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Notre-Dame de Chrétienté - pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres

     
 

mercredi 18 janvier 2017

Appel de Chartres n°206


Que résonne dès aujourd’hui l’appel de Chartres !


Chers amis pèlerins,

Noël est déjà derrière nous, laissant le regret d’un temps très pur et si court.

Sans respiration, l’agenda pousse les jours. Sans répit, il nous précipite dans une nouvelle année chargée de bien des menaces mais riche aussi de bien des grâces.

La chrétienté de France va mal. Après une temporisation des attaques, des lois nouvelles - que n’arrêtent même pas les cris des foules rassemblées - se succèdent et rongent le socle de la Loi Naturelle sur laquelle elle est fondée.

La mémoire collective, chargée de culture chrétienne, s’efface doucement dans l’indifférence générale. Elle est remplacée par un consumérisme qui gomme les signes de toutes les traditions forgées à l’abri des paroisses et qui formaient l’armature invisible de la Fille ainée de l’Eglise. Le mot Tradition est sommé de rester au banc. Privée de forces vives, la chrétienté de France semble épuisée et condamnée à abandonner son rôle missionnaire qui tant de fois lui a permis de redresser des situations désespérées.

Au regard de tout cela, le pèlerinage de Chartres est un paradoxe qui traverse cette époque dénaturée comme la colonne traverse la Beauce. Il s’assemble un matin, dans les cantiques et les prières. Sans complexe, il traverse un Paris ahuri et sa joie réveille sa banlieue désespérée. Il avance par champs et bois, trois jours durant, qui laisseront plus de grâces dans les cœurs et le secret des âmes que de traces de pas sur les chemins.

Ce Pèlerinage est pour la terre de France un événements spirituels de masse qui porte signe visible d’Espérance. Il est le fruit des sacrifices de quelques-unes et quelques-uns qui, durant des mois, ne cessent de le préparer. Il doit aussi beaucoup à quelques centaines de chefs de Chapitres qui chaque année se chargent d’accueillir, d’entraîner, d’enseigner, de soutenir et de conduire leurs pèlerins, et à qui l’on doit mille mercis pour avoir pris ce service.

Ce pèlerinage est en lui-même une terre de mission, car il enseigne à des pèlerins, maintenant très jeunes et pour partie peu pratiquants, les fondements les plus solides d’une foi parfois bien mal transmise.

Ce pèlerinage porte pour la jeunesse de France l’oriflamme de La Tradition. Elle s’y rassemble autour de l’autel et de l’encens, pour une liturgie qu’elle aime, ou qu’elle découvre mais que jamais elle n’oubliera plus. Elle y rapprend la force des symboles temporels en regardant passer l’anneau de Jeanne d’Arc. Elle y prie, s’y sanctifie et s’y forge une identité chrétienne qu’elle découvre ou redécouvre encore. Les retours à la chrétienté quotidienne sont parfois difficiles.

Les communautés des chapitres se dissolvent bien souvent. Cette rupture empêche les grâces collectives d’amitiés de perdurer et l’effort missionnaire né du regroupement s’affaiblit. Chers chefs de chapitre, il vous revient de pérenniser ces liens tissés pendant le pèlerinage ; qu’ils se fortifient et croissent au profit de tous et de la Chrétienté. Les Chapitres qui se retrouvent pendant l’année ont des fruits d’amitiés et de conversions dont les effets enfantent d’autres beaux engagements.

Janvier est le temps des résolutions personnelles qu’il ne faut pas manquer de prendre, par crainte de perdre maintenant, par omission, des combats que nous laissons trop souvent aux autres le soin de livrer pour nous.

Le prochain pèlerinage se prépare dés hiver, dès maintenant pour tout dire. Les Chapitres seront d’autant plus soudés, joyeux et missionnaires, qu’ils se seront reconnus et rassemblés avant le parvis de Notre Dame de Paris. Les méditations toucheront d’autant plus les âmes qu’elles auront été préalablement bien préparées et partagées entre plusieurs.

L’église n’est certes plus toujours au milieu du village mais nous marchons vers Chartres aussi pour l’y remettre.

Pèlerins, adjoints route, porteurs d’eau, animateurs, adjoints chant et adjoints principaux, chefs de chapitres, cadres des chapitres des soutiens et de la direction, aumoniers préparons Chartres dès maintenant, car le pèlerinage de Chrétienté, va beaucoup plus loin que Chartres.

Il va jusqu’à la Jérusalem Céleste si l’on y part en ayant bien préparé ce voyage spirituel à l’avance en communion de Foi, d’Espérance et de Charité

Ce sera mon vœu le plus sincère pour vous tous, chers pèlerins.
Que Notre Dame renforce notre Espérance durant toute cette nouvelle année.

Didier ROUSSEAU
Chef de région Est
Pèlerin depuis 1991.

Charles Péguy « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance »

FRANCE-LITTERATURE-WW1-PEGUY« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance. La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres. Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite ».

Charles Péguy (1873-1914)




Lundi 16 janvier 2017

Vidéo-témoignages: la joie d'être prêtre


Durant le dernier pèlerinage de Pentecôte, Notre Dame de Chrétienté a interrogé 15 prêtres pour leur poser la même question suivante :
"Qu'est-ce qui vous rend heureux dans votre vocation de prêtre? "

La densité et la diversité de leurs réponses attestent que la joie de Dieu dépasse la simple notion d'être heureux et que la joie trouve son origine véritable en Dieu.

vt3-video-mini.jpg » lien direct vers la vidéo




vendredi 13 janvier 2017

Laurent Dandrieu : "Église et immigration : le grand malaise - Le pape et le suicide de la civilisation européenne"

L’identité : on y tient !

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Sur l’identité chrétienne de la France, deux livres paraissent le même 12 janvier, ce ne peut être un hasard dans le Landernau parisien : il va s’en parler. L’un est signé par le rédacteur en chef Culture de Valeurs actuelles, Laurent Dandrieu. L’autre est le fait d’un blogueur bien connu Koz, de son vrai nom Erwan Le Morhedec. J’ai eu quelques bonnes feuilles du second et le livre du premier, livre intitulé tout simplement Église et immigration : le grand malaise (sous-titre) Le pape et le suicide de la civilisation européenne. Le travail de Dandrieu est à son image, précis, charpenté, bien écrit. Et sur un tel sujet on voit l’âme affleurer ici ou là ce qui ne gâte rien. Je ne peux pas me prononcer définitivement sur le travail de Koz, puisque, pour l’instant, je n’en ai eu que les bonnes feuilles, publiées dans La Vie. Le titre est tout un programme : Identitaire, le mauvais génie du christianisme. Dans les textes que nous tenons en main, rien n’est fait pour définir l’adjectif « identitaire ». On a l’impression simplement qu’« identitaire » signifie « d’extrême droite » (pouah !), raciste (beurk) ou racialiste. Comme si l’identité était une question de couleur de peau ou d’engagement politique. Autant appeler les racistes… des racistes, et les « fascistes »… des diables ! Mais un livre ou une pensée qui parle d’identité, qui essaie de la définir, c’est tout simplement un livre qui s’enquiert du fond de notre cœur, un livre qui parle de tout ce qui était en nous avant nous. Faudra-t-il dire que cette démarche « identitaire » participe au « mauvais génie du christianisme » ? Koz ne distingue pas diverses formes d’attachement identitaire. Pour lui, au-delà du racisme ou du racialisme, l’expression « France chrétienne » semble ne plus avoir de sens. Je cite : « Est-il donc vraiment manifeste, dans ses débats, ses positions, sa culture contemporaine, que la France soit chrétienne ? » Et je réponds à la mise en question de Koz : mais oui, dans ses débats, aujourd’hui, la France est chrétienne. Elle est sans doute chrétienne sans le vouloir. Son christianisme est dévoyé. Elle mélange la justice sociale et la miséricorde spirituelle. Elle dit aux homosexuels qui se marient : « Qui suis-je pour juger ? » Je ne sais pas ce que sera la France dans un siècle, musulmane peut-être. Mais aujourd’hui, la politique de la France est faite des « vertus chrétiennes devenues folles ».Le Morhedec continue : « À la vérité, cette affirmation ne tient que par référence à une France fictive, théorique, entité séparée des Français, susceptible de rester chrétienne, quelles que soient l’évolution effective du pays et la politique menée ». Et là encore, il se trompe : cette France fictive qu’il veut dézinguer, cette France idéologique, elle n’existe plus depuis longtemps. Ce qui existe, avant nous et en nous que nous le voulions ou non, c’est une France qui nous a donné des réflexes chrétiens. Allons, citons un nom que l’on trouve dans la topographie de beaucoup de villes françaises : Jean Jaurès. Le socialisme de Jaurès, c’est du christianisme laïcisé, comme celui de Mélenchon ! N’allons pas plus vite que la musique, pour ne pas en oublier nos responsabilités présentes : la France aujourd’hui demeure chrétienne, elle ne l’est pas forcément comme nous voudrions peut-être qu’elle le soit, de façon confessionnelle. Mais la vague identitaire qui retrouve, au cœur des Français, ces fondamentaux, peut en mener beaucoup (et plus qu’on ne l’imagine) devant l’autel, j’en suis, en tant que prêtre, le témoin.

Dandrieu : vertus chrétiennes redevenues sages


C’est au fond de ce point de vue, foncièrement raisonnable et simplement réaliste, que se place Laurent Dandrieu. C’est en tant que chrétien, qu’il s’élève contre les vertus chrétiennes devenues folles. Pour lui, comme pour Pascal, comme pour Descartes, comme pour Montaigne, si l’on veut bien se souvenir des grands esprits français, il y a deux ordres différents : l’ordre de la gestion et du calcul, qui est intrinsèquement raisonnable et au nom duquel on mène une politique, et l’ordre de la charité, qui procède de la foi. Dans un très beau prologue, il pose, au nom de l’immigration sans frein, la question de la survie d’une civilisation européenne qui pourrait se détruire à force d’ouverture à l’autre : « Cet universalisme-là, qui pousse l’amour de l’autre jusqu’au mépris des siens, n’est pas plus conforme au véritable esprit catholique qu’il ne l’est à la nature humaine. Comme les êtres humains, les civilisations ont un légitime instinct de survie ; s’il leur arrive de prendre conscience qu’elles aussi sont mortelles, elles savent également qu’elles représentent un apport unique et irremplaçable au trésor de l’humanité, et qu’il est de leur devoir de le faire vivre aussi longtemps qu’il est en leur pouvoir. L’Europe, qui inventa l’idée même de civilisation et qui est la société particulière dans laquelle s’est incarné le judéo-christianisme, par laquelle il a accédé concrètement à l’universalité en se répandant dans le monde entier, le sait plus que toute autre civilisation ».

