf. 1 Co 11, 3-9 ; Ep 5, 23). Et l’égalité fondamentale des Juifs et des Grecs ne s’oppose pas au fait d’assumer leur diversité culturelle : « Avec les Juifs, j’ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs ; avec ceux qui sont sous la Loi, comme si j’étais sous la Loi, afin de gagner ceux qui sont sous la Loi » (1 Co 9, 20-21).

L’enseignement du Christ et de saint Paul

Le Christ affirme que l’ordre naturel est pleinement assumé par lui. « Je ne suis pas venu abolir mais accomplir » (Mt 5, 17), notamment le Décalogue, avec son quatrième commandement qui inculque la piété envers les parents et la patrie.

« Ce commandement implique et sous-entend les devoirs des parents, tuteurs, maîtres, chefs, magistrats, gouvernants, de tous ceux qui exercent une autorité sur autrui ou sur une communauté de personnes. (…) Le quatrième commandement de Dieu nous ordonne aussi d’honorer tous ceux qui, pour notre bien, ont reçu de Dieu une autorité dans la société. Il éclaire les devoirs de ceux qui exercent l’autorité comme de ceux à qui elle bénéficie. (…) L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité » (Catéchisme de l’Église catholique, nn° 2199, 2234 et 2239).

La vertu de piété, annexe de la justice, si importante dans le monde antique, n’est donc nullement abolie par la révélation. « Que toute âme soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par lui. (…) À qui l’impôt, l’impôt ; à qui le tribut, le tribut ; à qui la crainte, la crainte ; à qui l’honneur, l’honneur » (Rm 13, 1 et 7).

« L’homme est constitué débiteur à des titres différents vis-à-vis d’autres personnes, selon les différents degrés de perfection qu’elles possèdent et les bienfaits différents qu’il en a reçus. (…) Après Dieu, l’homme est surtout redevable à ses père et mère et à sa patrie. (…) Dans le culte de la patrie est compris le culte de tous les concitoyens et de tous les amis de la patrie. C’est pourquoi la piété s’étend à ceux-là par priorité » (Saint Thomas d’Aquin, Somme de théologie, 2a 2æ q. 101, a. 1).

La manière d’agir du Christ

Jean-Baptiste, le Précurseur, s’inscrit dans l’ordre de la société de son temps. Aux collecteurs d’impôts et aux soldats, il ne recommande pas de sortir violemment des « structures de péché », ni de se retirer au désert comme les esséniens, mais d’accomplir avec justice la mission qui leur est confiée (cf. Lc 3, 12-14).

Le Christ, tout en prêchant un Royaume qui ne tire pas son origine de ce monde (cf. Jn 18, 36), recommande l’obéissance aux autorités et le paiement de l’impôt ; il pratique le respect des coutumes de son peuple ; il observe l’intégrité d’une Loi à la fois religieuse, culturelle et politique ; il aime sa famille, ses concitoyens et sa patrie, sur laquelle il a pleuré (cf. Lc 19, 41). « Le Christ a pris part aux noces de Cana, il s’est invité chez Zachée, il a mangé avec les publicains et les pécheurs. C’est en évoquant les réalités les plus ordinaires de la vie sociale, en se servant des mots et des images de l’existence la plus quotidienne, qu’il a révélé aux hommes l’amour du Père et la magnificence de leur vocation. Il a sanctifié les liens humains, notamment ceux de la famille, source de la vie sociale. Il s’est volontairement soumis aux lois de sa patrie. Il a voulu mener la vie même d’un artisan de son temps et de sa région » (Vatican II, Gaudium et spes, n° 32).

Jésus reconnaît le pouvoir des autorités de l’occupation romaine (cf. Lc 20, 25 et Jn 19, 11). Beaucoup de dignitaires de bonne volonté, civils, militaires et religieux, jalonnent l’histoire de sa vie publique, comme celle de Pierre et de Paul. Alors qu’il introduit la religion universelle, Jésus donne un bel exemple d’inculturation.

La grâce élève la nature dans toutes ses dimensions

La grâce ne détruit donc pas la nature ! Elle la purifie et s’en sert comme d’un instrument, dans toutes ses dimensions : famille, cité, profession, amitiés. Dans le recrutement des apôtres, les liens de famille ou de travail ont joué un rôle. André et Simon sont frères. Philippe est de leur ville, Bethsaïda. Jacques et Jean sont frères et associés professionnels de Simon. Le premier miracle a lieu lors d’une noce, fête par excellence de la famille et du village en Orient. Jésus est lié d’une amitié singulière avec une famille : celle de Lazare qu’il ressuscitera et de Madeleine qui sera témoin et apôtre de sa résurrection.

Dans le processus des conversions au christianisme, il y a souvent une préparation par l’amour conjugal, l’amitié, les œuvres, les courants philosophiques, les arts, les réalisations politiques ou sociales – véhiculés par la culture du futur converti. Les chrétiens doivent-ils se monter plus puristes que l’apôtre Paul sur ce chemin vers la foi que peut constituer l’amour de l’homme et de la femme (cf. 1 Co 7, 12-14) ?

