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mardi 05 mars 2019

Martyrs pour la moralisation de l'Eglise

La réforme de l’Église a, elle aussi, ses martyrs. Parmi ceux-ci se trouvent les saints Ariald (+1066) et Erlembald (+1075), chefs de la Pataria, un mouvement de laïcs qui, au XI° siècle, se proposait de restaurer la morale de l’Eglise dans le Diocèse de Milan, l’un des plus corrompus d’Italie. La simonie et le nicolaïsme constituaient les deux plaies qui affligeaient l’Eglise de l’époque. La simonie consistait dans la prétention d’acheter et de vendre les offices ecclésiastiques, le nicolaïsme dans l’usage, de la part de nombreux Evêques et de prêtres, consistant à prendre femmes et concubines. Cependant, l’expression la plus honteuse de la dissolution morale était la sodomie qui, ainsi que l’écrit Saint Pierre Damien, faisait rage « comme une bête sanguinaire dans la bergerie du Christ » (Liber Gomorrhianus, tr. it. Fiducia, Roma 2015, p. 41). Ces vices étaient si enracinés dans le nord de l’Italie qu’ils constituaient une pratique généralisée.

 

Contre la diffusion de cette immoralité, naquit un mouvement réformateur à l’initiative du diacre Ariald et des frères Landolf et Erlembald Cotta. Ces derniers appartenaient à de nobles familles de Lombardie mais, vue la foule qui les suivait, ils étaient qualifiés par leurs adversaires de « patarins » ou gueux, attendus que la Pataria était le marché aux chiffons. Le parti contraire à la réforme était emmené par l’Archevêque de Milan en personne, S.Exc. Mgr Guido da Velate, qui justifiait, pour des raisons politiques, le clergé corrompu. Il en dériva une lutte ouverte, racontée par un témoin direct, le Père Andrea da Strumi, dans sa Vita Sancti Araldi (Monumenta Germanica, Hist., Scriptores, XXX, 2, Lipsiae 1935, pp. 1047-1075; tr. it. Arialdo. Passione del santo martire milanese, Jaca Book, Milano 1994).

 

Le guide moral du mouvement fut le diacre Ariald que, selon le père Andrea da Strumi, le Christ Lui-même avait choisi in defensione veritatis. S’adressant au peuple de Milan, le diacre Ariald l’exhorta à se séparer des mauvais prêtres et pasteurs en ces termes : « Ceux qui désirent sincèrement trouver la vérité doivent avec fierté rejeter toute forme de mensonge. C’est pourquoi, afin que vous puissiez pleinement jouir de la Vérité qu’est Dieu, je vous conjure en Son nom de vous ternir absolument éloigné des faux prêtres. En effet, il ne peut exister aucune possibilité d’accord ou d’union étroite entre la lumière et les ténèbres, entre les fidèles et les incrédules, entre le Christ et Belial. Il est écrit en effet : « Eloignez-vous et séparez-vous d’eux et ne touchez pas ce qui est immonde et Je vous accueillerai dit le Seigneur » (cf. II Ch. VI, 17-18). Comment peut-il arriver qu’Il ne vous concède pas le moins – à savoir des pasteurs qui vous guident dans la droiture – si vous le Lui demandez Lui qui, lorsque vous n’existiez pas encore, vous a accordé le plus, c’est-à-dire Lui-même pour votre salut ? C’est pourquoi cherchez à ne rien avoir à faire avec tous les hérétiques et demandez avec confiance à Dieu des pasteurs bons et fidèles. Sans aucun doute vous les obtiendrez, soyez-en certains ! » (p. 89). Le Seigneur, ajouta le diacre Ariald, a déclaré : « Si les hommes se taisent, les pierres parleront » (cf. Lc 19, 40) mais aussi « Maudit celui qui tient son épée loin du sang » (cf. Jer 48, 10). L’épée évoquée par le diacre Ariald était tout d’abord celle de la Parole de Dieu mais, lorsque cela fut nécessaire, les réformateurs n’hésitèrent pas à prendre les armes pour se défendre contre les agressions violentes de leurs adversaires, qui tentaient d’empêcher leur prédication.

 

L’Archevêque de Milan, préoccupé par la réaction populaire qui faisait tache d’huile, appela ses accusateurs afin de se disculper dans le cadre d’un Synode tenu au Monastère de Fontaneto, dans le Diocèse de Novare. Les chefs de la Pataria, Ariald et Landolf, ne se présentèrent pas et furent excommuniés par contumace par l’Evêque. Le diacre Ariald se rendit alors à Rome où il exposa au Pape, Etienne IX, les raisons de leur résistance à l’Archevêque de Milan. Le Pape, favorable au mouvement naissant, envoya à Milan deux Visiteurs apostoliques, qui conduisaient à cette époque la réforme de l’Eglise : l’Archevêque de Lucques, S.Exc. Mgr Anselme da Baggio, et l’Archidiacre romain Hildebrand. Tous deux étaient destinés à devenir Papes au cours des années suivantes. Au cours de l’hiver 1060-1061, Mgr Anselme da Baggio fut encore une fois représentant du Pape à Milan en compagnie de S.Em. le Cardinal Evêque d’Ostie, saint Pierre Damien. Dans l’un comme dans l’autre cas, les Visiteurs apostoliques, se rendant compte de la situation scandaleuse de l’Archidiocèse de Milan, exhortèrent la Pataria à persister dans sa lutte, en prêchant à leur tour au peuple contre le clergé corrompu.

 

Lorsqu’en 1063, Landolf Cotta mourut suite à un attentat qu’il avait subi, le diacre Ariald invita son frère, Erlembald, à prendre la tête du mouvement. Avant d’accepter, ce dernier désira se rendre en pèlerinage à Rome pour prier sur la tombe de Saint Pierre et demander conseil à Mgr Anselme da Baggio qui était devenu Pape en 1061 sous le nom d’Alexandre II. Celui-ci exhorta Erlembald à prendre la tête du mouvement, le créa Gonfalonier de la Sainte Eglise Romaine et lui confia le vexillum sancti Petri, qui avait précédemment été envoyé au normand Roger, victorieux des musulmans en Sicile. Erlembald était un chevalier, à l’esprit religieux et guerrier dont Andrea da Strumi eut à écrire : « Le noble Erlembaldo, lorsqu’il apparaissait devant les hommes, était comme un général en habits précieux, entouré de chevaliers et d’armes. Mais dans l’intimité, devant Dieu, il se vêtait de simple laine, comme un ermite » (p. 103).