Abbé G. de Tanoüarn

Laurent Dandrieu, Église et immigration, Le pape et le suicide de la civilisation européenne, Presses de la Renaissance 288 p., 17,90 €.




jeudi 12 janvier 2017

Dans un monde qui change retrouver le sens du politique

Dans un monde qui change retrouver le sens du politique (1)

20161015CEFPolitiquecouverture.jpg"Renaissance catholique" - n°144

Il me faut bien avouer que la perspective de devoir lire cette dernière production du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (C.E.F.), composé de dix évêques – sur la petite centaine que compte la France –, ne m’enchantait guère : manquant de temps pour lire, j’eusse préféré sélectionner quelque chose de roboratif, plutôt qu’une œuvre qui risquait fort de n’être qu’un énième discours creux, sirupeux, empli de « bons » sentiments et de « prêchi-prêcha » dignes des années 70, le langage lui-même n’ayant pas varié (2), bien éloigné de la syntaxe, de la concision et de la beauté native de notre langue. Je m’y suis néanmoins mis…

Pour quelle raison ce texte fut-il écrit ?

Sans doute venait-il en compléter un autre, publié par le même Conseil permanent de la Conférence des évêques de France en juin 2016 et intitulé 2017, année électorale : quelques éléments de réflexion, dont la conclusion vaut la peine d’être citée : « Pour celles et ceux qui ont foi en Dieu et qui vivent dans la communion au Christ, les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement. Au contraire, elles nous acculent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste et plus respectueuse de chacun. Cela s’appelle l’espérance. »
Belle conclusion s’il en est. Quoique sur l’Espérance, mes maîtres en avaient donné une autre définition (3) : « L’Espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. » Ainsi, l’Espérance nous fait désirer le Royaume de Dieu et la Vie éternelle, à cause des mérites et promesses de Jésus-Christ.
Deux aspects sont donc particulièrement à retenir : l’Espérance est le désir du Ciel, dans lequel gît notre bonheur, désir s’appuyant sur Jésus-Christ et ses mérites, qui, vrai homme et vrai Dieu, ne peut ni se tromper, ni nous tromper. Ne pas renoncer face aux difficultés et « investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste et plus respectueuse de chacun », quand bien même cet appel ne s’adresserait qu’à ceux qui n’ont pas la foi, ne me semble pas correspondre exactement à la définition de la vertu surnaturelle d’Espérance. Il est vrai que cette vertu présuppose la Foi. C’est peut-être ici que le bât blesse régulièrement : d’un évêque, on attend principalement qu’il enseigne la Foi, puis la morale qui en découle naturellement. C’est un euphémisme de dire que depuis plusieurs décennies, la Foi n’est plus guère enseignée par les évêques, et si leurs interventions dans les medias sont toujours plus nombreuses, on a le sentiment diffus que c’est toujours « à la remorque » de quelqu’un d’autre, d’un événement, etc., comme si, avant tout, ils n’avaient rien à dire, rien à enseigner, rien à corriger.
Que penser de cette citation (p. 33) ? : « La grande injustice – qui devrait être davantage la priorité absolue de notre vie en société – est le chômage. » Il ne viendrait à personne l’idée de penser que le chômage est un bien… Mais n’eût-on pas pu citer d’autres maux. Que sais-je ? L’avortement ? La perte de la foi ? La justice et la charité dans les relations de travail et de commerce ? Non ! Pour les auteurs, c’est le chômage. Dommage, parce qu’en ce domaine, ils n’apportent rien : tout le monde sait que le chômage est un mal… En revanche, les mêmes auraient pu expliquer les causes qui l’ont engendré – le mépris de la doctrine sociale de l’Église, par exemple…mais c’est une simple suggestion –, rappeler la doctrine de Jésus-Christ et de Son Église sur le respect de la vie, de la famille, etc. De fait, ce sont des domaines qui sont moins familiers à nos contemporains et où ces maîtres de doctrine que sont les évêques avaient leur mot à dire !
Dans ce texte d’octobre, on ne peut nier que certains des constats qui sont faits de l’état général de la société française ne soient conformes à la réalité : défiance à l’égard du personnel politique, sentiment que rien ne peut changer, que l’on est prisonnier de cet état de fait, que l’influence des médias est grandissante (4), etc., mais des successeurs des Apôtres, on était en droit d’attendre autre chose que la répétition habituelle de ces poncifs. Ce qui me réveilla de la torpeur dans laquelle ce texte commençait à me plonger en répétant médiocrement ce que Le Figaro ou Le Monde exposent régulièrement, c’est la conclusion du chapitre intitulé Ambivalence et paradoxes : « Le contrat social, le contrat républicain permettant de vivre ensemble sur le sol du territoire national ne semble donc plus aller de soi. Pourquoi ? Parce que les promesses du contrat ne sont plus tenues. Il a besoin d’être renoué, retissé, réaffirmé. Il a besoin d’être redéfini. » Deux réflexions jaillirent de mon esprit : de quoi se mêlent-ils ? Et qu’est ce contrat social dont ils parlent ?

De quoi se mêlent-ils ?

On a bien là une expression du cléricalisme exacerbé dont le peuple chrétien est victime depuis soixante ans ans ! L’évêque doit avoir soin du bien commun de son troupeau, chrétien ou pas d’ailleurs : il est l’évêque de ceux qui ont la Foi, et de ceux qui ne l’ont pas encore. Pour cela, il doit veiller à ce que tous puissent jouir des secours surnaturels dont le peuple a besoin pour parvenir à sa félicité éternelle, et, par conséquent, doit se préoccuper du bien commun temporel, de telle sorte que l’État, par ses lois, par son action en faveur du bien commun temporel, facilite ou, au pire, ne mette pas d’obstacle, à l’action de l’Église.
Or lorsque les évêques se mêlent directement de la manière dont l’État organise son action, ils sont hors de leurs compétences (5) : « L’Église ne prétend aucunement se substituer aux puissances de la terre, qu’elle-même regarde comme ordonnées à Dieu et nécessaires au monde (...) Elle ne s’ingère pas à la légère à tout propos dans l’examen des questions intérieures du gouvernement public. »
Ce qu’ils affirment, dans ce texte invraisemblable, c’est que la démocratie est l’Alpha et l’Oméga de l’organisation politique des États, et pire encore, que la base de cette démocratie se situe dans le contrat social cher à Rousseau.
Il n’est pas possible ici de dire à quel point ce texte s’éloigne de la Doctrine sociale de l’Église, en particulier en prétendant que la société humaine n’existe pas en raison de la nature humaine telle que Dieu l’a voulue, mais comme conséquence d’un « contrat » entre les composants de cette société. « Les promesses du contrat ne sont pas tenues. » Quelles promesses ? La félicité temporelle ? Quelle surprise ! Comme si un système d’organisation politique, quel qu’il soit, était en mesure de la procurer infailliblement. Et quelle est donc la solution suggérée par le Conseil permanent ? (6) Un contrat social à repenser…Tiens donc !
« Les conditions de vie en société ne correspondent plus à ce que les individus espéraient. Dans une société où l’individu et non le collectif est devenu la référence, il y a un sentiment de déception vis-à-vis de l’État-providence qui n’arrive pas à satisfaire les attentes. »
Mais qu’espéraient ces individus ? Pour un chrétien, et a fortiori un évêque, on sait que l’objet de l’espérance, c’est le Ciel ! Et le chrétien sait aussi que son livre de chevet, c’est la Croix. Et on sait aussi que l’État, même s’il est appelé « État-providence » ne peut procurer un tel bien, tout au plus contribuer à l’obtenir. Léon XIII demanda le ralliement à la république… mais l’Église était encore l’Église, l’État, l’État, et chacun savait quelle était la place de l’autre, même s’il arrivait d’empiéter occasionnellement dans le domaine voisin.
Avec ce texte, une étape est franchie : la C.E.F. semble bien devenir un think-tank, comme on dit en mauvais français, un réservoir d’idées destinées à ceux auxquels il appartient de gouverner, indépendamment de toute poursuite du bien commun (7) surnaturel.
Mais il faut bien constater, à la lecture des productions des autres « réservoirs à idées » qui gravitent autour de la chose politique, que ces réflexions épiscopales sont très indigentes, et c’est un euphémisme et il est à craindre qu’elles n’aient aucun retentissement, ni chez les chrétiens, ni chez les autres ! Et je me prends à penser que c’est une bonne chose.
Plusieurs points sont remarquables dans ce texte, qu’il faudrait presque analyser ligne à ligne.
Le premier c’est la ligne naturaliste tenue de bout en bout : on a la sensation très nette qu’il y a une césure entre le domaine temporel et le domaine spirituel, ce dernier n’étant là que de manière accessoire, comme une partie du premier, pour faire, ici et là, quelques pieuses suggestions. Comme le disait, fort justement, un commentateur, avec ce texte (8), on est passé du ralliement à la soumission : « C’est une reddition sans condition. »
Le deuxième point, c’est l’économie de la Royauté sociale du Christ, qui aboutit nécessairement à cette insondable vacuité du discours épiscopal : l’Église n’a pas vocation à régir les États, pas plus qu’elle n’a vocation à être un corps social comme un autre au milieu des États : elle a les paroles de la vie éternelle, elle est maîtresse de doctrine et de Vérité.
Elle sait ce qu’il faut faire et éviter pour parvenir au Ciel, et les hommes de tous les temps, même inconsciemment, attendent d’elle qu’elle enseigne. Le troisième point, c’est l’indigence : ce texte reste à la surface des choses, l’analyse est erratique, les réponses naturalistes, creuses constituent un bla-bla sociologique privé de toute considération surnaturelle.

De qui a-t-on peur ?