On est impressionné par la variété des médiations naturelles que la grâce de Dieu daigne utiliser pour favoriser les conversions. Le grégorien et les primitifs italiens pour Willibrod Verkade (1863-1946) ; les processions de la Fête-Dieu pour Francis Jammes (1868-1938) ; Fra Angelico pour Henri Ghéon (1875-1944) ; l’attitude des catholiques devant la mort et la cohérence de la position catholique sur le magistère pour Kenyon Reynolds (1892-1989) ; la beauté de la messe et l’abnégation des chrétiens dans les bombardements de Londres pour Fred Copeman (1907-1983) ; la mosaïque de Côme et Damien pour Thomas Merton (1915-1968) ; la lecture de Maurras, Barrès et Bergson pour Henri Massis (1886-1970).

Refuser un fidéisme inhumain

S’indigner de ces cheminements comme de marques de duplicité, c’est insinuer que l’Évangile abolit la loi naturelle, qu’il balaye toutes les différences issues de cet ordre. C’est dénier le droit au Saint-Esprit d’utiliser des « signes de crédibilité » pour pénétrer les cœurs de la grâce de la foi. C’est oublier que « l’Église, à cause de son inépuisable fécondité en tout bien , est par elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité et un témoignage irréfutable de sa mission divine » (Vatican I, Constitution dogmatique sur la foi). C’est glisser vers le fidéisme, comme si la foi ne pouvait être préparée par des signes extérieurs. Il y a là quelque chose d’inhumain.

Ce qui s’est passé dans l’histoire des hommes, depuis la venue du Christ, est bien différent : les diverses cultures, en entrant au contact du christianisme, ne se sont pas volatilisées !
« Les chrétiens, venus de tous les peuples et rassemblés dans l’Église, “ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par la langue, ni par leur façon de se comporter dans la cité” (Épître à Diognète) ; aussi doivent-ils vivre pour Dieu et le Christ selon les usages et le comportement de leur pays, pour cultiver vraiment et efficacement en bons citoyens l’amour de la patrie, pour éviter cependant de manière absolue le mépris à l’égard des races étrangères, le nationalisme exacerbé, et promouvoir l’amour universel des hommes. Toute apparence de syncrétisme et de faux particularisme sera repoussée, la vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture, les traditions particulières avec les qualités propres, éclairées par la lumière de l’Évangile, de chaque famille des nations, seront assumées dans l’unité catholique » (Vatican II, Ad gentes, nn° 15 et 22)
L’irruption du Royaume de Dieu dans l’histoire fait mesurer aux civilisations et leur valeur, et leur relativité. Elle n’enlève aux cultures, dans leur diversité, rien de ce qui est juste ou même indifférent pour le salut éternel des hommes. « Il n’enlève pas les royaumes temporels, celui qui donne les royaumes célestes » (Vêpres de la fête de l’Épiphanie).
L’homme est complexe, il est corporel et spirituel, et sa spiritualité elle-même est incarnée. La vie chrétienne sort (par les sacrements) de l’âme et du corps de Jésus-Christ, qui a pris toute notre humanité. Cette vie investit toute notre propre humanité. C’est ce que Charles Péguy suggère dans Ève : « Car le surnaturel est lui-même charnel / Et l’arbre de la grâce est raciné profond / Et plonge dans le sol et cherche jusqu’au fond / Et l’arbre de la race est lui-même éternel. »




Lundi 20 février 2017

Dimanche 5 mars: Semi-Marathon de Paris pour les Chrétiens d'Orient

Toutes les informations sur cette page.




jeudi 16 février 2017

Appel de Chartres n°207


D-Pinoteau-chartres.jpgChers amis,

En ce dimanche de la Septuagésime, nous entrons dans la préparation du Carême, qui nous mènera dans seulement 70 jours vers Pâques. Puis encore 50 jours et c’est la Pentecôte. Nous voici maintenant avec notre pèlerinage en ligne de mire, dans ce temps également de préparation active et laborieuse. Et déjà le temps court jusqu’à ce rendez-vous sur le parvis de Notre Dame de Paris. Déjà, Chartres sonne, Chartres nous appelle ! Comment allons-nous vivre ces quelques 120 jours qui nous séparent de l’envoi dans la cathédrale?