 

L’approbation pontificale donna un nouvel élan à la lutte de la Pataria. Lorsqu’à Milan furent choisis de manière simoniaque les Abbés de trois importants Monastères. Saint Celsius, Saint Vincent et Saint Ambroise, les patarins s’insurgèrent et une nouvelle période de lutte s’ouvrit. Le diacre Ariald se rangea aux côtés d’Erlembald dans la conduite, y compris militaire, du mouvement patarin et ensemble, en levant le drapeau de Saint Pierre, ils eurent raison de l’Archevêque Guido da Velate.

 

Au printemps 1066, Erlembald rentra à Milan porteur de deux Bulles pontificales – la première d’excommunication à l’encontre de l’Archevêque et la seconde par laquelle le Pape exhortait le clergé milanais à suivre les indications de Rome. Guido da Velate convoqua une grande assemblée à la quelle prirent part des milliers de personnes des factions opposées, dont Ariald et Erlembald. Lorsque l’Archevêque excommunié blatéra contre les prétentions du Pape de dicter sa loi à Milan, une partie de la foule s’en prit à Ariald et Erlembald. Ce dernier se défendit en faisant tournoyer le drapeau de la Sainte Eglise dont il ne se séparait jamais. Le diacre Ariald fut contraint à s’enfuir mais il fut arrêté dans les environs de Plaisance et conduit au château de Donna Oliva, nièce de Guido da Velate, qui le fit massacrer le 28 juin 1066 sur une petite île du Lac Majeur. Avant de le tuer, ses assassins le prirent par les oreilles, lui intimant d’obéir à l’Archevêque de Milan. Devant son refus, ils lui coupèrent les oreilles alors qu’Ariald, levant les yeux au ciel, disait : « Je Te remercie, ô Christ, qui aujourd’hui m’a concédé d’être compté au nombre de Tes martyrs ». Ses bourreaux demandèrent encore s’il reconnaissait l’autorité de Guido da Velate mais lui, conservant son habituelle fermeté d’esprit, répondit de manière négative. Immédiatement, raconte son biographe, lui fut coupé le nez et la lèvre supérieure. Ses bourreaux lui arrachèrent les yeux des orbites et lui coupèrent la main droite en disant : « Ceci est la main qui rédigeait des lettres adressées à Rome ». Ils l’émasculèrent également en disant : « Jusqu’à ce jour, tu as été un prédicateur de la chasteté, à présent, tu seras également chaste ». Enfin, ils lui arrachèrent la langue en disant : « Finalement, que se taise cette langue qui porta le désordre dans les familles des clercs et les dispersa ». Ainsi, conclut le Père Andrea da Strumi, «cette âme Sainte fut libérée de la chair. Le corps fut ensuite enseveli en ce lieu. Après ces faits, commencèrent sur place à apparaître durant la nuit de splendides lumières aux yeux des pêcheurs » (p. 145).

 

Les assassins lui lièrent au corps de lourdes pierres et le firent couler au point le plus profond du Lac Majeur. Dix mois après cependant, le 3 mai 1067, le corps du diacre Ariald revint miraculeusement à la surface. Après moult résistance, Donna Oliva remit le cadavre à Erlembald, qui le ramena à Milan où il fut triomphalement déposé en l’église Saint Ambroise avant d’être enseveli à Saint Celsius et, à la fin du XVIII° siècle, dans la Cathédrale.

 

En 1068, Alexandre II béatifia Ariald. L’Archevêque de Milan, Guido da Velate, après avoir été à nouveau excommunié, décida de renoncer à l’épiscopat et fit nommer Evêque par l’Empereur, son Aumônier, Goffredo. Le Pape excommunia également ce dernier et chargea Erlembald de l’empêcher d’entrer à Milan. S’ouvrit ainsi une lutte qui vit deux Archevêques opposés sur la chaire de Milan, Gotofredo soutenu par Henri IV et Atton désigné par Alexandre II et appuyé par Erlembald.

 

Au cours de l’un des nombreux affrontements armés, Erlembald fut tué, le 28 juin 1075, le jour même où, neuf ans auparavant, avait été assassiné le diacre Ariald. Le Pape Urbain II, qui en mai 1095 passait par Milan pour se rendre à Clermont afin d’y annoncer la première Croisade, en honora les restes au travers d’une cérémonie solennelle qui équivalait à une canonisation. Par cet acte, Urbain II offrait à la vénération des fidèles en la figure d’Erlembald le modèle du miles christi laïc, le combattant chrétien prêt à prendre les armes et à verser son sang contre les ennemis intérieurs et extérieurs de l’Eglise. A lui, comme à saint Ariald, s’adressent aujourd’hui nos prières. (Roberto de Mattei)

 

Tiré de la Correspondance Européenne – 1er mars 2019

Lundi 04 mars 2019

Abus sexuels : une réunion pour (presque) rien

Du 21 au 24 février dernier, s’est déroulée à Rome, à la demande du pape François, une réunion de 190 cardinaux, évêques, supérieurs religieux, experts, etc. du monde entier afin de lutter contre les abus sexuels dans l’Église. À son issue, le pape François a prononcé un discours qui a déçu de nombreux observateurs et victimes.

 

Les faits

Depuis plusieurs années se multiplient les révélations à propos d’abus sexuels perpétrés par des clercs contre des adolescents. Faits longtemps couverts par la hiérarchie ecclésiastique, sous le prétexte de ne pas nuire à la réputation de l’institution. L’Irlande et les États-Unis ont été particulièrement frappés par ce phénomène qui a, de manière considérable, in fine, nuit à l’image de l’Église. Ainsi, la pratique religieuse s’est effondrée en Irlande et les vocations sacerdotales y ont quasiment disparu.

Les juridictions civiles, saisies de ces crimes, enquêtent sur les clercs coupables mais aussi sur leurs supérieurs qui les auraient couverts. Des condamnations ont été prononcées et, en particulier aux États-Unis, des sommes considérables ont dû être versées aux victimes. Chaque révélation est l’objet d’un lynchage médiatique en règle de la part des médias dominants.