En clair, les rédacteurs ont-ils encore la Foi, ou sont-ils si pusillanimes qu’ils passent leur temps à rougir, pour ne pas fâcher le Pouvoir, fondé sur les principes de la révolution française, les fameux « droits de l’homme sans Dieu » de Madiran ? Mais enfin, disons les choses ! Les chrétiens n’attendent que cela : Jésus-Christ est Dieu, il est le seul salut pour tous les hommes de tous les temps et, ici-bas, seules les lois et les organisations sociales inspirées par Lui apporteront la félicité et le bonheur, en ce monde et en l’autre.
Qu’attend-on pour le dire, le redire, à temps et contretemps ! Parlons du Bon Dieu, en arrêtant de penser que c’est ringard et que personne n’écoute ! C’est là que gît le drame : certains écoutent encore, mais à force d’entendre le discours lénifiant et pour tout dire niais, même ceux-là n’entendront plus.
N’est-ce pas l’esprit des Béatitudes (9) : « Heureux serez-vous, lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense est grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’ils ont persécuté les prophètes qui ont été avant vous. Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel s’affadit, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors pour être foulé aux pieds par les hommes. » Il est toujours là le temps des martyrs : le père Hamel l’a montré, et les chrétiens d’Orient avec lui, depuis des siècles.
Et il me revient en mémoire ce dialogue entre saint Basile de Césarée et le préfet du prétoire, un arien du nom de Domitius Modestus, qui menaçait des pires supplices l’évêque orthodoxe :
« Quoi ? s’écria-t-il, tu ne crains pas mon pouvoir ?
« — Pourquoi craindrais-je ? Que peut-il m’arriver ? Que puis-je avoir à souffrir ?
« — Ce que tu souffriras ? Quelqu’un des châtiments que j’ai le pouvoir d’infliger.
« — Lequel ? Fais-toi comprendre.
« — La confiscation, l’exil, la torture, la mort.
« — Fais-moi d’autres menaces. Aucune de celles-ci ne me touche.
« — Comment ?
« — Parce que la confiscation ne peut atteindre celui qui n’a rien, à moins que tu n’aies envie de ces vêtements usés et de quelques livres, qui font toute ma richesse. L’exil ne m’effraie pas davantage : je n’appartiens à aucun lieu : cette terre où je suis n’est pas mienne; en quelque pays que je sois mené, j’y serai chez moi. Pour mieux dire, je sais que toute la terre est à Dieu, et je me considère partout comme un étranger et un pèlerin. Quant aux tourments, ils ne m’importent guère : mon corps est si frêle, que le premier coup l’abattra. La mort me sera un bienfait : elle m’enverra plus vite à Dieu, pour qui je vis, que je sers, pour qui je suis déjà à demi-mort, et vers qui j’ai hâte d’aller.
« — Personne jusqu’à ce jour, dit le magistrat stupéfait, ne m’a parlé avec une telle liberté.
« — C’est que peut-être, répondit Basile, n’as-tu jamais rencontré un évêque. Tout autre t’eût parlé et résisté comme moi. »

Qu’attend-on, aujourd’hui comme hier, d’un évêque ?

Écoutons encore l’apôtre du règne social du Christ (10) : « Episcopus ego sum : JE SUIS EVEQUE. A ce titre, je suis parmi vous le consul de la majesté divine, l’ambassadeur et le chargé d’affaires de Dieu. Si le nom du Roi mon Maître est outragé, si le drapeau de Son Fils Jésus n’est pas respecté, si les droits de Son Église et de Son sacerdoce sont méconnus, si l’intégrité de Sa doctrine est menacée : JE SUIS EVEQUE, donc je parlerai, j’élèverai la voix, je tiendrai haut et ferme l’étendard de la vérité, l’étendard de la vraie liberté, qui n’est autre que l’étendard de la foi, l’étendard de mon Dieu. Les pusillanimes pourront s’en étonner, les esprits d’une certaine trempe pourront même s’en scandaliser. »
C’est cela la vraie Charité politique, la vraie recherche du bien commun, qui chez nous porte un nom : Jésus-Christ. Constat bien sévère direz-vous ? Mais c’est précisément la Charité qui nous presse, pour les évêques qui doivent être soutenus de nos prières, et auprès desquels, sans aucun doute, nous pouvons manifester nos attentes, afin que, lors de leur prochaine publication, on puisse lire un nouveau titre : « Dans un monde qui change, retrouver le sens de Dieu »

Notes
(1) Bayard, Mame, Cerf, 96 p., 4 €
(2) p. 42 : « (…) prendre la mesure de la richesse que des identités plurielles peuvent lui apporter en faisant émerger les liens d’unité au cœur même de cette diversité. » ou p. 49 : « Comment faire émerger un «nous» qui n’élimine pas le «je» mais lui donne toute sa place. » Si un lecteur comprend, prière de donner l’explication à Renaissance Catholique qui transmettra…
(3) Catéchisme de l’Église catholique, n. 1817… ou encore plus clairement, avec le catéchisme de saint Pie X : « L’Espérance est une vertu surnaturelle, infuse par Dieu dans notre âme, par laquelle nous désirons et nous attendons la vie éternelle que Dieu a promise à ses serviteurs, et les secours nécessaires pour l’obtenir. »
(4) § 2- « une société en tension »
(5) Cardinal Pie, Lettre à M. le ministre de l’instruction publique et des cultes.
(6) Je veux croire que le texte n’émane que de ces dix évêques, et pas de l’ensemble de la hiérarchie épiscopale
(7) Lequel n’est d’ailleurs pas une seule fois défini dans ce texte.
(8) Joël Hautebert dans L’Homme Nouveau, 31 octobre 2016 dont je partage en tous points l’analyse.
(9) Mat. V, 11-13
(10) Cardinal Pie, Discours à l’occasion de l’intronisation solennelle en la cathédrale de Poitiers, 8 décembre 1849.




Samedi 21 janvier : Prière pour la Vie - Dimanche 22 janvier : Marche pour la Vie

Samedi 21 janvier : Prière pour la Vie - Dimanche 22 janvier : Marche pour la Vie




Les "Valeurs" : ne pas se laisser piéger par la subversion des mots

20170112RobertRedeker2.jpgFIGAROVOX. - Le mot «valeur» est partout en politique. On parle sans cesse des valeurs de la République. Qu'y a-t-il derrière l'omniprésence de ce mot?

Robert REDEKER. - Pas grand-chose de consistant. Les valeurs ne sont ni des idées, ni des concepts, ni des principes. L'invocation politique rituelle des valeurs est une mode très récente. Plongez-vous dans la littérature politique d'il y a une trentaine d'années seulement, écoutez les discours d'alors, vous constaterez l'absence de ce recours obsessionnel aux valeurs. Au lieu de révéler ce que l'on pense, le mot valeur le dissimule. Pourquoi? Parce qu'il est aussi vague qu'abstrait. Il peut aussi cacher que l'on ne pense rien du tout, que l'on n'a pas de conviction arrêtée, justifier tous les revirements. Le même Premier ministre peut au nom des valeurs user et abuser du 49.3 avant de mettre à son programme présidentiel la suppression de ce 49.3 pour honorer ces valeurs!
De trop nombreux politiciens sombrent dans l'illusion suivante: les valeurs sont les buts de l'action politique. Pourquoi faire de la politique? Pour les valeurs! C'est-à-dire pour du vide! Funeste erreur! On fait de la politique pour la nation, pour la France, pour le peuple, pour le social, pour l'histoire, jamais pour des valeurs. Les valeurs ne constituent ni la réalité d'un peuple ni un projet de société, ces objets de la politique. Elles sont trop inconsistantes pour définir un projet de cette nature. Les valeurs ne sont que le cadre à l'intérieur duquel la politique peut se déployer. Elles ne sont pas un programme, elles sont des bornes. Les valeurs sont hors politique, elles sont extra-politiques. Loin d'avoir affaire aux valeurs, la politique rencontre les projets, les réalités et, par-dessus tout, la nation et le souci du bien commun.

À gauche particulièrement, ce mot est dans toutes les bouches...

La rhétorique creuse des valeurs est le linceul dans lequel a été enveloppé le cadavre de la gauche. C'est une thanatopraxie, le maquillage du cadavre. Cette fatigante psalmodie sur les valeurs évoque les récitations funéraires. C'est parce qu'elle est morte, parce qu'elle n'a plus rien à dire, plus rien à proposer pour l'avenir à partir de son passé (le socialisme), que la gauche se gargarise, de tréteaux en tribunes, avec les valeurs. Les valeurs fournissent la matière d'une péroraison se substituant aux défuntes promesses de socialisme (le progrès social, l'émancipation dans et par le travail). La thématique des valeurs est le dispositif que la gauche a bricolé pour basculer de la défense des classes populaires («les travailleurs» comme, elle disait d'un mot que symptomatiquement elle n'emploie jamais plus) vers celle des minorités sexuelles et ethniques. La gauche a abandonné son projet social (réaliser la justice économique) pour lui substituer un projet anthropologique (l'exaltation des différences sexuelles et culturelles). Le discours sur les valeurs a permis de prendre ce virage. Autrement dit, l'invocation des valeurs est le moyen trouvé par la gauche pour abandonner les classes populaires. L'extrême-droite récupère la mise. Dernier point: ce discours sur les valeurs est aussi l'instance qui la dispense la gauche du devoir d'inventaire. La ridicule prestation de Ségolène Royal aux obsèques de Fidel Castro est, à cet égard, pleine d'enseignements: la gauche ne parvient pas à condamner totalement certaines dictatures sanguinaires, donc à liquider l'inventaire, parce que celles-ci ont prétendu s'appuyer sur les idéaux (l'égalité, la justice, le partage, etc.…) dont elle se veut le bras armé.

Lors de la primaire de la droite, les électeurs étaient invités à signer la charte des valeurs de la droite et du centre. Pour exprimer leur souhait que la droite retrouve son identité, beaucoup évoquent la «droite des valeurs». Est-ce le bon chemin que la droite emprunte?