Chers amis pèlerins « des Soutiens »,
Voilà déjà 7 mois que certains d’entre nous travaillent à construire notre millésime 2017. Changements dans l’itinéraire, améliorations diverses, investissements… et maintenant des règles de sécurité toujours plus présentes à mettre en œuvre. La route est encore longue jusqu’à la Pentecôte. Et nous avons encore tant de soucis et de tracas à confier à Marie, Mère de Dieu, que notre thème de l’année nous propose justement de méditer. Nous devrons lutter et peiner pour arriver au bout, comme chaque année depuis 35 ans, et n’oublions pas de lui confier toutes nos difficultés. Demandons donc à Marie, qui comme mère de la sainte Famille devait bien organiser les choses, de nous aider à préparer nos missions, nos équipes. Vous êtes déjà plus d’une centaine à vous être fermement engagés pour être au rendez-vous, merci de votre dévouement. « Allez, vous aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste » nous dit le Christ ce dimanche de la Septuagésime (Matt, XX, 4). Allons encore chercher, si vous le voulez bien, de nouveaux ouvriers pour nous aider à la vigne et prendre la relève.

Chers amis pèlerins « marcheurs »,
Vous qui vous apprêtez, parfois depuis de nombreuses années, à venir vivre ces trois jours avec vos chapitres, micro-chrétientés fugaces, vous allez sans doute vous préparer en vous appropriant le thème de l’année, peut-être avec les excellentes vidéos- formations, par exemple. Alors, n’oubliez pas non plus de vous demander si vous pourriez rendre service à notre pélé, en vous engageant dans les Soutiens, un pélé sur trois, comme le conseillait notre aumônier général, l’abbé Garnier. « Mais je veux donner à ces derniers autant qu’à toi » (Matt, XX, 14), dit encore le Seigneur aux ouvriers de la première heure, dans l’évangile de ce jour. Soyez sûrs que vous serez récompensés si vous nous rejoignez cette année, autant que ceux qui soutiennent depuis des décennies. Alors n’hésitez pas !
Quant à vous, chers chefs de chapitre, que ces 120 jours vous permettent de préparer par la méditation le beau thème de l’année. Mais pendant les trois jours, vous aurez aussi des consignes d’organisation et de sécurité, beaucoup plus concrètes, à faire respecter. Si elles vous coûtent mais que vous les appliquez, alors elles ne vous apporteront que plus de mérites dans la Jérusalem céleste. Profitez-en et priez pour ceux qui doivent vous les imposer par devoir. C’est vous qui avez les mérites de l’obéissance.

Chers amis pèlerins « Anges-gardiens »,
Nous avons besoin de vos prières dès aujourd’hui. Nous rentrons avec les équipes des Soutiens dans la phase d’organisation complexe. Nous ne sommes que les instruments de la volonté de Dieu et nos mérites ne sont que des dons de Dieu. Il ne faut pas grand-chose pour remettre en question notre pèlerinage, alors priez Sainte Marie, Mère de Dieu, que des solutions apparaissent quand nous sommes bloqués. « Dressez-vous Seigneur, ne laissez pas à l’homme le dernier mot » (Ps 9), pouvions-nous entendre dans le graduel de la Messe d’aujourd’hui. Que vos prières fassent que notre grand rendez-vous de Chrétienté, le plus grand pèlerinage d’Europe, qui gêne tant de monde dans cette France moderne et déchristianisée, puisse continuer demain par la volonté de Dieu. Et priez pour nos familles qui, par leur patience et leur compréhension, sont les co-organisatrices de ce pèlerinage.

Notre Dame de Paris, priez pour nous !
Notre Dame de Chartres, priez pour nous !
Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous !


Le 12 février 2017, dimanche de la Septuagésime.

Denis Pinoteau
Directeur des Soutiens




mercredi 15 février 2017

Vidéoformation NDC n°50: La Cathédrale de Chartres et le voile de la Très Sainte Vierge

Entretien avec Mgr Michel Pansard,
évêque du diocèse de Chartres.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

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mardi 07 février 2017

Vidéoformation NDC n°49: La Dévotion Mariale des Saints (2ème partie)

Entretien avec le Père Albéric,
de l'Abbaye Sainte Madeleine du Barroux.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

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vendredi 03 février 2017

In memoriam - Arnaud de Lassus

Homélie pour les obsèques de M. Arnaud de Lassus Saint Geniès

20170126ArnauddeLassusB.jpg30 janvier 2017

Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, ainsi soit-il,
Bien chers enfants et petits enfants,
Chers amis et proches,
Mes biens chers frères,