 

Les causes

Les spécialistes n’établissent pas, paraît-il, de lien entre homosexualité et pédophilie. Peut-être. Néanmoins la réalité est brutale : aux États-Unis, 80 % des actes pédophiles sont de nature homosexuelle. Or depuis plusieurs décennies, la culture homosexuelle s’est étendue dans l’Église atteignant des proportions inimaginables. Le livre de Frédéric Martel, Sodoma, s’il n’est certainement ni désintéressé ni au dessus de tout soupçon, livre cependant un ensemble de faits qui ne font que confirmer les graves accusations portées contre certains évêques et prêtres par Mgr Vigano en août 2018. Ainsi, en août 2016, Mgr Martin, archevêque de Dublin, avait dû retirer ses séminaristes du séminaire national de Maynooth, reconnu comme foyer actif d’homosexualité militante. Le regard sur l’homosexualité a changé, le discours moral s’est amoindri, les règles d’ascèse et de prudence se sont estompées. L’Église a renoncé à s’opposer au monde et à une de ses revendications emblématiques : la légitimité puis l’exaltation de la culture gay. Tout le monde a en mémoire la fameuse formule du pape François : « Qui suis-je pour juger une personne gay… qui cherche le Seigneur avec bonne volonté ? » La seconde partie de la phrase est souvent oubliée mais change-t-elle quelque chose, quant au fond ? Enfin il est incontestable que le pape François est entouré ou a facilité la carrière de nombreux ecclésiastiques gay-friendly ou ayant protégé des prêtres soupçonnés d’abus sexuels : les cardinaux Mac Carrick et Cupich, NNSS Zanchetta, Ricca ou Barros.

 

La réunion des évêques : un cataplasme sur une jambe de bois

À l’issue de cette réunion, le Saint-Père a prononcé un discours largement dominé par des considérations sociologiques. Les enfants sont victimes d’abus de la part de personnes…qui les fréquentent : famille, éducateurs, entraîneurs sportifs, prêtres, etc. Ce constat ne constitue pas une avancée conceptuelle majeure. Dans le même registre : ceux qui se noient sont généralement en contact avec un élément liquide ! Le pape dénonce ces « crimes abominables, l’abus de pouvoir, le mystère du mal », il en appelle à « transformer ce mal en opportunité de purification », etc. Bene ! Recte ! Optime ! Malheureusement ces bonnes intentions ne s’incarnent dans aucune mesure concrète. Il y a dans ces vœux pieux quelque chose de profondément pathétique. Ainsi, la limite d’âge des mineurs (14 ans, selon le droit canon) sera haussée mais on ne sait pas à quel niveau. Si « aucun abus ne doit jamais être couvert », on ignore les sanctions encourues par les éventuels coupables. Or ces sanctions existent et les mesures pour remédier à des situations de crise morale dans l’Église sont connues. En effet, ce n’est pas la première crise que vit l’Église. Les réformes grégorienne au XIe siècle et tridentine au XVIe siècle donnent les clés d’une vraie réforme de l’Église : rappels précis de la doctrine, mises au pas des évêques récalcitrants, formation sérieuse des candidats au sacerdoce, exigences ascétiques et mystiques, etc. En conclusion de l’encyclique Pascendi (8 septembre 1907) dénonçant et condamnant le modernisme, saint Pie X établit un vrai plan de bataille contre l’hérésie : revalorisation de la philosophie thomiste, exclusion des modernistes du sacerdoce et des chaires d’enseignement, interdiction de publier des ouvrages modernistes, mise en place de conseils de vigilance diocésains, obligation de prestation du serment antimoderniste pour les candidats au sacerdoce, etc. Aucune mesure de ce type n’est annoncée dans le document pontifical.

Mais, sur le fond, il y a bien pire. Un silence, complice, est fait sur l’homosexualité ou, plus bénignement, sur le non respect par de nombreux prêtres de la loi du célibat ecclésiastique. L’impression est donnée que l’Église ne s’intéresse en fait qu’aux perversions morales qui obtiennent le consensus de l’opinion publique et des médias dominants. À cet égard, le recours systématique aux juridictions civiles laisse pantois. C’est d’abord, pratiquement, nier l’existence d’un droit spécifique à l’Église, le droit canon, étroitement associé à son statut de société parfaite. L’Église semble avoir renoncé à juger, selon son droit propre, ses membres qui contreviendraient à ses lois sans se mettre en infraction avec la loi civile. Existe-t-il des tribunaux ecclésiastiques qui jugent, encore, des cas d’homosexualité ou de concubinage notoire à l’égard de prêtres ou d’évêques ? La question mérite d’être posée. Il faut ensuite être d’une désarmante candeur, d’une naïveté touchante, n’était l’importance des enjeux, pour faire une absolue confiance à la justice civile. En France, 30 % des magistrats sont syndiqués au Syndicat de la Magistrature, officine gauchiste dont la haine de l’Église est une ligne d’action constante. N’oublions pas, également, la présence massive de la franc-maçonnerie dans la magistrature. « J’ai confiance en la justice de mon pays », c’est beau comme l’antique, mais pas avant d’avoir bu trois verres de Muscadet.

 

Conclusion

Il est certain que cette réunion des évêques et le discours de François n’ont guère convaincu. « Le poisson pourrit par la tête » dit l’adage populaire, « L’escalier se balaie par le haut », enseignent les spécialistes en management. Tant que perdurera l’impunité canonique dont bénéficient évêques, cardinaux et prélats de Curie, aucune réforme de l’Église ne sera possible. Tant que l’homosexualité ne sera pas dénoncée et combattue comme un acte « intrinsèquement désordonné » (CEC § 2357), les abus sexuels se multiplieront. Enfin, parce que c’est la loi de la vie, il faudra des exemples. Ainsi, en 1627, François de Montmorency-Bouteville fut décapité pour avoir négligé le fait que le duel jusque-là interdit et toléré, devenait désormais, le cardinal de Richelieu gouvernant, interdit et…interdit.

 

Jean-Pierre Maugendre

Dimanche 03 mars 2019

L'orgueil, enflure mortelle ( Les péchés capitaux - Saison 3)

C'est LE péché capital - celui « par qui le mal arrive » dans la création ; péché de l’ange, péché de l’homme... Avec toutes ses conséquences dramatiques!

Qu'est-ce que l'orgueil ?

C’est l’amour désordonné de soi. Entendons bien, s'il vous plait... Amour de soi, mais désordonné. L’orgueil est une enflure de l’âme ; il rend bouffi spirituellement.

On peut saisir les deux visages de l'orgueil à travers deux personnages inventés. Toute ressemblance avec des personnes ayant existé n'étant ici pas à exclure! Voici donc MOA 1 et MOA 2 : MOA 1er vit pour lui-même – MOA 2 vit par lui-même.

MOA 1 est l'ÉGOÏSME… « Le véritable égoïste pense toujours à lui, même en parlant d’un autre ». Il chosifie les êtres et les gens. Il ne les sert pas, il s’en sert comme de « faire valoir », miroir pour ses perfections. Son entourage est un système dont il se fait le soleil et le centre. On trouve cela à la racine de bien des dégâts dans les familles, les couples, les communautés religieuses, les apostolats et associations...