Je réponds en trois temps. D'une part, la droite s'est laissé imposer par une gauche pourtant en coma dépassé l'obligation d'en appeler sans cesse aux valeurs. Par la reprise de cette thématique, la droite se croit obligée de répliquer aux accusations permanentes d'anti-républicanisme et au soupçon larvé de racisme, de fascisme, voire d'inhumanité, que la gauche fait peser sur elle. Nous avons dans ce soupçon et dans la propension de la droite à y répondre, l'ultime résidu de feu l'hégémonie idéologique de la gauche. Mieux: la dernière métastase de l'antifascisme. D'autre part, évoquer des «valeurs de droite» revient à les relativiser. Le relativisme pointe le bout de son nez dès que l'on latéralise politiquement les valeurs. Si des valeurs existent, elles sont universelles. Il est plus pertinent de parler d'idées et de programmes de droite ou de gauche.
À ces deux remarques il faut ajouter une précision. Les valeurs ne sont pas le contenu de l'action politique, mais ses frontières. Elles ne disent rien de positif, elles tracent des limites. Elles définissent un intérieur et un extérieur. La laïcité, par exemple, que l'on hisse au statut de valeur, est une telle frontière: elle exprime une limite à ne pas dépasser dans l'expression publique d'un sentiment religieux. À l'image de toutes les valeurs elle fonctionne comme le démon de Socrate: une voix intérieure qui dit non. Ainsi de toutes les valeurs. Ces frontières s'imposent à la droite comme à la gauche.

Une civilisation est-elle définie par des valeurs, des coutumes, des attachements?

Pas uniquement. Les aspects dont vous parlez procure à l'existence collective d'un peuple sa couleur, sa particularité. Si on se limite à ces aspects, on parlera plutôt d'une culture. La culture, toujours particulière, toujours bornée, toujours nationale, est le terreau à partir duquel une civilisation peut germer et se développer. Une civilisation se définit par ce qu'elle donne au monde, et qui est pourtant marqué du sceau de la culture qui la nourrit. La France donne au monde, entre autres choses, Molière et Stendhal, dont les œuvres n'auraient pu voir le jour ailleurs. Elle donne au monde son architecture, sa musique, ses savants, et même sa gastronomie… C'est le don irremplaçable, insubstituable, qui définit une civilisation plutôt que seulement ses valeurs et coutumes.

(...) L'histoire est faite de mots comme la nation ou la République qui sont davantage des êtres voire des personnes morales et fictives que des concepts ou des idées. Diriez-vous que l'abus du mot «valeur» traduit une certaine impuissance du politique, qui n'est plus en prise avec le réel?

Guettée par le relativisme, souvent thanatopraxique, la péroraison sur les valeurs fait oublier l'essentiel, qui est ceci: le but de la politique est d'assurer la survie d'un peuple dans la durée malgré les vicissitudes et selon le souci du bien commun. La République est une structure politique, qui dans notre histoire s'est appelée tantôt monarchie, tantôt empire, ou tantôt «république» (au sens de démocratie). La nation est l'âme de cette structure. C'est une âme qui survit à chaque vie individuelle qu'ainsi qu'aux différents états de la République (les régimes politiques). C'est aussi une âme fragile, qui peut disparaître si on ne la nourrit pas (par la transmission). Qu'est ce que l'éducation publique sinon une forme de transmigration de cette âme, la nation, qui renaît de génération en génération? L'éducation est bel et bien une métempsychose politique. Le but final de la politique est la continuation de la nation dans son originalité irremplaçable par-delà l'existence et les intérêts de chacun. C'est de cela bien plus que des valeurs que gauche et droite doivent parler.




Lundi 09 janvier 2017

Chanter notre Foi et notre enracinement : le carnet de chants du chapitre Sainte Madeleine

20170109CarnetChantsSteMadeleine.jpgDurant les trois jours du pèlerinage nous chantons des cantiques et des chants de marche. Ces chants nous aident à exprimer notre Foi, et partager notre joie comme nos peines. Le chant allège le poids de la route, il fait oublier les ampoules et la fatigue. Le chant nous unit aux autre pèlerins, nous communions dans la beauté simple des paroles et de la mélodie.

Alors pourquoi ne pas continuer ? Pourquoi ne pas s'entraîner pendant 362 jours avant la Pentecôte, ou à l'inverse pourquoi ne pas prolonger nos chants du pèlerinage pendant 362 jours après notre retour de Chartres ?

C'est ce que va nous permettre le Carnet de chants réalisé par le chapitre Sainte Madeleine.

Dans un format pratique, pour le prix modique de 10 euros, il réunit 373 pages de chants religieux, de chants de Chrétienté, de chants de marche, de chants de veillée.

A commander directement sur le site de la boutique de l'abbaye Sainte Madeleine.




jeudi 05 janvier 2017

Vidéo-témoignages: la beauté et la grandeur de la vocation de prêtre


Durant le dernier pèlerinage de Pentecôte, Notre Dame de Chrétienté a interrogé 15 prêtres pour leur poser la même question suivante :
"Pour vous, quelle est la beauté et la grandeur de la vocation de prêtre? "

La densité et la diversité de leurs réponses attestent de la richesse de cette vocation unique et irremplaçable.

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mercredi 28 décembre 2016

Le Pèlerinage de Chartres, pour préparer la Chrétienté

Dans le sillage et la fidélité aux inspirateurs et aux fondateurs du Pèlerinage : André Charlier, Gustave Thibon, Dom Gérard, Jean Madiran, l'abbé Denis Coiffet ...

Notre Dame de Chrétienté doit devenir « un centre de recrutement pour les avant-postes», parce que l’Eglise a besoin de pèlerins intellectuellement et spirituellement formés pour être « les témoins des choses qui demeurent »
(Appel de Chartres n° 205)




mardi 27 décembre 2016

"Demandons à ceux qui se présenteront aux élections le respect absolu des valeurs non négociables"

20161227PereDomini2.jpgExtrait de l'homélie du père Bernard Domini, modérateur de la Famille Missionnaire de Notre Dame lors de de la première journée de la fête de Notre Dame des Neiges :

"(...) Saint Jean-Paul II, dans l’Encyclique sur la vie en 1995, avait parlé du grand obscurcissement des consciences : le mal est appelé bien ! En 1975, l’avortement était un moindre mal. Il est devenu un droit ! Saint Jean-Paul II a été très énergique pour dire que l’avortement était toujours le meurtre d’un innocent. Aujourd’hui sont condamnés, non pas ceux qui recourent à ce crime, mais ceux qui veulent faire découvrir aux mamans que recourir à l’avortement, c’est tuer l’enfant qu’elles portent en elle. N’ayons pas peur de dire à toutes les mamans : on vous trompe en vous parlant du droit de disposer de votre corps et du droit à l’avortement ! L’enfant que vous portez en votre sein maternel n’est pas votre corps. Il est, certes, en votre corps, il a été conçu en votre corps à partir d’un ovule, qui a mûri en votre corps, mais il est un être distinct de vous, il est une personne, corps et âme spirituelle, à l’image et à la ressemblance de Dieu. Lorsqu’après l’avortement, la maman s’aperçoit qu’elle a tué son enfant, elle est torturée par le remords du syndrome post-avortement que, seul, le pardon de Dieu peut guérir.
Je voudrais redire aux mamans qui souffrent de ce syndrome, à la suite de Saint Jean-Paul II et de notre Pape François : ne vous découragez pas, vous qui avez recouru à l’avortement, mais venez demander le pardon de Dieu à un prêtre, ce pardon vous sera donné ! Avec vous, désirons le triomphe du Cœur Immaculé de Marie pour vivre en un monde renouvelé, transformé par la grâce de Dieu, où cessera enfin la plus grande guerre mondiale, la guerre contre l’enfant, qui a déjà tué légalement 2 milliards d’innocents. Le triomphe du Cœur Immaculé, c’est aussi votre réconciliation avec Dieu et avec vos enfants avortés qui vivent dans le Seigneur ! Désirer le triomphe du Cœur Immaculé, c’est désirer enfin ce monde où l’euthanasie et tous les attentats contre la vie seront bannis. De tels désirs sont-il réalisables ? Oui, c’est le plan de Dieu !
Il existe encore un mal plus grand que celui de tuer le corps, nous a dit Jésus : c’est le mal de celui qui peut tuer l’âme. En nos temps, les pornocrates, inspirés par Satan et les démons, sont à l’œuvre pour tuer les âmes par la pornographie et la drogue. Qui s’opposera à cette entreprise infernale ? Quel homme politique courageux s’opposera-t-il enfin aux cultures du plaisir et de la mort, à la défiguration de l’amour, à la déconstruction du mariage et de la famille, à la désacralisation de la vie ? La France ne sera vraiment convertie que lorsque seront abolies les lois civiles contraires à la Loi de Dieu. En ces temps qui nous préparent aux élections présidentielles et législatives, soyons courageux pour aller à contre-courant et pour oser demander l’abolition de la Loi Taubira, de la Loi Veil et de la Loi Neuwirth. Ces lois ont été préparées en loges maçonniques. Le docteur Pierre Simon le dit explicitement dans son livre « de la vie avant toute chose ». Ces lois, avec les lois de bioéthique n’ont pas fait progresser la France mais l’ont fait gravement régresser ! Elles contribuent à tuer son âme, mais la Fille aînée de l’Eglise n’est pas encore morte ! Désirer le triomphe du Cœur Immaculé de Marie, c’est désirer l’abolition de toutes les lois contraires à la Loi de Dieu. Au-dessus des lois de la république, se trouve la Loi naturelle dont l’uniquement fondement est Dieu ! Demandons à ceux qui se présenteront aux élections le respect absolu des valeurs non négociables. Ces valeurs devraient faire partie des valeurs de la république parce que la transgression de ces valeurs entraîne nécessairement le non respect des droits de l’homme (...)"




jeudi 22 décembre 2016

Vidéoformation NDC n°47: Comment se confesser?

Entretien avec l'Abbé Philippe Laguérie,
de l'Institut du Bon Pasteur.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

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mercredi 21 décembre 2016

Où sont passés les principes non-négociables

20161217Homme_Nouveaup24JHautebert.jpgUn article de Joël Hautebert paru dans "l'Homme Nouveau" (n° 1628 du 17 décembre 2016)

nota : le site de Notre Dame de Chrétienté a consacré de nombreux billets aux "points non-négociables". Voir en particulier ici. Les points non-négociables ont été le thème de nos pèlerinages en 2011 ("L'Evangile de la Vie"), en 2012 ("Famille, berceau de Chrétienté") et en 2013 ("L'education, chemin de sainteté").

Pour télécharger l'article au format pdf cliquer sur l'image.

Dans les débats qui ont alimenté les récentes primaires de la droite les déclarations des candidats en lice ont mis à jour la perte de référence aux principes non-négociables énoncés par le pape Benoît XVI en 2006. Si le monde politique semble s’écarter toujours plus de la loi naturelle, l’électorat catholique semble, résigné, lui emboîter le pas d’autant que certains pasteurs appellent ou pratiquent le compromis.