Nous voici réunis pour accompagner à son éternité Arnaud de Lassus. Il est décédé muni des sacrements de l’Eglise, après une vie donnée dans de nombreux engagements. Tout à l’heure, au canon de la Messe, le prêtre prononcera au nom de l’Eglise ces mots: « Memento Domine … souvenez-vous Seigneur de vos serviteurs et servantes qui nous ont précédé, marqués du signe de la foi, et qui dorment dans la paix. »
Les africains disent que lorsqu’un ancien meurt, c’est comme si une bibliothèque brûlait. Nos anciens contataient également, de manière lapidaire ; « Homo humus, fama fumus… » L’homme, si grand soit-il, est poussière – Son souvenir, sa réputation se dissipent peu à peu comme fumée.
Cependant il est juste, il est convenable de notre côté d’évoquer la figure du cher défunt encore si proche. C’est un devoir de piété et de reconnaissance. Aussi me permettrez-vous d’abord d’évoquer avec vous son souvenir.
Avec Lui, souvenons-nous de l’éternité de Dieu vers lequel nous allons. Enfin, souvenons-nous de Lui devant Dieu.
Le souvenir d’Arnaud de Lassus coincide avec celui des engagements nombreux et féconds.
Engagement dans le mariage et la famille.
Arnaud de Lassus a épousé le 28 octobre 1950 Agnès de Chaumont Quitry. Ils ont vécu quelques 65 ans de mariage, jusqu’au décès de son épouse, le 27 juin 2015. De ce mariage sont venus 7 enfants, dont un religieux prêtre, Dom Dysmas, Prieur de Chartreuse, ministre général de l’Ordre et une fille carmélite du couvent de Créteil, Soeur Aude de la Vierge Marie.
Puis… 28 petits enfants et 32 arrière petits enfants, dont 3 prêtres, 1 séminariste, 1 religieuse. Quelle abondance de vocations! Certes, l’appel vient de Dieu et il est authentifié par l’Eglise – mais il est aussi préparé, et « les familles sont la bonne terre qui fait germer le bon fruit des vocations » (1).
Engagement au service de la France.
Diplômé de l’Ecole Polytechnique, il servit 17 ans comme Ingénieur en chef de l’armement jusqu’en 1961. A cette date, il choisit de se tourner vers un autre service, tout aussi fructueux et fécond pour son pays.
Engagement au service de la Chrétienté.
Il collabora avec Jean Ousset à la Cité Catholique, avant de cofonder l’Action familiale et scolaire en 1979. On sait la fécondité et le rayonnement de ces deux oeuvres pour le service de Dieu, de l’Eglise, de la vérité.
Infatigable pèlerin de Chartres, il avait, à 93 ans, repris une fois encore la route, accomplissant courageusement cette démarche de foi, de prière, de pénitence, de piété filiale envers Notre Dame. Sa jeunesse, avant d’être une période de la vie, était d’abord un état d’esprit, une qualité d’âme.
Arnaud de Lassus était très engagé pour soutenir les instituts sacerdotaux et religieux. Parmi eux, l’institut de la Ste Croix de Riaumont. Une longue amitié de 50 ans le liait à vous, mon Père ; amitié née lors des congrès de Lausanne. Il rendait de nombreux services au village de Riaumont, offrant statue, croix de procession, bois de charpente… accueillant les camps scouts dans sa propriété. Il a suivi avec fidélité les épisodes joyeux ou douloureux de votre oeuvre.
Arnaud de Lassus a eu toute sa vie la passion de la verité, la faim et la soif de Dieu. Il recherchait le service humble et courageux de la verité (2), reçue puis transmise. Sa vie intellectuelle, ses nombreux travaux, son souci de former et de transmettre en sont le reflet, et le trop plein fécond. J’ai pour ma part puisé avec bonheur dans ses articles, solidement préparés et construits. Il était vigoureux dans sa pensée, et dans la dénonciation de certaines erreurs à la mode. Mais il tenait tout autant une grande et délicate charité envers les personnes. On sait (un peu) ce que ce service de la verité peut supposer de contradiction. On sait ce qu’il comporte de risques, ce qu’il exige de précision, de nuance, de bienveillance et de fermeté. Avec humilité, il acceptait de confronter sa pensée à celle des autres, faisant toujours relire et corriger ses travaux.
Il demandait peu pour lui-même, heureux de ce qu’on lui donnait ; de même il se plaignait rarement.
Ceux qui nous ont précédés dans le passage de la mort corporelle sont un rappel salutaire pour nous. Ils nous précèdent,… donc nous les suivons.
Chers proches, votre peine est bien légitime à l’heure de ce passage. Elle rejoint celle du Sauveur. Il fut touché de compassion devant la veuve de Naïm. Il pleura sur la mort de son ami Lazare et la peine des saintes Marthe et Marie. Il fut « triste jusqu’à la mort » devant sa propre mort.
A travers cette peine, il est bon de vivre de foi et d’espérance – de ne pas se laisser « submerger par la tristesse, comme si l’on était sans espérance » (St Paul, Epître). La mort n’est pas le dernier mot de la vie, elle en est l’avant dernier. Arnaud de Lassus a voulu se préparer à cet « avant-dernier mot ».
Enfin, souvenons-nous de Lui devant le Seigneur.
« Tout ce que je vous demande, c'est de vous souvenir de moi à l'autel du Seigneur où que vous soyez » (3). Ce sont les dernières paroles de Sainte Monique à son fils prêtre. C’est sans doute la dernière et plus chère volonté d’Arnaud de Lassus. C’est pourquoi nous offrons pour lui la Sainte Messe…
Cette messe qu’il aimait tant, et d’un amour de choix - profond et solide. Un amour « en acte » - il servait la Messe et y assistait encore aux dernieres années de sa vie terrestre. Un amour fort et lucide – il voulut défendre les raisons profondes d’un attachement légitime à la liturgie romaine en forme extraordinaire. Attachement non seulement esthétique mais doctrinal et théologique. Il citait notamment le constat célèbre du Cardinal Journet en 1975 ; " La liturgie et la catéchèse sont les deux mâchoires de la tenaille avec laquelle on arrache la foi ". Son instinct de la foi le fit s’agenouiller malgré l’infirmité lorsque je lui portais la sainte communion. Cet exemple vaut, je le crois, bien des sermons sur la réalité de la Présence du Seigneur dans le Saint Sacrement.
La communion eucharistique est mémorial de la Passion du Seigneur, plénitude de grâce dans l’âme et gage de gloire future (4). Alors nous demandons maintenant pour lui cette entrée dans la gloire, cette demeure du ciel.
« Deus lassus, loenu lassus - Dieu de là haut, daignez nous loger là-haut ! »
C’est la fière et juste devise de votre famille. Elle rejoint le chant de l’Eglise:
Recordare Jesu pie…
« O très miséricordieux Jésus,
souvenez-vous que je suis la cause de votre venue, et qu’en ce grand jour je ne sois pas perdu » (5).
« pour vos fidèles, Seigneur, lorsque la demeure de cette vie terrestre est dissoute, une autre demeure éternelle est préparée au ciel » (6).
Nous nous tournons pour finir vers la Très Sainte Vierge. « Recordare Virgo Mater, O Vierge Mère, Souvenez-vous…». Arnaud de Lassus avait envers elle une tendresse virile (7), une fidélité profonde! Il priait chaque jour le Rosaire. Il avait entre les mains le chapelet remis par le Bx Pie IX à ses ancêtres.
C’est à elle que nous vous recommandons maintenant, ô notre cher défunt; puissiez-vous voir votre Rédempteur face à face, goûter le bonheur de contempler la verité en tout son éclat, et obtenir les douceurs de la vue de Dieu (8). Ainsi-soit-il.