MOA 2 est l'ESPRIT D'INDÉPENDANCE… à première vue, c'est plutôt bien, sympathique d'être indépendant. Il ne dérangera pas trop les autres (donc … nous ?) … Il se débrouillera tout seul… ! Et puis… et puis même, il se dévouera pour nous ! Alors, où est le défaut ? Ecoutons MOA 2 parler; « je fais »… et même, « je fais du bien » et encore plus « je fais du bien pour les autres ». En revanche: « puis-je vous aider » ou « pouvez-vous m’aider ? »« Etes-vous d'accord ? » « Voulez-vous ? » « Qu'en pensez-vous ? » « s’il vous plait » et « merci »... Cela ne fait pas partie de son vocabulaire. Il n'aime pas sa dépendance totale envers Dieu, sa dépendance (juste) envers les autres. Il ne l’admet pas, il ne s’y résigne pas.

Est-ce grave?

Oui. Car si deux amours sont foncièrement contraires, incompatibles l'un avec l'autre, alors... l’un chasse l’autre. C’est le cas ici. L'orgueil est « l'amour de soi au mépris de Dieu » et du prochain. Si l'on se laisse entrainer par l'orgueil, alors plus de place pour l'humilité et la charité. L'une est fondement de vie spirituelle, l'autre en est couronnement.

Comment se manifeste l’orgueil ? Voilà quelques indices-clés à appliquer (avec mesure) :

Se justifier soi-même : « J’ai (toujours) raison - Bon, je peux (parfois) avoir tort ou me tromper. Quant à l'admettre, intérieurement et extérieurement... Quant à présenter éventuellement des excuses, c'est autre chose!

Etre dans son bon droit : cela peut donner, par exemple, un air boudeur, renfrogné, silencieux entretenu ; avec un je ne sais quoi d'entretenu, de réchauffé, d'affecté. Madame décide de ne pas dire un mot à Monsieur pendant 4 jours (Monsieur lui ayant coupé la parole, ou ayant manqué d'attention un soir au retour de son travail par exemple). Le lendemain, au petit déjeuner, monsieur offre son plus beau sourire et toute son attention. Madame va parler… mais se ravise ; « ah non, j'oubliai! Allez, je tiens bon, encore 3 jours ».

Le paraitre avant l'être : perfectionnisme, humilité extérieure, … tout est prétexte à se mettre en avant ou se rechercher. « Oh, moi, je ne suis bon à rien… moi, je suis inutile…». Mais je n'admettrai pas qu'un autre s'avise de le (faire) remarquer.

Une certaine critique systématique : « Les critiques ne sont pas autre chose que l’orgueil caché. Une âme sincère avec elle-même ne s’abaissera jamais à la critique. La critique est le cancer du coeur » nous rappelle Mère Teresa. La meilleure manière d'aider quelqu'un à se corriger de ses défauts, c'est de lui pardonner.

De la mesure toutefois pour repérer ces signes. Certaines blessures de l’esprit ou du cœur pourront expliquer ce besoin irrépressible d’attention, de reconnaissance.

Comment soigner l’orgueil ?

Avec la vérité, tout d'abord. Il y a du bien en chacun, chacune de vous. C'est Dieu qui l'a mis en vous. Dieu accomplit du bien à travers vous, ou Il attend du bien de vous. Donc, vous êtes aimables. Donc il y a un amour de soi juste : c'est-à-dire ni trop, ni trop peu, « recto amore »... un amour droit, conforme à la raison. Le désordre (et donc le péché), c’est le trop ou le trop peu d’amour de soi. Le remède à l'orgueil n’est sûrement pas la fausse modestie. Mais l'humilité, et la générosité.

Humilité pratique : « Pour un peu d’humilité, il faut beaucoup d’humiliations » ;  c'est une constante de la vie intérieure. Et les humiliations les plus fécondes sont celles que l’on n’a pas choisies. Acceptons-les intérieurement et extérieurement. Prenons garde à ne pas en infliger de trop lourdes (les fameux « fardeaux imposés aux autres, que l'on ne remuerait pas du petit doigt »).

Humilité chrétienne, donc éclairée, soutenue par l’humilité du Christ : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur ». Mesurez souvent l’humilité de Jésus, à la crèche, à la croix. C'est le fruit du mystère du couronnement d'épine, 3ième mystère douloureux de notre chapelet. Mesurez...

Générosité concrète : Gênez-vous, un peu et chaque jour ! La célèbre aumône de Carême, ce peut être aussi… le lave-vaisselle à débarrasser – cette affaire qui traine (On sait que ce n’est pas vous qui avez dérangé...) – cette leçon de mathématique avec le petit dernier, quand la journée a été rude - cette personne à saluer à la sortie de l’église, de l'école, du lieu de travail (On sait que vous ne la connaissez pas… et qu'elle n’a qu’à commencer…) - cette autre personne à appeler lors d’une épreuve… ou à inviter.

Surtout, générosité discrète.

Aimez la dépendance.

« Je ne maitrise pas tout, je suis parfois maitrisé(e ) par... les choses, les évènements, les personnes, les compétences et les limites, mes infirmités (pas peccamineuses) ». Assumez d’avoir des passions, des émotions. Rectifiez-les, remettez-les doucement sous le contrôle de la volonté, et de la droite raison… Ne les niez pas ne les supprimez pas absolument. En sainteté, « il faut du cœur : ni trop, ni trop peu » (Cardinal Mercier).

Sachez reconnaitre vos dettes (ça n’empêche pas de les régler, ou de « payer de retour »). Soyez lucides et reconnaissants. Soyez fidèles à ce que vous avez reçu de bon, c'est la meilleure reconnaissance.

Les compliments...

Aïe, que faire, comment faire ? Faites... comme Notre Dame. Recevez… faites passer… et puis passez. Magnificat ! Pas de flatterie, pas non plus de fausse modestie. Notre Dame n’a pas dit ; c’est trois fois rien d’être Mère de Dieu, conçue sans péché et pleine de grâce – mais elle a rapporté tout bien à la source, à Dieu. Rendez grâce, souvent.

Enfin, et surtout, allez à la source, à l’exemple:

Regardez votre Seigneur fait serviteur. Au bout du Carême, Il vous attend – au dimanche des Rameaux, dans le triomphe – au Jeudi Saint dans le service – au Vendredi Saint dans l'échec apparent; « Il s’est anéanti, prenant condition de serviteur … Il s’est abaissé lui-même ».

Ecoutez-le : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ».

Méditez la Passion et la croix de Jésus. Rien ne résiste à cet abaissement impressionnant.

Méditez le 3ième mystère douloureux de votre chapelet ; couronnement d’épines.

Faites votre chemin de croix (qui sera là pour ceux du vendredi de Carême ?)

Là est le fin mot de l’humilité, le grand remède à l’orgueil … et la fin de ce propos!

Péchés capitaux, c’est quoi ?