Lors des dernières élections présidentielles et législatives, les principes non-négociables étaient au cœur des débats internes à l’électorat catholique. À quelques rares exceptions près (abbé Grosjean, le site infocatho…) cette thématique brille aujourd’hui par son absence. Cette inquiétante éclipse mérite que l’on en recherche les causes, que nous allons tenter de discerner en explorant deux voies distinctes. Tout d’abord celle d’un nouveau contexte politique, puis celle d’une désorientation des catholiques résultant d’une pastorale dont l’assise doctrinale apparaît confuse.
Au sujet du contexte politique, l’enjeu des prochaines élections porte principalement sur la volonté et la capacité des futurs gouvernants d’abroger certaines lois récemment votées, ainsi que de limiter la progression de la culture de mort et de la révolution anthropologique. Lors des précédentes élections, la crainte fondée d’un emballement de ce processus révolutionnaire animait les débats. Étant donné que le quinquennat de François Hollande a parfaitement répondu aux inquiétudes que son programme suscitait, il conviendrait, peut-être, de mettre à jour ces principes, évoqués par le cardinal Ratzinger dans une note doctrinale publiée le 24 novembre 2002 (1), puis rappelés dans un discours du même devenu pape Benoît XVI, prononcé le 30 mars 2006. Dans ce dernier discours le pape précisait que l’Église catholique « accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd’hui de manière claire : la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ; la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage – et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ; la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants ».
Autant le dire tout de suite, ces principes non-négociables demeurent d’une brûlante actualité, si l’on songe à l’euthanasie et au délit d’entrave numérique à l’avortement (point 1), à la dénaturation du mariage et à la filiation (point 2) et enfin à l’enseignement du Genre à l’école (point 3). S’ils ne peuvent (et ne doivent pas) constituer à eux seuls une doctrine ou un programme politique, ils fixent une priorité dans l’engagement politique et les choix électoraux. Sont en effet en jeu, selon la note de 2002, des « principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis ». Puisque ces critères se caractérisent par leur objectivité morale et leur intemporalité, on ne voit donc pas comment le contexte politique français pourrait altérer leur opportunité. Inutile d’aller plus avant dans cette direction.
La seconde explication envisagée concerne le profond désarroi régnant aujourd’hui au sein du monde catholique, inhibé dans l’affirmation des repères doctrinaux traditionnels, parmi lesquels se rangent les principes non-négociables. On en veut pour preuve, le dernier texte publié par la Conférence des évêques de France sur la politique (2) qui ne les mentionne aucunement et incite au contraire au compromis.
Un évènement récent survenu au Mexique démontre que les catholiques français ne sont pas les seuls concernés. Alors qu’une partie de l’épiscopat mexicain s’est courageusement engagé contre la dénaturation du mariage, le nouveau nonce, Mgr Franco Coppola, à peine arrivé, a invité les catholiques à dialoguer plutôt qu’à manifester. Interrogé sur sa position au sujet de ces unions homosexuelles, il répondit ceci : « Je peux répondre avec la doctrine de l’Église, mais ce n’est pas la réponse qu’en tant que pasteur je dois donner » (3). Ainsi, au nom de « l’accompagnement » et de « cheminement » des homosexuels vers la foi, mieux vaut baisser le ton et déserter le champ politique alors que l’institution familiale elle-même est en jeu. C’est oublier bien vite que la loi est un levier majeur en vue du bien commun, et par conséquent du bien moral et spirituel des citoyens. Lorsqu’une institution majeure du droit naturel est visée ou lorsqu’il s’agit de légaliser un acte intrinsèquement mauvais, la « loi » démultiplie les risques d’enracinement dans le péché. À cela s’ajoutent les graves conséquences morales de la collaboration à ces actes, à laquelle sont soumis de nombreux citoyens, de par leur fonction ou leur métier. Les propos du nonce, revendiquant un langage pastoral explicitement dissocié de la doctrine, subvertissent radicalement le sens de la charité politique.
Ce type de positionnement « pastoral » amplifie la confusion régnant au sujet de la Lettre apostolique Amoris Lætitia. L’enjeu dépasse le cas précis des divorcés-remariés, étant donné que la notion d’actes intrinsèquement mauvais est directement en cause. S’il n’y a plus de normes morales absolues (cf. les dubia de quatre cardinaux 4) puisque la conscience serait habilitée « à légitimer des exceptions » (doute 5), la notion de « principes non-négociables » perd immédiatement toute raison d’être puisque, rappelons-le, ils sont une traduction politique de « principes moraux qui ne permettent pas de dérogation, d’exception, ni aucun compromis » (Benoît XVI).
Et pourquoi revendiquer l’objection de la conscience si cette dernière peut s’adapter aux circonstances ? À l’évidence, les confusions autour d’Amoris Lætitia sont lourdes de conséquences politiques. En attendant les indispensables éclaircissements, il appartient aux catholiques français de s’extirper du doute et de sortir de l’ombre les principes non-négociables.

JOËL HAUTEBERT

1. Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique.
2. Cf. L’HN n° 1626 du 19 novembre 2016 page 6.
3. voir l'information en espagnol
4. voir sur le site de "l'Homme Nouveau" : "ces cardinaux qui questionnent le Pape"




Doit-on donner du sens à notre vie ou chercher la vérité ?

20161203Homme_Nouveaup24ThibaudCollin.jpgUn article de Thibaud Collin dans "l'Homme Nouveau" (n° 1627 du 3 décembre 2016)

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C’est devenu un des réflexes de notre époque : il faut donner ou trouver du sens à tout ce que nous faisons ou entrevoyons. Un sens à la vie, à la politique, comme aux choix pédagogiques ou aux loisirs. Mais derrière cette évidence se profile en arrière-plan le relativisme qui évacue la vérité au profit de préférences individualistes, ancrant davantage encore le règne de la modernité.

La postmodernité est un terme utilisé pour désigner notre temps et le distinguer de la modernité. Comme le préfixe post l’indique, elle la suit et en dépend ; elle est ce moment de crise de la modernité, crise engendrée par sa radicalisation et son déploiement. Or l’une des caractéristiques les plus saillantes de notre époque est l’altération du goût de la vérité. La prétention à tenir un discours vrai apparaît comme profondément choquante à beaucoup de nos contemporains. Dans un tel contexte, la question de la vérité a tendance à être remplacée par la question du sens. La « quête de sens », voilà le nouveau paradigme qui, au contraire de la recherche de la vérité, reste consensuel. En effet, cette quête se déploie dans un contexte individualiste et pluraliste. Chacun a à donner un sens à sa vie, à son travail, à tel ou tel évènement, etc. Et cette quête est facilitée par un « marché du sens » sur lequel divers « entrepreneurs du sens » aux frontières du religieux, de la psychologie, du développement personnel, etc. offrent des « matériaux de sens ».

Dans le champ ecclésial, la sémantique du sens connaît également un vif succès. Ainsi par exemple lit-on dans le dernier texte du Conseil permanent de la conférence des évêques de France intitulé Dans un monde qui change retrouver le sens du politique : « Notre société française connaît une grave crise de sens. Or le politique ne peut échapper à cette question du sens, et doit se situer à ce niveau. Non pas, évidemment, pour dire à chacun ce qu’il faut penser et croire, mais pour se situer sur un horizon de sens, pour veiller aux conditions d’une négociation toujours à refaire de ce qui fait tenir ensemble un pays, et permettre que nul ne soit écarté, rejeté de ce débat-là pour une raison ou pour une autre ». Nous pourrions citer de nombreux textes issus de divers bureaux cléricaux ou d’instances de l’enseignement catholique dans lesquels la rhétorique du sens est omniprésente. Que signifie le mot « sens » et quels sont les présupposés de son usage actuel ? Sens désigne soit la signification, soit la direction vers un but. Signification d’un mot mais aussi d’un geste, d’une attitude. Ce qui a un sens est donc un signe. Parfois le signe possède un sens évident, parfois non, et il s’agit alors de le chercher en procédant à un travail d’interprétation. Ainsi le sens d’un rêve. Ou d’un geste qui peut recevoir plusieurs sens concurrents et que l’interprète va devoir remettre dans son contexte. On voit ici que la recherche de sens a pour critère essentiel la cohérence. Un insensé a des paroles ou une conduite déconnectées de la situation et du monde dans lequel il vit. Le sens est ainsi objet de l’intelligence mais ne concerne pas la vérité comme telle. Quand un ethnologue cherche à saisir le sens d’une pratique culturelle il ne cherche pas à savoir si elle est vraie ou pas. Il veut simplement montrer que contrairement à ce que peut croire quelqu’un qui ne connaît pas cette culture cette pratique n’est pas absurde. Ainsi Max Weber considère que le sociologue a à comprendre le sens des pratiques sociales en les rapportant au système de valeurs animant ceux qui les suivent. En revanche par souci d’objectivité scientifique il se refuse à poser lui-même un jugement de valeur sur ce système de valeurs. La vérité que cherche le sociologue ou l’ethnologue porte donc exclusivement sur le rapport qu’il établit entre telle pratique et tel système de valeurs lui donnant un sens. Il ne s’agit pas de juger ce système de valeurs car celui-ci est toujours l’objet d’un choix qui ne peut être justifié qu’en référence à une autre valeur. Ne pouvant pas remonter à l’infini, le choix d’un système de valeurs ne peut donc jamais être justifié objectivement par la raison. Celle-ci est donc perçue comme n’étant pas apte à déterminer la vérité sur le bien moral. Ce présupposé irrationaliste est l’arrière-plan du relativisme culturel omniprésent aujourd’hui dans nos sociétés. Nous avons par-là commencé à aborder la deuxième acception du mot sens, à savoir la direction vers un but : le sens de la marche ou le sens du courant. Un acte devient souvent compréhensible lorsqu’on saisit la finalité vers laquelle il est orienté. Tant qu’un policier n’a pas saisi le mobile d’un crime son enquête patine. Mais là encore, le sens d’un acte dirigé vers telle fin ne dit rien de sa bonté et peut être utilisé de manière neutre et procédurale.