Références :
1. Benoit XVI, Lourdes, septembre 2008.
2. Benoit XVI.
3. Sainte Monique (+387), citée in "Confessions" de Saint Augustin.
4. Saint Thomas d’Aquin, antienne "O sacrum convivium".
5. Séquence "Dies irae" du Missel romain.
6. Préface des défunts, Missel Romain.
7. Charles, Cardinal Journet, Entretiens sur la Vierge Marie.
8. Prière auprès des mourants, Rituel Romain.




mercredi 01 février 2017

Olivier Hanne vient de publier "Le Génie historique du catholicisme"

"En perdant le catholicisme, ce n’est pas seulement le rapport au Christ qui est menacé, mais tout le rapport au monde"

20170201OlivierHanneCouv2.jpgOlivier Hanne, docteur et agrégé en Histoire, vient de publier "Le Génie historique du catholicisme". Il a bien voulu répondre aux questions du Salon Beige.

1) Votre livre est, d'une certaine façon, un antidote à la fameuse "légende noire" du catholicisme. Y a-t-il vraiment matière à être fiers de nos aïeux dans la foi ?
La légende noire de l’histoire catholique est une construction du XVIe siècle, bâtie par les Réformés et les humanistes en indélicatesse avec l’Eglise, puis relayée par les Lumières au XVIIIe siècle et enfin par les historiens républicains au XIXe siècle. Depuis un siècle, cette légende, pourtant invalidée ou nuancée par les sources, continue d’être véhiculée, en raison d’une inculture historique générale, et parce que les universitaires ne font plus leur travail de vulgarisation. Ainsi, dès les années 1990, les chercheurs du CNRS et les spécialistes d’histoire italienne ont remis en question l’image d’un pape Pie XII pro-nazi, mais cette lecture apaisée du pontificat n’atteint plus l’opinion publique.
Nos ancêtres ont assumé leur foi selon les conditions que la société, l'Histoire et la Providence leur avaient données. La juste mesure du passé est de jauger en fonction des critères moraux qui étaient les leurs. Ainsi, les critiques contre l’Inquisition paraissent singulièrement rares jusqu’au XVIe siècle, et il n’est pas sûr que les médiévaux aient considéré les inquisiteurs comme des brutes ignobles. Le pape Innocent III (1198-1216) souvent perçu comme un pontife de fer, déclenchant la 4e croisade et la croisade des Albigeois, a souvent été critiqué pour s’être fait duper par le roi de France.