Après le péché originel et la rédemption, notre âme ressemble au Baussant des chevaliers et des scouts ; elle est le théâtre du combat spirituel entre la lumière et les ténèbres, la grâce et le péché, l’homme nouveau et le vieil homme.

Combat plus réel et plus terrible qu’une bataille d’hommes, disait le poète Rimbaud.

En nous, les vertus s’articulent les unes avec les autres – comme les vices. Le mal a ses chefs, ses meneurs ; les péchés capitaux. La Révélation divine les nomme, avec leurs causes ; le péché originel et nos propres fautes. La simple lucidité, le gros bon sens nous en montrent les conséquences quotidiennes ; désordre et rupture de relation à Dieu, aux autres, à soi-même.

Heureusement, tout vice capital peut être l’occasion d’un combat spirituel plein de foi et de mérites, et d’une croissance dans la vertu qui lui est opposée. Remplacer pour supprimer, c’est la tactique des saints.

Voyons ces 7 péchés ; ce qu’ils sont – comment les repérer – comment les soigner.

samedi 02 mars 2019

Appel de Chartres n°228: Les devoirs des autorités civiles

« Malheur à celui qui est seul, et qui tombe sans avoir un second pour le relever » (Ecclésiaste, IV, 10) La parole de l’Ecclésiaste nous rappelle une vérité observable par tous : un certain nombre de biens matériels et immatériels, ne sont accessibles à l’homme que dans la mesure où ils lui sont transmis par d’autres hommes. Personne ne peut prétendre être à l’état de l’art dans tous les métiers qui rendent la condition humaine à peu prés vivable. Qui aurait l’audace de prétendre être, à la fois et de manière pertinente : agriculteur, boulanger, cuisinier, maçon, électricien, plombier, tailleur, professeur, médecin, etc.

 

Il est de la nature de l’homme de vivre en société

C’est pour répondre à ces besoins, divers et variés, qu’il est de la nature de l’homme de vivre en société. Sans omettre une dimension supplémentaire, profondément ancrée au cœur de chacun : le besoin d’aimer et d’être aimé. Pour cela encore faut-il être, au moins deux !

Ainsi disposé, naturellement, à vivre avec ses « amis » (socius en latin) l’être humain organise la vie commune, les sociétés sont des amitiés nous dit Aristote. Cependant cette vie en commun n’est pas qu’une vie sociale, elle est une vie politique : l’homme est un animal politique. Cela signifie que ne pèse pas sur la vie des hommes en société le même déterminisme absolu que celui qui frappe les sociétés animales. Le mode d’organisation d’une fourmilière ou d’une ruche, aujourd’hui, est identique à celui qu’il était il y a des siècles ou des millénaires. Il n’en est pas de même de la société des hommes. Bien peu de points communs unissent, à travers le temps et l’espace, l’Athènes de Périclès, la Chine des Han, l’empire Monomotapa, la France de Louis XIV et celle d’Emmanuel Macron.

Destinés à vivre en société les hommes sont ainsi, et par ce moyen, appelés à parvenir à la plénitude de leur être, conformément à leur vocation. Or toute vie en société exige la mise en place de règles qui définissent les droits et les devoirs de chacun au service du bien commun. Les autorités civiles sont en charge de la mise en place de ces règles et doivent veiller à leur respect pour le bien de tous.

 

Les règles de la vie en société

Deux règles fondamentales sont alors en prendre en compte.

La neutralité de l’Etat et des autorités civiles est un leurre. Toute organisation de la vie sociale repose sur une conception de l’homme, une anthropologie, plus ou moins en accord, ou en désaccord, avec la réalité de la nature humaine. Il n’est pas anodin que l’homme soit considéré comme un simple amas de cellules, un consommateur, un loup pour l’homme (Hobbes), un homo festivus (Philippe Murray), un dieu tombé qui se souvient des cieux ( Lamartine), etc. ou une créature créée à l’image de Dieu mais blessée par le péché originel. A rebours du relativisme contemporain qui est un totalitarisme (la dictature du relativisme dénoncée par le cardinal Ratzinger) l’Eglise observe puis enseigne qu’il existe une loi naturelle que les autorités civiles doivent respecter car elles sont à son service et non l’inverse. (cf § 2235 CEC) Ainsi, enseigner que la vie commence à la conception est la simple observation d’une réalité irréfutable. L’autorité civile qui autorise la suppression d’une vie humaine innocente, voire promeut cette suppression, nie ce qui constitue sa propre légitimité : le service du bien commun et le respect de la loi naturelle.

L’ensemble des règles édictées, dans une société, doit permettre de conjuguer harmonieusement l’intérêt personnel de chacun avec celui de la communauté. Bien sûr, nous ne sommes pas dans un monde de bisounours et il peut arriver que l’intérêt de la communauté exige, de manière légitime, le sacrifice d’un intérêt particulier. Ainsi en est-il du soldat qui risque sa vie au service de la défense de son pays, ou de l’homme qui s’interpose pour éviter à une personne plus faible une agression. Cependant le sacrifice, régulier et constant, d’intérêts personnels légitimes à un hypothétique intérêt général, souvent sur l’autel de présupposés idéologiques largement discutables, crée un réel sentiment d’injustice, qui n’est pas toujours qu’un sentiment. Ainsi le bien commun de la société exige-t-il que celle-ci se perpétue par la génération naturelle. Pas d’enfants, pas de retraites ! Pas d’enfants, pas de visites dans les EPHAD ! Or la naissance de chaque enfant génère une baisse sensible du niveau de vie des parents qui n’est pas compensée par la modeste revalorisation des retraites liée au fait d’avoir élevé ces enfants. La réalité est qu’une famille qui, par sa progéniture, a assuré l’équilibre du système de retraite et l’avenir du pays, se trouve très largement défavorisée, matériellement, tout au long de son existence par rapport à un ménage sans enfants. En effet la mère de famille n’a généralement pas pu avoir de carrière professionnelle complète et la capacité d’épargne du ménage a été largement obérée par les frais liés à l’éducation des enfants. Est-il juste qu’un homme, ou une femme, qui a fait le choix volontaire de ne pas avoir d’enfants bénéficie d’une retraite payée par les enfants des autres ? A cette question il est généralement répondu par une, paraît-il, nécessaire solidarité. Elle semble s’apparenter à celle de la cigale sollicitant la fourmi afin de bénéficier du fruit de son labeur lorsque la bise fut venue. Si la cigale, qui a chanté tout l’été, et la fourmi, qui s’est affairée pendant ce temps là sont finalement logées à la même enseigne il y a fort à parier que la fourmi va rapidement se décourager et, elle aussi, profiter du bon temps plutôt que de travailler. Si la fourmi n’est pas mise en situation de profiter, paisiblement, du fruit de son travail elle sera démotivée et cessera de travailler ce qui sera dommageable à tout le monde.