La rhétorique du « sens de la vie », et de la « quête de sens », ou encore de « l’horizon de sens », manifeste un esprit ayant intériorisé le « pluralisme de droit ». Cette dernière expression désigne le régime mental dans lequel toute croyance ou conviction doit reconnaître comme légitimes toutes les autres ; hormis celle qui refuse cette pluralité et qui est alors qualifiée d’intolérance. La prétention à la vérité d’une croyance paraît en effet intolérable car elle implique de juger simultanément les autres comme fausses. L’interdit de juger étant très puissant aujourd’hui, le verbe « croire » qui a pour définition première « tenir pour vrai » se modifie pour désigner « le fait de donner du sens ». Il est bien évident qu’un sens peut coexister avec d’autres sens perçus comme légitimes. Entre « gens bien élevés », le sens apparaît comme plus respectueux d’autrui que la vérité, toujours soupçonnée d’agresser l’autre et de le provoquer au combat. Ce qui disparaît alors est la possibilité de fonder une vie commune sur un principe partagé car objectif. D’où le succès de l’approche procédurale des problèmes, approche dont le dernier texte des évêques est une belle illustration. Le Christ n’est pas venu pour donner un sens à ma vie, car le sens je peux le trouver en lisant le petit livre rouge de Mao ou en lisant les textes de la tradition taoïste. Le Christ est la Vérité qui est venue libérer les hommes du péché et de l’erreur. Certes, c’est moins consensuel ; il y a même des chrétiens qui sont morts pour affirmer que c’était vrai et refuser d’adhérer aux faux dieux, fussent des valeurs donnant du sens à la vie.

THIBAUD COLLIN




jeudi 15 décembre 2016

Appel de Chartres n°205


J2Tmini.jpgChers amis de Notre Dame de Chrétienté,

Je reviens de l’Abbaye Notre-Dame de Fontgombault après deux jours de retraite, deux jours au milieu de l’Avent à la recherche du silence dans la paix bénédictine. « Le plus grand malheur de l’homme est de ne savoir demeurer seul dans une chambre » disait Pascal. Alors, nous avons essayé, au moins deux petits jours. Nous étions quarante retraitants et pèlerins de tous les âges, parfois pour certains engagés dans les services du pèlerinage. Nous avons eu la joie d’entendre trois conférences de notre aumônier sur les annonciations à Saint Zacharie, la Très Sainte Vierge et Saint Joseph. Le Père Abbé, Dom Pateau, est venu nous parler de Notre Dame de Pellevoisin, Notre Dame du Sacré Cœur, une des cinq grandes apparitions mariales du XIXème siècle en France (Rue du Bac, La Salette, Lourdes, Pontmain et Pellevoisin). Et enfin le dimanche soir, juste avant les Vêpres, j’ai dit quelques mots sur l’œuvre éducatrice d’André Charlier et son influence sur Notre Dame de Chrétienté, en m’inspirant largement du livre de Dom Henri, petit-fils d’André Charlier et moine à l’Abbaye Sainte Madeleine du Barroux « André Charlier, le prix d’une œuvre » (éditions Sainte Madeleine).

Gustave Thibon écrivait à André Charlier « Je pense souvent, très souvent à vous comme à l’un des derniers témoins des choses qui demeurent ». Notre pèlerinage doit beaucoup à André Charlier. Les thèmes de nos dossiers de préparation, nos livrets, nos vidéoformations,… sont ceux d’André Charlier, notamment dans ses « appels » (conférences) du soir. Citons la chrétienté, la nécessaire réforme intellectuelle et morale, nos références habituelles comme Charles Péguy, notre dévotion à ND de la Sainte Espérance du Mesnil Saint Loup et nos amitiés bénédictines. Il y aurait beaucoup à dire sur André Charlier qui avait tant de dons. Il était d’abord un éducateur comme nous pouvons le constater dans ce texte tiré des Lettres aux parents « Un enfant, c’est d’abord une âme : c’est là une notion dont notre siècle perd de plus en plus conscience et, sans s’en apercevoir, les parents chrétiens eux-mêmes se laissent atteindre par le naturalisme ambiant. Dieu sait que nous avons à l’école le plus grand souci de la santé de vos fils, mais il y a tout de même un ordre à respecter. Je suis choqué quand je vois qu’on entoure la santé des enfants d’un luxe de précautions extraordinaires, qu’on se laisse dévorer par l’inquiétude au plus léger accroc, tandis qu’on reste absolument indifférent aux dangers que leur âme peut courir du fait des fréquentations, des lectures ou du cinéma. »

Nos 12 000 pèlerins, nos milliers de pèlerins anges gardiens, nos pèlerins internautes de la messe de Chartres (26 000 en 2016) ont soif de Dieu. Notre Dame de Chrétienté a été, depuis le premier jour, missionnaire. Nous continuons cette œuvre d’éducation, de formation (la Tradition est une transmission) et nous savons bien que nous devrons faire davantage demain en raison de la dureté des temps. Comme l’école des Roches de Maslacq sous la direction d’André Charlier, Notre Dame de Chrétienté doit devenir « un centre de recrutement pour les avant-postes», parce que l’Eglise a besoin de pèlerins intellectuellement et spirituellement formés pour être « les témoins des choses qui demeurent ».

Dans ce temps de Noël, prions pour les nombreuses familles dans la douleur après un deuil ou dans les épreuves. Ayons dans nos prières les intentions de tous nos malades, nos défunts, les souffrances de nos amis, en relisant la lettre d’Estelle à Notre-Dame de Pellevoisin, lettre qui avait touché la Sainte Vierge : " Ô ma bonne Mère, me voici de nouveau prosternée à vos pieds. Vous ne pouvez pas refuser de m'entendre. Vous n'avez pas oublié que je suis votre fille et que je vous aime. Accordez-moi donc de votre divin Fils la santé de mon pauvre corps pour sa gloire. Regardez donc la douleur de mes parents, vous savez bien qu'ils n'ont que moi pour ressources. Ne pourrai-je pas achever l'œuvre que j'ai commencée? Si vous ne pouvez, à cause de mes péchés, m'obtenir une entière guérison, vous pourrez du moins m'obtenir un peu de force pour pouvoir gagner ma vie et celle de mes parents. Vous voyez, ma bonne Mère, ils sont à la veille de falloir mendier leur pain; je ne puis penser à cela sans être profondément affligée. Rappelez-vous donc les souffrances que vous avez endurées, la nuit de la naissance du Sauveur, lorsque vous fûtes obligée d'aller de porte en porte demander asile! Rappelez-vous aussi ce que vous avez souffert quand Jésus fut étendu sur la Croix. J'ai confiance en vous, ma bonne Mère; si vous voulez, votre Fils peut me guérir. Il sait que j'ai désiré vivement être du nombre de ses épouses, et que c'est en vue de lui être agréable que j'ai sacrifié mon existence pour ma famille qui a tant besoin de moi. Daignez écouter mes supplications, ma bonne Mère, et les redire à votre divin Fils. Qu'il me rende la santé si tel est son bon plaisir, mais que sa volonté soit faite et non la mienne. Qu'Il m'accorde au moins la résignation entière à ses desseins et que cela serve pour mon salut et celui de mes parents. Vous possédez mon cœur Vierge Sainte, gardez-le toujours et qu'il soit le gage de mon amour et de ma reconnaissance pour vos maternelles bontés. Je vous promets, ma bonne Mère, si vous m'accordez les grâces que je vous demande, de faire tout ce qui dépendra de moi pour votre gloire et celle de votre divin Fils. Prenez sous votre protection ma chère petite nièce, et mettez-la à l'abri des mauvais exemples. Faites, ô Vierge Sainte, que je vous imite dans votre obéissance et qu'un jour je possède avec vous Jésus dans l'éternité."

Bon temps de l’Avent et bon Noël à tous !
Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

Jean de Tauriers
Président de Notre Dame de Chrétienté




vendredi 09 décembre 2016

Vidéoformation NDC n°46: Pourquoi se confesser?

Entretien avec l'Abbé Philippe Laguérie,
de l'Institut du Bon Pasteur.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

Fiche résumé:

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jeudi 01 décembre 2016

Avortement : le "délit d'entrave numérique" devant l'Assemblée le 1er décembre

le 1er décembre 2016

Thibaud Collin : IVG - Peut-on espérer que François Fillon s'engage dès maintenant à abroger cette loi inique une fois élu ?


Bien qu'absent de l'Assemblée nationale aujourd'hui, c'est une véritable question à poser à François Fillon pour savoir s'il a vraiment la volonté de s'opposer à la domination idéologique de la gauche ou si il se couche dès maintenant acceptant l'effet de cliquet des réformes sociétales de gauche.

«Pas de liberté pour les ennemis de la liberté!». Saint-Just est-il devenu la référence impensée du gouvernement Valls? Comment comprendre autrement que la liberté, réclamée haut et fort lorsqu'il s'agit de permettre aux femmes d'avorter, soit pénalisée quand il s'agit de proposer aux mêmes femmes des matériaux de discernement pour mûrir leur choix? La seule solution pour résoudre cette contradiction est de conclure que la femme qui se pose des questions sur le devenir de sa grossesse n'est libre que d'avorter. C'est un choix obligatoire comme les élections dans les régimes politiques au Parti unique! Telle est la conception ubuesque de la liberté qui anime cette proposition de loi.
Car jusqu'à nouvel ordre lorsqu'on délibère en vue de poser un choix, plusieurs possibilités se présentent à notre esprit et c'est pour cela qu'il s'agit de s'enquérir de leurs avantages et inconvénients respectifs en s'informant et en prenant conseil. Ce constat de bon sens est balayé d'un revers de main. La majorité socialiste absolutise à ce point la liberté de la femme de «disposer de son corps» que tout ce qui peut leur apparaître comme le commencement d'une remise en question de cette dite liberté est vue comme un obstacle à réduire de toute urgence. Cette tendance à simplifier à l'extrême une réalité humaine complexe s'appelle du fanatisme ou de la bêtise, les deux n'étant jamais bien loin.
Cette paranoïa liberticide est de plus une insulte faite à toutes les femmes enceintes qui se posent des questions, hésitent et cherchent une issue parfois dans un profond désarroi. Mais l'idée même que l'avortement puisse être associé à une situation angoissante est insupportable à ce féminisme paternaliste qui lui sait que l'avortement est un acte banal. Une nouvelle fois dans sa déjà longue carrière, l'idéologie de la liberté absolutisée nie les libertés concrètes des personnes immergées dans l'épaisseur de leur itinéraire de vie. Laissons donc les idéologues du «camp du Bien» dans leur enfermement mental et adressons-nous à l'opposition parlementaire, probable future majorité.
François Fillon ayant mis les libertés au cœur de son projet, peut-on espérer qu'il s'engage dès maintenant à abroger cette loi inique s'il est élu à la présidence de la République? La question mérite d'être posée tant le parti dont il vient de prendre la tête nous a habitué à un triste scénario: effets oratoires et guerre d'amendements contre une loi déclarée injuste suivis, une fois revenu aux affaires, d'une lâche génuflexion devant le soi-disant sens de l'histoire. Conservateurs dans l'opposition, progressistes au pouvoir. Cette incohérence intellectuelle n'est pas pour rien dans le discrédit des partis dits de gouvernement.
On peut espérer que François Fillon en a pris conscience et qu'il est prêt à transgresser enfin cette loi implicite que toute réforme sociétale devienne inéluctablement objet d'un consensus. Ce serait une belle manière de signifier à la Gauche que son monopole métapolitique est fini.