2) La plus grosse erreur de l'historien est clairement l'anachronisme. Cette erreur n'est-elle pas, pourtant, la plus commune pour tous ceux qui se penchent sur l'histoire de l'Eglise pour la juger à l'aune de nos critères ?
Ce qui est difficile à envisager pour nos contemporains est de parvenir à regarder le passé sans les oeillères du manichéisme et du positivisme : non, l’Histoire n’est pas une marche ascendante vers un progrès, condamnant nos prédécesseurs à un état inférieur dans le développement humain et moral. Finalement, nous sommes restés cruellement linéaires et scientistes dans notre approche du temps, erreur que n’a jamais commise l’Eglise : à toute époque, péché et grâce se mêlent, et la modernité technique n’est jamais un gage de progrès spirituel.
Mais cette carence intellectuelle sur le passé se retrouve chaque jour dans notre analyse du monde et de la géopolitique, ainsi concernant le Moyen-Orient. L’anthropologie et la sociologie des années 1970-1980 ont envahi toute notre approche du passé : les faits n’existent que par le regard qu’on leur porte, et tout n’est que représentation et manipulation du pouvoir. Louis XIV n’intéresse l’historien que par l’image qu’il renvoie du pouvoir monarchique, et non pas par sa législation ou ses actes. Mais en niant ainsi le réel, l'intellectuel est vite prisonnier de ses propres fantasmes et de ses opinions, il devient lui aussi un instrument au service des médias : le siège d’Alep importe moins que ce qu’on en dit ; si l’Eglise développe l’action caritative au Moyen-Âge, ce n’est pas pour aider les pauvres, mais pour les contrôler, et tous les faits sont ainsi réinterprétés...

3) Votre livre est titré "Le génie historique du catholicisme". Comment, dans l'histoire, définiriez-vous l'apport du catholicisme à l'humanité en général et à l'Europe en particulier ?
L’aspect le plus évident est que le christianisme a apporté le Christ, mais il y a un apport plus spécifique du catholicisme, c’est la révélation du Christ à travers une double incarnation de civilisation : la foi intérieure et la culture gréco-latine. Le catholicisme a éduqué les peuples qu’il a convertis à l’intériorité, au retour sur soi, propice à la découverte de Dieu, mais aussi à moyen terme à l’éclosion de la conscience. Il a aussi fait fructifier la culture millénaire grecque et latine et l’a portée à son plein épanouissement à travers la philosophie, la théologie, le droit, les belles lettres, une pratique spécifique du pouvoir.

4) L'Eglise a beaucoup aidé la civilisation européenne à découvrir la dignité de la personne humaine. En abandonnant ses racines chrétiennes, l'Europe ne risque-t-elle pas d'abandonner ce souci de la dignité humaine qui a fait sa grandeur ?
Bien sûr. Le catholicisme a transmis à l’Europe un christianisme hellénisé, c'est-à-dire une foi indissociable d’une doctrine rationnelle, de l’amour de l’étude et de la connaissance, qui attachent la personne au contrôle de soi et de ses passions. En perdant le catholicisme, nous voyons combien nos contemporains ont du mal à argumenter leurs convictions, à justifier leur foi par une parole libre et raisonnable, ainsi qu’à maîtriser leurs pulsions. Ce n’est pas seulement le rapport au Christ qui est menacé, mais bien tout le rapport au monde et à soi-même.

5) La mission de l'Eglise est de transmettre la foi. Pourtant, de cette transformation est née une civilisation (et même plusieurs, car la civilisation européenne n'est pas la sud-américaine, ni la nord-américaine…). Est-ce une sorte de paganisation, comme la Réforme en a volontiers accusé la Chrétienté médiévale, ou simplement une irrigation de la foi dans tous les actes de la vie?
La Chrétienté médiévale est atteinte au XIIIe siècle lorsque le droit canon et les sacrements rayonnent dans toute la société, faisant de l’Eglise l’institution la plus normative, au sens où c’est elle qui génère les normes de la vie quotidienne, avant même les monarchies. Mais cet apogée ne dura pas au-delà du XIIIe siècle, puisque l’étape suivante fut la fondation des nations. On a peine à imaginer à quel point nous sommes loin de cette Chrétienté unitaire et universelle. A l’époque, l’identité nationale ne se pose pas : vous avez en pleine France des évêques qui sont d’origine italienne, allemande ou anglaise. A l’époque, la première marque identitaire des personnes est celle du baptême. Mais ce système social unique, garanti par la papauté, était trop vaste, trop contesté pour pouvoir durer.

6) Il est d'usage d'opposer l'Eglise et la science. Vous affirmez qu'au contraire, la science moderne doit beaucoup au catholicisme. N'est-ce pas pousser un peu loin le goût du paradoxe et de la provocation ?
Nullement, puisque l’écrasante majorité des hommes de science entre le XIe et le XVIIe siècle sont des religieux ou des clercs ; leurs recherches sont permises par leur éducation catholique, elle aussi religieuse, assurée par les congrégations ou les jésuites. Leur capacité à énoncer, critiquer et synthétiser est une compétence puisée dans l’école catholique. Le goût de l’expérimentation leur venait de la redécouverte d’Aristote et de son officialisation à travers le thomisme. Si le réel est porteur d’idées divines, alors l’observation de ce réel devient une découverte de Dieu. De la même façon, lorsque les mouvements mendiants, comme les franciscains, renoncent au couvent ou au monastère pour une vie d’itinérance, de pauvreté et de souffrance, ils expriment combien le quotidien le plus trivial est porteur de sainteté. Le XIIIe siècle est le grand siècle du réel, qui ouvre la porte sur l’expérience, et donc sur les sciences modernes.