 

Laisser décider celui qui assume les conséquences

La responsabilité des autorités civiles est, en respectant la loi naturelle, de laisser les communautés naturelles et les corps intermédiaires assurer la prospérité de la cité. Pas de tout régenter dans la cité au détriment du principe de subsidiarité qui consiste à laisser chaque échelon de la vie sociale décider et mettre en œuvre ce qui est de son ressort sans interférence de la structure supérieure trop souvent incompétente et essentiellement avide de pouvoir, bref le contraire de ce que l’on enseigne à l’ENA…

                                                                

Jean-Pierre Maugendre - Renaissance Catholique - février 2019

 

 

 

 

vendredi 01 mars 2019

L'esprit de Chrétienté

 

Pèlerinage de Chrétienté : oui ! Mais qu'est-ce que la Chrétienté ? A cela, laissons répondre un moine bénédictin, grand ami du Centre Henri et André CHARLIER : "Si la Chrétienté est l'état d'une civilisation pénétrée par le christianisme, l'esprit de Chrétienté c'est évidemment la Foi, l'imprégnation de la Foi, le regard de la Foi pénétrant et éclairant toute la réalité terrestre. Mais c'est aussi cette intelligence du coeur, cette bonté instinctive qui faisait dire à Blanc de St. Bonnet : "La gloire de la Charité, c'est de deviner - deviner parmi les êtres, quelquefois découragés, ceux qui seront aptes à travailler pour le Royaume".

L'esprit de Chrétienté c'est l'esprit catholique qui est le contraire de l'esprit de secte, de l'esprit de parti. Certains confondent catholicisme et esprit de chapelle, le mot catholique signifie universel. Le catholicisme est donc la plénitude de l'Evangile s'emparant de l'homme et de l'univers pour lui faire chanter la gloire de Dieu ; c'est une grande liturgie, un art de tout faire monter vers Dieu, la science, la philosophie, la vie sociale, l'ordre politique. C'est l'art d'aider les hommes à se découvrir eux-mêmes selon ce qu'ils ont de meilleur, et d'apporter le joyau de leur patrimoine humain et culturel à Dieu.

La Chrétienté, c'est la germination et le fleurissement de l'Evangile sur un morceau de terre. Charles PEGUY disait : "Il faut qu'une sainteté monte de la terre". Il ne voulait pas du tout dire que c'était la terre qui pouvait produire la sainteté ; il voulait que la sainteté prenne racine, qu'elle se marie avec la terre, et qu'elle monte de la terre en portant du fruit. Il ne voulait pas la laisser dans les livres, dans les sacristies ou les groupuscules. Il fallait qu'elle monte, qu'elle soulève la terre. Evidemment; il pensait à cette terre de France qui a produit tant de fruits de sainteté, d'une sainteté liée à la race et à la vie des hommes. Le principe essentiel de la Chrétienté existe toujours : c'est la bonté de Dieu. Le cri de Saint Bruno : "O Bonitus" retentit tout au long de l'histoire des siècles comme un aveu splendide, car la Chrétienté, c'est le reflet social très imparfait, mais un reflet quand même, de la bonté de Dieu. A nous, par la grâce du Saint Esprit versé dans nos âmes de retrouver cet esprit de Chrétienté.

"Il faut que FRANCE, il faut que CHRETIENTE continue" Charles PEGUY.

"Quand vous aurez quelque humeur ou chagrin, songez au Christ crucifié et taisez-vous". St. Jean de la Croix

mercredi 27 février 2019

Vive Henri IV

1. Vive Henri IV !
Vive ce roi vaillant !
Vive Henri IV!
Vive ce roi vaillant!
Ce diable à quatre
A le triple talent
De boire et se battre
Et d'être un vert galant.

2. Au diable guerres,
Rancunes et partis !
Au diable guerres,
Rancunes et partis!
Comme nos pères
Chantons en vrais amis,
Au choc des verres
Les roses et les lys.

3. Vive la France !
Vive le roi Henri !
Qu'à Reims on danse,
En disant comme Paris :
Vive la France !
Vive le roi Henri !
Vive la France !
Vive le roi Henri !

4. Chantons l'antienne
Qu'on chantera dans mille ans ;
Que Dieu maintienne
En paix ses descendants
Jusqu'à ce qu'on prenne
La Lune avec les dents.
Jusqu'à ce qu'on prenne
La Lune avec les dents.

Vent frais

Vent frais, vent du matin
Vent qui souffle aux sommets
Des grands pins
Joie du vent qui souffle
Allons dans le grand
Vent frais, vent du matin

Sur les monts

1. La route est dure sur la montagne,
Mais nous allons pleins de courage.
Dans l’ouragan nos cœurs qui chantent
Sont délivrés de leurs tourments,
Dans l’ouragan nos cœurs qui chantent
S’enivrent de joie et de vent.

Sur les monts tout puissants
On n’entend que le vent
On ne voit que le ciel
On ne sent que le soleil
Au revoir, au revoir
Nous allons chercher le vent

2. Le pic se dresse loin de la terre
Et nous marchons vers la lumière
Neige et soleil, montagnes aimées
Dans la splendeur de l’ouragan
Neige et soleil, montagnes aimées
Soyez bénis pour vos présents !

3. Le jour est sombre sur notre France
Mais nous allons plein d’espérance
Et tous unis nous voulons vaincre
Le désespoir et le malheur
Et tous unis nous voulons vaincre
Le mal, le plaisir et la peur

Se canto

Se canto, que canto
Canto pas per you
Canto per ma mio
Qu’es al lent de you
Aquelos montagnos
Qué tan aoutos sount,
M’empatchon de bésé
Mas amous oun sount

Debat ma fenestro,
Ya un aousélou
Touto la neî canto,
Canto sa cansou.

Baïssas bous mountagnos
Planos aoussas bous !
Perque posqui bésé
Mas amous oun sount.

Aquélos mountagnos
Tant s’abacharan
Mas amourettos
Se rapproucharan.

S’il chante, qu’il chante
Chante pas pour moi
Chante pour ma mie
Qui est loin de moi.

Ces fières montagnes
A mes yeux navrés,
Cachent de ma mie
Les trait bien aimés.

Dessous ma fenêtre
Y a un oiselet
Toute na nuit chante
Chante sa chanson

Baissez-vous montagnes,
Plaines haussez-vous
Que mes yeux s’en aillent
Où sont mes amours

Les chères montagnes
Tant s’abaisseront
Qu’à la fin ma mie
Mes yeux reverront.