le 1er décembre 2016

Jacques Bompard : Intervention à l'Assemblée nationale


le 1er décembre 2016

Grégor Puppinck : le renversement de perspective survenu entre 1974 et 2014 n’est qu’apparent

20161129DelitEntraveIVG.jpgIl y a bien continuité entre la loi Veil et les lois liberticides du PS

"(...) Que s’est-il passé pour que l’avortement, de toléré au nom du moindre mal, devienne en France un fondement essentiel du progrès social ? Nulle révolution, mais la poursuite du même mouvement de fond qui avait déjà permis la loi Veil : l’érosion progressive de la conscience de la valeur de la vie prénatale et l’affirmation corrélative de celle de la volonté individuelle. Mais ce double mouvement n’en est qu’un : la domination croissante de la volonté sur l’être dans une culture perdant son intelligence métaphysique, c’est-à-dire la compréhension de l’identité et de la valeur de l’être en soi. Ainsi, le renversement de perspective survenu entre 1974 et 2014 n’est qu’apparent : il résulte d’un abandon des reliquats de métaphysique qui revêtaient encore la vie humaine prénatale d’une certaine dignité.
Selon le point de vue matérialiste, dépourvu de métaphysique, les vies humaines au stade prénatal ne valent rien en elles-mêmes : elles sont des agrégats de matière à un stade encore précoce d’un processus d’individualisation progressive qui se poursuit encore longtemps après la naissance. Déjà pour Cabanis, le médecin et philosophe des Lumières, « le fœtus n’est pour ainsi dire qu’un mucus organisé ». Encore dépourvues de conscience et de volonté propres, ces vies humaines n’ont de valeur que dans et par la volonté des adultes qui en ont la responsabilité. Leur vie vaudra à la mesure du projet que l’adulte est capable de former à leur égard, puis à mesure de leur niveau de conscience, c’est-à-dire d’autonomie.
À présent, ignorant l’âme et la dignité inhérente de chaque vie humaine prénatale, et même l’individualité de l’être conçu et porté, le discours sur l’avortement se réduit souvent à une affirmation unilatérale de la volonté individuelle, comme en témoignent l’expression « un enfant si je veux, quand je veux », et les slogans de la campagne gouvernementale de 2015 : « Mon corps m’appartient », « IVG, mon corps, mon choix, mon droit ». Une telle campagne ne vise pas la prévention de l’avortement, mais bien plus sa promotion, comme s’il n’était pas un mal à éviter, mais une liberté, un bien à posséder. Dans quel but ?
Promouvoir l’avortement comme une liberté exprime un choix philosophique fondamental : celui de la domination de la volonté sur l’être, choix qui s’avère être le fondement de la postmodernité. Ce choix dépasse, par ses enjeux, la question de la régulation des naissances.
La pratique légale et massive de l’avortement transforme le rapport de notre société à la vie humaine : elle la désacralise et dénature la procréation ; elle libèrerait ainsi l’homme de son respect superstitieux envers la nature. L’avortement ouvre alors la voie à la maîtrise rationnelle de la vie humaine considérée comme un matériau ; l’humanité accroît sa faculté de se façonner elle-même, elle est davantage « maitre et possesseur de la nature » dans le prolongement du projet cartésien. Pierre Simon, le principal artisan de la libéralisation de la contraception et de l’avortement en France, déclarait en 1979 : « La vie comme matériau, tel est le principe de notre lutte », « il nous appartient de le gérer », « comme un patrimoine ». (...)
Par contraste, les opposants à l’avortement ne seraient que des idolâtres de la vie et des ennemis du progrès, car ils n’auraient pas admis que la vie n’est que matière, tandis que la conscience est esprit, le propre de l’homme et son seul bien véritable. Cette conception du progrès résulte d’une mise en opposition du corps et de l’esprit. Cette dialectique, profondément ancrée dans l’imaginaire humain, est destructrice de l’unité humaine : la volonté ne peut pas, sans souffrance, se retourner contre son propre corps, ni s’élever contre lui. Affirmer « l’IVG est ma liberté » revient à s’imposer une mutilation ; mais celle-ci, pas plus que les piercings et les tatouages, ne parvient à spiritualiser le corps.
Cette négation du corps au profit de l’esprit est l’aspiration angélique, antique et manichéenne ; elle a une dimension métaphysique. Cette négation du corps au profit de l’esprit, le Christ y a répondu en s’incarnant. En se faisant chair, le Verbe, l’esprit de Dieu, a élevé le corps à une dignité qui dépasse tout ce que l’homme peut atteindre par ses propres forces. Chaque fois que l’Eucharistie est consacrée, la matière la plus ordinaire est élevée à la plus haute dignité ; chaque fois qu’une femme et un homme communient à l’Eucharistie, chaque fois qu’ils s’unissent et transmettent la vie, ils participent à l’unité vitale des personnes divines dans la Trinité.
Ainsi parle Yahvé « je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance » (Deutéronome 30, 19)."

le 30 novembre 2016

Communiqué des AFC :

"Demain, jeudi 1er décembre, sera débattue à l'Assemblée Nationale la proposition de loi du groupe socialiste faisant suite à l'initiative de Laurence Rossignol, Ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, qui considère que faire état sur internet des risques liés à l'avortement et proposer d'autres voies que celle de l'IVG est un "délit d'entrave numérique", passible de 30 000€ d'amende et de 2 ans de prison.
Cette proposition de loi vise les sites internet qui présentent des alternatives à l'avortement, et proposent des lieux d'écoute et d'information sur les conséquences d'un avortement, à rebours du "tout avortement" déployé progressivement depuis 2014 :

  • L'IVG devient un droit fondamental : novembre 2014
  • Suppression de la condition de détresse : août 2014
  • Suppression du délai de réflexion : avril 2015
  • IVG remboursée à 100% : avril 2016

L'objectif du Gouvernement serait-il donc de faire de l'avortement l'issue normale d'une grossesse ?
Les Associations Familiales Catholiques s'insurgent, comme elles l'ont déjà fait, contre cette proposition de loi idéologique qui bâillone la liberté d'expression et porte gravement atteinte à la liberté de conscience des femmes. Or, les Français et les professionnels de santé s'alarment du nombre toujours très élevé d'IVG. Est-ce en libéralisant et en poussant les femmes à avorter qu'on va résoudre ce problème ? Comme le dit le Pr Israël Nisand dans Le Figaro d'aujourd'hui, "la meilleure IVG est celle que l'on n'a pas eu besoin de faire".
Faut-il également rappeler à Madame Rossignol qu'un très récent sondage IFOP "Les Français et l'IVG" (septembre 2016) révèle que 72% des Français pensent que la société devrait faire plus pour éviter aux femmes l'IVG et 89% pensent que l'avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre ?
L'existence et le succès de ces sites internet sont la preuve que la propagande officielle du "tout avortement" ne répond pas aux besoins des femmes. Confronté à cet échec, le Gouvernement déploie une réaction de faible, en cherchant à bâillonner la liberté d'expression et en menant un combat idéologique et inefficace, dont on peut même penser qu'il aurait des visées électoralistes dans le contexte politique actuel.
Les AFC considèrent que le nombre très élevé d'avortements en France constitue un problème de santé publique et devrait être traité comme tel, c'est-à-dire en étudiant les facteurs de risque et en luttant contre ces mêmes facteurs de risque."

le 30 novembre 2016

Tribune de Jean-Marie Le Méné dans Valeurs Actuelles

Avortement : c'est le gouvernement qui désinforme gravement

"Le nouveau délit d’entrave à l’IVG que le Gouvernement veut imposer « en procédure accélérée », discuté à l’Assemblée Nationale jeudi 1er décembre, part du postulat que certains sites diffusent des informations faussées dans un but dissuasif. D’où l’idée dorénavant répandue que tenter de dissuader de l’avortement serait par principe induire les femmes en erreur et donc serait systématiquement condamnable. En revanche, une information - celle du gouvernement ou du Planning par exemple – qui est clairement de nature incitative, est présumée juste.
C’est tout de même un peu facile. Malheureusement pour le gouvernement, le raisonnement ne tient pas. Il suffit de se reporter au site du ministère de la Santé qui décrit les IVG instrumentale et médicamenteuse. La description de l’IVG instrumentale se limite à “une aspiration de l’œuf” qui sera suivie d’un contrôle permettant de s’assurer qu’il ne reste pas de “fragments de grossesse” (sic). La grossesse devient un OVNI susceptible d’exploser… en laissant des “fragments de grossesse” !
De qui se moque-t-on ? Est-ce cela le modèle d’information responsable d’un site public qui s’érige en parangon de vertu ? Quant à la description de l’IVG médicamenteuse, elle est encore plus lapidaire : “la méthode consiste à prendre deux médicaments différents (comprimés) puis à vérifier que la grossesse est bien interrompue”. Abracadabra ! Même dans le dictionnaire on en apprend davantage.
Pas une seule fois, les termes d’embryon et de fœtus ne sont utilisés, ni ceux qui indiquent qu’on supprime des vies humaines, ce qui n’est pas rien. Les mots aussi sont avortés. Le fait de renoncer volontairement au vocabulaire dédié, mal nommer les choses, contribue au malheur des femmes qui découvrent trop tard qu’elles doivent faire un deuil. Et comme, dans la vraie vie, on ne fait pas le deuil d’un “fragment de grossesse” mais d’un enfant, la chute est d’autant plus rude.
La réalité est autre. Ce qui est dissuasif de l’avortement, ce n’est pas l’information fausse, c’est l’information juste. Une information objective sur l’avortement – capable de nommer les choses – est par nature et à juste titre dissuasive. Dire “on va aspirer un œuf” ou “on va détruire l’embryon ou le fœtus que vous portez” n’a pas du tout le même sens et peut ne pas entraîner les mêmes conséquences pour une femme, un couple, une famille, la société tout entière.
La formulation la plus proche de la réalité est la seconde mais elle est dissuasive par construction. Naturellement, les militants des “illégalités fécondes” n’en veulent pas. Or ce sont eux qui tiennent le haut du pavé idéologique depuis 40 ans et cela quelle que soit la majorité au pouvoir. Ce faisant, ce sont eux qui désinforment.
Manquait une clé de voute, un dispositif qui empêche quiconque de lever un coin du voile, de dénoncer “le mensonge qui tue” selon le mot de l’historien Pierre Chaunu. Voilà qui est chose faite. Les grands procès de Moscou sont de retour pour ceux qui oseraient se mettre au service de la vérité. Qu’ils tentent de proposer une alternative à un acte de mort et on opposera les hommes à leurs femmes, les enfants à leurs parents, les élèves à leurs maîtres, les patients à leurs médecins, les ouailles à leurs pasteurs.
Comme dans le film Casablanca, on arrêtera les “suspects habituels”. D’ailleurs le Camp du Bien les a nommément désignés avant le vote de la loi. Tel est le triomphe du droit et la défaite de la justice. Une politique de santé digne de ce nom s’honorerait de rechercher comment faire baisser le nombre d’avortements qui est scandaleusement deux fois plus élevé en France qu’en Allemagne. Cette action courageuse, qui est un vrai service à rendre à nos concitoyens, attendra des jours meilleurs. Ils ne sauraient tarder."