Olivier Hanne, "Le génie historique du catholicisme" - Ed. de l'Homme nouveau, 424 pages 23,50 €




Pèlerinage 2017: découvrez l'affiche!

Le prochain pèlerinage de Chartres qui se déroulera les 3, 4 et 5 juin 2017 aura pour thème: "Sainte Marie, Mère de Dieu".
Découvez dès à présent l'affiche de cette 35ème édition:



affiche2017_HD.jpg




Dimanche 29 janvier 2017

Rappel à Dieu d'Arnaud de Lassus

Arnaud de Lassus, un chrétien tout donné pour la défense de la Foi et le service de la Vérité

20170126ArnauddeLassusB.jpgNous avons appris le rappel à Dieu, dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 janvier, d’Arnaud de Lassus Saint-Geniès à l'âge de 95 ans.
Arnaud de Lassus fut l'un des piliers de la "Cité catholique" de Jean Ousset, puis de "l'Office" ("Office international des oeuvres de formation civique et d'action culturelle selon le droit naturel et chrétien", aussi connu par l'abréviation "rue des Renaudes").
Au début des années 1980 il donna une impulsion nouvelle à "l’Action Familiale et Scolaire", en compagnie de Louis d'Anselme et d'Ennemond Beth. L'équipe de l'AFS joua un rôle essentiel dans la défense de la liturgie traditionnelle et d'un authentique catéchisme catholique, soutenant les familles qui refusaient les errements de "Pierres vivantes" et des "parcours" qui fleurirent dans son sillage.
Arnaud de Lassus a sillonné la France pendant des années pour donner conférences et entretiens et réconforter tous les petits groupes qui s'efforçaient de maintenir la transmission de la Foi. D'une grande modestie et d'un oubli total de lui-même il ne s'enquerrait pas du nombre des auditeurs qu'il allait rencontrer. Il était prêt à faire des heures de train pour une soutenir une famille ou une poignée d'amis.
Arnaud de Lassus voulait transmettre; de par sa formation d'ingénieur et son tour d'esprit il était très sensible à la pédagogie de la transmission. Il élaborait des exposés clairs, avec un plan très structuré, qui permettaient la mémorisation facile par ses auditeurs des données exposées. On se reporte encore aujourd'hui à la série des numéros spéciaux de l'AFS "Connaissance élémentaire". Dans un même souci de clarté il adoptait parmi les premiers les technologies nouvelles pour illustrer ces entretiens.
Sa curiosité intellectuelle couvrait tout le champ du savoir. Il savait parler de Saint Thomas d'Aquin comme des plus récentes tendances de l'Informatique. Il avait tissé un réseau de relations qui dépassait largement le cadre français et se rendait régulièrement aux Etats-Unis et aux Canada pour y donner des conférences.

Arnaud de Lassus, pèlerin de Chartres

Arnaud de Lassus fut un pèlerin de Chartres dès les débuts de notre pèlerinage de Pentecôte (1983). Venu l'un des premiers il était devenu le doyen de notre pèlerinage, marchant de Paris à Chartres à plus de 90 ans. Par ses enseignements, par ses écrits, par ses conseils, Arnaud de Lassus n'a cessé d'aider l'équipe de Notre Dame de Chrétienté. Nous le revoyons encore, sur nos lieux de bivouac, allant de l'un à l'autre pour prendre des nouvelles des familles et des enfants.
Arnaud de Lassus était père de 7 enfants, dont Dom Dysmas de Lassus, prieur général de la Grande-Chartreuse.

Que ce défenseur de la Foi et ce serviteur de la Vérité repose en Paix.

Notre Dame de Chrétienté présente ses condoléances à sa famille. Les obsèques d'Arnaud de Lassus auront lieu lundi 30 janvier, à 10h, à la Cathédrale Saint-Louis de Versailles.




jeudi 26 janvier 2017

Vidéoformation NDC n°48: La Dévotion Mariale des Saints (1ère partie)

Entretien avec le Père Albéric,
de l'Abbaye Sainte Madeleine du Barroux.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

vf48-video-mini.jpg » lien direct vers la vidéo




mercredi 18 janvier 2017

Appel de Chartres n°206


Que résonne dès aujourd’hui l’appel de Chartres !


Chers amis pèlerins,

Noël est déjà derrière nous, laissant le regret d’un temps très pur et si court.

Sans respiration, l’agenda pousse les jours. Sans répit, il nous précipite dans une nouvelle année chargée de bien des menaces mais riche aussi de bien des grâces.

La chrétienté de France va mal. Après une temporisation des attaques, des lois nouvelles - que n’arrêtent même pas les cris des foules rassemblées - se succèdent et rongent le socle de la Loi Naturelle sur laquelle elle est fondée.