Santiano

1. C'est un fameux trois-mâts, fin comme un oiseau

(Hisse et ho, Santiano)

Dix-huits noeuds, quatre cents tonneaux

Je suis fier d'y être matelot

 

Tiens bon la vague et tiens bon le vent

Hisse et ho, Santiano

Si dieu veut, toujours droit devant

(Nous irons jusqu'à San Francisco)

 

2. Je pars pour de longs mois en laissant Margot

(Hisse et ho, Santiano)

D'y penser, j'avais le coeur gros

(En doublant les feux de Saint Malo)

 

3. On prétend que là-bas, l'argent coule à flots

Hisse et ho, Santiano

On trouve l'or au fond des ruisseaux

(J'en ramènerai plusieurs lingots)

 

4. Un jour je reviendrai, chargé de cadeaux

(Hisse et ho, Santiano)

Au pays, j'irai voir Margot

(À son doigt, je passerai l'anneau)

 

Tiens bon le cap et tiens bon le flot

Hisse et ho, Santiano

Sur la mer qui fait le gros dos

Nous irons jusqu'à San Francisco

Russie libre (Choeur Montjoie Saint-Denis)

La la la la la la la la

Zatiebiebia roednaïa

Ouvass dieva sviet’taïa

Prochtiai trouba zoviot

Saoldati Fprorod

 

1. Le peuple russe souffre la passion

Mais sa résurrection

Fera trembler le rouge bastion

Et prendront fin ces temps de persécution.

 

2.  Quand les évêques et le Saint Père

Feront la consécration ?

Dans les goulags les martyrs l’espèrent

Mais quand donc s’accompliront ces prédictions ?

 

3.  Dans les ténèbres brûlent des cierges

Pour la Russie glorieuse

A Fatima l’a promis la Vierge

Du Kremlin Elle sera un jour victorieuse.

Lalala…

 

4. Russie libre en chrétienté

Retrouvant l’unité

Paix, justice et prospérité

Pour les nations retrouvant leur liberté.

 

5. La Chrétienté enfin unie

Libérera la Terre

Pour le Christ et la Vierge Marie,

Devant qui tous fléchiront genoux en terre

 

6.  Dieu éclairera le clergé rebelle

Aux demandes de la Reine

Qu’il entende enfin vos appels

Que votre divin cœur triomphe de la haine

Lalala…

 

7. Frères persécutés des glacis,

Sachez nous pardonner

L’Ostpolitik, les Yaltas communistes

Le mépris de ceux qui vous ont aliénés.

8. Camarades solidaristes

Brandissons les tridents

Pour abattre les régimes communistes

Et unir l’Europe centrale à l’occident.

 

9. Bannières levées il faut partir

Combattre les sections

Marchent avec nous les héros, les martyrs

Tués par la sinistre Révolution.

Réveillez-vous picards

1. Réveillez-vous Picards,

Picards et Bourguignons.

Apprenez la manière d'avoir de bons bâtons,

Car voici le printemps et aussi la saison

Pour aller à la guerre donner des horions.

 

2. Tel parle de la guerre

mais ne sait pas que c'est:

Je vous jure mon âme que c'est un piteux faict

Et que maint homme d'armes et gentil compagnon

Y ont perdu la vie, et robe et chaperon.

 

3. Où est ce duc d'Autriche?

Il est en Pays-Bas

Il est en Basse Flandre avec ses Picards

Qui nuit et jour le prient qu'il les veuille mener

En la Haute Bourgogne pour la lui contester.

 

4. Quand serons en Bourgogne,

et en Franche Comté,

ce sera qui-qu'en-grogne le temps de festoyer

bout'ront le roy de France, dehors de ces costeaux

et mettrons dans nos panses le vin de leurs tonneaux

 

5. Adieu, adieu, Salins,

Salins et Besançon

Et la ville de Beaulne, là où les bons vins sont

Les Picards les ont bus, les flamants les paieront

Quatre pastars la pinte ou bien battus seront.

 

6. Nous lansquenets et reîtres

et soudards si marchons

Sans finir de connaître où nous arriverons,

Aidons Dame Fortune et destin que suivons

A prêter longue vie aux soldats Bourguignons.

 

7. Quand mourrons de malheur

la hacquebutte au poing

Que Duc nostre Seigneur digne tombeau nous doint

Et que dedans la terre où tous nous en irons

Fasse le repos guerre aux braves bourgignons

 

8. Et quand viendra le temps

où trompes sonneront

Au dernier Alahau, quand nos tambours battront

nous lèveront bannières aux ducque bourgignon

Pour aller à la guerre donner des horions.

Red River Valley

 

1. Dans les rues du village accablé

Et mon cœur a frémi à leur pas lourd

Sur les bords de la Red River Valley

 

O Seigneur la roue tourne entre tes mains

Où je vais aujourd’hui je ne sais

O Seigneur la roue tourne entre tes mains

Mais je veux retrouver les pionniers

 

2. Les pionniers ont peiné pour le village

A leurs mains la vallée s’est pliée

Et mes yeux ont vu naître un barrage

Sur les bords de la Red River Valley

 

3. Les pionniers ont marqué dans la clairière

Que le pain se partage entre tous

Et ma main s’est ouverte à mes frères

Sur les bords de la Red River Valley

 

4. Les pionniers ont chanté dans la nuit claire

Que la terre est à qui la voulait

Et ma voix s’est unie à leur chant fier,

Sur les bords de la Red river Valley

 

5. Les pionniers ont promis de revenir

L’herbe pousse aujourd’hui à nos pieds

Et mon cœur s’est trouvé fait pour servir

Sur les bords de la Red River Vall

Pelot d'Hennebont

1. Que nous sommes entrés dans Paris

Que je sommes déjà caporal

Et serons bientôt général

 

2. À la bataille, je combattions

Les ennemis de la nation

Et tous ceux qui se présentions

 

3. À grand coups d'sabres les émondions

Le roi Louis m'a z'appelé

C'est "sans quartier" qu'il m'a nommé

 

4. "Sire sans quartier, c'est point mon nom"

J'lui dit "J'm'appelle Pelot d'Hennebont"

Il a quéri un biau ruban

 

5. Et je n'sais quoi au bout d'argent

Il dit: "Boute ça sur ton habit

Et combats toujours l'ennemi"

 

6. Faut qu'ce soye que'qu'chose de précieux

Pour que les autres m'appellent "monsieur"

Et foutent lou main à lou chapiau

 

7. Quand ils veulent conter au Pelot

Ma mère si j'meurs en combattant

J'vous enverrais ce biau ruban

 

8. En souvenir du gars Pelot

Dites à mon père, à mon cousin

À mes amis que je vais bien

 

Je suis leur humble serviteur

Pelot qui vous embrasse de coeur

O sari mares

1. Ô Sari Marès, belle amie d'autrefois

En moi tu demeures vive

L'amour est plus fort que la vie et que les vents

Qui peut arrêter son élan ?