le 25 novembre 2016

le Cardinal André Vingt-Trois, sur radio Notre-Dame

"C'est un projet qui me parait très grave. D'abord en raison de son objet qui est la possibilité de rendre accessible à des femmes en détresse des possibilités de réfléchir et d'être accompagnées dans leur réflexion par rapport à l'avenir de leur grossesse et que c'est un guerre de religion où il est visible que l'objectif est de faire la promotion de l'avortement comme une issue normale d'une grossesse; Si la loi se met à faire la police sur internet il va falloir embaucher 10 000 fonctionnaires (...)
Quelle est l'obsession qui pousse le gouvernement à choisir le point précis de l'avortement comme point d'intervention plutôt que les sites de radicalisation terroriste ?




Cardinal André Vingt-Trois : Quelle obsession pousse le gouvernement à choisir l'avortement comme point d'intervention plutôt que les sites de radicalisation terroriste ?

Cardinal André Vingt-Trois : Quelle obsession pousse le gouvernement à choisir l'avortement comme point d'intervention plutôt que les sites de radicalisation terroriste ? (25 novembre, sur radio Notre Dame)




mercredi 30 novembre 2016

Vidéoformation NDC n°45: Qu'est-ce que le péché ?

Entretien avec l'Abbé Philippe Laguérie,
de l'Institut du Bon Pasteur.


Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec sa "fiche résumé" accompagnée d’une bibliographie pour aller plus loin.

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mardi 29 novembre 2016

Avortement : bientôt, on risquera la prison pour avoir dit la vérité

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Lejeune, répond à Anne Isbeth dans Présent. Extrait :

20161129DelitEntraveIVG.jpg"Que pensez-vous de cet amendement instaurant un « délit d’entrave numérique »?
C’est une disposition très grave : bientôt, on risquera la prison pour avoir dit la vérité, c’est-à-dire la réalité de ce qu’est l’avortement. Pour l’Etat, l’objectivité en la matière c’est de présenter l’avortement comme un bien. Or qu’est-ce que l’avortement ? La suppression d’un membre de l’espèce humaine au stade embryonnaire. Vous comprenez bien que, par définition, toute information objective donnée sur l’avortement est dissuasive, tant cet acte est contraire à la nature. Ce texte pénalise donc toute information dissuasive qui, en tant que telle, est considérée comme fausse. Par contre, l’information incitative, que l’on trouve sur les sites du gouvernement est, elle, vue comme juste. C’est incroyable ! (...)

La Fondation Lejeune, tout comme le site ivg.net ou Les Survivants, sont clairement visés par ce texte. Quels sont les recours possibles pour vous ?
Effectivement, avant même que l’amendement ne soit présenté, nous avions été désignés comme les cibles à abattre par Laurence Rossignol. Nous pouvons utiliser les moyens juridiques à notre disposition, saisine du Conseil Constitutionnel ou de la CEDH, pour mettre en échec cette loi liberticide. D’ici là, nous continuons à informer l’opinion, à publier des articles et à répondre aux questions.

Quelles sont les conséquences prévisibles d’un tel texte ?
Il donne un support juridique aux structures comme le planning familial pour attaquer les défenseurs de la vie. Personne ne le voit ni n’en parle, mais c’est une réalité : on leur donne un outil pour combattre les quelques mouvements qui résistent encore à l’avortement.
Une autre conséquence, et non des moindres, est que les femmes ne pourront plus s’exprimer sur le sujet. Quoi de plus dissuasif qu’une femme témoignant de cette horrible réalité et conseillant aux autres de l’éviter à tout prix ? Pourquoi leur permettrait-on d’exprimer des regrets ? Les regrets sont dissuasifs et tomberont sous le coup de la loi. On interdira donc aux femmes de pleurer l’enfant qu’elles ont perdu, les empêchant ainsi de se reconstruire. C’est une violence qui leur est faite.

La partie est-elle perdue ?
Pas forcément… On peut espérer qu’elle ne soit pas mise en œuvre par le prochain gouvernement ou même qu’elle soit abrogée.

Que pensez-vous de toute cette agitation qu’il y a eu autour de l’avortement durant le second tour de la primaire de la droite et du centre ?
Durant cette campagne, on a bien vu que l’avortement est le ticket d’entrée dans la vie politique. Nous avons assisté à la validation par la gauche culturelle et idéologique du tour de piste des candidats. La droite est apparue comme soumise aux « valeurs » de la gauche, ne voulant pas sortir du cadre, s’agissant des questions de société qui sont les plus fondatrices."




Les crimes de la Révolution française évoqués à l'Assemblée nationale

Lors de la discussion de la proposition de résolution pour rendre justice aux victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871, en ce moment à l'Assemblée nationale, le député de Vendée Yannick Moreau a déclaré :

20161129YannickMoreau.png"(...) mes chers collègues, foi de Vendéen, quitte à faire de la repentance, pourquoi ne pas commencer par l’abrogation des lois de la Terreur contre la Vendée, et la reconnaissance de ses crimes ? Vous voulez faire de la morale. Soit, mais alors, commencez donc par abroger les lois de la Terreur ! Reconnaissez l’abjection de l’écrasement de la révolte des Canuts Lyonnais, et plus encore, des crimes commis contre les enfants, les femmes et les hommes de Vendée !
Vendéen, homme de l’Ouest, je sais y compris dans la tradition orale de ma mémoire familiale, ce que furent les persécutions des simples gens qui refusaient le centralisme jacobin, la “levée en masse” de la conscription militaire, et l’interdiction de leur expression religieuse. Le 26 juillet 1793, à la Convention nationale, BARERE réclame la destruction et l’extermination de la Vendée. Savez-vous mes chers collègues que c’est une Loi, la loi du 1er août 1793, votée par la Convention nationale, qui prescrivait l'extermination des hommes, la déportation des femmes et des enfants, et la destruction du territoire de la Vendée ? Savez-vous qu’une deuxième Loi, celle du 1er octobre 1794, vint renforcer l’horreur indicible ?
Le massacre des Lucs-sur-Boulogne qui fit 564 morts, enfermés dans une église qui sera incendiée, en est le tragique symbole. Parmi les victimes, 110 enfants de moins de sept ans. La plus jeune, Louise MINAUD, n’avait que 15 jours. Savez-vous que c’est ce même pouvoir de la Terreur qui ordonnera la mise en oeuvre des noyades collectives dans la Loire, rebaptisée “la grande baignoire nationale” ? Des mariages dits “républicains” voulus par Jean-Baptiste CARRIER, où un homme et une femme étaient enchaînés, nus, avant d’être noyés. Selon Reynald SECHER, 4.800 personnes en furent victimes à l’automne 1793. Comment oublier les tristement célèbres “colonnes infernales” du général TURREAU, dont le nom est encore aujourd’hui gravé sur l’Arc de Triomphe. Ces atrocités coûtent la vie à des dizaines de milliers de personnes. Savez-vous que c’est en Vendée que les premiers essais d’extermination industrielle furent menés ? A Noirmoutier, des camps d’extermination ont été établis. Partout en Vendée des fours à pain sont utilisés comme fours crématoires pour brûler vifs les habitants. La peau des Vendéens sert à l’élaboration de sacs ou de pantalons pour les gendarmes. La peau humaine selon le Conventionnel SAINT JUST était d’une “consistance et d’une bonté supérieure à celle du chamois” et “celle des sujets féminins plus souple mais moins solide”.
Reconnaissez donc les horreurs de la Terreur, comme la loi du 10 juin 1794, qui succède à la terrible Loi des suspects, votée le 17 septembre 1793. Avec elle, le Tribunal Révolutionnaire élimine toute garantie de défense pour les accusés. Il n’y avait désormais ni interrogatoire avant l’audience, ni avocat, ni audition facultative des témoins. Le Tribunal révolutionnaire n’a le choix qu’entre l’acquittement et la mort. Pierre CHAUNU n’a pas hésité à parler de génocide franco-français dans l’avant-propos du livre de Reynald SECHER, tant la barbarie a été organisée minutieusement et systématiquement par le Comité de Salut Public. Cette lettre du général Westermann, surnommé « le boucher des Vendéens », qu’il écrivit au Comité de salut public, en témoigne :
« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. »
Les moyens d'extermination des Vendéens mis en œuvre par le Comité de Salut Public et la Convention sont la matrice de ceux des régimes totalitaires du XXème siècle. Voilà un sujet qui mériterait une reconnaissance nationale. Car si “la Vendée pardonne, elle n’oublie pas”.

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