La mémoire collective, chargée de culture chrétienne, s’efface doucement dans l’indifférence générale. Elle est remplacée par un consumérisme qui gomme les signes de toutes les traditions forgées à l’abri des paroisses et qui formaient l’armature invisible de la Fille ainée de l’Eglise. Le mot Tradition est sommé de rester au banc. Privée de forces vives, la chrétienté de France semble épuisée et condamnée à abandonner son rôle missionnaire qui tant de fois lui a permis de redresser des situations désespérées.

Au regard de tout cela, le pèlerinage de Chartres est un paradoxe qui traverse cette époque dénaturée comme la colonne traverse la Beauce. Il s’assemble un matin, dans les cantiques et les prières. Sans complexe, il traverse un Paris ahuri et sa joie réveille sa banlieue désespérée. Il avance par champs et bois, trois jours durant, qui laisseront plus de grâces dans les cœurs et le secret des âmes que de traces de pas sur les chemins.

Ce Pèlerinage est pour la terre de France un événements spirituels de masse qui porte signe visible d’Espérance. Il est le fruit des sacrifices de quelques-unes et quelques-uns qui, durant des mois, ne cessent de le préparer. Il doit aussi beaucoup à quelques centaines de chefs de Chapitres qui chaque année se chargent d’accueillir, d’entraîner, d’enseigner, de soutenir et de conduire leurs pèlerins, et à qui l’on doit mille mercis pour avoir pris ce service.

Ce pèlerinage est en lui-même une terre de mission, car il enseigne à des pèlerins, maintenant très jeunes et pour partie peu pratiquants, les fondements les plus solides d’une foi parfois bien mal transmise.

Ce pèlerinage porte pour la jeunesse de France l’oriflamme de La Tradition. Elle s’y rassemble autour de l’autel et de l’encens, pour une liturgie qu’elle aime, ou qu’elle découvre mais que jamais elle n’oubliera plus. Elle y rapprend la force des symboles temporels en regardant passer l’anneau de Jeanne d’Arc. Elle y prie, s’y sanctifie et s’y forge une identité chrétienne qu’elle découvre ou redécouvre encore. Les retours à la chrétienté quotidienne sont parfois difficiles.

Les communautés des chapitres se dissolvent bien souvent. Cette rupture empêche les grâces collectives d’amitiés de perdurer et l’effort missionnaire né du regroupement s’affaiblit. Chers chefs de chapitre, il vous revient de pérenniser ces liens tissés pendant le pèlerinage ; qu’ils se fortifient et croissent au profit de tous et de la Chrétienté. Les Chapitres qui se retrouvent pendant l’année ont des fruits d’amitiés et de conversions dont les effets enfantent d’autres beaux engagements.

Janvier est le temps des résolutions personnelles qu’il ne faut pas manquer de prendre, par crainte de perdre maintenant, par omission, des combats que nous laissons trop souvent aux autres le soin de livrer pour nous.

Le prochain pèlerinage se prépare dés hiver, dès maintenant pour tout dire. Les Chapitres seront d’autant plus soudés, joyeux et missionnaires, qu’ils se seront reconnus et rassemblés avant le parvis de Notre Dame de Paris. Les méditations toucheront d’autant plus les âmes qu’elles auront été préalablement bien préparées et partagées entre plusieurs.

L’église n’est certes plus toujours au milieu du village mais nous marchons vers Chartres aussi pour l’y remettre.

Pèlerins, adjoints route, porteurs d’eau, animateurs, adjoints chant et adjoints principaux, chefs de chapitres, cadres des chapitres des soutiens et de la direction, aumoniers préparons Chartres dès maintenant, car le pèlerinage de Chrétienté, va beaucoup plus loin que Chartres.

Il va jusqu’à la Jérusalem Céleste si l’on y part en ayant bien préparé ce voyage spirituel à l’avance en communion de Foi, d’Espérance et de Charité

Ce sera mon vœu le plus sincère pour vous tous, chers pèlerins.
Que Notre Dame renforce notre Espérance durant toute cette nouvelle année.

Didier ROUSSEAU
Chef de région Est
Pèlerin depuis 1991.

Charles Péguy « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance »

FRANCE-LITTERATURE-WW1-PEGUY« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance. La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres. Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite ».

Charles Péguy (1873-1914)




Lundi 16 janvier 2017

Vidéo-témoignages: la joie d'être prêtre


Durant le dernier pèlerinage de Pentecôte, Notre Dame de Chrétienté a interrogé 15 prêtres pour leur poser la même question suivante :
"Qu'est-ce qui vous rend heureux dans votre vocation de prêtre? "

La densité et la diversité de leurs réponses attestent que la joie de Dieu dépasse la simple notion d'être heureux et que la joie trouve son origine véritable en Dieu.

vt3-video-mini.jpg » lien direct vers la vidéo

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