 

Je veux te revoir

Ô mon vieux Transvaal

Plaine semée de chaumes

Où le vent parfumé dans les arbres toujours verts

Sans cesse d'amour nous parle

Où le vent parfumé dans les arbres toujours verts

Nous parle d'amour toujours

 

2. Quand j'étais petit, je crois qu'un vilain démon

M'emporta loin de ma maison

Mais lorsque j'eus vingt ans, ce fut une horrible guerre

Qui m'emporta vers d'autres terres

 

3. Mais quand je pris l'eau pour quitter mes amours

Le diable gonflait la voile

Depuis en mon âme rien ne peut effacer

Les claires images d'antan.

 

4. Ma Sari Marès est bien loin de mon cœur

Mais je crois en son amour

Car c'est entre ses bras que j'ai connu le bonheur

J'irai la revoir un jour.

 

5. Quand sonnera l'heure du retour au vieux Transvaal

Ma douce bien aimée au seuil

De mon pays natal m'attendra de son amour

J'irai la revoir un jour !

 

Oui, je veux revoir

Dans mon vieux Transvaal,

Ma ferme au toit de chaumes.

Où le parfum du miel et les conifères embaument

Dans l'air pur et clair comme du cristal

Où le parfum du miel et les conifères embaument

Dans l'air pur et clair comme du cristal

Nous chantons tout le long des grèves

 

1. Nous chantons tout le long des grèves

Pour plaire au cœur des gars

En disant partout notre rêve

À ceux qui n’en ont pas

En disant partout notre rêve

À ceux qui n’en ont pas.

 

2. Nos chansons ont des mots bien rudes

Aux cœurs trop tôt flétris

Pour chasser la vieille habitude

Il faut des mots hardis

Pour chasser la vieille habitude

Il faut des mots hardis

 

3. Nos chansons ont des mots bien tendres

Pour plaire aux cœurs dolents

Mais il fait meilleur les entendre

Aux clairs échos des champs

Mais il fait meilleur les entendre

Aux clairs échos des champs

 

4. Nos chansons vont chanter la vie

Qui plaît au cœur des forts

Car la route rude est suivie

Au prix de durs efforts

Car la route rude est suivie

Au prix de durs efforts.

 

 

Monsieur de Charrette

1. Monsieur d’charrette a dit à ceux d’Anc’nis (bis)

Mes amis ! Le Roy va ramener la fleur de lys.

 

Prends ton fusil Grégoire,

Prends ta gourde pour boire,

Prends ta Vierge d’ivoire,

Nos Messieurs sont partis

Pour chasser la perdrix.

 

2. Monsieur d’Charette a dit à ceux d’Loroux (bis)

Mes bijoux ! Pour mieux tirer mettez-vous à genoux.

 

3. Monsieur d’charrette a dit à ceux d’Montfort (bis)

Frappez fort ! Le drapeau blanc défend contre la mort.

 

4. Monsieur d’charrette a dit à ceux d’Clisson (bis)

Le canon ! Fait mieux danser que le son du violon.

 

5. Monsieur d’charrette a dit à ceux d’Conflans :

Mes enfants ! Ralliez-vous à mon panache blanc.

 

Prends ton fusil Grégoire,

Prends ta gourde pour boire,

Prends ta Vierge d’ivoire,

Nos Messieurs sont partis

Pour aller à Paris.

Maudit sois-tu carillonneur

Maudit sois-tu carillonneur,

Que Dieu créa pour mon malheur !*

Dès le point du jour à la cloche il s'accroche,

Et le soir encore carillonne plus fort.

Quand sonnera-t-on la mort du sonneur ?

La Ligue noire (Choeur Montjoie Saint-Denis)

1. Aujourd'hui la ligue noire

Vient se livrer à nos coups

Ami verse-nous à boire

Et la victoire est à nous.

Tripe-z-ieux, remplis mon verre

Le vin fait de bons guerriers

Bacchus mon dieu tutélaire

Arrosera nos lauriers.

 

2. Un plat bougre nous menace

La colère est sur son front

Crancé foutre quelle audace

Veut nous faire la leçon:

A nous, jour de Dieu, j'enrage

Nous, le fléau des pervers

Nous, dont le mâle courage

Se foutrait de l'univers.

 

3. Verse donc, cher camarade

De soif tu me fais languir

Verse encore une rasade

Et je veux vaincre ou mourir.

J'en veux foutre cent par terre

Et de sang tout innonder

Oui, je veux dans la poussière

Rouler Albite et Crancé.

 

4. Peut-être qu'au sein de la gloire

Un foutu morceau de plomb

M'enverra sur l'onde noire

Vers ce bougre de Caron

Content, je perdrai la vie,

Je m'en fous, j'aurais vaincu

Quand on meurt pour la Patrie

N'a-t-on pas assez vécu?

 

5. Femme, nargue le veuvage

Quand j'aurai rendu l'esprit

Dis-moi, foutre, est-on moins sage

Quand on n'a pas de mari?

Mais, garde-toi qu'un faux frère

Te fasse jamais la cour

Celui qui tremble à la guerre

N'est qu'un jean-foutre en amour.

 

6. Gauthier, scélérat perfide,

Assassin des lyonnais

Et toi, Crancé parricide

L'horreur de tous les français

Ambitieux et sanguinaires,

Les lyonnais sont tous prêts

Ils embrasseront leurs frères

Mais puniront vos forfaits.

7. Précy conduit nos phalanges,

Les lauriers seront pour nous,

Et du Rhône jusqu'au Gange

On dira que sous nos coups

Des envoyés sanguinaires

Ont vu de près nos remparts,

Une famille de frères

Qui a pour père le dieu Mars;

 

8. La liberté, la patrie

Voilà le voeu de nos coeurs

Pour cette muse chérie

Nous jurons d'être vainqueurs:

C'en est fait, la canon gronde

Nous ne voulons plus de paix

Que tous les brigands du monde

Soient aux pieds des lyonnais.

 

9. J'entends une canonnade

Vite, allons à l'ennemi;

Mais avant, une rasade

A la santé de Précy.

Son nom qu'annonce la gloire

Seul fait trembler Montessuy;

On est sûr de la victoire

Quand on combat avec lui.

 

10. Tout l'univers nous contemple

Amis, frappons-en plus fort.

Au monde, donnons l'exemple,

Aux brigands donnons la mort.

Canonniers, brûlez l'amorce,

Redoublons tous nos efforts;

Faisons-leur entrer par force

La vérité dans le corps.